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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (25)

L’une des choses les plus discutées de cette journée du 22 novembre est le timing même de la journée de Lee Harvey Oswald, arrivé dès le matin comme à son habitude (récente, il a été embauché il y a peu) au dépôt de livres.  Qu’a-t-il fait après, jusque l’heure fatidique du passage de la voiture présidentielle ne peut-être que l’objet de débats.  Car, à bien y regarder, rien, absolument rien, ne prouve qu’il ait pu être présent à l’endroit dont on l’accuse, ce fameux « nid » de tireur fabriqué avec un amoncellement de cartons pour assurer un tir… délicat, car lointain et en mouvement.  Un tir effectué avec un fusil dont on ne sait toujours pas, à l’heure actuelle, qui l’avait apporté là, tant l’enquête officielle est percluse de contradictions à son sujet.  Cela, mais aussi la suite des événements en particulier, son bien étrange parcours après, émaillé par deux épisodes pendables :  la mort de l’officier de police Tipitt, mais aussi une rocambolesque histoire de veste, l’un des sommets de confusion de son dossier judiciaire interrompu, on le sait, par son décès. Retour au dépôt de livres, donc, pour commencer…

 Il n’était même pas à l’endroit du tir supposé !

Pour tirer de son « nid » de cartons, comme on l’a appelé, encore faut-il qu’il y fut présent au moment du passage de la voiture de Kennedy.  Or à l’évidence, il n’y était même pas !  Car Oswald, s’il a été vu dans le dépôt de livres à l’heure des tirs, c’est au maximum au deuxième étage et le plus souvent au premier.  Ses collègues de bureau sont formels à ce sujet.  Eddie Piper est le premier à avoir a affirmé qu’Oswald lui avait dit qu’il allait manger son déjeuner vers midi (WCHE, vol.19, p.499).  Dans une déposition  signée du lendemain de l’assassinat, Charles Givens a affirmé avoir vu Oswald vers 11 h 50 «dans la salle des dominos où les employés déjeunent ».  Un des collègues d’Oswald, James Jarman, a témoigné que le jour de l’assassinat il a fait exactement ce qu’Oswald a prétendu avoir fait; il est monté au deuxième étage à l’heure du déjeuner pour acheter un Coke, puis est descendu au premier étage (WCHE, vol.3, p.201).  La revendication d’Oswald a été corroborée par les récits de deux employés noirs qui correspondaient à ces descriptions: « James Jarman était connu sous le nom de «Junior», et Harold Norman qui était appelé par lui « le petit « short » (Jarman: WCHE, vol.3, pp.201-202, Norman: WCHE, vol. .3, p. 189-190).  Les deux hommes étaient debout devant le TSBD, attendant de voir le président.  Quand ils ont appris que le cortège avait atteint la rue principale, ils ont décidé de rentrer dans le bâtiment pour obtenir une meilleure vue.  Jarman a déclaré qu’il était debout à l’extérieur « jusqu’à environ 12h20, entre 12h20 et 12h25 ».  « Les journaux de la police signalent que le cortège roulant a traversé la rue Live Oak, à environ une minute de la rue principale, à 12 h 22 (pièce 705 de la Commission, p.72 [WCHE, vol.17, p.461]), ce qui indique que Jarman et Norman étaient entrés au TSBD au plus tôt à 12h23 (…) Oswald avait l’habitude de lire les journaux et aurait probablement vu un article dans le Dallas Morning News le 20 novembre, qui indiquait que le cortège devait arriver au Trade Mart, à cinq minutes de route d’Elm Street, À 12 h 30 (CE 1364 [WCHE, vol.22, p. 616]).  Oswald était toujours au premier étage, pas plus de deux minutes avant que Kennedy ne passât devant le bâtiment.  Si le défilé avait été tôt plutôt que tardif, l’assassin fou aurait échoué.  Aucun des employés du quatrième ou du cinquième étage n’a vu ou entendu quelqu’un monter les escaliers immédiatement avant les tirs.  James Jarman, Harold Norman et Bonnie Ray Williams ont utilisé les ascenseurs pendant cette période, mais n’ont signalé personne d’autre le faire.  Au moins trois des collègues d’Oswald l’ont vu au premier étage peu de temps après avoir commencé leur pause déjeuner vers 11h50 « :
« – Charles Givens: «Dans la matinée du 22 novembre 1963, Givens a vu Lee lire un journal dans la salle de dominos où les employés déjeunent vers 11 h 50» (CD 5, p. 329).

  • Eddie Piper vit Oswald «à 12 heures … au premier étage» (WCHE, vol.6, p.383); « À midi, ce collègue Lee me dit: « Je vais manger' » (WCHE, vol.19, p.499).
  • William Shelley: « Je me souviens de le voir quand je suis descendu déjeuner vers environ 10 minutes avant 12h » (WCHE, vol.6, p.328); « C’était 10 ou 15 minutes avant 12 … au premier étage près du téléphone » (WCHE, vol.7, p.390). 
  • Bonnie Ray Williams a affirmé avoir été au sixième étage pendant quelques minutes environ vers midi, et qu’il était la seule personne là (WCHE, vol.3, p.169) »

