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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
2 mars 2008 |
4 commentaire(s) |
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Est-il possible d’être indépendantiste sans être nationaliste ? Est-il possible d’être indépendantiste en détestant de plus en plus le nationalisme ? Aux deux questions, je réponds oui. Heureusement d’ailleurs, sinon il y a belle lurette que j’aurais viré mon capot de bord. La défense acharnée du français que mènent les nationalistes québécois est le plus beau cadeau qu’ils pouvaient faire aux fédéralistes. Pourquoi ?
À peu près tous ceux qui militent pour l’indépendance ou la souveraineté du Québec tournent en rond comme des chevaux de labour attachés au poteau de l’intégration des nouveaux Québécois. Pendant ce temps, le militantisme cherchant à convaincre un maximum de Québécois de l’importance de choisir la voie de l’indépendance ne se fait pas. On sort plutôt les instruments de calcul pour mesurer le degré d’usage du français à la maison. La logique derrière ce réflexe d’arithméticien est tellement grosse qu’elle en est risible : « donner leur un pouce et ils prennent une verge », pensent nos arithméticiens des consciences.
Mettez-vous un instant dans la peau d’un immigrant venu vivre au Québec. Attendez, je ne vous sens pas encore tout à fait dans votre personnage. Concentrons-nous.
Vous y êtes ? La perspective change, non ? Vous êtes venus vivre dans un pays très majoritairement anglophone. Bien sûr, vous savez que le français est important. Vos enfants vont fréquenter une école française, ils vont avoir des amis qui parlent français, et puis posséder trois langues n’est jamais vilain.
Bientôt, vous apprenez que de nombreux « Canadiens du Québec » militent qui pour la souveraineté, qui pour l’indépendance du Québec. Au lieu de vous expliquer pourquoi c’est un choix politique qui vise à ce que tous les « Québécois » aient un meilleur avenir, ceux-ci vous accusent de parler votre langue à la maison, votre langue ou l’anglais comme langue d’usage dans votre quartier où c’est l’habitude depuis longtemps, et de négliger le français que vous devriez parler mieux que les Québécois francophones qui eux-mêmes vous parlent en anglais. Ils sont fous ces Québécois, vous dites-vous.
Décidément, vous n’aimez vraiment pas l’attitude des nationalistes, parce que vous vivez dans un pays, le Canada, qui n’est pas le même que leur pseudo pays, le Québec. Que vos enfants aillent à l’école française, passe, mais de là à vous obliger à parler en français.
Mais qu’avons-nous donc à nous acharner ainsi sur les néo-Québécois ? Notre argumentaire en faveur de l’indépendance est-il faible à ce point ? Il nous faut de toute urgence revenir à une démarche faisant appel à l’intelligence. Ouvrons-nous les yeux : nous ne réussirons jamais à convaincre la majorité d’entre nous de rompre avec le Canada sous prétexte que le français serait menacé.
Il n’y a pas péril en la demeure.
En revanche, le Québec pourrait faire tellement mieux s’il rapatriait tous les pouvoirs constitutionnels entre les mains des élus d’une Assemblée nationale enfin entièrement responsable de son devenir. C’est ce qu’il faut expliquer, avec exemples à l’appui.
Mais il est plus facile de s’en prendre aux plus faibles que soi.
Voici quelques remarques de forme sur votre texte, car la forme est la fondation du sens et j’avoue que je n’ai pas bien compris où vous voulez en venir, ce que vous proposez (je précise que le français est ma deuxième langue, afin que vous me pardonniez si je suis complètement « dans le champ »).
[…] confondre nationalisme et patriotisme.
J’aurais aimé que vous donniez au moins une définition courte de chacun, afin que le lecteur sache quelle différence vous voyez entre les deux.
[…] j’aurais viré mon capot de bord
Il serait utile d’expliquer le sens de cette expression, tous vos lecteurs ne sont pas nés au Québec ou ne sont pas francophones de naissance, ou ne connaissent pas le patois.
[…] tournent en rond comme des chevaux de labour […]
Votre imaginaire semble assez archaïque… mais pourquoi pas !
[…] « donner leur un pouce et ils prennent une verge » […]
Même observation que plus haut, tous vos lecteurs ne sont pas nés natifs. De plus, je pense que vous n’avez pas tenu compte du fait que les connotations des mots sont modifiées par leur contexte immédiat ! Ceux qui ne pensent pas immédiatement à pouce en tant qu’unité de mesure comprendront plutôt « partie du corps », et le reste prend un autre sens. Avez-vous traduit l’expression anglaise Give them an inch and they’ll take a mile ? Je vous suggère : Donnez-leur la main, ils prennent le bras (qui est l’expression utilisée partout dans la francophonie).
Mettez-vous un instant dans la peau d’un immigrant venu vivre au Québec. […] Vous êtes venus vivre dans un pays très majoritairement anglophone.
Je ne comprends pas le sens ; le Québec est un pays anglophone ? Sinon, je suppose que vous opposez le Québec et le Canada ?
[…] militent qui pour la souveraineté, qui pour l’indépendance du Québec.
J’aimerais connaître la différence que vous faites entre souveraineté et indépendance.
Il n’y a pas péril en la demeure.
C’est une expression lexicalisée, Il y a péril en la demeure, dans laquelle le mot « demeure » n’est pas un nom mais un verbe, « demeurer, ne rien faire, ne pas agir ». Il ne s’agit pas d’une maison ! Ou alors, vous proposez de ne rien faire ?
Mes remarques ne sont pas méchantes, elles tentent simplement de montrer que votre texte est incompréhensible pour qui ne possède pas les archaïsmes que vous utilisez, ou qui n’utilise pas la même définition que vous de nationalisme, d’indépendance, etc., parce que vous ne les définissez pas.
13:32, le Dimanche 2 mars 2008Je ne vais pas vous « chicaner » sur votre contestation de mes choix de métaphores, même d’en tordre certaines au passage, ce qui est – je le confesse – davantage littéraire que journalistique -, mais ce texte n’a pas vocation universelle et j’en assume entièrement les incompréhensions.
Sur la différence entre nationaliste et patriotisme, allez voir de ce côté : http://fr.wikipedia.org/wiki/Patriotisme
Pour en venir à votre dernière question, je ne peux pas proposer de ne rien faire, évidemment, mais il ne faudrait tout de même pas laisser entendre que nous sommes au bord de la catastrophe. Il faut agir certes, mais certainement pas dans l’urgence et surtout en évitant de pointer du doigt ceux qui ont choisi le Québec comme terre d’accueil. Demandons, poliment mais fermement, que l’on s’adresse à nous en français.
14:52, le Dimanche 2 mars 2008Il est quatre fois plus élevé que celui des Québécois de souche. » pas le français » le chômage ! grave comme politique et pourtant ils peuvent bien apprendre le français à vos bambins ces universitaires qui viennent de loin dans un but et on leur propose un autre ;à mon avis le Québec est mal géré de même que votre article aussi que mon commentaire un espoir un lien » « MONETTE » ça peut servir……
16:10, le Dimanche 2 mars 2008Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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