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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (8)

Longtemps, on a cherché à distinguer le vrai du faux au sujet d’Oswald, resté un personnage fort mystérieux.  Mais progressivement, des enquêtes diverses ont fini par apporter des éléments.  La première est celle relatant son voyage express en URSS. Ce voyage a bien eu lieu, son séjour également, comme l’a été son mariage avec une russe que l’on a soupçonné d’avoir été téléguidée par le KGB.  Essayons d’abord d’éclaircir un peu les circonstances de son départ… comme de son retour.  Pour ce qui est de ses activités à Minsk, vous attendrez un petit peu, car elles feront l’objet d’un autre épisode, puisqu’on vient tout juste d’en découvrir de belles à ce propos…  Mais commençons plutôt par une croisière sur un cargo bien particulier, si vous le voulez bien.

Le cargo à cabine de passagers emprunté par Oswald était déjà un sérieux indice !

Oswald déjà approché jeune par Ferrie, cela l’aurait logiquement conduit en 1957 a devenir lui-même un agent de la CIA alors qu’il faisait son service militaire au Japon, au « Joint Tactical Advisory Group », d’Atsugi (d’où décollaient les U-2).  Engagé comme son frère (Robert Oswald (1)), il avait auparavant beaucoup prôné des idées communistes, ce qui aurait déjà dû l’exclure du recrutement des Marines, où son physique plutôt fluet était un désavantage.  Lee Harvey Oswald est très vite un mystère à lui tout seul, car il a bénéficié de passe-droits évidents.  Taciturne et discret, il pouvait en effet devenir un très bon agent dormant, avec son goût affiché pour l’URSS, qu’il affichait sans vergogne et même déjà de façon un peu trop voyante alors qu’il est engagé comme Marine.  Revenu à sa base d’El Toro, il avait bénéficié de cours accélérés de russe, avait découvert Jim Garrison : ça ne lui était d’aucun intérêt militaire véritable, ne travaillant pas sur une base de décryptage.  L’année suivante, Oswald quittait en effet bizarrement l’armée en pétextant d’avoir à s’occuper de sa mère malade et se rend aussitôt en URSS… via le Havre et l’Angleterre (puis la Norvège – en avion- à Helsinki avant d’arriver par Moscou par le train), sur le fort discret cargo à cabine unique de passagers, le « Marion Lykes » (ils ne sont que quatre à bord comme passagers et la compagnie florissante présente alors 54 navires, l’un des premiers ayant commence en 1895 par desservir… Cuba).  Mais il y a un autre indice important sur le choix de la compagnie. Elle n’est pas anodine du tout, à bien y regarder.  L’étude attentive du registre de la société Lykes indique en effet une chose importante passée jusqu’ici inaperçue : deux navires ont porté le nom de Marion Lykes.   Construits tous les deux en 1944…  or ils ont tous les deux été versés en 1961 et 1962 au « Marad Reserve »… qui n’est autre que la Maritime Administration’s (MARAD) National Defense Reserve Fleet (NDRF)… autrement dit des cargos servant à déployer rapidement les forces américaines à l’étranger !!!  Oswald était parti en URSS via un navire qui sera lié deux ans après à peine directement à l’armée américaine !!!  Et ça, personne à ce jour ne l’avait noté !  21 navires de Marion Lines seront enrôlés par le MARAD c’est pourtant apparent dans le rapport du FBI, visible ci-dessous, qui indique donc qu’Oswald était déjà connu et suivi à cette époque) !

