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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (35)

Voilà, c’est sorti et il va falloir s’y mettre et tout lire, attentivement.   Mais on restera de toute façon frustré puisque sur l’injonction conjointe de la CIA et du FBI, qui ont bien trop de choses à se reprocher, Donald Trump a dû faire machine arrière et ne pas publier de documents impliquant de quelque manière que soit l’un ou l’autre (il a donné rendez-vous dans 6 mois pour les derniers !!!).  Laissant encore une fois le doute planer sur leur implication réciproque, ou leurs manquements flagrants.  Dès l’examen d’un premier document, on découvre cependant qu’un Oswald, que l’on a tenté désespérément de présenter comme communiste, en lui mettant sur le dos un voyage au Mexique compromettant qu’il aurait effectué peu de temps avant l’assassinat pour se rendre à l’ambassade d’URSS, fricotait en fait avec des activistes d’extrême-droite appelés les Minutemen, des gens surveillés depuis longtemps par le FBI.  Parmi eux, un responsable de boutique d’armes de Dallas, chez qui on pouvait trouver de tout, y compris des fusils Carcano qu’il était l’un des deux vendeurs à distribuer au Texas.  C’est cet homme qui nous intéresse aujourd’hui… en attendant de lire davantage parmi les 2891 fichiers divulgués.

Oh, il faudra un peu de temps pour digérer les fichiers… attendre les derniers, ceux qui avoueront, enfin, qu’Oswald était bien de la CIA et qu’on le téléguidait.  Par « on », on peut entendre sans hésiter Allen Dulles et davantage encore James Angleton, celui qui avait tant voulu savoir ce que contenait le petit carnet sur lequel Mary Pinchot Meyer, notait tout, lors de ses rendez-vous galants avec John Kennedy. Avant d’être elle-même assassinée, très certainement sous l’ordre d’Angleton (dont tous les dossiers ont disparu).

Les « Minutemen » oubliés de Dallas

Oswald, le jouet de forces obscures ? Oui, et elles sont connues comme étant celles de la CIA, et je n’en veux pour exemple qu’un des documents révélés cette fois-ci encore.  C’est un document de 7 pages dont ont soupçonnait l’existence via un court memo tardif (il  été rédigé le 16 janvier 1964) écrit par l’agent Frank Ellsworth, de l’ATF (« Alcohol and Tobacco Unit » qui, aux Etats-Unis, joue le rôle des douanes en France).  Auparavant, déjà, un court mémo (visible ci-dessus) évoquait les suites d’une mémorable poursuite en voiture survenue le 18 novembre 1963 après que l’ont ait volé des armes dans le dépôt de Fort Hood.  Ellsworth avait alors arrêté le dénommé John Thomas Masen, mais pour autre chose que ce vol (voir un peu plus loin ici) et découvert qu’il possédait une arme non déclarée.  Ellsworth sentait bien qu’il devait en savoir des choses sur le trafic d’armes local.  Il espérait donc pouvoir le cuisiner un peu plus longtemps.  Or, à sa grande surprise, le même Masen avait été libéré dès le lendemain !!!  Une réunion avait eu lieu juste après, comportant James Hosty l’agent du FBI qui suivait de près Oswald comme on le sait, mais aussi un officier de contre-espionnage de l’armée nommé Edward J. Coyle.  Selon Hellsworth, Hosty cherchait à vérifier si un groupe d’extrême droite appelé les Minutemen (du nom des premiers opposants aux anglais, cf le tableau ci-contre) étaient dans le coup du vol de Fort Hood.  Hosty, visiblement, était alors sur une enquête menant à une nouvelle invasion ou attaque de Cuba par ces groupuscules liés on le sait aux anti-castristes (on n’oublie pas que pendant ce temps les frères Kennedy armaient deux anciens chasseurs de sous-marins déguisés en yacht dans cette éventualité).  Selon Hellsworth lors de son interrogatoire, Masen avait cité un certain « Rodriguez » comme leader du groupe anticastriste et George F. Parrel qui désirait acheter des armes que lui fournirait Rodriguez.  « Parrel » se révélera être en fait Fermin de Golochea Sanchez. « Rodriguez », lui n’étant autre que Felix Rodriguez, l’ancien policier sous Batista mafieux et anti castriste, devenu plus tard responsable de la CIA, l’homme qui détiendrait même chez lui dans un vase les mains coupées de Chez Guevara (ici à droite devant un Hughes 500) !!!  Les deux étant membres du Second Front d’Escambray, plus connu sous le nom de groupe Alpha 66. Hellsworth avait ainsi appris que Masen les avait déjà tous deux fournis en armes, et qu’ils possédaient une cache secrète à Dallas même, dont il ignorait lui-même la localisation.  Malgré cela, donc, Masen avait été promptement libéré… alors qu’il était au milieu d’une conspiration armée dont l’un des points forts (le dépôt d’armes) était situé à Dallas même !!

