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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (26)

C’est une découverte inattendue, qui ne semble pas encore avoir suffisamment intéressé les historiens contemporains, pour l’instant.  En cherchant à essayer de « connecter les points », ou les pièces de cet effarant puzzle, comme vous voulez, je suis tombé sur tout un pan méconnu de la vie d’un des principaux protagonistes de l’affaire de Dallas :  Jack Ruby, celui qui a empêché qu’on en sache plus sur Oswald.  Un Ruby qui connaissait en fait très bien sa victime mais dont j’ai découvert avec surprise le véritable métier, qui n’était pas celui de responsable de boîte de nuit de strip-tease, le fameux Carousel de Dallas.  Non, dans la vie, Jack Ruby était davantage marchand d’armes qu’autre chose, travaillant sous le regard bienveillant de la CIA :  c’est le pan complet ignoré par l’enquête officielle, un phénomène important, il me semble, que je vous propose de découvrir en trois parties, tant il y a matière à dire sur ce sujet encore peu connu.  Tout avait commencé par une fausse identité, celle d’Oswald…

Revenons donc plutôt pour expliquer cela sur un parking, celui de l’arrière d’une station service pas loin du cinéma où s’était réfugié un Oswald à qui on avait très certainement donné rendez-vous (sinon on ne s’explique pas sa présence en cet endroit précis).  Le fameux policier, déjà cité (voir épisodes précédents), le capitaine Westbrook, se serait emparé sur place d’un porte-cartes, en plus du blouson gris.  Qui lui aurait donné ou qui l’aurait découvert, on n’en sait toujours rien (1).  Or là encore ce portefeuille, ou porte-cartes, plus jamais revu depuis, questionne également et fortement même.  Bob Barrett, détective du FBI aurait vu ce porte-cartes entre les mains de Westbrook (une vidéo ci-dessous à gauche le montre). Il aurait contenu tout un attirail de documents, dont une bien étrange carte de Selective Service System (l’enregistrement lié aux faits d’armes ou aux engagements militaires d’un individu) au nom de… Alex Hidell, le même nom qu’aurait utilisé Oswald pour commander son fameux Carcano !  Or, Oswald avait été arrêté en Louisiane avec un porte-cartes similaire, un mois auparavant seulement, dans lequel rien ne figurait au nom de Hidell.  En somme, le fameux porte-cartes montrait surtout que le nom de Hidell était d’une fabrication fort récente !  « A 10 heures, le 22 novembre l’agent du FBI Manning Clements a interrogé Oswald et examiné le contenu de son portefeuille sur son bureau.  Clements a déclaré que la carte d’identification Hidell était à l’intérieur du portefeuille à cette époque, mais Oswald n’avait pas répondu à toutes les questions à ce sujet.  L’inventaire fait par Clements du portefeuille cite l’ID Hidell, mais il n’a pas été dicté avant le 23 novembre ». Encore une fois, l’information aurait été ajoutée ! Or l’homme qui est fortement soupçonné d’avoir glissé la carte au nom d’Hidell au milieu des autres est… le détective Paul Bentley, celui-là même qui pavanait cigare aux lèvres en maintenant Oswald tout en regardant le photographe venu sur place pour ne pas rater cette fameuse arrestation en direct (cf l’épisode précédent) !  C’est Sylvia Meagher, dans son passionnant livre « Accessories After the Fact » qui a soulevé cet important problème, qui laisse clairement entendre que l’on a fabriqué totalement un personnage  s’appelant Hidell :  or c’est celui qui a commandé chez Klein le fameux Carcano… en nom et place d’Oswald !  La (fausse) carte aurait servi à quoi à Oswald ?  Qu’aurait-il pu en faire ? Pourquoi aurait-on essayé de créer un personnage qui aurait fait l’armée sous ce nom alors que ce n’était pas le cas ?  Aurait-on ainsi voulu légitimer l’existence d’un Hidell fabriqué de toutes pièces, car à ce jour rien ne montre qu’Oswald soit même allé le chercher, cet envoi de fusil à sa boîte postale !!!  L’extrait de film où l’on voit le fameux porte-cartes n’a été redécouvert que fort récemment.  Et son importance est en fait cruciale comme le dit ici JFK Facts :  « ce qui rend les images de film remarquables est que depuis 50 ans, les autorités ont déclaré que le portefeuille n’a été trouvé qu’environ une heure après l’arrestation d’Oswald, lorsque le détective de la police de Dallas Paul Bentley a retiré le portefeuille de la poche arrière d’Oswald peu de temps APRES l’avoir emmené en garde à vue après l’arrestation au Texas Theater, à plusieurs pâtés de maisons de l’endroit où Tippit a été abattu.  L’agent du FBI Bob Barrett, qui était présent sur la scène de l’assassinat de Tippit et est encore en vie, appelle maintenant l’histoire de Paul Bentley « une foutaise ».  Le portefeuille est important parce que son contenu relie Oswald aux armes utilisées dans l’assassinat du président Kennedy et pour l’officier Tippit ».  Car, fait important à noter, rien ne prouve en effet que le fameux fusil Carcano attribué à Oswald ait été retiré par lui de la boîte postale où il avait été envoyé au nom de Hidell !  Toute l’appellation Hidell, a ravi la commande, la réception de l’arme et les faux papiers attenants serait à partir de là une complète fabrication :  le pigeonnage parfait en quelque sorte !

Une bibliothèque texane hébergeant des communistes ?

