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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (27)

Jack Ruby marchand de jeeps, a-t-on découvert hier.  Mais il a aussi été mouillé à plusieurs reprises avant 1963 dans des trafics d’armes… destinés à Fidel Castro, c’est cela la grande surprise, et organisés par la CIA et tout une infrastructure aérienne qui était alors juste en train de se mettre en route, alors qu’elle deviendra omniprésente quelques années plus tard au Vietnam, notamment.  Des avions de la CIA, pilotés par des mercenaires souvent liés à des groupuscules d’extrême droite.  Dont un qui a participé dès 1947 à une préfiguration de l’invasion de la Baie des ubchons, une tentative arrêtée in extremis par le FBI, pour des raisons que l’on ignore encore aujourd’hui, car les documents sont difficiles à trouver, tant le pouvoir en place de l’époque avait tout fait pour que l’on oublie au plus vite cette tentative avortée sur Cuba. Des avions qui larguaient au dessus des troupes de Fidel des armes, parmi lesquelles toutes celles évoquées à  Dallas, le fameux fusil Carcano italien y compris. Et sur place, à Cuba, un bien étrange deal avec la libération par Castro d’un truand notoire, libération sur laquelle Robert Kennedy en personne semblait avoir beaucoup pesé.

Le pilote oublié de toutes les enquêtes

A cette affaire de jeeps maquillées se greffe une histoire d’avions qui le sont tout autant.  On vient de citer un pilote, de la catégorie de Tosh Plumlee semble-t-il.  Et effectivement : « Eddie Browder (ici à gauche, on a très peu de clichés sur lui) a témoigné devant le Comité spécial de la Chambre sur les assassinats dans les années 70.  C’était un ancien pilote d’essai Lockheed qui purgeait une peine de 25 ans de prison pour «infractions à la sécurité».  Il a dit au comité qu’il travaillait pour la CIA.  Une fois, il avait loué un bombardier B-25 sous le nom d’une compagnie inexistante et l’avait transporté en Haïti un an après l’assassinat de Kennedy.  Il a encaissé un chèque signé par le collaborateur haïtien de George DeMohrenschildt, Clemard Charles, d’un montant de 24 000 $.  Ce qui est intéressant, c’est que la HSCA a utilisé le témoignage de Browder dans la section DeMohrenschildt, pas dans la section Jack Ruby.  Y a-t-il un lien entre DeMohrenschildt et Jack Ruby ?  Seuls trois petits rapports « inoffensifs » des plus de 1000 pages que le FBI a sur Browder ont été communiqués à la Commission Warren.  Il est temps que les autres documents sur Browder, y compris le texte intégral de son témoignage devant la HSCA, soient rendus publics.  Un dénommé Browder qui utilisait l’alias 27 de Don Eduardo, a travaillé avec DeMohrenschildt, et qui a vendu des fusils avec Ruby à Cuba est digne d’une étude plus approfondie« .  On a quelques traces quand même des activités de ce fameux Bowder.  On le retrouve cité dans un article de 1948 de la Schenektady Gazette en date du 9 février.  Cité comme étant une tête brûlée, arrêtée pour avoir tenté de bombarder la capitale du Venezuela avec 3 autres camarades, à partir d’un… PB4-Y Privateer des surplus de l’armée !  L’avion avait été repéré (déjà !) à Puerto Cabezas au Nicaragua, le fief des anticastristes de l’invasion de la Baie des Cochons ! Plus de dix ans avant la tentative, ils étaient déjà présents sur place !!!  Arrêté en 1948 pour violation grave de la sécurité de l’Etat, condamné à 25 ans de prison, on l’avait donc retrouvé, déjà libre, en 1964, à bord d’un B-25 cette fois, sa prestation de vol payée par un adjoint de George DeMohrenschild !!!  Avouez qu’il y a de quoi hurler au complot là !!!  Rappelons l’autre Privateer retrouvé dans notre enquête :  celui de Rorke, autre agent de la CIA.  Mais que n’avait donc pas retenu la Commission Warren, mise au courant pourtant des activités de Bowder (et donc ceux aussi de Jack Ruby !) comme le prouve cet imparable document :

Joe G Marrs, propriétaire d’un Beechcraft 18 Expeditor UC-45F, (N° 7728, serial 44-47342) immatriculé dans les années 60 N8011H et mis sur flotteurs à cette époque, très certainement, devenu depuis N1047B.  On notera ici la vente du Beech à un « unknown owner »… par l’armée !  Marrs possédait aussi une « mule » ou « banane volante », un hélicoptère à deux rotors et un Catalina N9548C.  Le journaliste Daniel Hopsicker à émis une idée pour expliquer comment Browder avait pu avoir été jeté en prison malgré ses exploits :  « comme Barry Seal, Ed Browder était un pilote de la CIA qui semble avoir été impliqué partout … Il était là pour le premier grand coup de la CIA, au Guatemala en 1954, avec ces autres lumières brillantes de probité, tel E. Howard Hunt et David Atlee Philips«  (ah ah, très amusante, la remarque !).  « Mais il semble qu’il était en avance sur son temps, avec une société entrepreneuriale qui avait eu des problèmes avec ses patrons de retour à la boutique.  Dans un premier exemple de ce que 50 ans plus tard est devenu le programme du Pentagone intégré, il avait écrit à Henry Luce et avait offert de vendre à TIME magazine les droits exclusifs pour couvrir un coup d’Etat à venir au Costa Rica.  J. Edgar Hoover s’était indigné. Et un jour Browder a hérité de 25 ans de prison pour réfléchir à l’endroit où tout s’était mal passé » écrit-il avec beaucoup d’humour.

Browder et… Ruby

Dans les archives d‘Harold Weisberg, on trouve de belles perles.  Celle-ci notamment, dactylographiées, qui nous fait découvrir que Browder avait bien d’autres affinités : « en 1959, Browder fut arrêté pour possession de 136 000 dollars.  Des valeurs mobilières volées. Browder a affirmé que les obligations, qui avaient été volées à deux banques canadiennes, ne provenaient pas du Syndicat national du crime.  Selon Browder, le Mouvement du 26 juillet lui avait remis les titres volés.  Les preuves disponibles contredisaient cela – Browder avait dit à Jesse Vickers, qui avait été arrêté avec Pichardo en 1953, que «les gens du Cleveland Mob» étaient liés aux titres.  Le passeport de Browder révélait qu’il était de retour de Suisse, là où le mouvement blanchissait des millions de dollars et que son portefeuille contenait le nom d’un avocat qui défendait de nombreuses figures du Mob.  Un autre collaborateur de Browder, Paul Hickman, a déclaré au FBI que Vito Genovese, un truand connu à l’échelle nationale, avait conseillé à Browder de « se taire » sur l’origine des obligations ».  Car Browder connaissait aussi Ruby :  « l’enquête de Mack Johnson a ouvert une boîte de pandore que ni le FBI ni la Commission Warren ne voulaient ouvrir.  Mack a été renvoyé comme un mariole malgré le fait que ses affirmations ont été partiellement corroborées par les documents du Département d’Etat.  Ces documents ont révélé qu’en 1958 « Jack Rubenstein » avait écrit une lettre demandant la permission de négocier l’achat d’armes à feu et de munitions d’une entreprise italienne.  Fait intéressant, en janvier 1959, Eddie Browder s’est rendu en Italie pour négocier l’achat de cinq mille fusils (les fameux Carcano !!!).  « Jack Rubenstein » est également mentionné dans un rapport du Département de l’Armée de 1959 concernant « U.3 », un marchands d’armes en Scandinavie; « Un Jack Rubenstein qui est répertorié lors comme un représentant de la société Saunder aux USA ».

La CIA et ses avions discrets

L’avion de Browder, le Privateer, extension du B-24 est devenu après guerre un des avions préférés des opérations spéciales.  Créé au départ pour la défense anti-sous marins dans le Golfe du Texas et jusque dans la zone du Canal de Panama, mais aussi en Atlantique Nord, dans le Pacifique, et la Méditerranée, notamment, l’appareil, très robuste, a aussi servi ensuite de support de surveillance électronique en Corée.  Celui de Bowder ayant fait le raid sera suivi de 4 autres, dont le N2871G, achetés en 1958 comme surplus par Morris Avery, de Greybull, qui deviendra plus tard un pionnier des épandages aériens, assisté de Mel Christler, le roi du Constellation (le «  »Dewdrop », acheté 5000 dollars au comité de l’élection de Thomas Dewey qui venait d’être battu).  Ses Privateer seront ensuite versés comme avion de lutte contre les incendies à l’U.S.  Forest Service, organisation qui sera mouillée dans un scandale de C-130 refilés en douce à la CIA pour ses opérations en Afrique, avec comme paravent Evergreen, installé à Marana (un pilote Gary Eitel, décrira des C-130 envoyés à Bogota via Trans Latin Air pour le trafic de cocaïne).

Les Privateer passeront ensuite chez Hawkins & Powers Aviation qui possédait aussi des L-18 Lodestar (le Lockheed L.18 Lodestar N880V et Lodestar N505R (1), cités dans le transfert d’armes de la CIA et dans le trafic de drogue (la société possédant aussi des Fairchild C-123 Provider, l’outil le plus utilisé par la CIA en Asie du Sud-Est.  Elle avait aussi récupéré des B-26 Invaders, ceux de la Baie des Cochons et des Beech C-45G, ceux chargés d’insecticide).  L’affaire Eitel débouchera sur le scandale Sabow, sur la base d’El-Toro (ce qui mènera aussi aux « pompiers sauteurs »)… El Toro, la base qu’avait aussi fréquentée Oswald quelle coïncidence encore !  Dans le « cimetière » des carcasses d’avions de Hawkins&Powers, on a pu photographier un P4Y-2 Privateer encore dans sa couleur d’origine bleu nuit issu de la NAVY, peinte intégralement, sans marquages aucuns, celle des « spécial ops » !!!