Masen en chaînon manquant mexicain ?

Masen, qui lui aussi, tiens… quel curieux hasard, s’était rendu à Mexico comme l’explique ici Mark Bridger (auteur de  « FK: Echoes from Elm Street: A Search for Historical Accuracy on the Assassination of President John F. Kennedy », dans cet indispensable document « la fiche CE 2694 (pp1314) montre que Masen (ici en photo à l’âge de 18 ans seulement) a été interrogé par le FBI le 26 mars 1964 concernant les munitions Mannlicher Carcano et l’assassinat. Pendant l’interview « M. Masen a déclaré que durant l’été 1963 il a fait un long voyage de vacances au Mexique, visité des amis dans divers endroits, y compris le » Mendoza Brothers à «Guadalajara, au Mexique, qui possédaient une usine de fabrication d’armes. »  Donc, Masen était au Mexique pendant plusieurs semaines durant l’été 1963, vraisemblablement entre juin et septembre?  Les dates exactes n’ont jamais été divulguées par le FBI, toujours vigilant, ni les noms des lieux qu’il a visités ni les noms de ses «amis» (…). Le marchand d’armes aurait eu raison de visiter un tel endroit, même si la légitimité de leurs transactions pouvait être remise en question. La loi mexicaine les empêcherait en effet d’exporter des armes vers l’Amérique ». Mexico, l’endroit où un « faux Oswald » aurait été vu ???  Pour Bridger, Masen aurait très bien pu être ce « faux Oswald » : « le matin du 27 septembre 1963, à 10 h 30, un homme non identifié a appelé l’attaché militaire soviétique pour demander un visa à Odessa, en Russie.  Il a été référé au consulat soviétique.  La conversation était en espagnol, une langue que Masen prétendait parler, mais pas Oswald.  Sept minutes plus tard, l’homme a téléphoné au consulat soviétique, mais on lui a dit de rappeler à 11h30. Cet appel était également en espagnol.  À 11 heures, un homme qui s’appelait Lee Harvey Oswald est entré au consulat de Cuba et a parlé en anglais à Sylvia Duran.  On lui a dit qu’il aurait besoin de photographies pour une demande de visa, et est parti pour les obtenir.  A 12h30, « Oswald » aurait visité l’ambassade soviétique, bien que contrairement à l’historique Oswald, parlait mal russe.  Il a été décrit comme ayant 25-27 ans, européen ou américain, de taille moyenne avec le visage long, le menton étroit et le front haut qui tend vers la calvitie.  Ses cheveux étaient bruns.  Cette description correspond autant à Masen qu’à Oswald, Masen ne parlait pas russe à notre connaissance?  À 13 heures, l’homme est retourné au consulat cubain avec quatre photographies, qui ont ensuite été agrafées par Sylvia Duran à sa demande de visa.  La photo ressemble à celle diffusée plus tard d’Oswald à Dallas, et ressemble beaucoup à Masen.  À 16 heures, il a visité le consulat cubain pour la troisième fois et on lui alors dit que le visa prendrait 45 mois.  À ce moment, il s’est fâché et a commencé à crier à l’état-major, les forçant à lui demander de partir.  Le consul Alfredo Mirabal a déclaré plus tard qu’il pensait que toute la visite avait été « une provocation » – un incident organisé ».  Un article tardif lui aussi du Mountain Eagle et d’un journaliste du Village Voice du 14 octobre 1996 reprendra cette « similitude » entre Oswald et Masen comme « look-a-like » et terminera par évoquer les liens entre les Minutemen mais aussi le Général Walker et… H.L.Hunt (Haroldson Lafayette Hunt, Jr, dont l’agent de sécurité Paul Rothermel partageait ses infos avec le FBI). L’agent Whitten avait lui aussi découvert les liens entre les anticastristes et Oswald (1). Mais on ne l’avait pas suivis.