Un chercheur bien curieux a été étonné par cette énième découverte. Et il a poussé plus loin ses investigations, pour trouver une bien étrange combinaison d’individus qui eux aussi « connectent les points » qui manquaient jusqu’alors :  « la prétendue découverte de Kaiser à la fois du bloc et de la veste m’a conduit à spéculer que Kaiser était peut-être un informateur confidentiel du FBI ou du DPD travaillant à l’intérieur du TSBD qui surveillait Oswald, qui, comme le savent la plupart des chercheurs de l’assassinat de JFK, était présenté comme un communiste en raison de son « retour » de l’Union soviétique.  Cependant, il y avait aussi Joe Rodriguez Molina, un ancien président de la section de Dallas du forum américain GI, qui avait été employé au TSBD comme un gestionnaire de crédits (au moment de l’assassinat, Molina avait été employé au TSBD pendant 16 ans ).  Comme l’a signalé Greg Parker, Molina était soupçonné d’avoir des liens avec des vendeurs d’armes.  De plus, un informateur du FBI nommé William James Lowery, qui avait informé Molina, a fourni des informations selon lesquelles quatre membres du parti communiste américain avaient visité la résidence de Molina.  Lowery avait également fourni des informations selon lesquelles Molina avait assisté à une réunion politique au cours de laquelle plusieurs membres et sympathisants du Parti communiste américain étaient également présents ».  Des communistes, planqués on le rappelle dans un bâtiment appartenant au pire anticommuniste de la région… sinon des USA !  Mais qui donc aurait pu concocter un plan aussi tordu (Allen Dulles, me répond-t-on en chœur, ou bien… E.J Hoover, voire les deux à la fois !!!).  En tout cas, cette piste ouvre celle des vendeurs d’armes… à destination de Fidel Castro !  Et là, c’est une autre boîte de Pandore qui s’ouvre…

Un autre marchand de canons et ses amitiés sulfureuses

 

Un plan « tordu », oh, à quel point, on ne l’imagine même pas, encore aujourd’hui, car en réalité le Jack Ruby, celui qui en quelque sorte clôt le cas Oswald, n’est absolument pas tel qu’on nous l’a présenté.  Et surtout pas un simple gérant de boîte de nuit, en tout cas.  Le « marchand de canons » cité auparavant n’est pas le fameux Cummings (cité dans les épisodes précédents), mais un autre. Il s’appelle Robert McKeown, celui-là.  Or il présente un drôle de palmarès également :  il a fourni dès le départ des armes à Fidel Castro, pour lutter contre Batista.  Mais il n’a pas rencontré que Fidel… et c’est peut-être bien là aussi un élément clé, laissé de côté par toute l’enquête officielle, de façon délibérée, bien entendu.  Mais laissons Spartacus nous résumer la question (vous allez voir, c’est assez sidérant et ça change pas mal de choses de la vision qu’on peut avoir de certains protagonistes de cette histoire très complexe)  :  « en 1959 Jack Ruby a pris contact avec McKeown » (et oui, c’est bien lui, et c’est bien ce qu’il y a de plus étonnant :  il n’était donc pas qu’un simple tenancier de boîte de nuit !).  « Ruby lui a dit « qu’il était avec la Mafia et qu’il possédait beaucoup de jeeps qu’il voulait envoyer à Castro ».  Ruby voulait également des conseils sur la façon dont il pourrait obtenir la libération d’un couple d’amis emprisonnés à Cuba.  En septembre 1963, deux hommes sont arrivés chez McKeown ». Ruby, mais aussi Oswald, ont cherché à contacter McKeown.  « Un homme s’est présenté comme Lee Oswald (son ami s’appelait Hernandez).  Oswald a déclaré qu’il était prêt à payer 10 000 dollars pour quatre fusils, des 300 automatiques Savage et à vision télescopique.  McKeown a refusé car il pensait qu’il était en train de se faire piéger.  Comme Larry Hancock a plus tard fait remarquer: «McKeown y a réfléchi, mais il a décidé que de toute façon, après tout, n’importe qui pourrait entrer dans n’importe quel Sears Roebuck au Texas et obtenir les mêmes fusils pour seulement quelques centaines de dollars.  Méfiant, McKeown évita la possibilité de voir Oswald découvert avec des armes qui pourraient être tracées à une connexion bien connue de Castro.  Après l’assassinat de John F. Kennedy McKeown a été visité par le Bureau fédéral des enquêtes. McKeown a été interrogé sur Lee Harvey Oswald et Jack Ruby, mais il a nié connaître l’un ou l’autre homme.  Plus tard, McKeown a été interviewé par le House Select Committee on Assassinations mais son témoignage n’a pas présenté beaucoup de crédit ».  Cette vision incroyable d’un Oswald négociant des armes avec Jack Ruby n’a pas été le cas d’un seul auteur fantasque.  Larry Hancock, auteur de « Nexus : Political Assassinations and the CIA » l’évoque aussi dans « Someone Would Have Talked », tous deux cités chez JFK Lancer.  « Après le début de la conversation, le jeune homme est venu au point important.  « Je vois que vous pouvez fournir n’importe quelle quantité d’armes … nous pensons à faire une révolution au Salvador ».  McKeown était toujours en probation pour manipuler des cargaisons d’armes à feu pour Prio Soccares et les faire livrer à Fidel Castro à Cuba« .  Ce « jeune homme » qui parlait ainsi étant… Oswald ! 

Qui était donc ce McKeown ?


