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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (4)

En 1959, l’un des nœuds des préparatifs de renversement de Fidel Castro se situe à la Nouvelle-Orleans, qui constitue l’une des bases fondamentales de ceux qui souhaitent devenir des insurgés cubains pour renverser le régime communiste cubain.  Certains exilés ont fait partie des opposants au régime précédent de Fulgencio Batista, mais se sont opposés à un moment au nouveau leader du pays et entretiennent depuis une haine irréversible envers lui.  Associés aux mafieux des casinos jetés dehors de l’île par ce même leader, ils constituent une source de recrutement de choix pour une action secrète menée par la CIA : disposant d’argent frais (ils ont fui avec leur magot ou sont alimentés par les chefs de la mafia cubaine) ils représentent une force non négligeable, capable de lever des centaines d’hommes, payés en qualité de mercenaires, chez qui le sentiment patriotique n’est pas toujours de mise (ce n’est pas la majorité en tout cas).  D’autres soutiens financiers leur parviennent, dont notamment celui du milliardaire américain Howard Hughes, à l’anticommunisme viscéral et dont les bases organisées militairement se situent en Floride et dans les Bahamas, sous les yeux des autorités qui tolèrent ces groupes paramilitaires.  Tous bénéficieront en effet d’une large mansuétude de la part des autorités américaines, même si parfois le clan Kennedy semblera se lasser de leurs frasques à répétition, les conjurés se montrant trop souvent incontrôlables…

Organisation et équipement

La piste de la Nouvelle-Orleans nous amène à des livraisons d’armes, pour les exilés cubains.  Des armes, c’est à dire aussi de l’argent.  Pour équiper des escouades d’activistes, il faut de l’argent, beaucoup d’argent, et les exilés en ont.  Enfin, surtout un.  Il s’appelle Rolando Masferrer, et présente un CV passablement chargé.  Cet ancien rival en politique de Castro (il a eu sa carte au parti communiste et a même été membre de la brigade Abraham Lincoln lors de la guerre d’Espagne !), qui avait même aidé Castro à tenter de renverser Trjuillo à St-Domingue, avait aussi dirigé à Cuba une organisation paramilitaire violente connue sous le nom des « Tigres de Masferrer« , chargée essentiellement de combattre elle aussi Batista.  Responsable également d’un organe de presse ; Masferrer avait été inculpé en 1959 par le tribunal révolutionnaire de Santiago de Cuba, avec ses deux lieutenants Rilde René Pérez et González Feria pour assassinat, trahison, blessures, vol et abus de biens sociaux.  Le procès avait mis en évidence la mort notamment du jeune Iglesias Mario Vega.  Echappé de l’île et pourchassé par Castro, il était arrivé le 7 janvier 1959 en Floride sur le yacht Olokun II, avec 26 autres exilés (…).  Cuba réclamant immédiatement son extradition, pour le fait surtout d’avoir subtilisé plus de 10 millions de dollars des caisses de l’Etat.  En fait c’est bien davantage : il en a emmené avec lui 17 millions dans ses bagages (une somme considérable pour l’époque), fondant avec un mouvement appelé les « 30 de septembre », ou Cuban Nationalist Movement, qui aura des liens avec l’autre mouvement anticastriste, Alpha 66 !

Des gens douteux autour de lui

Les États-Unis avaient bien sûr rejeté la demande des cubains ; et le 26 janvier il avait obtenu l’asile politique.  Le début d’un engrenage dangereux, tant le remuant Masferrer va poser problème avec son obsession de vouloir tuer Castro coûte que coûte, et en multipliant les actions de sabotage, tout d’abord, qui avaient la préférence de Bobby Kennedy, celui-ci soutenant secrètement ses actions (comme on a pu le voir à l’épisode précédent), voyant ainsi un moyen de harceler le leader cubain ans avoir à le supprimer. Mais le gouvernement US semblait avoir surtout oublié les liens qu’entretenait Masferrer avec des mafieux, tel Fulgencio Batista, juste après le coup d’Etat 1952.  Le dictateur Batista était déjà lié aux gangsters italiens de la Cosa Nostra, à Meyer Lansky et Santos Trafficante, les propriétaires des grands casinos de Cuba, chassés, on le sait, par Fidel Castro.  C’est toute une frange douteuse qui s’est insinuée d’emblée chez les anticastristes.  Parmi les contacts réguliers de Masferrer, on compte en effet Santo Trafficante Jr (ici à gauche), et le terrible leader syndical des camionneurs Jimmy Hoffa, deux personnes que les frères Kennedy venaient de se mettre à dos les trois années précédentes en leur cherchant des poux.  Ce que confirme Manuel Rodriguez Orcarberro, de la DRE : « j’en étais à obtenir des fonds supplémentaires, j’en dirai ceci et pas plus, du Syndicat [du crime] de la Nouvelle-Orléans, pour Alpha 66. A  ce moment-là, Rolando Masferrer était le grand argentier clé, faute d’un meilleur intermédiaire, pour Alpha 66.  Le financement principal est venu du Syndicat, en raison des connexions de Masferrer avec ces personnes de retour de Cuba.  Il avait des liens avec Santos Trafficante, Jr., et d’autres éléments criminels. du crime organisé, purement et simplement.  Il avait également différents liens avec Jimmy Hoffa [le chef de file du syndicat de « Teamsters » affilié].  Dès 1962, je crois.  » (« L’homme qui en savait trop », Dick Russell, p. 333).  Selon des sources, Hoffa avait offert 50 000 dollars à Masferrer pour se débarrasser de Castro.