Des destructions de preuves manifestes

Les visites auraient été suivies par des caméras de surveillance, comme le rappelle Bridger : « aucun film de Lee Harvey Oswald à Mexico n’a jamais été produit.  Est-ce parce qu’un sosie a été filmé à sa place ?  Le film de surveillance du vrai Oswald aurait été mis en circulation rapidement s’il avait été là.  La bande, en anglais, de l’imposteur disant aux Soviétiques le 1er octobre qu’il était « Lee Oswald » n’a pas elle aussi été diffusée. La CIA a déclaré que la cassette avait été détruite avant le 22 novembre, mais le 23 novembre, le FBI à Dallas avait l’enregistrement et savait que la voix n’était pas celle d’Oswald.  Deux membres de la Commission Warren ont également entendu l’enregistrement à Mexico en avril 1964, avec l’aimable autorisation de Win Scott.  Tous connaissaient la cassette d’Oswald, et que la transcription de la CIA produite pour le HSCA était une fabrication.  La bande de l’imposteur a disparu, probablement dans le coffre-fort de Win Scott.  James Angleton est soupçonné de l’avoir reprise à la mort de Scott.  Les autorités ont enterré l’affaire; l’imposture était une preuve flagrante d’une conspiration visant à encadrer Oswald, perpétrée par certains des personnes impliquées dans le meurtre de Kennedy ».

L’enquête de l’armée 

Coyle enquêtait aussi, mais pour l’armée.  On le sait grâce à une lettre envoyée par la veuve d’Oswald, Marina, le 19 avril 1996, qui souhaitait des éclaircissements sur son activité réelle :  « les rapports de l’agent de renseignement de l’armée Ed J. Coyle sur son enquête sur le capitaine George Nonte, John Thomas Masen, Donnell D. Whitter, Lawrence R. Miller, et / ou Jack Ruby.  Je souhaiterais que vous obteniez les rapports de l’agent de liaison de l’armée pour la protection présidentielle Coyle sur le 22 novembre 1963 (tel que décrit par le commandant Robert Jones, supérieur de  Coyle comme témoignage de juré au Comité spécial de la Chambre sur Assassinats).  Si l’armée ne fait pas produire immédiatement ces documents, il devrait être nécessaire de faire paraître l’agent Coyle pour expliquer ce qui est arrivé à ses rapports ».  Marina Oswald (née Marina Prusakova), qui après avoir cru son mari seul assassin était devenue sur le tard… persuadée désormais qu’il avait été manipulé.  Elle demandait dans la même lettre des explications sur les les liens entre son ex-mari et les cubains désireux de renverser ou d’assassiner Castro.  « Un compte rendu complet de l’agent du FBI James P. Hosty et sa revendication (dans son livre récent, « ASSIGNMENT: OSWALD ») selon lequel Lee Harvey Oswald connaissait une planification d’« invasion paramilitaire de Cuba » par « un groupe d’exilés cubains de droite dans les zones périphériques de New Orléans. « Nous savons maintenant qu’une telle invasion était en effet prévue par un groupe cubain opérant sur la paie de la CIA à Miami, à la Nouvelle-Orléans et à Dallas … le même groupe infiltré par Lee Oswald.  Nous connaissons ses documents seulement depuis qu’ils ont été publié en 1992, comme décrit dans le livre que j’ai  mentionné.  Sur quelle base Hosty croit-il que Lee « avait connaissance » de ces plans, à moins que Lee lui-même lui ait dit cela ?  Je vous demande  donc spécifiquement la parution du rapport informateur que Lee Oswald a fourni à l’agent Hosty et / ou d’autres membres du FBI sur ceinformations de renseignement ».  Marina avait bien compris, au seuil des années 2000, que son mari était l’objet d’un suivi de la part de différents organismes fédéraux, dont les services secrets de l’armée, qui interféraient souvent avec le FBI et la CIA.  N’oublions pas en effet James Powell, un agent de renseignement de l’armée alors impliqué dans la surveillance des dissidents nationaux, que l’on retrouvera tout en haut du Texas School Book de Dallas, à peine 10 minutes après les tirs ayant tué Kennedy… muni de son Minolta.  On en aura confirmation avec le témoignage de son supérieur, lors de la seconde enquête sur le crime de Dallas, celui du colonel Jones, qui avouera qu’il y avait douze agents de l’armée de présents sur Dealey Plazza !!!  On notera aussi que Marina souhaitait des explications sur le rôle de Nonte :  George Charles Nonte Jr., un capitaine de l’U.S. Army, chargé de l’approvisionnement de la base en armes.  Or G.C. Nonte (décédé en 1978), spécialiste des armes, ayant écrit plusieurs ouvrages sur elles – cf ici à droite-, bénéficiait d’un « top secret clearance« , c’est à dire d’un passe-droit de la CIA !!!  Nonte aurait aussi joué un rôle dans ce chassé croisé entre services secrets dont Oswald était le véritable jouet.  Car Nonte connaissait très bien lui aussi Masen (normal, ce dernier vendait des armes à Dallas !).  Selon un document de téléscripteur obtenu par le chercheur Bill Adam, le FBI cherchait en effet auprès de lui à obtenir « des informations relatives à l’opération militaire dans les Caraïbes » (une nouvelle invasion de Cuba, celle qui aurait eu comme armement principal les deux yachts armés par les Kennedy !).  « le 25 oct 1963, Nonte avait fait un rapport au FBI.  Nonte avait dit que Masen lui avait confié que l’attaque planifiée « centrée sur Cuba » et comprenait une énorme force rebelle impliquée « dans les bases des Caraïbes dans des endroits inconnus. »  Selon Masen l’opération militaire (voir ici le détail) proviendrait d’un « acheteur d’armes » installé à l’Université de Miami.  Or l’université abritait la fameuse Wave Station JM, le siège de la CIA dans le sud de la Floride pour les opérations contre Cuba !!!