« La fille de l’escalier », le grain de sable oublié de la Commission Warren

Cette impossibilité, un écrivain subtil l’a bien rendue dans un excellent ouvrage, intitulé sobrement « La Fille de l’ascenseur« .  L’air de rien, ce surprenant ouvrage, en fait, disculpe complètement à lui seul Oswald.  C’est un témoignage fort, celui de la jeune employée Victoria Elizabeth Adams, présente sur place (au quatrième étage) à un endroit clé au moment des tirs et peu après.  Une jeune fille qui sera harcelée après, au point d’avoir à quitter Dallas pour se faire oublier, et qu’Ernest n’avait réussi à retrouver qu’en 2002 !!!  « L’aspect clé de son témoignage était l’escalier qu’Adams a pris, le même escalier que Lee Harvey Oswald aurait dû avoir pris pour arriver au sixième étage du dépôt (…)  Pourtant, Adams a témoigné qu’elle a vu et entendu personne d’autre dans l’escalier à l’époque.  Elle estime que le temps entre l’audition des coups de feu, en laissant la fenêtre pour aller à la tête de l’escalier, était entre 15 et 20 secondes.  Elle estime avoir pris moins d’une minute à courir dans les escaliers du quatrième étage au premier étage.  Le problème étant que Adams n’a pas vu Oswald lors de son passage dans l’escalier; elle a témoigné qu’elle n’a pas entendu quelqu’un d’autre dans l’escalier quand elle était en train de descendre vers le bas.  Le journaliste d’investigation Barry Ernest décrit dans son livre « La Fille de l’ascenseur » sa recherche de 35 ans pour trouver et interviewer Victoria Adams.  Quand il l’a finalement retrouvée en 2002, Adams a répété pour lui son histoire.  Elle a expliqué comment les divers représentants du gouvernement, et ceux du département de police de Dallas l’avaient harcelée à propos de son témoignage Elle a produit pour Ernest 1964, une lettre qu’elle avait écrite à son avocat L. Lee Rankin, l’avocat en chef de la Commission Warren, se plaignant que quelqu’un avait apporté des changements dans sa déposition, changeant sa signification.  Elle a expliqué à Ernest qu’elle a quitté Dallas après l’assassinat parce qu’elle cherchait à disparaître.  « Rappelez-vous, cependant, j’était une très jeune femme à l’époque (22 ans) et suspecté par mon gouvernement », a-t-elle dit Ernest.  « En raison des circonstances étranges et de l’actualisation de mes déclarations, mes questions multiples par divers organismes gouvernementaux et les conclusions de la Commission Warren, j’ai perdu mes croyances idéalistes dans l’intégrité de notre gouvernement.  Et j’avais peur, aussi.  J’étais une jeune femme seule, sans soutien de famille ou un ami à l’époque « .  Ernest a examiné avec son témoignage, publié dans les volumes de la Commission Warren, en insistant sur le fait que son témoignage avait été modifié.  « L’ascenseur de fret n’a pas bougé, et je n’ai pas vu quelqu’un dans l’escalier», a-t-elle insisté auprès d’Ernest.  Quand Ernest lui a demandé pourquoi la Commission Warren n’a jamais appelé à témoigner Sandra Styles, Adams a spéculé, « Rétrospectivement, je pense qu’ils ne voulaient corroborer aucune preuve. » Pourtant, le dossier est clair.  Il n’y a aucune photographie montrant Lee Harvey Oswald au sixième étage pendant l’attentat contre JFK, et il n’y a aucun témoignage de quelqu’un qui a travaillé dans le bâtiment pour suggérer qu’il était là non plus ».  Une reconstruction du déplacement prétendu d’Oswald dans l’immeuble, fait ici par Discovery, mesuré en temps précis, montre que c’était là aussi impossible à faire, en plus,  dans le temps imparti.  Physiquement impossible (il avait fallu 48 secondes à l’acteur jouant Oswald pour redescendre après avoir « tiré ») !!!  La conclusion est simple : pour réussir à tirer au 6eme étage, Oswald aurait dû être un surhomme, et pas seulement pour tirer, mais simplement pour être PRESENT, à cet endroit précis, à l’heure indiquée comme le précise ce texte teinté d’humour caustique :

« Si Oswald avait en fait tiré le président Kennedy, il devait avoir un temps occupé pendant la demi-heure ou immédiatement avant l’assassinat. Après avoir été vu sur le premier étage du TSBD peu avant la mi-journée, Oswald aurait du en effet :

  • Monter les escaliers au sixième étage pour construire « le nid » du tireur d’élite et assembler le fusil qu’il n’a pas fait entrer dans le bâtiment à l’intérieur d’un sac de papier qui était trop petit pour contenir le fusil, tout en évitant l’attention de Bonnie Ray Williams qui était en train de manger son déjeuner à quelques pieds de distance;
  • Courir au deuxième ou au premier étage pour y être vu par Carolyn Arnold.
  • Remonter au sixième étage et poser par la fenêtre si bêtement qu’il puisse être vu par Arnold Rowland en compagnie d’un autre homme non identifié.
  •  Redescendre au premier étage à temps pour voir James Harold Jarman et Norman entrer dans le bâtiment près de la salle dite « domino. »
  • Remonter au sixième étage pour tirer sur le président avec un tas de balles autour de lui, probablement disposées après l’événement.
  •  Redescendre à la salle du deuxième étage déjeuner et acheter un Coca, sans aucun doute  en ayant très soif après toute cette course »

Si l’on essaie de refaire le timing serré de LHO à l’intérieur même de la Bibliothèque, cela donne donc en effet cela :

  • « Oswald a acheté un Coca-Cola dans la salle à manger du deuxième étage.
  • Quelques instants plus tard, il a croisé Roy Truly, le superviseur du TSBD, et Marrion Baker (ici à droite), le policier à mot qui a couru dans le TSBD à peine une demi-minute après le tir.  Entre une à deux minutes après les tirs, selon Baker, il rencontrait Oswald au deuxième étage.  L’ascenseur était alors en panne.
  • Oswald est après descendu alors et est allé manger son déjeuner dans la salle dite des dominos du premier étage.
  • Enfin, Oswald a causé avec son contremaître pendant quelques minutes avant de repartir chez lui ».

A peine sorti du guêpier de la  Bibliothèque pour rentrer chez lui puis fuir vers le cinéma où il sera finalement arrêté, Oswald ajoute une autre case à l’échiquier de son mystère.  Une case vestimentaire cette fois : « Oswald ne rentra pas dans sa chambre pour ramasser une veste.  Il n’était pas obligé. Comme le disait Baker, il en portait une quand il a quitté le bâtiment.  (« Il me semblait qu’il avait une veste marron sur lui » …).  La même veste (marron) que Frazier (un de ses collègues de travail) l’a vu porter quand il l’a conduit travailler ce matin-là.  La veste que soutenait Frazier n’était ni CE 162 ni CE 163 (des numéros référant à des preuves exhibées à la Commission  Warren).  « La veste qui devait disparaître apparemment pour la remplacer par la CE 162, la veste trouvée dans le parking près de l’endroit où l’officier Tippit a été abattu.  La veste d’Oswald ? »  Car des vestes, on a trouvé au moins une de trop, là encore !!!

