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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (22)

Aurait-on pu éviter Dallas ?  On ne refait pas l’histoire, mais il n’empêche, on sait aujourd’hui qu’il y avait eu assez de signes avant-coureurs pour que JFK puisse aussi décider de ne pas se déplacer au Texas en ce funeste 22 novembre.  Les menaces sur sa visite avaient été nombreuses, venant du KKK ou des anti-castristes déçus, voire les magnats texans d’extrême droite.  Des tracts  vindicatifs seront distribués ce jour-là contre JFK.  Car certains savaient ce qui se tramait.  Quelqu’un savait, en tout cas.  Ou plutôt, quelqu’un savait, et il à bien essayé de le dire à d’autres.  Mais on a tout fait pour l’ignorer.  Un autre savait aussi d’autres choses.  On ne l’a pas davantage écouté :  mais celui-là, à l’époque, il ne pouvait pas parler, étant alors au service d’actions douteuses… de la CIA.  Dont, visiblement, les préparatifs mêmes de l’assassinat !

Un homme avait su à l’avance :  il s’appelle Eugene B. Dinkin, il était alors « Private First Class » (PFC) au département de cryptologie des quartiers généraux d’une caserne américaine installée d’abord en Allemagne, et son avertissement est le fruit d’une longue réflexion et d’une longue observation de faits épars et non de documents spécifiques annonciateurs.  Un observateur attentif de la presse circulant dans les  corps d’arme notamment. En somme un analyste, qui à force de lire la même chose, en avait tiré une conviction funeste.  A l’origine installé en Allemagne au  599th Ordinance Group, il avait été expédié à Metz dans un simple dépôt après ses premières surprenantes déclarations.  On le pensait fou 1), à vouloir penser ce qu’il avait conclu.  Selon certains, son statut de « cryptologue » n’est pas certain.  Le problème avec lui ce sont les conditions dans lesquelles il remet une note annonçant 15 jours à l’avance l’assassinat probable sinon sûr de Kennedy :  le 4 novembre il a en effet déjà fui son unité (c’est devenu un déserteur recherché) et il s’est réfugié en Suisse pour faire son annonce officielle.  En somme, il s’était lui-même effrayé de ses propres conclusions !  Il avait également contacté selon ses dires un journaliste de Newsweek qui n’aurait pas davantage crû son histoire que les responsables de sa caserne.  Persuadé, certes, mais manquant de conviction !  Les 6 et 7 novembre, il a tenu une conférence dans le local de passe de l’ONU à Genève pour expliquer ses conclusions, qui annoncent la crainte d’un assassinat imminent de Kennedy.  Difficile de définir chez lui les sources sur lesquelles il est arrivé à conclure à l’imminence de l’assassinat.  D’aucuns évoquent ces lectures, dont celle, assidue du magazine Stars and Stripes (ici à gauche le N° du 10 juillet 1959), et d’autres magazines du groupe Hearst, où écrivent un bon nombre d’opposants virulents aux Kennedy, ou bien s’il a vraiment réussi à intercepter des conversations entre comploteurs présumés.  Selon lui, dans le magazine Stars and Stripes, on n’hésitait pas à présenter Kennedy comme un sympathisant des communistes !!!  Selon lui encore, à force de le présenter ainsi, cela amenait à attiser l’envie de le supprimer.  Il pressentait aussi que le groupe qui s’en chargerait aurait lieu très certainement lors d’une cérémonie religieuse, pour attiser encore la haine contre les athées.  En fait, il recoupe bien toutes les informations sur le ressentiment d’extrême droite virulent qui existe bel et bien au Texas en 1962, certains allant même afficher des pancartes traitant LBJ de sympathisant communiste lors du défilé !

La guerre du Viet-Nam ne devait pas être perdue selon eux

Le cas du Viet-Nam en ce sens est primordial, ainsi que le discours de Kennedy qui avait littéralement « sonné » cette droite ultra.  On trouve l’expression de ce fort ressentiment partout, dans le livre « The Radical Right and the Murder of John F. Kennedy: Stunning Evidence in the Assassination of the President » de Harrison E. Livingstone.  C’est par exemple ainsi formulé, par quelqu’un « d’en haut » en prime :   » Ces gens étaient si violents que ce n’était jamais sûr qu’ils auraient  pu tuer quelqu’un ou non. Robert Kennedy n’était pas bien aimé, pour simplifier.  Il était en train de poursuivre le Mob (la mafia) pour en supprimer l’existence.  L’assistant de J. Edgar Hoover, Clyde Tolson (cf qui était aussi son amant, alors qu’Hoover se présentait comme homophobe !), a dit une fois de JFK:  « J’espère que quelqu’un tirera et tuera ce fils de pute. » La personne qui a signalé ceci était William Sullivan du FBI, qui a ensuite été abattu et tué juste avant qu’il soit sur le point de témoigner devant le comité du Congrès.  Il y a une longue liste de personnes qui sont mortes juste avant qu’elles aient été convoquées par un comité à Washington.  Ou  juste après avoir témoigné. Pendant tout ce temps où Hoover n’approuverait pas les opérations d’infiltration contre les criminels.   Si quelqu’un doute que Kennedy voulait nous retirer du Vietnam, comme l’ont tenté certains révisionnistes historiques, voici mon chapitre:  « Le Président Kennedy et la question de son intention de se retirer du Vietnam » dans « High Treason 2″, et la première page du magazine distribué aux militaires US dans le monde entier  » Stars and Stripes (du 4 octobre 1963), à la page 592 de ce livre.  Le titre se lit comme suit: «Rapport de la Maison Blanche: Troupes américaines bientôt éjectées du Vietnam avant 1965».  Kennedy avait annoncé le début de son retrait du Vietnam.  Le plan de se retirer du Vietnam est un des principaux déclencheurs de l’assassinat de Kennedy.  Les intérêts commerciaux du Texas seraient beaucoup plus riches dans la guerre.  Ils cherchaient toujours des guerres pour gagner de l’argent, et s’il n’y avait pas de guerre, ils en créerait une en attaquant quelqu’un ».  Le 11 octobre 1963, John F. Kennedy avait signé le « National Security Action Memorandum 263 » qui prévoyait un retrait d’un lot de troupes du Vietnam avant fin 63.  Au lendemain de l’enterrement de Kennedy, LBJ s’empresse de signer et promulguer le NSAM 276, texte qui annulait de fait le mémorandum 263 qui prévoyait le retrait de mille soldats US du Vietnam.  La première décision de LBJ, vite intronisé président dans l’avion ramenant le corps de Kennedy sera d’augmenter les bombardements au Nord Viet-Nam, en créant pour cela une excuse de toute pièce.  Celle de l’infâme incident du Golfe du Tonkin du 2 une manipulation notoire de l’opinion américaine (droite McNamara tenant ici de l’expliquer à la télévision).  Un mensonge caractérisé, qui rappelle bien des choses actuelles, la presse étant accusée dès lors par LBJ de présenter des choses « trop négatives »

Dinkin pas écouté

En tout cas, arrêté le 13 novembre, notre homme est aussitôt placé en hôpital psy où on ne va pas lésiner sur son sort, à coups d’électrochocs pour le calmer, comme c’est la règle aux USA pour les plus excités.  Le 29 novembre, soit 7 jours après la mort du Président, un fax numéroté 85770 décrit en détail son comportement et ce qu’il a tenté de faire savoir.  C’est encore une fois LIFE qui s’empare de l’affaire et de son cas, en la personne d’Alex Desfontaines, un des ses pigistes, qui est également correspondant de Radio-Canada, qui aurait tenu l’information d’une de ses confrères journalistes.  En somme, tout cela a des relents bien… français.  Et en effet…  Ce qu’à découvert Dinkin, installé en Allemagne mais en liaison avec les bases US en France, recoupe en effet énormément ce que d’autres remonteront plus tard par d’autres voies de recherche.  Il s’agît de la fameuse piste Corse, évoquée par Pierre Péan dans « Compromissions ». L’idée, pourtant, est venue d’un autre journaliste américain,  Stephen Rivele (ici à gauche (3)), qui dans le documentaire « The Men who killed Kennedy » affirme que l’assassinat provient dAntoine Guérini, le boss de la mafia de Marseille, un proche de Santo Trafficante Jr, qui aurait fourni les tireurs.  Guérini aurait recruté trois corses, Sauveur Pironti et Roger Bocognani (il reviendra plus tard sur ces noms) et surtout Lucien Sarti, qui appartient au réseau Ricord, parti se réfugier en Argentine après avoir collaboré pendant la guerre.  Rivele cite surtout Christian David comme source indirecte, le « Beau Serge » celui qui avait tué le commissaire Maurice Galibert, qui lui aurait avoué la participation des trois autres cités, lui-même ayant refusé « le contrat » (4) .  C’est à Michel Nicoli que David aurait fait ses confidences.  « Dans Bloody Treason-, Noel Twyman raconte qu’un « rapport du FBI daté du 9 avril 1964 déclarait que Dinkin avait prédit l’assassinat de JFK plusieurs semaines à l’avance ».   Presque en même temps, le 11 mai 1964, Richard Helms, alors directeur de la planification à la CIA, adresse un mémorandum à Lee Rankin, président de la commission Warren.  À son tour il y fait part des révélations de Dinkin, de la conférence de presse que celui-ci a donnée à Genève et de l’utilisation qu’en a faite Alex des Fontaines, pigiste à Time-Life, dans un télex n° 85770 daté du 29 novembre 1963. Le mémorandum est dispatché entre la Maison-Blanche, le département d’État, le FBI et le Secret Service.  Mais la commission Warren ne tient aucun compte de la note de Helms.  Les noms de Guérini et Sarti ont été effacés ou plutôt « deleted » dans ses différents rapports » explique Péan.

