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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (24)

Pour fabriquer cet assassin, tout a été bon.  On a vu déjà ses pérégrinations en URSS, pour lui assurer un passif de supporter présentable des idées communistes.  Il y avait été envoyé, on l’a vu, pour espionner en matériel électronique (du moins le lui avait-on fait miroiter).  Reste à le positionner à un endroit particulier, lui faire croire à une mission quelconque nécessitant sa présence et le piéger une fois l’attentat réussi.  Manque de chance pour ce beau scénario, on montre assez facilement que Lee Harvey Oswald était dans l’incapacité de réaliser ce dont on l’avait accusé.  Sur plusieurs points l’accusation pèche en effet.  L’arme tout d’abord, pour y revenir, mais aussi le lieu et surtout le timing dans le lieu :  à moins d’avoir des dons d’ubiquité, Oswald n’a pas pu faire ce qu’on lui a reproché dans le temps qu’on a déterminé (après coup) de sa présence dans la Bibliothèque, comme ce qui est du meurtre de Tipitt, sur lequel bien des doutes subsistent.  Oswald est arrêté dans un cinéma dans des circonstances rocambolesques, preuve que le complot avait été mûri bien avant, et depuis longtemps, pour n’obtenir que lui comme auteur du crime :  on a disséminé de fausses preuves l’accusant, comme on va le voir aujourd’hui (1).

Une lunette de visée plus handicapante qu’autre chose

Pour ce qui est du fusil, ou plutôt de son tireur, il faut rappeler qu’Oswald n’avait pas une bonne réputation dans le domaine.  Allison Folsom, l’officier du Corps des Marines qui l’avait formé, amené devant la Commission Warren pour parler d’Oswald, a déclaré qu’il était plutôt un tireur moyen :  « Il est sorti du cercle trois fois, ce qui n’est pas bon.  Ils devaient être en mesure de garder les 10 coups dans les quatre anneaux »… Au total, il avait obtenu 2 points de plus que le minimum pour être reconnu tireur qualifié :  212 sur 212 !!!  Pour Folsom, « il n’était pas un tireur particulièrement remarquable » .  Sur la base d’El Toro, il avait indiqué sur son carnet « M-1 rifle on a course designated « FAM :  il avait seulement été initié au tir du M-1 (fam signifiant « familiarization » !)  »  » Folsom était même allé plus loin, en ajoutant « qu’en raison de son inactivité au tir, il y avait des raisons de croire que les compétences d’Oswald s’étaient encore dépréciées depuis ».  Pire encore dans le livret de bord de Marine Corps d’Oswald, référencé CE 239, qui indique qu’il n’avait reçu une formation pour tirer sur des cibles stationnaires, jamais en élévation et encore moins en mouvement.  Ce qui est tout autre chose, tout tireur  de ball-trap vous le dira.  Le blog ajoute finement que « la difficulté de tirer sur une cible en mouvement est confirmée par le livre de 2007, To Be a Military Sniper, qui note que «engager une cible mobile est une compétence qui ne peut être développée et maintenue que par la pratique constante».  Non seulement Oswald n’avait jamais reçu de formation de tireur d’élite, mais la Commission Warren n’a trouvé aucune preuve que Oswald ait JAMAIS tiré au fusil sur une cible en mouvement ».   Car en tirant d’où il était installé et en faisant mouche en pleine tête, il a réussi une prouesse que peu de tireurs d’élite auraient réussi à faire… avec une arme à lunette et à réticule.  Car si cette dernière se montre utile pour un tir, sur le fusil utilisé, elle ne l’est pas pour plusieurs consécutifs, ou des experts sont venus dire qu’il aurait été plus aisé de tirer sans, étant donné la nécessité à remettre au point entre les recharges et l’absorption du recul entre chaque tir.  Sur un forum évoquant le Carcano, un intervenant ne dit pas autre chose : « de part le principe une lunette de visée est utile pour un cible disons… fixe si celle-ci est relativement éloignée, par contre c’est beaucoup plus problématique pour un tir sur cible mouvante.  Je sais  aussi qu’il est quasi impossible, même pour des tireurs chevronnés, de suivre une cible (mouvante) dans sa lunette de tir à moins de 100 m, le reste c’est du folklore cinématographique, rappelez-vous quand vous allez à la fête foraine du coin tirer sur des ballons qui bougent dans tous les sens:  deux méthodes : ou bien on attend que le ballon soit immobilisé et là il y a peu de risque de louper sa cible, ou on le tire en suivant ses mouvements, et là c’est beaucoup plus dur.  La lunette de tir c’est un accessoire d’embuscade, le tireur se place à l’endroit le plus adéquat possible, (confort, furtivité ) puis il attend que la cible se présente alors le stress, la cible en mouvement, une arme a verrou manuel, non… LHO n’a pas pu tirer 3 fois en 6 secondes et toucher 2 fois »….

Impossible de tirer correctement avec ce matériel

Impossible en effet, car la lunette lui crée un champ de vision bien trop étroit après avoir réarmé :  « le champ de vision est 18, c’est-à-dire un cercle de 18 pieds (soit 5,4 mètres; sachant que la Limousine fait 2 mètres de large, c’est une prouesse !) à 100 mètres, pour la la lunette de 4 x 18 de portée, est un cercle relativement petit pour localiser votre cible dans lorsque vous faites le tir et avec la récupération du recul dans les tirs successifs ». Sans compter la mise au point, délicate : « chaque fois que nous avons changé les vis de réglage pour déplacer le réticule dans la vue télescopique dans un sens, ça a également affecté le mouvement du choc ou le point d’impact dans l’autre sens. ... Nous avons tiré plusieurs coups de feu et avons constaté que les coups n’atterrissaient pas au même endroit, mais progressivement s’éloignaient du (premier) point d’impact » noteront les inspecteurs du FBI ayant essayé l’arme.  C’est d’ailleurs ce à quoi est arrivé comme conclusion le HSCA, pour dire que « l’usage de la lunette de visée par Oswald était peu probable« .  Les mêmes ajoutant que c’était impossible de réarmer en gardant la même position :  « plusieurs commentaires ont été faits – en particulier en ce qui concerne la quantité d’effort nécessaire pour ouvrir la culasse (the bolt). … Il y avait aussi des commentaires sur la gâchette de déclenchement … dans une première étape, le déclencheur était relativement souple, mais il a soudainement exigé une plus grande attraction pour réellement tirer avec l’arme. … La pression pour ouvrir la culasse était tellement grande que nous avons tendance à déplacer le fusil hors de la cible ».  Le comité des armes à feu du HSCA a conclu «qu’un individu pouvait atteindre une meilleure précision en utilisant la visée par hausse et œilleton que la lunette dans les circonstances impliquées dans Dealey Plaza ».  Un magazine spécialisé dira la même chose en conclusion en testant la configuration Carcano-lunette de visée :  le fusil d’Oswald avait les mêmes visées non réglables que ce fusil d’essai, et il est très possible qu’à cette distance, seulement 58 yards ou presque, il ait utilisé la visée par guidon et point de mire ».  Exit donc la lunette de visée inutile !