Un étrange trajet pour se rendre en URSS

Il a beau exprimer depuis longtemps des idées communistes, la démarche a de quoi surprendre, comme a de quoi surprendre la réaction des autorités américaines qui le laissent émigrer ainsi, sans qu’il n’ait de point de chute annoncé ni de travail prévu sur place.  A son départ il remplit devant l’employé de Travel Consultants Inc., à la Nouvelle-Orleans, un« Passenger Immigration Questionnaire » sur lequel il se déclare « shipping export agent » ce qui est bien entendu faux (et montre plutôt une connivence évidente avec la Marion Lines et une bien grande mansuétude du FBI, fort suspicieux à ce sujet, habituellement) !
Autre incongruité du voyage : on ne retrouvera aucun vol régulier en date du 10 octobre 1959, date de son arrivée à l’hôtel à Helsinki :  quel avion avait-il pu prendre entre l’Angleterre et la Finlande, on ne sait (certains suggèrent carrément un vol de l’armée US!).   Le voici arrivé en bateau à Londres, finalement : « à partir de ce moment, les mouvements de Lee Oswald font l’objet de controverse depuis plus de 30 ans.  Le passeport de l’assassin présumé contient un cachet attestant le 10 octobre 1959 comme sa date de départ de l’Angleterre.  Le passeport est également estampillé avec la même date pour l’entrée dans l’aéroport d’Helsinki en Finlande.  Il n’y avait qu’un vol direct de l’aéroport de Londres (aujourd’hui Heathrow) à Helsinki à cette date.  Il s’agit d’un vol FinnAir qui a quitté Londres à 14h20 et est arrivé à Helsinki à 23h35 heure locale.  Il a été établi par la Commission Warren qu’il aurait été impossible pour Oswald d’avoir franchi les douanes et d’arriver à l’hôtel Torni au centre-ville d’Helsinki avant minuit. Voici la polémique: le registre d’hôtel indique qu’Oswald s’est enregistré avant minuit le 10 octobre.  Plusieurs auteurs (Marrs, Groden / Livingstone, Melanson, Epstein) ont soulevé cette question ou suggéré, et dans certains cas, précisé catégoriquement, qu’Oswald aurait pu avoir de l’aide militaire ou du renseignement pour terminer cette étape de son voyage » (celui des avions du MATS, comme ce C-54 ici en haut à droite).  « Mes recherches sur cette question m’ont amené à conclure qu’il n’était pas seulement possible d’avoir effectué le vol dans le délai imparti, c’était extrêmement probable.  Je n’ai pu trouver aucun vol militaire quittant l’aéroport de Londres le 10, mais il y avait trois routes commerciales disponibles à Helsinki ce jour-là (BEA / Finn Air étant le seul transporteur pour cette destination).  Outre l’itinéraire direct, que même la Commission Warren a indiqué était difficilement réalisable, il y avait deux autres vols possibles:  l’un par Copenhague (08h05 de Londres) et l’autre par Stockholm (08h50).  L’un ou l’autre d’entre eux aurait pu être utilisé par Oswald, et les deux auraient été offerts s’il était arrivé dans les premières heures du 10 octobre  pour essayer de réserver un vol.  Ces vols seraient arrivés à Helsinki à 17:05 et 17:35, respectivement, donnant ainsi Oswald suffisamment de temps pour atteindre l’Hôtel Torni avant minuit (photo à droite de nos jours).  Comme nous l’avons vu, le registre de l’hôtel a indiqué qu’il l’avait fait.  Les listes de voyageurs pour ces vols ont depuis longtemps été détruites, mais (et c’est vraiment dommage) qu’ils auraient été facilement accessibles à la Commission en 1964 si quelqu’un avait pris la peine de les chercher.  En conclusion, il semblerait que c’est plus que probable qu’Oswald a pris un vol commercial ordinaire de Londres à Helsinki.  Les vraies questions qui doivent être répondues semblent être:

-A) Pourquoi prendre cette route?
– B) Comment ce voyage a-t-il été financé?
Les théories entourant ces questions abondent, mais jusqu’à présent aucune preuve dure a émergé pour y répondre ».  En dehors des pérégrinations, en effet on retiendra un argument clé :  d’où sortait-il l’argent pour effectuer ce voyage ?  Qui donc avait pu aider à le faire ?  Ce sont d’autres touristes du même genre qui nous apporteront la solution… comme on va le voir.