La personnalité du vendeur d’armes laissé dans l’ombre est fort intéressante à étudier.
  Et fort troublante également.  « En 1956, Castro est venu à Houston, où il a rencontré McKeown et Prio (cf. celui renversé par Batista) à l’Hôtel Shamrock.  À l’époque, Castro venait d’arriver du Mexique, où il formait ses forces pour envahir Cuba.  Il avait besoin d’un navire.  En utilisant l’argent de Prio, McKeown a acheté un cargo chilien au port de Houston, qui a été utilisé plus tard pour porter l’armée de Castro à Cuba.  McKeown a peut-être rencontré Jack Ruby à Miami.  Ruby possédait la moitié d’un club de nuit à Hallandale en Floride appelée le Colonial Inn (l’établissement appartenait à Meyer Lansky  et il avait été pourtant fermé en 1948 par les autorités !!!) .  Son partenaire était Bernard Baker (plus tard arrêté comme cambrioleur du Watergate et également identifié par Frank Weitzman comme l’un des faux agents des services secrets à Dealey Plaza (2).  Baker était l’homme de paille de Prio.  Prio était le véritable partenaire de Ruby.  L’argent de Prio et l’énergie de McKeown ont été utilisés pour le compte de la criminalité organisée.  Une réunion a eu lieu en mai 1957 avec un avocat de Tampa nommé Henry Gonzales.  Le seul client au cours de la carrière de Gonzales a été le patron du crime de Floride du Sud, Santo Trafficante Jr.  Le groupe a commencé à envoyer des armes à Castro à travers Valenti & Sons, un expéditeur de fruits situé au port de Tampa.  Le paiement en espèces pour les armes a été trouvé par McKeown dans un coffre-fort à la Banque Panaméricaine de North Tampa.  L’autre clé de la boîte appartenait à Henry Gonzales ».  A droite une photo en date de 1943 où l’on peut voir le mafieux Meyer Lansky en train de recevoir des militaires US dans son établissement… Lansky s’appelait en fait Maier Suchowjansky et il était né en… Russie.  C’est Lansky qui avait « persuadé le dictateur cubain Fulgencio Batista de ne permettre le jeu que dans des hôtels d’une valeur de plus d’un million de dollars, puis avait ensuite procédé à la construction des seuls hôtels qualifiés.  Cet arrangement a pris fin lorsque Castro est arrivé au pouvoir en 1959.  Lansky et Batista ont fui Cuba le même jour ». 

Qui donc avait aidé Castro  au départ ?

Castro et ses armes, enjeu du débat, donc.  Ou plutôt, de qui il les tenait  !  La légende de Castro avait, rappelons-le, commencé par un naufrage, ou presque : le 2 décembre 1956 un yacht qu’un milliardaire lui a offert, le Granma, bourré de 82 guérilleros à bord dits du Mouvement du 26 juillet (dont) Fidel CastroErnesto Che Guevara et Raúl Castro, rate plus ou moins son débarquement et aborde la plage de Las Coloradas.  Les guérilleros, harcelés par les troupes de Batista, se réfugient in extremis dans les montagnes (3).  En 1957, on ne donnait donc pas cher en effet des chances de Castro de réussir.  C’est un journaliste du New-York Times qui a en réalité tissé sa légende, et ça, on aurait aussi tendance à l’avoir oublié.  « En février 1957, Fidel Castro était donné pour mort après un catastrophique débarquement à Cuba.  Perdu dans la montagne avec une poignée de rebelles, il semblait condamné à l’oubli.  La rencontre avec un journaliste du New York Times, Herbert Matthews, allait lui conférer une stature internationale et une reconnaissance mondiale ».  (…)  « Tous les opposants au régime de Batista apprennent ainsi que Fidel Castro est vivant et que la lutte continue.  Une propagande inespérée » (….) Mais au sein du NYT, Matthews est graduellement marginalisé, jugé coupable de subjectivité (…) Pour la droite américaine, les alliés de Batista et la presse conservatrice, Herbert Matthews et le New York Times sont, et demeurent aujourd’hui, les responsables de cet échec (la perte de Cuba pour les Etats- Unis).  Dans une lettre adressée à son ami Ernest Hemingway, Matthews se plaint : « Qu’est-ce que je ne dois pas subir ces temps-ci ».  Après avoir reçu des menaces de mort, le journaliste est placé sous protection du gouvernement (…)  En 1965, Eisenhower lui-même l’accuse d’avoir, « presque à lui tout seul », fait de Castro « un héros national ». (…)  Les attaques continuent en 1977, vingt ans après sa rencontre avec Fidel Castro. (…)  Herbert Matthews niera toujours avoir « fait » Castro.  A ses yeux, il s’agissait « d’un homme promis à une destinée hors du commun qui aurait fini de toute façon par s’imposer ».  C’est fort probable.  Mais les articles du New York Times ont peut-être accéléré le cours de l’histoire » ».  C’est Matthews aussi qui avait le premier montré Castro avec son fusil à lunette à la main (une Winchester 70) !  Ironiquement, feront remarquer les cubains, certains aux USA étaient même allés vanter la liberté de presse à Cuba, avant Castro, alors que c’était faux :  « En ce qui concerne la liberté de la presse, les Etats-Unis présentent la Cuba pré-révolutionnaire sous un jour positif.  Ainsi, affirment-t-ils, « avant 1959, le débat public était vigoureux :  il y avait 58 journaux et 28 chaînes de télévision qui fournissaient une pluralité de points de vue politiques ».  Les documents de l’époque et les faits contredisent cette affirmation.  En effet, un rapport de la Société interaméricaine de Presse (SIP) publié en 1957 qualifiait d’« antidémocratique le gouvernement du Président Fulgencio Batista de Cuba, parce que ce gouvernement ne respecte pas la liberté de la presse ».  En effet, la censure contre la presse s’est appliquée 630 jours sur les 759 que dura la guerre insurrectionnelle entre le 2 décembre 1956 et le 1er janvier 1959″.

Une tout autre vision de Jack Ruby !

En réalité, Ruby avait offert un deal à McKeown. « Après la publication de l’histoire, Jack Ruby est venu visiter McKewon.  Il a offert à McKeown 25 000 dollars pour le présenter à Castro.  Il a dit à McKeown qu’il avait un surplus de jeeps de l’armée à Shreveport qu’il aimerait vendre – et a demandé à McKeon de l’aider à obtenir le trafic de Santo Trafficante Jr. libéré d’une prison cubaine où il était détenu.  McKeon a rencontré Ruby au Edgewater Club à Kemah.  Certains disent qu’ils ont conclu un accord, certains disent qu’ils ne l’ont pas fait.  Une preuve anecdotique est que Ruby a loué une maison à deux étages sur Kipp Street à Kemah et a expédié les jeeps à Castro quelques semaines après.  En avril, Castro est arrivé à Hobby Field lors de sa dernière visite en Amérique en tant que non-communiste.  Sa raison de visiter les États-Unis était de voir Robert McKeown, de Bacliff ».  A partir de là, la parade de victoire de Fidel à à La Havane à bord… d’une jeep, semble prendre une autre dimension, il me semble !  Surtout quand on examine le type de Jeep de près !!!