Les précédents de Browder auraient pu influencer Ruby

Revenons un peu en arrière.  Browder avait déjà un sérieux passé d’activiste dès la sortie de la guerre.  Et le récit de son aventure précédente pleine d’enseignement :  en 1947, sous Truman, déjà, visiblement, on magouillait, il semble bien, vers l’Amérique du Sud dont les USA redoutaient une contagion communiste possible (on rappelle que la la CIA c’est lui qui l’a créée, le 18 septembre de cette année là !).  En observant des activistes monter toute une expédition contre Cuba, mais en lui maintenant la bride au dernier moment.  On retrouve en effet alors notre casse-cou du Venezuela, un an auparavant, chez Marsalis Construction Company Incorporated, une société créée par le Lt. Col. William I. Marsalis, et d’autres fondateurs dont A. R. St Phillip; George Rappleyea (un ancien de chez Higgins boats, le créateur des barges de débarquement LCVP !) et le musicien Guy Lombardo comme financier (il a été naturalisé citoyen américain en 1938 et a connu une belle carrière de courses sur canots rapides !).  Marsalis avait été le commandant du 469eme de bombardement sur B-17, en 1943, une unité d’entraînement non engagée en combat.  En janvier 1947, le lieutenant-colonel à la retraite avait recruté Claude Eatherly, l’homme qui avait ouvert la voie (météo) à Tibbets avec son Straight Flush pour aller bombarder Hiroshima.  Marsalis avait en effet le projet fou d’attaquer Cuba et d’en faire le quarante neuvième État des États-Unis !!!  Pour l’instant, sa firme avait choisi de s’occuper des stocks d’avions de guerre pour leur redonner une seconde vie, le choix s’étant porté sur des P-38 Lithning, des bi-poutres bien connus, dont certains avaient servi d’avions de reconnaissance (St-Ex est mort en mission à bord de l’un d’entre eux et l’ on commençait déjà à en transformer certains pour en faire des avions de course, comme ici à gauche le NX25Y J. D. Reed Co de Houston !)).  W.I. Marsalis, politiquement plus que droitier (il avouera lui-même avoir été contacté par la Phalange de Franco !) trouvait Ramón Grau San Martín, bien trop « communiste » à son goût à Cuba :  comme le gouvernement US, qui poussera d’ailleurs Batista à réaliser son coup d’Etat de 1952, évinçant Carlos Prío Socarrás (2).  Selon certains, Marsalis avait aussi fricoté avec les fascistes argentins, et bien sûr Juan Peron qui lui avait même accordé de l’argent; plusieurs dizaines de milliers de dollars.  L’idée lui était donc venue « naturellement » de vouloir à lui seul attaquer Cuba avec ses P-38, à défaut de le faire en B-29, en opération de nuit, les pilotes volant 45o milles de Venice à travers le détroit de Floride vers La Havane pour aller bombarder des ponts reliant les Camp Cubano et Columbia à la Havane.

Un plan très organisé, avec de gros moyens

Le plan d’attaque s’appelait « Mahogany » (acajou), le nom d’une variété de bois qui se trouvait à cuba qui servait aussi pour fabriquer les plus petites barges de débarquement de 36 pieds (les LCVP de George Rappleyea (3)) qui avait visiblement mis le paquet pour le réussir !!!  L’acajou  venu des Philippines était alors intensivement utilisé par Chris Craft pour ses vedettes rapides.  Un plan dont il avait  fait part aux autorités américaines, qui n’étaient pas contre; à priori, mais avec une nuance de taille.  Impliqué dans le complot, un représentant d’Etat leur aurait en effet dit que « si vous allez faire cela à l’étranger et si vous êtes pris, on ne va vous protégera pas » (ce qui deviendra un des « slogans » répétés de la CIA !!!).   Mais il leur avait accordé du matériel, beaucoup de matériel :  « la Commission maritime des États-Unis, qui disposait de milliers de navires de guerre en surplus à des prix défiant toute concurrence, a approuvé la vente de deux engins de débarquement, porteurs de tanks (des LCT, en fait) à la Marsalis Construction Co., Inc (…).  Ils faisaient 119 pieds de long et 33 pieds de large et posaient 400 tonnes, avec un tirant d’eau maximum de quatre pieds.  Construits comme des barges, avec trois moteurs et un rouf d’un côté, avec leurs porte à l’avant s’ouvrant vers le bas pour le chargement et le déchargement. »  Il fallait bien les remplir, ces barges : on a donc chargé à leur bord « des pistolets Smith et Wesson, des fusils de chasse à canon scié, et des Winchester sont arrivés à Gulfport des nouvelles usines, par air express pour Marsalis.  «Nous en avons reçu par wagons», dit Stanbro (un des mercenaires recrutés).  Il y a vu des systèmes walkie-walkie lourds des Signal Corps, de gros projecteurs comme lumières de recherche, une demi-douzaine de camions de l’armée à quatre roues motrices, trois half-tracks entièrement blindés et six chars Sherman avec les tourelles découpées.  Il a dû utiliser un treuil lourd pour décharger les conteneurs de deux wagons plats.  Ils avaient de nouveaux moteurs diesel, mais une partie du blindage avait été pénétrépar des obus.  Pendant un temps ils ont été laissés à l’air libre, en plein jour, dans la cour du Highway Garage  à l’intérieur des limites de la ville de Gulfport ».  « Le 30 Janvier 1947, deux LCT ont été livrés au groupe Marsalis à Lake Charles, en Louisiane; de là, ils ont été envoyés dans le port de Gulfport.  Trois jours plus tard, une petite annonce urgente est parue dans le New Orleans Times-Picayune (voir ci-dessus à droite).  Une autre paraîtra annonçant rechercher six « M-10 tank drivers, to operate commercial tank dozers », ce qui ne manquait pas de sel !!!  Les LCT étaient prêts à lancer une attaque à partir de Gulfport (près de Biloxi).  Mais le 27 février 1947, alors que tout était OK, c’est le FBI qui déboulait, accompagné des officiers des Douanes, des Alcool Tax, du Border Patrol, et des Coast Guards.  La complète !  L’intervention du FBI interrompait tout les préparatifs !!!  Les deux LCT saisis, furent envoyés fissa…. au Nicaragua.  Le 12 mars, le gouvernement évoquait à demi-mot « une tentative d’envahir Cuba ».  Mais ce n’était qu’un feu de paille.  Très vite un autre discours avait été imposé à la presse…

Les prémisses de la méthode Mockingbird, ou comment mentir effrontément avec aplomb

On aurait pu en rester là et l’histoire proprement enterrée.  Hélas, pour Truman, le 16 mars suivant, la presse révélait tout :  le Sarasota Herald Tribune au-dessus d’un court article, titrait en effet « les P-38 de Venice auraient fait partie d’un complot contre Cuba ».  Leur journaliste local affirmant dur comme fer que c’était bien ça leur but caché !  Le journal révélait dans le même article que les barges avaient été enregistrées au Nicaragua !  Le 10 mars, le journal évoquait encore des avions supplémentaires laissés à Venice en Floride, dont un F5G (un P-38 de reconnaissance).  Catastrophe !  Il ne fallait pas que ça se sache en fait : alors ordre fut donné à la presse de rectifier le tir.  C’est ce qu’à fait le Sarasota Herald Tribune qui est venu très vite raconter une autre histoire, dès le lendemain : « Les avions de Venice saisis devaient être dirigés vers une ferme du Honduras », disait le nouveau  titre.  « La possibilité est développée aujourd’hui que les deux avions P-38 saisis à Venice aient été prévus pour un projet agricole au Honduras britannique. » (????)  «Une entreprise américaine avait envisagé un projet pour le développement agricole du Honduras britannique, encourageant les anciens soldats américains ayant des antécédents agricoles à amener ce surplus d’équipement de guerre comme embarcations amphibies et des chars pour mener à bien le programme.  « Les mitrailleuses, les fusils, les revolvers et les fusils de chasse saisis à Gulfport étaient censés protéger les travailleurs de l’entreprise sur une ferme au Honduras », a déclaré un responsable de la société Marsalis au Honduras ».  Le texte surréaliste se terminant par un superbe  «Les chars et les embarcations amphibies pouvaient être converties en temps de paix pour défricher et labourer les terres et enlever les souches ».  Et pourquoi pas en effet, tant qu’à inventer, autant le faire dans les grandes largeurs !   C’est la première fois que l’on expérimentait le mensonge à ce point, il semble bien, en transformant des chars en bulldozers ou en tracteurs.  Après ces rectificatifs dans la presse, vinrent les actions administratives, qui consistèrent à noyer encore plus le poisson en condamnant les 3 principaux responsables à des peines légères :  « En novembre les actes d’accusation à charge étaient envoyés à Marsalis, au « professeur » et au « Saint » (les surnoms des adjoints du directeur de l’expédition) « affirmant de vouloir conspirer et d’exporter des armes et du matériel de guerre au Honduras britannique sans autorisation du Département d’Etat. L’Etat ne veut pas apparemment l’intrigue cubaine médiatisée « (pour la presse du moment on avait parlé « d’Amérique du Sud » en montrant les armes saisies ».  Stanbro (un des mercenaires recrutés) m’a dit: «Le gouvernement les avait arrêtés, mais ils ne pouvait pousser plus loin … Je pense que les cerveaux derrière ça savaient que le gouvernement était en cause.«   Les trois personnes ont plaidé coupable et chacun a été condamné à un an et un jour dans une prison fédérale par un juge qui a commenté que c’était une punition légère »...(en photo à gauche un film – visible ici- relatant l’une des saisies et montrant une mitrailleuse lourde, un modèle Browning Automatic Rifle, que brandira plus tard Castro devant les photographes).  Les collègues de Browder avaient mis en place pour la première fois, il semble bien, tout une technique de contrôle des médias pour que ces derniers ne présentent que ce que le gouvernement US voulait entendre !!!  Pensez-bien que « l’après Gulfport » allait devenir la Bible de référence d’une CIA tout juste née !!!  Et l’organisation pointilleuse du général en retraite devenir un modèle… pour préparer l’invasion de la Baie des Cochons !!!  La CIA avait même eu ainsi un avant goût, grâce à l’activisme d’un général en retraite d’extrême droite, des coûts, et un avis « d’expert » sur le matériel à emporter ou non en cas d’invasion de Cuba !!!  14 ans avant la Baie des Cochons !!!  Le plan était déjà tout tracé !