Son attitude sur place

A peine arrivé à Moscou, il annonce aux russes qu’il détient des secrets sur la sécurité américaine qu’il est prêt à les céder !  On le remercie poliment et on le renvoie à Minsk dans l’entreprise de construction de radios et de radars comme « métallurgiste », où on lui a trouvé un travail, en le surveillant étroitement, on suppose.  Mais n’était-ce pas plutôt l’objectif qu’il s’était fixé, ou qu’on lui avait fixé, comme on va le découvrir un peu plus loin…  Son séjour n’est pourtant pas prévu pour le long terme et son visa se retrouve donc vite périmé.  On raconte que pour amadouer les services russes, il aurait fait une tentative de suicide en se tailladant les veines.  Resté et soigné sur place, et toujours observé et suivi tous les jours comme son ombre par le KGB, il rencontre le 10 mars 1961 une jeune russe, Marina Nicolevna Prussakova.  Qui est aussi la nièce d’un colonel du KGB; ça ne s’invente pas.  Ils se marient le 30 avril 1961 (ce qui semble aussi un peu rapide pour beaucoup d’observateurs).  Mais le travail ne semble pas lui plaire, et ils rentrent brusquement avec leur bébé aux Etats-Unis en juin 1962 : « en fait il n’a tenu que deux ans et demi à Minsk, où le pouvoir soviétique lui a permis de vivre, entre octobre 1959 et juin 1962.  Juin 62 où, excédé d’être suivi par le KGB , il décide de rentrer aux Etats-Unis » nous dit RFI.  Rentré de manière précipitée, on pourrait envisager que le KGB ait réussi à le retourner.  L’étude attentive de ses contacts américains démontre que ça n’a pas été le cas.  La plainte contre le KGB aurait été faite par Marina et envoyée à James Frosty, l’agent du FBI qui suivra à partir de là son dossier. A son retour, il se vit offrir 436 dollars, note Garrison, alors qu’il avait en effet trahi les Etats-Unis dès son arrivée en URSS :  c’est pour le moins choquant, comme l’avait aussi noté le vigilant procureur de Louisiane !  Un dossier que l’agent Fosty détruira dès l’annonce de l’assassinat, sur ordre de ses supérieurs qui ne souhaitaient pas que l’on apprenne qu’Oswald avait pu être un agent ou un informateur du FBI  ou de la CIA !  Dans le film Parkland, pas si mauvais que cela, en définitive, on peut voir l’agent Frosty en effet coincé par sa hiérarchie qui doute des liens qu’il aurait pu tisser avec Oswald, en train de détruire le document dans les toilettes de son bureau, ici à droite (2).  Ci-dessous, une photo exhibée lors de la Commission Warren numérotée 1393 :  le couple Oswald-Marina avec la tante de cette dernière, Lobova.  Etonnamment, l’affichette indique que son mari s’appelle Vasily Aksienov.  Or un autre Aksienov, appelé aussi Aksenov, Nicolaï, n’est autre qu’un haut personnage au Ministère de l’intérieur russe, qui est également colonel au  MVD, où il est Administrateur des Affaires intérieures.  Bigre !

De retour aux USA, un étrange comportement

A la Nouvelle-Orleans, Oswald crée un groupe pro-communiste appelé « Fair Play for Cuba Commitee » dont il s’avère être le seul membre et qui distribue des tracts pro-Castro dans la rue (on le filmera même en train de le faire, et il passera même à la télévision US pour expliquer ses convictions).  Etrangement, le bureau fantôme est à deux pas de celui de Banister !  Bref, il affiche ostensiblement une admiration pour le communisme, mais en même temps prend des contacts avec des opposants à Castro !  À moins d’être un psychopathe complet, son attitude ne peut s’expliquer rationnellement.  On songe alors aux programmes de suggestion de type MK-Ultra qui auraient pu l´influencer : le film d’Henri Verneuil, malgré son manque de moyens évidents et une musique affligeante signée Morricone n’est pas si loin que ça de la réalité.  Plus je le regarde et plus j’en suis convaincu, d’année en année.  Le film développe surtout une idée phare, celle d’un Oswald n’ayant même pas réussi à tirer une seule balle effective… théorie qui se tient en effet :  à bien décortiquer ses dires, il n’y a pas une seule déclaration d’Oswald durant le cours laps de temps qu’il lui reste à vivre avant de se faire abattre où il aurait pu avouer avoir tiré (il n’existe non plus aucun écrit de ses interrogatoires à Dallas !).  Fait étrange, quand il se présentera aux policiers à Dallas, pour dire qu’il avait créé un mouvement, une voix dans le fond de la salle en rectifiera le nom en précisant « Fair Play for Cuba Commitee » : celle de Jack Ruby !!!  Sidérant (on le voit ici à gauche au milieu des journalistes et des policiers, au moment de la première présentation d’Oswald à la presse) !!!  Ou bien la preuve que les deux se connaissaient très bien !!!  A droite, l’un des tracts distribués qui porte comme adresse le pseudo qu’il utilisait, et qu’on retrouvera sur le bon de commande du fusil Carcano qui lui a été attribué.