« Le Houston Chronicle a photographié Castro et McKeown ensemble (voir ci-dessus), et a rapporté que Castro avait offert à McKeown le travail de ministre de l’industrie » (ça reste très spéculatif en fait et c’est plutôt une vue de l’esprit du journal US).  « L’agent de probation de McKeown et le FBI ont dit à McKeown qu’il serait arrêté s’il tentait de quitter les États-Unis.  Castro a déclaré au chroniqueur que sans l’aide de McKeown, il n’y aurait pas eu de révolution.  Apparemment à cette réunion, Castro a accepté une certaine sorte de termes de rançon pour Trafficante, mais la Mafia a subi un fiasco majeur en essayant de les rencontrer.  Au début de mai 1959, la Mafia aurait volé 8,5 millions de dollars à une banque canadienne et volé un grand nombre d’armes à la garde nationale de l’Ohio.  Une enquête policière a montré que le mafioso Norman Rothman avait dépensé 6 000 dollars pour louer des avions pour transporter ses armes aux forces de Castro à Cuba » (plus tard il tiendra The Albion Lounge, à Miami).  « Le 3 juillet, Rothman fut arrêté pour cette série de crimes. « En l’espace d’un an, Castro a appris que la CIA tentait de le tuer et s’alliait avec l’Union soviétique.  McKeown, quand il a entendu cela, aurait explosé.  Il savait que la possibilité de regagner son entreprise cubaine était pratiquement nulle.  Comme d’autres exilés cubains, il croyait que seule une invasion américaine suffirait.  L’élection du président John F. Kennedy a été un échec supplémentaire.  Après le fiasco de la Baie des Cochons, Kennedy a montré qu’il ne lancerait pas une invasion de Cuba« .  Ruby, qui achetait en fait ses armes en Italie, pour les revendre à Castro : « Ruby a écrit une lettre à l’Office des Dépôts d’Etat des Commandes de Munitions demandant la permission d’acheter des fusils d’Italie.  Une autre connaissance de Ruby, le pilote Donald Edward Browder, a été arrêté pour apporter des fusils à Cuba à cette époque.  Ruby et les autres hommes de la mafia échangeaient des armes aux rebelles communistes à Cuba contre les narcotiques à vendre aux États-Unis ».   Des fusils… Carcano, venus d’Italie ?  Ramenés par un dénommé « Browder » ?  Il faudra que j’y revienne aussi, sur ce point (dans l’épisode suivant, un peu de patience !).  Bref, contrairement à ceux qui tenteront après coup de déclarer que si Ruby avait fourni des armes c’était à Batista, et non à Castro, c’était bien ce dernier qui était l’objet de toute son attention.  En photo à gauche, un encart de journal de 1955 expliquant que la toute nouvelle Jeep vient d’être achetée comme véhicule de loisir par le gouverneur du Texas du moment, Allan Shivers, pour son fils… pour se faire réélire, l’ineffable Shivers avait eu tendance à accuser tous ses opposants, même libéraux, d’être des communistes !!!  Johnson était issu au départ de son mouvement, les « Shivercrats ».

Ruby en relais du « Mob » (de la Mafia), et en fournisseur de Castro

Quel était donc le degré d’implication de Ruby à la fois dans le « Mob » et dans la CIA ?  On peut en avoir une bonne idée avec ce texte de Ron Chepesiuk, un spécialiste de la Mafia :  « Selon des câbles déclassifiés, Wilson-Hudson (un journaliste anglais présent sur place et mouillé dans des histoires d’espionnage) a donné des informations à l’ambassade américaine à Londres, indiquant qu’une « sorte de gangster américain » nommé Ruby était à Cuba vers 1959 et qu’il avait pu avoir eu quelque chose à voir avec la libération de la prison de Trafficante.  Il a affirmé que Ruby était venu voir Trafficante avec la personne qui a apporté au parrain sa nourriture spéciale ».  Un Trafficante que Castro venait d’emprisonner, une fois sa victoire acquise, et non Batista !  « On sait avec certitude que Wilson lui-même travaillait à Cuba au moment de la visite alléguée de Ruby, et il a été emprisonné par Castro avant d’être déporté.  Né à Chicago en 1911, Ruby était un petit truand qui avait des contacts bien établis dans les métropoles de Dallas et de Chicago ».  « On pense que Ruby a envoyé des armes à Cuba pendant la révolution,  avec la contrebande surveillée par Norman « Roughhouse » Rothman, un sous-fifre ordinaire d’une famille de mafieux de Pennsylvanie, et un associé de Trafficante (à la Havane, avant l’arrive de Castro, il tenait le florissant casino appelé le « Sans Souci » – ici à gauche, il tenait aussi un casino… à Deauville (?), déclarera-t-il lors d’une audition). Un lien commun à Ruby et Rothman était Lewis McWillie, le patron d’une propriété de Trafficante à Cuba, l’hôtel de Capri (à droite l’identification de Ruby au Capri) McWillie avait exploité un certain nombre de boîtes de nuit à Dallas et était devenu l’ami de Ruby.  Comme Rothman et Ruby, McWillie a envoyé des fusils pour le mouvement anti-Castro à la fin des années 1950.  McWillie a confirmé ce que Wilson-Hudson avait dit à l’ambassade américaine.  Ruby avait voyagé à Cuba en 1959.  La présence de Ruby à Cuba a également été confirmée par des cartes postales qu’il a renvoyées aux danseurs du Carousel Club, une boîte de nuit qu’il possédait à Dallas et par Gary Hemming, un agent de la CIA, lors d’une réunion axée sur les efforts pour libérer Trafficante de prison.  Certaines sources affirment que Ruby travaillait comme un intermédiaire à Cuba, et, que, sur les ordres de McWillie, Ruby essayait d’acheter la liberté de Trafficante en vendant des Jeeps au marché noir à Castro ».  Des Jeeps ?