Autour de Pontchartrain 

Les armes autour du lac Pontchartrain, j’en ai parlé également ici-même.  Parmi les conspirationnistes anticastro, il y avait John Koch:  «aussi appelé  Gene Koch » qui figurait sur une liste de la CIA d’infiltrés de la DRE. Koch, était l’associé de David Ferrie, et il « a été arrêté le 31 juillet 1963 lorsque le FBI a saisi une cache illégale de dynamite de la DRE  sur le lac Pontchartrain à LaCombe » vous avais-je dit.   Ce jour-là avaient été  saisies pas moins de 48 caisses de dynamite, 20 obus des fusils M-1, des grenades et 55 gallons de napalm.  Le FBI avait arrêté deux hommes:  Sam Benton, un intermédiaire avec les Cubains anticastristes et William McClaney (dont le frère William Julius McLancy de la Nouvelle-Orléans, avait travaillé au casino de l’Hôtel Nacional à La Havane avant la prise de pouvoir de Castro), ainsi que Richard Lauchli, le co-fondateur des Minutemen et un ami proche de Jack Ruby (et vendeur d’armes dans l’Illinois !).  Ruby, qui pendant ce temps-là, vendait des Jeeps à Castro, on le rappelle !!! (ci-dessous la photo du lot d’armes saisies chez Lauchli, à Collineville, Illinois le 18 avril 1969… il y avait 50 grenades, un bazooka et 7 roquettes dans le lot !!!