Un bidule gadget en forme de gadget ?

Rien ne correspond dans l’armement prétendument attribué à d’Oswald :  son fusil est archaïque et sa lunette inefficace, pas assez lumineuse surtout (et lui ne s’est pas assez exercé avec) : « La portée du fusil monté sur le fusil M91 / 38 6.5mm Carcano court, soi-disant la propriété de LHO, était une portée Ordnance Optics 4×18.  C’était une portée très peu coûteuse faite au Japon et a été conçu pour être monté sur un fusil calibre .22 ou un pistolet à air comprimé actionné.  En raison de la faible vitesse d’un fusil .22, ce n’est pas un fusil typiquement utilisé pour faire des coups de 100 mètres, et le tir à la cible à 25 mètres est plus en ligne avec ses capacités.  Pour mieux comprendre cette portée, il est nécessaire de définir les numéros qui lui sont assignés, 4×18.  Le nombre 4 nous dit que cette portée permettra d’agrandir la taille de quelque chose vue à travers elle quatre fois.  Le nombre 18 définit ce que l’on appelle le «diamètre de lentille d’objectif» et le diamètre de l’extrémité avant de la portée qui permet à la lumière.  Plus le diamètre est élevé, plus la lumière est autorisée à entrer dans la portée et mieux définie est la cible pour le tireur.  Comme indiqué, cette lunette était de 18 mm de diamètre.  Les lunettes conçues pour tirer sur 100 mètres commencent généralement à environ 32 mm et atteignent 50 mm ». L’intervenant posant alors une excellente question, relative à une Commission Warren qui avait laissé entendre qu’Oswald s’était exercé souvent avec son arme :  « pour ceux qui croient qu’Oswald a utilisé un tir à la mire le 22 novembre 63, voici une bonne question.  Si Oswald a pratiqué le tir de ce fusil autant que certains prétendent qu’il l’a fait, il aurait remarqué immédiatement les insuffisances de la portée sur le champ de vue.  Ne serait-il pas probable qu’il aurait alors retiré la portée avant d’apporter le fusil au TSBD, s’il savait qu’il allait utiliser un tir par mire seulement ? »…  C’est vrai ça ? pourquoi diantre avoir amené un fusil à lunette si c’était pour ne pas se servir de cette même lunette ?

Heureusement qu’il y a LIFE pour en faire un tireur d’élite !

On a vu tout au long de cette saga combien le couple Luce (Clara Booth et Henry Luce) s’est impliqué pour faire d’Oswald un communiste à la solde de Castro susceptible d’en attenter à la vie de JFK.  Ne croyez pas que la mort subite d’Oswald ait pu arrêter leur façon de voir les choses, ou plutôt de les imposer au grand public via leur magazine LIFE, celui qui avait tant encensé la famille Kennedy, en tressant la légende, alors qu’en réalité le couple médiatique souhaitait la disparition des deux frères, jugés bien trop immoraux.  C’est donc sans surprise que les lecteurs découvrent le 21 février 1964 le nouveau numéro de LIFE évoquant Lee Harvey Oswald.  Le titre ne peut tromper, il s’intitule « The Evolution of an Assassin », et il ouvre sur une photo de LHO encore bébé, à deux ans seulement.  En couverture, il est vrai, il y a la fameuse photo d’un Oswald tout en noir arborant fièrement un fusil, celle qui lui avait été montrée et dont il avait dit que c’était « un montage« .  Quand bien même un énième gus est venu récemment raconter que le cliché était « genuine » et pas traficoté (2), on ne m’ôtera pas de l’esprit que c’est bien un « fake » :  attitude déhanchée du corps qui dénote, ombres portées bizarroïdes et plantes qui ne correspondant pas à la saison de prise de vues, on a tout dit déjà je pense sur le sujet.  Non, lisons plutôt comment LIFE a réussi à vendre un Oswald tireur d’élite à la nation US… continuant en ce sens l’Opération Mockinbird, la première réelle gestion des fakes news.  Ça commence par « un armurier d’Irving Dial D. Ryder (il dépose ici à la commission Warren), a rappelé qu’environ vers la fin d’octobre il a monté une lunette sur un fusil pour un homme nommé Oswald » (ça commence fort, car le fusil a été commandé par Hidell et non Oswald, mais ça la première fois que l’on précise que le Carcano d’origine avait été donc vendu SANS lunette de visée, alors :  or sa publicité précisait bien qu’il y en avait une… et que c’était bien déjà une x4  de 3/4 de diamètre, soit celle de 18 mm d’origine retrouvée sur le fusil du TSBD !!!).   Au passage, lors de la Commission Warren, Ryder avait rappelé « l’extra » demandé pour le simbleautage (« bore-sighting »), à savoir l’alignement du canon avec une lunette décalée.  Histoire de rappeler que c’était pour ne pas rater sa cible à distance.

L’histoire du stand de tir

Un tireur maladroit pas très entraîné ?  Pas grave, on a vite fait d’inventer une présence d’Oswald sur un stand de tir juste avant l’assassinat :  Mockinbird s’occupe de tout !!! Ça continue en effet avec « un client d’un stand de tir, Garland G. Slack a dit qu’il avait vu Oswald le week-end du 9 au 10 novembre et aussi le samedi 17 novembre.  Il s’est rappelé qu’Oswald était un excellent tireur, il a été très impressionné par ces « tirs groupés » les trous des tirs proches les uns des autres dans sa cible.  « Je devais trouver 10 hommes pour une chasse au faisan et j’ai été intéressé à prendre ce gars parce qu’il était très bon en tir groupé« .  Slack a dit « qu’il n’avait néanmoins pas tiré avec eux parce qu’il n’avait pas un seul dollar pour l’entrée.  Slack a dit également que lors de sa première visite au stand de tir, Oswald  était accompagné  par un autre homme ».  Et voilà notre tireur maladroit de l’armée transformé par la grâce de la littérature signée Luce en tireur d’élite !!!  Les propriétaires de LIFE auront vraiment tout fait pour placer l’idée d’un seul tireur hyper-adroit… Oswald !  Et attendez, ce n’est pas fini :  « Malcolm Price, qui a opté pour la gamme Sportdrome rifle range à Grand Prairie, à deux cents miles et demi d’Irving, s’est rappelé que vers le week-end du 9 au 10 novembre, il avait cru apercevoir Oswald apercevoir tirer au stand » (interviewée ici dans la vidéo, le propriétaire Floyd Davis, et sa femme Virginia disent ne pas l’avoir vu, ou ne pas savoir s’il est venu : « des gens disent l’avoir vu, mais pas moi » dit Virginia !!).  « Price a dit qu’il avait regardé à travers la lunette du fusil d’Oswald:  et il a dit qu’il avait été impressionné par sa clarté ».  Là c’est le pompon je pense :  le couple Luce, empressé de fabriquer un assassin maison, est même allé jusqu’à tenter de faire croire que la moins chère du marché des lunettes de visée (de 18 mm) aurait été aussi la plus « lumineuse » ???  Mais à qui faire croire ça ?  A la fin de l’interview, un employé répète que oui, « on a dit ça ».   Le « on » est vite retrouvé :  c’est la police de Dallas qui a répandu l’idée, reprise et largement répandue par LIFE, d’un Oswald s’exerçant régulièrement… sans argent, et sans balles…

