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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (5)

L’histoire des mercenaires Thomas Willard Ray et Leo Francis Baker, morts lors de l’opération de la Baie des Cochons avec deux autres pilotes de la CIA est à bien des égards le début de tout, ou presque.  Ça paraît surprenant, dit ainsi, mais c’est le cas.  Le début surtout des « fake news » dont on en entend aujourd’hui parler, sans se rendre dès bien compte que depuis 1960 c’est devenu l’univers commun des américains, manipulés tous les jours comme des lemmings.  Dans leur livre prophétique, David Wise et Thomas B.Ross ont relaté dans le détail cette lente descente vers l’enfer de la fausse information et ses ravages à tous les niveaux : auprès des familles bien sur des soldats décédés, tenues dans la plus parfaite ignorance du sort de leurs maris, de leurs frères ou de leurs enfants, mais aussi auprès de l’opinion publique qui ne sait pas encore qu’un cohorte de tâcherons engagés par l’Etat sont chargés de rédiger, dans la presse papier notamment, mais aussi pour la télévision qui est en train de prendre son essor, des versions largement expurgées des événements.  Chargés de réécrire l’histoire qui venait de se faire, dans un forme achevée de révisionnisme pervers journalier.  Cette même équipe évoquera à plusieurs reprises la propagande soviétique, en se gardant bien de la comparer à la sienne, bien entendu.

Avec l’affaire des 4 pilotes morts au dessus de Cuba, commençait en effet une longue, très longue période de mensonges qui ne cesseront de manière illusoire qu’avec l’affaire du Watergate, pour recommencer encore et encore juste après, pour aboutir à la fable entretenue d’un Ben Laden insaisissable (ah, les textes remaniés tous les deux jours de Schmidle (1) !!!) en passant par la terrible phase du 11 Septembre, véritable sommet du genre.  L’Amérique ment ouvertement depuis, dissimule des faits ou les réécrit, tout simplement, quoi qu’elle fasse. Ce qui ressort des documents lisibles des années après leur rédaction sont les larges retouches de noir masquant une partie de leur contenu.  La « déclassification » n’existe jamais totalement, les secrets demeurent longtemps, trop longtemps.  De voir une marionnette actuelle devenue président se plaindre des fausses informations véhiculées par la presse, c’est oublier que ces 50 dernières années, aux USA, c’est bien le pouvoir en place le principal vecteur de la désinformation dans le pays !

Tous originaires de Birmingham

Particularité étonnante des quatre pilotes décédés au dessus de la Baie des Cochons, ils habitaient tous la même ville, en Alabama, ont remarqué les deux auteurs.  » En 1963, quatre veuves dont les maris avaient péri à la baie des Cochons habitaient Birmingham, dans l’Alabama (la ville également du « Klan » qui n’affichait pas toujours un drapeau du Sud confédéré, mais bien le drapeau national comme on peut le voir ici à gauche !).  Tout au long de l’été brûlant de cette année-là, Birmingham fut partagée entre la frayeur et la violence.  Mais le climat d’angoisse dans lequel vivaient les veuves n’avait rien à voir avec les troubles raciaux dont la ville était le théâtre.  Une main invisible leur adressait à chacune, tous les quinze jours, un chèque de 245 dollars.  Et elles redoutaient que cette main invisible ne suspendît les paiements si elles parlaient trop.  Pour l’une des veuves, Mrs Margaret H. Ray, petite brune séduisante et douce, ces craintes s’étaient décuplées parce qu’elle avait entendu parler de la machine à détecter le mensonge, parce qu’elle s’imaginait que ses conversations téléphoniques étaient enregistrées, parce qu’elle se croyait sous surveillance.  Fantasmes d’une veuve affligée, seule au monde avec ses deux petits enfants?  Peut-être.  Mais, à y bien réfléchir, peut-être pas. Car le cas des quatre veuves de Birmingham est à certains égards une tragédie du vingtième siècle :  du George Orwell ou du Kafka transposé dans la réalité.  Les maris de ces quatre femmes s’appelaient : Thomas Willard Ray, Léo Francis Baker, Riley W. Shamburger Jr (2) et Wade Carroll Gray.  C’étaient les quatre aviateurs américains de la C.I.A. qui avaient péri le 19 avril 1961 au cours des combats aériens de la baie des Cochons. »

Des volontaires recrutés dans l’armée

Lorsqu’ils s’étaient envolés de Puerto Cabezas (cf « à la Vallée Heureuse ») le 19 avril, les 6 avions peints aux couleurs de l’armée cubaine avaient pour leader le B-26 de Billy « Dodo » Goodwin, major dans l’Air Guard de l’Alabama, et Gonzalo Herrera, un pilote cubain surnommé « El Tigre ».  Tous étaient volontaires, le lieutenant cubain Mario Zuniga, et son observateur ayant décliné la proposition. L’avion de Riley et Wade’s touché à la fois par l’attaque d’un T-33 et la DCA cubaine s’est écrasé dans l’eau, une fin tragique aperçue par un des autres B-26. A près avoir fait plusieurs passes de bombardement, l’avion de deux autres pilotes fut lui aussi touché par la DCA, ils réussirent à se poser vivants sur la plage, mais ils furent ensuite été abattus par les cubains.