L’équipe est abondamment décrite dans l’ouvrage «  The Road to Dallas » de David E Kaiser.  Kaiser est le premier a avoir suggéré que l’assassinat de Kennedy pouvait avoir des racines dans la mafia écœurée de ses erreurs ou tentatives ratées pour éliminer Castro qui leur avait fait perdre leurs gagne-pains de Cuba, leurs casinos.  Selon Kaiser aussi, Oswald ne pouvait avoir agi seul, ce que l’on découvre encore un peu plus chaque jour.  Si les armes avaient bien été confisquées, sur les ordres du seul FBI, on ne s’explique pas pourquoi les hommes n’avaient pas été arrêtés ce jour-là (onze personnes), où s’ils l’avaient été pourquoi les avait-on aussi vite relâchés.  Selon des observateurs, le procureur comme Kennedy n’avaient pas pu empêcher le raid du FBI à moins de révéler que Hoover puisse faire connaître  à la presse leur relation avec McClaney (à gauche une photo plus nette des fusils chez Lauchli.

 

Le témoignage fondamental d’Elrod

Selon Mary Lafontaine, c’est très clair : « prenez en considération l’histoire improbable de John Elrod, un témoin de longue date des événements entourant le meurtre du président Kennedy il y a 31 ans « nota : au moment où a été écrit ce texte, bien sûr). « Un reclus qui vit maintenant dans le Tennessee, Elrod a dit qu’il avait eu une brève conversation avec Lee Harvey Oswald dans la  prison de Dallas City Jail en fin d’après-midi du 22 novembre 1963.   Elrod, arrêté pour s’être retrouvé sur les voies de chemin de fer situées derrière Dealey Plazza avait été effectivement mis en cellule à Dallas avec Oswald, l’après-midi même de l’assassinat de Kennedy (vers 14H45).  « Si l’histoire de Elrod est vraie – et beaucoup de ses détails ont été confirmés – L’assassin présidentiel accusé était au courant du fonctionnement interne d’un réseau de trafic d’armes qui était sous enquête fédérale par des agents à Dallas à l’automne 1963.  Ces trafiquants d’armes volaient les  arsenaux gouvernementaux aux États-Unis et, selon les documents du FBI récemment libérés, deux d’entre eux étaient soupçonnés de fournir des fusils à des groupes anticastristes pour monter la planification d’une invasion de Cuba, prévue dans la dernière semaine de novembre 1963.  L’histoire d’Elrod indique que Oswald était au courant de l’une des leurs affaires d’armes à feu et était disposé à en parler le jour où il a été arrêté.  Le dossier d’Elrod n’est pas récent.  Le FBI a écarté l’histoire d’Elrod comme non fondée. Mais Elrod a quitté la prison de Dallas convaincu qu’Oswald n’avait pas tué le président ».  On notera que lorsqu’il avait été arrêté, Elrod l’avait été car on avait averti qu’il avait encore à la main un fusil, qu’il n’avait plus au moment de son arrestation.  L’extrait de procès verbal ci-dessous établi le 22 novembre à 14H 45 le montre pourtant parfaitement :