La Commission Warren  se prend une veste

Cette histoire de veste c’est encore une autre histoire dans l’histoire, celle de la mort de l’officier Tippit sur laquelle je ne vais pas m’appesantir.  Marina Oswald avait dit aux enquêteurs que Lee n’avait que deux vestes (le couple était plutôt pauvre) – une bleu foncé, et une gris clair.  Or au moins deux témoins à la scène du meurtre de Tippit ont décrit un tueur portant une veste « blanche ».  Une des témoins de la Commission Warren. Helen Markham, quand on lui a montré une veste plus foncée avait dit  » Non, je n’ai pas vu ça … cette veste est une veste plus foncée que celle que j’ai vue, je le sais, j’y étais. »  Même chose pour l’autre témoin, Domingo Benavides à qui on a fait le même coup et à qui on avait montré la « pièce à conviction 163 » de la Commission en lui posant la même question :  « Je dirais que cela ressemble à ça … » avait il dit.  Mais comme le remarque ici en forum un curieux  « Le problème, c’est que la pièce 163 de la Commission était la veste bleu foncé d’Oswald.  La veste grise était la pièce 162 de la Commission ».  En résumé, sans sa veste claire, Oswald est à nouveau disculpé, cette fois du meurtre de l’officier Tippit, réalisé après l’attentat, durant sa fuite.  Le hic, c’est qu’une veste correspondante a bien été retrouvée fortuitement près du cinéma de l’arrestation (où il était entré en t-shirt) :  sur un parking, jetée sous une voiture.  En somme, on avait découvert la preuve attendue de sa culpabilité !!!  Une découverte qui est en elle-même tout un sketch :  la veste a en effet été trouvée tôt;  à 13H25  sous une voiture, dans le stationnement directement derrière un Temple et une ruelle, derrière le cinéma où Oswald avait été arrêté, mais trouvée de bien singulière manière.

Apparue comme par enchantement sous une voiture !

Une veste claire qui était apparue comme par miracle en fait.  Le capitaine de police de Dallas, W.R.Westbrook l’a témoigné alors qu’il s’était dirigé  vers des maisons abandonnées:  « Je me suis dirigé vers le stationnement derrière la station-service Texaco, et un officier, je suis sûr que c’était un officier, je ne peux pas être plus certains, a dit « il y a une veste sous la voiture ! » (en somme on lui avait soufflé l’idée de l’emplacement !).  Le sergent Owens a témoigné que, lors de la scène du meurtre, un citoyen inconnu s’était approché de lui et du sergent Hill, leur disant que « l’homme armé avait «jeté sa veste» dans le stationnement » (voilà qui sonne fort le téléphoné, il me semble !).  Mais c’est encore devenu autre chose après :  Le FBI a attribué la découverte à B.M. Patterson dans un mémoire de septembre 1964 devant la Commission, peut-on lire : « Patterson a identifié Oswald et l’a également vu se défaire de sa veste de fermeture à glissière.  » Mais Warren Reynolds, qui avait ratissé le terrain avec lui quand ils ont suivi le tireur, n’a jamais mentionné cela ».  Bref, personne ne savait plus qui avait trouvé inopinément cette veste primordiale pour l’enquête !!!  On ne détient qu’une note de conversation radio de la Police, devenue « inconnu N°279 « , mais sans aucun nom associé : aujourd’hui encore on ignore qui.  A noter que ce jour-là, il y avait aussi un photographe pour prendre le policier en train de tenir à bout de bras la fameuse veste… L’assassin de Tipitt, à la veste claire, avait manifestement renseigné les policiers !  Difficile à partir de l’exemple de cette fameuse veste prise en photo comme un trophée de ne pas croire à une collusion entre la police de Dallas et les deux assassinats (1) ! 

Une veste, mais laquelle alors ?

Dans le livre « With Malice » de Dale K.Myers, cette histoire de veste montre aussi la légèreté des différents témoignages retenus après l’assassinat, mais en même temps une certitude sur la couleur de la veste que portait l’assassin du policier Tipitt :  elle était bel et bien claire !  « Bien que le souvenir de la couleur chez Earlene Roberts ait chancelé dans les mois qui ont suivi le meurtre, il convient de noter que sa déclaration initiale, faite quelques heures après l’événement, décrivait avec précision le vêtement trouvé sur le parking de Texaco.  La partie la plus cohérente de son histoire était que la veste avait une fermeture éclair sur le devant.  Cela semble avoir été la seule raison pour laquelle elle s’était bien rappelé la veste,  elle se rappelait qu’Oswald avait «fermé le devant» en partant.  La majorité des témoins oculaires des tirs sur Tippit ont décrit la veste du tueur comme de couleur claire, bien qu’il y ait eu un désaccord général sur la teinte particulière.  Le chauffeur de taxi William Scoggins s’est souvenu que la veste était «bleu-clair».  Virginia Davis a dit aux enquêteurs que le tueur portait une veste «couleur bronze clair».  Sa belle-sœur, Barbara J. Davis, a dit aux autorités que le tueur portait une «veste de sport sombre».  Domingo Benavides a dit que la veste était un « beige clair », puis a identifié la veste bleu foncé trouvée dans le dépôt comme celle que le tueur portait.  Jack Tatum a rappelé la veste comme « de couleur claire.  » Bill Smith a d’abord déclaré que la veste était «brun clair», puis a identifié la veste grise trouvée dans le stationnement comme celui que portait le suspect.  Jimmy Burt a dit que la veste était «de couleur pâle».  Ted Callaway a correctement décrit la veste à quelques minutes de la prise de vue comme un «gris clair-Eisenhower».  Il a réaffirmé cette description en disant à la Commission que la veste était «de couleur gris léger».  En fin de compte, deux choses restent certaines.  Il ressort du témoignage de Mme Earlene Robert que Oswald portait une veste quand il a quitté sa chambre de Nord Beckley.  Trente minutes plus tard, Oswald a été vu debout devant Hardy’s Shoe Store sur West Jefferson sans une veste, le bout de sa chemise sorti. Si Oswald n’a pas tué Tippit, qu’est-il arrivé à sa veste ?  La réponse, il s’avère, a été enterrée dans une pile de rapports du FBI ».

