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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (19)

Il en existe, des sites complotistes déjantés, sur le sujet.  A croire que ceux qui les inventent depuis 50 ans n’ont qu’un seul but :  qu’on ne puisse remettre en cause la thèse officielle (1), la seule, la bonne, même remaniée en 1978 (un complot mais avec un forte vague deuxième tireur « possible »), et éviter d’en arriver à la conclusion qu’Oswald a très peu de choses en commun avec la fin de JFK, même si, à un degré particulier il s’est retrouvé embarqué dans un scénario dont il ignorait qu’il serait le héros involontaire.  Je vous passe les Illuminati ou les Lucifériens, pour en venir à la plus ridicule des théories complotistes et la plus récente.  Celle sortie en fait est une resucée, tentée à plusieurs reprises… sans succès il est vrai, tant elle est… idiote.  Le hic, c’est qui la soutient désormais :  Oliver Stone, l’auteur d’un film plutôt bien fichu sur le juge Garrisson, persuadé d’un complot remontant en très haut lieu dans l’Etat.  Une thèse farfelue, ré-initiée récemment par un dénommé Matt Zoller Seitz, réalisateur de films, critique chez RogerEbert.com, qui soutient que c’est un des membres du service d’ordre qui aurait tué Kennedy… par accident.  Oubliant les tirs entendus, ou faisant un trait sur l’impossibilité que ça puisse se produire, documents photographiques  en mains. Revue de détail de l’ineptie… qui n’est pas une nouveauté en réalité, loin s’en faut !!!

Avant de commencer, il faut d’abord repérer de qui on parle, comme auteur prétendu de l’erreur fatale, à savoir de George Hickey.  Pour s’y retrouver dans les véhicules de la parade, on peut faire confiance à ce précieux document édité en 1993, et qui les répertorie tous avec leurs passagers et conducteurs.  Car la thèse « Hickey » est ridicule, et c’est facile à démontrer.  Retenons d’abord que les gardes du corps de Kennedy sont tous connus pour ce jour là, spécifiquement.  Revoyons rapidement aussi la voiture qui « ouvre » (elle est précédée elle-même de deux autres, toutes blanches – celle du capitaine Perdue W. Lawrence – pour « ouvrir » en premier, puis celle de George L. (G.L.) Lumpkin, emportant  le Lt. Col. George L. Whitmeyer et  Jacob « Jack » L. Puterbaugh de la Maison Blanche et juste devant la limousine celle du Chef de la Police de Dallas, Jesse Curry, accompagné de Winston George « Win » Lawson (de la Maison Blanche et Forrest V. Sorrels, le vieux routier de la CIA locale de Dallas).

L’agencement… des agents

Dans la voiture présidentielle, il y avait :

William R. Greer, le conducteur, qui contrairement aux théories conspiration a plutôt bien réagi (certains ont essayé la fumeuse théorie comme quoi il aurait lui-même tiré au pistolet sur Kennedy, ce qui est…aberrant).

Roy Kellerman à sa droite, c’est le premier à crier qu’on tire sur eux, alors que Greer vient aussi de s’en rendre compte en se tournant vers l’arrière pour voir Kennedy touché et accélérer tout de suite après.  Greer marque un coup de frein pour embarquer l’agent Hill, venu secourir Jackie, dont c’était le garde du corps attitré.

Sur la voiture derrière la Limousine présidentielle,  la « Queen Mary », on trouve l’équipe de protection :

Emory P. Roberts, assis à droite du chauffeur, il est l’opérateur radio de l’équipe.
Samuel Kinney en est le conducteur.
Kenneth O’Donnell, secrétaire particulier du President, est assis sur le siège repliable du milieu de la limousine.
David Powers, assistant du président est assis à droite sur un siège similaire.
Les gardes du corps se répartissent ainsi :
Glen Bennett, est sur le siège arrière droit.
George Hickey, est assis à gauche à l’arrière. Devant lui (on va voir où exactement un peu plus loin), il y a l’AR-15 de protection (tous les agents disposant sur eux d’une arme, un pistolet).