Un tireur pas très calé… et une lunette sans cales pour… gaucher ?

« En 1969, le Dr John Lattimer a fait une présentation à l’Académie de médecine de New York sur ses propres tentatives pour reproduire l’exploit supposé d’Oswald.  Tout en réclamant au bout de ses  tests avoir montré qu’Oswald aurait pu effectuer la fusillade, il a fait quelques observations intéressantes qui n’ont pas soutenu cette conclusion, loin de là.  Après avoir discuté de l’acquisition de quatre fusils comme celui d’Oswald, en les plaçant avec des lunettes comme celle trouvée sur le fusil d’Oswald, et en choisissant le fusil qui ressemblait le plus à son état général, il a admis: «Pour aligner parfaitement la vue, il fallait ajouter de minces plaquettes métalliques (des cales, ou « shims »sous la bague avant du support du télescope, comme on l’avait jugé nécessaire de le faire avec le fusil d’Oswald, afin de corriger l’alignement défectueux du télescope. Ce point, d’ailleurs, a été confirmé par l’écrivain Stephen Hunter dans son livre de 2013 « The Third Bullet » (nota : c’est un roman).  Dans un appendice à son roman dans lequel un scénario alternatif au tir a été présenté, Hunter a prétendu qu’il avait acheté un fusil comme celui utilisé dans le tir, et avec une lunette comme celle trouvée sur le fusil, et a découvert qu’elle était désespérément hors d’alignement, sans ajout de ses cales.  Alors oui, c’est vrai, les cales ajoutées au fusil d’Oswald ont été ajoutées après qu’il ait été trouvé dans le dépôt, pas avant.  Cela laisse entendre que le fusil d’Oswald était impraticable au moment de l’utilisation de la lunette et qu’il s’agissait d’un défaut inhérent à cette combinaison de fusil et de lunette, et que ce n’était pas un problème apparu après ».  Mettre des cales… et ne pas utiliser la lunette posée sur ces cales ?  Avouez que les « experts » venus vanter les mérites d’un Oswald tireur d’élite se sont trompés sur toute la ligne ! Mieux encore avec cette énième découverte :  la fameuse lunette du fusil aurait été selon des experts ou même le vendeur même de chez Klein’s Sporting Goods, Inc, montée  pour un tireur gaucher.  Ce qui se comprend d’ailleurs en regardant l’emplacement de la fenêtre d’où aurait été fait le tir, plus destiné à un gaucher.  Or Oswald était… droitier !  Un tireur plus que moyen et un fusil inadéquat, et il aurait fait mouche trois fois ??? Mais à qui peut-on essayer de faire avaler ça ??  En 1994, le plus grand spécialiste du moment, un tireur d’élite exceptionnel qui se fera une carrière au Vietnam tirera la seule conclusion possible :  c’était infaisable, de la façon dont ça a été décrit : « en 1994, l’ancien tireur d’élite Craig Roberts a publié son livre « John F. KennedyKill Zone: A Sniper Looks at Dealey Plaza« .  Dans le livre, il a non seulement exprimé le doute qu’un tireur droitier pourrait tirer efficacement de la fenêtre d’angle encombrée du dépôt, et frapper une cible juste comme elle émergeait de derrière un arbre, mais il a raconté une discussion qu’il avait eue avec le légendaire Sniper Marine Corps Carlos Hathcock. Hatchcock lui aurait dit: «Laissez-moi vous dire ce que nous avons fait à Quantico.  Nous avons tout reconstruit :  l’angle, la portée, la cible mobile, la limite de temps, les obstacles, tout, je ne sais pas combien de fois nous avons essayé.  Mais nous n’avons pas pu reproduire ce que la Commission Warren a dit de ce qu’Oswald avait fait.  » 

L’avait-il acheté, au moins, ce fichu fusil ?

Si on épluche toutes les dépositions et que l’on empile tous les documents ayant servis de preuve de la culpabilité d’Oswald, il y a de quoi se gratter la tête à plusieurs reprises.  Il est par exemple communément acquis qu’Oswald a bien commandé un fusil Carcano au nom d’Hidell à l’entreprise Klein et que c’est bien celui-ci qui a servi, selon la Commission Warren a tuer le président Kennedy.  Or l’examen attentif des documents ne prouve absolument pas que cela ait été le cas.  C’est alors que l’on découvre en effet une autre fabrication : celle du dénommé Hidell.

Jeff Curry, chef de la police de Dallas, moins bien informé que les journalistes !

De tous les témoignages survenu bien après, il y en a dont on droit retenir l’attention.  Celui d’un homme que l’on avait peut-être un peu trop vite jugé, ou mis un peu trop vite comme impliqué lui-même dans le complot, à l’avoir entendu, plutôt dépassé par les événements, par l’ampleur de la tâche qui l’attendait, défendre ses hommes comme n’ayant jamais mis les pieds, par exemple, au Carrousel de Jack Ruby.  Cet homme, c’est l’ineffable officier responsable Jess Curry, celui qui a tenter de gérer l’après assassinat, au commissariat même de Dallas, en attendant que ne se produise le deuxième, celui d’Oswald.  Son interview célèbre avec son « i don’t know », puis son « we’ ve got a suspect » avait montré son désarroi, tout en révélant que très vite il avait obtenu des renseignements de la CIA ou du FBI sur le côté « russe » d’Oswald , évoquant ses « lectures communistes » d’ouvrages trouvés « en masse » chez lui, dans une « boîte » d’au moins « un mètre de long«  :  en somme qu’il s’était déjà fait manipuler (on n’a jamais vu ensuite ce fameux « coffre aux trésors communistes »).  Le penchant « communiste » d’Oswald avait bien vite été étalé sur les ondes !!!  Ceux qui avaient monté le coup, à l’évidence, souhaitaient clairement une confrontation avec l’URSS : des déçus de l’affaire des missiles de Cuba ?  Des militaires ???  Il avait alors jugé Oswald « très arrogant ».  Mais Curry avait aussi répété, assailli par la presse, qu’Oswald lui avait dit qu’il était un « patsy » et avait répété que personne ne l’avait vu en personne tirer, parmi les employés de la Bibliothèque.