Des Jeeps récentes, et non des surplus


Et oui, des Jeeps !!! Mais pas n’importe lesquelles ! L’examen attentif des véhicules montrés dans les parades de Fidel Castro ajoutent encore au malaise. Ruby était censé avoir puisé dans les « surplus » de la seconde guerre mondiale pour fournir Fidel Castro.  Du moins c’est ce que plusieurs témoignages affirment. Au sortir de la guerre, les USA se retrouvent en effet avec des monceaux de matériels militaires;  comme le montre ici à gauche un cliché de LIFE, pris, semble-t-il, au Japon même. dont des jeeps;  c’est la célèbre Willys M38 ou Willys MC.  Reconnaissable à son avant caractéristique et ses garde-boue horizontaux à l’avant, et ses essuie-glace en bas de son pare-brise rabattable.  On s’attend donc à retrouver la même comme matériel fourni aux rebelles anti-Batista.

Et à la surprise générale on découvre que ce n’est pas ce modèle-là qui a été fourni.  Ni d’ailleurs non plus ses évolutions en C2JA de 1949 (la première à pare-brise à une seule vitre), ni la CJ3A de 1950, ni même la M38A1 produite en 1952, celle de Keystone à  garde-boues incurvés et vitre rabattable avec renfort central, en deux vitrages à laquelle elle ressemble beaucoup, pourtant.  Celle-là sera produite également par Kaiser, jusque 1971.  Non, à bien regarder en détail la jeep sur laquelle paradent Fidel ou ses hommes, on constate que c’est la plus récente en fait : la CJ5E, sortie en 1954 (elle possède la roue de secours sur le côté alors que la M38A1 l’a à l’arrière) : « descendante directe de la Jeep militaire M38A1, la Jeep CJ5 Universal est présentée au marché civil en 1954, on peut la reconnaître à sa roue de secours latérale, à l’apparition d’un hayon arrière et aux inscriptions « Jeep » embouties sur les cotés en arrière des ailes avant »  peut-on lire dans la « Bible » des Jeeps.  Et c’est exactement ce qu’on distingue ci dessus à gauche dans une rue de la Havane ou ci-dessous sur la photo prise devant l’entrée de l’ancien Casino « Sans Souci » de Trafficante, à la Havane (ou encore ici chez l’agence Magnum – et là encore) :

 Ce ne sont donc pas des Jeeps de surplus que Ruby a envoyées à Cuba, mais un modéle récent, construit à un tarif beaucoup plus élevé que le précédent.  En Europe où arrivera en 1955 seulement la M38A1 (fabriquée sur place) seulement, en Hollande, on avait déjà remarqué que « pour l’époque, c’était la voiture la plus chère jamais achetée par l’Armée Hollandaise, 11 000 florins soit 33 000 euros de maintenant ». 

« C’est à peu de choses près 2,5 fois le prix de la Hotchkiss M201, achetée à la même période.  Ayant gommé les défauts des précédentes Jeep (boite de vitesse tenue de route…) c’est le meilleur 4×4 militaire de l’époque, mais comme je l’ai déjà dit, le plus cher aussi. »  Le modèle suivant deviendra la CJ-5 (encore plus onéreuse alors) qui reprendra ses formes plus souples, celle des hommes de Fidel !  Quant à savoir d’où provenaient exactement ces Jeeps, il faut savoir que sous Batista des concessionnaires de Willys existaient à la Havane; comme le montre la photo de l’enseigne ci-dessus, et qu’on a même une photo des ateliers où on les préparait (cf ci-dessus également) :  c’est la version civile de la Jeep qui est montrée-là, devenue en ce cas militaire d’un seul coup de pinceau, à partir de la, CJ-5 « Universal » (qui deviendra plus tard encore la « Renegade » des années 80 !!!).  Ce qui donc pose question : qui est donc la source civile qui les a amenées à Cuba… pour en faire des véhicules militaires ? (4)  Ci-contre à gauche un de ces véhicules extrait d’un film retrouvé ici: c’est bien une CJ-5 ! Le commentaire affirmant que l’aide à Castro provient des USA, du Venezuela et d’autres pays d’Amérique du Sud !!!