Clinton Hill qui est photographié ici a gauche sur le marchepied, devant :  lors d’un virage précédent, vers le lieu de l’assassinat, on l’a clairement vu s’accrocher à la poignée arrière gauche du véhicule, les pieds sur le pare-choc prévu pour ça.  Sa mission est de protéger Jackie Kennedy, en priorité.

William Mclntyre, en costume plus clair, à gauche sur le marchepied, derrière Hill.

John D. Ready, à droite, sur le marchepied avant.  Paul Landis est, à droite, sur le marchepied derrière Ready.  Lawson, assistant de la Maison Blanche qui avait préparé la parade en voiture indiquera plus tard, clairement le timing qui avait été prévu (il était présent dans le véhicule de tête), mais c’est un des agents, Emory P. Roberts, traumatisé depuis comme les autres, qui donnera le compte-rendu le plus exact de ce qui a été ressenti de la voiture suiveuse au moment des tirs :  « Le cortège présidentiel était en route vers Trade Mart pour assister au déjeuner commandité par le Conseil de citoyens de Dallas, l’assemblée de Dallas et le Graduate Research Center du Southwest. 12:29 PM SA Winston Lawson (Advance Agent pour l’arrêt de Dallas) dans la voiture de tête, a le signal de «cinq minutes», bientôt,par radio, à cinq minutes du Trade Mart.  J’ai immédiatement écrit 12:35 p.m. sur l’itinéraire, comme l’heure d’arrivée à Trade Mart.

La constatation des tirs par les agents de sécurité

12: 30 p.m. Premier de trois coups de feu tiré, alors que j’ai vu le président se pencher vers Mme Kennedy.  Je ne sais pas si c’était le coup suivant ou le troisième coup qui a frappé le président à la tête, mais j’ai vu ce qui semblait être une petite explosion sur le côté droit de la tête du président, j’ai vu du sang, à ce moment le président a penché vers sa gauche.  Mme Kennedy se penchait vers le président, cependant, elle s’est levée immédiatement sur le siège et a semblé se lever sur le dessus du même.  À peu près à ce moment-là, j’ai vu Clinton Hill essayer de prendre le marche-pied arrière gauche de la voiture du président.  Il est monté à bord et a grimpé sur le capot arrière de la voiture et s’est placé sur le président et Mme Kennedy.  Après que Hill soit monté à l’arrière de la voiture du Président, il semblait que John Ready était sur le point de suivre et d’aller vers le marche-pieds arrière droit, cependant, je lui ai dit de ne pas sauter, comme nous avions pris la vitesse, car  j’avais peur qu’il ne puisse pas le faire ».

-J’estime que nous allions alors à environ 15-20 miles par heure au moment du tir et je crois que la voiture de suivi était environ 20-25 pieds derrière la voiture du président.  La foule était très clairsemée, en fait seulement quelques personnes étaient le long de la route du défilé au moment du tir ».

-Juste après le troisième coup de feu, j’ai pris la radio de l’auto et j’ai dit: « ici « Halfback »  (nom de code pour la voiture de suivi) vers Lawson, le président a été frappé, il faut nous escorter à l’hôpital le plus proche, rapidement mais à une vitesse correcte. »  J’ai répété le message, demandant à être prudent, pour la vitesse.  J’avais à l’esprit la sécurité du vice-président Johnson, ainsi que celle du président, s’il n’était pas déjà mort. »  Le témoignage est là encore est très intéressant, car il indique une fondamentale souvent oubliée : au moment des tirs, le véhicule arrive à un endroit moins peuplé… là où l’attention se relâche, obligatoirement ;  autant on peut lever les yeux vers les bâtiments, avant autant sur Elm Street on ne peut plus craindre de tir venant directement de haut.

Le déroulement de la série de tirs

L’agent Hill racontera la suite ou plutôt ce qui a précédé :  «J’ai entendu le premier coup, j’ai vu le président s’attraper la gorge, se tourner à gauche et je savais que quelque chose n’allait pas», se rappela-t-il, sa voix s’arrêtant.  «Quand je suis arrivé au niveau du véhicule présidentiel, au moment où je me suis approché, un troisième coup a retenti, frappant le président dans la tête, juste au-dessus de l’oreille droite et a laissé un trou de la taille de ma paume (l’image du film de Nix montre qu’en effet que dès le premier tir Hill est déjà en train de courir vers la voiture).  Arrivé aujourd’hui dans les années soixante-dix, Hill se souvient encore clairement du jour tragique :  «Il y avait du sang et de la cervelle sur moi et sur la voiture. «J’ai aidé Mme Kennedy à monter sur le siège arrière et le président est tombé sur ses genoux.  J’étais sûr que c’était une blessure fatale.  La Première Dame était en état de choc.  Elle faisait de son mieux, elle était couverte de sang ».