Oswald était-il donc un agent de la CIA ?

Ce n’est pas facile à déterminer, au départ car beaucoup de traces ont bien sûr été effacées.  Il faudra compter sur la patience d’historiens pour découvrir les éléments qui le prouvent indubitablement.  On ne le saura que trente ans après les faits, raconté ici pour la première fois. « Un mois après le retour d’Oswald aux États-Unis, Thomas Casasin, le chef adjoint à la CIA de la  » 6eme section de recherche  » (spécialisée dans les comptes rendus de transfuges de l’Union soviétique à leur retour), a écrit un note à Walter P. Haltigan, le Chef de la Section soviétique de la station de Paris , ce qui suggère que Oswald était alors interrogé par le Bureau des opérations. Casasin s’y montrait inquiet car Oswald « semblait étrange » et que « peut être il aurait été envoyé de l’Union soviétique par le KGB . « Plus tard lors de leur témoignage devant le Congrès, à la fois Casasin et Haltigan déclareront en cœur « qu’ils n’avaient aucun avis pour dire si le débriefing ne s’était jamais produit ».  Cependant, en 1978, un officier de la CIA, sans donner de nom, avait déclaré au Congrès qu’il se souvenait avoir vu un débriefing de la CIA ayant un rapport avec 1962.  Il s’agissait d’un Marine « transfuge de retour  » qui revenait avec sa famille de l’Union soviétique, et qui a donné de nombreux détails sur l’organisation d’une usine de radios à Minsk, en URSS, où Oswald avait travaillé.  En 1993 l’auteur traqué s’est avéré être Donald Denesleya (cité aussi dans « In History’s Shadow: Lee Harvey Oswald, Kerry Thornley« , par Joe G. Biles, qui a admis que lorsqu’il avait témoigné devant le Congrès il n’avait pas révélé le nom de l’homme qui avait mené le débriefing d’Oswald.  En 1993, encore plusieurs autres officiers de la CIA se souviendront du Major Andy Anderson qui avait effectué des comptes rendus pour la « Division des contacts internes de la CIA » et deux s’étaient rappelé le compte rendu d’Oswald.  Pourtant, seul Denesleya avait rendu publique l’information.  Visiblement, même 30 ans après on avait toujours peur de parler !  Puis, miracle, en août 1993, John Newman, l’auteur de JFK and Vietnam : Deception, Intrigue, and the Struggle for Power (1992), découvrait des boîtes contenant les fichiers d’Oswald nouvellement tombés dans le domaine public.  Parmi les milliers de pages, il a trouvé des traces d’une notation en catégorie « 201« , celle des fichiers personnes qui intéressaient au premier chef l’Agence, dont le dossier personnel d’Oswald, marqué sous d’épais coups de feutre noir pour le masquer. Y était inscrit « Anderson 00 sur Oswald » .  Dans le langage codé de la CIA , « 00 » est le symbole de la « Division des contacts internes » :  le tueur présumé de Kennedy était bien en ce cas un agent de la CIA !  Dans les affaires d’Oswald, dans son garage… on ne trouvera pas d’arme supplémentaire.  Mais un appareil photo Minox, celui répandu chez les espions (on verra un peu plus loin ce qu’il en était exactement et également pourquoi donc on l’avait envoyé en URSS, un peu de patience) !  Le détail du retour est indiqué ici dans l’ouvrage de Joe G. Biles :  « après que Denesleya ait déclaré que Anderson avait fait le débriefing, John Newman a trouvé un document contenant la notation « OO Andy Anderson sur Oswald. » OO est la désignation de la CIA pour le service de contacts domestiques.  Cette note était la suite d’un document relié à un autre document découvert au cours de la copie.  Le document manquant révélerait probablement beaucoup au sujet de ce qu’Oswald a dit à la CIA après son retour.  Le House Sélect Committee  était apparemment au courant de tout ceci.  Une lettre de 1978 de l’HSCA à un avocat de CIA se lit comme suit »:

« Cher M. Breckinridge:
– Dans le cadre de ses enquêtes sur les circonstances entourant la mort du président Kennedy, le Comité spécial des assassinats (Select Committee on Assassinations)  a été informé qu’au cours de l’été 1962, un rapport de contact de la CIA concernant l’usine de radio de Minsk a été acheminé à la Division des documents étrangers de la branche soviétique de la Foreign Documents Division du Directorate of Intelligence.  La source de ce rapport de contact est censé avoir été un ancien Marine et défecteur de l’Union soviétique qui est retourné aux États-Unis avec sa famille au cours de l’été de 1962.  On pense que la source a déclaré qu’il avait été employé à l’installation de radio de Minsk.  Le rapport décrit dans la lettre semble étrangement semblable à la pièce 92 de la Commission, un «essai» connu pour avoir été écrit par Oswald au sujet de l’usine de radio de Minsk.  Ce document (réimprimé dans l’annexe A) comporte des descriptions détaillées de chaque aspect de l’usine.  Il est également important de noter que l’agent DCS J. Walton Moore a encouragé l’ami d’Oswald, George de.Mohrenschildt, à faire »involontairement » un compte rendu d’Oswald sur son temps passé en Union soviétique.  En conséquence, Oswald donna à DeMohrenschildt un mémoire détaillé sur sa période russe ».  Curieusement, quand Garrison fut l’objet d’un article de presse louable en 1976 intitulé « Jim Garrison avait-il raison après tout? », c’est Moore qui a écrit un memo de la CIA déclarant que :  «Nous sommes un peu plus préoccupés par la façon dont nous devrions répondre à toutes les questions directes concernant la relation de l’Agence avec Clay Shaw.»  Comme le lecteur le verra au chapitre huit, Moore pouvait s’inquiéter en effet.  Comme le sénateur Richard Schwcikcr l’a déclaré plus tard, Oswald avait les empreintes digitales de l’intelligence qui le suivaient partout.  (Plus de preuves de la relation d’Oswald avec la CIA peuvent être trouvée dans le chapitre huit) Garrison, dans son étude précoce des preuves de la Commission Warren avait été amené à conclure qu’Oswald était bien plus que le dément marxiste que Kerry Thornlcy avait peint.  L’affaire n’avait pas été fermée, et Garrison avait décidé que la véritable histoire d’Oswald était digne d’une véritable enquête ».

Pas un cas isolé, pour le moins !

Etrangement, la CIA, qui s’occupe des activités à l’étranger, le FBI se chargeant de l’intérieur du pays, possède aussi de nombreux bureaux disséminés dans tous les USA, pour interroger partout des suspects, répond-t-elle quand on lui pose la question.  « La C.I.A. opère en vertu d’un certain nombre de directives secrètes qui émanent du Conseil national de sécurité depuis 1947.  La directive n° 7 l’autorise à interroger des gens à l’intérieur des États-Unis.  L’utilisation par la C.I.A. de touristes et de voyageurs pour sa récolte de renseignements est clairement prévue dans un mémorandum qu’Allen Dulles soumit en 1947 à la Commission sénatoriale des services armés, alors que celle-ci examinait la loi instituant la C.I.A (…) Il n’est pas exceptionnel que la C.I.A. contacte des Américains qui se rendent, en touristes, derrière le Rideau de Fer.  Cela ne veut pas dire qu’elle les contacte tous, bien évidemment ; d’ailleurs nombreux sont ceux qui déclinent l’invitation à courir les risques d’un espion-amateur (…) ».  La CIA, quand elle ne « questionne » pas ces touristes à leur retour, envoie donc carrément des agents… déguisés en touristes.  Certains se sont demandés où Oswald avait pu trouver l’argent pour se rendre en URSS, alors qu’il vivait chichement et était plutôt sans un sou vaillant.  La réponse est donnée par la méthode d’envoi des espions déguisés en touristes expliquée ici dans l’ouvrage de Wise et Ross (page 265) :   » En dehors des contacts qu’elle établit parfois avec d’authentiques touristes, l’agence implante aussi ses propres touristes derrière le Rideau de Fer, et parfois avec des résultats désastreux ».