Les voitures exactes proposées
Pour le savoir, il faut fouiner. C’est au fond d’un livre « Ultimate Sacrifice: John and Robert Kennedy, the Plan for a Coup in Cuba, and the Murder of JFK » de Lamar Waldron et Thom Hartmann, que l’on trouve ce qu’a exactement vendu ou a tenté de vendre Ruby à Castro.  C’est le mercenaire Gerry Hemming qui a dévoilé le morceau. Hemming, le mercenaire vu autour du Lac Ponchartrain, près de la Nouvelle Orleans, celui du groupe Interpen, et celui aussi photographié par le Minox de… Michael Paine, rappelez-vous…. (les points commencent de plus en plus à se relier entre eux (5) !).  «Jack Ruby et McWillie et Bartone ont vendu des jeeps de type postal à Batista.  Ensuite, ils ont essayé de les vendre à Fidel.  « Il a souligné que ce nétaient pas des jeeps de combat, elles avaient été conçues pour être utilisés dans les aéroports et autres facilités ».  En ce cas, cela aurait été le modèle DJ-3A, plus léger, à moteur « classique », le L4-134 « Go Devil » Flathead, qui n’est qu’à 2 roues motrices, fabriquée à partir du modèle CJ-3A « Universal ».  Un véhicule effectivement utilisé comme véhicule de livraison, ou véhicule des postes sous le nom de « DJ3A Dispacher ».  « Puis« Jack Ruby et Bartone ont essayé de vendre des avions Globemaster (des gros avions de transport) à Cuba.  Ils pensaient que Morgan avait une influence sur Fidel et que « ce serait la façon logique de se rendre à Castro, puisque personne ne pouvait facilement obtenir un rendez-vous pour voir Castro».  Il a confirmé que «dans le penthouse du rendez-vous, il y avait Jack Ruby, McWillie et William Morgan ».  En plus de lui-même et d’un journaliste de Los Angeles.  Il a précisé que «Ruby agissait au nom de Bartone» ( cf Dominick E. Bartone qui fait déjà du trafic d’armes avec Cuba alors qu’il est le roi de la mafia de Cleveland, en Ohio).  En outre, «Bartone essayait aussi de vendre des Globemasters à [Rafael] Trujillo», le brutal dictateur de la République dominicaine (comme nous le montrons brièvement, Ruby n’était pas directement impliqué dans l’affaire de Trujillo, bien qu’un autre associé de Hoffa le soit).  Le mercenaire a déclaré que «Hoffa a été impliqué pour les frais de financement – il aurait prêté à Cuba l’argent pour acheter les avions.»  Il a également dit que «Frank Fiorini (le vrai nom de Frank Sturgis) avait traité avec Jack Ruby au sujet des avions, plus tôt. « William Morgan n’a pas réalisé que Jack Ruby et Bartone avaient déjà essayé de conclure un accord avec Fiorini. »  Si les « Dispatcher » paraissent un peu légères (mais ce sont des véhicules neufs, et non des surplus !), la vente de gros avions C-124 Globemaster, qui seront très utilisés pendant la Guerre du Vietnam, n’aurait pu se faire qu’avec l’aval de l’armée :  à l’époque il est en effet toujours en service !!!  A moins que ce ne soient plutôt des C-54 Skymaster, appelés aussi « Loadmaster » – d’ou la confusion- (dans la version Cargo) que l’on trouvait au Guatemala, déjà, et que l’on trouvait facilement d’occasion en Floride notamment comme le montre le cliché du Miami Herald  de 1957 annonçant un appareil « For Sale » pour « seulement 299 000 dollars » (ci-dessous à gauche).  « La participation avec Ruby dans un accord antérieur pour vendre des jeeps à Castro vient de loin.  La Commission Warren a sur ce point négligé le témoignage de la sœur de Jack Ruby. Quand on lui a dit « Qu’est-ce que Jack vous a dit au sujet des jeeps ? » La soeur de Ruby a répondu:  « C’était une affaire avec McWillie à l’époque et nous étions en termes amicaux « avec Castro.  La sœur de Ruby ne savait pas grand-chose sur l’affaire, seulement que cela impliquait une quantité de jeeps – «400 ou 800 jeeps, ou 80 jeeps» – et cela impliquait aussi «McWillie».  Il faut comprendre que la sœur de Ruby ne connaissait pas les détails, puisque sur Cuba, Ruby était si secret qu’il ne lui en a même pas parlé, même si elle était aussi son partenaire d’affaires pour leurs boîtes de nuit ».  Une discrétion propre aux activités de la CIA est-on tenté de dire  !  On notera surtout à quel point la Commission a minimisé le plus possible le rôle de Ruby comme marchands d’armes !!!.   « Une histoire connexe sur Ruby et les jeeps est connue de la plupart des historiens, une approche que Ruby avait faite auprès du marchand de canons Robert McKeown au début de 1959 qui impliquait de vendre des jeeps à Castro en échange de l’aide pour sortir quelqu’un de prison à Cuba. Mais et c’est souvent négligé, c’est que le marchand a témoigné sous serment et la Chambre lui a accordé l’immunité pour dire que Ruby lui a dit qu’il avait déjà les jeeps et qu’il avait juste besoin d’aide pour organiser l’affaire en obtenant une lettre d’introduction à Castro ».  Ruby se tournant alors vers William Morgan.  Morgan, rappelons-le, est un américain qui a combattu Batista, puis s’est rallié à Castro, qui le nommera « héros national » après qu’il eût dénoncé un retour des pro-batista venus de Saint-Domingue.  Mais il sera accusé plus tard, de façon fort confuse, d’être un agent de la CIA, et déclaré coupable de trahison et de conspiration (on l’accuse d’avoir provoqué l’explosion du navire français la Coubre, bourré d’armes pour les castristes) il sera condamné à mort par une cour martiale cubaine le 10 mars 1961 (en réalité, il semblait être une sorte d’idéaliste qui avait critiqué avant tout la dérive communiste de Fidel).  Résultat, Ruby ne vendait donc pas de vieux véhicules dépareillés, mais bien des modèles neufs de l’époque, que l’armée US ne possédait même pas  (6) !!!  C’était bien un trafic, mais pas de vieux matériels de guerre extraits de surplus sans valeur ou presque !!!  L’Etat US pouvait-il ignorer ces ventes de véhicules contemporains à des rebelles ???

Pouvait-il l’ignorer alors qu’il travaillait avec un présupposé espion de la CIA à la Havane même ? Alors que Kennedy allait s’appuyer plus tard sur le syndicat automobile pour aider Cuba ???   C’est tout simplement impossible !  Ruby participait bien à l’action de la CIA !  On a toujours vu Castro et les USA comme des ennemis de toujours.  On a oublié une chose : 4 mois après avoir renversé Batista, Fidel a effectué une visite à New-York, où Eisenhower l’a snobé, il est vrai, prétextant une partie de golf à ne pas rater,  le leader maximo ayant les faveurs d’être alors reçu en revanche par… Richard Nixon, pour lequel Ruby avait travaillé comme on a pu le voir !  Libéré par Batista en 1955 après sa tentative de coup d’Etat (et l’épisode raté de la Moncada), Castro vivait depuis alternativement entre Mexico et les USA.  Il fut même interviewé par Ed Sullivan, pour son show télévisé  ici à gauche) ! En 1955 toujours, on l’avait même pris en photo en train de déambuler en costume (pour une rare fois) dans Central Park !!!