Le cas de l’avion cargo tombé à l’eau


Ne croyez pas que ça se soit arrêté d’un seul coup, bien au contraire.  En 1965, les coups douteux de la CIA n’avaient pas cessé avec la disparition de Kennedy.  Le cas le plus pendable est celui résumé en deux clichés étonnants
.  Le premier, ci-dessus, est la photo d’un Fairchild Packet C-82 blanc (N4834V), émergeant à peine de l’eau.  L’avion, un gros cargo bipoutre, est en effet tombé, près de Lerma, au Campeche, au Mexique, le 29 juillet 1965.  En fait il était blanc et rouge (voir ci-desssous).  On le sait quand on va voir la page que son propre pilote a créé pour expliquer que son extraordinaire amerrissage lui avait rappelé celui en 2010 de l’Airbus des US Airways dans l’Hudson L’homme nous explique que son avion était « basé au Honduras » et que ce jour là il se rendait à la Nouvelle Orleans emportant un produit surnommé « dope »  (???) pour retendre les fibres des ailes des avions de toile (ce qui peut surprendre mais s’explique : le propriétaire de l’avion s’appelle George B. Alder, et il est aussi le propriétaire d’une flotte de vieux biplans Stearman (PT-17), c’est un collectionneur, possédant aussi l’hydravion PBY-5A, No. 48374.  Bien entendu, on se gratte un peu la tête avec cette explications, songeant plutôt à l’essence nécessaire pour fabriquer de la vraie « dope » à partir de la pâte de coca.  C’est aussi un vol de nuit, ce qui le rend encore plus suspicieux.  Selon lui l’avion transportait aussi pour les plantations de bananes d’United Fruit Company, au Honduras et au Guatemala, et les champs de coton au Honduras, pour les arroser de produits phytosanitaires, faites par un hélicoptère Bell-47D.  Ce qui ajoute encore au doute, tant on connait les liens entre United Fruit et la CIA !  Sur un des clichés !ci-dessus à droite) on peut voir Ceasar Ortega son co-pilote, un cubain (avec une casquette) juché sur le cockpit après le crash.  Bon vous allez me dire et quel rapport avec Cuba ou Ruby ?  Oh, il est très simple, et démontre assez bien les méthodes de la CIA : le fameux pilote s’appelle Wendell W. Levister (on le retrouvait encore récemment comme directeur chez  Dominion World Airways basé à Atlanta, en Georgie, il est décédé récemment, le 14 mars 2016).  Or, dans le site « FOREIGNERS AIDING the CUBAN CAUSE  (Soldiers of fortune, Adventurers, Freelancers, Etc.) », il figure en fait en bonne place à  la lettre « L » sous la rubrique « Exporting Munitions of War. Indicted 19 Jan 1961″ (Kennedy est devenu président le 21, deux jours après seulement !).  « Case Transferred to US Dist Court, Philadelphia. [12015-M-CR SDF] ».  Son titre de mercenaire sera confirmé dans le numéro de Juin 1964 d’Ebony qui avait titré « Captain Wendell W. Levister High Flying American Soldier of Fortune in Honduras ».  L’article  d’Ebony est plein d’anecdotes, comme celle où, coincé par des ratés de moteur, Wendell avait dû larguer en vol une cargaison complété de… concombres, réalisant ainsi le premier bombardement du genre !!!  Dans l’article d’Ebony, il avait expliqué qu’il n’ait pas trouvé de travail dans les compagnies aériennes après 1961 en raison de la couleur de sa peau (en 2010, il faisait encore des conférences sur les Tuskegee Airmen).  Transporteur d’armes pour les castristes, accusé en 1961 de trafic d’armes et volant toujours en 1965 sur un avion plus que discret… de la CIA !!!  Et il y en a eu d’autres, d’appareils !!!  Et de pilotes !

Une organisation secrète d’avions de transport était en train de se mettre en place 

Ruby participait aussi, durant cette période agitée de la CIA, à la naissance d’un autre phénomène C’est un autre document passionnant venu de Dallas et signé Joe F. Leeker et paru en 2015 seulement qui nous précise ce que la CIA mettait alors en place à cette époque (l’auteur a aussi rédigé un très bon article sur les avions de la Baie des Cochons, lisible ici).  D’autres liens sont visibles ici Une organisation qui deviendra bientôt tentaculaire comme on le verra, pendant la guerre du Vietnam.  A savoir la mise en place, avec Retalhuleu, au Guatemala (appelé aussi JMADD” par la CIA et la “Rayo Base” par les Cubains) comme base de test de ce qui allait devenir la célèbre Air America au Viet-Nam, et que l’on croisera aussi au Japon.  Des avions empruntés à l’US Air Force ou au transport stratégique pour devenir des avions fantômes, avec l’aide de la FAA qui maquillera leurs numéros, une pratique qui depuis a fait florès.  Des avions anciens, le plus souvent : les « Skymasters » (ou R5D) approchaient alors leur fin de vie dès novembre 1952, où il avaient déjà atteint 14 400 heures de vol, passant alors à une «seconde vie», après un refurbishing.  Mais il y avait le choix : en 1948, il y avait 866 C-54 en service !  « Les piloter au-delà de cette date ne pourrait se faire qu’avec des risques opérationnels excessifs » note Global Security. Pour des pilotes militaires, certes, mais pas pour des mercenaires !!!  « Les C-54 eux-mêmes ne venaient pas d’Air America, mais d’autres sources, et les deux premiers arrivèrent de Floride en septembre 60, probablement d’Eglin AFB.6 Quant à leur nombre, Connie Seigrist se souvient: « pendant la Baie des Cochons […], je peux me rappeler au moins 5 ou 6 DC-4 différents juste pour l’invasion.  Mais pour la formation et la fourniture de base, il n’y en avait qu’un ou deux sur la base « . Dans sa lettre datée du 4 janvier 61, envoyée au chef de la WH / 4 de la CIA de la Direction des plans 8, le chef du WH / 4 de la CIA Le colonel J. Hawkins, membre de l’USMC, déclare que 7 C-54 devaient être utilisés pour l’attaque et que la base de la Floride serait Opa Locka, ouverte aux opérations de la CIA à ce moment-là.  En effet, l’aéroport d’Opa Locka, situé au nord de la région de Miami, était l’aéroport d’où ces C-54 ont décollé de nuit pour transporter des approvisionnements à Retalhuleu au Guatemala.  Il y avait aussi un grand entrepreneur basé à Miami appelé AACMF » (nota : c’est American Airmotive Corp, qui s’occupe aussi de Stearmans – ce qui nous ramène à George B. Alder !).  « Selon les microfilms conservés à l’agence de recherche historique de l’USAF, qui a fait beaucoup d’entretien et d’autres travaux de contrat sur les C-54 de l’US Air Force à la fin des années cinquante et au début des années soixante. Donc, les gens vivant dans la région de Miami ont pu croire que les C-54 qu’ils avaient entendus la nuit décoller de Opa Locka étaient les mêmes qu’ils pouvaient voir à Miami pendant la journée.  Mais ces visiteurs de nuit ne venaient pas de l’aéroport de Miami, ils venaient de la base aérienne d’Eglin.  Et les pilotes C-54 de ces vols de ravitaillement à Retalhuleu n’appartenaient pas à l’entrepreneur de Miami, mais c’étaient des pilotes non américains en contrat d’Asie du Sud-Est, dont certains étaient polonais.  Ils ont également transporté les recrues cubaines à Retalhuleu ».  L’article indiquant les numéros des avions.  Certains de ses avions seront vus à Kadena, au Japon (à gauche un des C-46 guatémaltèque).  Ci-dessous le « Slick Airways » ancien Pan American Airways as N88939 ex « Clipper Hornet » en 1946.  Il faudra attendre 1993 pour que son ex-patron explique devant un juge de Washington que la fameuse « Slick Airways » n’était que le paravent d’une compagnie de la CIA, devenue  Air Asia, elle même partie de Air America.  Le directeur Erwin Rautenberg (un survivant de l’holocauste !) s‘était vu ensuite imposer un autre nom encore, « Air-Sea Forwarders« , société qui sera très active pendant la guerre du Vietnam.  A la fin de la guerre, Air Asia avait été vendue pour un bouchée de pain à E-Systems qui avait ensuite viré dans la foulée Rautenberg, d’où le procès… son histoire est également contée dans  « Defrauding America, Vol. One 4th Ed., Volume 1 » de Rodney Stick et des cet excellent article de « Inc » .

Des avions secrets, mais extraits des hangars de l’Air Force

Les avions de Retalhuleu ont connu des fortunes diverses : « quant aux 2 premiers C-54 arrivés à Retalhuleu en septembre 1960, ils avaient une autre origine:  c’étaient des avions de mission entièrement noirs appartenant à la Direction de l’Air de la CIA.  Étant donné que les dossiers d’affectation de l’US Air Force ne répertorient que les aéronefs ordinaires de l’USAF, il n’est pas possible d’identifier ces deux C-54 à partir de ces enregistrements.  Cependant, les dossiers d’affectation notent également quand un aéronef quitte le service régulier de l’USAF, et en effet, certains C-54 ont quitté l’USAF régulière pour aller dans les avions «top secret»: ils avaient quitté l’US Air Force régulière à Clark AFB Aux Philippines le 8 février 1957 et étaient devenus «top secret».  C’était par exemple un des 4 C-54G qui étaient basés à Wiesbaden en Allemagne avec le 7499 CMP et qui avaient été transféré au «Top Secret» en 1952, apparemment pour le service le long du rideau de fer ou du couloir de Berlin: 45-558, 45-567 (Trest, Air Commando One, p. 83. 15 Bobine de microfilm. ACA-11, conservé à l’AFHRA, Maxwell AFB). Et le 45-589 le 3 décembre et le 45-591 le 6 octobre 52.  Alors que 3 d’entre eux – 45-558, 45-589 et 45-591 – ont été transférés à d’autres tâches plus tard, le C-54G 45-567 semble être resté à Wiesbaden tout le temps.  En ce qui concerne les deux premiers C-54 arrivés à Retalhuleu en septembre 1960, les deux premiers avions ont été immédiatement perdus:  le premier vol du 28 septembre 60 – la mission était de déposer des armes et des munitions aux guérilleros de l’Escambray.  Un de ces C-54 a souffert de problèmes moteur, après avoir été touché par un feu antiaérien, a tenté de retourner à Retalhuleu, mais a fait un atterrissage forcé quelque part dans le sud du Mexique, où il a été saisi par les autorités. Selon Leroy Fletcher Prouty , ce C-54 particulier était «propre», un avion non attribuable (sans aucun marquage). […]. Cet avion avait été sur de nombreux vols le long des frontières du rideau de fer, sur les largages de tracts et sur les missions de renseignement électronique. […] Il résidait à Clark Field près de Manille, volant ver le Tibet vers et à partir des sites d’entraînement opérationnel.  Il avait souvent été vu sur les anciennes bases de bombardiers Superfortress B-29 de la Seconde Guerre mondiale à Saipan où des Asiatiques du Sud-Est étaient formés à des tactiques de sabotage et à des programmes d’action civils paramilitaires. »Tout cela semble convenir au C-54G 45-558.  Un peu plus tard, c’est-à-dire en octobre 60, le deuxième C-54 a été perdu, quand il s’est écrasé sur une plage près de Retalhuleu, où il était encore visible dix ans plus tard.  Le remplacement du C-54 est arrivé à Retalhuleu en octobre 60, et comme cet aéronef a été immatriculé à Los Hermanos Sebastian y Gómez sous la désignation HP-321P, il peut être facilement identifié à partir d’une lettre du 24 octobre 1961 par laquelle le directeur général de Aeronáutica Civil Du Panama confirme à Los Hermanos que, sur leur demande, les immatriculations provisoires pour trois avions de Los Hermanos avaient été annulées, y compris le C-54 HP-321P, ex 42-72523.  Bien que cette lettre le donne en tant que C-54G, c’était vraiment un C-54D: dans les dossiers d’affectation de l’US Air Force conservés à l’AFB de Maxwell, le C-54D 42-72523 est mentionné pour la dernière fois quand il a quitté le service aérien régulier à Kadena, Okinawa ».