Le retour des deux espions manqués

Le parcours de deux d’entre eux est plein d’enseignements :  « Le 25 août 1960. deux anciens combattants de l’armée de l’air, Mark I. Kaminsky et Harvey C. Bennett, de Bath (du Maine, photographiés à leur retour ici à droite) furent arrêtés pendant qu’ils voyageaient en Union soviétique.  Les deux hommes parlaient couramment le russe.  Kaminsky, âgé de vingt-huit ans, enseignait le russe à Ann Arbor (Michigan) dans une école secondaire ; quant à Bennett, vingt-six ans, il venait d’obtenir son diplôme d’études slaves à l’université de Californie, à Berkeley.  Kaminsky fut condamné par un tribunal de Kiev à sept ans de prison.  Puis les Russes changèrent d’avis et les expulsèrent tous les deux.  Ils rentrèrent le 20 octobre aux Etats-Unis.  A une conférence de presse sur l’aéroport international d’Idlewild, Kaminsky nia qu’il eut commis le moindre acte d’espionnage et affirma qu’il avait projeté d’écrire un livre intitulé : «  L’Union soviétique parle de paix tout en préparant la guerre ».  Les deux rescapés déclarèrent qu’ils avaient voyagé en Russie grâce à une subvention de deux mille dollars, qui aurait été versée à chacun d’eux par la  » Caisse d’éducation de Philadelphie pour les arts nordiques « .  Toutefois, ils furent incapables de fournir le moindre renseignement sur les opérations de cette Caisse qui ne figurait point et ne figura dans la suite ni sur l’annuaire téléphonique de Philadelphie, ni sur la liste des fondations de l’Association nationale d’éducation, « The Foundation Directory », ni à toute autre référence ».  La CIA, on ne peut le nier, n’était pas non plus sans montrer parfois une certaine poésie surréaliste : la « Caisse d’éducation de Philadelphie pour les arts nordiques« , franchement, il fallait l’inventer celle-là !  La seule différence avec nos deux pingouins ayant délaissé leur queue de pie revenus du grand froid, en passant comme Oswald par la Finlande, c’est qu’étrangement Lee Harvey n’avait subi aucun débriefing à son retour.  Du moins officiellement (John Newman retrouvera plus tard des documents l’en attestant, comme indiqué juste avant).  Voilà en tout cas une caisse de voyages qui ressemble fortement à la société Double Chek de Birmingham, il me semble… (voir le tout premier épisode de la saga)

Oswald, un « traître » pourtant fort bien accueilli à son retour

Et que penser d’un document troublant (visible ici à droite) :  le courrier du 1er février 1962 du sénateur texan John Tower, du Texas (mort en 1991 dans un accident d’avion), contre l’octroi d’une aide au retour sollicitée par Oswald, alors qu’il était encore en URSS (?) et que sa femme Marina n’avait pas encore donné naissance à son premier bébé, au nom des déclarations faites à son arrivée en URSS : le sénateur républicain, plutôt de droite dure, affirmant ouvertement qu’il s’agissait bien pour lui d’un cas de haute trahison !!  Qui avait pu ordonner de passer outre l’avis de l’influant (et texan) Tower, et pourquoi surtout ? Tower, un ultra-conservateur opposé aux droits civiques pour les noirs, partisan de l’armement à outrance, ami de John Mc Cain, qui, plus tard deviendra le responsable de la « Tower Commission » chargé de faire le point sur l’ affaire d’espionnage Iran-Contra… et qui aussi rédigera pour cela un rapport Warren bis…. Pour mémoire, c’est Lyndon B.Johnson qui l’avait battu lors de l’élection sénatoriale au Texas de 1948 !  En 1989, Tower avait dû refuser de G. W. Bush le poste de secrétaire à la Défense qu’il lui était proposé : sous la pression de ses propres amis, qui lui reprochait son intolérance alcoolique et ses sorties de machos invétéré !

