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Le calendrier historique (3)

-7 000 av J.C.

Proche-Orient : El Kowm est une oasis située dans le désert syrien.  Le site a été abandonné avant 11000 av. J.-C., puis de nouveau occupé durant le Néolithique à partir de 7 000 à 6 500 av. J.-C., avec un grand établissement sédentaire. Les maisons étaient bien construites et compartimentées. Beaucoup d’entre elles incluaient des caniveaux entre les chambres, avec des trous pour évacuer les eaux usées hors du bâtiment. L’amidonnier et le blé dur ont été cultivés depuis le plus ancien étage néolithique à El Kowm. Les habitants ont creusé des canaux simples, alimentant les champs en eau depuis les sources locales à l’aide d’un simple système à gravité. Ce type d’irrigation ressemble à celui que l’on a mis au jour à Jéricho. Les habitants chassaient également les gazelles, les équidés et les camélidés. On y cultive l’amidonnier et le blé dur. De nombreux outils et armes de pierre, tels que des bifaces et des pointes de flèches, ont été trouvées sur les différents sites de la région.

Japon : plus ancienne utilisation de laque provenant de site de Kakinoshima au sud-ouest de Hokkaido. Lorsqu’on considère la complexité de production de la « laque », on ne peut qu’être étonné de cette date. Mais ce n’est pas tout. La culture Jomon produit de la céramique depuis 11,000 av J.C. Ce qui s’ajoute à notre interprétation des faits :

Comme on peut le voir sur Google Earth, les iles du Japon sont entourées de fosses marines sauf au Sud vers la Corée. Le plateau continental est équivalent à la surface émergée des îles actuelles. Les habitants de ce plateau purent alors se réfugier, tout près, sur les « hautes terres » des iles sans être trop déstabilisés. La céramique présente, aussi tôt que -11,000 av J.C, ce qui précède partout ailleurs, nous indique que les habitants des plateaux continentaux possédaient déjà cette technique de la céramique en plus de l’agriculture. La grande concentration des artéfacts plaide en faveur de ce scénario migratoire où les gens durent vivre « entassés » sur ces territoires émergeants. La culture Jomon n’a pas pu se limiter à l’agriculture pour survivre, faute d’espace arable. Elle dû donc orienter une portion importante de sa subsistance vers la chasse et la cueillette. Leur société comportait des « chasseurs » et des « agriculteurs » qui devinrent deux « niveaux sociaux ». Une autre « connaissance » qu’ils possédaient est attribuable aux cercles de pierres qui servaient, comme partout ailleurs, de calendrier des solstices, entre autres, puisque les détails de cette « science » nous est aujourd’hui inconnue.

Pakistan : établissement néolithique acéramique de Mehrgarh I à l’ouest de la vallée de l’Indus. La chasse satisfait encore la plus grande partie de la consommation de viande, puis l’élevage d’ovins et de bovins (zébus, buffles) augmente rapidement. Des paniers recouverts de bitume sont utilisés. De nombreuses tombes ont été mises au jour, plusieurs contenant des objets élaborés comme des paniers, des outils en pierre ou en os, des perles, des bracelets, et parfois des animaux sacrifiés. On y a retrouvé aussi des bijoux fabriqués avec des coquillages, du calcaire, de la turquoise, du lapis-lazuli, du grès et du cuivre poli, aussi bien que des figurines simples de femmes ou d’animaux.

Inde : des communautés agricoles s’installent dans le vaste territoire des collines de Vindhya, au sud de la plaine du Gange, où l’on pouvait trouver une abondance de matières premières, des animaux domesticables et des plantes de culture, riz inclus. La plus ancienne preuve de la fabrication de céramiques en Asie du Sud vers 7000 av. J.-C.

Les cultures identifiées à Koldihwa et à Mahagara comprennent le riz, l’orge, le blé, les légumineuses, le sésame et le millet. Les communautés y sont beaucoup plus pauvres que dans la plaine de Kachi au Baloutchistan, les maisons sont faites de clayonnages enduits de torchis, de sols de terre battue, des foyers creusés et peu de mobilier.

Nouvelle-Guinée : l’agriculture est attestée sur le site de Kuk par la domestication de plusieurs plantes (taro, igname, banane, canne à sucre) et peut-être l’élevage du porc. Ils élèvent des gallinacés, des suidés et cultivent des plants d’igname.

Chine : Développement de petits villages dans les principaux bassin fluviaux, favorisé par un climat chaud et humide. Ils sont parfois limités par un mur ou un fossé, avec des habitations, des fosses de stockage et des tombes. La céramique, abondante, et l’outillage en pierre polie se développent, mais les pierres taillées persistent, notamment les microlithes. Meules et broyeurs sont courants, la production agricole effective (millet des oiseaux, millet commun dans les bassins du Liao et du Fleuve Jaune au Nord, riz dans ceux plus humides du Huai He et du Yangzi Jiang. Les chiens et les porcs sont domestiqués. La collecte de ressources alimentaires sauvage perdure, et les habitats permanent coexistent avec les campements temporaires.