Les fuites évidentes organisées pour discréditer Oswald

Curry, de même, avait minimisé l’idée de la découverte d’une empreinte sur le fusil, déjà connue des journalistes, abreuvés étrangement de fuites accusant Oswald et Oswald seul :  selon lui il espérait que ce soit le cas, mais n’en avait pas de preuve à l’heure de l’interview.  Bref, Curry  s’était montré bien plus prudent qu’on ne pouvait l’imaginer ou que certains ont pu le décrire plus tard :  en tout cas, lui n’avait visiblement PAS été mis dans la confidence du complot !  Il avait aussi évincé la question sur Oswald ayant été impliqué dans l’attaque de Walker, elle aussi déjà connue de la presse ce soir-là.  Etrangement encore une fois :  le journalistes en savaient plus que les policiers !!!!  C’est exactement ce que sous-entend aussi Frazier, le copain de boulot d’Oswald, plus de 40 ans après, quand il répond dans une salle (ici à droite) lors d’une conférence dirigée par l’auteur Hugh Aynesworth, à propos de l’incroyable rapidité de la CIA ou du FBI pour se rendre à Irving pour l’interroger (c’est à 32’25 du début de l’exposé). Comment avaient-ils faits pour faire si vite ??? Personne n’est capable de répondre à cette surprenant agilité, même Aneysworth, à la fois reporter mais aussi témoin ce jour-là (selon lui, il y avait un second tireur, mais sur le toit de la Bibliothèque) !!!  Curry avait aussi dit que le policier ayant croisé Oswald dans la Bibliothèque ne l’avait pas alors arrêté, car c’est le directeur qui s’était interposé en affirmant que « cet homme travaille ici » (dans le même film de l’exposé de Frazier, tout le monde rigole quand Aneysworth indique que le calme d’Oswald au second étage était « très certainement la seule chose de vraie ce jour-là notée par la police » !) .  Curry en revanche, avait bien d’emblée relié le meurtre de Tipitt à celui de Kennedy :  en somme, le second assassinat était tout de suite devenu l’accusation principale contre Oswald, dont découlait après coup celle de Kennedy !  Or, Curry l’affirmait devant les caméras : « Oswald niait tout« , à savoir les deux meurtres qu’on lui reprochait.  Chose étonnante encore, pour le chef Curry, Oswald était devenu suspect en raison de la « description donnée sur un appel radio ».  Appel dont on est toujours incapable de retrouver la provenance !!!  Fait à noter, au moment où Oswald se faisait descendre dans son propre commissariat, Curry, selon ses propres dires, avait à ce moment là été appelé au téléphone par… le maire de Dallas, Earle Cabel, dont, je le rappelle, le frère extrémiste avait été écarté par Kennedy !!!  Voilà une coïncidence qui tombe encore à pic, il me semble !

L’attitude des policiers de Dallas après les tirs ? Foncer tous vers le tertre !

Contrairement à ce qu’on peut penser, les policiers de Dallas présents Dealey Plaza ont plutôt eu de bons réflexes, car ils se sont orientés d’abord… vers le tertre et la palissade et non en priorité vers la bibliothèque (comme le public présent en fait, comme on peut le voir à gauche sur cet extrait de film) :  en tout, on retrouve pas moins de 21 témoignages de policiers désignant le même endroit !!!  Un curieux a recensé les dépositions, et elles sont pour le moins étonnantes en effet :

-« La semaine après cette déposition, Curry était à Washington, témoignant longuement devant la Commission – mais on ne lui a pas demandé ce qu’ il pensait de où avaient pu provenir les coups de feu.  Il avait dit où ordonner à ses hommes de rechercher le tireur.  J’ai dit à la radio : « Envoyez quelqu’un dans le parking des chemins de fer et vérifiez. » (IV, 161) ».  Ce qui était plutôt un bon réflexe.  « Après les coups de feu, le chef de police de Dallas, Jesse Curry, a ordonné à ses hommes de fouiller le parking des trains derrière le monticule herbeux.  La mémoire de Curry, mais pas sa langue, est confirmée par l’enregistrement audio des communications radio du Département de police de Dallas ce jour-là.  Sur l’enregistrement Curry est entendu en train de dire, « cherchez un homme au-dessus de ce triple passage souterrain, et allez voir ce qui s’est passé là-bas. »  Il faisait référence à la zone en face de la limousine de JFK.


– Le shérif adjoint Eugène Boone a couru vers le monticule et puis le parking du chemin de fer dès qu’il a entendu les coups de feu (XIX, 507, VII, 105-
– Le policier Seymour Weitzman, comme la plupart des autres policiers, se tenait au coin de Main Street et de Houston Street lorsqu’il a entendu les coups de feu.  Il a couru vers la voiture du président et a grimpé par-dessus un mur dans « la section de monument, » à la recherche de l’assassin (IV, 161).
– Roger Craig aussi, en entendant le premier coup, a couru jusqu’à ce qu’il atteigne «la terrasse sur la rue Elm», puis les chemins de fer (XIX, 524).
– Harold Elkins était plus explicite:  « J’ai immédiatement couru à la zone à partir de laquelle il semblait que les coups de feu avaient été tirés.  Il s’agit d’une zone entre le chemin de fer et le Texas School Book Depository qui est à l’est du chemin de fer. (XIX, 540)
Lummie» Lewis,  A. D. McCurley, Luke Mooney et W. W. Mabra ont tous entendu les coups de feu de la même manière et ont couru inspecter le monticule et le parking des trains de fret. (XIX, 526, 514, 541, 528).

– Le shérif adjoint J. L. Oxford a couru vers le triple passage souterrain (XIX, 530).
– La réaction de L. C. Smith aux coups de feu a consisté à grimper la clôture derrière la butte herbeuse et à fouiller le terrain de stationnement (XIX, 516).
– Le sous-lieutenant I. C. Todd s’est rendu vers les chemins de fer, tout comme Ralph Walters et l’officier de radio Jack Watson (XIX, 543, 505-6, 522).