La CIA aux commandes, les armes cachées dans une île 

Le Boston Traveler avait un excellent journaliste en la personne de John Raymond, qui tint à l’époque ses lecteurs des préparatifs des actions contre Cuba dans les moindres détails.  C’est lui qui interviewera notamment Alexander Rorke, comme leader sur place à Miami d’un des groupes anticastristes, mais en ignorant visiblement qu’il était de la CIA. Le 2 mai 1963, voici ce qu’il décrivait (repris dans le San Francisco Chronicle du 30 avril 1963, titré « How Raiders Bombed Havana« ) alors que JFK venait de déclarer la guerre aux exilés en tentant d’en arrêter les actions, jugés désormais irresponsables par le gouvernement US : « il y a 160 000 cubains réfugiés à Miami sur une population normale d’un million.  Il sont divisés en près de 65 petits groupes, tous dédiés au renversement du régime de Castro.  Environ 15 de ces groupes ont apparemment encore un soutien financier solide, paraissent très organisés, et sont en train de fournir des armes à la guérilla cubaine ou organisent des raids sur la terre ferme.  Ces Freedom Fighters – connus comme étant les « aviateurs de Rorke » – sont le seul groupe d’américains.  Pour aider à freiner les raids de commandos sur l’île de Cuba, les Etats-Unis ont renforcé leurs navires et les avions de patrouille dans les Bahamas et le détroit de Floride.  Il s’agit notamment aujourd’hui de 16 bateaux de patrouille, de 4 grands navires, de 22 petites embarcations et de 18 avions.  » Sommes-nous censés rester assis ici et ne rien faire ?  » dit le jeune cubain dont le groupe a été souvent vu avec les combattants de la liberté.  Comme il parlait, il était occupé à bourrer des grenades de poudre noire.  Rorke et Jan Dorfman, un ex Bostonien venu pour répondre à l’appel de Sid Horshman devaient alors décoller pour les Bahamas. Rorke m’a dit qu’il voulait vérifier si certaines armes cachées sur l’une des petites îles situées à environ 50 miles au sud-est de Nassau à proximité de Exuma Sound y étaient toujours.  « Je pense que nous devrions aller les ramasser avant que quelqu’un ne les découvre » a dit Rorke, ajoutant  » Il y a trop de bateaux britanniques qui fouinaient ici ces derniers temps ».  Notre premier arrêt sera à Bimini en volant une demi-heure à l’Ouest de Valrn Beach. Nous avons atterri sur un timbre poste de piste d’atterrissage sur Norman Cay, où la police de Nassau a arrêtés dernièrement 17 cubains sur le bateau de Rorke, le Violynn III.   Notre pilote a posé le Beechcraft bimoteur lors d’un autre saut de puce, et nous avons retrouvé les armes – laissées pour la fin – dans une toile enterrées juste sous la surface de sable, avec deux bombes de 100 livres (…) il y avait des munitions dans des conteneurs métalliques de l’armée américaine, couvertes de graisse (les uns étant de petite machine peu coûteuse) et d’autres des fusils automatiques.  Ceux-ci seront empilés dans un bateau et transférés par avion et par bateau à l’autre Key.  « Ils vont être ramassées dans une semaine pour la livraison à Cuba », précise Rorke, alors que l’avion dévalait à nouveau la piste près d’une maison sur une île tellement petite que quelques cartes aéronautiques seulement montrent son existence ».   Le journal « Desert Sun », dans son N° 226, du 26 avril 1963 relatera le bombardement par Rorke des raffineries Esso et Shell de la Havane par le petit bimoteur, via des bombes artisanales de 100 livres.  Les deux gouvernements, Cubain et américain nieront cette attaque.

Sur l’île de l’admirateur d’Hitler !


Cette île, je vous en avais déjà parlé, c‘est celle de Carlos Lehder, trafiquant de cocaïne… et grand admirateur d’Hitler (et de John Lennon) !  L’associé d’alors s’appelle Georges Jung, qui le chargera au tribunal pour bénéficier d’une remise de peine.  Il deviendra le héros du film Blow, très représentatif de l’époque… Rorke avait en fait un double casquette, ce qu’on a pu vérifier récemment en scrutant les propositions de vente de photos historiques sur E-Bay.  L’une d’entre elle est un véritable trésor pour la période.  On distingue (ici à droite en effet, trois mercenaires dont Alexander Rorke en train de monter en urgence dans leur appareil.  Ce document est une rareté à conserver, car il indique qu’il montait alors à bord d’un appareil fort particulier: un énorme Consolidated PB4-Y2 Privateer, semblant totalement démuni de marquages.  Un avion-espion (en version photographique, il a été envoyé régulièrement au bord des côtes cubaines) utilisé par l’Office of Naval Intelligence (ONI), et que l’on retrouvera en fin de carrière comme avion d’incendie.  Des hommes habillés en civil montant à bord d’un tel engin de taille respectable ne pouvaient être que de la CIA.  Surtout si l’un d’entre eux prétendait avoir été au préalable journaliste de télévision !