Un corps… congelé pendant 18 ans !

Le corps de Thomas Willard Ray, étrangement, sera conservé congelé dans une morgue avant d’être rendu à sa famille… 18 ans plus tard.  Castro le conservait comme preuve de l’évidence de l’attaque de la Baie des Cochons ! I l faudra attendre 1979 pour qu’un livre reconnaisse leur action, et 1982 pour que les familles reçoivent les médailles de bronze et d’argent de la CIA… sans que leurs noms ne soient toujours révélés au grand public.  Un général parlera d’eux néanmoins encore  comme étant des « mercenaires ».  Lorsque le texte parle de ‘l’été brûlant » de 1963, il faut entendre par là les énièmes soubresauts des problèmes raciaux de l’Etat, et des émeutes, dans une région demeurée l’une des plus ségrégationnistes du pays.  Son gouverneur, George Wallace  étant ouvertement… raciste, empêchant sur place les élèves noirs d’intégrer les écoles, malgré les directives fédérales.  Une tentative d’assassinat en 1972 le laissera paralysé.  Devenu chrétien Born Again, il regrettera plus tard ses dérives ségrégationnistes.

Un recrutement bien spécial
Comment avaient-il été recrutés, Ross et Wise nous l’expliquent un peu plus loin. Comme il fallait agir avec discrétion, on usa d’une société prête-nom : « en 1960, lorsque la C.I.A. reçut d’Eisenhower le feu vert pour enrégimenter des exilés cubains, elle commença à se mettre en quête de pilotes américains qui puissent servir d’instructeurs.  Étant donné que les Cubains seraient pourvus de B-26 et C-54, il était logique qu’on cherche des Américains ayant piloté ce type d’appareils pendant la guerre.  C’est ici qu’Alex Carlson et la Double Chek Corporation entrent en scène: la société et son président servirent simplement de couverture à la CIA pour le recrutement des pilotes.  Il fallait pourtant dénicher, des anciens combattants prêts à participer à une action clandestine (la garde nationale de l’air en Alabama, en Virginie et en Arkansas étaient les dernières unités à utiliser encore couramment les B-26 et les C-54) .  C’est là que la C.I.A. alla frapper.  Deux douzaines de pilotes passèrent contrat avec la C.I.A. par l’entremise de la Double Chek.  La plupart des pilotes recrutés venaient de l’Alabama et surtout de la région de Birmingham.  Le médecin de l’unité était originaire de Montgomery. »  L’idée, dès le départ, avait donc été de s’équiper des mêmes avions que les Cubains, des B-26, de les peindre pareil, pour faire croire à une diversion et une révolte interne des aviateurs soutenant Castro.  C’était faire fi du patriotisme de ces mêmes pilotes.  Les avions utilisés parmi les 6 ce jour-là provenaient des 8 B-26 fournis à la Fuerza Aérea Guatemalteca à l’été 1960.   On relèvera là-bas les numéros FAG 400, 404 (voir à droite ici), 408, 412, 420, le 424 étant celui d’entraînement au départ.  La photo ci-dessus à gauche ne montre pas ce genre d’appareil, mais bien ceux des cubains, prise à Campo Libertad, au temps de Batista, dont un exemplaire noir du fameux « 931 » que les américains copieront… sur un modèle différent de B-26, à nez plein.  Celle de droite en haut de chapitre montre un B-26 de la CIA utilisé à la baie des cochons.  On notera les lourdes roquettes HVAR de 12.7 cm « Holy Moses » sous les ailes.

Entraînés au Guatemala
Les hommes sélectionnés par un général US plutôt charismatique et apprécié par ses hommes, s’entraînèrent discrétement à Retalhuleu, au Guatemala (ici à droite avec le B-26 400 guatemaltèque passant discrètement du domaine militaire au domaine civil).  Tous avaient été choisis dans l’Air Guard de l’Alabama :  « le général Reid Doster, au sympathique visage de bouledogue, qui commandait la garde de l’air de l’Alabama joua un rôle capital dans l’opération de la C.I. A., à Retalhuleu (en 1963, Doster quitta la CI.A., reprit son commandement en Alabama et demeura personnellement en tête de la 117e escadrille de reconnaissance de la Garde de l’Air).  Comme la Garde de l’Air de L’Alabama était placée sous l’autorité de la 9e Tactical Air Force installée sur la base de Shaw, en Caroline du Sud, Doster alla voir le major général David W. Hutchinson qui en était le commandant. I I demanda et obtint pour lui-même et une douzaine de ses hommes, un congé.  Ainsi, Doster et ses pilotes rejoignirent la C.I.A. en qualité de civils.  De chacun des pilotes américains la C.I.A. exigea par écrit et sous serment le secret absolu.  Pour Doster, elle se contenta de sa parole de général. Tous souscrivirent à l’engagement de ne jamais révéler l’existence des camps d’entraînement et à plus forte raison ce qu’on y faisait, pas plus que ce qui allait se passer à la baie des Cochons« 