Des traces de soie ont été découvertes à Jiahu dans des tombes datées de -6500 av J.C. Des outils de tissage grossier et des aiguilles en os ont également été mis au jour, ce qui aurait pu conduire à la confection de tissus de soie. Des flutes en os à sept trous et des carapaces de tortues gravées de signes, ainsi que les traces de la plus ancienne boisson fermentée connue, à base de riz, de miel, d’aubépine et de raisins, vieille de 8500 ans (-6500 av J.C.), ont été découvertes.

6900 av J.C.

Zagros : Apparition de nouveaux sites dans le Khouzistan avec une nouvelle céramique dite de « Susiane », claire avec motifs linéaires sombres. Tandis que se met en place une agriculture plus savante qui fait intervenir l’irrigation, un grand nomadisme remplace le petit nomadisme des périodes antérieures.

6750 av J.C.

Irak : site de Jarmo, près de Chamchamal, au Kurdistan en Irak. Apparu dès la phase pré céramiste, la culture de Jarmo se transforme à la période 5 avec l’apparition d’une céramique spécifique dont on pense qu’elle pourrait avoir évolué sous une influence en provenance du Lorestan. Maisons rectangulaires de plusieurs pièces en tauf, aiguilles à coudre en os, filature et tressage du lin et de la laine, obsidienne, activités agricoles (blé, orge, lentilles, pois, vesces, glands), chèvre domestique. Chasse, cueillette des escargots. Utilisation de cailloux brûlants pour faire bouillir les soupes et de fours d’argiles. Figurines d’animaux et de femmes nues aux chairs abondantes.

Iran :  culture de Ali Kosh à l’ouest du Zagros en Iran. Maisons de briques crues, élevage du mouton et de la chèvre, paniers rendus étanches par du bitume. Inhumation des morts sous le sol des maisons, en position fléchie et serrés dans une natte. Les crânes des femmes ont été artificiellement déformés.

6700 av J.C.

Mexique : sous l’abri sous roche de Xihuatoxtla, dans la haute vallée du Rio Balsas, au Mexique, des chercheurs de l’équipe de Dolores Piperno ont découvert des restes de maïs, sous formes de phytolithes et de grains d’amidon restés accrochés à des outils, datés de 8700 ans avant le présent (-6700 av J.C.), preuve archéologique de la domestication du maïs à partir d’une plante locale, la téosinte.

6500 av J.C.

Europe : Formation de la Manche. Submersion du Doggerland. La montée des eaux sépare les Îles Britanniques du continent.

Établissement néolithique précéramique à Cnossos. Les premières structures en brique crue et la céramique apparaissent.

Néolithique ancien (proto-Sesklo) dans la péninsule balkanique, représenté par le site de Nea Nikomedeia près de Véria en Macédoine-Centrale. Les premiers agriculteurs européens s’organisent en villages d’une dizaine de petites maisons quadrangulaires de bois et de torchis (5 m de côté, chauffées par un four de terre) regroupant 100 ou 200 individus. Une maison plus importante occupe le centre du village. Polyculture vivrière assez semblable à celle du Proche-Orient (orge, blé, millet, lentilles, pois et vesces), élevage (moutons, chèvres, chiens), céramique (bols, jarres, vases à pieds annulaires) peinte en rouge ou brun (chevrons, zigzags, figures humaines ou animales). Figures anthropomorphes et sceaux en terre cuite. Les morts sont enterrés à l’intérieur du village en position fœtale.

La culture de Bug-Dniester se développe sur le tchernoziom « terre noire » en Moldavie et en Ukraine. Culture de transition vers le néolithique, elle adopte la céramique vers -6 200 av. J.-C. par ses contacts avec la culture danubienne de Starčevo-Körös/Criş, cultive l’engrain, l’amidonnier et l’épeautre et pratique l’élevage des bovidés.

La culture de Starčevo présente une très forte discontinuité vis-à-vis des cultures de chasseurs-cueilleurs qui la précédaient. Ainsi, les très basses fréquences des lignées de chasseurs-cueilleurs dans les ensembles d’échantillons étudiés indiquent que l’arrivée de l’agriculture dans le bassin des Carpates et en Europe centrale s’est accompagnée d’une forte réduction du substratum d’ADNmt mésolithique actuellement connu. Ce qui indique l’arrivée de nouveaux occupants apportant l’agriculture.

Amérique centrale : Début du peuplement des Antilles.

Anatolie : prospérité de la civilisation de Çatal Höyük près de Konya en Anatolie. Çatal Höyük est le plus grand village connu de cette époque, célèbre pour la bonne conservation de son architecture et la présence de peintures murales. Les artisans de Çatal Höyük fabriquent des pointes de flèches, des fers de lances et des poignards d’obsidienne et de silex, des masses d’armes en pierre, des figurines de pierre et d’argile cuite, des textiles, de la vaisselle de bois et de céramique montée à la main. Ils fabriquent également des bijoux (perles et pendentifs de cuivre). Çatal Höyük importe du bois, du silex de Syrie, du cuivre et des coquillages (porcelaines de la mer Rouge).

6400 av J.C.