Le chauffeur de la limousine présidentielle, William R. Greer, en voyant dans son rétroviseur débouler Hill avait donné un coup de frein bref qui avait allumé brièvement les feux de la voiture, ce que le film de Muchmore montre très bien (ci-dessus, les brefs rougeoiements des feux arrières, au moment même ou Hill arrive enfin à agripper le marchepied). Une réaction dont les complotistes se sont emparés en affirmant qu’il aurait été de mèche avec les assaillants certains allant même jusqu’à pondre une théorie sur un tir donné par ce même conducteur, ce qui est tout aussi aberrant et ridicule.  Le fait de réagir instantanément montre plutôt qu’un des tirs venait de devant lui, et non dans son dos.  Le coup de frein est également le fait qu’il a vu dans son rétroviseur Hill en train de monter à l’arrière et qu’il tente de lui faciliter la tâche au mieux :  en somme il gère deux mouvements contradictoires :  il faut qu’il accélère, au plus vite; mais s’il veut que Hill s’accroche, il lui faut… ralentir.  Force est de constater que le coup de frein est tout simplement postérieur au tir ayant scalpé Kennedy :  la comparaison du film de Zapruder à celui de Muchmore, sur le sujet, apporte une démonstration implacable.  Greer n’a en rien « facilité » les tirs sur la limousine, bien au contraire.

Si les marche-pieds font partie intégrante du pare-chocs arrière, les poignées de coffre à l’arrière pour que les gardes du corps puissent s’y accrocher étaient au départ rétractables, mais celles montrées durant tout le trajet depuis l’aéroport… semblent avoir été des poignées fixes… pas souci de sécurité, ou par facilité d’emploi :  elles ont été ainsi ajoutées en 1963 seulement, à la demande des gardes du corps.  A noter que dès 1963, d’autres complotistes avaient essayé de faire croire que c’est le pilote Greer qui, en se retournant, aurait envoyé une balle dans la tête de Kennedy !!!  Une autre théorie ridicule qui perdure, hélas !!!

Aucun agent de sécurité dans le complot

Dans l’article de Rufus Youngblood intitulé « Vingt ans de service secret – Ma vie avec cinq présidents » (New York: Simon & Shuster, 1973), est écrit une chose fort juste il me semble :  «Les critiques infligées aux deux agents des services secrets dans la voiture du président, Bill Greer et Roy Kellerman, apparemment pour ne pas avoir tiré quelque miracle d’un chapeau pour sauver le président. (P. 176)… Si le fait de frapper la pédale de gaz, d’obéir aux ordres et de couvrir le corps du président sont des miracles, l’agence doit avoir été bénite par beaucoup de personnalités religieuses éminentes depuis !  Youngblood m’a avoué que le livre était en grande partie écrit par un autre, mais qu’il a joué un rôle important dans sa genèse, en ce qui concerne le contenu réel ».
Le service d’ordre chargé par une presse fielleuse n’est pas une nouveauté.  L’homme à l’origine du débat et de la rumeur est un journaliste bien connu… pour s’être fait refaire le visage, comme les stars de série B, notamment, et avoir essayé toute sa vie d’écrire pour faire le buzz, notamment lors de la période Ben Laden, dans laquelle il a beaucoup œuvré pour détourner l’attention. En somme, un des parfaits pantins qui avait été prévu dans le programme Mockingbird, chargé de prêcher la seule bonne parole officielle en inondant le net de théories fumeuses (ce que viennent de comprendre les russes, semble-t-il, qui font désormais pareil dans Sputnik notamment) !  Il s’appelle Gerald Posner, et ne fait depuis toujours que dans le « buzz », en faisant fi des réalités, pourvu que ce qu’il torche se vend.  Pour lui, il est vrai  « Il n’y avait pas de second homme armé sur la butte herbeuse et la CIA n’a pas été impliquée (c’est le résumé de son ouvrage « Case Closed: Lee Harvey Oswald and the Assassination of JFK » sorti en 2003, un flot ininterrompu d’inepties enfilées les unes après les autres.  Un critique fait ici sa fête, en reprenant une à une ses erreurs manifestes, et elles sont nombreuses en effet .  Et bien entendu, Posner aussi est monté dans le wagon du train des hommes de sécurité à critiquer (c’est extrait de ceci) : « Posner y revient à la page 234: «Les agents des services secrets tardent à réagir, bien que certains se soient tournés vers la source du bruit, le dépôt de livres … Incroyablement, Greer, sentant que quelque chose n’allait pas dans le dos [Clint] Hill … a répondu rapidement … à ce moment, Greer a appuyé sur l’accélérateur … « Encore une fois, il y a beaucoup à disséquer ici » (écrit Posner, alors qu’il n’y a rien à ajouter et encore moins à inventer; mais Posner en créant le doute entretient le buzz).  L’attitude de Greer n’a rien de condamnable :  il se fait tirer dessus, lui aussi, et il est coincé entre accélérer tout de suite ou attendre que l’agent Hill réussisse à grimper à bord pour protéger la première dame, ce qui en fait son boulot premier !