La piste Corse n’est pas à négliger

Or tour cela se tient, en fait comme provenance, puisqu’elle est purement française et que rien encore, l’année qui suit l’attentat n’a relié la France à cet attentat.  Ce qui confirme encore une fois la thèse de la machination et du complot, c’est qu’effectivement on a ignoré le contenu du fax… mais qu’on s’est particulièrement bien occupé de son auteur, pour le faire surtout passer pour un dérangé et un affabulateur.  Et totalement dénigrer ce qu’il avait pu révéler pour empêcher l’attentat de se produire.  En somme, les électrochocs subis sont la preuve du complot d’Etat, et non pas de seuls mafieux, qui n’auraient pas disposé de moyens de coercitions propres pour faire taire Dinkin (à moins de le descendre bien sûr, comme à leur habitude ce qui n’a pas été le cas).  Selon Péant, reprenant Rivele, le complot aurait impliqué « des militaires américains, des membres d’un groupe d’extrême droite et des gens d’origine française ».  Exactement le lot que l’on décrit ici depuis plusieurs épisodes; les anti-castristes figurant en ce cas dans le groupe d’extrême droite.  Le rapport secret envoyé pendant la Commission Warren, à J. Lee Rankin, le responsable de Commission, par le directeur en en personne de la CIA, Richard Helms, sera tout simplement ignoré par cette dernière !!!  Plus étonnant encore, le 16 octobre 1963, Dinkin avait envoyé un courrier personnel à… Robert F. Kennedy, le prévenant de l’extrême imminence de l’attentat, qu’il annonçait alors pour le 29 novembre !  A son retour à sa base en Allemagne, Dinkin avait constaté qu’une bonne partie des documents sur lesquels il avait établi sa conclusion avait disparue…  Encore un hasard sans doute !  On ne sait quel type d’arme Sarti préférait.  Mais on découvre avec surprise dans le numéro de juillet 1960 du magazine spécialisé Guns une Browning de calibre. 22 (5,6mm mais chargée en balle « softhead » l’arme fait des ravages) qui se sépare désormais en deux morceaux en « 3 secondes » .  Elle ne pèse que 4,75 livres, (2,15 kilos)et ne fait plus que 2 éléments de 19 pouces (48 cm), nous dit la pub. Aurait-on là l’arme parfaite du « complot » du tertre avec le tireur qu’avait observé Ed Hoffman ?

Les révélations de Tosh

L’autre personnage au courant est un pilote d’avion.  Un pilote bien particulier; puisqu’il s’appelle Plumlee et qu’il nous a raconté des années après ses exploits de livreurs de cocaïne pour la CIA, via ses multiples atterrissages clandestins en Amérique centrale et du Sud, des récits tellement précis qu’il est difficile aujourd’hui d’en faire un affabulateur, même si l’homme à une tendance naturelle à broder (et beaucoup lire les événements, pour enrichir ses propres propos, ne soyons pas dupes). Autant cette période là est bien connue chez lui, autant il aura fallu attendre pour qu’il nous livre le récit précis, là encore, d’un de ses voyages fin novembre 1963… à Dallas.  Plumlee avait eu auparavant, on s’en doute, d’autres trajets à effectuer :  « En tant que pilote, aviez-vous déjà été associé ou travaillé avec la CIA?

R: Oui, je l’ai été.

Q: Quelle était la première fois?

R: La première fois, (c’était) en 1956, et la première fois que je me suis impliqué, le M-26-7 était connecté à la CIA, grâce à des renseignements militaires.  C’était un groupe qui fournissait des fusils et des munitions aux étudiants de l’Université De La Havane à Cuba.  C’était des jours pro-Castro. C’était avant que Castro n’arrive au pouvoir.  Et c’était le début ».  A droite Castro en meeting… aux USA, en 1955.

La CIA avait bel et bien armé Castro !

Première découverte en effet pour ceux qui l’ignoraient encore : au début, la CIA avait été… pro-castriste : dans son furieux désir de se débarrasser de l’ingérable Batista, elle avait en effet misé sur … Castro !  C’est ce qu’affirme aussi ici  Philip Zwerling dans « The CIA on Campus: Essays on Academic Freedom and the National Security State« .  « Le soutien militaire, diplomatique et économique des États-Unis à Batista a continué et a inclus l’apport de la CIA, récemment créée. « L’Officier à la grande valise blanche » Allen Dulles, qui avait pressé depuis 1953 que « la CIA devait atteindre tous les coins du monde » avec des stations dans chaque poste diplomatique américain, avait aidé Batista à mettre en place une nouvelle police secrète, le BRAC, le « Burô de Represiôn de las Actividades Comunis tas », dont le badge comprendrait le «nous ne dormons jamais» utilisé pour la première fois par les entrepreneurs privés de sécurité privée du XIXe siècle, les Pinkertons ».  Le Bureau renforcerait le travail de la police secrète militaire du SIM et du FBI.  Un filet d’agents de la CIA opérait sous une couverture fragile rappelle l’homme de Graham Greene à La Havane, faisant état des activités du mouvement rebelle « M-26-7 », du gouvernement de Batista et des forces armées et du parti communiste cubain. Certains agents, plongés dans la guerre de guérilla de 1956 à 1959 et pleinement conscients de la brutalité du régime de Batista et de sa réputation qui régnait parmi la population civile, sont devenus sympathisants de M-26- 7.  Il est prouvé que l’Agence a commencé à ouvrir ses paris et à offrir un soutien aux deux côtés pendant que la crise de Batista s’aggravait, et que le M-26-7 gagnait leur confiance.  En effet, l’ambassadeur des Etats-Unis E.T. Smith pensait que le chef de la station de la CIA William Caldwell soutenait secrètement Fidel Castro. »   La CIA, et c’est vrai, avait même fourni des armes tant aux troupes de Fidel qu’à la Brigade 2506 anti-Castro de Floride.  Et c’est bien cela qu’on a cherché ensuite à minimiser, quand Fidel s’est déclaré proche de Moscou (cela aussi j’y reviendrai un peu plus loin) !

Cummings, des deux côtés à la fois

Ça semble surprenant, en effet, mais ça s’est bien passé ainsi, historiquement et indéniablement.  « Entre décembre et novembre 1957 et la moitié de 1958, la CIA a livré pas moins de cinquante mille dollars à une demi-douzaine ou plus de Membres clés du Mouvement du 26 juillet à Santiago « .  Les fonds ont été » gérés par Robert D. Wiecha, un agent de la CIA … qui a servi à Santiago de septembre 1957 à juin 1959.  « À la mi-octobre 1958, Le Mouvement de Juillet a écrit à Castro en détaillant l’ampleur du soutien de la CIA à l’ambassade américaine à La Havane, et la qualité de l’information que le soutien a donné:  « j’ai été en contact avec des personnes proches de l’ambassade.  Ces contacts m’ont dit que les gens qui sont de notre côté – mais qui ne le montrent pas – ont eu des conversations avec l’ambassadeur lui-même.  Je pense que c’est le mieux possible, puisque nous sommes tenus au courant de tout ce qui se passe là-bas et de tous les plans possibles des États-Unis ... Le journaliste du New York Times, Tad Szulc, était au courant de ce soutien en 1959.  Au lendemain de la Baie des Cochons, la CIA a entrepris une halte limitée, concédant à quelques uns des porte-parole favorisés que, oui, il y avait eu une offre limitée d’armes dans cette période, mais d’un «ex» homme de la CIA, Sam Cummings, dont Interarmco était une entreprise privée.  Cummings aurait fourni les armes utilisées par les procureurs guatémaltèques de l’Agence pour renverser le gouvernement Arbenz en 1954. «  Sam Cummings, d’Interarmco, toujours le même marchand d’armes, celui qui avait eu droit aux pages de Popular Mechanics pour dire que le Carcano était un mauvais fusil.  Les troupes de Castro, on l’a vu, ayant hérité de l’autre modèle... des Johnson M1941.  Fournis par Cummings, qui fournira en même temps et avec les mêmes armes la Brigade 2506 anti-castriste !

Mais un autre témoignage est susceptible de nous expliquer les liens dont on se doute maintenant entre pouvoir et mafia, ou plutôt entre CIA et mafia.  L’homme qui le dit est certes sujet à caution mais, sur d’autres dossiers, notamment le trafic de cocaïne et la CIA, il a donné des gages de sérieux, même si ce qu’il raconte a là aussi semblé extraordinaire parfois…. cet homme c’est Tosh Plumlee, un des pilotes de la CIA :

« Avez-vous jamais rencontré, dans votre vie, une personne nommée John Roselli?

R: Oui, je connaissais assez bien John Roselli.

Q: Quand l’avez-vous rencontré pour la première fois?

A: J’ai rencontré Roselli vers 1960, dans la dernière partie des années ’60, et la première de ’61. Et, c’était au parc Biscayne, nous venions juste d’un lieu de rencontre appelé Sloppy Joe’s sur la rue Flagler à Miami.  Et, Johnny, John Farentello était là, la personne qui m’a présenté à John Roselli.

Q: Avez-vous déjà eu l’occasion de voler avec John Roselli?

R: J’ai volé avec John Roselli, je dirais, à peut-être plus de 6 ou 7 occasions différentes.  C’était vers des îles, pas tout à fait des îles, mais à Key Marathon en Floride, à Bimini, une fois à La Havane, une autre fois de Houston à Galveston pour obtenir un navire raider pour l’opération O’Rourke et une autre fois depuis Salt Lake City à Thunderbird Inn à Las Vegas, puis de Las Vegas à Santa Barbara, en Californie.  Et, cette activité particulière des vols était en 1963″ .  Roselli, en 1961, descendait au Desert Inn de Hughes en effet, en compagnie de Julie Campbell, amie de Giancana… et énième conquête du sénateur John Kennedy.  Tout ceci à été confirmé et vérifié.  « Rosselli ferait de fréquents voyages à Miami, et était prêt et prêt à agir si nécessaire, pendant la débâcle de la baie de Cochons, et la crise des missiles de Cuba un an et demi plus tard.  Mais, alors que le FBI a reconnu l’association de Rosselli avec la CIA, y compris son lien paradoxal et légendaire avec l’agent de la CIA, William K. Harvey, la présence de Johnny en Floride est restée largement non rapportée » peut-on lire ici (y lire le détail de ses vols de la plume de  John A. Sanders).  On peut lire aussi au même endroit ceci : « William « Tosh » Plumlee prétend qu’il était un pilote de la CIA qui a embarqué Rosselli au Congrès Inn à Tampa le matin du 21 Novembre et est allé ensuite à Dallas pour une « mission de diversion » pour empêcher l’assassinat du président Kennedy.  Bien que je suppose qu’il ait été possible pour Rosselli d’avoir traversé le pays la nuit à temps, après être embarqué à l’hôtel où il était censé rester, ce n’est que l’un des nombreux détails dans l’histoire de Plumlee qui continuent à troubler les chercheurs ».