Mésopotamie : Civilisation de Samarra dans le nord et le centre de la Mésopotamie. Tell es-Sawwan sur le Tigre (périodes 6 et 7) et Choga Mami (périodes 6, 7 et 8) dans la région de Mandali sont ses centres les plus représentatifs. À Samarra (période 6), c’est la céramique qui a permis de définir cette culture : de grands plats avec un décor peint, foncé sur fond clair, naturaliste et géométrique, représentant des rondes de femmes, cheveux au vent, des animaux, des bucranes, des scorpions. Habitations (brique crue modelée) structurées où les pièces communiquent par un système en enfilade et où il existe des étages. Sol et murs sont recouverts de plâtre. Les bâtiments sont rassemblés sur une grande aire rectangulaire fermée par un mur d’enceinte qu’entoure un fossé (Tell es-Sawwan). Techniques d’irrigation par canaux : les crues du Tigre sont utilisées pour arroser des champs de blé, d’avoine, d’orge et de lin. Belle céramique beige clair, décorée de dessins géométriques peints en rouge vif, brun ou brun violet ou des motifs représentant des femmes, des oiseaux, des poissons, des antilopes stylisés. Statuettes de terre cuite ou d’albâtre de personnages debout ou accroupis. Des figurines humaines en pierre polie semblent marquer les débuts de la statuaire mésopotamienne.

Culture d’Obeid I en Basse-Mésopotamie, mise en évidence par la fouille du site d’Eridu. Initialement, elle présente certaines affinités avec celle de Samarra tout en s’en distinguant nettement : la fouille des premiers niveaux du site d’Oueili a permis de dégager un des plus anciens exemples de l’architecture monumentale, une grande salle rectangulaire divisée en trois travées par deux files de poteaux en bois. Céramique à pâte verdâtre parfois recouverte d’un engobe blanc, à motifs géométriques peints en brun sur fond clair (coupes, assiettes, bols et jarres). L’adaptation au milieu argileux de la plaine alluviale, où la pierre est extrêmement rare, se remarque par la confection de clous coudés (dont la fonction n’apparaît pas clairement) et de faucilles en argile cuite, destinés à remplacer les lames de silex pour couper blé et roseaux. On trouve cependant des silex en forme de houes, des haches et l’obsidienne n’est pas absente.

Culture de Hassuna (période 6 et 7). À la suite et dans la tradition de celle d’Umm Dabaghiya en Haute Mésopotamie, mais aussi à l’est du Tigre, la culture de Hassuna est bien illustrée par deux sites du Sinjar, Yarim Tepe I et Hassuna (périodes 5, 6 et 7), où l’on a dégagé le même type d’architecture qu’à Umm Dabaghiya, mais aussi des maisons plus élaborées comme celles d’Hassuna IV, et une forme nouvelle d’habitat circulaire avec, pense-t-on, un toit en coupole. Les grandes jarres à provisions, sphériques, avec un décor peint ou incisé en arêtes de poissons ou triangles hachurés, sont caractéristiques d’Hassuna. Silos d’argile crue, four à voûte, céramique, sceaux de pierre en forme de disques, murs enduits de chaux et badigeonnés de rouge, fresques, coupes d’albâtre.

Zagros : Susiana archaïque III dans le Zagros.

Palestine : Jéricho exporte du sel et du bitume et importe de l’obsidienne d’Anatolie, des turquoises du Sinaï, des cauris de la mer Rouge. Le commerce est donc encore présent et structuré.

Serbie : occupation permanente du site de Lepenski Vir situé sur les rives du Danube au défilé des Portes de Fer en Serbie, par un village d’une centaine de personnes dans 22 huttes trapézoïdales à foyer central en pierre. Une maison centrale, plus grande, indique une certaine hiérarchisation. Ses habitants vivent de pêche, de chasse (cerf commun, chevreuil, auroch, cochon sauvage) et de cueillette. Pas de céramique, mais des vases en pierre. Haches polies et pointes de flèches, sculptures sur gros galets dressés (visages humains et formes géométriques). L’économie de prédation laisse la place progressivement à une culture néolithique de type Starčevo.

6350 av J.C.

Haute-Égypte : (Nabta Playa II, dans le Sahara, à une centaine de km à l’ouest d’Abou Simbel). Phase aride. Le bœuf domestique est attesté avec des chèvres venues du Proche-Orient (qui ne sont pas venues seules et d’elles-mêmes, évidemment). Sédentarisation caractérisée par des installations de huttes circulaires semi-souterraines avec fosses de stockage adjacentes et de nombreuses meules.

6000 av J.C.

Proche-Orient : premier système d’irrigation connu à Choga Mami (Irak), site de la culture de Samarra.

Découverte de jarres contenant du vin sur le site de Shulaveris-Gora, dans les collines au sud de Tbilissi en Géorgie, appartenant à la culture de Shulaveri-Shomu dont l’origine est inconnue mais elle se trouve près de la Mer Noire. Elle se développe entre le début du 6e et le début du 5e millénaire ; peut-on suggérer vers -5600 av J.C. ?

Culture de Sialk I au sud de Téhéran : chasse, agriculture, élevage, artisanat, céramique peinte.

Asie et Pacifique : début du développement de l’agriculture dans la vallée du Fleuve Jaune, dans la plaine centrale en Chine septentrionale. Le riz, le millet, les choux sont cultivés, les chiens et les porcs sont élevés pour la nourriture, les jujubes, les prunes et les noisettes sont cueillies, les maisons ont des murs de torchis, des toits, des foyers et des silos creusés pour le stockage des grains (site de Banpo).