Une opération sous la responsabilité de la CIA

L’ensemble de l’opération a bel et bien été menée de bout en bout par la CIA, via Double Chek explique ici Quitoxic Joust :  en janvier 1961, des avions non marqués ont commencé à faire de fréquents vols de nuit à partir de longs terrains d’aviation inutilisés à Clewiston et à Opa-Locka, en Floride.  C’est en janvier que quatre membres de la garde nationale de l’Alabama, tous anciens pilotes du bombardier léger de la Seconde Guerre mondiale, le B-26, ont été recrutés.  Ces hommes ont été payés 2 250 $ par mois chacun, plus 200 $ par mois pour les dépenses, comme leurs survivants l’ont déclaré.  Au total, apparemment, environ 21 pilotes ont été embauchés pour former des Cubains.  Le gouverneur Orval E. Faubus de l’Arkansas (un sénateur opposé à la ségrégation) a révélé cette année que la plupart sont sortis de la Garde nationale aérienne de son état.  Les Flyers de l’Alabama ont été embauchés par un homme qui s’est identifié comme Alex E. Carlson de la Double Chek Corp., de 1045 Curtis Parkway, Miami Springs, en Floride [près de l’aéroport de Miami Springs et où le country club est aujourd’hui.  La rue a été nommée pour «Glenn H. Curtiss [qui] avait pensé la région désirable pour commencer une école de vol en 1916 avec son associé, James Bright.  Ensemble, ils ont acheté 17 000 acres de broussailles et pâturage qui des années plus tard deviendraient Miami Springs, Hialeah , Et Opa-Locka. « ].  Double Chek a été formé le 12 mai 1959, par Carlson avec un capital de 500 $ pour s’engager dans une grande variété d’activités commerciales. Après l’invasion Carlson a dit qu’il agissait simplement comme une agence d’emploi pour une préoccupation latino-américaine non identifiée ».

Le secret absolu avait été promis

Dés le départ, l’opération qui s’intitulait Opération Puma devait rester totalement secrète, même auprès des membres de la famille des pilotes. « Thomas Willard Ray avait trente ans quand il mourut; il était né à Birmingham le 15 mars 1931.  Il commença à fréquenter Margaret Hayden alors qu’il était encore à l’école secondaire de Tarrant.  Il servit dans l’armée de Pair de 1950 à 1952 et fut démobilisé avec le grade de sergent-chef.  En décembre de cette année-là, « Pete » Ray entra dans la Hayes International Corporation, importante société d’aviation dont la principale installation se trouvait à l’aéroport de Birmingham. Ray devint inspecteur technique chez Hayes, mais il entretint ses qualités d’aviateur en pilotant des B-26 et des F-84 à la garde nationale de l’Alabama.  Le 5 février, Mrs Ray et les enfants allèrent s’installer dans la maison de la mère de Mrs Ray, à Birmingham.  Son mari partit le même jour.  Il ne dit pas pour quelle destination.  Il se borna à informer sa femme qu’elle pourrait lui écrire à l’adresse suivante : c/o Joseph Greenland, boîte 7 924, poste centrale, Chicago (Illinois).  Aucun Joseph Greenland ne figure sur l’annuaire téléphonique de Chicago en 1960, 1961 et 1962.  L’adresse était une boîte aux lettres de la C.I.A.; le fonctionnaire de la C.I.A. qui se fit appeler «Greenland » — Terre verte — fut sans doute incapable de résister à la tentation de choisir un nom de code inspiré par la végétation verdoyante tropicale de Cuba.  Margaret écrivait à son mari aux bons soins de Joseph Greenland, et il lui répondit par des lettres portant le cachet de différentes bases de l’armée de l’air.  Pete ne revint chez lui qu’une fois, le 10 avril, pour quarante-huit heures ; il était très bronzé.  Pendant son séjour, il ne dit pas à sa femme ce qu’il faisait; mais elle avait lu des articles de journaux et elle s’en doutait.  Elle lui confia ses soupçons. — Si tu as appris quoique ce soit, lui dit-il, n’en parle surtout pas, parce qu’ils envisagent de soumettre les épouses des pilotes à l’épreuve de la machine à détecter le mensonge.  Il expliqua qu’ « ils » étaient capables de le faire, pour s’assurer que les femmes de Birmingham n’avaient pas commis de « fuites de sécurité ». »  L’homme avait été recruté en début d’année 1961 seulement :  « en janvier 1961, Léo Baker se rendit à Boston pour assister aux obsèques de son père.  Il prévint Cathy qu’il attendait un coup de téléphone.  Peu après, à la fin de janvier, Barker partit; la communication téléphonique arriva après son départ.  Il ne dit pas à Cathy où il allait.  Mais il lui précisa qu’elle pourrait lui écrire aux bons soins de Joseph Greenland à l’adresse de Chicago. L’une de ses lettres avait été postée à Washington, mais d’habitude son courrier portait le cachet de la poste de Fort Lauderdale, en Floride ».