Harry Weatherford a raconté la même histoire quand il a entendu le bruit des coups de feu.  Il savait ce que c’était: (XIX, 502)  « Je me suis dit que c’était un fusil et j’ai commencé vers le coin quand j’ai entendu le troisième tir …  A ce moment là, j’ai couru vers les parcs de chemins de fer d’où le son provenait ». 
–  Le shérif adjoint Buddy Walthers (XIX, 502) est monté derrière la voiture de JFK dans le cortège.  Il a écrit une note sur ce qu’il a fait le 22 novembre.  Il a beaucoup raconté la même histoire lorsqu’il a témoigné à Washington en juillet 1964.
Walthers a entendu trois coups de feu, a couru à travers Dealey Plaza jusqu’à ce qu’il atteigne le parking derrière la «structure de béton maintenant familier sous le nom de knoll» (VII, 544-6).  Il a rappelé « à l’époque, il y avait quelque chose dans ma tête qui disait qu’ils auraient probablement pu venir du passage du chemin de fer, parce que je pensais depuis que j’avais été éclaboussé de sang – j’étais juste un peu en arrière et à gauche de Mme Kennedy, mais je ne le savais pas.  Son deuxième choix pour la source des tirs était le Texas School Book Depository. (VI, 294-5).  
Trois photos prises peu de temps après l’assassinat de JFK (la deuxième, ci-dessus à droite) du car de journalistes qui suivait la parade) montrent le shérif de Dallas, Clyde Haygood, qui a stationné sa moto avant de monter sur le monticule herbeux pour enquêter.

« – Après que les coups de feu aient été tirés, Clyde Haygood a essayé de sauter la bordure nord d’Elm Street avec sa moto et, à défaut, l’a garée dans la rue et a couru à la butte recherchant n’importe quel signe de l’assassin. (VI, 297-9).
– Joe Marshall Smith avait son dos  tourné vers le dépôt sur la rue d’Elm quand les coups de feu ont retenti. «Je ne savais pas d’où venaient les coups de feu», a-t-il dit, mais a couru «dans une zone immédiatement derrière la structure en béton» et il a vérifié les buissons et toutes les voitures dans le parking derrière le monticule. (VII, 533-6)
– Edgar Leon Smith, Jr., se tenait sur le trottoir est de la rue Houston, à environ 150 pieds du dépôt.  Il a crû que les deux premiers coups de feu étaient des pétards mais, après le troisième tir, il a sorti son pistolet et a descendu Elm Street. Wesley Liebeler, un avocat de la Commission Warren lui a demandé de clarifier en se référant à une carte devant lui: «Vous avez pensé que le tir venait de cette petite structure en béton derrière le n°7 ? Smith a dit:  «Oui, monsieur… » On peut voir ici (au début du film) les gens chercher sur le parking derrière le Grassy Knoll.  Sur l’un des clichés, on peut distinguer au loin un homme, certainement un policier, juché sur un des wagons stationnés, là où seront trouvés les fameux « vagabonds ».

 

Le tir de la palissade filmé ? 

 


On a longuement cherché à cet endroit, car cela semblait naturel, tant le tir avait su provenir du fameux tertre et de sa palissade, et peut-être bien, au final qu’un des nombreux films réalisés ce jour-là a réussi à prendre en images le tir proprement dit.  Je les ai bien entendu tous visionnés, pour finir par découvrir un détail qui semble avoir échappé à l’attention de beaucoup jusqu’ici.  C’est dans le film d’Orville Nix, qui était situé pour le capter juste devant le Terminal Annex où il travaillait, avec sa caméra 8 mm Keystone Auto-Zoom Model K-810 (son emplacement est ici).  Longtemps, son film est resté trop sombre, car il s’était trompé de pellicule ayant pris une Type A pour l’intérieur pour filmer à l’extérieur.  Le problème, c’est que le film qui lui a été retourné par le FBI n’est pas celui qu’il avait filmé, a t-il clamé (et sa fille a fait un procès pour le fait).  Mais malgré tout, le bout de film montré, une fois « nettoyé » électroniquement, révèle des détails inattendus, comme le bref coup de frein de la limousine présidentielle par exemple (voir épisode précédent).  Et si l’on décortique la séquence comme celle de Zapruder, on découvre une étrange chose.  Une soudaine lueur, sur 3 séquences, de la 20 à la 22, une forte lumière devenue presque triple au travers des lentilles de la caméra :  celle d’un tir, très certainement, dont l’angle en hauteur étonne… mais qui correspond bien, à mesurer sa provenance, du dessus de la palissade, la rue Elm étant ne l’oubliant pas en pleine pente.  C’est en fait, très, très, troublant; à vrai dire.  Et ce n’est pas dû à l’amélioration digitale : sur l’original, la lueur aussi existe !

 

Des couloirs de commissariat bien encombrés

Revenons plutôt au commissariat de Dallas, et à son chef.  En 1977, le même Curry avait été interviewé avait précisé que selon son avis, la « direction du sang et des débris après le tir indiquait qu’un tir était venu de devant et non de l’arrière » et avait dans la foulée indiqué « qu’il y avait une possibilité pour qu’il y ait eu un second homme »… sur Dealey Plaza il avait répété la même chose devant l’auteur « conspi » Peter Dale Scott.  Etonnamment encore, c’est Bill Fritz, celui qui était présent au moment de la découverte du Carcano qui avait ensuite déclaré devant les mêmes caméras que c’était bien Oswald qui avait tué tué Kennedy (ici à 5’34 ») sans avoir plus de preuves que cela.  En y regardant bien, on constate que le chef Curry avait déjà auparavant exprimé ses doutes sur la culpabilité d’Oswald.  Un article de presse de 1969 faisait déjà part de ses réflexions en ce sens.  Il n’était déjà plus sûr du tout qu’Oswald ait été le seul tireur ce jour là.  Comment à partir de là d’aucuns peuvent-ils encore réfuter la théorie du complot à Dallas . Faut-il qu’ils soient aveugles ou sourds ?  Le responsable de la police de Dallas, l’homme au premier rang des faits… qui parlait de complot !!!!  Plus étonnant encore, des archivistes ont retrouvé un appel du même Curry fait sur les télévisons locales, la veille au soir de l’arrivée de Kennedy à Dallas.  Il y exprimait le souhait « qu’il n’y ait pas le lendemain d’incident ou d’accident » (« untoward accident, or incident »)… Comme on le savait, le président n’était pas en terre d’accueil au Texas. On se doutait que se serait effectivement tendu.  On notera aussi que le soir même où Oswald était présenté à la presse, un homme hantait déjà les couloirs du commissariat de Dallas :  Jack Ruby !!!  Ainsi qu’un deuxième, remarquez, car à bien y regarder aussi, un mince personnage en costume clair hantait aussi déjà les mêmes couloirs (ici à gauche).  Or celui-ci s’appelle Paine.  C’est Michael, le mari de Ruth… les hébergeurs d’Oswald, déjà présent, étonnamment, sur place… la CIA suit son protégé de près, semble-t-il !!!  Michael, fort disposé à charger Oswald en interview, pour en faire un « a good russian for me« , dira-t-il.  Il ira même à citer au micro Marx (« exploitation of man by man« )… dans cet interview sidérant de duplicité !!!  L’homme qui l’a hébergé le charge tant qu’il peut devant les caméras, évoquant la société soviétique « sans profits » vantée chez lui par Oswald… faisant en fait le procès, selon Oswald, du capitalisme américain, et le condamnant de la même sorte, aux USA !!!  Le voilà à le présenter comme « irrationnel » maintenant, le présentant comme « sans émotion« , et à avoir été « surpris » par son attitude.  A la question sur une possible « conspiration » (sous entendue castriste – Castro est cité- ou russe), Paine répond comme quoi Oswald a toujours été un « solitaire » et « n’a jamais appartenu à un groupe » (alors qu’il distribuait des tracts dans la rue !).  Paine réfute en tout cas l’idée d’un attentat commis par Castro, parlant d’acte « irrationnel » (3).  L’acte d’un fou.  Mais  aux idées « communistes »  (car il faut être aussi fou pour l’être, bien entendu, selon les américains (4) !