LBJ, son avion, ses méthodes, son pilote attitré, et ses magouilles…

D’autres témoignages de pilotes nous renseignent cette fois sur LBJ, qui en réalité n’a aucun souci des autres et se comporte en tyran journalier avec tout le monde.  Johnson est un charretier devenu empereur de Washington, son rêve depuis toujours.  « A l’époque où je volais pour Business Aircraft, Lyndon B. Johnson, l’un des propriétaires, était sénateur des États-Unis » nous dit ici le Brigadier General James Underwood « Jim » Cross.  « Il possédait aussi au Texas la radio Austin Broadcasting et utilisait un avion Convair, qui appartenait à John Mecom pour voler vers et depuis son ranch de Johnson City à Washington, DC » (dans le N° de Mécanique Populaire de juillet 1961, on indique que le Convair VIP du Tycoon texan a coûté 90 000 dollars en aménagement, avec la TV à bord !).  « Il avait pris deux de mes pilotes, Harold Teague et Windy Williams pour voler sur son Convair et les occupait la plupart du temps.  Ils avaient déménagé à Austin et maintenu l’avion sur le terrain de Mueller Field.  Ils ramassaient le sénateur au ranch, quand il appelait et le transportaient là où il voulait aller.  Il les a appelés un soir vers onze heures et leur a dit de venir de le chercher au ranch pour un voyage à Washington.  Il devait être là pour un vote très important le lendemain matin. Lorsque Harold lui a dit que le temps était trop mauvais à cause du brouillard pour le ramasser à Johnson City et suggéré qu’il vienne à Austin, il est entré dans une rage folle et a dit Harold de venir le chercher ou de chercher un autre emploi.  Vers une heure du matin, alors que Windy était sur le téléphone mobile dans l’avion pour parler au sénateur Johnson, Harold s’est encastré dans le flanc d’une colline en essayant de faire une approche aux instruments au City Airport Johnson.  Ils ont tous deux été tués.  Je fus réveillé à six heures par Jack Spillman, le comptable, et il m’a parlé de l’accident.  Il m’a dit que John Mecom (6) voulait que je porte une enveloppe à Johnson City, pour la donner au sénateur Johnson, que je devais aussi ramasser une enveloppe de sa part, et la lui ramener.  Les deux enveloppes ont été scellées et je n’ai appris que des années plus tard, quand j’ai lu un livre écrit par E. Everett Haley nommé « Un Texan regarde Lyndon », que j’avais livré un titre (de propriété, celui de l’appareil) de l’avion de Johnson et que j’étais revenu avec deux cent cinquante mille dollars en espèces pour Mecom.  Il n’aurait pas été très bon pour le public d’apprendre que le sénateur Lyndon Johnson avait un avion fourni par Mecom (5) » (en photo en haut à gauche le Convair VC-131H -CV-580, ex-USAF devenu avion pour VIP 55-0299 JR de la Navy, un des trois utilisés par Johnson – photo  Bob Gerrard). « Certains des vols j’ai fait pour l’aviation d’affaires avaient plus ou moins un caractère secret.  Cuba était en révolution pour renverser le gouvernement de Batista et de le remplacer par Fidel Castro et le gouvernement des États-Unis était pour la protection de Castro, qui semblait être un leader naturel de son peuple et un allié du nôtre ».  « Il avait besoin d’hommes et le C.I.A, qui lui en a fourni, en les faisant voler dans la province montagneuse de l’Oriente, sur une piste contrôlée par lui dans la nuit.  J’ai fait plusieurs voyages à Oriente la nuit en transportant des charges « d’équipement de champ de pétrole » (le coup des tuyaux de pétrole à la place de canon est un grand classique de la CIA, elle le reproduira lors de l’envoi d’armes à l’Iran lors de l’affaire des Contras).  « Toutes les parties concernées apprendront après que nous avions soutenu la mauvaise cause à Cuba.  Castro était un communiste ».  A noter que el Oriente est aussi la région où est installée la base de Guantanamo.  Le témoignage du propre pilote de LBJ, impliqué dans les vols « discrets » de la CIA sur Cuba, pour ravitailler Castro, confirme une chose certaine :  les USA avaient bien soutenu au départ Castro en lui fournissant des armes, via un pont aérien de la CIA !  Un opération à laquelle Jack Ruby n’avait pas été étranger !

Le « smoking gun » du magazine « Guns » de mars 1959

Qui donc avait pu fourni en premier des armes – et lesquelles – (et des jeeps aussi en ce cas) à Castro ?  En les lui parachutant ?  C’est un magazine spécialisé américain sur les armes, appelé sobrement « Guns », qui lève le lièvre dans son numéro de mars 1959, dans un article intitulé « Where Castro get his guns ».  On peut d’abord y voir en ouverture le fusil préféré de Castro, »un FN Mauser » « équipé d’une lunette Weaver K6 Buehler, très certainement« ou bien un peu plus loin découvrir que ses hommes « trouvent le M740 Remington .30-06 aussi efficace  que le fusil Garand » (voir ci-dessous à droite).   L’auteur commence d’abord par faire remarquer que Castro a d’abord hérité de l’arsenal de Batista :  « les armes de Castro sont les armes des trente mille soldats de Batista.  Ils utilisaient des canons standard américains: des fusils M1 et Springfields de calibre .30;  des mitaillettes Thompson et des pistolets .45, et bien sûr d’autres armes lourdes en calibres .30 et .50.  Des mortiers de 60 mm et 81 mm ont été également utilisés ».  Mais très vite le magazine va évoquer d’étranges transferts d’armes… dans un seul sens :  « les lecteurs de journaux ont peut-être remarqué en mars 1958 une rumeur parlant d’environ 1000 fusils Garand retenus à New York, avec leurs licences d’exportation refusées par notre département d’Etat.  Ils devaient être envoyés au gouvernement reconnu de Batista.  Pourquoi le Département d’Etat a refusé de les laisser sortir est un secret enfermé dans les fichiers de la Munitions Control Division.  Mais avec ces armes bloquées, Batista s’est tourné vers d’autres sources commerciales pour les armes.  J’ai vu un ordre donné à un grand marchand de munitions des États-Unis, pour des ‘armes à feu pour Batista, qui exigeait 1500 fusils M1, beaucoup d’autres armes et des quantités de munitions pour une «guerre au sol», tous dans des calibres standard américains » (c’est à coup sûr Samuel Cummings, comme fournisseur, comme j’ai déjà pu vous le décrire ici même).  Bien que «la licence d’exportation du Département d’État soit assurée» sur cet ordre, on ne sait pas si Batista a réussi à les obtenir.  Plus récemment, un envoi de .45 automatiques pour la police de La Havane a été arrêtée par le Département d’Etat.  Pendant ce temps, des livraisons d’armes ont continué pour Castro. «  On ne peut être plus clair :  les USA avaient clairement choisi le camp de Castro, pas encore déclaré communiste, et lui fournissaient des armes, en refusant les mêmes à son adversaire !!!

 

 

Castro, acheteur de fusils Carcano !

A lire le magazine, on s’aperçoit de ce qui sera mis en place un peu plus tard par des services secrets avides de trouver la faille chez Castro.  Et visiblement, ceux qui ont préparé l’attentat on lu l’article (repris ici) à la lettre… puisqu’on y trouve un élément clé, le fameux fusil italien, cité bien avant Dallas, ici, pour la première fois.  Il suffit d’imaginer Allen Dulles, la pipe à la bouche en train de feuilleter l’exemplaire du mois de mars 1959 du magazine Guns pour que tout se mette en place !!!  La description précise des armes faite dans le magazine lui a donné, à coup sûr, l’idée de fabriquer plus tard un assassin absolument parfait pour rejeter la faute sur les communistes qu’il haïssait tant : relisez bien l’article, qui construit en fait un Oswald qu’il suffira de présenter comme admirateur de Castro en lui faisant distribuer des tracts vantant ses mérites, au nom de la paix souhaitée officiellement) par Kennedy… « Les acheteurs d’armes des rebelles cubains ne sont pas des aspirateurs à dollars, et il n’y avait pas de fabuleux profits à faire en passant des armes aux rebelles.  Mais parfois, les «livreurs d’armes» incompétents entrent en jeu.  À Miami il y a quelques mois, deux hommes ont été arrêtés dans un motel avec des grenades à main qu’ils chargeaient avec de la poudre noire et des détonateurs maison.  D’après les ragots de Miami, les deux vieux vendeurs de fusils étaient allés jusqu’aux Everglades pour tester leurs détonateurs.  Les fusées à grenades avaient été fermées avec des bouchons de fusil, et assemblés avec des longueurs de bâtons de dynamite.  Les corps de grenade étaient remplis de poudre noire et les assemblages de détonateurs vissés dessus« .  Etrange témoignage, qui laisse entendre qu’il vaut mieux faire confiance à des « professionnels », plutôt qu’à ces amateurs !!!  L’auteur évoque plus loin le fait que des agents du FBI ont bloqué à plusieurs reprises des envois d’armes à destination de Batista.  Et n’hésite pas non plus à impliquer le FBI pour qu’il ferme les yeux, impliquant par là même une connivence évidente avec les castristes : « quand j’ai discuté de certains de ces journaux au F.B.I. il a déclaré:  «Je ne sais pas ce que ça veux dire, mais je me demande si cela signifie vraiment que« l’oncle Sam laisse passer la moitié des fusils ».  Sa réponse m’a un peu secoué .  Sans autre argument, il a dit: «Ce serait une façon de l’affirmer».   Et ces surtout parce que l’une des armes dont il parle va vous faire bondir, comme j’ai pu le faire à lire l’article, je parie : « une certaine corroboration pour cette idée s’est produite avec la confiscation, en août 1957, d’une quantité de fusils italiens Carcano de 7,35 mm dans la maison de Gil DeGibaja à Miami (4). » (nota : le 7,35 est bien le calibre du Carcano de 1938).