 

(1) Selon Westbrook; « … [la veste] m’avait été signalée par un officier – c’est-à-dire pendant que nous passions en revue la scène dans les environs où se trouvait la fusillade, quelqu’un m’a montré une veste qui se trouvait sous une voiture et j’ai reçu la veste et ai dit à l’officier de prendre le numéro de licence « (WC Volume VII, pages 115).  Plus loin au cours de son témoignage, Westbrook a expliqué: «… un officier, je suis sûr que c’était un officier, je ne peux toujours pas être positif – m’a indiqué la veste à moi et il a été posé légèrement sous l’arrière d’une des voitures »(Ibid, page 117).

(2) selon Spartacus, Barker était lui aussi un homme important du dispositif :  « Le jour après le bombardement de Pearl Harbor, Barker est devenu le premier cubano-américain à se joindre aux forces armées américaines.  Il a reçu sa formation de base à Tampa avant de déménager à Houston, où il a finalement obtenu un diplôme de second lieutenant.  Il a volé sur des missions de patrouille sur le golfe du Mexique avant d’être envoyé à Londres pour rejoindre l’escadron 331e de la 8e Air Force.  Au cours des prochains mois, il a servi à bord d’un bombardier Flying Fortress Boeing B-17.  Lors de sa 12e mission le 2 Février 1944, sur la vallée de la Ruhr, l’avion de Barker a été touché et l’équipage a été contraints de sauter. Barker a été capturé et envoyé dans un camp de concentration appelé « Stalag Luft 1 ».  Seize mois plus tard, il a été libéré par l’Armée rouge.  Après la guerre, Barker est retourné à Cuba et a rejoint la police nationale.  Il a travaillé comme adjoint au chef de la police avec le grade de sergent.  Plus tard, il a été recruté par le Federal Bureau of Investigation (FBI) et a travaillé pour eux comme un agent infiltré. Il a aussi travaillé pour la Central Intelligence Agency (CIA).  Lorsque Fidel Castro a renversé avec succès Fulgencio Batista, Barker et sa famille ont déménagé à Miami (en janvier 1960), Barker est devenu une figure importante dans la communauté cubaine en exil.  Il est resté un agent de la CIA et a travaillé sous la direction de Frank Bender.  Plus tard, cette année-là, Barker a été affecté à travailler sous les ordres d’E. Howard Hunt.  Le nouvel emploi de Barker était de recruter des gens dans la Brigade 2506.  Ces personnes apparaissant finalement faire partie dans la  désastreuse invasion de Cuba de la baie des Cochons.  Selon le détective de Dallas Seymour Weitzman, Barker était l’homme sur le Grassy Knoll qui a montré son identification des services secrets et avait ordonné aux gens de quitter les lieux ».

(3) c’est son deuxième échec; il avait déjà échoué contre Batista  :  « Le 26 juillet 1953, un jeune avocat nommé Fidel Castro prit la tête d’une expédition armée contre la caserne Moncada, seconde forteresse militaire du pays.  Ce fut un échec sanglant.  Le consulat étasunien de Santiago de Cuba nota que « l’Armée n’avait pas fait de quartier auprès des insurgés capturés ou des simples suspects », reconnaissant les massacres commis par les soldats suite aux directives du colonel Alberto del Río Chaviano.  Il remarqua également le « nombre très faible de blessés chez les insurgés par rapport au nombre de soldats blessés. […]  Les assaillants capturés avaient été exécutés de sang froid et les assaillants blessés ont également été liquidés ».  A noter que « durant toute la dictature militaire, Batista a maintenu des relations commerciales avec Moscou, en vendant du sucre.  En 1957, le Diario de la Marina, quotidien conservateur cubain, s’était même félicité de ces ventes en notant que « le prix du sucre s’était amélioré après que l’Union soviétique eut acquis 200 000 tonnes chez nous ».  A aucun moment, Washington ne s’était inquiété des relations commerciales entre l’Union soviétique et Cuba sous la dictature de Batista.  L’histoire sera différente lorsque Fidel Castro arrivera au pouvoir ».

(4) l’histoire des Jeeps aura suivi ironiquement Castro jusqu’à sa mort, ou plutôt son enterrement.  Son urne funéraire a en effet traversé le pays, sur une remorque, attachée à une.. Jeep.  Mais pas une jeep américaine.  Une UAZ-469des commandos russes, qui n’a rien trouvé de mieux que de tomber en panne durant le dernier trajet du dictateur…

 

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (25)

 

(5) Le sulfureux Gerry Patrick Hemming :  « Après que le président Kennedy ait été assassiné en 1963, le FBI a interrogé M. Hemming comme un suspect. Les enquêteurs ont abandonné l’enquête une fois qu’ils ont appris qu’il était à Miami en prenant soin de sa femme enceinte, a dit Patricia Hemming. Mais dans les années 1970, les enquêteurs du Congrès ont interrogé M. Hemming à nouveau après qu’il ait révélé qu’il avait rencontré Lee Harvey Oswald ans avant l’assassinat. Les dossiers du FBI montrent que M. Hemming a dit aux agents en mars 1968 que quelqu’un avait offert de le payer pour tuer (Martin Luther) King. Patricia Hemming a déclaré que son mari a commencé alors avec ferveur une recherche sur les deux assassinats, en partie pour obtenir la vérité et en partie pour effacer son nom. Ces accusations étaient comme un nuage dont il voulait se débarrasser », a-t-elle dit ». Selon Wikipedia, Hemming avait semblé vouloir en dire davantage sur ce qu’il avait pu faire au nom de la CIA : »Gerry Hemming a été arrêté le 23 août 1976 pour le transfert illégal d’un silencieux et de la contrebande de drogue. Il semble que ce soit le point à partir duquel il a commencé à parler de son travail passé avec la CIA. Il a dit à un journaliste: «Tout à coup, ils m’accusent de conspiration pour importer de la marijuana et de la cocaïne. Qu’en est-il de toutes les autres choses auxquelles j’ai participé depuis 15 ans, parlons-en. Le truc de Martin Luther King, parlons-en, de Don Freed (Donald Freed, auteur) aussi, du Coubre, des « tueurs de nègres » couchant avec la Mafia, de la Mafia au lit avec le FBI, et de cette putain de la CIA au lit avec tout le monde qui m’ont déshonoré au cours de toutes ces années. »