Les menaces du KKK, en embuscade

Cela trouble en effet, car il y a bien eu d’autres menaces, suivies et étudiées par les services secrets US.  Dallas était bien une ville extrémiste en 1963.  Une habitante de Dallas, Nelle Doyle, avait rédigé une lettre poignante et hélas prophétique au porte-parole de la Maison Blanche Pierre Salinger (2), avant la venue de Kennedy.  La menace de Joseph Milteer (ici à droite) est assez représentative, et dénoncée ici par un ancien agent du FBI (Don Adams) :  « le 9 novembre, la police de Miami a convaincu Somersett d’enregistrer secrètement une conversation avec l’associé de droite Milteer à l’appartement de Somersett à Miami.  Sur bande, Milteer a affirmé qu’il y avait un complot pour assassiner JFK.  Il s’abstint de dire qu’il était lui-même impliqué.  Dans l’enregistrement, Milteer et Somersett ont parlé du  voyage de JFK prévu le 18 novembre en Floride.  À un moment donné, Somersett a demandé, « Comment diable imaginez-vous le meilleur moyen d’abattre [Kennedy]? »  Milteer a répondu: « D’un immeuble de bureaux avec un fusil de haute puissance. »
«Tu crois que [Kennedy] sait qu’il est un homme visé ?»  demanda Somersett.
– Bien sûr.
« Ils vont vraiment essayer de le tuer? »
« Oh oui.  C’est prévu », a déclaré Milteer.  Milteer a mentionné un homme du « Klan » – censé être le chef du KKK, Jack (William) Brown – « l’Impérial Wizard » de Chattanooga, Tennessee, en tant que quelqu’un qui était « aussi susceptible de tuer [JFK] que n’importe qui. »  Brown a été suspecté de bombarder les maisons des Afro-Américains dans la région de Chattanooga en 1960.  Il avait soi-disant traqué Martin Luther King «pour des miles et des miles, et n’avait pas pu s’approcher assez de lui», a déclaré Milteer (nota : Brown sera cité en 1974 dans le rapport sur l’assassinat de Martin Luther King).  La police de Miami a fourni une transcription de l’enregistrement aux agents du Service secret le 12 novembre.  Le Service secret et le FBI ont ouvert des dossiers sur la question et ont mené une enquête superficielle sur Milteer.  L’homme de droite a également mentionné Brown comme quelqu’un qui aurait pu être parmi ceux qui avaient bombardé une église de Birmingham, à Ala, le 15 septembre, dans laquelle quatre jeunes Afro-Américaines avaient été tuées (à gauche photo du « Grand Dragon vert » Bob Jones, à une réunion du Ku Klux Klan en août 1964 au Texas, photo de Bruce Roberts).  Quatre autres hommes du KKK ont finalement été arrêtés pour ce crime horrible.  Les agences ont fermé les dossiers Milteer quelques jours après, bien avant l’assassinat de Kennedy.  Encore une fois, la menace citée par Milteer a été « ignorée » par les Services Secrets qui ont planifié le voyage de JFK à Dallas, selon le Comité d’assassinats de la Chambre.  Somersett est allé plus tard jusqu’à charger Robert Kennedy de ne pas remplir ses fonctions en tant que procureur général en envoyant plus d’agents du FBI à Dallas pour préserver son frère.  Des exemplaires de la bande ont été envoyés à RFK, au FBI et au Service secret bien avant le 22 novembre, a déclaré M. Somersett.  Mais il n’était pas clair si RFK a effectivement entendu cette bande. »  Kennedy a visité la Floride comme prévu le 18 novembre, mais les autorités ont pris plus de précautions après avoir appris de l’enregistrement de Milteer / Somersett.  Des centaines de policiers et d’agents se sont mêlés à la foule à Tampa et ont cherché des signes d’un fusil pointé d’une fenêtre ouverte le long de la route du défilé de JFK.  Santo Trafficante aurait participé à la planification de la tentative, et le patron, dans la foule a avorté le plan après avoir appris sur la sécurité accrue des autorités, selon les auteurs Lamar Waldron et Thom Hartman. Des hommes armés avaient prévu de tirer sur le cortège de Kennedy alors qu’il tournait lentement devant l’hôtel Floridan. » Plus intéressant encore, dans l’exposé, le rôle qu’aurait joué un anti-castriste manipulé :  « l’exilé cubain Gilberto Lopez, qui avait défié la Russie, a visité la ville de Mexico à l’automne 1963 et, agissant comme un partisan de Castro, aurait été utilisé pour servir de « patsy », sur la copie d’un Oswald et de Vallee (on verra plus loin qui est ce Vallee).  « Lopez avait même reçu un nouvel emploi le long de cette voie de défilé à peu près au même moment qu’Oswald et Vallee avaient obtenu de nouveaux emplois à Dallas et Chicago, respectivement, le long de ces itinéraires proposés pour la parade ».  A Tampa, en avril,  note le même article, « la situation a été compliquée par d’autres menaces signalées.  Wayne Gainey, un psychiatre ambulatoire à Tampa, a affirmé que les membres du Klan l’avaient exhorté à tenter de tuer JFK.  Ses parents ont assuré à la police qu’ils le surveilleraient, et un agent a surveillé la maison pendant la visite de Kennedy. »  Sur la photo de la parade en voiture, beaucoup plus courte (photo à gauche) qu’à Dallas, les gardes du corps semblent en tout cas beaucoup plus vigilants (ici à droite) :  il y en a plusieurs qui sont debout dans la voiture présidentielle, côté grands immeubles !  A noter que certains semblent avoir aperçu Milteer près de Dealey Plaza, le 22 novembre… et effectivement, ça semble bien être lui !!!  Milteer, impliqué dans un précédent complot, était présent !!!  Ci-dessous une effrayante photo datée du 7 novembre 1965, où l’on peut voir Royce McPhail, ici à gauche, le porte-parole du Ku Klux Klan au Texas, donner ses instructions lors de la marche en direction du Texas Capitol d’Austin, Texas :

Plumlee, agent de la CIA et son récit hallucinant

Plumlee, on y revient, travaillait selon ses dires, bel et bien pour la CIA :  « entre 1962 et 1963, j’ai été affecté à la section B de la Task Force W-C-7 au cours du projet cubain qui fonctionnait à l’époque de la station JM / WAVE rattachée à Miami, au bureau de Cuba de la Central Intelligence Agency (CIA).  J’ai opéré avec un contrat de «Undercover pilot» et aussi, parfois, j’ai été affecté à des opérations spécialisées cubaines de la CIA « Covert Action Group » (CAG).  J’ai été engagé dans de nombreuses opérations secrètes à travers le début des années soixante ».  Ce qu’il raconte après est… hallucinant : « à partir du 20 novembre 1963, on m’a assigné un copilote sur un vol haut secret, rattaché à une unité de renseignement militaire et appuyé par la CIA.  Notre mission, on nous a dit, était de faire une « mission de diversion » sur une tentative d’attaque sur la vie du président qui devait avoir lieu à Dallas.  Nous avons été recrutés comme «disjoncteurs» un système utilisé pour protéger une opération secrète de l’exposition publique.  Notre équipe était basée dans le sud de la Floride.  Mon pilote pour cette opération était Emanuel Rojas.  Nous avions déjà volé ensemble.  J’étais le copilote de cette opération.  La première étape du vol partait de Lantana, en Floride (environ cinq miles au sud de West Palm Beach) à Tampa en Floride.  L’avion utilisé pour la première phase de ce voyage était un avion D-18 Twin Beach » (en voici un à droite photographié à Lantana, mais en 1981.  « Nous avons décollé avant la pause du jour le 21 novembre 1963 en attendant d’arriver à Tampa au lever du soleil.  Nous devions ramasser d’autres personnels à Tampa.  L’un de ces gens était John Roselli, que je connaissais (de son vrai nom Filippo Sacco, en photo ici à gauche).  J’avais connu John Roselli avant ce vol.  J’avais volé avec Roselli et d’autres à des endroits comme Cuba, Bimini, Galveston Texas, Las Vegas et la Californie.  Il était aussi connu pour moi comme «le colonel Rawlston» ou simplement «le colonel».  Nous (Rojas et moi) allions ramasser «le colonel» au Tampa’s Congress Inn ce matin-là.  Nous avons changé d’avion à Tampa pour un DC-3 en attente qui était enregistré à «Atlantic Richfield», et avons continué notre voyage à la Nouvelle-Orléans, où un couple de personnes, que je ne savais pas, est descendu, et quelques autres sont montées.  Le colonel resta à bord du DC-3. Nous avons continué notre voyage en quittant la Nouvelle-Orléans et continuant à l’aéroport international de Houston où nous avons passé la nuit au Shamrock Hilton, pas loin de l’aéroport.  Nous avons garé l’avion sur le côté de Trans Texas de l’aéroport non loin de la garde nationale de l’air de Texas et de leur avions AT-6″.

Le DC-3 de Ferrie ?

Le fameux DC-3 (5) sera ailleurs plus tard précisé  :  « en novembre 1963, Dave  (David Ferrie en fait) a travaillé à l’aéroport de Garland et m’a prêté sa voiture pendant quelques heures le jour où Kennedy a été tué.  Il avait gardé les journaux de vol de Garland pendant un certain nombre d’années après cela.  Les deux messieurs de RedBird se souviennent d’un DC-3 qui avait été amené à l’aéroport de White Rock pour un certain nombre d’années et il était alors à vendre (1971).  Ce DC-3 avait été à Garland autour de 1969-70 et Dave Ferrie en avait été le pilote.  Avant de se rendre au travail pour une compagnie aérienne à Houston Trans Texas, je pense.  Le DC-3 avait été «rétro-ajusté» à Garland et ses moteurs avaient été révisés à Southwest Airmotive Dallas Love Field.  L’oiseau avait volé vers White Rock de Garland où il a été mis en vente.  Les journaux du DC-3 ont montré qu’ils avaient déjà été inscrits à «Atlantic Richfield» (1963) et avant cela «Riddle Airlines» vers 1957 (la firme avait aussi des C-46).  Entre 1957 et 1969, il s’agissait d’un aéronef  pour trois compagnies de la CIA.  Il a fini quelque part dans la région de Dallas vers 1968.  Il avait été réparé à l’aéroport de Redbird par une compagnie qui a appartenu à Howard Hughes, vers 1963-4-5) (…).  Je trouve étrange que cet avion ait été basé à Miami, qu’il ait travaillé pour la CIA et qu’il soit revenu à Dallas pour mettre fin à sa carrière, assis sur une vieille piste de terre dans un vieux aéroport à l’extérieur de Dallas, au Texas »… Le DC-3 serait l’ancien NC1075M de l’armée acheté en 1953 par RichField comme N6OR, puis N596AR pour Atlantic Refining Company, devenu depuis le Spirit of Santa Monica, N242SM, élevé depuis sur pylones.  Avant d’appartenir à Atlantic, il aurait plutôt appartenu à « Virgin Island Scenic Air Service Inc« , puis à « Nationwide Air Transport Service Inc« , Miami, selon cette source.  Les deux ont tout l’air de compagnies fantômes de la CIA, au Delaware, la première a fermé dès 1951.  On retrouvera une image de DC-3 à Love Field, mais c’était  à l’évidence d’après sa déco l’un des 5 de Trans-Texas Airways . A Love Field, en revanche, sur une carte postale on trouve semble-t-il un Beech 18 (voir ci-dessous les photos), aux côtés du Lockheed C-130 chargé d’amener les deux voitures de Kennedy, dont la Cadillac suiveuse, surnommée la « Queen Mary ».  Selon certains, ce C-130 12373 aussi aurait participé au « cover-up » en rapatriant très vite la Cadillac afin de ne pas montrer ses dégâts réels, notamment sur le pare-brise avant… on avait bien vite remis en route la circulation sur Dealey Plaza et bien vite aussi expédié hors de la vue publique la voiture ensanglantée qui sera intégralement nettoyée et refaite pour resservir plus tard !!! Deux agents de la sécurité présidentielle, Kinney et Hickey, étaient arrivés à bord de cet Air Force C-130 numéro 12373 du 76th Airlift, piloté par le Capt. Roland H. Thomason, de l’USAF, avec à bord les deux Limousines,  appelées 100-X et 679-X pour celle du « Secret Service ».  Plus étrange encore, on retrouvera partant pour la poubelle en 2013 les « flights-logbooks » de l’avion (cette histoire est sans fin en effet !) portant bizarrement comme destinataire « confidentiel » Curtis le May, l’un des plus grands opposants à Kennedy au sein de l’Air Force… dans le logbook retrouvé, aucune mention de l’arrivée du  N°12373 :  où était-il donc passé, avec la voiture comme scène de crime évident ???  Un posteur en forum commente avec à propos : « c’est vraiment un endroit incroyable.  La question qui fait que quelque chose d’important contient un élément de preuve, ou que c’était juste une histoire intéressante; et d’autre part, cela pourrait être un indice essentiel à ce qui est vraiment arrivé à l’intérieur de la morgue de Bethesda, et aux États-Unis d’Amérique, le 22 Novembre 1963″.  Même la limousine avait  été « hackée » en quelque sorte !!!  La voiture, d’une valeur actuelle de 1,5 millions de dollars (on avait beaucoup modifié chez Hess & Eisenhardt l’originale dont la capote se repliait dans le coffre à l’origine) servira encore 13 années après Dallas.  Elle est aujourd’hui au musée, mais arborant un beau pare-brise neuf (6).  On notera qu’après l’assassinat, non seulement les membres du service de sécurité avaient sorti du coffre les plexiglas pour recouvrir la limousine, mais avaient aussi ajouté dessus une protection noire, rendant la visibilité intérieure plus délicate.