 

Voici la réponse de Vince Palamara, l’auteur de la critique de Posner :

– « L’agent Paul Landis a écrit dans ses deux rapports dans le volume XVIII des audiences et des expositions que les coups de feu provenaient de face et, comme le montre clairement la photo n°5 d’Altgens, seuls les agents Ready et Hickey semblaient regarder en arrière (et vers le dépôt peut-être.  Nota : c’est Landis, pas Hickey).  Les agents Roberts, Kinney et Clint Hill semblent regarder directement le président !  Dans le film de Zapruder, nous pouvons voir à la fois Greer et Kellerman regarder en arrière vers JFK;  en fait, Greer tourne deux fois pour regarder Kennedy – une question cruciale qu’il a niée, entre autres choses, dans son témoignage de la Commission ».

En photo, ici à droite, le coup de tête vers l’arrière de Greer après les deux premiers coups de feu ayant atteint Kennedy au cou et Connally à l’épaule et au bras.  Pour les praticiens, un tir venu de l’avant et non de l’arrière pour Kennedy (celui qui a traversé le pare-brise, juste entre Greer et Kellerman à sa droite : ils viennent tous deux de l’échapper belle et se retournent ensemble peu de temps après – ici à gauche- pour comprendre ce qui se passe derrière eux) ! Ils sont dans une situation catastrophique en fait :  chargés eux aussi de la protection de leurs passagers, ils doivent aussi penser à survivre eux-mêmes s’ils veulent les conduire à l’hôpital dans les plus brefs délais.  En prime, Greer doit aussi gérer l’arrivée de Hill, à l’arrière, via son rétroviseur !!!   On constate qu’une fois l’imper rouge du témoin Jean Hill passé (à ses côtés Mary Moorman), ils ont déjà choisi de… foncer, en baissant eux-mêmes la tête, car ça continue à tirer alors que derrière eux Connally s’effondre complètement.  Greer garde la tête un peu plus haute, pendant que Kellerman, visiblement cherche à communiquer via la radio de bord, en se baissant.