L’absence de support aérien

Leur échec fut aussi provoqué par l’absence de l’arrivée des Skyhawks de l’Attack Squadron 34 (VA-34) des « Blue Blasters » pourtant promis pour les protéger.  « Le mercredi 19 avril, il se portèrent volontaires tous les quatre pour piloter des B-26 au-dessus des plages afin de relever les pilotes cubains à bout de forces.  Ce qui arriva par la suite a déjà été raconté dans ce livre.  Peu avant le décollage, les quatre aviateurs de la C.I.A. furent informés qu’ils bénéficieraient d’une protection aérienne de la part d’avions à réaction de la marine basés sur un porte-avion (Après que le Président eut autorisé les appareils de la marine, leurs marques et insignes couverts de peinture, à voler pendant une heure au lever du jour, Richard Bissell avait communiqué la nouvelle à la Vallée Heureuse).  Mais par suite de la confusion des fuseaux horaires (3), les B-26 arrivèrent au-dessus de la baie des Cochons après le départ des chasseurs de la marine.  Comment les deux avions ont-ils été abattus?.  Différentes versions ont circulé, mais la plupart coïncident sur le sort de Shamburger et de Gray qui tombèrent à la mer, et de Ray et Baker qui s’écrasèrent au sol ».  Selon l’ouvrage  « False Flags, Covert Operations, & Propaganda de Robert B Durham », ce sont des renseignements rapportés par le survol de l’île par un avion U-2 ayant filmé les premiers dégâts du débarquement qui aurait fait revenir Kennedy sur sa décision de lancer plus longtemps les Skyhawks en soutien.  Selon Robert B.Durham, le jour de la toute première attaque, le 15 avril, aussi « un de ces attaquants a été endommagé par des tirs anti-aériens.  L’avion a été abandonné à environ 50 km au nord de Cuba, avec la perte de son équipage Daniel Fernândez Mon et Gaston Pérez, son autre compagnon B-26. également endommagé, a continué vers le nord et a atterri à Boca Chica (dans la station aérienne navale de Key West) en Floride.  L’équipage, José Crespo et Lorenzo Pérez-Lorenzo, se sont vus accorder l’asile politique et sont rentrés au Nicaragua le lendemain via Miami et via le vol quotidien d’un C-54 vol de la CIA de l’aéroport d’Opa-locka à l’aéroport de Puerto Cabezas.  Délibérément numéroté 933, le même qu’au moins deux autres B-26 ce jour-là pour des raisons de désinformation, il a été tenu à l’écart jusqu’au 17 avril’.

Une fabrication complète

Les cubains découvrirent sur le corps de Baker des documents qu’ils s’empressèrent de mettre sur place publique.  Mais ils étaient bien sûr tombés sur de faux documents : « Le pilote américain agresseur, dont le cadavre est entre les mains des forces révolutionnaires, s’appelait Léo Francis Bell » indiquait le communiqué après la chute du B-26.  « Il portait sur lui son permis de vol n° 08323-LM qui expire le 24 décembre 1962; sa carte de sécurité sociale n° 014-07-6921; sa carte grise de voiture délivrée au 100, Nassau Street, Boston 14, Massachusetts. L’adresse du pilote yankee est 48, Beacon Street, Boston.  Il mesure un mètre soixante-huit. »  (C’était la taille de Baker, note Ross et Wise, car c’était effectivement lui ; Bell était un faux nom paravent de la CIA !).  Impossible avec ce système de vérifier pour les familles qui était mort à Cuba.

Le mépris des familles

Une fois l’échec de l’opération constatée, notamment grâce aux photos ramenées par l’U-2, tout va être fait pour dissimuler aux familles, en un premier lieu, ce qui s’était exactement déroulé : « A un journaliste venu l’interviewer, Mrs Gray déclara que son mari n’était pas davantage un mercenaire.  Pendant la courte période de son absence, il touchait 1.990 dollars par mois ».  L’emprise de la désinformation gouvernementale fut forte dès le départ : pour éviter de parler d’avions d’attaque et de bombardement perdus en combat, on fit des pilotes tués des pilotes d’avions de transport ayant eu un accident :  « trois jours après son retour à Miami, Carlson annonça à la presse qu’à son avis le C-46 avait effectué une mission de soutien au cours de l’invasion cubaine.  Mais il précisa que cette mission n’avait pas été commandée par la principale organisation des exilés, le Front démocratique révolutionnaire.  » Il existe beaucoup de soi-disant fronts et de riches personnages, tous impatients de jouer leur rôle », annonça-t-il.  « L’associé de Carlson à Double-Chek, Raymond W. Cox, raconta aux journalistes de Miami que, à l’origine, la société avait été constituée en vue de l’achat d’un cheval de course.  Il ajouta qu’il ignorait tout des aviateurs ». Les veuves auront beau écrire à l’administration pour obtenir des éclaircissements, on ne leur répondra jamais ce qu’avaient pu faire exactement leur époux.  La chape de plomb complète.  La veuve de Thomas Willard se verra ainsi répondre que « les archives de nos services, ne contiennent rien ayant trait aux circonstances de l’accident de celui-ci qui, à l’époque, ne faisait plus partie des cadres de l’armée active ».  Alors qu’elles recevaient toujours de l’argent…