Une drôle d’équipe amenée sur place

Retournons au témoignage de Plumlee :  « Le lendemain matin, le 22 novembre 1963, vers 16 h 30, notre plan météorologique n’était pas favorable à un vol VFR dans l’aéroport Red Bird de Dallas.  Nous avons choisi Garland comme alternative au cas où le temps ne se serait pas et sommes arrivés près de l’espace aérien de Dallas.  Nous n’avons pas déposé de plan de vol ni prévu de déposer IFR.  Cela aurait laissé une trace de notre vol avec le contrôle de la circulation aérienne.  Nous avons continué vers Garland, dans le nord-est de Dallas au lieu de Redbird Airport à Oak Cliff, une banlieue de Dallas.  Nous avons pris cette décision en raison du mauvais temps possible au sud-ouest de Dallas qui n’était pas encore disparu.  Nous sommes arrivés à Garland près du point du jour. Il y avait eu auparavant tant de menaces contre la vie du président que nous n’avons pas eu un grand sentiment d’urgence sur ce cas particulier.  En attendant le mauvais temps à Garland, et environ trente minutes après l’atterrissage trois des passagers ont été pris en voiture, y compris Roselli.  (Il y a trois corroborations documentées de ma présence à l’aéroport de Garland ce matin-là). Après que le temps ait été suffisamment dégagé pour que l’avion continue par les règles de vol de VFR à l’aéroport de Redbird à Dallas, nous avons laissé Garland pour le vol de dix minutes à Red Bird. Nous avons atterri à Redbird vers 9 h 30 ou 10 h 30, peut-être vers 11 heures du matin, où tout le monde s’est mis en route.  Mon impression à cette époque est que j’amenais une équipe pour empêcher une tentative d’attentat à Dallas, composée de John Roselli, un couple de cubains et certaines personnes que j’ai supposé être liées avec le crime organisé à la Nouvelle-Orléans.  Les informations spécifiques de la CIA sur l’assassinat, que son personnel sur le terrain avait obtenu des informateurs du Texas et des sources internationales, étaient passées aux unités militaires d’Intel attachées au Pentagone.  Certaines de ces informations, m’avait-on dit, provenaient des interrogatoires de deux Cubains qui avaient planifié de tirer sur Air Force One avec un bazooka le 17 novembre à West Palm Beach, en Floride ».  Là aussi, on n’a pas retrouvé l’origine de l’assertion de Plumlee, mais une autre.  Ici l’arrivée de Kennedy à Love Field.  A un moment, la caméra s’arrête sur le C-130 ayant amené auparavant les deux limousines présidentielles (l’article de Wikipédia se trompe à ce sujet, indiquant un C-123 Provider.

C’est le 25 novembre 2016 seulement qu’on apprendra qu’une autre tentative extrémiste avait été déjouée au même endroit le 14 décembre 1960, alors qu’il n’était même pas encore élu président.  Un drôle d’attentat, dans lequel un homme Richard Paul Pavlick, retraité de la poste âgé de 73 ans s’était entouré de bâtons de dynamite pour se précipiter avec sa voiture contre la Cadillac de Kennedy.  L’homme avait été décrit comme « instable mentalement« , et s’attaquait, selon lui, au président potentiel parce qu’il était… catholique !  Enfermé en prison psy jusque 1966 il y est mort en 1975.

 

Direction Dealey Plaza !

« Bien que ma fonction spécifique assignée était seulement d’être pilote » continue Plumlee, « en arrivant à l’aéroport de Redbird, Sergio m’a demandé si je voulais venir voir le président passer.  Je pourrais aussi agir comme un observateur pour lui et son équipe, qui, a-t-il dit, ont été affectés au côté sud de la place.  On m’a dit que d’autres membres de l’équipe patrouillaient le côté nord et le viaduc.  J’ai compris que nous serions à la recherche d’un type d’embuscade en triangulation.  J’acceptai volontiers l’offre de Sergio.  C’était une aventure que je ne voulais pas manquer.  Nous avons été conduits de l’aéroport RedBird à un endroit pas loin de l’Oak Cliff Country Club, puis conduits sur Dealey Plaza, où nous (Sergio et moi) avons vérifié les divers secteurs et avons essayé de repérer les membres potentiels d’une équipe d’attaque de la position sur le tertre de gazon sud.  L’information originale que l’équipe avait reçue de sources du Texas et de la CIA était qu’une tentative a été faite en dehors de l’Hôtel Adolphus, mais pour des raisons inconnues à eux, on m’a dit, l’acheminement du cortège a été changé à la dernière minute vers Dealey Plaza ».

Aux premières loges et impuissants ?

« Pendant que nous étions sur la butte sud, Sergio et moi essayions d’évaluer les endroits les plus logiques où les tireurs pouvaient être localisés, mais tout était confus, le timing était court, les membres de l’équipe tardaient à se mettre en position.  Ils n’étaient pas là où ils étaient censés être et les contacts radio limités que nous avions avec eux ne fonctionnaient pas, ou crachotaient au mieux.  Ce fut bientôt après notre arrivée que le cortège arriva.  Lorsque les coups de feu ont retenti, j’ai eu l’impression de 4 ou 5 coups de feu, l’un tiré par derrière et à gauche sur le South Knoll, près du passage souterrain et du parking sud.  En sortant par le côté sud du passage souterrain près de la voie ferrée, Sergio et moi avons senti la poudre à canon.  Je n’ai pas vu Roselli à Dealey Plaza ce jour-là.  Nous avons été ramassés à l’arrière du passage souterrain, côté sud-ouest, par une personne qui était précédemment allée au Country Club.  Après avoir pris la route, et au retour vers Red Bird, nous nous sommes arrêtés dans le stationnement du Sportatorium d’Ed McLemore, où Sergio a changé de vêtements parce qu’il s’était enlisé quand il est tombé sur le côté ouest glissant des chemins de fer.  Nous nous sommes arrêtés à un endroit à Oak Cliff, puis sommes retournés à Redbird Airport.  Nous avons attendu après quelques-uns des opérateurs qui avaient fait partie de notre vol à Dallas pour y retourner.  Nous avons attendu aussi longtemps que nous pouvions avant de partir sans Roselli et certains des autres.  Vers 2 heures de l’après-midi, nous avons décollé de Red Bird sans avoir déposé de plan de vol.  Notre vol original de Dallas nous demandait de voler de Shepard Air Force Base à Wichita Falls, au Texas.  Mais à cause de l’assassinat la routage a été changé à la dernière minute par Rojas.  Nous allions à Houston et au retour au sud de la Floride.  Sur l’avion, outre Rojas, Sergio, il y avait une personne que je connaissais comme étant « Gator » du camp de Loxahatchee et deux autres personnes que je ne connaissais pas.  Gator avait les caractéristiques d’identification d’une pomme d’Adam exceptionnellement grande et un doigt manquant, car il aurait été mordu dans une ferme d’alligators.  Les gens sur le vol de Dallas étaient très calmes.  J’ai interprété leur silence comme une abattement à l’échec de la mission d’annuler l’assassinat du président.  Je crois que si ces hommes avaient été les tireurs ou les assassins eux-mêmes, ils auraient été très excités parce qu’ils l’avaient emporté.  C’est pourquoi, jusqu’à ce jour,  je m’oppose à l’idée, que l’on m’a demandé de spéculer à maintes reprises, que l’attaque contre le Président était au nom de la CIA, de la Mafia ou du Renseignement militaire qui, sans le savoir, auraient assassiné le Président ». « Quand j’ai appris plus tard qu’Oswald avait été arrêté comme le seul assassin, je me suis souvenu de l’avoir rencontré à plusieurs occasions précédentes qui étaient liées à des questions de formation de renseignement, d’abord à Illusionary Warfare Training à Nagshead, en Caroline du Nord, puis à Honolulu à l’installation radar à Oahu Wheeler Air Force Base, puis à Dallas et à Oak Cliff, une maison sur la rue Beckley Nord gérée par le groupe Alpha 66 d’Hernandez, qui avait travaillé à partir de Miami avant l’assassinat. »