Période de la céramique Chulmun en Corée. La pêche abondante suffit à sédentariser une population sans nécessité de développer l’agriculture. Le complément est fourni par les activités traditionnelles de chasse et de cueillette. La céramique apparaît à cette époque. Les pétroglyphes du site d’art rupestre de Bangudae, dans la région d’Ulsan, en Corée du sud, datés de 6000 à 1000 ans av. J.-C., constitue la plus ancienne représentation de chasse à la baleine connue.

Culture néolithique acéramique de Hissar sur les piémonts du Tadjikistan méridional (sites de Tutkaul, de Saj-Sajëd et de Kangurttut) ; elle poursuit les traditions lithiques des chasseurs-cueilleurs mésolithiques, mais commence à pratiquer l’élevage (ovins, caprins, bovins) et probablement une agriculture sèche (broyeurs et meules). L’habitat est organisé autour de grandes structures circulaires pavées de galets fracturés ou brûlés et de fosses de dépotoirs ou de stockage.

Culture d’Atbasar dans le nord et le centre du Kazakhstan, dominée par la prédation des chevaux sauvages (equus ferus), pratique qui évolue vers une économie pastorale incluant des bovins, des moutons et des chèvres.

Europe : néolithique moyen dans la péninsule balkanique, représenté par le site de Sesklo en Thessalie. Le village est constitué de maisons rectangulaires en briques crues de deux pièces à piliers centraux et mur en pisés à base de pierre, groupés sur une acropole autour d’un bâtiment principal en « mégaron ». Culture du blé et de l’orge, élevage de moutons et de chèvres, présence de bétail, de porcs et de chiens. La céramique se diversifie (écuelles, bouteilles, cylindres) et la facture s’améliore (anses). Les décors peints en rouge sur fond blanc (zigzags, flammes, chevrons) rappellent les céramiques anatoliennes contemporaines (Hacilar). Présence de figurines féminines assises, de statuettes masculines et des représentations de maisons en terre cuite

Culture de Starčevo, du nom d’un site archéologique de Serbie près de Belgrade, première culture néolithique véritable en Europe centrale, associée avec celles de Körös-Criş en Hongrie et en Roumanie et de Karanovo en Bulgarie. Des maisons rectangulaires en bois, argile et plâtre sont installées en sur des « tells » dans un environnement humide et forestier. Élevage de la chèvre, du mouton, des bœufs et des porcs. Culture de l’engrain et du millet. Chasse et pêche. Céramique peinte blanc sur rouge, puis foncé sur clair, de motifs linéaires, spirale, hachures, parfois incisée ou décorée à la barbotine (coupes hémisphériques à pied cylindrique, vases cylindriques). Lames de faucilles, grattoirs, herminettes et meules en pierre. Obsidienne de Mélos puis des Carpates, parures de spondyles de la mer Égée, cachet en relief, figurines féminines en terre cuite, vases anthropomorphes.

La culture de la céramique imprimée (décors des poteries constitués de motifs imprimés), originaire du Levant, est attesté sur le site néolithique de Sidari à Corfou vers -6000 av. J.-C., en Dalmatie (Crvena Stijena, l’Abri Rouge, au Monténégro), puis se développe sur la côte adriatique italienne (6000-5900 av. J.-C.) en Sicile et en Méditerranée occidentale (6000-5600 av. J.-C.), sur les côtes du sud de la France jusqu’à l’Espagne. Elle évolue vers des styles régionaux : culture de Guadone, vers 5800-5700 av. J.-C. et Lagnano da Piede dans les Pouilles, culture de Stentinello en Calabre et en Sicile, Cardial « franco-ibérique » vers 5500 av. J.-C.

Nécropoles mésolithiques de Téviec (5500-4500 av. J.-C.) et de Hœdic (6000-3900 av. J.-C.), conservées avec des outils en silex (microlithes) et des objets en os et en bois de cervidés dans des amas coquilliers des îles du Morbihan. Les morbihannais du mésolithique sont plus graciles que les hommes du paléolithique, de plus faible stature (1,59 m pour les hommes, 1,51 pour les femmes). Certains squelettes de Téviec, datés entre 5600 et 5300 av. J.-C., porteraient des traces de mort violente.

Néolithique ancien en Sardaigne. Sites de Su Carroppu dans le Sud, Filiestru, grotte verte d’Alghero dans le Nord. Céramique cardiale et outillage lithique en silex et en obsidienne. En Corse le début du néolithique ancien est à situer vers 5900-5800 av. J.-C.

Scènes de guerre représentées dans les peintures du Levant espagnol, peintures rupestres néolithiques retrouvées dans 758 sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans les montagnes, non loin de côte méditerranéenne, datées du mésolithique au chalcolithique (10 000 à 3500 av. J.-C.). Ces représentations figuratives de petite taille montrent des scènes de chasse, de guerre ou de la vie quotidienne.

5900 av J.C.

Algérie : Des moutons et des chèvres ont été trouvés en grand nombre à partir de 5906-4910 av. J.-C. à Capelétti dans le nord-est algérien (culture capsienne) dans une grotte à 1540 mètres d’altitude occupée pendant l’estive et associée à un système de transhumance.