Elrod est en fait un des quatre « vagabonds » arrêtés le jour-même de l’assassinat, enfin celui ajouté après coupe en réalité.  Une théorie de la conspiration a fait feu avec les trois autres.  Pour son propre fusil, celui que des témoins l’avaient vu ternir en mains, on n’avait pas creusé davantage la piste : aurait-il été celui qui aurait extrait discrètement  l’arme du Grassy Knoll de la scène du crime (en la démontant, si c’était le fameux fusil « pliable » décrit ici) ?  « Oswald, D’après le récit de Elrod, connaissait le propriétaire de boîte de nuit de Dallas Jack Ruby et un homme arrêté à Dallas alors qu’ils transportaient des armes volées le 18 novembre 1963.  Ces armes, selon le témoignage sous serment d’un agent fédéral, étaient destinées à un marchand d’armes nommé John Thomas Masen.  Masen était, de l’avis de l’agent, un ardent membre des Minutemen, une organisation paramilitaire de droite. Le seul magasin de la région de Dallas qui a vendu le type de munitions utilisées pour tirer sur le président Kennedy, le FBI a appris plus tard, était détenu et dirigé par John Masen. »  John  Franklin Elrod avait expliqué autre chose, passé aussi à la trappe : « Elrod se rappelle aussi avoir partagé une cellule avec deux autres hommes dans la prison du comté de Dallas ».  « Dans le couloir à l’extérieur de la cellule, les compagnons de cellule ont vu un détenu avec un visage « cabossé » conduit par des gardiens de prison.  Elrod a dit avoir entendu l’un de ses compagnons de cellule dire qu’il reconnaissait le détenu blessé malgré son visage «cassé».  Le camarade de cellule, a rappelé à Elrod, qu’il avait déjà vu l’homme battu dans une chambre de motel avec quatre autres hommes.  Les hommes dans la chambre du motel devaient recevoir de l’argent pour un certain type de contrat, et l’homme au visage blessé avait reçu une partie de l’argent.  Il avait conduit auparavant une Thunderbird.  C’était tout ce qu’Elrod pouvait se rappeler de son compagnon de cellule, sauf pour la chose la plus importante: l’un des hommes dans la chambre du motel était Jack Ruby ».  On trouvera plus tard (cf « Murder in Dealey Plaza: What We Know that We Didn’t Know Then about the Death of JFK … » de James H. Fetzerque) le conducteur de la Thunderbird s’appelait Donald Whitter (Donnell Darius Whitter).  Il travaillait comme mécano dans une station locale de Texaco et arrangeait les voitures, dont celle de Jack Ruby.  L’homme accidenté était en fait Lawrence Reginald Miller, dont la tête avait heurté le montant du pare-brise lors de la course poursuite avec la police de Dallas.  Ironie du sort, Miller avait été soigné au Parkland Hospital.  Le coffre de la Thunderbird était plein d’armes, achetées par Masen.  Un Masen, qui était aussi un des deux seuls vendeurs de Dallas à fournir des fusils Carcano et leurs munitions !!!  Malgré cela, quand Norman L. Casey et Francis B. Cole, deux agents du FBI seront dépêchés pour interviewer Elrod, ils déclareront à leur retour  que ce que racontait Elrod ne présentait pas d’intérêt… puisque que ce n’était pas lui personnellement qui avait vu Ruby !

Ellsworth, estomaqué par sa (trop) tardive découverte

C’est bien tout cela que confirme aujourd’hui le document de 7 pages expurgé de ses balafres de feutre noir (une déposition de 1965 déjà été proposé en partie en 2015).  Un document qui explique la surprise de l’agent Frank Ellsworth a découvrir après-coup avoir vu et rencontré Oswald, qu’il reconnaissait alors pour l’avoir vu à la télévision pendant les reportages sur sa courte apparition  dans le commissariat de Dallas, où l’on avait déjà décidé de le faire taire.  On y trouve toute une organisation, affiliée à la John Birch Society dont l’un des chefs se recommandait ouvertement, avec des membres portant un nom de code, seul connu du groupe, une argumentaire de propagande un peu tordu comme quoi « il n’y aurait eu que 20 000 communistes aux USA contre 60 000 Minutemen », et un groupe qui se savait surveillé par le FBI (ils décrivent un break en haut d’une colline avec dedans des agents munis de jumelles pour les observer !).