Un silence payé cher

Car pour maintenir le silence des familles, on continua donc à verser la solde des aviateurs :  « peu après le bref séjour de Carlson à Birmingham en mai 1961, commencèrent à affluer chez les quatre veuves des chèques mystérieux tirés sur la Hialeah-Miami Springs Bank et signés par Carlson.  Peu après, un changement intervint : les chèques émanèrent de la Bankers Trust Company de New York.  Ils arrivaient tous les quinze jours.  Les cinquante-deux premiers étaient de 225 dollars chacun.  Ensuite le montant s’éleva à 245 dollars, soit un peu plus de six mille dollars par an pour chacune des veuves.  Les chèques de la Bankers Trust étaient simplement signés par un employé de la banque et tirés sur un dépôt constitué à la banque.  Mais rien n’indiquait l’origine des fonds.  Il est toutefois évident que l’argent provenait de la C.I.A ».

Les critiques couvent

Mais le scandale couvait, en raison de la fort mauvaise gestion de l’affaire de l’avion soi-disant « échappé » de Cuba pour venir se réfugier en Floride. Une affaire de désinformation encore que la sagacité des journalistes avait su déceler très rapidement (voir  épisode précédent).  Le sénateur Mansfield fut le premier gêné par la tournure des événements.  « Il dit également que quelques personnalités du Congrès avaient été averties que quatre Américains avaient été tués pendant l’invasion; mais Mansfield ajouta qu’il ignorait comment les aviateurs avaient péri.  Le 4 mars 1963, à la suite de la révélation de Dirksen, Carlson répondit aux journalistes qui enquêtaient sur les chèques des veuves qu’un « groupe d’Amérique Centrale avait autorisé Double-Chek à prévoir un dépôt pour des paiements dans le cas où les hommes perdraient la vie.  Maintenant, les veuves reçoivent ces dédommagements. » (…) Ces quatre hommes, dit-il, « n’ont jamais été considérés comme des soldats de fortune.  Ils savaient que leur tâche comportait des risques, puisqu’il s’agissait d’une opération anti- castriste, mais ils étaient poussés par leurs sentiments personnels autant que par l’espoir d’une compensation intéressante. »

Kennedy coincé, se défile

Mais le feu convait, forçant Kennedy à intervenir publiquement :  « le surlendemain, 6 mars 1963, l’administration aux abois se décida à faire, indirectement une concession à la vérité.  A la conférence du Président les propos suivants s’échangèrent entre Kennedy et un journaliste. Question : Monsieur le Président, pouvez vous nous dire si les quatre Américains qui périrent à la baie des Cochons étaient des employés du gouvernement ou de la C.I.A. ? (cela commence à 3’36 ici dans la vidéoRéponse : Eh bien ! je voudrais préciser qu’un bon nombre d’américains, au cours des quinze dernières années, ont servi leur pays de bien des manières différentes, et notamment à l’étranger. Quelques uns ont perdu la vie.  Le gouvernement des États-Unis n’a pas estimé conforme à son intérêt, en particulier étant donné la lutte que nous avons entreprise dans le monde contre cette doctrine qui parfois utilise les armes, d’entrer dans des détails.  Permettez moi de dire simplement ceci à propos de ces quatre hommes : ils servaient leur pays.  Pour le vol qui leur a coûté la vie, ils étaient volontaires.  Si, étant donné la nature du travail qu’ils avaient à accomplir, il m’est impossible de rendre publiques les conditions dans lesquelles ils ont trouvé la mort, comme cela l’aurait été pour des soldats ou des mutins, laissez moi vous dire encore que ces hommes servaient leur pays et, ainsi que je l’ai déjà dit, qu’ils étaient volontaires ».  L’aveu était de taille, sous couvert de la belle langue de bois.  Le 6 mars 1963, Kennedy avait (enfin) reconnu -à demi mot encore – que 4 pilotes américains étaient bien morts durant l’opération ratée et non pas dans un accident d’avion de transport survenu au Guatemala !  Il lui avait fallu deux années pour le reconnaître, l’invasion datant de 1961, rappelons-le !