 

 

Un vrai cimetière sous-marin d’avions

La base de la CIA en Floride étant sur l’aéroport d’Opa-Locka, reliant directement Retalhuleuau Guatémala.  Aux abords de Norman Cay, un nombre conséquent d’épaves d’avions jonchent la côte, dont des DC-3 et des C-46 militaires, la plupart déguisés en appareils civils, ceux qui ont servi à Rorke et à ses amis pilotes de la CIA.  Parmi les contacts de Rorke, on note celui de Charles Willoughby (1), de son vrai nom Adolf Tscheppe-Weidenbach, fils d’un baron allemand devenu généralissime après avoir été formateur à Fort Benning, où il avait dès les années 30 professé des idées fort droitières.  MacArthur le surnommant pour cette raison « mon petit fasciste«  !  L’homme était fort proche également des industriels riches et fascisants ou des politiciens qu’étaient Billy James Hargis, grand ami du général Walker et aussi anticommuniste primaire que lui, l’organisateur de la « Christian Crusade« , membre de la John Birch Society, mais aussi de l’inévitable Haroldson L. Hunt, le milliardaire texan aux idées fascisantes, ou de John Rousselot, accusé par un agent du FBI d’avoir fomenté un complot contre les Kennedy avec Walker justement.  Encore un cocktail détonant de personnalités extrémistes autour de l’affaire !

 

Tentatives d’assassinats, sabotages répétés et apparition du nom Carcano

A peine installé depuis deux mois à Miami, le vindicatif Rolando Masferrer organise déjà un complot le 28 mars 1959, visant à assassiner Fidel Castro, avec l’aide d’Armentino Feria Perez et l’agent de la CIA Frank Sturgis, ainsi que d’autres personnels de la CIA et du FBI impliqués, tous sous la direction directe de Richard Bissell (et Richard Helms donc aussi nécessairement, tout comme devait l’être… Robert Kennedy).  Selon le capitaine Bradley Earl Ayers, un parachutiste de la CIA, c’était le général Victor Krulak en personne (ici à droite sa biographie au titre évocateur), le spécialiste de la contre-insurrection du JCS, qui organisait directement les opérations attribuées à des groupes d’exilés qui étaient « planifiées et menées sous la supervision de la CIA … à partir de bases dans le sud de la Floride ».  Selon Ayers, l’homme qui les dirigeait au nom de la CIA était David Phillips, qui travaillait alors sous le pseudonyme de « Maurice Bishop« . Masferrer faisant aussi fait partie à la même époque de la Caribbean Legion dirigée par Cayo Confites, pour renverser Rafael Trujillo à St-Domingue et il prévoyait aussi de débarquer un jour à Haïti !  Rien ne semblait l’arrêter !  Le très remuant Masferrer s’était vite montré en effet intenable : en juin 1959, il s’en était pris à l’ambassadeur cubain à Miami, Alonso Hidalgo Barrios, qu’il avait agressé violemment.

Avec ses 17 millions, il achetait à tour de bras des bateaux et des armes, avec la bienveillance des américains, qui ainsi n’avaient pas à se soucier de l’intendance d’une armée fantôme à entretenir.  Son aisance à rassembler des mercenaires avait vite attiré l’attention du milliardaire Howard Hughes, jamais en reste quand il s’agissait de s’attaquer au fief communiste qu’il pouvait voir de sa nouvelle résidence des Bahamas En décembre 1960, le Miami Herald annonce en effet que Hughes « entretien et entraîne à Miami, dans un ranch, 53 mercenaires » (ceux de Masferrer, à gauche l’avion privé de Rorke qui transportait les armes et les mercenaires, un Beechcraft 18).  Il y a du travail, en effet : deux mois avant, une de leurs expéditions à échoué lamentablement : sur quatre bateaux partis harceler Cuba, un seul atteint la côte et trois américains (Allan D. Thompson, Anthony Zarba et Robert O. Fuller) ont été faits prisonniers et ont été probablement exécutés, à Nibujon, entre Baracoa et Moa Bay.  Au point de vue armement, le groupe de No Name Key, financé par Masferrer et Hughes, bénéficie de livraisons hétéroclites : le but étant de ne pas emmener d’armes spécifiquement américaines, ou provenant de l’armée américaine régulière (les armes voient toutes leurs numéros limés).  Un des mercenaires (que l’on retrouvera plus loin), Gerry Patrick Hemming, donnera un renseignement important sur leur provenance (c’était le 3ème occupant de l’avion qui disparaîtra plus tard le 24 septembre 1963 – avec Alexander Rorke, Jr – ici à droite- et un ex-pilote de l’USAF Geoffrey Sullivan) : « Hall (Loren Eugene Hall ; lié à Ferrie, qui travaille avec ce groupe) a décollé avec Molina et Al, bientôt rejoints par un autre espion de Castro, qui utilisait le nom de Manuel Manolo Aguilar. J ‘ai vite découvert que le FBI était derrière cette réunion de Larry Howard, Bill Seymour, et Al !. Dans leur avion, Hall et Aguilar n’ont pas eu de mots assez durs envers Joe Garman, Steve Wilson, et les autres membres du commando pour ce raid sur Cuba, et ceux qui se joignaient à cette étrange « Opération Kamikaze »‘ !  L’auteur révélant au passage la nature de l’armement emporté : Cependant, l’ex-sénateur sous Batista Rolando Masferrer, sous les ordres de la CIA, a promis de fournir des armes de son arsenal. Les contributions de Masferrer devaient, paradoxalement, inclure une partie de ses fusils italiens Mannlicher-Carcano 6.5 mm, dont beaucoup ont été stockés à la maison de la famille Fuller ».  Des fusils « Carcano » ?  Mais voilà qui nous fait tendre l’oreille : c’est un de ceux-là, justement, que l’on a attribué à Lee Harvey Oswald et comme étant celui avec lequel il aurait tué JFK !!!