Europe : pirogue mésolithique de Noyen-sur-Seine, monoxyle fabriqué dans un tronc de pin long de 4,05 mètres et large de 55 centimètres, daté au radiocarbone de 7 960 ± 100 ans avant le présent (-5960 av J.C.). Le site de tourbières a révélé une importante série de vanneries, dont des nasses de pêche.

5800 av J.C.

Proche-Orient : Obeid 2 ou culture d’Hajji Mohammed en Mésopotamie méridionale. La céramique s’enrichit de formes nouvelles (jarres plus grandes, vases-tortue). Les formes matérielles de cette culture se répandent dans trois directions : le long des rives du golfe jusqu’au Qatar, dans le Khouzistan voisin et vers le nord dans le Hamrin (région de Mandali) et à Tépé Gawa où l’on voit dans les niveaux anciens des particularités d’El-Obeïd se mélanger à celles de Tell Halaf ou de Samarra. Culture de céréales et légumineuses. Élevage de moutons, chèvres, ânes, porcs, bovins et chiens. La poterie est importée ou copiée de l’Anatolie orientale à la Méditerranée, jusqu’en Iran occidental et en Transcaucasie.

Halaf récent : la civilisation paysanne de Tell Halaf en Syrie du Nord (périodes 5 à 8), s’étend d’Alep à la future Assyrie. Cette culture n’est pas originaire de Mésopotamie (sûrement liée avec l’Anatolie, où on trouve le Mont Ararat) et se distingue par la qualité de sa céramique et une grande importance de l’obsidienne dans l’outillage. Rues pavées, maisons rectangulaires ou rondes (tholoi), souvent de petite taille. Amulettes de terre cuites (têtes de taureau, doubles haches), figurines de femmes assises ou de colombes. Très belle céramique vitrifiée, aux parois fines, aux formes variés et aux motifs rouges, puis polychromes (noir, rouge, blanc) : triangles, carrés, damiers, croix, festons, cercles, fleurs, oiseaux, gazelles couchées, guépards. Usage funéraire de crânes conservés dans des vases aux côtés de l’inhumation classique. Apparition de la métallurgie du cuivre et du plomb. Civilisation paysanne à Tell Arpachiyah, près de Mossoul (province de Ninive, Irak) pendant les époques d’Halaf et d’Obeïd. Pourrait-on les identifier à la population sémitique qui peuplera bientôt le nord de la Mésopotamie ? Je pense que oui.

 

Susiana archaïque III dans le Zagros.

Europe : occupation néolithique de l’abri Pendimoun à Castellar, dans les Alpes-Maritimes. Des tessons de céramiques imprimées sont datées de 5800-5600 av. J.-C., associés à des ossements de faune domestique et chassée, de coquillages marins, de glands carbonisés, de céréales cultivées et transformées (blé amidonnier et orge).

Les fouilles ont révélé quatre sépultures d’adultes en position fléchie. L’une d’entre elles porte la trace d’un des cas les plus anciens de trépanation parfaitement cicatrisée. Un autre squelette présente sur le crâne un orifice créé par un impact violent, cause vraisemblable du décès (le chirurgien avait des sautes d’humeurs).

5700 av J.C.

Europe : les sites de Pont de Roque-Haute et de Peiro-Signado à Portiragnes, une des plus anciennes implantations néolithiques du Sud de la France, livrent des céramiques imprimées et des obsidiennes provenant de Palmarola et de Sardaigne.

Culture Dniepr-Donets, mésolithique de la steppe pontique, au nord de la mer Noire et de la mer d’Azov. La culture Dniepr-Donets a d’abord pour voisine à l’ouest la culture Bug-Dniestr, culture aussi mésolithique, remplacée par la culture de Cucuteni-Trypillia, culture de l’Europe néolithique. À l’est, on trouve la culture de Samara, culture mésolithique située sur le moyen cours de la Volga, remplacée par la culture de Khvalynsk. La culture Dniepr-Donets est suivie directement par la culture de Sredny Stog.

La culture de Cucuteni – Trypillia est généralement divisée en une période précoce, moyenne et tardive.

Précoce -5 800 à -5 000 av. J.-C. Talianky, en Ukraine au sud de Kiev, est le site le plus vaste actuellement connu, il pouvait abriter 10 000 à 15 000 personnes sur 450 ha dans 2 700 maisons, dont certaines avaient des dimensions impressionnantes. L’ensemble s’inscrivait dans une ellipse de 3,5 km sur 1,3 km, et toute l’organisation de la cité semblait fondée sur une maille ovoïde, jusqu’au dessin des rues et au contour des blocs de maisons. Le site était entouré d’une enceinte ovale dotée de portes, le tissu urbain lui-même présentant, au moins par endroits, une organisation radiale dénotant une planification à grande échelle.