Aucun reproche à faire au service de sécurité

Là encore, Posner introduit l’idée comme quoi les agents de protection auraient pu faciliter la tâche des tireurs.  Or si on repasse les différents films, il n’en est rien : ils ne s’attendent pas, à être ainsi canardés, et c’est bien pourquoi le conducteur de la limousine présidentielle hésite et louvoie quelques secondes.  D’autant plus que si 3 ou 4 tirs ont pu être entendus, d’autres ont manifestement été faits avec des silencieux.  Le temps de voir son président déjà touché et achevé, et le temps à la fois d’accélérer et de voir dans son rétro l’agent Hill qui tente de venir en aide à Jackie :  on a beau repasser 10 fois la séquence, on ne peut que conclure que son attitude est… saine, et qu’il appuie au maximum sur le champignon une fois qu’il s’est assuré que Hill est solidement arrimé à la limousine.  A mon sens, rien, strictement rien ne permet d’incriminer le service des gardes du corps présidentiels.  Hill fait ensuite rempart de son corps, manifestement, sur les clichés, une fois proche de Jackie, offrant aux tireurs la cible de son propre dos (un crétin ira même confondre son pied, pas encore engagé dans l’arrière de la banquette, genou plié, avec celui de Kennedy sur un site de complotisme, une idée reprise telle quelle sur des sites plus sérieux) !  Un Posner qui continue à déblatérer à la page 220 : «Il n’y a pas eu de changement dans le parcours du cortège et il n’y avait aucun doute sur le passage de la rue Elm».  Encore une fois, Posner a tort sur les deux points précise l’article.  « Grâce à mes entrevues avec les agents Jerry Behn et Sam Kinney, j’ai appris que, en fait, la route a été changée et qu’il y avait des itinéraires de rechange (même agent Lawson a dit à la Commission des itinéraires de rechange) ».  Oui, car la décision finale de passage « obligatoire » par Elm tient à quelques jours seulement avant le défilé. C’est d’ailleurs ce qui rend plausible aussi les propos d’Oswald, qui, selon les employés n’est pas sûr que le cortège va passer là, et ce qui explique aussi par la même occasion le peu de monde présent sur Dealey Plaza même.

Ce n’est pas Kennedy qui avait demandé d’enlever « la bulle »

Poursuivant à la page 223, Posner déclare encore :  «Comme le président et son état-major l’avaient demandé, le protège-bulle en plastique était en panne, laissant la voiture en cabriolet ouvert, et aucun membre du Service secret ne montait sur les marchepieds fixés à l’arrière.  Limité à quatre, et maintenu à une distance confortable de la limousine ».   Ce qui est encore à préciser comme tout ce qu’écrit Posner en fait :  « Maintenant, il est temps pour la vérité:  l’agent Sam Kinney lui-même a admis que c’était sa seule responsabilité pour le retrait du « bulletop » – une décision avec laquelle il il a vécu avec regret depuis plus de trente ans maintenant.  Richard Greer, fils de feu Bill Greer, m’a parlé de la culpabilité de son père pour cette décision du Service secret.  Trois agents – Sam Kinney, Bob Lilly et Thomas Kelley – ont déclaré que le bulle, bien que non à l’épreuve des balles, aurait pu au moins dévier une balle ou, au moins, avoir gêné la vue d’un tireur par l’éclat du soleil. »  La bulle de plexiglas n’a en aucun cas été mise de côté et rangée dans le coffre à la demande de Kennedy.  C’est son service qui l’a proposé, mais ça n’en fait pas pour autant un complice.

La voiture a bien été touchée, à l’avant comme de l’arrière

« De façon significative, les agents Behn, Boring, Kinney, Bouck, Lilly, Abraham Bolden, John Norris, Maurice Martineau et Rufus Youngblood ont TOUS dit à cet auteur – sans aucun doute – que Kennedy n’a jamais empêché les agents de faire quoi que ce soit, en activité.  La seule chose qui concernerait les agents était la tendance de JFK à se faufiler dans les foules pour serrer la main des gens qui le souhaitaient, mais il n’y avait jamais eu non plus d’ordres venant de lui de faire enlever les hommes des marchepieds de la limousine ou de faire autre chose en matière de sécurité. »   Et il  n’y a pas que ça, comme mensonge chez Posner, venu, pour la énième fois défendre la thèse d’un Oswald comme tireur unique et isolé.  « À la page 324, Posner déclare: «Aucun des témoins ne rappelle le son d’une balle frappant du métal».  Mauvais encore: car Clint Hill l’a dit : « cela aurait-il été, peut-être, une frappe sur le cadre chromé  autour du pare-brise de la limousine, ou même sur le panneau « Stemmons » ?  (en photo les deux fragments montrés lors de la Commission Warren retrouvés selon elle à l’intérieur même de la limousine).  Effectivement, puisque la limousine en garde un beau stigmate sur le montant de son pare-brise avant (un tir venu de l’arrière), comme on a pu aussi repérer un tir sur un panneau de feux de circulation surplombant la scène.  Le propos de Posner est simple en fait :  il est clairement d’ignorer les tirs au delà de trois, le chiffre qu’a retenu la Commission Warren pour le seul Oswald.  Posner travaille bien (un de plus !) pour appuyer la thèse d’un loup solitaire et non d’un complot !  Car on a bien tiré sur la voiture en l’atteignant de l’avant également : « Selon les patrouilleurs à moto de Dallas (les motards qui entouraient la voiture de Kennedy) Stavis Ellis et H. R. Freeman on pouvait observer un trou de balle pénétrant dans le pare-brise de limousine à l’hôpital Parkland. Ellis le dira à Gil Toff, un intervieweur, en 1971 : « . Il y avait un trou dans le pare-brise avant gauche … Vous pourriez mettre un crayon à travers … Vous auriez pu prendre un crayon d’écriture standard normal et le faire passer …par là » ce que Freeman corroborera : « en me disant que j’étais juste à côté.  J’aurais très bien pu être touché … c’était bien un trou de balle. Vous pouvez dire que ce l’était.  »  Un trou qui correspondrait à un autre trou, situé sur le corps de JFK, celui qui a été agrandi pour réaliser une trachéotomie illusoire ou pour dissimuler cette frappe venue de devant.  On ne devait pas montrer qu’il aurait pu y avoir d’autres tireurs qu’Oswald !!!
Plusieurs coups de feu ont été entendus, et plus que les trois seuls reconnus par la commission Warren.