Une mise au point douteuse

Les fameux fusils décrits par Hemming étaient effectivement venus d’Italie, via un brooker américain ayant pignon sur rue, et achetés également par la CIA et par Tracy Barnes (il a participé à l’éviction d’Arbenz avec Operation Success, les tracts de propagande conçus avec David Atlee Phillips, pour aider Castillo et c’est lui aussi qui supervisera le débarquement de la Baie des Cochons).  Des carabines issues des stocks de l’armée italienne (il y en avait 1/2 million d’exemplaires à vendre au sortir de la guerre !) révisées par Riva à Storo, près de Brescia et achetées en masse par Adam Consolidated, entre autres. 5200 exemplaires avaient quitté Gênes le 28 septembre 1960 et avaient été envoyés par cargo aux Etats-Unis (sur l’Elettra Fassio), enrobés de gel Cosmoline pour les protéger.  En janvier 1962, l’armurier Klein en avait commandé 400 modèles de type Carcano 91TS de 36 pouces au grossiste Crescent Firearms.  L’armurier ne mettra pas la photo exacte en publicité, affichant le modèle « suprême » M91 – ici à droite – à la place du M91TS (pour Truppe Special) : selon l’histoire officielle façon Warren, le premier lot déjà épuisé, Klein aurait vite remplacé ses 36 pouces par des 40 (le fusil dépasse donc tout juste le mètre de long), des M91/38, donc nettement moins répandus que les autres : le modèle qu’était censé avoir utilisé Oswald à Dallas ?  Or la commande massive de Klein ne portait pas sur des modèles de 40 pouces !!!

Un bon et un mauvais Carcano ?

L’engin, arrivé en masse, se retrouvait alors dans toutes les armureries à un prix défiant toute concurrence (moins de 15 dollars, soit une excellente affaire pour l’armurier qui l’avait été acheté entre un peu plus d’1 dollar et 3,60 dollars pièce !!!).  « En 1962, Barnes a été placé à la tête de la Division des opérations nationales.  Robert Morrow a prétendu plus tard que Barnes a recruté Richard Case Nagell et l’a envoyé à la Nouvelle-Orléans à l’été 1963.  Barnes a également demandé à Morrow d’acheter plusieurs armes : « On m’a dit spécialement d’en obtenir de bonnes, des Mannlicher-Carcano 7.35 mm.  Un 6.5 mm n’était pas un fusil précis du tout, et ne pas être considéré comme tel.  Je me souviens d’être allé chez les surplis de Sunny… à Towson, dans le Maryland.  Ils avaient un mur entier de Mannlichers, de Mauser, et d’autres fusils.  J’en ai choisi quatre, que je sentais était assez bons ».  Morrow a affirmé que les fusils ont été transportés par David Ferrie dans un avion privé et réceptionnés à la Nouvelle-Orléans ».  Les deux fusils italiens cités, s’ils se ressemblent beaucoup, sont donc très différents question efficacité : le 7.35 mm et le 6.5 mm Carcano n’ont pas du tout la même réputation : « tout cela peut être un peu difficile à suivre, mais pense le dire de cette façon : le fusil court et plus récent, le M38 de calibre 7.35 mm a été produit de 1938 à 1940.  La production d’une carabine plus courte en 6.5 mm M91/38 (le fusil présumé d’Oswald ) n’a pas commencé avant 1940 et s’est terminée à la fin de 1940 ! « 

« Que lui est-il arrivé ? Quelqu’un peut-il trouver un autre fusil militaire avec une telle courte période de production ?  Qu’y avait-il de si mauvais dans ce 6.5 mm M91/38 (le fusil avec lequel Oswald a prétendument assassiné JFK).  Pourquoi a-t-il a été remplacé après seulement un an de la production ?  » note un forumeur curieux et dubitatif… qui précise qu’il y a donc bien « un bon » et « un mauvais » Carcano, en résumé, et qu’à l’entendre, les exilés cubains avaient hérité des « bons », et Oswald du « mauvais » !  Le calibre 7.35 étant le « bon » et le 6.35 le « mauvais »…