 

Six ans avant, déjà … donc !


Oui, vous avez bien vu, des Carcano, le fameux « Carcano de Dallas », cités dans une revue US faisant autorité comme étant une arme achetée en quantité par les castristes !!!  Envoyés dès 1957, soit 6 ans avant le meurtre de Kennedy, aux hommes de Fidel, avec un FBI qui a fermé les yeux sur cet envoi de fusils particuliers, comme l’affirme l’article  (ci-contre une page de pub du N° de « Guns » de septembre 1957 avec un Mannlicher en vente :  le ‘Mannlicher-Carcano’ appelé aussi parfois Mauser-Paravicino, et le plus souvent « Modello 91 » ou « il Novantuno », ici vendu 12,95 dollars comme la Sten anglaise) !!  « Citoyen américain de descendance cubaine, DeGibaja a été accusé de violer la loi de neutralité, puisque les armes et les munitions étaient censées à destination de Cuba.  Plus tard, les chroniqueurs du journal de Miami prétendant être au courant, ont publié que les Cubains « n’étaient plus intéressés » par l’achat de fusils italiens.  Mais le fait est que les représentants de Castro ont répété et déclaré publiquement que ce qu’ils veulent ce sont des armes de calibre standard aux États-Unis qui peuvent être facilement fournies avec des munitions capturées sur les troupes de Batista.  Et tandis que les fusils italiens attiraient l’attention des agents fédéraux de Miami, des dollars pour une grosse cargaison d’armes de calibre .30-06 et .45 ont été autorisés à filer au travers ».  Transportés par Jack Ruby, est-on terriblement tenté d’ajouter… on notera qu’à ce moment-là, les Carcano avaient déjà servi de leurre… !!! et un lot complet avait été saisi ! (ci-dessous les armes disparates des insurgés cubains).

Castro, jugé moins communiste à l’époque que Batista !!!

L’erreur d’appréciation de Fidel Castro par les autorités américaine est patente, et elle est aussi lisible dans cet incroyable article, où l’on allait jusqu’à affirmer préférer un Castro se founissant aux USA, même par des voies détournées, mais sous le regard du FBI, plutôt que chez les soviétiques  :  « les journaux ont souvent au cours de la révolution fait mention de quelque chose ou une autre qui conduirait le lecteur à supposer que les communistes étaient derrière Castro.  Le temps que Batista a lui-même passé pour avoir son ticket au bureau du Parti communiste cubain est oublié.  L’été dernier, un chroniqueur de New York a déclaré:  « Des armes tchèques utilisées par les rebelles cubains !  Les mitrailleuses tchèques sont utilisées par Castro ».  Le fait est que les fusils tchèques sont très populaires à Cuba.  Ces mêmes fusils tchèques ont été disponibles aux États-Unis comme des importations commerciales ordinaires, mais qui ont été arrêtés en 1950 quand nous avons gelé les affaires avec la Tchécoslovaquie.  Pendant ce temps-là, les agents de Castro sont allés au Mexique pour chercher des armes.  Les fusils de sport tchèques sont populaires pour la chasse.  Là-bas, où opère un camp d’entraînement secret des rebelles, des fusils de sport du modèle Cz 47, des Mauser soigneusement modifiés, en calibre .30-06 (voir ici à droite), sont fournis à des recrues révolutionnaires.  Une cargaison de ces fusils, plus des bottes, des vêtements, des radios et autres engins nécessaires aux combattants de montagne, a été saisie par les officiers du gouvernement de La Havane en avril 1958, à partir du yacht El Corojo. »  L’événement a en effet été reproduit dans l’exemplaire du 14 avril 1958 du Sedalia Democrat :

« Le gouvernement a envoyé des renforts à La Coloma à Pinar del Rio pour écraser une bande d’une trentaine de rebelles qui ont débarqué au cours du week-end sur un yacht venu du Mexique.  Le siège de l’armée a révélé que six des rebelles envahisseurs avaient été tués par les troupes de Batista.  Les forces gouvernementales ont saisi le yacht «El Corojo» dans la baie de La Coloma.  Ils ont dit qu’il appartenait à un médecin cubain. Diego Cesar Rodriguez, qui était parti de Tampa, en Floride, cinq jours avant l’échouage.  C’est un ancien membre de la Chambre des représentants de Cuba.  L’armée a aussi affirmé avoir saisi des quantités d’armes et de munitions que les envahisseurs avaient enfermées dans une ferme appartenant au frère de Rodriguez.  Les rebelles se sont dispersés dans les collines après l’arrivée apparemment pour se joindre à une bande de 80 autres insurgés de la région.  Si le nouveau groupe reste hors de portée de l’armée, il sera en mesure d’ouvrir un troisième front dans la guérilla de Castro contre le président Fulgnecio Batista,  La province orientale d’Oriente, où Castro a débarqué du Mexique avec 81 hommes en décembre 1956, est le point focal de la révolte.  Un second front est en service dans la province de La Villhs, au centre du pays.  La principale force rebelle à Oriente a frappé à plusieurs endroits autour de Guantanamo, site de la base de la Marine américaine à Cuba.  Le quartier général de l’armée a déclaré que les insurgés ont subi de lourdes pertes.  Trois rebelles ont été abattus lors d’une attaque contre le moulin à sucre de Soledad, une entreprise américaine, à sept milles au nord-est de Guantanamo.  Les insurgés ont brûlé l’entrepôt du moulin, détruisant 1 000 sacs de sucre ».

L’échec de la tentative de Batista pour discréditer Castro

Plus étonnant encore quand la même revue Guns nous explique pourquoi Fidel Castro souhaitait avant tout se fournir de fusils américains et non provenant du bloc soviétique, ce dont avait tenté de l’accuser Batista :  « mais aucun de ses 50 nouveaux fusils militaires tchèques n’est utilisé par Castro ».  Et l’auteur de préciser pourquoi ces armes ne sont pas celles souhaitées :  « les fusils russes et tchèques utilisent des cartouches spéciales qui sont très bonnes, mais pas standard n’importe où à l’Ouest.  Une fois les premières munitions épuisées, elles n’auraient pu être utilisées.  Pour discréditer la révolution, Batista s’est arrangé avec la République dominicaine pour recevoir cinq chargement d’armes par avions.  Les rebelles ont entendu parler du transfert et ont fait une fête surprise quand les avions ont atterri, alors les journaux ont présenté l’histoire,  comme quoi « Batista obtenait des armes dominicaines. » Mais comme d’habitude les papiers disaient seulement la moitié de l’histoire.  Car les armes étaient des fusils militaires tchèques, que les Dominicains avaient achetés pour les envoyer à Batista, et qu’il avait l’intention de «planter» sur des révolutionnaires morts pour que les journaux l’écrivent.  Comme les rebelles connaissaient le plan, ils ont été déjoués.  Non seulement Batista a échoué à prouver l’intervention communiste – le peuple de Castro a refusé cette aide de façon constante – mais il a fini avec cinq chargements d’armes dont il ne pouvait pas obtenir de munitions ! »  L’article ne dit pas quels avions ont servi au transfert, mais on en a une petite idée avec la myriade de C-54 de la CIA évoluant dans le secteur, comme on a pu le voir (ou grâce à des pilotes comme celui de Johnson !)  !!!  Reste à expliquer les autres armes du futur dictateur communiste :« les forces de Castro sont bien équipées de mitrailleuses.  Beaucoup de ces types sont utilisés dans diverses autres républiques sud-américaines.  Le meilleur de ceux-ci est incontestablement le «Fucile Ametralledora Colt», ou le Colt Monitor, version commerciale de la populaire Browning Automatic Rifle (BAR) Pendant les années 1930, Colt a vendu beaucoup de ces armes à l’Amérique latine.  D’Amérique latine, offerts par des personnes sympathiques à la révolution, elles arrivent à Cuba.  La plupart d’entre elles sont de calibre .30 06.  Quelques canons, comme les mitraillettes légères danoises Madsen de calibre 7 mm utilisées en Amérique du Sud, utilisent d’autres calibres.  Mais tous les canons en usage utilisent des munitions ou des cartouches facilement trouvables à Cuba ».  Castro sera lui photographié à plusieurs reprises avec un fusil FAL cadeau de l’amiral vénézuélien Wolfgang Larrazábal en 1958 (on voit ici sur la photo son canon caractéristique dépasser son sac à dos, et on le retrouvera aussi ici sur d’autres clichés visibles sur la même page).