Hemming faisant plus loin un récit effarant de ce qui aurait pu se passer à l’époque avec une CIA devenue complètement folle :

« C’était à l’automne 1970. Permettez-moi de vous expliquer un peu le contexte. Ce groupe particulier d’exilés travaillait sur une opération d’échange de matières premières en Floride. Il y a une pénurie énorme de denrées à l’intérieur de « Cubacoffee », de la farine, comme vous la nommez. L’intention originale était donc de compromettre certains des types de l’armée cubaine de Castro en leur procurant quelques gâteries de temps à autre. Il y avait un certain nombre de bateaux de pêche en provenance de la Floride et ils emportaient des marchandises de là-bas-principalement de la glace, du saindoux, des vêtements usés, des chaussures utilisées, et des choses comme ça. Une chose a mené à une autre, et un des groupes d’exilés a été absorbé par la CIA. La CIA a commencé à utiliser cette opération pour obtenir des agents à l’intérieur et à l’extérieur de Cuba. Dans de nombreux cas, ils allaient même à l’intérieur de petits ports cubains, escortés par les bateaux patrouilleurs PT de Castro. En faisant leur métier. Et en ramassant le homard. Ils pouvaient introduire ainis des agents à Cuba de cette façon, pourvu qu’ils ne nuisent pas à ce territoire. Ils ont obtenu une énorme coopération dans les ports, tant qu’ils n’allaient pas dans une opération de commando, parce que tout le monde faisait beaucoup d’argent sur ce racket de produits de base. Vers cette époque, un de mes contacts est entré dans le process. Et peu de temps après, ce groupe commence à parler à Miami de la pleine coopération de quelques types de soldats de Castro qui étaient sur le point de se voir attribuer un navire russe de patrouille de type Ossa, le genre qui porte les missiles Styx. Ils ont dit avoir également eu des contacts avec certains membres du SAM [le Missile Aérien Régional] à l’intérieur de Cuba et avec l’artillerie de la Force aérienne de Castro. Et les exilés allaient utiliser ces personnes en fabriquant ensemble un plan simultané. Tout d’abord, l’un des SAM aurait « accidentellement » frappé l’un des avions se dirigeant vers la base américaine de Guantanamo et en même temps, le complexe présidentiel sur Bay Line à Key Biscayne (celui de Nixon !) serait frappé avec quelques missiles Styx. Leur bateau de patrouille serait innocemment à trois ou quatre milles en mer – très facilement identifiable avec les marquages ​​cubains. Ils allaient s’assurer de frapper le complexe quand Nixon serait en ville. Peut-être qu’ils attendraient jusqu’à ce qu’il soit sorti dans son hélicoptère. Je ne sais pas quelle était la coordination. Je ne m’y suis pas rapproché. Mais j’ai l’impression qu’il n’y aurait pas de survivants dans le complexe présidentiel.

ARGOSY: Et ces exilés travaillaient pour la CIA ?

HEMMING: Oui, ils ont été suivis par la CIA.

ARGOSY: C’était précisément un complot d’assassinat contre Nixon ?

HEMMING: Il aurait pu se transformer en un seul. Les gens impliqués savaient qu’ils risquaient que parmi les morts il pourrait y avoir Richard M. Nixon. Il n’y avait pas d’animosité personnelle contre Nixon. Mais cela ne les dérangeait pas du tout, si c’était nécessaire. Il a été conçu comme une provocation. Et que pensez-vous que Spiro Agnew aurait fait environ six heures plus tard, en pensant que c’était une opération de Castro ?

Hemming avouera avoir travaillé pour Lucien Conein (de l’OSS, lié aux corses), déjà cité ici comme pour Mitchell Wernbell III, vétéran du bureau de l’OSS en Chine pendant la Seconde Guerre mondiale avec E. Howard Hunt, Paul Helliwell et John Singlaub et inventeur du fusil mitrailleur et pistolet du même non (le Wellrod), vu ici dans ce dossier et conseiller à la fois de Trujillo et Batista. Conein comme Werbell ayant mêlé on le sait trafic de drogue et trafic d’armes. On découvrira aussi que Gerry Patrick Hemming avait deux oncles, Robert et Art Simpson qui tous deux avaient travaillé pour John McCone, avant qu’il n’entre comme responsable à la CIA...

 

http://www.cherokee-fr.com/~jeepfamily/

le dossier de Ruby à Cuba vu en 1976 :

http://mcadams.posc.mu.edu/russ/jfkinfo/jfk8/hand.htm

sur les liaisons de Ruby comme trafiquant d’armes:

http://jfklancer.com/mobconnections.html

sur Alexander Morgan :

http://www.latinamericanstudies.org/william-morgan.htm

ici un document passionnant en forme d’examen d’étudiant sur l’étude de l’assassinat : un vrai régal avec beaucoup de sources à utiliser !!

http://www.romeroinstitute.org/wp-content/uploads/2016/05/146-Page-Syllabus.pdf

 

 

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