On avait bien su AVANT que quelque chose se tramait

Si Plumlee semble disculper à la fois les cubains et la mafia (et se protéger lui surtout au passage !), et même si son récit est fantasmé, il n’empêche :  il indique clairement que la CIA avait été prévenue de l’imminence de l’attentat… et donc des textes envoyés par Eugene B. Dinkin !!!  Et qu’il y avait donc bien un complot en cours et que la CIA le savait !  Plumlee ajoutant ensuite que  « le rapport a été transmis au quartier général de Miami au quartier général de JM / WAVE et au bureau cubain de Miami de la CIA ».  Un autre avait prévenu à l’avance :  Edgar Hoover, via Hosty, son agent du FBI.  Hosty avait en effet rencontré Oswald à son retour d’URSS et l’avait interviewé, et avait à partir de là écrit un memo.  Auparavant une autre note sur Oswald et son voyage au Mexique lui avait été transmis.  « Cette note est reçue par l’agent James Hosty, qui suit le dossier d’Oswald.  Mais comme personne à l’antenne du FBI de Dallas n’est au courant de son voyage à Mexico ni des gens inquiétants qu’il y a rencontrés et encore moins des propos menaçants qu’il y a tenus, Oswald repart sans qu’aucune suite soit donnée à sa démarche.  Et surtout, sans que Hosty ou ses supérieurs réagissent et renforcent les mesures de contrôle sur l’ancien marine.  Alors que l’on sait déjà que le président Kennedy doit passer par Dallas le 22 novembre…  Il faudra d’ailleurs attendre 1973 pour connaître l’existence de cette note et de la démarche d’Oswald à l’antenne du FBI.  Car après l’assassinat de JFK, et sur les conseils de son chef Gordon Shanklin, l’agent James Hosty va faire disparaître dans les toilettes, après les avoir brûlés, tous les documents en possession du FBI de Dallas sur Oswald, dont la fameuse note remise par l’assassin quelques jours avant son geste. »  « La raison de cette destruction est simple : comme le raconte Philippe Shenon dans son livre « Anatomie d’un assassinat », les deux agents du FBI ont été effrayés à l’idée que la police fédérale avait eu l’assassin à portée de main et l’avait laissé filer.  Et, dira plus tard Kelley, ils ont surtout été paniqués à l’idée que, si Hoover l’apprenait, leur carrière au FBI était terminée.  En réalité, selon le successeur de Hoover, Hosty est une victime.  Si l’antenne de Dallas avait été informée de ce que Hoover savait sur Oswald, il ne fait pas de doute que le bureau aurait pris toutes les mesures nécessaires pour le neutraliser.  Le vrai complot est là : Hoover n’a rien fait pour éviter le drame de Dallas. »  Et ça, ça se tient davantage il semble que le récit de Plumlee!

Ceux qui avaient su ne sont plus là pour le dire

D’autres ont su des choses, mais c’est fou comme ils sont tombés comme des mouches après l’attentat comme on l’a dit (je reviendrai un peu plus loin sur leur sort).  Beaucoup étaient liés à Jack Ruby en fait.  La journaliste Dorothy Killgallen, celle qui avait interviewé Jack Ruby, mais aussi un autre journaliste, Jim Koethe, tué lors d’un cambriolage alors qu’il était un des rares à avoir visité l’appartement de Ruby la nuit qui avait suivi la mort d’Oswald, comme l’avocat de Ruby, Tom Howard, lui aussi visiteur du même soir au même endroit.  Un autre journaliste, Bill Hunter, du Long Beach Press Telegram, dans lequel il avait remarqué que « quelques minutes avant l’exécution d’Oswald par Ruby devant les yeux des millions à regarder la télévision, au moins deux avocats de Dallas semblaient parler avec lui. »  Il est mort dans des circonstances ahurissantes : alors qu’il était dans un commissariat appelé « the Public Safety Building« , deux policiers étaient entrés et l’un des deux l’avait froidement abattu, à moins d’un mètre de distance :  la police déclarant que c’était un accident, l’arme ayant « glissé » des mains du policier (le second affirmant qu’il n’avait rien vu, étant resté le dos tourné !!!) !!!.  Ou la strip-teaseuse Melba Marcades, retrouvée morte au milieu de nulle part alors qu’elle avait dit en interview qu’Oswald et Ruby se connaissaient très bien.  Ou encore la malheureuse jeune actrice 23 ans, Karyn Kupicinet, qui aurait averti un standard téléphonique que le Président John Kennedy allait être tué une vingtaine de minutes avant l’assassinat de Dallas, retrouvée morte dans son appartement de West Hollywood, en Californie, une semaine après Dallas.  Etranglée, avec une mise en scène à la Monroe (avec des médicaments bien voyants).  Son histoire d’appel lui avait été attribuée par l’auteur  Penn Jones, Jr. dans le libre « Forgive My Grief II », mais il s’agissait peut-être d’une autre personne ayant appelé : son père a toujours rejeté l’accusation.  A ce jour son meurtre n’est toujours pas résolu.  Ou encore Grant Stockdale, l’ancien ambassadeur des États-Unis en Irlande, proche de l’Irish mafia si chère au clan Kennedy, tombé de sa fenêtre au 13e étage de ses bureaux à Miami.  L’homme avait eu une réunion avec Bobby et Edward Kennedy quatre jours après la mort de JFK.  Il y a aussi le cas d’un employé de la CIA, Gary Underhill, ancien de l’OSS.  Celui-là avait analysé la situation et avait été très clair à son propos avec une proche :  « Oswald est un pigeon.  Ils l’ont mis en place.  Il est celui en « trop ».  Les salauds ont fait quelque chose de scandaleux.  Ils ont tué le Président !  J’ai écouté et entendu des choses.  Je ne pouvais pas croire qu’ils l’auraient fait, mais ils l’ont fait!  » Underhill croyait qu’il y avait un lien entre l’Executive Action, Fidel Castro et la mort de Kennedy: « Ils ont essayé à Cuba et ils n’ont pas réussi.  Juste après la baie des Cochons.  Mais Kennedy ne les aurait pas laissés faire .. . et alors qu’il avait eu vent de cela, et il allait vraiment leur donner un coup de sifflet final.  Et ils l’ont tué!  »  Le 8 mai 1964, Underhill était retrouvé raide mort.  D’une balle entrée sous l’oreille gauche alors qu’il était… droitier.

Une autre histoire à Love Field

Dans cette saga inextricable on peut parfois « connecter les points ensemble » comme disent les américains.  Relier différentes époques, ou différents trafics, ici.  Ce que raconte Daniel Hopsicker ici est en ce sens passionnant et semble jouer ce rôle. Enquêtant un jour sur Barry Seal, ce dealer devenu informateur de la CIA qui avait réussi à faire coincer le cartel de Medellin en y perdant la vie, le voici qu’il se retrouve auprès du Dr. Roger Morris et de Sally Denton, les premiers à avoir décrits les activités douteuses de la CIA à la Mena.  Et voici qu’il apprend que cela n’aurait pas été Tosh Plumlee mais un tout jeune Barry Seal qui aurait « ramassé » des tueurs de Dallas avec son avion (Plumlee ayant « pompé » l’histoire vraie de départ).  Selon un de ces anciens amis, John Odom, Seal aurait d’abord fait la navette de caisses d’armes vers Bâton Rouge à plusieurs reprises… pour David Ferrie.  Un emploi lucratif :  il empochait 400 dollars à chaque voyage (l’équivalent de 2500 dollars la semaine aujourd’hui, note Hopsicker.  Poursuivant sa quête, le voici à rencontrer Debbie, la veuve de Seal, qui lui dévoile une photo prise à Mexico.  Celle d’un groupe de personnes en smoking autour d’une table, appelés groupe de l’ « Operation Forty (1).  « C’est un des points clé de ce dossier : un groupuscule extrémiste dont certains émergent à la CIA, et non des moindres, puisqu’ils marqueront une longue présence en politique, notamment sous Nixon ou Bush (les deux Bush).  Selon Hopsicker, les assassins annoncés de Kennedy.   On y découvre à côté de Seal : Porter Goss (de 1962 à 1972 à la CIA; il reviendra sous G.W. Bush !), le responsable de la CIA, Felix Rodriguez, l’ancien policier sous Batista devenu mafieux et anti castriste (penché à gauche sur le cliché) qui détiendrait chez lui les mains coupées de Chez Guevara dans un vase, mais aussi Frank Sturgis, plombier du Watergate, cité dans l’assassinat de Kennedy, et également quelqu’un que l’on retrouve avec surprise, ou plutôt sans beaucoup de surprise, si on a lu le dossier qui précédait:  Une vieille connaissance, puisqu’il s’agit de William Seymour (à l’extrême droite sur la photo), souvenez-vous, l’homme de l’épisode 3 de notre saga, celui qui payait les veuves des pilotes morts de la Baie des Cochons en signant les chèques du nom de la société factice « Double-Chek Corporation » !!!   En voilà un beau de point de connecté avec le reste !!!  Selon Hopsicker, vers 14h le 22 novembre 1963, un petit avion Commanche qui faisait tourner son moteur depuis 1 heure, celle à laquelle Kennedy avait été annoncé mort, avait enfin décollé de l’aéroport de Redbird, près de Dallas voie 17, direction.. Love Field, à 8 miles au Nord seulement.  « A Redbird, il y avait les hangars des avions du General Harry Byrd, ce pétrolier texan amateur de safaris.’  Trois hommes étaient à bord au départ, mais deux seulement au retour de l’appareil.  Selon Hopsicker toujours  les « tueurs » venaient du camp Lacombe, en Louisiane.  Celui du camp d’antiscastristes sur-armés entraînés par la CIA.  Dans l’épisode 10 de cette saga, également, je vous ai déjà évoqué les dires de Fabian Escalante, le fondateur des services secrets castristes, celui qui a recensé plus de 600 tentatives d’assassinat contre Castro., qui recoupent cette histoire.