Des fusils achetés sur catalogue à des « intermédiaires » US

« Dans les hautes terres gracieuses et herbeuses de l’est de Cuba que Castro contrôle et qu’il essaye encore de gouverner jusqu’à ce que tout le Cuba soit consolidé à nouveau, une variété de fusils sont en usage.  Des annonces dans des revues américaines aident à fournir ces armes (on songe aux commandes de « Hidell », alias Oswald !).  Les agents cubains ne paient guère plus que les «meilleurs prix», mais les «meilleurs prix» ne fabriquent pas d’énormes profits.  Le prix des armes Garand qu’ils achètent vont de 50 $ à 100 $.  Souvent, le même fusil rapportera plus sur le marché des tireurs et des collectionneurs américains que l’acheteur cubain n’en offrira d’argent (en ce cas, le but de Ruby n’était donc pas de faire des bénéfices, il était bien idéologique ou plus exactement purement politique, celle des USA désireux de s’assurer de la relève de Batista, dont ils avaient décidé de se débarasser !).  « Récemment, avec le D.C.M, la hausse des prix des fusils Garand à plus de 160 $ ​​ayant augmenté automatiquement la valeur de Garand dans les mains des tireurs à plus de 100 $, les acheteurs cubains se sont tournés vers les fusils sportifs commerciaux pour leurs besoins militaires.  Le fusil de chasse Remington Model 740 de .30-06 (ici à droite) s’est retrouvé dans les collines cubaines, ainsi que de nombreux autres fusils sportifs couramment utilisés sur le marché des États-Unis.  Le FN Mauser est le fusil personnel préféré de Castro, tandis que les sportifs semi-automatiques de Johnson, avec des lunettes de visées de portée, sont beaucoup appréciés à Cuba.  Avec les fusils de Springfield et d’Enfield, (Ruby, rappelons-le, a été accusé d’avoir fourni ces Enfield !!!) au calibre .30-06, le Remington bolt 721 et le Winchester Model 70 partagent des honneurs dans les mains du groupe de Castro.   Un hommage au passage au Remington modèle 721, une carabine spéciale que l’un des gardes du groupe de Castro a fait modifier pour pouvoir tirer des grenades.  Le canon est coupé à environ 15 pouces, et les grenades faites à partir de boîtes de fer forgées à la main sont tirées avec une précision de fusil, à l’épaule.  À Cuba, Castro possède peu d’hommes connaisseurs en artillerie. Certains sont américains, mais peu sont experts.  Comme les mitraillettes étaient difficiles à obtenir dans la quantité nécessaire, les agents américains de Castro se sont arrangés pour que certaines soient fabriquées aux États-Unis.  En mai dernier, la police de Lynwood, en Californie, a perquisitionné un garage de zone résidentielle.  Onze fusils, soixante pistolets et des centaines de mitraillettes  de type SMG  (« submachine gun ») « que les autorités croient avoir été destinées à Fidel Castro » ont été pris lors de ce raid. »  En bas à droite sur le cliché on peut distinguer une SMG (Castro en brandit une ici à droite, c’est une An M3,).  A gauche on peut voir un des « bricolages » d’armes fait à partir d’une Winchester par un insurgé castriste qui n’est autre que l’américain William Alexander Morgan (le « Yankee Commander » qui sera finalement fusillé par Castro comme étant un membre de la CIA) !!!

Le cas emblématique de Morgan

Au jeu délicat du contrôle futur du gouvernement de Castro si celui-ci réussissait à vaincre Batista, la CIA avait en effet placé ce pion d’envergure selon le New-Yorker  « selon un informateur, du F.B.I.  Morgan travaillait pour la Mafia, faisait des actions pour Meyer Lansky, le petit gangster juif connu sous le nom Little Man.  En plus de surveiller les rackets aux États-Unis, Lansky était devenu le pivot de La Havane, contrôlant plusieurs des plus grands casinos et night-clubs.  Un associé du Mob a décrit une fois comment Lansky « a emmené Batista directement à son hôtel, a ouvert les valises et a pointé à l’argent comptant.  Batista a juste regardé l’argent sans dire un mot.  Puis lui et Meyer se sont serrés la main.  Morgan a ensuite dérivé dans les rues de l’Ohio, où il est devenu associé à un chef du crime local nommé Dominick Bartone.  Un gangster dont les liens mafieux réputés remontent aux jours d’Al Capone, Bartone était un homme corpulent aux cheveux noirs épais et aux yeux sombres – une «apparence typique de voyou», selon son fichier du  F.B.I.  Il classait les gens comme «solides» ou «suceurs».  Sa fiche de police comprenait finalement des condamnations pour corruption, coups de feu, évasion fiscale et fraude bancaire, et il était étroitement allié avec le chef des Teamsters, Jimmy Hoffa, qu’il appelait « le plus grand ami dans le monde. »  Un des amis de Morgan de l’Ohio me l’a décrit comme «solide».  Il m’a dit: «Savez-vous ce que« connexion »signifie?  Eh bien, Morgan était connecté. »L’ami, qui a dit qu’il avait été accusé de racket, s’est soudainement calmé, puis a ajouté: « Je ne sais pas si vous êtes avec le F.B.I. ou le C.I.A. »  Lansky, Bartone, Hoffa… des noms qui rappellent ceux cités ici-même comme étant liés à la fois à Jack Ruby et à E.Hoover… sur place, à la Havane, il y avait aussi un dénommé  David Atlee Phillips, agent de la CIA.  Morgan aurait été retourné lors d’une réunion à laquelle avaient assisté le consul dominicain de Rafael Trujillo, Johnny Abbes García, le chef de la police de Batista et Dominick Bartone, qui lui auraient offert 1 million de dollars pour éliminer Castro, sur une demande de Trujillo. Une réunion dont avait eu vent… Robert Kennedy, comme E.Hoover d’ailleurs.

Une fois encore, des mouvements troubles en eaux cubaines

Castro avait donc appris à qui s’en tenir exactement, après une étrange tentative contre lui faisant appel à un bien étrange navire :   » le F.B.I. a appris par la suite que dans la nuit du 6 août (1959), Morgan avait embarqué dans un petit bateau de pêche, «d’une manière clandestine», et s’était rendu sur la côte de Miami près d’un yacht de cinquante-quatre pieds (16,50 m) occupé par deux mercenaires (6).  Le navire avait été dépouillé de tout nom ou numéro d’enregistrement, était chargé de mitrailleuses, d’explosifs et d’autres armements »  (Ruby avait-il pu être associé aussi à ce coup-là, lui qui fournissait alors de la même manière les troupes cubaines ?) « Avec Morgan à bord, le yacht est parti pour Cuba et, après avoir échappé à la garde côtière des États-Unis et presque manqué de carburant, s’est glissé dans le port de La Havane, le 8 août.  Hoover croyait qu’il était en train de s’introduire dans la conspiration. Une source du F.B.I. a rapporté que Morgan avait l’intention « d’assassiner Castro. »  Un autre a dit que l’intrigue était de prendre Fidel et Raúl Castro.  Selon plusieurs sources, une force de frappe de près d’un millier d’exilés et de mercenaires cubains serait transportée, par avion, d’une base de la République Dominicaine à la Trinité, ville coloniale au pied des Montagnes d’Escambray » (par les C-54 de la CIA !!!).  « Une fois ces forces débarquées, on pensait qu’elles seraient dirigées par Morgan, qu’un câble de l’ambassade des États-Unis qualifiait d’énigme ».  Mais en fait Morgan avait joué à l’agent double ce jour-là, en ayant tout raconté aux cubains, qui firent prisonniers tous les envoyés de Trujillo.  Castro apprenant alors qu’à la fois la mafia, Robert Kennedy et E..Hoover souhaitaient l’assassiner !!!  Morgan devenant alors un héros national cubain… avant de tomber plus tard… pour espionnage, dans une bien obscure accusation (celle d’avoir provoqué l’explosion du cargo la Coubre (ici à droite (7)), chargé d’explosifs (lire ici le cas) et liée davantage il semble bien à son opposition montante, purement idéologique, au penchant communiste formulé de plus en plus par Castro (il a été fusillé le 11 mars 1961) !!!  Signalons que la propre sœur de Castro, Juanita, qui tiendra les mêmes propos, quittera le pays en 1964, après être devenue elle aussi agent de la CIA (où elle s’appelait « Donna »).  Ruby aurait-il servi en ce cas lui aussi d’agent double, fournissant jeeps et armes d’un côté à Castro, tout en étant la double lame de la CIA pour chercher à l’assassiner ?  Voilà qui change énormément le dossier de Dallas !!!  Il faudrait s’intéresser à ce fameux petit « yacht » emprunté par Morgan, et dont on possède peu d’éléments, à vrai dire !!!

Les partisans de Castro à Tampa et l’envoi des armes

Je vous ai dit qu’on en découvre encore tous les jours, des documents référant à l’assassinat.  En 2013 encore un article saisissant est paru, intitulé « History & Heritage:  Tampa helped arm Castro’s revolution » signé Paul Guzzo.  C’est encore une belle pierre apposée à l’édifice de l’armement de Castro.  « Le M-26-7  (le mouvement pro-Castro) de Tampa a été chargé de soutenir davantage la révolution en collectant des fonds qui seraient utilisés pour acheter de la nourriture, des fournitures médicales et des armes à feu pour les troupes de Castro.  Mais outre le financement de l’achat d’armes, il y a beaucoup de preuves que certains de Tampa ont également été impliqués dans la contrebande d’armes à feu.  En 1957, le Philomar III, un yacht chargé d’armes et d’uniformes militaires qui devait être livré à l’armée révolutionnaire de Castro, fut saisi par des agents des États-Unis au large des Keys de Floride (c’était à Piney Point, au Big Pine Key – au pays des cerfs (8) !) selon Andrew Tully dans « Treasury Agent: The Inside Story »).  Le yacht avait été acheté à Tampa.  En 1958, un autre yacht chargé d’armes, The Harpoon, fut saisi à Port Everglades.  Quatre Cubains qui vivaient à Tampa étaient parmi les 33 arrêtés (l’article du journal relatant les faits évoquant un américain appelé Bill Wright, nom qui sentait bon le pseudo, » âgé de 60 ans » comme capitaine, qui a réussi à s’échapper, quel hasard encore !).  Également en 1958, un petit vaisseau chargé d’armes, El Orion, a été saisi en outre de la basse côte du golfe du Texas (à gauche la « une » du Chicago Daily Tribune).  Parmi les 36 Cubains arrêtés en figuraient trois de Tampa.  Selon le regretté Tom Durkin, photojournaliste qui a couvert la révolution de Cuba pour le journal La Gaceta, un sympathisant américain a même offert de fournir aux rebelles de Tampa un petit sous-marin pour y cacher des armes pour Castro (?) .  Ils l’ont refusé, mais 150 mitrailleuses saisies à Miami en 1958, emballées dans des fûts d’huile, ont traversé Tampa.  Et un bombardier américain obsolète saisi à Fort Lauderdale en 1958, alors que les armes y étaient chargées, avait pris son vol à Tampa.  Parmi les personnes arrêtées dans cette dernière opération se trouvaient quatre habitants de Tampa, de Ybor City.  Durkin a déclaré que les opérations de contrebande d’armes arrêtées par les forces de l’ordre représentaient juste une partie du total dans lequel les résidents de Tampa étaient impliqués ».  L’avion (ci-dessus à gauche), une pièce de musée déjà à l’époque, qui avait été saisi a fait lui aussi l’objet d’un article avec une photo ainsi libellée dans  « The Daily Courier de Connellsville » de Pennsylvanie :  « Voici une vue intérieure du bombardier B-18 (un vieux « Bolo » devenu C-58 en mode cargo, vu ici au Panama !!!) saisi par des agents de la patrouille frontalière des États-Unis près de Fort Lauderdale, en Floride, montrant des armes, des munitions et des fournitures médicales reliées à Cuba pour le chef rebelle Fidel Castro.  À l’arrière de l’avion est l’inspecteur Charles Chamfales de la patrouille frontalière. Devant est Roger E. Steadman (ici en photo avec l’officier de police), un pilote né en Amérique, qui a été placé en détention avec 22 Cubains. Steadman s’est d’abord échappé, mais plus tard a été repris alors qu’il achetait un billet de bus pour Miami, en Floride ». 
A Miami, où réside aussi tout le contraire, avec Orlando Bosch, opposant anticommuniste, qui se présente en photo dans son garage, en compagnie de sa fille Vivian où il pose avec le premier lot d’armes qu’il vient de recevoir pour… lutter contre Castro !!!  Quel était son fournisseur, mystère (bien que la CIA soit fortement suspectée !). Décidément, il s’en passait de belles en Floride !!!  Une CIA qui joue visiblement double-jeu, constamment !!!