Le début d’une longue saga de mensonges répétés

Mais il n’avait pas pour autant cité la CIA et ses magouilles.  L’administration Kennedy venait de s’enfermer dans ses propres mensonges, font adroitement remarquer les deux auteurs : « L’administration se trouvait placée devant un délicat dilemme.  D’une part, elle ne pouvait en avouer davantage sans courir le risque de se voir obligée de reconnaître qu’elle avait trompé Mrs Shamburger (cf la femme du troisième pilote US tué) et caché la vérité au public.  D’autre part, si elle divulguait le dossier relatif aux quatre aviateurs, une foule de questions explosives aurait été soulevée :  pourquoi les avions à réaction de la marine et les B-26 qui avaient été abattus ne s’étaient-ils pas trouvés ensemble au même moment au dessus des plages? Pourquoi alors que le Président avait déclaré le 12 avril 1961 que les forces armées des États-Unis » n’interviendraient pas « quelles que soient les circonstances », il était, sept jours plus tard, revenu sur sa décision et avait permis que les avions de la marine, leurs marques et insignes dissimulés, assurent pendant une heure la protection aérienne de l’opération.  Ces questions n’auraient certes pas manqué de causer quelque embarras à la Maison Blanche, mais c’étaient des questions politiques, qui ne touchaient en rien désormais à la sécurité du pays, et le silence fait autour des informations qui auraient pu les provoquer ne se justifiait pas.  Avant l’opération de la baie des Cochons, et à partir du moment où le Président s’était engagé à aider l’invasion, ce souci de sécurité était compréhensible. Immédiatement après l’affaire, peut-être était-il encore nécessaire de camoufler le rôle des aviateurs américains pour protéger la position politique des États-Unis.  Mais, en 1963, puisque le rôle des États-Unis et de la C.I.A. a été publiquement reconnu par Robert Kennedy, on imagine mal comment, au nom de la sécurité, l’histoire des quatre aviateurs pouvait être encore considérée comme un secret d’État.  Par le fait, l’administration se trouvait prisonnière de ses propres mensonges ».

Des histoires à dormir débout servies en pâture aux familles

Comme Kennedy n’avait pas tout avoué, on continua donc à mentir.  Aux familles, en priorité : « Carlson et McDowell restèrent une demi-heure avec Margaret dans la maison de sa mère, puis ils s’en allèrent.  Margaret leur laissa entendre qu’elle ne croyait pas un mot de leur histoire.  Le jeudi 4 mai, Carlson tint une conférence de presse à Birmingham.  Il annonça que les quatre aviateurs étaient portés manquants et présumés morts après que leur C-46 eût décollé d’un terrain d’Amérique Centrale pour effectuer un transport de marchandises.  Carlson expliqua qu’il était le représentant de la Double-Chek Corporation de Miami.  Il ajouta qu’au début d’avril la Double-Chek avait mis des Cubains anti-castristes en contact avec les aviateurs, mais il ne précisa point si les quatre aviateurs avaient participé à l’invasion.  On leur avait recommandé de n’utiliser la radio qu’en cas de nécessité absolue, expliqua Carlson.  Ils ont rendu compte qu’un moteur était tombé en panne et qu’ils perdaient de l’altitude ».  Des « moteurs » (?) , comme excuse, on utilisa le mot pour une autre veuve, sans beaucoup plus de tact :  « Moi aussi, dit-elle, j’ai reçu là visite de Carlson.  Il m’a dit que mon mari était mort, que je ne n’avais plus qu’à refaire ma vie.  Il m’a dit qu’on avait repéré l’un des moteurs  de l’avion, flottant dans l’eau : je ne savais pas que les moteurs flottaient. » Quant à Cathy Baker, elle déclara : – Ils savaient ce qu’ils risquaient ; pas moi ».  La perversité du système de la CIA, où même les familles ne devaient rien savoir !!!