Un « temple » de grande dimension a été mis au jour et fouillé à Nebelivka. Ce temple est un bâtiment rectangulaire de bois et d’argile à deux étages mesurant 60 m par 20, entouré d’une galerie extérieure en bois, le plancher supérieur était divisé en cinq salles et contenait huit autels ; sur l’un des autels, de nombreux os d’agneaux brûlés ont été retrouvés, attestant l’existence de pratiques sacrificielles (ou de réunions gastronomiques), de petites statuettes votives et quelques ornements fins en or (interprétés comme des ornements pour cheveux) y ont également été trouvés. Des restes de peinture rouge sur les murs et le plancher de l’étage supérieur ont également été trouvés, attestant que le « temple » était peint au moins à l’intérieur.

Les études génétiques ont montré que les populations de la culture de Cucuteni-Trypillia descendent notamment des premiers agriculteurs du Néolithique qui migrèrent d’Anatolie vers l’Europe, ainsi que des populations locales.

La culture Hamangia : On ignore l’origine des populations ayant développé la culture de Hamangia, mais les archéologues rapprochent ses artefacts des cultures pontiques et anatoliennes ; autrement dit, de la Mer Noire. Ce qui indiquerait que leur origine est identique. Je suis convaincu que cette source est le plateau continental de la Mer Noire.

On a extrait des sites hamangiens de nombreuses hachettes polies de forme trapezoïdale, à section rectangulaire ou biconvexe. Le silex et l’obsidienne dominent, contrairement aux objets en laiton, qui restent rares et sont surtout des bijoux. La poterie, qui a particulièrement servi à caractériser la culture de Hamangia, est réalisée sans tour, en argile mêlée de sable coquiller en provenance de la mer Noire. Les poteries les plus anciennes sont ornées de barbotines blanches ou jaunes ; les plus récentes sont noires, fines et polies. Outre les bols et les coupes, les Hamangiens utilisaient de nombreux pots ventrus à col droit.

Cette culture se distingue aussi par ses figurines stylisées en grande majorité féminines, assises ou debout. Les plus connues sont les « Penseurs » de Cernavodă, exposés à Constanța, qui représentent, peut-être, un couple de personnages importants ou bien des divinités de cette culture déjà pastorale et agricole. Les déchets alimentaires des Hamangiens montrent qu’ils cultivaient en effet des céréales et élevaient des caprins et des ovins, cueillaient des racines, pêchaient et chassaient.

5600 av J.C.

Proche-Orient : Le Bosphore défonce et la mer de Marmara coule dans la Mer Noire inondant son plateau continental.

La civilisation d’El Obeid (près de Ur) se répand de là jusqu’à la Haute Mésopotamie et la Méditerranée (Ras Shamra) de 5600 à 3750 av. J.-C. El Obeid : pêche, élevage (bovidés). Commerce avec le nord de la Mésopotamie (obsidienne, or, bois et pierre contre les surplus de céréales, de laine et de peaux) et avec l’Inde (amazonite). Systèmes complexes de drainage et d’assainissement des sols marécageux de basse Mésopotamie.

Susiana moyen dans le Zagros.

5500 av J.C.

Asie et Pacifique :  culture de Kel’teminar ; des chasseurs-cueilleurs occupent le désert du Kyzylkoum, alors arrosé, en Ouzbékistan ; ils habitent des huttes, vivent de pêche et de chasse (chameaux, hémiones, gazelles) et connaissent la poterie. L’aridification progressive de la région les conduits a se sédentariser et élever des bovins.

Période néolithique céramique de Mehrgarh II au Pakistan. Les communautés de la plaine de Kachi au Baloutchistan prospèrent. Les villages sont construits de briques crues, les artisans fabriquent des microlithes, des haches polies, des meules et des outils en os. Les premiers signes de développement de la céramique remontent au début du millénaire. Il s’agit d’abord de récipients produits en faible quantités, dans une argile mêlée de paille, façonnés à l’aide de paniers servant d’armature. Cette poterie remplace les paniers enduits de bitumes dont on a retrouvé de nombreuses traces dans les tombes. L’économie agricole se développe. La partie centrale se couvre de bâtiments-silo en brique crue, divisés en caissons ou en compartiments symétriques. Certains ont été conservés sur plus de trois mètres de hauteur. Les installations domestiques et artisanales occupent de vastes espaces ouverts autour des silos et ne s’organisent pas encore en unité d’habitation familiale, ce qui suggère une organisation sociale collective. Apparition des premières figurines en argile crue de taureaux portant une bosse sur le dos, associées à des statuettes féminines stylisées présentes dès le début du néolithique de Mehrgarh. Des routes commerciales existent avec les territoires de l’Iran actuel et du Badakhshan au Nord-Est de l’Afghanistan actuel, d’où sont importés des lapis-lazuli, des coquillages marins et des turquoises.

Algérie :  premières traces de bœuf domestique à Bouh Behl en Algérie, au sud de la sebkha d’Ouargla.

Haute-Égypte : néolithique final en Haute-Égypte (Nabta Playa). Maximum de l’aridité de l’Holocène moyen. Poterie à lèvre noire réduite, originaire de la vallée du Nil. Importantes constructions mégalithiques : alignements de menhirs, cercle de pierres, monolithes enterrés, sépultures de bovidés sous tumulus, etc.