L’étonnante veste trouvée et envoyée au FBI et qui mène à autre chose

Tout l’histoire de timing raté du TBSD n’a pas semblé encore suffisante pour charger Oswald.  Il est temps alors de faire entrer un autre personnage, qui tombe à pic, puisqu’il colmate les brèches du scénario en train déjà de s’effriter, en revenant, quel hasard à cette histoire de veste qui semblait déjà bien mal partie.  Place donc à Franklin « Frankie » Kaiser, qui se déclare « employé de la Bibliothèque ».  Celui-là est un autre phénomène, puisqu’il a trouvé à lui tout seul pas moins de deux éléments pour charger davantage la mule Oswald.  A savoir…  l’une des fameuses vestes, décrite comme ayant appartenu à Oswald, et fondamentale donc pour l’accuser ou non d’avoir tué Tippit;  mais aussi une planche utilisée par Oswald pour remplir des commandes de livres scolaires, retrouvée, oh miracle, au 6eme étage et non au second !!!  Or ce Kaiser a joué un autre rôle, à l’évidence.  « Ce qui rend la découverte de la veste d’autant plus bizarre est le fait qu’il y a deux rapports distincts du FBI qui fournissent des dates différentes pour la découverte de la veste ! »  Dans un rapport l’agent du FBI Kenneth B. Jackson écrit que la veste a été découverte au TSBD environ le 16 décembre 1963.  Donc non seulement devons-nous croire que contre toutes les chances Kaiser a trouvé à la fois la veste et le presse-papiers, mais qu’il lui a également pris près de quatre semaines pour trouver la veste.  A supposer que Kaiser était absent du TSBD le jour de l’assassinat, et est seulement retourné au travail le lundi suivant l’assassinat selon son témoignage, mais sûrement lui ou un autre employé aurait pu le trouver beaucoup plus tôt que  le 16 décembre 1963.  Cela nous amène maintenant au deuxième rapport du FBI sur la « découverte » de la veste.  Dans son rapport du 3 juillet 1964, l’agent du FBI Robert Barrett écrit que Roy Truly, le surintendant du TSBD, a reçu une veste par un employé dont il ne pouvait se souvenir;  trois à quatre jours après le 22 décembre 63  – et non le 16 décembre 63 selon le rapport de Kenneth Jackson, écrit un mois auparavant ».  L’expéditeur de la veste était bien Kaiser.  Bien entendu, la veste était de couleur… bleu foncé.  C’est ce qu’il confirmera à la Commission en confirmant que c’était bien celle qu’il avait trouvée.  On comprend le but de la découverte : si la bleue provenait du TSBD, et que c’était une des deux vestes d’Oswald et qu’elle y était restée « cachée », ce même Oswald ne pouvait donc plus que porter la grise, et donc ne pouvait qu’être l’assassin de Tipitt !!!  Avouez que tout ça sent aussi très fort le téléphoné !!!

Retour à la case MK/Ultra ?

Le témoignage de Kaiser était fort, car il travaillait lui aussi à la Bibliothèque.  Mais on découvrira bien tardivement que son travail était disons… spécial.  « Frankie Kaiser a témoigné devant la Commission Warren qu’il travaillait au TSBD comme coursier et chauffeur de camion.  Quand on lui a demandé la date à laquelle il a commencé à travailler pour le TSBD, Kaiser a affirmé qu’il y était depuis le 24 août 1962.  Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il était absent du travail le jour de l’assassinat, Kaiser a témoigné qu’il était au collège dentaire de Baylor pour une dent avariée.  Comme l’a souligné le chercheur Bill Kelly, le Collège dentaire Baylor est l’endroit où George Bouhe a organisé le travail dentaire de Marina Oswald, peu de temps après son arrivée de l’Union soviétique avec son mari.  Sur une note beaucoup plus sinistre, la clinique médicale de Baylor a reçu des centaines de milliers de dollars en fonds de l’armée et de la CIA pour le programme de recherche de contrôle de l’esprit du nom de MK / ULTRA de 1963 à 1965″ Etrange coïncidence en effet.  Et drôle d’environnement de « formation »… nous revoici dans « I comme Icare » !!! Car si l’on regarde bien la photo de l’arrestation d’Oswald, entre le policier C.T. Walker et l’homme au cigare, à savoir le détective Paul Bentley, on ne peut que constater simplement une chose :  il porte bien une chemise au dessus d’un t-shirt… mais elle est  ni grise ni bleue, elle est… marron, comme celle qu’il portait le matin !

 

La planque du magasin de chaussures

En tirant sur l’écheveau de cette histoire de veste, notre curieux à dévidé de drôles de ficelles remontant très haut, en fait (..) « William Lowery est une personne intéressante pour plusieurs raisons.  Le 26 septembre 63, Lowery avait fait les manchettes en se faisant passer pour un «espion» du FBI.  Environ trois jours auparavant lorsqu’il a témoigné lors d’une audience ouverte du ministère de la Justice à Washington:  Le jour de l’assassinat, Lowery était employé comme le directeur d’un magasin de chaussure sur 620 West Jefferson Street appelé « le refuge de chaussure » ; à environ trois pâtés de maisons à l’ouest du magasin de chaussures Hardy où le directeur, Johnny Calvin Brewer, avait prétendument repéré Oswald à l’extérieur de son magasin ; et l’avait trouvé « bizarre et effrayé », puis l’aurait suivi jusqu’au Texas Theatre, après quoi on nous dit que le caissier du théâtre, Julia Postal, avait téléphoné à la DPD ce qui mènera à son arrestation… En dépit d’avoir été crédité comme l’homme qui a mené à la capture de l’accusé meurtrier du président des États-Unis, Brewer (et Postal pour cette question) n’ont pas été convoqués par le DPD pour fournir un témoignage signé  le jour de l’assassinat.  Les témoins de l’assassinat du président ont donné des déclarations sous serment aux autorités le même jour, mais Brewer a fourni un déposition le 6 décembre 63 seulement, – deux semaines entières après l’assassinat !  Au cours d’une entrevue avec le chercheur Ian Griggs, Brewer a prétendu que lorsqu’il aurait manqué Oswald à l’extérieur de son magasin, il y avait deux hommes avec lui dans le magasin qui auraient été de chez IBM.  Toutefois, Brewer n’a fait aucune mention de ces hommes dans sa déposition dans son entretien avec le FBI et lors de son témoignage à la Commission Warren. Lee Farley a fait valoir que l’un de ces soi-disant hommes d’IBM était Igor Vaganov, celui qui était soupçonné d’être impliqué dans le meurtre de l’agent de DPD J.D Tippit.  Les lecteurs intéressés peuvent lire le travail de M. Farley sur Vaganov en cliquant ici. »