Les explications tirées par les cheveux de la commission Warren

On va assez vite s’en apercevoir une fois Kennedy tué, car selon les ineffables experts (du FBI !!!) appelés à la barre lors de la commission Warren, le fusil d’Oswald aurait bien été « un 7.35… rechambré en 6,5 » vont venir dire des experts « maison »….« Les experts du FBI ont fait une détermination indépendante du Mannlicher-Carcano et de son calibre par l’insertion d’une cartouche de 6,5 millimètres dans l’arme par un ajustement, et en faisant une prise d’empreinte soufrée de l’intérieur du canon de l’arme et sa mesure de la pression au micromètre.  D’aspect extérieur, l’arme semblait être un fusil en 7,35 millimètres, mais son mécanisme avait été rechambré avec un canon de 6,5 millimètres.«   Etrange mise au point !  « Extérieurement, la seule différence entre le 7,35 mm M38 et 6,5 mm M91/38 est la hausse arrière » précise le même forumeur. « Le 7,35 mm M38 est équipé d’une hausse fixe, entaillée de zéro à 300 mètres tandis que le 6,5 mm M91/38 a été équipé avec la même hausse, mais allant de zéro à 200 mètres seulement (220 yards).  Il semble que les armuriers n’étaient pas aussi optimistes sur les capacités du 6,5 mm à longue portée comme ils l’étaient sur celles des 7,35 mm.  Cela est compréhensible, car la balle du 7,35 mm était de plus grand diamètre, mais avec 130 grains, elle était beaucoup plus légère que la 6,5 mm à 162 grains (le « grain » étant la poudre, et par extension le poids de la balle). En photo, trois balles de respectivement de gauche à droite 8mm, 7.35mm et 6.5mm).  Pourquoi donc avoir autant tenu à faire cette mise au point ?  Pour laisser entendre que le mauvais fusil aurait pu en devenir un bon ???  L’explication de cet étrange modification qu’aurait subit le fusil d’Oswald, selon les fameux experts ne tiendrait-elle pas plutôt dans la distance à atteindre avec le non moins fameux « troisième tir » fatal d’Oswald, celui remis le plus en cause ?… voilà pour la première apparition de « spécialistes » chargés de défendre à n’importe quel prix la thèse officielle du seul Oswald comme assassin.  On en retrouvera d’autres, au long de cette enquête.

Confusion sur la taille du fusil

Le fusil a été l’objet d’une autre remarque saisissante : il y a une belle confusion sur la commande qu’aurait fait Oswald, selon cet article signé Martha Moyer de mars 1996 : la Commission Warren parle d’un autre modèle que celui qu’aurait commandé Oswald.  « The rifle…was a bolt-action, clip-fed, military rifle, 40.2 inches long and 8 pounds in weight. Inscribed on the rifle were various markings, including the words « CAL. 6.5, » « MADE ITALY, » « TERNI, » [the city of the manufacturer: the Royal Arms factory] and « ROCCA » [the manufacturer of the bolt cocking piece]; the numerals « 1940 » and « 40 » [the year of manufacture]; [and] the serial number C2766…. The Rifle bore a very inexpensive Japanese four-power sight, stamped, « 4 X 18 COATED, » « ORDINANCE OPTICS INC., » « HOLLYWOOD CALIFORNIA…. » Or à ce moment-là, la commande de « Hidell », le faux-nom d’Oswald, porte sur une publicité de fusil de chez Klein de 36 pouces et non de 40 !!!  Deux inspecteurs avaient retrouvé la publicité pour le fusil dans des magazines stockés dans le garage des époux Paine, les « amis » d’Oswald.  La publicité ne provenait pas du magazine « American Rifleman« , mais d’un autre, appelé « Guns and Ammo. »  Démonté, le modèle 36 ressemble surtout beaucoup plus au paquet qu’aurait amené Oswald à la Bibliothèque en le décrivant comme « barres à rideaux ». Un enquêteur tardif retrouvera un bout de commande déchiré dans le garage d’Adrian Thomas Alba portant pour un 36 pouces.  La conclusion de Moyer étant sans détours : « en résumé, les longueurs de fusils de Klein ne peuvent pas être établies avec certitude, bien que les publicités de Klein avant février 1963, illustrent une arme de 36 pouces.  Mais pourquoi une entreprise de la taille de Klein tromperait-elle ses nombreux clients avec une fausse annonce pour une arme de 36 pouces alors que la compagnie n’avait qu’une arme de 40 pouces disponible ?  Quelqu’un a apparemment « organisé » des informations sur le fusil pour impliquer Lee Harvey Oswald dans l’assassinat du président John F. Kennedy ».  Car en ce cas, Oswald n’aurait même pas utilisé « son » fusil.  Un M38 « short rifle »au calibre 6.5 mm… a faible vélocité.  Alors que la fameuse photo de son jardin (on verra plus loin laquelle) montrait un fusil de… 40 pouces !