Néolithique du Fayoum en Égypte. Une période semi-aride entre 6000 et 4500 av. J.-C. transforme les steppes en désert et rend habitable la vallée du Nil. Les chasseurs des steppes descendent vers le fleuve, se fixent sur les terres cultivables et s’unissent aux pasteurs et aux pêcheurs. Agriculture (blé, orge, lin), élevage, sédentarisation. Premiers villages au Fayoum et en Haute-Égypte : huttes rondes aux murs de terre argileuse mêlée de morceaux de calcaires et revêtus de roseaux ou de paille. Poterie de grès, pierre polie. Sépultures : corps inhumés en position fœtale, offrandes (céréales, œufs d’autruches, poissons, perles, plumes, fleurs). Les fosses sont recouvertes de pierres calcaires formant un léger tertre. Petits objets de cuivre martelé et poteries découvertes à Badari, en Haute-Égypte. Dans la nécropole du village, à côté des restes humains, reposent des chacals, des gazelles, des taureaux et des béliers enveloppés dans des étoffes ou des nattes, témoignage d’un culte d’animaux sacrés (ouch !) ou encore, le cheptel du mort pour l’au-delà.

Amérique du Nord : tumulus de L’Anse Amour, appartenant à la culture archaïque maritime, est le plus vieux monument funéraire d’Amérique du Nord. Premiers signes de présence humaine sur l’île de Terre-Neuve et au Labrador. Des têtes de harpons en os de caribou datées 7530 ± 140 avant le présent (-5530 av J.C.) attestent de la chasse aux cétacés.

Peintures rupestres de la cueva San Borjita en Basse Californie au Mexique (Baja California), datées de 7 500 ans avant le présent (-5500 av J.C.). De nombreuses peintures rupestres au style original y ont été mises au jour à partir des années 1950, témoignant d’une culture organisée, pratiquant peut-être l’agriculture et l’élevage, vivant dans des villages et maîtrisant l’art de la fresque (« El Gran Mural », la culture de la grande peinture murale).

Présence de céramique dans les sites de Pedra Pintada et de Taperinha près de Santarém au Brésil. Ce sont des bols et des jarres utilisés par des sociétés semi-nomades pour la cuisson et la consommation des coquillages et des poissons récoltés le long des cours d’eau.

L’élevage du cobaye (cuy) dans des clapiers ou des enclos est attesté dans la région d’Ayacucho dans les Andes centrales (grotte de Puente).

Europe : néolithique récent dans la péninsule balkanique, représenté par le site de Dimíni en Thessalie. Le village est installé sur une acropole fortifiée autour d’un mégaron. Les soubassements des habitations sont en pierre et les murs en briques crues. Le commerce se développe et l’agriculture devient plus intensive et structurée. La céramique à décor noir sur fond rouge comprend des vases-support et des bouteilles carénées. Une poterie monochrome évoque celle de Vinča, en Serbie. Présence de figurines féminines assises portant un enfant.

La civilisation néolithique dite de la « céramique linéaire ou rubanée » née en Hongrie et en Slovaquie se propage en quelques siècles en suivant le cours du Danube de la mer Noire à l’est à l’Atlantique à l’ouest, des Alpes au sud à la Baltique au nord.  Ils occupent des villages constitués de longues maisons qui servent d’habitation, d’étable et de greniers. Agriculture sur brûlis des céréales (engrain, amidonnier, orge) et des légumes (lentilles et pois). Élevage porcin et du gros bétail. Les hommes de cette civilisation côtoient les derniers chasseurs du Mésolithique.

Cultures Nøstvet et Lihult, cultures du mésolithique tardif à l’est de la Norvège et l’ouest de la Suède.

Phase camunienne des gravures rupestres du Val Camonica, dans la province de Brescia, dans le Nord de l’Italie (périodes I et II). Le style des pétroglyphes change radicalement avec l’arrivée d’une population néolithique d’agriculteur et d’éleveurs. Les sujets principaux des représentations ne sont plus les animaux sauvages des chasseurs du mésolithiques, mais des représentations humaines stylisées, des animaux domestiques (chiens, bœufs et chèvres), des charrues dans les dernières phases de la période II.

Production de bracelets en pierre (calcaire dur et marbre) du cardial moyen dans le Sud de la France (Courthézon, baume de Fontbrégoua à Salernes).

5400 av J.C.

Delta du Nil : les premiers habitats structurés repérables apparaissent en bordure du Delta et de la vallée du Nil dans la dernière partie du VIe et au début du Ve millénaire. Le plus ancien site-témoin d’une réelle sédentarisation est Mérimdé Beni Salamé (5400, 5000 av. J.-C.), au sud-ouest du Delta. Deux cent ans plus tard arriveront les « suivants d’Horus » qui envahiront l’Égypte.

Proche-Orient :  chalcolithique en Anatolie. Des agglomérations apparaissent dans la vallée du Méandre (Beycesultan) et sur les rives du Bosphore. Le plateau central anatolien commence à se peupler. En Cilicie, la céramique brune et noire, faite à la main, est en partie remplacée par des céramiques peintes inspirées des poteries de Halaf et d’El Obeid.

Europe : première exploitation des mines de cuivre de Rudna Glava en Serbie (culture de Vinča), où des puits de plus de 20 mètres suivent les filons de malachite.