Réunis dans une ferme, celle observée par le FBI, ils s’entraînaient au tir au Fort Worth Riffle Club (on avait vu Oswald s’exercer, on le rappelle, au Sports Drome Rifle Range, de Grand Prairie, au Texas). Ellsworth, ou plutôt son informateur dans le groupe, décrira avoir reçu des munitions de la part du groupe, en quantité, pour du calibre 0.30 (pour fusil) et du 0.38 (pour pistolet).  D’autres armes de calibre 0.50 pour Browning et des Reising (un pistolet-mitrailleur de calibre 0.50, une excellente arme des Marines) ou même une Ingram (le MAC-10  pour Military Armament Corporation Modèle 10, une arme très spéciale de commandos !!!) seront montrées à l’informateur.  Ils se rencontraient aussi au Benbrook Lake ou au Fisherman Paradise, à Johnson County, au Texas ou au café du Shady Oaks.  L’un des Minutemen cité était Otto Duke Koling habitant Haltom au Texas.  Or celui-là, quel hasard encore, est décédé dans un accident de moto survenu le 25 novembre 1965 (document ci-dessus) : on a oublié de le compter, sans doute, dans les dommages collatéraux des décès autour du 22 novembre 1963 !!!  Un de plus !!!  Les Minutemen étaient sous surveillance accrue du FBI, avant et après l’assassinat de Kennedy, puisqu’on trouve un autre document en date du 1er avril 1965 précisant les rencontres de Koling  avec Arthur Pollard, Van Pollard et Shirley Bob Renshaw (qui vivait alors avec Koling).  Ils envisageaient alors d’aller voler une armurerie des National Guards.  Outre ceux cités, un avocat, nommé W. Alfred Windor, installé dans le Ellis Building de Fort Worth  faisait des réunions avec eux.  On cite aussi Bill Seals, de Houston, Texas.  L’informateur notera que Koling était alors en cheville avec le sergent Hudson, de Bowie, membre justement des National Guards.  L’observateur notera que lors des rencontres, un ou deux membres se tenaient toujours au loin, pour éviter d’être reconnus.  Qui donc étaient-ils ?  Un autre document encore raconte une réunion tenue au domicile de Delbert Ray, à Midlothian au Texas en septembre 1965; toujours avec la présence d’Otto Duke Koling.  Ray avait été repéré par Penn Jones, et en avait averti le FBI.  Ray a longtemps été membre de la John Birch Society, et proche de Edgar Weasley Seay, lui même très proche du fameux général Edwin Walker, celui-là même sur lequel Oswald est censé avoir tiré sur la maison au fusil Carcano (pour se donner le change, c’est de plus en plus évident !).  Penn Jones est le premier a avoir tenté de recenser tous les décès autour de l’attentat de Dallas.  Il en était arrivé à plus de 150… (lire l’article référencé, reprise de celui de Ramparts).  Pour Penn Jones, c’est le cas de Julia Ann Mercer qui l’avait le plus intrigué.  C’est celle qui avait vu quelque chose avant les tirs du Grassy Knoll et surtout avait entendu une discussion de personnes des services secrets au motel Howard Johnson, sur sa route du retour ;  dont celui de l’homme montant vers le tertre avec un étui à fusil, avant les tirs.  On n’a plus jamais eu signe d’elle, depuis.

Oswald, communiste d’opérette, connaissait bien les Minutemen

Dans le document du jour, Masen, bel et bien décrit comme vendeur d’armes, dans son propre magasin, et écrit qu’il connaissait très bien Oswald.  Un document qui montre donc qu’un individu présenté comme un soutien à Castro et à l’URSS, via son séjour là-bas ou ses tracts du Fair Play for Cuba Committee distribués dans la rue à la Nouvelle-Orleans (ici à droite), aurait donc reçu des armes des Minutemen, ceux-là mêmes qui désiraient tant supprimer Castro !!!  Ils le détestaient presqu’autant que les Kennedy, qui eux, racontaient à la presse qu’ils souhaitaient la paix avec lui en imaginant dans son dos des dispositifs les plus tordus possibles pour l’éliminer (2), avec de gros moyens prêts à être engagés, lorsqu’ils fourbissaient par exemple leurs deux bateaux armés, le Rex, et le Leda (1 million de dollars investis pour les deux chasseurs de sous-marins) !!! Seul un Oswald manipulé pouvait évoluer ainsi, à faire des barbecues avec David Ferrie un jour et prendre un bateau pour aller vivre en URSS un autre.  Oswald ne pouvait qu’être un agent téléguidé de la CIA, et l’on voit mal un tel agent agir seul, tout d’un coup, pour tuer un président dans des conditions plus qu’acrobatiques, logé dans un bâtiment où des âmes si bien attentionnés comme les époux Paine l’avaient niché une semaine à peine (?) avant l’événement fatal.  Ceux-là savaient, à l’évidence, qui a tué Kennedy.  Et ils savent que ça n’est pas Oswald !  A leur sujet, et ceux des liens de Michael Paine avec l’extrême droite de Dallas, via son oncle Eric Schroeder, proche du magnat Murchinson, de Hunt, de Byrd, et de toute la faune des riches pétroliers texans, on pourrait en dire encore des tas.  En y ajoutant le fort peu recommandable Billy Byars (Billy Goebel Byars), connu d’Edgar Hoover mais aussi de… Jack Ruby.  La famille Kennedy vivait constamment dans le glauque, logique que ses assassins fassent de même.