Les  « points connectés » avec les fameux époux Paine

Mais il y a mieux encore, car on découvre (enfin) le rôle exact qu’ont joué les fameux époux Paine dans l’affaire (les fameux hébergeurs d’Oswald) : « Il y a une autre connexion indirecte intéressante entre Lowery et Brewer.  Comme l’a noté Lee Farley, en août 1962, Lowery et le reste des membres du Parti communiste américain à Dallas faisaient la promotion de l’idée d’établir davantage leurs liens avec l’Union américaine des libertés civiles.  Le lecteur doit noter que Ruth et Michael Paine, tous deux suspects, étaient membres de l’ACLU (alors qu’ils étaient de la CIA : les deux preuves vivantes en fait que le projet Mockingbird était déjà bien en place !).  Bien qu’Oswald ait prétendument demandé son adhésion à l’ACLU, Greg Parker m’a informé qu’Oswald était en fait un membre du syndicat des libertés civiles de Dallas – un affilié de l’ACLU.  Il est hors de portée de cet essai de discuter des liens d’intelligence d’Oswald et de Paine.  Cependant, leur présence dans l’ACLU est compréhensible étant donné que le parti communiste essayait d’établir des liens plus étroits avec eux.  Tout à fait par hasard, John Brewer témoignera devant la Commission Warren qu’il était allé travailler comme gérant du magasin de chaussures de Hardy en août 1962.  Ces coïncidences m’ont amené à spéculer que Brewer pouvait aussi avoir été un informateur du FBI, travaillant aux côtés de William Lowery dans l’infiltration des organisations communistes et de l’ACLU.  Si Brewer (ici à droite) était en fait un informateur du FBI, sa volonté de coopérer avec le DPD et le FBI pour assurer qu’Oswald était l’homme qui a tiré à la fois sur le président et l’agent J.D Tippit me paraît parfaitement logique.  Un dernier point que je voudrais dire est que Lowey a prétendu que son contrôle du FBI à Dallas n’était autre que James P. Hosty !  » Il y a un dernier point important que je voudrais faire.  Si Kaiser était un informateur du FBI, il n’y a aucune chance sur terre que J. Edgar Hoover aurait admis ceci, car ce serait un grave embarras pour lui et le FBI que l’un de leurs propres informateurs ait été employé dans le même bâtiment où Oswald, l’homme arrêté et accusé par le DPD pour avoir assassiné le président, avait également été employé.  Je doute que même les défenseurs les plus ardents de la Commission du FBI et de Warren seraient honnêtement en désaccord avec ce point de vue ».  On ne peut être plus clair :  Hoover avait donc « planté » des hommes à lui dans la Bibliothèque.  Et certainement pas pour aller se prendre un Coca au deuxième étage du bâtîment !!!  S’il y a bien complot, on en a la preuve avec l’implantation d’hommes du FBI au sein même de la Bibliothèque !!!

Fusil inutilisable, timing démentiel et port de la mauvaise veste pour un suspect « idéal » ?

 

« Lee Harvey Oswald n’a donc pas porté le Ce163 (la veste bleue foncée) au TSBD le matin de l’assassinat.  Au lieu de cela, Oswald portait une veste en laine de flanelle comme Buell Wesley Frazier en a témoigné (on montrera un Oswald en chemise marron, rappelons-le, dans les couloirs de la police de Dallas – ici à gauche- et non en veste).  Cette veste a été découverte trois à quatre jours après l’assassinat (selon le rapport de SA Robert Barrett) à l’intérieur de la salle Domino par un employé non identifié.  La veste était alors destinée à disparaître; et l’identité de l’employé qui l’avait trouvée dissimulée ».  Cette idée est aussi reprise par James H. Fetzer dans « Murder in Dealey Plaza: What We Know that We Didn’t Know Then about the death of JFK) « : selon l’auteur, je cite, « ils ont trouvé une veste bleu foncé de type « Sir Jac » au TSBD :  cette veste n’a jamais été réclamée par quiconque ».  Après que Earlene Roberts ait décrit la veste qu’Oswald portait quand il a quitté 1026 Nord Beckley comme étant « de couleur foncée » ?? aux agents du Service secret William Carter et Arthur Blake dans sa déposition devant eux le 5 décembre 1963, les autorités ont conspiré pour la discréditer en simulant la découverte de Ce163 le 16 décembre 1963 par Frankie Kaiser au TSBD. »  Sans aucun doute, l’incapacité de Roberts à identifier Ce162 (la veste gris clair) comme la veste qu’elle avait vu Oswald porter était un problème pour l’histoire d’Oswald tirant contre l’officier J.D Tippit.  Comme elle était le seul témoin qui ait vu positivement Oswald (et pas quelqu’un d’autre) avec une veste à fermeture à glissière, une veste à glissière a été jeté au stationnement derrière la station-service Texaco.  Les défenseurs de la Commission Warren se moqueront évidemment de toute idée selon laquelle les autorités seraient à l’origine d’Oswald pour l’assassinat du président et de J.D Tippit.  Cependant, considérez qu’avec le président des États-Unis, arrogant et brutalement abattu en pleine vue du public et en plein jour et avec le monde entier attendant anxieusement pour savoir qui était responsable et avec la possibilité d’une guerre nucléaire à la suite de l’assassinat, le DPD et le FBI auraient sans doute été soumis à une forte pression pour trouver les responsables.  Le DPD du Texas avait arrêté Oswald au Texas Theatre après avoir quitté le TSBD – le même endroit où ils avaient découvert le fusil et les douilles de balles utilisées.  Ils avaient donc ainsi un suspect viable pour l’assassinat ».  Un suspect fabriqué de toutes pièces !