Le principe de la CIA des société fictives et des boîtes postales vides

On continua longtemps en effet, jusqu’à descendre dans le veule et n’en faire que des mercenaires attirés par l’argent alors que c’était bien un général d’armée qui les avait recrutés au départ : »au cours de l’été 1963, dans un entretien privé à Miami Springs, il (cf : Carlson) répéta qu’il persistait à croire que les quatre hommes s’étaient engagés dans cette affaire uniquement pour de l’argent.  Il exhuma un épais dossier, après l’avoir consulté, déclara que Shamburger et Ray avaient été payés 2.200 dollars par mois, Gray, 1.500 et Baker 1.700.   Double-Chek a été contacté en 1960 par un « front » de l’Amérique Centrale.  Un moment plus tard, pourtant, il reconnut que les « recruteurs » qu’il refusa de désigner plus précisément, «ressemblaient à des hommes d’affaires américains ».  Ils lui auraient été recommandés par « quelqu’un, sur l’aéroport de Miami » et là aussi, il refusa de dévoiler l’identité du mystérieux personnage.  Il affirma, en outre, que sa compagnie avait été constituée pour gérer les biens d’un certain client.  « J’ai été désigné comme président, dit-il, pour protéger l’incognito de mon client. »  Ce client, selon lui, « venait de Tchécoslovaquie » et voilà d’où Carlson aurait tiré l’idée du nom de sa société. »  Ce fut certainement le pire mensonge de tous, laissant entendre que derrière cette action étrange il aurait pu y avoir un soupçon de manipulation du KGB !!!  Carlson n’avouera jamais rien de son rôle au sein de la CIA :  « Quant à l’histoire que Cox avait raconté à propos de l’achat d’un cheval de course, ce n’était que « du baratin ».  « Les recruteurs, poursuivit Carlson, sont venus me voir pour m’expliquer qu’ils avaient besoin de pilotes de ligne et ils m’ont demandé si je pouvais me servir, comme prête-nom, d’une société inscrite au registre du commerce.  J’ai cherché dans mes dossiers, j’ai sorti la  Double Chek, cette solution a paru les satisfaire ».  Rien de rien : selon lui il ne savait même pas d’où provenait l’argent accordé aux veuves :  « en ce qui concerne les chèques envoyés aux veuves, il ne savait rien. Au début, « Double-Chek avait un compte à la banque Hialeah, de Miami Springs, où ma signature est déposée.  Ensuite, dit-il, le « compte-dépôt fut transféré à la Bankers Trust de New York.  Je crois qu’il s’agit d’une grosse somme dont les intérêts servent à payer les veuves. »  Certes, les chèques continuaient à arriver de NewYork.  Mais c’était tout ce qui restait aux veuves ».

Et les auteurs de conclure amèrement que « trois ans après la baie des Cochons, les veuves de Birmingham n’avaient encore reçu aucun avis officiel du gouvernement des États- Unis au sujet de leurs maris, aucune notification écrite que leurs maris avaient trouvé la mort au service des États-Unis et en se battant pour les États-Unis.  Elles ne disposaient d’aucune pièce officielle à montrer à leurs enfants pour leur expliquer la mort de leur père ».

37 années d’attente pour les familles !!!

Il faudra attendre 1998, soit effectivement 37 années plus tard (!!!) pour que la fille de Ray reçoive le corps de son père, abattu à Cuba en 1961. « En décembre 1979, après que les Cubains eurent connaissance d’une mission personnelle de la fille de Ray, Janet Ray Weininger, pour trouver son corps – et après 19 mois de diplomatie minutieuse avec un gouvernement américain qui ne voulait toujours pas le réclamer comme un de ses propres – le gouvernement cubain a rendu le corps du pilote à l’Alabama.  La CIA n’a toujours pas reconnu publiquement qu’elle savait où se trouvaient ses restes. Cependant, le mois dernier, l’agence a publié un document confirmant que des pilotes américains avaient été abattus sur Cuba en 1961.  Et la semaine dernière, en réponse à des enquêtes détaillées sur l’affaire Ray dans le Times, les représentants de l’agence ont reconnu publiquement pour la première fois que le pilote de l’Alabama était l’un des leurs. « Thomas Pete ‘Ray a fait des contributions héroïques à la CIA et à ce pays, en servant avec une grande distinction », a déclaré Bill Harlow, porte-parole de la CIA.  « Compte tenu du temps écoulé et du déclassement récent des documents historiques de cette période, son affiliation avec la CIA peut maintenant être reconnue publiquement ».  Les documents obtenus par The Times provenant du gouvernement cubain, combinés aux mémos, câbles et rapports confidentiels récemment déclarés de la CIA sur la baie des Cochons, résolvent une grande partie de ce mystère extraordinaire de la Guerre froide des Alabamians perdus ». 

L’échec de la CIA, mais rejeté sur Kennedy

L’affaire de la Baie des Cochons avait jeté le discrédit non pas sur la CIA, organisatrice en chef du fiasco, ni sur Eisenhower qui avait le premier autorisé l’envahissement de l’île si les communistes l’emportaient. Non, étrangement, ce sont les atermoiements de Kennedy durant la crise qui lui seront avant tout reprochés.  Les cubains, plutôt adroits, ayant tendance à enfoncer le clou, diplomatiquement, raconte ici History :  « en août 1961, des représentants de toutes les nations américaines se sont réunis à Punta del Este en Uruguay pour le Conseil économique et social interaméricain.  Lors d’un cocktail, le dirigeant révolutionnaire cubain Ernesto « Che » Guevara a parlé avec Richard Goodwin, alors conseiller et rédacteur de discours du président Kennedy.  Comme l’a noté Goodwin dans un mémo secret de la Maison Blanche déclassifié dans les années 1990, la conversation portait notamment sur la possibilité d’un «modus vivendi» ou d’un règlement provisoire entre Cuba et les États-Unis, de la base navale américaine de Guantanamo et les problèmes avec le gouvernement révolutionnaire de Castro.  Vers la fin de la conversation, Goodwin écrivit: «Le Che a ajouté qu’il voulait beaucoup nous remercier de l’invasion – qui avait été une grande victoire politique pour eux – car elle leur avait permis de se consolider – et les a transformés d’un petit pays lésé d’égal égal »…  A partir de là, si on y ajoute les éléments de 1962 et la crise de Cuba, perçue elle aussi par l’armée des généraux faucons comme une reculade, on comprend le ressentiment que pouvaient ressentir certains contre JFK… celui qui avait ouvertement menti et qui continuait à disséminer des « fakes news » sur la question de la Baie des Cochons…