 

 

Source supplémentaire : la toute première déposition d’Oswald (en 3 éléments) au commissariat de Dallas devant un agent du FBI : on notera l’étrange réponse au capitaine Fritz, du bureau de police de Dallas, indiquant qu’il est allé une fois au Mexique « à Tijuana » : comment donc quelqu’un qui ne savait rien au départ d’Oswald avait-il pu lui poser une telle question ???  Le Mexique était si important que cela dans l’affaire ? (oui, si on voulait faire d’Oswld un pro-communiste étant allé demander un nouveau visa pour l’URSS !!!).

On notera aussi que dans cette première déposition, Oswald, pourtant muni d’un pistolet, n’avait pas cherché à tirer sur les policiers venus l’arrêter, et niait lui-même avoir tué à la fois Tipitt et Kennedy… il a nié aussi ce jour-là posséder lui-même un fusil… il donnera aussi sa date de premier jour de travail au dépôt de livres : le 15 novembre 1963, soit une semaine seulement avant l’assassinat !!!

 

(1)  « Le 6 décembre (1963), Whitten a lu un rapport du FBI sur Oswald qui montrait que le FBI avait des informations sur les liens d’Oswald avec des groupes cubains pro-Castro, mais que ni le FBI ni Helms ne les avaient communiquées pour son enquête.  Il s’est plaint à Helms et à James Angleton que cette information ait rendu sa conclusion initiale « complètement hors de propos ».  Helms a écarté Whitten de l’enquête, et l’a transmise à Angleton.« Complètement écœuré, Whitten avait quitté la CIA en 1970 pour s’installer à Vienne, en Autriche, et y commencer une carrière… de chanteur, à la « Société de Chorale  Masculine Viennoise » ! »

(2) Il y a eu 638 tentatives d’attentat contre Castro.  Et la mafia a eu elle-même des idées sur le sujet  : « quant à Lopez concernant Kennedy, Phillips était l’homme clé pour Escalante concernant Fidel Castro. Au cours d’une entrevue avec Fonzi à la fin de 1995, Phillips a fait remarquer, qu’ Escalante  « était notre principal ennemi [et] le cerveau d’un grand nombre de complots d’assassinat contre Castro. » Dans trois d’entre eux, Veciana était l’organisateur: 

  • « Tirer au bazooka d’un appartement loué par la belle mère  Veciana au huitième étage de l’immeuble situé au 29 Misiones Street; vers  la tribune de l’orateur sur la terrasse nord du Palais présidentiel, où Castro devait prononcer un discours le 4 Octobre , 1961.  L’intrigue a échoué (p.105).  Le G-2 cubain sentait le coup foiré et inondait les foules, les bâtiments et les toits avec des agents et des miliciens.  Lorsque les tueurs à gages se sont approchés du bâtiment, ils se sont sentis submergés par les forces de Castro et sont retournés en arrière ».
     
  • « Tirer sur Castro avec un pistolet caché dans une caméra de télévision (on notera que l’idée sera reprise plus tard pour tuer Massoud en Afghanistan, avec une bombe dans la caméra).  Lors d’une conférence de presse à Santiago du Chili en Novembre 1971.  Les prétendus assassins étaient des exilés cubains Marcos Rodríguez et Antonio Domínguez, déguisés en cameramen du réseau vénézuélien Venevisión TV.  Tous les deux se sont retirés du complot craignant la sécurité à toute épreuve autour de Castro (p.183) ».

 

  • « Tirer sur Castro avec un fusil à l’aéroport international de Quito (Équateur). Veciana savait que le vol de retour de Castro de Santiago du Chili à La Havane comprenait une escale là-bas.  Il a donné une aide au chilien en apportant l’arme appropriée à Quito et en demandant à Luis Posada-Carriles de s’envoler de Caracas pour tirer sur Castro au bon moment.  L’intrigue n’a abouti à rien puisque l’équipe de soutien – deux transfuges de l’Armée de l’Air de Castro – ont affirmé que ce serait suicidaire ». A noter que Cariles était aussi l’homme des basses œuvres de la CIA.  Il a toujours été protégé.

 

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