Mais une autre confirmation va venir, bien plus tard, et de façon indirecte, sur les aventures en Russie d’Oswald, ce qu’on étudiera plus tard dans cette série, si vous le voulez bien…

(1) Robert Oswald devait hériter d’un bien étrange « cadeau » : le premier cercueil de son frère; celui de son exhumation de 1981.  « L’histoire commence en 1981, quand la justice ordonne d’exhumer le corps de l’assassin présumé pour s’assurer qu’il se trouve bien dans son cercueil (la rumeur d’un sosie envoyé par l’URSS avait circulé).  Après vérification, le corps est confié aux Baumgardner pour être replacé en terre. Mais le cercueil original en pin d’une valeur de 300 dollars étant trop endommagé pour être réutilisé, les pompes funèbres le remplacent. «Vu qu’il n’était pas réutilisable, j’ai pensé qu’il avait juste été détruit», témoigne Robert Oswald.  Mais les pompes funèbres Baumgardner n’en ont rien fait.  Au lieu de ça, le cercueil endommagé a été gardé dans un entrepôt pendant près de trente ans avant d’être proposé à la vente chez Nate D. Sanders Fine Autographs & Memorabilia en Californie.  Un acquéreur anonyme l’achète rapidement pour 87 468 dollars en 2010.  Mais l’histoire remonte jusqu’à Robert Oswald qui s’oppose à la vente.  Le frère du tireur estime être le légitime propriétaire du cercueil, étant donné qu’il a lui même réglé tous les frais des funérailles » raconte ici Libération en 2014.  Lee Harvey Oswald était fier de son frère Robert, dont il portait la bague des Marines.  Au final, les vestiges du cercueil ont bien été vendus.  Son état (la tombe avait été envahie par l’eau) donne une idée de celui dans lequel on a retrouvé le corps de Lee Harvey.  Mais c’était bien le sien !  Son exhumation était la suite de la théorie complotiste émise par l’auteur anglais Michael Eddowes qui affirmait dans « Khrushchev Killed Kennedy » (1975), que les russes l’avaient « remplacé » par un autre !!!!  La théorie une fois vérifiée, on oublia le fondamental : l’ouvrage de Eddowes avait entièrement été financé depuis le début par… le milliardaire texan Haroldson L. Hunt (il était mort juste avant sa parution) !!!  Le principal ennemi de JFK… et le principal soutien financier des campagnes de LBJ !!!  Etait-ce pour lui une énième façon de brouiller encore plus les pistes ???

(2) dans le film on peut voir la pièce où le corps de JFK avait été en premier examiné (ici à gauche).  Or, autre extrême incongruité de l’affaire, ce local a lui aussi été détruit… le 1er octobre 1973, soit dix ans plus tard, mais, de façon surprenante encore une fois, tous ses éléments ont été gardés dans un bunker.  Les boîtes contenant les vestiges ont d’abord été stockées aux National Archives de Fort Worth pendant 34 ans avant d’être envoyées discrètement dans un abris souterrain de Lenexa, au Kansas… or aucun papier fédéral n’y fait référence, indique le 25 mai 2013 le Daily Mail, citant une une station de télévision américaine située à Dallas (WFFA).  « Ils sont venus avec des haches et des marteaux, ils ont coupé la pièce en petits morceaux et les ont mis dans ces barils, ont emballé tout l’équipement et sont partis avec eux», dit Don Pyeatt, un employé de l’hôpital qui a vu la démolition qui a eu lieu le 1er octobre 1973.  Pyeatt a pris les seules photos connues de la pièce avant d’être démolie, ignorant son contexte historique.  Sans aucune connaissance préalable, beaucoup penseraient qu’il s’agissait tout simplement d’une salle d’urgence standard » ajoute « ‘Catholic On Line« .  Encore une histoire aberrante et sidérante liée à l’affaire !!!  Qui, encore une fois aurait pu avoir eu l’idée de faire ce genre de choses ?  Pas la mafia en tout cas !!!

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (7)

 

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