Une mise en scène à tous les étages
Pour tirer sur Kennedy, comme on en accuse Oswald, ce dernier a dû apporter son arme au sein même du 6 éme étage de la Bibliothèque.  S’ouvre un nouveau chapitre de la fabrication d’un assassin avec l’épisode des « barres à rideau ».  Au travail, Oswald a un collègue appelé Buell Frazier.  Son témoignage est très intéressant; mais la manipulation de ses dires encore davantage.  Commençons par son témoignage, résumé ici :  « Oswald avait également posé un long paquet sur le siège arrière de sa Chevy.  «J’ai remarqué le colis tout de suite et ai demandé à Lee ce que c’était», a déclaré Buell. – Il m’a dit qu’il s’agissait de tringles à rideaux.  «La veille, il avait dit qu’il recevait des barres de rideau pour la chambre dans laquelle il demeurait à Dallas pendant la semaine où il travaillait.  «J’avais l’habitude de rentrer à la maison chaque jour, mais je suis resté dans une maison d’hébergement.  Je ne pensais plus à ce qu’il avait apporté et nous sommes allés travailler comme d’habitude.  «Tout ce que je me souviens vraiment de ce matin, c’est qu’il y avait une légère bruine et j’ai dû continuer à mettre les essuie-glaces.  Buell a déclaré qu’Oswald était «tranquille» pendant les 20 minutes en voiture et personne n’a mentionné la visite du président Kennedy à Dallas.  Au dépôt de livres Oswald, âgé de 22 ans, se précipita à l’intérieur avec le paquet plié sous son bras.  Buell dira plus tard à la Commission Warren, mise en place pour enquêter sur le tir, qu’il ne pensait pas que le paquet de papier brun était assez long pour être un fusil ».  Ce témoignage est crucial, car il laisserait entendre qu’Oswald avait bien apporté dès le matin « son » propre Carcano sur place.  Mais deux failles subsistent :  la première sur la nature du « paquet », ou plutôt de son emballage, la seconde sur la longueur.  Sur cette dernière Buell le dira à plusieurs reprises, Oswald pouvait le tenir sous l’aisselle par le bas du paquet.  Vérification faite, c’est plus court qu’un Carcano, même démonté en deux parties (cf photo ci-dessous à gauche).

Coup de barre sur l’enquête

Ça coince déjà, donc.  La deuxième est sur le fait que nulle part Frazier n’ait parlé de paquet fabriqué avec du papier… sauf pendant la Commission Warren, où on avait montré une longue enveloppe de papier, photographiée tenue à bout de bras devant le TSBD…  exactement comme le blouson gris tenu en trophée par l’officier de police de Dallas Montgomery.  Le sac deviendra le Commission Exhibit 142.  Le policier Craig, qui était monté jusqu’au 6eme étage juste après l’attentat, a toujours affirmé n’avoir jamais vu ce sac sur place, même après avoir inspecté tout l’étage. Quand on vérifiera ce que prend comme place un Carcano démonté on s’apercevra qu’en effet ça ne pouvait pas être tenu par le bas en le calant sous l’aisselle (photo ci-contre à gauche), et qu’en plus cela laissait des plis bien différents des plis transversaux restés bien visibles montrés par Montgomery...  le sac sera mesuré à 38 pouces, pour un fusil censé en faire 40, on le rappelle… (la publicité de Klein parlait d’un 36 pouces mais ce sont des 40 qui ont été livrés, et c’est un 40 pouces qui a été montré sur la photo « backyard » de LIFE).  Quand bien même Oswald aurait amené son fusil dans l’établissement, il reste le problème de où le remonter, et de régler à nouveau sa lunette, à l’abri des regards des employés de la Bibliothèque, pour en faire une arme pleinement efficace.  Autre problème; comme le policier Craig (voir épisodes précédents), le caméraman, Tom Alyea arrivé au sixième étage bien avant que le fusil ait été trouvé avait filmé l’inspecteur Fritz et d’autres policiers se tenant  debout autour de l’endroit  où avait agi le tireur d’élite pour y découvrir caché dans une rangée de paquets le fusil, la découverte du fusil, la recherche d’empreintes visuellement dessus;  le sac du déjeuner et la bouteille de Dr. Pepper trouvée à côté du sac du déjeuner, mais sans voir de sac de papier, alors que Mongotmery avait affirmé qu’il l’avait trouvé à cet endroit.  Et comme ça ne suffisait pas encore, on a donc montré au grand public une émission dans laquelle on avait fait témoigner Buell Frazier.  Regardez-là bien, car, musique de série télévisée comprise, c’est un vrai chef d’œuvre de… manipulation des esprits.  Frazier s’était-il rendu compte lors de ce tournage qu’il se faisait manipuler ???  Aujourd’hui, il témoigne en tout cas… de l’innocence d’Oswald !  (on peut entendre ici Frazier, plusieurs décennies après, raconter à nouveau l’arrivée des « barres à rideau ».  Pour lui, il n’y avait aucun doute, ce n’était pas un fusil dissimulé dedans.  Frazier incrimine aussi dans le même reportage les « méthodes de cow-boy » du capitaine Fritz, qui aurait voulu forcer physiquement Frazier, en le menaçant, à déposer qu’il faisait lui aussi partie de l’assassinat !  Il insiste aussi sur les manipulations de la Commission Warren, pour déformer ses dépositions.  « Il n’y avait pas de fusil », répète-t-il !!!  

