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L’avidité, symbole d’un monde en décomposition

Toutes les couches sociales sont touchées.

 Je rentre à l’instant de mon lieu d’exclusion, de cette cour des miracles qui est souvent la dernière étape avant l’exclusion définitive, la marginalisation et la clochardisation. Certains sont déjà à la rue ; ils ont perdu pied avec le réel, avec les obligations et les codes sociaux. Je ne cesse de m’étonner de découvrir chez eux les mêmes travers que dans toutes les catégories d’une société qui a oublié le sens du mot Fraternité.

Il ne fait pas bon laisser son sac, oublier un vêtement ou bien une pochette. Il ne faut pas non plus tourner le dos quand on distribue les desserts : bien vite des mains viennent prendre. Qu’il n’y en ait pas pour tout le monde, peu importe ; l’essentiel est de se servir ; le plus souvent bien plus que nécessaire. Accumuler, entasser, s’accaparer et oublier les autres, ses semblables.

Je sais les arguments. Ils manquent de tout, ils sont dans le besoin, ils cherchent à profiter de la main tendue qui s’offre à eux. Certes, c’est vrai, et souvent je ferme les yeux sur leurs pauvres astuces, les arguties minables qu’ils me servent pour en prendre plus. Je ne suis pas dupe ; ils n’agissent pas autrement que ceux qui nous gouvernent ou bien ceux qui s’octroient des richesses innombrables.

L’avidité est au cœur de cette époque. Prendre, prendre plus que de raison, s’accorder des privilèges, des passe-droits, des retraites exorbitantes comme nos bien trop chers parlementaires. Celui qui détient un pouvoir, quel qu’il soit, se sert et néglige les autres. C’est l’axiome incontournable du comportement humain en ce siècle de l’indécence.

Notre bon Prince des Risettes, ce pauvre homme qui ne peut rien mettre de côté est, à ce titre, la parfaite illustration de l’argent qui brûle les doigts et les cerveaux. Comment ne peut-il pas se rendre compte de la monstruosité du propos, du décalage insupportable avec le quotidien de ce peuple qu’il aspire à gouverner ou bien plus sûrement à ponctionner ?

Il fonctionne comme tous ceux qu’il fréquente : capitaines d’industrie, vedettes du cinéma, grands financiers. Tous ces gens sont dans une logique délirante d’avidité. Ils en veulent toujours plus, agissant exactement comme les malheureux dont j’ai évoqué les comportements au début. Ils prennent, en veulent toujours plus, n’éprouvent aucun remords ni aucune honte. Tout cela leur est dû. C’est exactement ce que pensent les pauvres quand ils remplissent leurs sacs de victuailles avariées.

La seule différence notable entre ces deux pôles extrêmes d’un tissu social rongé par le désir de posséder, c’est la nature des produits. Pour les uns, les rogatons de la grande distribution, les produits à bout de vie qu’on recycle en les fourguant à la plèbe. De l’autre, ce qui se fait de mieux, de plus cher, de meilleure qualité pour des gens qui n’ont plus aucune empathie.

Ces derniers ne se contentent pas de se remplir la panse. Il leur faut accumuler des sommes folles, s’offrir des palais, des châteaux, des tableaux, des voitures de luxe. La simplicité n’est plus dans leur mode de fonctionnement. Les costumes valent plus que le salaire d’un forçat qui travaille sur les chantiers et ils se pavanent dans des véhicules qui permettraient à une famille ordinaire de s’offrir un toit. On marche sur la tête !

Rassurez-vous. Ceux qui à l’autre bout de l’échelle, choisissent le crime ou la délinquance pour vivre, agissent exactement de la même manière, vouent le même culte au Dieu argent. Nous avons aux deux extrêmes de ce prisme les mêmes comportements, les mêmes désirs, les mêmes appétits délirants. Le plus insupportable c’est qu’ils trouvent cela parfaitement normal.

Solidarité, fraternité, charité, partage. Rien de tout cela n’est désormais porteur de sens ni de perspectives. Il faut grandir dans le culte de la réussite, de l’argent, de la prospérité. L’humain est réduit à une pompe à fric ; un pauvre animal qui, toute son existence, amasse en spoliant le plus grand nombre. Que l’on puisse continuer ainsi en faisant de la société une jungle, en épuisant les ressources naturelles, en éliminant les espèces pour le seul confort d’une espèce humaine totalement déconnectée de son environnement est absurde, suicidaire et criminel.

Mais comment voulez-vous que les êtres avides qui nous gouvernent puissent penser autrement ? Ils sont obnubilés par leur petite personne et supposent qu’après eux, le déluge peut bien advenir ; il auront fait leur temps en jouissant sans retenue de leur position. Il n’est plus rien à attendre de ces gens, ni même, je le crains, des hommes en général.

Écœurement leur.

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