Toujours est-il que l’expédition de la Baie des Cochons a bien eu lieu, sous le mandat de Kennedy et même au tout début de celui-ci; et qu’elle s’est soldée par un échec retentissant.  Le 15, des avions partis du Nicaragua bombardent les aéroports et aérodromes de Santiago et de la Havane.  Cela démarre par une tentative de leurre : les B-26 requis extraits des surplus US , ont été peints aux couleurs des avions cubains, au plus grand mépris des règles internationales.  L’idée de la CIA qui est à la manœuvre est de faire croire à une rébellion des aviateurs contre Fidel Castro avec cette attaque surprise.  La CIA tablait d’ailleurs sur une révolte intérieure contre Castro… qui ne se produira pas. Ce dernier a beau jeu de clamer à une attaque du style de Pearl Harbor !!!  C’est la « fameuse » brigade 2506 qui débarque le 17 avril  à Playa Larga et Playa Girón, deux plages de la Baie des Cochons: elle est très vite mise en déroute par les milices de Castro et de Che Guevara et par les quelques avions cubains encore en état de vol, dont certains, entraînés par des pilotes russes, se montreront il est vrai héroïques (en photo à gauche le LT Del Pino devant son T-33).  A droite, un des vieux « Tempest » à hélice des cubains, qui abattra des B-26.

Un lamentable fiasco de début de règne
L’échec est dû à plusieurs choses, raconte en 2011 Jacob Machover dans « Anatomie d’un désastre », décrit ici dans le Figaro : « Cinquante ans après, il est temps d’en finir avec la vision erronée que le monde a de cette opération de la Baie des cochons : ce n’est pas un débarquement américain.  Ils étaient tous Cubains et la plupart avait combattu Batista. » explique l’auteur qui tient à rappeler le contexte historique.  D’après lui, la mémoire de la résistance française était très présente chez les membres de la brigade 2506 qui ont débarqué sur la Playa Giron, quinze ans après la fin de la  seconde guerre mondiale.  Nous étions en pleine guerre froide.  Che Guevara revenait de Moscou avec des promesses de livraisons d’armes et d’avions militaires.  Cuba était devenu une affaire interne de la politique étasunienne . Lors de la campagne électorale présidentielle en 1960, la révolution cubaine avait été très présente ». 

« Les combattants anticastristes croyaient en John F Kennedy, en ses promesses d’aides formulées durant la campagne électorale de 1960, plus précises que celles de Richard Nixon et certainement beaucoup plus effectives que les garanties du président Eisenhower» écrit l’universitaire ».  C’est cela surtout qui va rester : le ressentiment énorme contre un Kennedy qui les a laissés tomber ( à droite les vestiges d’artillerie des combats), alors que lors des débats télévisés de 1960 il avait promis davantage de les aider que Nixon, qui faisait déjà beaucoup et effectivement dans le genre.. « Ce dernier pense que l’opération aurait pu réussir mais avance, dans son ouvrage, plusieurs raisons pour expliquer l’échec : d’abord la méconnaissance du terrain et de la réalité que vivait la population cubaine : quand ils débarquent, « les membres de la brigade 2506, convaincus qu’ils allaient être accueillis à bras ouverts par une population hostile au communisme, sont contraints de déchanter : Castro a su attiser le sentiment nationaliste des Cubains ».  En clair : la population soutenait la révolution. »  S’ajoute à cela une impréparation caractérisée de la CIA, de ses interprétations fallacieuses de l’état d’esprit des cubains, que Kennedy lui reprochera plus que vertement en limogeant aussitôt après ces « incapables« .  Créant un deuxième foyer de ressentiment et non des moindres contre lui.  « Ensuite, les autorités américaines ont décidé au dernier moment de changer le lieu du débarquement. Prévu dans la région de Trinidad, sur des plages d’accès facile, près des guérillas anti castristes des montagnes de l’Escambray avec lesquelles ils auraient pu se rapprocher, le débarquement s’opère finalement dans la baie des cochons, plus à l’ouest.  Une décision de dernière minute qui va tout compliquer.  Le terrain est si mal connu que les organisateurs du débarquement ignorent que Fidel Castro est en train d’y faire construire un complexe hôtelier et que le littoral est bordé de nombreux massifs coralliens ».  Mais il y a pire encore, il y a un Kennedy qui au milieu de la tourmente ne sait pas prendre la bonne décision, et qui surtout empêche une deuxième vague d’avions d’annihiler la résistance castriste, qui n’aurait pas tenu très longtemps sous les bombes.   « Mais ce qui a été décisif, selon Jacobo Machover, ce sont les hésitations du président Kennedy qui annule une grande partie des opérations aériennes prévues en appui aux troupes débarquées.  Une quasi trahison qui envoyait la brigade 2506 à un « casse pipe » voué à l’échec.  Ces atermoiements du président Kennedy s’expliquent aisément. En pleine Guerre froide, le Kremlin avait menacé, à mots à peine couverts, de représailles contre Berlin Ouest en cas de débarquements américains à Cuba.  Les exilés cubains de Miami pourtant, et surtout les membres de la brigade 2506, -qui avaient passé plusieurs mois à s’entrainer avec des membres de la CIA-, ne doutaient pas du soutien inconditionnel de Washington et de l’appui direct de l’armée américaine pour renverser le pouvoir castriste ».  Deux groupes de personnes pouvaient déjà, à peine deux mois après son entrée en présidence, avoir envie de se venger sur sa personne.  Et même un troisième avec l’armée US, des généraux ayant été outrés par l’attitude de Kennedy à l’égard des combattants anti-castristes « lâchement abandonnés » : « ils ont combattu magnifiquement et n’ont pas été vaincus « , a souligné Jack Hawkins, un militaire multi-décoré de la seconde guerre mondiale, vétérinaire en Corée qui a aidé à les former. « Ils ont été abandonnés sur la plage sans les fournitures et le soutien promis par leur sponsor, le gouvernement des États-Unis. » «Nous allons payer n’importe quel prix, supporter n’importe quel fardeau, supporter n’importe quel problème, soutenir n’importe quel ami, s’opposer à n’importe quel ennemi, pour assurer la survie et le succès de la liberté!» avait proclamé les commandants en chef Lynch et Hawkins juste trois mois plus tôt ».  Trois groupes de personnes influentes (et dangereuses), désireuses de se venger de Kennedy : ses quatre années démarraient fort mal, avec une élection pour beaucoup volée… grâce au bourrage d’urnes de la mafia, alors alliée de la famille Kennedy. A noter que Hawkins (ici à gauche) travaillait aussi pour la CIA. L’organisme condamnait ouvertement son propre président !!!