La preuve par le « Dictabelt » ?
Je vous ai déjà parlé il me semble de cet engin.  Aujourd’hui il paraît bien archaïque, au temps du numérique.  JFK en avait fait installer un à la Maison Blanche (ici à gauche), pour enregistrer les appels téléphoniques et lui-même y dicter ses mémos.  Or il se trouve que cette méthode d’enregistrement était aussi en place dans la police, et notamment à Dallas qui utilisait un modèle A2TC Model 5 (ici à droite).  Le principe est expliqué ici : « la machine de dictaphone utilisée par la police de Dallas était une unité de type « piggyback » (doublée).  Quand une bande est pleine, la machine commence automatiquement à enregistrer sur la deuxième unité.  Parce qu’une bande ne peut contenir qu’environ 15 min d’enregistrement continu, un technicien était constamment en place pour remplacer les ceintures comme elle devenaient pleines.  Pour prolonger le temps entre les changements de bande, la machine a été équipée d’un commutateur d’actionnement du son qui arrêterait l’enregistreur pendant les blancs (après environ 4 secondes) et reprenait automatiquement l’enregistrement lorsqu’une transmission avait été reçue.  Le disque Audograph ressemblait à un disque phonographique plus traditionnel, sauf que cet appareil d’enregistrement avait un stylet sur un bras fixe.  Le plateau tournant est monté sur un axe qui monte dans une fente de telle sorte que l’axe est entraîné perpendiculairement au bras de stylet par une vis sans fin lorsque le plateau tournant tourne.  Par conséquent, à la différence d’un enregistrement phonographique traditionnel, le disque Audograph est enregistré (et joué) de l’intérieur vers l’extérieur, et la lecture est à la vitesse linéaire de la piste (en pouces par minute) au lieu des tours par minute.  Cet agencement empêche le problème commun aux bras de stylet flottants dans lequel l’aiguille peut restée « collée » dans une rainure jusqu’à ce qu’elle soit corrigée manuellement.  En outre, il maximise la densité des messages enregistrés en termes de signal par pouce de rainure acoustique, par rapport au phonographe moins efficace.  Les disques Audograph été vendus venus en deux tailles, en 9 min et 30 min de capacité.  Cette machine était également équipée d’un commutateur d’actionnement du son ».  Après l’assassinat, et pas davantage pour la Commission Warren, personne n’avait songer à vérifier si on avait gardé quelque part des enregistrements sonores de la journée :  à peine si on avait retrouvé la moitié de ce qui avait été disponible.  Ce n’est qu’en 1976 qu’on a songé fouiller davantage, et retrouver les fameuses bandes, notamment celles des conversations des motards de la parade.  Selon la Mary Farrell Foundation. « la bande Dictabelt détenue par les Archives nationales a écrit sur sa surface, fait avec un stylo blanc indiquant que c’est la bande n ° 10 à partir du 22 Novembre 63.  Le technicien du commissariat avec la responsabilité de l’exploitation des enregistreurs en 1963 a été en mesure d’identifier l’écriture comme étant la sienne ».  La première constatation sonore a permis de fixer l’heure exacte du tout premier tir :  12H30.  En 1978, une analyse plus fine des sons a permis d’établir la chronologie des tirs et de la synchroniser avec le film de Zapruder, surtout.  Et découvrir qu’il n’y avait pas eu trois tirs… mais cinq d’audibles :  un premier isolé, puis deux consécutifs, un temps intermédiaire de 5 secondes, et deux consécutifs de plus.  Sans faire du TSBD un endroit d’où on n’aurait pas tiré, bien au contraire, mais aussi pour découvrir qu’on avait aussi tiré du fameux tertre (avec au total 3 tireurs, dont un au Dal-Tex, celui qui aurait raté son tir vers James Tague) !!!!  Et indubitablement c’est bien de là qu’est venue la balle fatale ayant fait exploser le cerveau présidentiel :  « fait intéressant, lorsque la même analyse est appliquée à la tête atteinte à Z-313, il démontre que le mouvement se produit trop tôt pour avoir été un coup du dépôt de livre.  Une balle de Mannlicher-Carcano tirée du nid du tireur d’élite frappant à Z-313 aurait été tirée à Z-310.  Mais le son d’un coup de feu à Z-310 ne peut pas aller à la position de Zapruder et arriver plus tôt que Z-315.  À l’inverse, une balle du Grassy Knoll tiré sur Z-312 aurait frappé JFK à Z-313 et le coup de fusil arriverait à la position de Zapruder (à 50 pieds) dans le même cadre.  Par conséquent, là encore, il y a un accord étroit entre la preuve des mouvements, la preuve acoustique, et la preuve filmée de la blessure » (à noter qu’un des tirs ayant touché le pare-brise avait aussi été filmé par Zapruder, par déformation subite du verre et un reflet de soleil différent !).  Ceux qui doutaient encore des images avaient la preuve sonore du tir du Grassy Knoll !!!