Posada, le tueur le plus protégé par les USA

L’homme clé du dispositif est Luis Posada Carriles, comme j’ai déjà pu l’écrire, car il continuera son action bien après Dallas en bénéféciant d’une indéfectible aide des USA.  Celui qui a le mieux traité de ces actions de subversion à Cuba ou en Amérique du Sud s’appelait Jean-Guy Allard (décédé en 2016), il était québécois d’origine et a beaucoup écrit sur le sujet.  Car selon lui, Posada a bien à voir aussi avec l’affaire de Dallas.  Mais il n’a pas été supprimé, lui, et pour une bonne raison :  « pour Wim Dankbaar, l’expert hollandais de l’assassinat de Kennedy, l’implication de Posada dans l’assassinat du président Kennedy à Dallas est ce qui préoccupe le plus l’administration nord-américaine ».  « Posada fait en ce moment ouvertement ce que j’avais déjà dit au début:  faire chanter l’administration Bush pour obtenir sa protection », a déclaré l’auteur d’un des sites web les plus documentés sur ce sujet (jfkmurdersolved.com).  « L’information la plus sensible » doit être le fait qu’il était présent sur la Place Dealey, qu’il sait tout sur l’assassinat de Kennedy et du rôle de Bush père dans l’affaire » (pour ce qui est de sa prétendue présence sur place, je ne suivrai pas cette piste, à laquelle il manque trop d’éléments).  « Cet homme aurait été éliminé comme Lee Harvey Oswald s’il n’avait pas en sa possession des preuves évidentes qui seraient publiées s’il venait à mourir », a-t-il affirmé.  L’article ajoute : « dans son autobiographie Los Caminos del Guerrero, Posada explique comment dans les années 60,  » nos amis nord-américains nous ont entraînés et exercés dans l’utilisation et le maniement des armes, des explosifs et des techniques d’incendie. (…).  L’Agence centrale des Renseignements (CIA), envoyait des explosifs (C3), des stylos piégés, des mèches, des cordons détonateurs, des détonateurs et tout le nécessaire pour des actes de sabotage ».  Dans un autre chapitre, Posada ajoute avec une franchise surprenante:  « Il y a des années, la neutralité affichée du pays n’était pas violée quand ils nous entraînaient pour envahir Cuba;  non plus quand l’Agence centrale de renseignements infiltrait des commandos et des saboteurs à Cuba, en leur fournissant des armes et des explosifs pour leurs actions ». Selon Escalante, dans une interview télévisée du 26 novembre 1993, les tueurs de Kennedy auraient été trois gangsters de  Chicago (Lenny Patrick, David Yaras (8), et Richard Cain), et deux cubains exilés (Herminio Diaz Garcia et Eladio del Valle, retrouvé mort dans sa voiture), mais la CIA aurait été au courant, aurait laissé faire et facilité l’événement.  Les deux cubains sont cités aussi dans l’ouvrage de Dick Russell,  « The Man Who Knew Too Much » (L’homme qui en savait trop, 1992) qui évoque le cas de  Richard Case Nagell, mais ce dernier est bien trop fantasque pour lui accorder crédit.

Les affaires de la CIA qui ont perduré bien après

C’est aussi l’amoncellement de victimes qui a suivi le décès de Kennedy qui n’a de cesse de surprendre : pourquoi donc assassiner autant de personnes après coup ?  Escalante a une explication, qui est certes Hollywoodienne, mais qui est pleine de bon sens en fait (mais dans le cas où c’est l’Etat qui est derrière et non la seule mafia) :  «à la fin, je pense qu’ils ont perdu le contrôle.  Le cas de Ben Laden est un exemple.  Il y a un livre intéressant écrit par le Nord-Américain David WiseLe gouvernement invisible, qui explique cela.  Des organisations comme la CIA et le Mossad israélien, ou d’autres dans certaines régions du monde, acquièrent un pouvoir illimité parce qu’elles ont de l’information qu’elles peuvent manipuler ou cacher à leur propres présidents et qu’elles possèdent de plus la capacité d’agir sans contrôle pour obtenir des résultats secrets.  Il faut se rappeler le scandale appelé Iran-Contra où le Conseil de sécurité des États-Unis s’est impliqué dans une immense opération de contrebande de drogues, pour soutenir la guerre sale contre le Nicaragua sandiniste.»  «Imaginez, l’Agence centrale  de renseignement, dans les années 60, avec des bases disséminées dans le monde entier, gérant des opérations aussi délicates que les vols des avions espions U-2, avec des radars ultra-modernes, avec une grande base d’opération à Miami dotée d’un budget de 100 millions de dollars (équivalent à un milliard d’aujourd’hui), avec 55 entreprises fantômes qui produisent des revenus incontrôlés.  Où aura fini tout cet argent qu’a produit la guerre contre Cuba ?  «Il y a un film américain des années 70 qui est fabuleux et qui s’appelle précisément « Les jours du Condor », qu’interprète Robert Redford.  Il raconte comment une unité de la CIA qui se consacrait à étudier les romans policiers avait dévoilé, à cause d’une erreur ou d’une mauvaise interprétation, une opération ultra-secrète en marche.  La décision que prennent les chefs est de liquider tous les employés, qui ne sont rien d’autres que des lecteurs de romans, et plusieurs agents attaquent la maison où ils se trouvent et les liquident tous, sauf Redford, qui était sorti chercher le repas.  Et le film commence alors avec la fuite de Redford poursuivi par tous ses chefs.  L’anecdote reflète jusqu’où on peut arriver dans cet obscur et ténébreux monde souterrain ».  Il est vrai que le film est l’un des premiers à poser le problème de cette façon :  pourquoi donc amonceler autant de cadavres qui n’ont qu’un rapport succinct avec le problème de départ ?  Tout simplement car le problème d’origine est énorme; et que rien ne doit être laissé en route qui puisse faire remonter jusqu’au plus haut des décisionnaires.  Alors on tue, on supprime, on massacre de façon aveugle, bref, on « ventile », comme aurait dit Audiard !

La mise en place du plan à l’initiative de Robert Kennedy

Le double jeu des Kennedy a été constant, on l’a vu (et on le verra en détail dans un prochain épisode à suivre) :  ces deux « hommes de paix » étaient restés aussi anticommunistes que leur père, aux amitiés nazies affichées avec Charles Lindbergh (lui aussi avait une solution en 1938 pour les juifs…).  Ca c’est bien sous les Kennedy que le concept de déstabilisation de l’Amérique du Sud s’est développé, selon Allard :  « Le concept d’organisation autonome a été conçu en 1963 et approuvé par le Procureur général Robert Kennedy, rappelle Escalante.  «Ce concept, en gros, établissait que la CIA créait des organisations contre-révolutionnaires cubaines qui devaient agir hors du territoire nord-américain.  La CIA leur assignait des officiers qui s’en occupaient, fixaient leurs objectifs pour l’action, les approvisionnaient en argent et en matériel de guerre et apprenaient les résultats de leurs actions dans le journal.»  «Et, précisément en 1974, nous avons su qu’on avait de nouveau activé ce concept d’opération qui constitue la genèse des organisations terroristes.»  Après Cuba, où ça a échoué, les USA se sont tournés vers le Chili, où ça a réussi comme le précise ici encore Escalante, interviewé :  « Comment avez-vous appris le séjour de Bosch au Chili?  «Nous ne savions pas qu’il était à Santiago du Chili.  Nous ne savions pas cela.  Mais nous savions, certes, que ces groupes où l’on trouvait Bosch, Alvin Ross, les frères Guillermo et Ignacio Novo Sampoll, avec Luis Posada Carriles et Ricardo ‘El Mono’ Morales Navarrete au Venezuela, Antonio Veciana Blanch en Bolivie, s’étaient préparés pour déclencher une opération contre Cuba.  Une opération que, Orlando Bosch nommera, en 1976, « La guerre sur les routes du monde ».»   «Nous avions de l’information et nous y travaillions.  Mais nous n’avions pas toute l’information et ses détails.  Malheureusement, nous n’avons pas pu découvrir l’ensemble des plans.  Il s’agissait de plans très secrets.  Mais même ainsi, on a commencé à préparer et à activer tous les agents infiltrés dans les réseaux de la CIA pour rechercher cette information.»

Des méthodes qui en rappellent étrangement d’autres

Dans les propos d’Escalante, il y a d’étranges découvertes, qui sonnent bizarre parfois, dont une davantage que les autres quand on se rappelle comment les américains se sont retirés l’épine du pied du commandant Massoud, qui commençait sérieusement à les embarrasser (ils préféraient ces opposants taliban, des chefs de guerre à qui il offriront des missiles Stinger pour leur racheter après).  Un attentat copié sur celui de la Penca au Nicaragua en 1984 (ici la confession de celui ayant aidé son auteur). (7). «Je me rappelle qu’en 1971, des informations sont apparues relativement à un complot pour assassiner le Commandant (le président Fidel Castro) durant son voyage au Chili, dans lequel était impliqué Posada.  Après, des années plus tard, on a connu les détails.  Le complot était réellement diabolique.  Sa première phase consistait à utiliser une caméra de cinéma pour cacher un revolver avec lequel deux hommes de Posada, accrédités comme journalistes vénézuéliens, devaient agir contre le leader cubain durant sa première conférence de presse à son arrivée à Santiago du Chili.  Dans ce but, Antonio Veciana et son groupe Alpha 66 avaient introduit des armes et des explosifs pour disposer d’autres alternatives pour assassiner le commandant en chef, au cas où la première échouerait.»  «Un plan B a été soigneusement planifié par Posada Carriles, alors chef des opérations de la police politique vénézuélienne.  Un correspondant de l’agence soviétique TASS qui était aussi agent du KGB était à Caracas.  Posada s’est arrangé pour photographier ses deux agents tandis qu’ils conversaient avec le Russe dans le but, après l’assassinat, de déclencher une campagne médiatique accusant les Soviétiques du crime, à cause des «contradictions politiques existantes».  Posada et Veciana s’étaient mis d’accord avec le colonel des carabiniers chiliens Eduardo Sepulveda, responsable de la sécurité dans le local où Fidel donnerait la conférence de presse, pour qu’une fois arrêtés les assassins soient éliminés, ce qui éviterait toute indiscrétion
Trop bavard… sur Sinatra !