Le témoignage qui condamne les Kennedy

Paul Guzzo a trouvé bien pire en fait :  le véritable « smoking gun » de l’affaire.  Ce qu’il raconte est en effet terrible :  ce sont bien les autorités US qui ont négocié le retour du mafieux Trafficante, notamment Robert Kennedy.  Et comme celui qui s’en était « occupé » s’appelait… Ruby, cela signifiait clairement que Jack Ruby travaillait pour la CIA !!!  « Ce n’était pas un théoricien de conspiration fou qui essayait de me vendre une histoire sur un accord secret qui a aidé à mettre un ennemi américain de longue date au pouvoir.  C’était Ellis Clifton, l’un des officiers les plus respectés dans l’histoire du comté, un homme dont les amis, la famille et les collègues l’ont tous décrits comme l’un des hommes les plus honnêtes qu’ils aient jamais connu (ici à gauche en train de poser devant des jarres de « moonshine »: surnommé « The rabbit », il fut l’un des premiers à utiliser l’avion pour traquer les trafiquants).  S’il a dit qu’il avait fait un tel accord, alors il a fait un tel accord. Clifton a refusé de développer l’histoire quand je l’ai pressé pour plus de détails.  Il a simplement répondu: «Certaines choses devraient partir avec moi dans ma tombe.»  Mais, il a dit qu’il a accompli sa partie de la négociation, et puis Castro a rempli la sienne.  Castro a attrapé et arrêté Trafficante (ici à droite il est assis au milieu des policiers cubains).  Quand il a finalement décidé de le libérer, les responsables cubains ont contacté Clifton.  « J’ai conclu une entente avec un fonctionnaire cubain de National Airlines et une autre avec le ministère de l’Immigration. [Le bureau du shérif] avait [un contact] avec un homme qui était chef de l’armée de l’air cubaine et le sergent de mon ministère lui a parlé au moins une fois par semaine pour connaître le statut de Santo et quand il sortirait [de la prison cubaine ] », explique Clifton.  « Alors, une nuit, vers 12h30, j’ai reçu un appel téléphonique de National Airlines et du Département de l’Immigration disant qu’ils avaient placé Trafficante dans un avion et qu’il débarquerait bientôt en Floride. » (…) Je l’ai à peine reconnu ».  Clifton avait été alerté par le bureau du procureur du comté de New York d’un témoignage reliant Trafficante au meurtre du célèbre gangster de New York, Albert Anastasia – le « Lord High Executioner » de la Mafia-. (ici en photo à droite, Trafficante est aux côtés de Marcello, autre leader mafieux).  Mais quand l’avocat de Trafficante, Frank Ragano, est arrivé, Clifton a appris qu’il devait laisser Trafficante partir.  Le bureau du procureur de district du comté de New York (nota : sous les ordres de Robert Kennedy, donc !) avait annulé l’assignation.  Bien que Clifton n’ait pas gardé son homme ce jour-là, il n’avait aucun regret sur l’affaire qu’il a faite avec un homme que beaucoup considèrent comme le diable.  Il a dit que pour toutes les atrocités commises par Castro contre le peuple cubain, les fusils qui ont été introduits clandestinement à Cuba depuis Tampa et d’autres villes aux États-Unis ont aidé à la remise en ordre de cette nation.  Clifton a déclaré que bien que la mafia existe encore, l’ère antérieure à la victoire révolutionnaire de Castro, quand les gangsters avaient été autorisés à fonctionner sans entrave à Cuba, avait été son sommet.  Castro a expulsé tous les gangsters de la nation insulaire, pas seulement Trafficante.  Et sans un havre de sécurité pour exploiter leurs industries illégales, leurs empires ont diminué.  D’une certaine façon, les États-Unis ont échangé un ennemi pour un autre« .  Trafficante sera exécuté, on le rappelle, juste avant d’aller témoigner à la Commission sur l’enquête sur Kennedy (on le voit ici : pour sûr que d’aucuns auraient pu craindre qu’il ne révèle qu’il avait bien participé à des plans de la CIA pour éliminer Castro !!!   Mais qui donc, si (Robert) Kennedy en personne avait décidé de le faire libérer ?  Voilà une raison de moins pour faire des truands les responsables de l’assassinat de son frère, en tout cas.  Une décision qui aurait aussi dû ravir Hoover, protecteur à sa façon du milieu qui se jouait de ses mœurs !!!  Mais qui donc, alors pour fomenter un tel assassinat et fabriquer un « pigeon » que l’on accuserait du meurtre ???  Certainement pas la mafia, en tout cas !  Ceux qui ont fait tuer Trafficante pour éviter qu’il ne parle sont bien ceux qui se dissimulent derrière l’assassinat de Kennedy.  Et ce sont pas des mafieux, même si la façon dont est mort Trafficante portait les traces de la signature de la mafia ! (pour brouiller les pistes, encore une fois).  Ceux qui ne souhaitaient pas que l’on puisse démontrer que Castro avait été armé en premier par les USA.  Or qui donc avait mis tout ça en place ???  La réponse est simple, il me semble !

La revue Guns avait donc préparé le terrain au cas où.  Mais à peine le temps de faire paraître cet article, qui, à l’évidence à servi de base de réflexion pour monter toute une opération 4 années plus tard, voici que des nouvelles de Cuba arrivent :  « Et tout à coup, alors que la revue GUNS allait à l’impression, la Révolution s’est réalisée (Castro est entré dans la Havane et les Etats-Unis ont reconnu son gouvernement) ».  Entré à la Havane juché sur des Jeeps neuves…précisera-t-on!

 

 

(1) Le Lodestar, Lockheed 18 amélioré par Hughes en avion à roue avant (Lodestar  250 Tri-Gear), avait tout pour plaire aux trafiquants :  « Pendant ce temps, l’avion avait gagné une nouvelle popularité culte.  Un pilote a dit que le Lodestar était également un avion spécialisé, bon pour seulement deux travaux:  la contrebande de marijuana de la Colombie, ou pour balancer une douzaine de skydivers jusqu’à 15.000 pieds pour une orgie de chute libre.  Le Lodestar avait des spécifications enviables pour un avion de sa taille et son âge, ce qui lui permettait d’accomplir l’une ou l’autre tâche, la contrebande de marijuana ou le largage de parachutistes en grappe, avec facilité.  Tout d’abord, il pourrait décoller et atterrir sur une piste relativement courte (ou sur des terrains).  Avec une charge utile légère et un bon pilote, il pouvait décoller avec aussi peu que 985 pieds, et se poser et rouler jusqu’à l’arrêt dans moins de 600 verges (yards).  Les contrebandiers ne volaient pas souvent à l’intérieur ou à l’extérieur des aéroports, surtout ceux qui avaient de longues pistes, de sorte que la capacité de courte portée était attrayante.  Avant que de grands avions ne soient utilisés pour le parachutisme, quatre ou cinq sauteurs étaient entassés comme des sardines dans un petit Cessna ou un autre avion monomoteur pour un vol de 45 minutes avant de larguer ses parachutistes, alors que Lodestar aurait pu monter à 15 000 pieds en 12 minutes et, en dehors de l’énervant décollage – le trajet était spacieux et confortable.  Bien sûr, le Lodestar a été utilisé par beaucoup de pilotes autres que ceux impliqués dans la contrebande de marijuana ou de parachutisme.  La version dépouillée était un avion de fret populaire, qui avait prouvé comme étant économique sur les vols courts ».

(2)  Evincé par Batista, il s’était installé comme développeur et homme d’affaires à Miami (et à Porto Rico).  Prío se suicidera par balle en 1977 alors qu’il devait être interrogé par le U.S. House Select Committee on Assassinations (HSCA).  Une semaine après que George de Mohrenschildt se soit suicidé, alors que lui aussi devait témoigner…

(3) démobilisées elles ont servi à tout, comme ici celles de l’USS Argonne et de l’USHS Consolation devenues infirmeries mobiles…

 

(5) Le 18 Décembre 1964, un Fairchild Packet C82 (N128E, ci-dessus) appartenant à Mecom est abattu par deux Migs de l’armée de l’air égyptienne, au dessus d’Alexandrie, tuant le pilote et le co-pilote, qui n’avaient pas répondu aux demandes répétées des contrôleurs aériens, selon les Egyptiens. (l’avion, selon Mecom transportait du « détergent pour ses forages pétroliers« ).  Selon la presse US, l’avion s’approchait d’un site où les égyptiens « testaient des missiles ».  La CIA aurait-elle essayé de s’approcher de nids de SAM qui la gênait tant au Viet-Nam ?  La société finira en banqueroute en 1970.  Le fils de John Mecom, fan de sports mécaniques, avait couru sur voiture Lola T70.  Il possédait 15 voitures de sport dont des Ferraris, des Corvettes, des Mustangs, et 10 avions et hélicoptères.  Son Racing Team avait pour pilotes Roger Penske et A. J. Foyt.  En association avec d’autres millionnaires, il avait acquis la franchise de l’équipe de football américain des Saints.  Son père habitait dans un manoir de style normand, bâti à River Oaks, la banlieue aisée de Houston, avec un énorme escalier de style Art Nouveau.