D’autres enregistrements gênants

Le côté sonore de l’attentat n’a été défriché que tardivement. Et là encore, des découvertes récentes sont apparues, qui renforcent la piste d’un vaste complot remontant à une piste incluant également des militaires.  Les enregistrements, disponibles ici, sont ceux captés à bord de Air Force One, qui emportait déjà le cercueil de Kennedy.  L’homme concerné par les appels est Curtis le May, un fou furieux qui a servi de modèle à Kubrick pour le rôle du général Turgidson. Beaucoup après avoir vu le film ont dit que ce n’était pas vraiment une caricature :  Le May était véritablement dérangé, obsédé par la guerre et le nombre de tués que cela pouvait occasionner (il calculait les pertes civiles en Corée en pourcentage de la population totale, estimant qu’il en avait supprimé 20% avec ses bombardements des barrages ayant noyé la population, ou avait projeté de raser le japon, même sans arme nucléaire, à grands coups de bombardements au phosphore qui ont davantage tué que les deux bombes atomiques !).  Lors de la crise de Cuba, il avait poussé JFK à déclencher un assaut racontent les enregistrements dans le salon ovale de la Maison Blanche :  « le travail de LeMay, bien sûr, était de fournir des options militaires à la disposition du président.  Et c’était quelque chose pour laquelle il était bon, certains diraient, trop bon.  Dans cet extrait, LeMay présente simplement les options de frappe aérienne.  Mais jamais timide, LeMay tendait à traverser la ligne dans le plaidoyer de l’action militaire, quelque chose qui dérange Kennedy.  Au cours de la Crise des missiles cubains, LeMay avait dit à Kennedy que ce que le président avait établi – un blocus naval de Cuba – était une mauvaise idée et était «presque aussi mauvais que l’apaisement de Munich».  Et à un autre point de ce 16 novembr , il a préconisé «la résolution» du problème, par lequel il a signifié la mise en œuvre du CINCLANT OPLAN 312-62, le plan d’attaque aérienne pour Cuba ».   (en photo, le Joint Chiefs of Staff du moment le 19 novembre 1962. De gauche à droite les générauxl Earle G. Wheeler, Chief of Staff, U.S. Army; Curtis E. LeMay, Chief of Staff, U.S. Air Force; Maxwell D. Taylor, USA, Chairman, Joint Chiefs of Staff; l’amiral George W. Anderson, Jr. Chief of Naval Operations; et le général David. W. Shoup, Commandant, U.S. Marine Corps).  Ce gars-là souhaitait un conflit mondial, tout bonnement !  Il n’avait donc pas digéré le « Munich », pour lui,  de la fin de la crise des missiles de Cuba !!!  Les bandes révélées le 15 novembre 2011 seulement, encore une fois des archives audio qui n’avaient intéressé personne, l’ont été par le reporter Joann Loviglio, au sein de l’Associated Press.  Ce sont des bandes magnétiques, emportées chez lui à son départ en retraite de 1965 par l’Army Brigadier General Chester V. Clifton (l’assistant militaire personnel de JFK, en photo à gauche avec lui et LeMay).  Celui qui aussi portait la valisette contenant les codex nucléaires (ci-dessous à droite arrivant à la base de Logan à Boston.  En fait, les bandes des « Air Force One tapes » avaient déjà été dévoilées en 1970 pour être présentées dans la Bibliothèque de Johnson (chaque président a son musée). Mais visiblement, celles fournies en 1970 avaient été… charcutées.  Car elles révèlent des messages évoquant le transport du corps de Kennedy dans une « black cadillac » (un corbillard noir) et non dans la voiture ambulance grise communément acquise et bien connue, mais aussi des conversations avec l’avion de Curtis le May.  L’histoire de la manipulation des cercueils que je vous ai déjà raconté ici-même.  Et ce qui est révélé en 2011 est tout simplement étonnant.

Le May, présent à l’autopsie si controversée !

Ce qu’en raconte ici  Douglas P. Horne, plutôt partisan il est vrai de la thèse d’un Pearl Harbor « fabriqué » (thèse que je ne suis absolument pas, comme je l’ai écrit à deux reprises !) est très, très étonnant, car il indique que LeMay a fait faire à son avion cargo C-140 un crochet, pour assister à tout prix à un événement fort particulier à Bethesda (cf en photo l »aide Ck-lifron en train de téléphoner à bord de Air Force One) :  « l’aide du général LeMay, colonel Dorman, essaya d’entrer en contact avec le général LeMay par radio peu de temps avant l’arrivée de son avion du Canada.  Cette conversation est enregistrée sur « side 2 », l’enregistrement fait 66,3 Mo en MP3, entre les temps 11:05 et 12:04.  Pourquoi ai-je déclaré que cela était d’un tel intérêt? Pourquoi est-ce plus qu’une simple curiosité historique, aléatoire?  Parce que le général LeMay, revenant du Canada aux États-Unis après avoir appris l’assassinat, a désobéi aux ordres du secrétaire de l’armée de l’air (son supérieur nominal), M. Eugene Zuckert, et au lieu d’atterrir à Andrews AFB Il s’est dirigé, et a atterri à l’aéroport national de Washington DC adjacent au centre-ville de Washington, DC;  parce que Paul K. O’Connor, un membre du corps de marine qui a aidé les pathologistes de la Marine à faire l’autopsie sur JFK, a déclaré à plusieurs reprises avant sa mort que le général LeMay a assisté à l’autopsie du président Kennedy le 22/11/63.  J’ai documenté la grande antipathie que LeMay (le Chef d’état-major de la Force aérienne) et le Président Kennedy avaient pour l’autre — ainsi que la désobéissance de LeMay envers le Secrétaire de l’Armée de l’Air le jour de l’assassinat — dans le volume 2 de Inside the ARRB, Aux pages 481-488.  La vraie question est: «Pourquoi l’éditeur de la version LBJ Library des bandes de l’Air Force One a-t-il décidé de supprimer cette conversation de cette version des enregistrements?  Peut-être tout le sujet du général LeMay, particulièrement s’il était présent à l’autopsie de JFK, était «radioactif» quand les bandes ont été éditées dans les années 1960.  Le général LeMay ne s’est retiré de l’armée de l’air des États-Unis qu’en 1965, vraisemblablement il était toujours chef d’état-major de la Force aérienne lorsque les bandes montées et condensées étaient assemblées, et peut-être avait-il personnellement ordonné de retirer cette conversation du dossier.  Alternativement, quelqu’un d’autre peut ne pas vouloir que le nom de LeMay même soit associé à distance aux événements entourant l’autopsie, surtout s’il avait été présent à l’autopsie de JFK (sur l’autopsie se reporter à mon épisode 17 de la saga). Plus d’un tiers du temps d’antenne sur les bandes de l’Air Force One est consacré aux arrangements d’autopsie, et «quelqu’un» peut avoir été très mal à l’aise sur le désir exprimé d’urgence de l’aide de LeMay de le contacter tôt ce soir-là.  LeMay a atterri à l’aéroport national 52 minutes avant le temps d’arrivée «sur les blocs» pour Air Force One, et 83 minutes avant l’arrivée du corps de JFK à Bethesda (à 6:35 PM).  Il avait beaucoup de temps pour être conduit à Andrews s’il avait voulu y être;  Et il avait certainement beaucoup de temps devant lui pour conduire de l’aéroport national (ou le Pentagone à proximité) à Bethesda Naval Hospital (ici à droite), avant l’arrivée du corps ».  Pourquoi donc un général comme Le May (fan de tir au fusil comme on peut le voit ici à gauche) tenait-il tant à assister à l’autopsie dont on sait aujourd’hui qu’elle sera le premier jalon de la désinformation qui allait suivre pour « prouver » au grand public qu’il n’y avait eu qu’un tireur (5) ?  A moins d’être concerné à l’avance par ses conclusions (surréalistes, avec traficotage de photos), sa présence ne s’explique tout simplement pas !!!
(1) une dissémination entretenue et poursuivie depuis plus de 50 ans, avec comme ténors de la désinformation récente Gerald Posner, le même qui a tant glosé sur Ben Laden, quel hasard, ou de façon plus surprenante avec Vincent Bugliosi, le procureur de l’affaire Manson… venu raconter dans un lourd pavé (« Reclaiming History: The Assassination of President John F. Kennedy« ) qu’Oswald avait tué pour reconquérir le cœur de Marina, ou quand le soap-opera tente de noyer toute réalité… il résume ainsi ses conclusions sur la culpabilité d’Oswald :  « Rapidement, cinq raisons : le fusil Mannlicher-Carcano d’Oswald était l’arme du meurtre. C’est assez lourd en soi.  Oswald était le seul employé à l’édifice de dépôt de livre qui a fui le bâtiment après l’assassinat.  Quarante-cinq minutes plus tard, il tire et tue l’agent J. D. Tippit, du département de police de Dallas.  Ce meurtre portait la signature d’un homme en fuite désespérée qui a fait quelque chose d’horrible.  Trente minutes plus tard, dans un théâtre du Texas, il résiste à l’arrestation, tire au pistolet sur l’agent d’arrestation.  Au cours de son interrogatoire, [Oswald] a déclaré un mensonge prouvable après l’autre, montrant une conscience de culpabilité ».  Ça vous donne une idée de la légèreté de son enquête !  On eut aisément pu se passer de ce lourd pavé.