(1) Celui qui a écrit et remanié plusieurs fois le texte « officiel » sur la mort de Ben Laden (dont plusieurs versions continuent à coexister) n’était autre que le propre  fils du lieutenant général Robert E. “Rooster” Schmidle Jr, responsable de la cyber Défense US !!!  C’est trop beau pour être vrai, pense-t-on : même pas, mais peu de gens l’ont remarqué.

(2) Ray était d’ascendance française : « Le 15 avril, Margaret était en train de coiffer une amie dans la maison de sa mère, quand cette amie lui montra un journal racontant l’attaque des B-26 contre Cuba. Les mains de Margaret se mirent à trembler.  Léo Baker, qui avait trente-quatre ans quand il périt, était originaire de Boston.  Petit, brun, joli garçon, on le prenait souvent pour un italien en raison de son physique, et aussi parce qu’il était propriétaire de deux boutiques de pizzas à Birmingham.  En réalité il était fils d’un mère française et d’un père originaire de Terre Neuve ».

(3) ça semble sidérant de bêtise mais c’est exact.  Cuba est en  UTC -5, comme Washington, mais pas le Guatemala à UTC – 6 heures.

(4) le 27 octobre 1962, Rudolf Anderson Jr, pilote de l’U-2 survolant Cuba est abattu par deux missiles SAM.  Ce sera le seul tué du conflit dit des « missiles de Cuba ».  Si son sort est bien connu, les fort dangereuses sorties au ras du sol des Crusader  RF-8G photos de la Navy le sont beaucoup moins.  Dans un film hollywoodien (Thirteen Days) on peut avoir une petite idée en quoi elles consistaient.  Ces pilotes-là, de la VFP-62 dont William Ecker et Bruce Wilhelmy, étaient aussi de vraies têtes brûlées !  Ils recevront tous là Distinguished Flying Cross, décernée par… JF Kennedy.

 

Document :

La fin d’un des deux pilotes raconté ici par Arnaldo Remigio, infirmier de l’armée cubaine : « L’atterrissage forcé est arrivé malheureusement pour l’équipage au milieu de quatre bataillons de milice bombardés et bombardés plus tôt pendant la journée par d’autres B-26 qui volaient dans la région, et les blessés, parmi les blessés et morts parmi les bataillons frappés, étaient incalculables : ils étaient dans une sombre humeur vindicative contre tout avion à portée de leurs armes. I l était difficile de croire qu’un être humain ait jamais survécu à cet atterrissage, spécialement à l’intérieur de la mer de flammes entourant l’avion, mais dans les guerres, les événements les plus incroyables sont des événements presque quotidiens, et hors de l’épave en flammes est sorti une image stupéfiante en haut de l’écoutille des pilotes, qui a sauté sur l’aile gauche, puis de là au sol en s’échappant des flammes.  Il n’a pas perdu de temps à fuir loin de l’épave et les soldats autour du site d’atterrissage.  Il n’y avait pas d’endroit où aller, des centaines de nos troupes étaient déjà dans la région et le pilote n’aurait jamais pu aller ailleurs, mais son instinct d’échapper à la captivité était trop fort pour n’importe quelle logique dans le monde et il a continué à courir.  Les miliciens ont réagi promptement et ont couru derrière le brave pilote, qui s’approchait d’un champ de canne à sucre, où il pensait avoir une bonne possibilité d’échapper à la capture, au moins pour le moment, nos hommes aussi le savaient, donc ils étaient déterminés de le laisser aller et ils lui ont crié un avertissement  » Arrêtez ! …… Halte! …… ou nous allons tirer!  Le brave pilote américain s’est retourné vers les cent hommes et le destin, et en Espagnol parfait qui retentit parmi tous les bruits dans le champ il a hurlé: Va te faire foutre bâtard! ….. Je ne me rendrai jamais! ….. Vous devrez me tuer d’abord!  Il a tiré trois coups en un mouvement rapide sans atteindre de but, avec son revolver à silencieux, il savait qu’il était fait, et ne pouvait pas s’échapper et prenait sa vie dans ses propres mains, quand il a visé pour la dernière fois.  Un autre coup retentit de son fusil, et cent coups de feu de fusils retentirent, et il tomba sur le sol tué sur place ».  Son texte ne correspond pas aux faits.  Pour beaucoup, les deux pilotes ont été abattus dès leur sortie de leur avion.  Il contient néanmoins une photo des deux corps des pilotes, abattus ensemble et non séparément (ci-dessus à droite).

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (4)

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