Colonisation de l’archipel de Malte par des agriculteurs de la culture de Stentinello, en Sicile. Culture des céréales, élevage de bovins, chèvres, moutons et porc. Habitat dans des grottes (Għar Dalam) ou des maisons de pierre (gros mur et reste d’une cabane ovale à Skorba). Silex importé de Sicile, obsidienne de Pantelleria ou de Lipari. Poterie retrouvée très fragmentée, ornée de figures géométriques (bandes horizontales, chevrons, zigzags, guirlandes), anses de vases surmontées de têtes de bovins.

5350 av J.C.

Portugal : concheiros de Muge ; amas coquilliers mésolithiques au Portugal, datés entre 7350 et 5150 avant le présent (-5350 av J.C.). Le site livre une industrie microlithique, des galets de quartzite, des meules, pointes en os et haches de bois de cerf, et 230 sépultures individuelles.

5300 av J.C.

Chine : culture néolithique de Beixin dans le cours inférieur du fleuve Jaune en Chine.

Europe : civilisation néolithique de Vinča du nom d’un site archéologique de Serbie, sur les bords du Danube, hériter de la culture de Starčevo, dans l’ouest et le nord des Balkans. Les villages sont construits sur des « tells » formés par les occupations successives, dominant des terres fertiles. Les maisons sont quadrangulaires en argile, torchis et enduit mural. Les différences sociales sont plus accusées, d’après les tailles variées des maisons dont certaines sont nanties d’un porche. L’agriculture domine (blé, pois, lentilles). L’élevage est centré sur les bovidés, la pêche est importante alors que la chasse est devenue secondaire. La céramique, de teinte lustrée noire, à fonds plats, avec pieds ou sur trépied à décor incisé (chevrons, damiers, spirales, méandres, cannelures, zigzags), rappelle les productions anatoliennes de Can Hasan, près de Konya. L’art fournit de très belles statuettes féminines en céramiques. La découverte des tablettes d’argile cuite de Tărtăria, en Roumanie, gravées de signes, suggère l’existence d’une proto-écriture (c’est quoi une « proto-écriture » ; une écriture qui ne signifie rien ?). Les sépultures sont aménagées en fosses collectives. Les morts sont enterrés en position fœtale. Nombreux objets de parures (coquillages, amulettes, perles en faïence importées). Un culte institué apparait : autels, bucranes, statuettes de divinités du temple de Parta, en Roumanie.

On y a trouvé de nombreux villages bien organisés, des poteries, des figurines en argile anthropomorphes ou zoomorphes, et des artefacts présentant de nombreux signes qui pourraient former la plus ancienne écriture connue. Les plus anciennes traces connues de métallurgie du cuivre ont été découvertes dans cette culture. Les outils sont cependant encore essentiellement en pierre taillée ou polie ou en os. Plus récemment on y a découvert aussi les plus anciens objets en bronze du Monde.

On remarque des traces de commerce de cuivre avec l’Anatolie et la Roumanie, d’obsidienne pour la fabrication d’outils avec la Slovaquie et la Hongrie (massif de Zemplén), de spondyles pour les bijoux avec la mer Égée et de silex jaune-miel, de marbres et albâtres avec les régions balkaniques.

La céramique de la culture de Vinča est d’une teinte lustrée noire (rappelant les céramiques de l’Anatolie de Can Hasan et du Néolithique en Grèce). Les céramiques montrent des fonds plats, avec pieds ou sur trépied. Le décor est incisé. Les formes rassemblent des chevrons, des damiers, des spirales, des méandres, des cannelures des zigzags. De la couleur est parfois ajoutée à la pâte. Les os de bovins sont utilisés pour la fabrication de spatules et d’idoles. Des figurines en argile représentent le plus souvent des femmes debout avec de grands yeux exorbités et un visage triangulaire.

De nombreux objets de la culture de Vinča portent des signes gravés, le plus souvent non figuratifs, comme sur la tablette de Gradešnica et le sceau de Karanovo (Bulgarie). Certains auteurs, comme Shan Winn, Marija Gimbutas ou Marco Merlini, y voient une écriture plus ancienne que l’écriture sumérienne. Ce qui serait possible si cette écriture tirait son origine du plateau continental de la Mer Noire qui n’est pas éloignée et qui fut inondé 300 ans auparavant.

Voici un exemple des rapprochements d’écriture préhistoriques :

La céramique de Vinca n’est pas à dédaigner

5200 av J.C.

Mexique : complexe culturel précéramique Coxcatlan de la vallée de Tehuacán, au Mexique. Chasse et cueillette. Au cours des siècles, une part croissante de l’alimentation provient de plantes cultivées : maïs, courge, piment, haricot, amarante.

Chine : culture néolithique de Zhaobaogou au nord-est de la Chine.

Proche-Orient : transition vers le chalcolithique en Iran. Apparition de la métallurgie sur le niveau II du site de Sialk près de Kashan. Le matériel archéologique retrouvé dans les bâtisses de cette période témoigne de liens croissants avec l’extérieur.

Le 5e millénaire est aux portes du prochain article

Amicalement

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

Le tout dernier livre, paru en novembre 2016 (version gratuite):

Histoire de ma nation

Tous mes livres sont offerts GRATUITEMENT chez:

http://manuscritdepot.com/a.andre-lefebvre.7.htm#menu

 

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