Difficile dans ses récits de faire la part du vrai.  Car tout est surprenant dans cette « après-attentat ».  L’un des cas les plus étranges étant celui de Jack Zangetty, gérant d’un petit motel à proximité du lac Lugert et proche du milieu local.  Celui-là dont le corps avait été retrouvé flottant sur le lac, criblé de balles, avait été trop bavard à l’évidence, en se ventant dès le 23 novembre, au lendemain du meurtre de Dallas, qu’il savait que trois hommes, parmi lesquels ne figurait pas Oswald, avaient abattu Kennedy.  Il était même allé plus loin en annonçant à l’avance qu’Oswald serait assassiné le lendemain;  mais aussi et c’est plus étrange encore qu’un membre de la famille de Frank Sinatra allait être enlevé afin de détourner l’attention des médias.  Le fils unique de Frank, grand ami des Kennedy rappelons-le sera effectivement kidnappé par Barry Keenan,  Clyde Amsler, et John Irwin, le , dans l’hôtel Harrah’s  au bord du Lake Tahoe, et sera relâché contre 240 000 dollars de rançon.  S’il a eu raison pour Sinatra, difficile de ne pas croire à sa version précédente (Sinatra Junior est mort récemment, le 18 mars 2016) !  Pour le Washington Post, l’enlèvement de Junior reste « bizarre ».  Mieux encore : condamné à 12 ans de prison, Keenan n’en fera que 4 1/2 et fera fortune plus tard dans l’immobilier !!!  Mais il y a eu encore plus étonnant dans cette histoire :  la journaliste qui avait aussi écrit sur l’enlèvement s’appelait… Dorothy Kilgallen, et elle détestait depuis longtemps à l’évidence Sinatra et ses liens avec la mafia  !!!  « Depuis que le chanteur Dean Torrence (du duo Jan & Dean) a donné son témoignage sensationnel lors du procès de l’enlèvement Frank Sinatra Jr., les agents et les producteurs lui ont jeté « un froid ».  Car, évidemment, le mot est sorti.  Pas beaucoup de gens dans le showbusiness ne veulent encourir la colère de Frank Sinatra Sr. – ses tentacules atteignent trop de branches de l’industrie, des films aux dossiers « pour n’en nommer que quelques uns ».  Kilgallen était prémonitoire alors, sans le savoir… car les faits vont lui donner effectivement raison plus tard.  Le Chanteur Dean Torrence était en fait ami depuis longtemps avec Keenan.  Son témoignage avait consisté à laisser entendre que tout le kidnapping avait été une farce destinée à dorer le blason de Sinatra Junior alors qu’il l’avait… financé, en donnant de l’argent à Keenan, ce qu’il avait nié dans un premier temps.  Pour se défendre, fort maladroitement, il avait avoué qu’il ne chantait pas lui-même sur ses disques !!!  La pire prestation en cour de Justice, pour beaucoup !  Et de quoi surtout s’attirer à vie les foudres du clan Sinatra, avec qui on ne rigolait pas.  Le duo s’arrêtera effectivement le 12 avril 1966, après que Jan Berry, l’autre pendant de Dean, se soit accidenté avec sa Corvette Stingray, que de mauvaises langues estiment avoir été sabotée, voyant derrière l’œuvre des sbires de « Franky ».  « Kilgallen était bien connectée, et avait écrit « The Voice of Broadway » dès 1939.  Elle avait d’autres livres en vente, aussi bons.  Elle a été la première journaliste à signaler correctement en 1959 le fait que la CIA et la mafia complotaient pour assassiner le dictateur cubain Fidel Castro, et le directeur du FBI, J. Edgar Hoover a commencé à tenir un fichier sur elle.  Au début du mois d’oût 1962, elle avait été la première journaliste à attirer l’attention sur la relation du président John F. Kennedy avec Marilyn Monroe – et en quelques jours, c’est Monroe qui avait été retrouvée morte.  En 1965, Kilgallen elle-même est retrouvée morte, dans des circonstances mystérieuses, à l’âge de 52 ans.  On ne sait pas si sa mort est liée à une prise de drogue accidentelle, un suicide, ou un assassinat.  La cause du décès a officiellement été répertoriée comme « indéterminée ».  Mais elle avait récemment interviewé Jack Ruby, et avait été menacée de laisser « grand ouvert » le cas de l’assassinat de Kennedy »… 

Selon le Post, « Kilgallen est morte peu de semaines avant un deuxième voyage prévu à la Nouvelle Orléans pour une rencontre avec un informateur secret dont elle avait dit à un ami qu’il était plutôt un « clandestin. »  «Je vais révéler la vraie histoire et avoir le plus grand scoop de siècle», avait-elle dit à son avocat (Mort Farber).  Sa mort a arrêté tout ça .  « Les tueurs ont gagné, Parce que cela a éliminé et effacé tout document historique sur l’assassinat de JFK», dit Shaw.  Son livre sur JFK n’a jamais été publié' ».  Selon le Daily Mail, reprenant la thèse de l’auteur Mark Shaw, c’est le mafieux Carlos Marcello qu’elle s’apprêtait à rencontrer… Escalante n’était pas loin d’avoir vu clair, en rappelant les éliminations à la pelle du bureau secret des lecteurs-éplucheurs de la CIA  dans le Jour du Condor !!!

(1) en forum un intervenant précise le 20 mai 2010 en reprenant un texte de Lisa Pease en date du 8 janvier 1997 qui expliquait que « j’ai parcouru les enregistrements du FBI sorties en 1977 et j’ai trouvé des trucs intéressants sur Dinkin.  Il ne me surprendrait pas qu’il fût devenu «fou à lier» aujourd’hui, parce qu’il prétendait avoir été mentalement torturé par l’armée.  Ceux d’entre vous qui suivent notre dossier de Nagell verront que c’est exactement ce qui a été fait à Nagell, à la pelle.  Quoi qu’il en soit – c’est à partir d’une page 9 du document du FBI sur le gars, daté du 9/4/64.  C’est sous forme de rapport et on dirait que c’était ce qu’ils ont donné à la Commission Warren.  « Citation sur: EUGENE B. DINKIN » .  « En décembre 1963, Beth Cox, qui résidait en France avec un camarade de classe américain, avait un petit ami nommé Howard C. Cowen stationné à Metz, en France, avec l’armée américaine.  Betch Cox a été informée qu’une des connaissances de Howard C. Cowen avait «traduit ou décodé les titres du journal de G.I. pour y lire« que Kennedy sera assassiné à la Thanksgiving Day », et plus tard, il l’a changé pour y mettre le jour même de sa mort.  Le 4 mars 1964, le lieutenant-colonel WL Adams, Jr., adjoint au chef d’état-major, G-2, a fourni ce qui suit: « Le capitaine Howard C. Cowen, affecté au dépôt de l’armée américaine à Metz, le 18 février 1964, dans la soirée du 22 novembre 1963, a conversé avec une amie nommée Dennis De Witt, et, pendant la conversation, De Witt dit qu’un ami, Eugène Dinkin, avait prédit l’assassinat du président Kennedy pour le 22 novembre 1963, 1963.  Selon De Witt, Dinkin avait d’abord prédit que l’assassinat aurait lieu le 28 novembre 1963, mais plus tard aurait changé la date au 22 novembre 1963.  Selon le colonel Adams, le capitaine Cowen a rapporté la conversation ci-dessus aux fonctionnaires du 766e Détachement du Corps d’Intelligence de l’Armée à Metz.  Peu de temps après, le capitaine Cowen a également raconté sa conversation à une amie nommée Beth Cox. … Le colonel Adams a déclaré qu’Eugène B. Dinkin a fait l’objet d’une enquête close par le Bureau du chef d’état-major adjoint, G-2, de la Zone de communications de l’armée américaine, en Europe.  (Note de Lisa: j’ai également lu des allégations selon lesquelles il était de la NSA, en détachement auprès de l’Armée de terre en Europe.)  Il a également informé que selon les registres de l’armée locale à Metz, en France, le 18 février 1964, le PFC Eugene B. Dinkin, RA 16710292, a été réaffecté à l’hôpital Walter Reed, à Washington DC, en tant que patient le 3 décembre 1963, et qu’il a reçu l’ordre de se rendre à cette destination vers le 4 décembre 1963 (ignorant le diagnostic typique que le sujet était schizophrène, psychotique, avec antécédent de dépression, des délires de persécution – les choses typiques quand quelqu’un veut malheureusement discréditer tout ce que vous dites) ».

(2) «Cher Monsieur Salinger,
Je ne pense pas être une alarmiste, mais j’espère ardemment que l’on pourra dissuader le Président Kennedy d’apparaître en public à Dallas, tout autant que j’aurais apprécié de l’écouter et de le voir.
Cette « mafia » ici à Dallas est frénétique et furieuse parce que leur attaque contre l’ambassadeur Adlai Stevenson du 24 s’est retournée contre eux.  J’ai entendu dire que certains d’entre eux disaient que cela « ne faisait que commencer ».
Tous les policiers, les hommes en civil ou les militaires ne peuvent pas contrôler « l’air », Monsieur Salinger –c’est une pensée terrible, mais tout cela me rappelle le destin du président McKinley.
Ces gens sont fous, ou affolés, et je suis sûre que nous réaliserons combien leurs actions à l’avenir sont imprévisibles.»

(3) « C’était en mai ou juin 1963.  J’étais à Marseille.  Chaque soir, j’allais dans la boîte d’Antoine pour voir des gens qui me devaient de l’argent.  Un soir, Antoine m’a demandé de venir dans son bureau.  Il m’a dit qu’il avait un contrat important.  Il voulait savoir si ça m’intéressait. […]  J’ai demandé à Antoine qui était sur le contrat : un parlementaire, un sénateur ?  ‘‘Non, m’a-t-il dit, plus haut encore : la plus grosse légume.”  J’ai su immédiatement de qui il voulait parler.  Je lui ai demandé où ça devait se passer et quand.  Il a dit : « L’Amérique.” J’ai dit : “Non merci.”  C’était trop risqué !  Ailleurs, n’importe où, j’aurais pu l’envisager, mais, dans ces conditions, je n’étais pas assez fou… »

(4) Selon Spartacus, Rivele est revenu ensuite sur les deux autres noms, mais a maintenu celui de Sarti.  « Rivele a récemment commenté: «Je crois que Sarti a été impliqué, mais apparemment j’avais tort sur les deux autres.  Si je travaillais sur l’affaire aujourd’hui, je regarderais plutôt Paul Mondoloni de Montréal ...  Deux points que j’ajouterais: j’ai vu une émission télévisée documentaire l’année dernière sur l’enquête du KGB sur l’assassinat et j’ai été surpris d’apprendre qu’ils sont arrivés à la même conclusion que moi.  Deuxièmement, j’ai été contacté par un ancien agent de la CIA (qui a travaillé dans le mind control program entre autres), qui m’a dit que j’avais raison au sujet de l’assassinat.  Petite satisfaction mais mieux que rien« .  Le fameux « mind control program » étant celui dérivé de l’expérience de Milgram décrit dans I comme Icare !!!  Mondolini étant en effet un sérieux client…

(5) extrait de « A Farewell to Justice: Jim Garrison, JFK’s Assassination, and the Case That Should Have Change History » .. de Joan Mellen :  « Dans les années 1980, un Louisiana State Trooper retraité, nommé Norbert A. Gurtner a dit au FBI que, peu de temps avant l’assassinat, il avait été le copilote de David Ferrie sur un vol Beech D-18 de New Orleans Lakefront Airport à New Orleans Moisant et à Love Field, Dallas. Aucun des passagers ne transportait de bagages.  Ferrie n’a pas non plus introduit Gurtner à aucun d’entre eux.  Gurtner a identifié Lee Harvey Oswald et Clay Shaw, et un jeune homme nommé Perry Russo en tant que passagers, et alors que cette configuration nous fait nous arrêter, la révélation de Gurtner, apparemment sans arrière-pensée ultérieure, devrait être notée.  Gurtner se dit prêt à prendre un polygraphe si le FBI y avait intérêt.  Il n’y en avait pas. »