Et les fameuses barres à rideau, alors ?

Si Oswald ne transportait pas de fusil mais bien des barres à rideau en ce matin du 22 novembre, on aurait bien du les retrouver, ces fameux engins.  Car c’est un vrai casse-tête que ces bidules, en effet. D’abord, Oswald a menti :  dans son minuscule appartement du 1026 N. Beckley il y en avait déjà, des rideaux d’accrochés.  Il mentira une deuxième fois au Commissariat en affirmant qu’avec Frazier il n’avait pas parlé de rideaux et de barres, ce qui était faux aussi.  Plus compliqué encore : aucune barre à rideaux n’a jamais été retrouvée au dépôt de livres où il est censé les avoir apportées, et quand Oswald est parti du bâtiment, il n’en a avait repris aucune aussi avec lui.  Bref, on n’a jamais retrouvé ces fameuses barres ni d’explication plausible soit à leur arrivée soit à leur enlèvement du dépôt de livre.  Mais au final, on en a bien retrouvé, pourtant, des barres à rideaux. Exactement de la taille de celles portées sous le bras, bloquées par l’aisselle de Lee Harvey, au matin du 22 novembre, devant son copain Frazier !!!  C’est l’épluchage des artefacts montrés lors de la commission Warren (devenus « Warren Commission Exhibit #2640« ) en plus, qui nous les montre même en photo.  Et elles étaient où, ou plutôt la police de Dallas les a retrouvées où, ces fameux témoins d’une belle fabrication encore une fois?  Je vous le donne en mille : « dans le garage de Ruth Paine » !!!  Bien sûr, est-on fort tenté de dire !!!  Mieux encore : on montrera deux photos de ces barres:  L’une en couleur, une fois réunies ensemble (pour le transport, avec « joint » de carton ?) et une autre en blanc prêtes à être installées, séparées (« exhibit 276 »).  Sur la photo couleur, une gamme de référence en donne la taille approximative : entre 27 et 28 pouces maxi.  « Le Mannlicher Carcano, CE 139, aurait mesuré 40,2 pouces de longueur dans son état assemblé.  Lorsqu’il est démonté, sa plus longue composante, le morceau de bois, est de 34,8 pouces de long » peut-on lire ici.  On est encore loin des barres à rideaux !  Et quand bien même il n’aurait pas s’agit de barres, il reste un autre problème de taille :  le remontage, fastidieux, du Carcano.  Le spécialiste du démontage-remontage de l’arme qui le dit ici ajoute autre chose :  « je reste convaincu que Lee Harvey Oswald avait ni le temps, ni la place, ni les conditions pour rassembler à tout moment pendant la durée des 4h 1/2 entre son arrivée au Texas School Book Depository à environ 08h 00 et le moment, qu’il aurait utilisé pour tuer le 35eme Président des États-Unis à 12h30. » (ici en vidéo le mécanisme de « remontée » successive des balles grâce au fameux clip de chargement).

Un fusil sans munitions ?

Un autre point est passé inaperçu dans le flot d’informations de la Commission Warren : quand bien même il avait acheté chez Klein un Carcano (sous le nom d’emprunt de Hidell, une création fort récente comme on vient de le voir)… Oswald n’a jamais acheté de munitions pour son fusil, et ça aussi c’est tout simplement sidérant.  La Commission Warren n’a en effet pas pas pu prouver que Lee Harvey Oswald ait jamais acheté des munitions de 6,5 mm pour son Manlicher-Carcano.  Aucune munition n’a jamais été trouvée sur sa personne ou parmi ses effets qui ont été fouillés et ont tous été confisqués le 22 Novembre, 1963.  En somme, il aurait acheté un fusil, sous un faux nom mais n’aurait pas pensé à se munir de balles pour tirer avec !  Un fusil acheté 19,95 dollars et envoyé à une boîte postale (P.O. BOX, 2915, Dallas)

L’incroyable déposition laissée de côté

A relire les dépositions de la Commission Warren, on tombe de haut très souvent.  L’une d’entre elles laisse pantois.  C’est celle réalisée le 14 mai 1964, par Mr. Joseph A. Ball, un assistant du président de la commission Warren.  C’est un dénommé Warren Caster qui parle.  Auparavant il avait été contacté par l’Agent spécial E.J. Robertson, du FBI de Dallas.  Il est directeur-adjoint de Southwestern Publishing Co., une société d’éditions d’ouvrages scolaires, ayant ses bureaux à 411 Elm Street à savoir dans la Bibliothèque même, au deuxième étage.  Et ce qu’il raconte est tout bonnement sidérant :  deux jours à peine avant le meurtre, il avait lui-même introduit un fusil de chasse au cerf dans l’établissement !!!  Un Mauser (comme celui-ci ci-dessous à droite) !!!  L’arme avait été vue par plusieurs personnes !