(4) Selon « The Commercial-Mail de Columbia City »,  de l’Indiana, en date du 13 août 1957, voici ce qu’on pouvait lire sur la saisie :  MIAMI (VP) Les agents des douanes ont saisi très tôt aujourd’hui une énorme quantité de fusils, de mitrailleuses et 50 000 cartouches de munitions destinées à des insurgés campés dans la jungle des montagnes cubaines.  Deux hommes ont été arrêtés et les autorités ont poursuivi trois autres personnes impliquées dans un complot visant à expédier des armes au chef rebelle cubain Fidel Castro qui tente de renverser le président cubain Fulgencio Batista.  Charles Wyatt, superviseur de douanes à Miami, a identifié les hommes arrêtés comme Gil De Gibaja, 16 ans, citoyen américain de descendance cubaine résidant à Miami, et Alfredo C. Z. Gonzalez, 38 ans, qui affirme qu’il est agriculteur.  Il a dit aux officiers, qu’il était de La Havane.  Les hommes ont été accusés de violation de l’acte de neutralité et emprisonnés en attendant d’autres mesures. -Wyatt a dit avoir trouvé 500 fusils, 10 mitrailleuses, à la fois de calibre .30 et .50, environ 30.000 cartouches et peut-être même un bazooka dans la maison de Gibaja ici-même … » Sur l’autoroute de Floride,  les patrouilleurs HM Gracy et Pat Edgemond Wyatt ont déclaré que les agents en douane présents sur la scène ont trouvé une boîte de fusils, une boîte de munitions et une publicité. Wyatt a déclaré que les armes et les munitions  étaient dans les boîtes, affirmant qu’il pensait qu’elles contenaient des armes illégales et non des «Outils agricoles».   Dans The Indianapolis Star, en date du 14 août 1957, on découvrira qui était « l’agriculteur » :  « un ancien dirigeant du gouvernement cubain a été accusé hier d’avoir tenté d’expédier quelque 50 000 dollars d’armes et de munitions de Miami, probablement au chef rebelle Fidel Castro, l’ennemi juré du président Fulgencio Batista.  Alfredo C. Z. Gonzales, âgé de 47 ans, a été traduit devant le commissaire américain Roger Davis pour infraction à la loi sur la neutralité.  Il a été libéré sous un cautionnement de 10 000 dollars »...  Visiblement, à cette époque, les expéditeurs d’armes ne finissaient pas en prison !!!  On rappelle qu’en 1957, McKeown, fraîchement renvoyé de Cuba par Batista et ami de Carlos Prio Socarras, était venu s’installer… à Miami.  Il possédait aussi une maison exactement à Shady Lake près de Pasadena, au Texas, avant de s’établir à Houston.  En avril 1959, Castro était venu lui rendre visite à l’aéroport de Houston.  Les premières armes pour Castro avaient été envoyées par McKeown de Tampa et de Miami.  Son yacht, le Buddy Dee servait de transporteur.  « Lors d’une entrevue avec le FBI le 21 décembre 1963, Ruby a commenté que pendant «un temps où Castro était populaire aux États-Unis», il avait lu qu’une personne de la région de Houston avait été impliquée dans l’envoi de fusils à Castro.  Ruby a déclaré qu’il a tenté de contacter cette personne par téléphone dans l’espoir de gagner de l’argent en vendant des jeeps à des personnes intéressées par leur importation à Cuba.  Mais Ruby déclara que rien n’avait été fait« .  Et le FBI l’avait cru !!!

(6) ce n’étaient pas les yachts qui manquaient à cette dimension, tel le « Rhino » (ici à gauche) des ateliers Rybovitch, les plus en vus à l’époque dans le secteur. Evidemment, ce genre de bateau fait aussi penser au célèbre Pilar d’Hemingway (de 12 m de long), qui s’était mis en tête d’aller chasser les U-Boot avec… dans le Golfe du Mexique !

(7) « Encore aujourd’hui, Cuba interprète l’explosion de La Coubre comme un acte terroriste préparé à l’extérieur du pays visant à dissuader des pays occidentaux de lui vendre des armes.  Des documents déclassifiés de membres des services américains corroborent cette thèse.  Cela fonctionna dans la mesure où quelques jours après l’explosion, la Belgique, d’où provenaient les munitions ayant explosé, fit savoir qu’elle ne livrerait plus d’armes à Cuba ».  La CIA aurait-elle voulu avec cette explosion rester le seul fournisseur discret de Castro ?  Ou chercher à ce que d’autres ne révèlent pas qu’elle avait été la principale jusqu’ici ?  Le cas de l’américain Donald Lee Chapman, monté à bord après l’explosion, reste fort intriguant.  Selon les cubains, le colonel de la CIA J. C. King était en relation directe avec « Rolando Masferrer Rojas, qui connaissait à l’avance, grâce à un ingénieur des mines étasunien, l’arrivée du bateau chargés d’armes à Cuba et les ports où il devait mouiller »les français morts ce jour-là étaient le premier lieutenant François Artola, le timonier Jean Buron et les marins Lucien Aloi, André Picard, Jean Gendron et Alain Moura.

(8) Extrait du Bridgeport Telegram  dans le  Connecticut en date du mercredi  20 novembre 1957, qui montre que c’était une expédition conséquente qui était prévue :  « Une force révolutionnaire se préparant à naviguer pour Cuba dans un yacht chargé d’armes, de fournitures médicales et d’hommes en unforme a été saisie par un groupe de raids d’agents US aujourd’hui » dans les Kevs de Floride.  Trois heures avant que la force ait eu l’intention de naviguer à l’aube, la force de raid menée par les agents des Douanes a placé ces hommes en garde à vue accusés de conspiration et de violer la neutralité, ainsi que les lois sur les armes à feu.  Lankford a dit que les Cubains ont chargé le yacht Philomar III avec des fusils des chargeurs, des couteaux, des machettes et d’autres armes, lorsque les agents les ont surpris, sur la côte méridionale de Big Pine Key.  Les plans du groupe consistaient à naviguer vers Cuba, sans doute pour augmenter les forces révolutionnaires de Fidel Castro, comme ils avaient été vus depuis plusieurs jours, a déclaré Lankford.  Le garde-côtes de 165 pieds Ariadne (le WPC101, 5/1966- WMEC101, ici à droite) a été déplacée à partir de Key West pour bloquer une possible tentative de ces hommes de s’échapper à bord du yacht.  Mais les agents ont pu gérer les arrestations.  Et le navire n’a pas participé aux événements sur place.  Lankford a indiqué que la force de révolution était la plus grande appréhendée depuis que Fulgencio Batista est devenu le dictateur de Cuba après avoir disposé du président Carlos Prio en 1952.  Batista a résisté dans ces derniers mois à un certain nombre de mouvements révolutionnaires.  Prio vit maintenant à Miami et a été accusé par Bastista de financer l’envoi d’armes à Cuba et de soutenir autrement des tentatives d’ennemis de Batistas pour le renverser.  Ces accusations ont été niées par Prio, mais il croit qu’une révolte réussie contre Batista finira par se développer.  Lankford et huit autres agents du service d’immigration, de la Patrouille frontalière et du Trésor ont atteint Big Pine Key à 3 heures du matin.  En plus du yatch, sept automobiles ont été saisies.  Beaucoup d’hommes étaient armés de pistolets, et  cinq des cubains arrêtés ont donné des adresses à New York.  Vingt-quatre ont donné des adresses à Miami et Miami Beach, et quatre ont donné des adresses à Tampa.  Le bureau de douane a déclaré que le Philomar III est détenu par Belarmino Fernandez, de Tampa. Fernandez l’avait loué à Gilbert L. Visbal de Miami, qui pensait qu’il devait être utilisé pour la pêche.  Visbal était un de ceux énumérés comme arrêtés dans le raid ».

 

Nota : Johnson avait aussi  un autre appareil, surnommé  « Air Force One Half », qui s’est rendu à plusieurs reprises au Costa Rica, Panama, au Nicaragua mais aussi à la Rpublique Dominicaine et à Puerto Rico (la visite est ici).  Il est aujourd’hui exposé dans son ranch- musée.  Son pilote préféré était effectivement James Underwood « Jim » Cross.  Un ancien du « Hump » et membre actif du  40th Air Transport Squadron du MATS, volant sur C-54 et C-124.

 

 

Le 14 novembre 1957 se tenait une réunion de la mafia:  la réunion d’Apalachin à laquelle Trafficante participait:  La réunion d’Apalachin (« Apalachin meeting ») est une réunion qu’a tenue la mafia américaine dans la maison du gangster Joseph « Joe the Barber » Barbara à Apalachin le 14 novembre 1957. Apparemment la réunion a eu lieu pour discuter de plusieurs sujets dont le prêt usuraire, le trafic de stupéfiants et le jeu, et pour partager les opérations illégales de feu Albert Anastasia. Il semble qu’environ 100 Mafiosi en provenance des États-Unis, du Canada et d’Italie ont assisté à cette réunion.

Trafficante fut arrêté en 1957, avec 56 autres mafieux, sur le lieu d’une apparente convention réunissant toutes les grandes figures du crime organisé, la réunion d’Apalachin à New York. Les accusations furent, par la suite, abandonnées. Les autorités supposaient que le but de la réunion était de combler le vide créé à la suite de l’assassinat récent du chef du Murder Incorporated, Albert Anastasia. Plus tard, Trafficante nia les circonstances de l’assassinat d’Anastasia.

On peut lire que la Commission McClellan a ajourné la deuxième phase de ses réunions le 13 novembre 1957, la veille de la réunion d’Apalachin.

En janvier 1958, Santo Trafficante Jr fut questionné par la police nationale cubaine au sujet de la réunion d’Apalachin:  Un rapport complet de la police cubaine fut édité le 23 janvier 1958. Celui-ci comprenait des retranscriptions d’appels longue distance depuis le Sans-Souci pour la période d’août-septembre 1957. Ce rapport fut transmis au bureau du procureur. Sur le rapport était inscrit « Le Département d’Enquête Cubain, La Havane, Cuba notifie au Bureau des Narcotiques que Santo Trafficante est enregistré dans le bureau d’immigration sous le numéro N. 93461.

 

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