(6) Ici le récit de la découverte de l’origine, et celle d’une énième manipulation :  « George Whitaker, Sr., un cadre supérieur de l’usine Rouge de la Ford Motor Company à Detroit, Michigan, a déclaré à l’avocat (et professeur de justice pénale) Doug Weldon en août 1993 dans une conversation sur bande enregistrée, qu’après s’être rendu au travail le lundi 25 novembre, il avait découvert la limousine de JFK – un modèle unique, « one-of-a-kind article » qu’il a identifié sans équivoque – dans le bâtiment B de l’usine Rouge, avec l’intérieur dépouillé et dans le processus d’être remplacé, et le pare-brise enlevé.  Il avait alors été contacté par l’un des vice-présidents de la division pour lesquels il travaillait, pour faire immédiatement un rapport au laboratoire de l’usine de verre fabricante du pare-brise.  Après avoir frappé à une porte verrouillée (ce qu’il a trouvé de plus insolite), il est entré avec deux de ses subordonnés et découvert qu’ils étaient en possession du pare-brise qui avait été retiré de la limousine JFK (ici à gauche).  On leur avait dit de l’utiliser comme un modèle, et de faire un nouveau pare-brise identique à lui dans la forme – et ensuite d’obtenir le nouveau pare-brise pour le porter au bâtiment B pour l’installation dans la limousine présidentielle qui devrait être rapidement refaite.  Whitaker a dit Weldon (citant la bande audio de l’entrevue dde 1993):  « Et le pare-brise avait un trou de balle, en provenance de l’extérieur à travers … c’était un bon trou de balle, propre, droit tout droit, à l’avant.  Et vous pouvez vous doutez, que quand une balle frappe un pare-brise, comme quand vous frappez un rocher ou quelque chose, de ce qui se passe (…) celui-là avait un trou rond propre à l’avant et des traces de fragmentation à l’arrière.  « Whitaker a dit à Weldon qu’il était ensuite devenu responsable de la division et mis en charge de cinq divisions de planification.  Il a dit aussi a Weldon que le pare-brise d’origine, avec le trou de balle, avait été brisé et mis au rebut – comme il lui avait été ordonné – après que le nouveau pare-brise ait été fait. »  A l’occasion aussi, on avait aussi pu savoir ce qu’avait fait le fameux C-130 :  « le sixième témoin crédible du trou provoqué par la balle dans le pare-brise de la berline est l’ agent des services secrets Charles Taylor, Jr., qui a écrit un rapport le 27 novembre 1963 dans lequel  il a détaillé ses activités assurant la sécurité de la limousine immédiatement après le retour de la voiture à Washington à la suite de l’assassinat.  La limousine de JFK et la voiture suiveuse du Secret Service connue sous le nom « Queen Mary » sont arrivées à Andrews AFB à bord d’un avion cargo à hélice C-130 à environ 20h00 le 22 novembre, 1963.
L’agent Taylor est monté dans la limousine présidentielle alors qu’il s’est rendu d’Andrews AFB au garage de la Maison blanche à 22 et M Streets, NW ».
  Dans son rapport à propos de ce qu’il a vu dans le garage de la Maison Blanche lors de l’inspection du véhicule, il a écrit: « en outre, une note particulière avec que le petit trou juste à gauche du centre du pare-brise, à partir duquel ce qui semblait être des fragments de balles ont été enlevés. »  Le docteur Evalea Glanges, alors étudiante, sur History Channel confirme entièrement ce trou dans le verre du pare-brise « from the front to the back« .  Les services secrets s’étaient bien vite emparés de la voiture, selon elle.

7) : « Hull, impliqué dans l‘attentat dit de la Penca du 30 mai 1984, dont l’histoire devrait davantage retenir le procédé imaginé, car il rappelle une autre élimination que l’on peut tout autant attribuer à la CIA et non à de simples islamistes téléguidés venus de…. Belgique :  « la bombe est supposée avoir été cachée dans une caisse d’appareil de caméra en d’aluminium et déposée par un individu portant un passeport danois volé.  Selon des témoins, le plastiqueur avait utilisé le nom d’Anker Hansen et avait prétendu qu’il était un photographe danois.  Ensuite, un des survivants a fait des remarques comme quoi ils avaient trouvé étrange qu’ « Hansen » avait gardé jalousement « l’équipement d’appareil de sa caméra », enveloppant la boîte peu maniable d’aluminium dans du plastique.  « Hansen » est supposé avoir déposé la caisse de caméra contenant la bombe au-dessous de la table.  La séquence du déroulement a montré plus tard que le plastiqueur soupçonné avait fait signe pour indiquer une défaillance d’équipement comme prétexte pour quitter la pièce.  Le plastiqueur est soupçonné pour avoir faire exploser la bombe d’avoir utilisé à distance un signal radio comme détonateur. »  Si on regarde de près la tentative d’assassinat, on découvre en effet un schéma très proche de celui de celui du commandant Massoud, 17 ans plus tard.  La CIA, invariablement, récite les mêmes recettes, parfois empruntées directement à l’histoire (en l’occurrence aussi ici l’attentat contre Hitler !).  Massoud, tué le 9 septembre 2001, deux jours avant l’attentat contre les tours du World Trade Center à New York et l’attaque contre le Pentagone »… En 2009 le journaliste Peter Torbiörnsson qui a survécu au drame a affirmé que c’étaient les sandisnistes qui étaient les auteurs de l’attentat et non la CIA.  Ce qui n’empêche en rien la CIA d’avoir imité le principe avec Massoud…

(8) très troublant, selon Spartacus, « la nuit avant l’assassinat du président John F. Kennedy, Yaras téléphona un autre homme connu, Robert Barney Baker.  Quelques jours plus tôt, Jack Ruby avait également reçu un appel téléphonique de 17 minutes de Baker.  Yaras a été interrogé par le FBI et j’avait admis qu’il avait connu Ruby il y a 15 ans à Chicago.  Cependant, comme Bernard Fensterwald a souligné:  « Le FBI n’a jamais questionné Yaras à propos de ses connexions personnelles à la Mafia, ne lui  a pas demandé s’il pensait que Ruby était connecté avec la Mafia.  Yaras, comme on peut le deviner, a dit qu’il doutait que Ruby ait pu avoir de telles connexions ». Spartacus ajoute :  « La soeur de Jack Ruby, Eva Grant Rubinstein, à la Commission Warren a dit que Yarras et Lenny Patrick, étaient deux de ses amis les plus proches à Chicago.  Cette preuve a été ignorée et l’un des membres de la Commission, l’avocat général J. Lee Rankin  a dit que Ruby avait des liens seulement avec «la pègre mineure».

 

Nota : Selon Spartacus, « L’opération 40 est une opération clandestine montée par la Central Intelligence Agency créée au début des années 1960 par le président des États-Unis Dwight D. Eisenhower et dirigée par le vice-président Richard Nixon pour empêcher la prolifération des idées communistes dans les pays voisins des États-Unis, tels que le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes.  À Cuba notamment, l’équipe de l’opération 40, composée principalement de Frank Angelo Fiorini (Frank Sturgis) (cambrioleur du scandale du Watergate) et de Félix Rodríguez (soupçonné de la capture et de l’exécution de Che Guevara) débarque lors du célèbre débarquement de la baie des Cochons pour effectuer une tentative d’assassinat sur Fidel Castro.  L’opération 40 était constituée de 86 employés en 1961, parmi lesquels 37 ont été formés pour être officiers traitants.  Le 11 décembre 1959, le colonel J. C. King, chef de la Division de l’hémisphère occidental de la CIA, a envoyé un mémorandum confidentiel à Allen W. Dulles, directeur de la Central Intelligence Agency.  King a soutenu qu’à Cuba il existait une «dictature d’extrême gauche qui, si elle était autorisée à rester, encouragera des actions similaires contre des participations américaines dans d’autres pays d’Amérique latine».  À la suite de ce mémorandum, Dulles a créé l’opération 40.  Il a obtenu ce nom parce qu’il y avait à l’origine 40 agents impliqués dans l’opération.  Plus tard, cela a été élargi à 70 agents.  Le groupe était présidé par Richard Nixon.  Tracy Barnes est devenue chef de l’exploitation de ce qu’on appelait aussi le Groupe de travail cubain.  La première réunion, présidée par Barnes, a eu lieu dans son bureau le 18 janvier 1960, à laquelle assistaient David Atlee Phillips, E. Howard Hunt, Jack Esterline et Frank Bender.  Selon Fabian Escalante, haut fonctionnaire du Département cubain de la Sécurité de l’Etat (G-2), en 1960 Richard Nixon a recruté un «important groupe d’hommes d’affaires dirigé par George Bush (Snr.) et Jack Crichton, les fonds nécessaires à l’opération « .  Ceci suggère que les agents de l’opération 40 ont été impliqués dans le travail indépendant.  On sait qu’à cette époque, George Bush et Jack Crichton étaient impliqués dans des activités de droite dissimulées.  En 1990, le magazine The Common Cause a soutenu que:  «La CIA a mis le millionnaire et l’agent George Bush en charge du recrutement des Cubains exilés pour l’armée d’envahissement de la CIA;  Bush travaillait avec un autre magnat du pétrole texan, Jack Crichton, qui l’a aidé en termes d’invasion .   » Cette histoire était liée à la publication d’un mémorandum dans ce contexte adressé au chef du FBI J. Edward Hoover et signé en novembre 1963, qui se lit comme suit:  M. George Bush de la CIA. Reinaldo Taladrid et Lazaro Baredo affirment qu’en 1959, George Bush a été invité à « coopérer pour financer les groupes hétéroclites naissants que la CIA a décidé de créer« .  L’homme «assigné à sa nouvelle mission» était Féliz Rodríguez.  Daniel Hopsicker estime également que l’opération 40 impliquait un financement privé.  Dans le livre, Barry and the Boys:  The CIA, The Mob and America’s Secret History, il prétend que Richard Nixon avait créé l’opération 40 à la suite de la pression des corporations américaines qui avaient souffert de Fidel Castro ».

 

PS : Au sujet des 3 jours du Condor je ne résiste pas au plaisir de vous soumettre cette crétinerie profonde :

http://blogs.lexpress.fr/styles/cafe-mode/2011/08/22/les-trois-jours-du-condor-film-bien-sape-1975/

Faire plus imbécile va être très difficile, je pense. Et c’est « Responsable éditoriale Web« , celle qui a commis ça !!! La même a aussi écrit plus loin « Contrairement à la plupart des gens, j’ai toujours eu une approche assez confiante des réseaux sociaux. » La pauvre !

 

sur d’autres vols de Plumlee:

Coke en stock (CII) : l’énorme mensonge de la CIA, qui remonte à la surface

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (21)

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