M. BALL. Avez-vous jamais apporté des armes à feu dans le bâtiment de dépôt de livres scolaires?
M. CASTER. Oui; J’ai fait.
M. BALL. Quand ?
M. CASTER. Je crois que c’était le mercredi 20 novembre, pendant l’heure du midi.
M. BALL. De qui étaient-ils ?
M. CASTER. C’étaient mes armes.
M. BALL. Et quel genre d’armes étaient-elles ?
M. CASTER. Un des fusils était un Remington, simple-shot, fusil de calibre .22, et l’autre était un « sporterized Mauser .30-06 » .
M. BALL. A qui appartenaient-elles ?
M. CASTER. Je venais de les acheter pendant l’heure du midi ce jour-là.
M. BALL. Eh bien, dites-nous à ce sujet — quelles étaient les circonstances de l’achat ?
M. CASTER. Eh bien, j’ai quitté le Dépôt pendant l’heure du midi, j’ai déjeuné et, pendant l’heure du déjeuner, je me suis arrêté au département des articles de sport de Sanger-Harris pour chercher un fusil pour l’anniversaire de mon fils — je vous demande pardon, pour son cadeau de Noël – , et pendant que j’étais là, j’ai acheté ce single-shot .22,  et en même temps, je regardais des fusils pour la chasse au cerf.  J’avais, oh, pendant plusieurs années pensé à acheter un fusil pour chasse au cerf et ils ont réussi à en avoir un que j’aimais et j’ai acheté le .30-06 pendant que j’étais là.
M. BALL. Et les ont-ils rangés ?
M. CASTER. Ils étaient dans des cartons; Oui.
M. BALL. Et puis vous êtes retourné au travail, je suppose ?
M. CASTER. Oui; J’ai pris les deux fusils dans des cartons juste comme ils étaient, c’était pendant l’heure du midi et comme je suis entré dans le Texas School Book Dépôt bâtiment sur mon chemin vers le bureau d’achat, j’ai arrêté par le bureau de M. Truly et pendant que j’étais là, nous avons examiné les deux fusils que j’avais achetés.
M. BALL. Les avez-vous sortis de leur emballage ?
M. CASTER. Oui; Je l’ai fait.
M. BALL. Qui était là en plus de vous et de M. Truly?
M. CASTER. Eh bien, je ne sais pas vraiment qui était là.  Je pense que, Bill, et M. Shelley était là … et M. Roy Truly.  Les seules personnes que je connais, en tout cas, étaient là;  Il y avait des ouvriers à l’époque, mais je ne sais pas combien.  Je ne pouvais même pas vous dire leurs noms.  Je ne connais pas les gens du Texas School Book là-bas dans les autres départements.
M. BALL. Dans ce bureau, cependant, le bureau de Truly, combien étaient-ils?
M. CASTER. Nous n’étions pas dans le bureau immédiat de M. Truly, nous étions juste là au comptoir.
M. BALL. Qu’est-ce que vous avez fait avec les armes?
M. CASTER. Je les ai remises dans le carton et les ai emmenées dans mon bureau.

M. BALL. Et qu’avez-vous fait avec eux après ça?
M. CASTER. Je suis parti à la fin de la journée de travail, oh, vers 4 heures et j’ai pris les fusils dans les cartons et les ai portés et mis dans ma voiture et les ai apportés à la maison.
M. BALL. Les avez-vous jamais retournés au Texas School Book Depository Building par la suite?
M. CASTER. Ils n’ont jamais été de retour au Texas School Book Depository Building depuis lors.
M. BALL. Où étaient ces armes le 22 novembre 1963?
M. CASTER. Les fusils étaient dans ma maison, 3338 Merrell Road.

 

Quand la police de Dallas s’y met aussi


Ok, le fusil était resté  à la maison.  Mais quid alors de cette image de Will Fritz avec Elmer Boyd ce dernier sortant de la Bibliothèque de Dallas en tenant à pleine main droite un fusil lui ressemblant comme deux gouttes d’eau, et en tout cas pas un Carcano (à droite l’agrandissement; ci-dessous une Winchester 54 « Featherweight », ici la Feaherweight 70) ???

L’arme à bout de bras ressemble assez à une Winchester 54, celle qui deviendra la 70 et dont la publicité en faisait une arme redoutable tueuse… d’élans.   Beaucoup d’armes ont circulé à la Bibliothèque, visiblement  !!!  Rappelons que ce jour-là plusieurs témoins avaient vu un « long canon », décrit comme étant parfois « un long tube », émerger du 6e étage… à deux endroits différents.  Or la fameuse Winchester présente cette particularité évidente d’avoir un long canon lisse, et elle était bien l’une des armes préférées des chasseurs de cerfs ou d’élans (et l’est encore).  Le même agent Boyd répétera que lors de ces interrogatoires, Oswald avait clamé n’avoir tué personne :  « Il a dit  » je n’ai tiré sur personne ».  « Ils essayent de faire de moi un patsy (pigeon) ».  Le pigeon d’un safari ?

Rentrés avec deux, sortis avec un seul !

Plus fort encore : ça, c’est le cliché de la sortie, donc, de l’ineffable Fritz et et de son compère Boyd.  Car avant de redescendre les étages de la Bibliothèque, ils y étaient bien sûrs montés.  Oui mais voilà : pas de la même façon, ou plutôt pas avec le même équipement).  Ils revenaient de Parkland, avec Sims et George Lumpkin (qui était avec Billy L. Senkel et F.M. Turner,  le Col. Whitmeyer du 488th Military Intelligence Detachment et Jack Puterbaugh.  Or en les regardant monter, dans un film 8mm tourné ce jour-là, on découvre qu’ils le font en tenant deux fusils au total à la main. mais qu’ils sont redescendus avec un seul seulement, Fritz ayant « abandonné » le sien quelque part dans l’immeuble !  Un fusil qui lui aussi semble bien être une Winchester 54 et non un Carcano.  C’est simple : ce n’était plus un dépôt de livres, mais de fusils, sur Dealey Plaza, ce jour-là !!!

 

(1) Ci- dessous résumé « gouvernemental » des événements.

https://www.archives.gov/research/jfk/warren-commission-report/chapter-1.html

Les pages 6 et 7 indiquent en tout cas clairement ce qu’a fait Oswald entre le TBSD et son entrée dans le cinéma« Après avoir passé Scoggins, le tireur a traversé sur le côté ouest de Patton Avenue et a couru vers le sud vers Jefferson Boulevard, une artère principale Oak Cliff.  Sur le côté est de Patton, entre l0e Street et Jefferson Boulevard, Ted Callaway, un vendeur de voitures d’occasion, a entendu les coups de feu et a couru sur le trottoir.  Comme l’homme avec le pistolet se précipita, Callaway a crié « Que se passe-t-il? »  Simplement l’homme a haussé les épaules, s’est dirigé vers Jefferson Boulevard et a tourné à droite.  Sur le coin suivant était une station d’essence avec beaucoup de stationnement à l’arrière. L’assaillant a couru dans le parking, a jeté sa veste et a ensuite continué son parcours vers l’ouest sur Jefferson ».  On notera la thèse officielle comme quoi il aurait jeté sa veste dans le parking… ce que personne ne le lui a vu faire ! 

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (24)

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