Kennedy, ou la CIA comme responsable de l’échec ?
En 2011 toujours, on découvrira d’autres secrets de ce lamentable fiasco, dont surtout celui la désobéissance de la CIA aux ordres présidentiels : « parmi les détails cachés au public toutes ces années il y a celui d’un fonctionnaire de la CIA qui a transféré des fonds du budget d’invasion pour «payer les types de la mafia» pour un complot d’assassinat contre Castro,  un complot si secret que le chef de la planification d’invasion, Jacob Esterline, n’avait pas avoué ce à quoi l’argent devait servir.  Malgré les instructions répétées de la Maison Blanche pour empêcher les forces américaines de participer directement afin de préserver la négation plausible de l’implication américaine, la CIA a finalement autorisé les pilotes américains à voler avec ses avions au-dessus des plages.  Les aviateurs avaient appris que, s’ils étaient abattus et capturés, ils devaient se présenter comme des mercenaires et que les États-Unis «nieraient tout».  Malheureusement, quatre aviateurs des États-Unis ont perdu la vie, et ce n’est qu’en 1976 qu’ils ont reçu des médailles lors de cérémonies que leurs familles ont été encouragées à garder secrètes (à droite ci-contre les cadavres de deux pilotes de B-26  l’Alabama Air National Guard recrutés par la CIA,  Thomas Willard Ray et Leo Francis Baker photographiés par les cubains :  leur avion abattu près de Playa Giron, ils avaient survécu au crash mais avaient été tués au sol par les cubains.  La double photo du haut les expose de leur vivant)...  Avant que Kennedy n’hérite du plan d’invasion de la Baie des Cochons de l’administration Eisenhower, le vice-président Richard Nixon a été un ardent défenseur de l’assassinat de Castro et avait exhorté la CIA à soutenir les «escadrons « hésistants »  et autres groupes d’action directe» opérant à l’intérieur et à l’extérieur de Cuba.  Peut-être le plus inquiétant de tous, le groupe de travail de la CIA chargé de l’assaut paramilitaire, ne croyait pas qu’il pourrait réussir sans que cela ne devienne une invasion ouverte soutenue par l’armée américaine.  L’évaluation faisait partie d’un mémoire préparé pour le président élu Kennedy et qu’il n’a jamais vu.  Kennedy a ensuite dit à un de ses aides que la CIA et les militaires ne croyaient pas qu’il résisterait à leur pression pour que les forces américaines s’engagent lorsque l’invasion était sur le point d’échouer ».  En somme, on a longtemps blâmé Kennedy alors que c’était la CIA elle-même qui avait tout fait foirer !!!  Le sort des quatre pilotes, longtemps caché au regard du public serait-il le point de départ de tout un système de dissimulation ?  Nous l’étudierons demain, grâce à l’ouvrage de Ross et Wise, si vous le voulez bien…

Nota : une très étrange coïncidence

Lors de cette fameuse invasion de la Baie des Cochons, un autre membre de la CIA était apparu.  Il s’agît de l’agent William (Rip) Robertson qui commandait le navire de ravitaillement Barbara J (2) et qui avait désobéi aux ordres en débarquant à Cuba avec la fameuse Brigade 2506.  Après l’expédition, il était devenu le membre du personnel de la station JM WAVE de la CIA à Miami.  En juin 1963, il a fait partie de l’expédition ratée de Pawley, avec John Martino, Eddie Bayo et Richard Billings, alors journaliste travaillant pour le magazine LIFE, tous débarqués secrètement à Cuba.  Or, selon certaines analysent de photo, on le retrouve sur Dealey Plaza, pendant l’assassinat de John F. Kennedy.  Robertson a ensuite été envoyé au Vietnam.  Il y est mort en 1970 du paludisme.  Les revenants de la Baie des Cochons, qui s’étaient estimés trahis par Kennedy, à juste raison, dira-t-on, souhaitaient ouvertement sa mort… mais étaient-ce les seuls à le vouloir ?