(2) bien démontée ici par Jim Fetzer and Jim Marrs.  Le fameux Farid n’a pas utilisé les 4 photos connues sorties de l’Imperial Reflex mais une seule : or sur les quatre, les différences d’ombres sautent aux yeux.  Mais pas les siens !  Sur les photos, l’arrière plan est le même alors que la preneuse de vue (Marina) a changé de place !  Mieux encore :  notre célèbre « Fritz » avait une photo du « backyard » d’Oswald avec le fusil… avant même que les deux inspecteurs Stovall et Rose ne la découvrent dans le garage des Paine !!!  L’expert Lyndal L. Shaneyfelt viendra témoigner à la Commission que l’appareil de Marina Oswald ayant pris les clichés était..  inopérant, son diaphragme étant cassé.

(3) sa femme, Ruth, ne fera pas mieux en interview, un peu plus tard.  Selon elle, lorsqu’elle a été invitée à se rendre au commissariat, « elle ne savait pas qu’Oswald était associé à ce tragique événement ».  Selon elle encore, Oswald n’avait jamais formulé de propos extrémiste pouvant conduire à cet assassinat.  Comme son mari, dont elle vivait séparée, elle présente un Oswald devenu en quelque sorte fou, devenant par son acte « quelqu’un d’extraordinaire« , thèse qui sera reprise plus tard dans des ouvrages.  Elle ajoute plus loin, l’air éploré, que « l’évidence est tellement évidente » (qu’Oswald est le coupable), façon de condamner et de créer et d’appuyer comme son mari la thèse de l’Oswald ayant agi seul.  Elle le présente aussi comme « unskill », parlant très peu, presqu’asocial, et donc très peu capable de retrouver un emploi (c’est elle qui lui a trouvé en réalité !).  Un Oswald ayant le sentiment selon elle d’être « plus persécuté par la vie » qu’être « irrationnel » (l’adjectif utilisé par son mari, Michael Paine, quel « hasard »).  Les deux agents Paine de la CIA participent bien au complot, et récitent sagement une partition partagée au préalable !  Plus de 40 ans après, elle affirmera qu’il était taiseux « mais parlait politique avec son mari« …

(4) l’une des plus belles que j’ai pu découvrir durant cette longue enquête est une toute petite phrase relevée dans le très sérieux Washington Post annonçant le décès du détective Paul Bentley, le 26 juillet  2008 à l’âge de 87 ans.  Le journal reprenant une dépêche de la non moins sérieuse agence Associated Press.  Ouvrez bien les yeux et laissez les bien ouverts, voici ce qu’il en est dit : « dans une photographie bien connue prise juste après l’arrestation, M. Bentley porte un costume avec ses cheveux dominés et un cigare dans sa bouche alors qu’il escorte Oswald du théâtre.  Oswald semble avoir une marque sur son front, dont M. Bentley a dit qu’il s’agissait d’une marque maçonnique ». Oui, vous avez bien lu la même chose que moi.  C’est répercuté encore en 2008 par des gens qui sont unanimement respectés dans l’information, pourtant !!!  A croire que le complotisme, ça s’utilise aussi et ça s’entretient, histoire de brouiller les pistes :  on touche à nouveau là à la désinformation entretenue par le Projet Mockingbird.  On peut aussi y ajouter cette autre découverte  :  « M. Bentley avait un autre lien avec Oswald. Son beau-frère L.C. Graves (photo ici à droite) était l’un des officiers escortant Oswald quand Oswald a été abattu par Jack Ruby.  Graves, décédé en 1995, peut être vu à gauche d’Oswald dans une célèbre photographie de la fusillade. »

(5) rappelons aussi qu’Oswald, d’après les tests à la paraffine ne portait aucune trace de poudre sur les joues comme sur les mains, preuve qu’effectivement, ce jour-là il n’avait utilisé aucune arme.  Or l’officier Tipitt a été tué de 5 balles.

documents:

la liste des témoignages de Warren, par ordre alphabétique

http://mcadams.posc.mu.edu/russ../m_j_russ/wit.htm

 

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (23)

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