 

 

(1) Deux jours après l’assassinat de John F. Kennedy une opératrice de téléphonie à longue distance de Mexico recevait un appel téléphonique international quand elle a entendu une des voix disant:  « le plan Castro a été effectué, Bobby est le suivant. »  Le numéro de téléphone a été remonté et retrouvé. numéro qui appartenait à Emilio Nunez Portuondo, l’éditeur latino-américain du « Foreign Intelligence Digest » de Willoughby.

 

(2) Une explication sur le nom du navire : « comme le rapporte Russ dans Family of Secrets, il y a beaucoup de preuves comme quoi Bush utilisait sa large entreprise de forage pétrolier comme une couverture pour des opérations de la CIA, y compris dans les Caraïbes, dans les années 50 et 60.  En raison de ce qui semble avoir été l’implication de Bush dans l’opération d’invasion de la Baie des Cochons beaucoup ont supposé que les bateaux utilisés dans l’expédition ont été nommés par Bush lui-même.  Après tout, la compagnie de Bush, dont le siège est à Houston, a été appelé Zapata Offshore, et le nom de code pour la baie des Cochons était « Opération Zapata. » Les deux navires de transport utilisés dans l’opération étaient « The Houston » et le « J. Barbara « Et la femme de Bush, l’ancienne première dame, est bien sûr Barbara ».  L’auteur spécifiant plus loin qu‘elle ne semblait pourtant pas posséder de second prénom commençant par J, avec pour preuve un acte de famille de 1930.  Son nom complet est en effet  Barbara Pierce Welch Bush.  Pour  le Col. L. (Leroy) Fletcher Prouty, qui a appartenu à la CIA, en revanche, ça ne fait aucun doute, avec ces bateaux « repeints pour qu’ils ressemblent à des navires civils ». Selon lui les noms avaient bien été choisis par Bush senior.

 

PS : On peut regarder « Blow » comme film, retraçant l’épopée du trafic de Jung, interprété par Jonny Depp.

NOTE : sur le Carcano, cette superbe mise au point

https://sites.google.com/site/jfkwords/carcano

« Avant la liquidation finale du Ministère italien, des centaines de milliers de Carcano auparavant déclarés excédentaires avaient été achetés par l’International Firearms Company of Montreal. L’accord signé par la firme Adam était plus spécifique, pour payer 1,12 $ l’ unité pour les anciens modèles, et 3,60 $ l’unité pour les modèles plus récents, comme le fusil d’Oswald, un Carcano M91 / 38 qui avait été fabriqué à Terni en 1940.  Même neuf, le Carcano de 1940 était fabriqué avec des supports mal ajustés et du bois lisse; mais l’ensemble était un bijou de précision, avec « un design modifié de Mannlicher qui était bien usiné à partir d’un acier spécial tchèque de haute qualité. »  Avant de reconditionner les fusils – ou de raccourcir le canon des longs fusils – pour le marché américain, Adam avait contracté l’armurier italien Luciano Riva pour un prix unitaire de 1,72 dollar. En opérant d’une usine à Storo, près de Brescia (la maison des fabricants d’armes Beretta et Breda), Riva ramassait les quantités de fusils de l’entrepôt militaire à Terni (environ à 100 km au nord de Rome) pour les porter avec un camion sous escorte policière à 460 km au nord de Storo.  À la fin d’octobre 1960, Riva avait complété 12 expéditions en vrac, pour un total de 44 490 fusils reconditionnés envoyés en Amérique. Le modèle C2766 a été parmi les fusils remis à neuf chez Riva, pour se retrouver parmi les derniers des expéditions Riva envoyé à Adam. Soit 520 caisses – dont chacune contenait 10 fusils chacun scellés dans un gel de Cosmoline – qui ont quitté leur usine pour Gênes le 28 septembre 1960. Le 24 octobre, l’expédition de Riva est arrivée dans un entrepôt de stockage, à Harborside Terminal, dans le New Jersey. Alors que le Carcano était en train d’arriver, Oswald et sa famille d’origine russe ont entrepris un voyage semblable vers le Nouveau Monde.  Le 2 juin 1962, le navire hollandais SS Maad a navigué de Rotterdam à destination de New York. Comme le navire a procédé à quai à Hoboken, dans New Jersey, le 13 juin, Lee Harvey Oswald a passé moins d’un mile du C2766.  Neuf mois et la moitié d’un continent séparent les deux trajets ».

 

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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (3)

 

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