Le témoignage du policier à moto le plus proche

Un témoignage important le montre: celui du policier à moto en tête de cortège, WJ Martin (des quatre seul Weldon Margis arrêtera sa moto sur le bas-côté… en face du tertre vert : (…)  « à ce moment là, je commençais la courbe sur Elm, j’avais tourné vers ma droite, pour envoyer des signaux pour ouvrir les intervalles puisque nous avancions vers l’autoroute à une courte distance.  Voilà tout ce que j’avais à l’esprit. Tout comme je me suis retourné, alors le premier coup est parti.  Il a frappé là-bas.  Je n’avais pas été en mesure de voir là où Chaney était, parce que Curry était devant, mais je pouvais voir où le coup était tombé sur le côté sud de la bordure du trottoir.  Il semblait qu’il avait frappé le béton ou l’herbe là, dans juste un flash, et un tas d’ordures avaient volé comme une poussière blanche ou de couleur grise, ou de la fumée sortant du béton (nota : c’est un des témoignages qui accrédite la thèse des tirs perdus, dont ceux ayant atteint la voiture et non ses occupants).  Il suffit de le voir dans une fraction de seconde pour que je pense : «Oh, mon Dieu! » Je pensais qu’il y avait des gens touchés là-bas, alors que les gens ont commencé à tomber.  Je pensais soit un crétin avait jeté un gros pétard de type « Baby John» pour leur faire peur en les obligeant à se coucher, ou bien une grenade à fragmentation avait frappé tous ces gens. Dans tous les cas, ils étaient tous par terre !  En fait, je pense qu’ils s’étaient jetés tous en prévision d’un autre coup de feu à venir.  Dès que je l’ai vu, que je me suis retourné et suis monté à côté de la voiture du président,  et BANG … BANG, deux autres coups de feu sont partis:  trois coups de feu en tout !  Les sons étaient tous haut et fort et sonnèrent à peu près tous pareil.  De là où je suis, ils sonnaient comme s’ils venaient du grand arbre en face de ce bâtiment.  Bien sûr, j’ai une opinion basée sur l’endroit où j’ai vu cette chose frapper la rue, donc je savais qu’elle devait venir de de cette façon, et je présume que l’ont fait tous les autres qui venaient du même endroit.  Mais tout le temps que je me déplaçais, je ne savais toujours pas ce qu’étaient ces coups jusqu’à ce que Chaney soit monté à côté de moi et a dit, « Sarge, le président est touché ! ».  Je lui ai demandé à quel point, et il a répondu, «L’enfer, il est mort !  Sa tête à été soufflée !  »  Ok, nous allons Parkland, » dis-je.  C’était le plan préétabli dans le cas où quelqu’un avait tiré ou que quelqu’un aurait pu être blessé; c’est la procédure normale.  Chaney et moi avons roulé au plus près de la voiture de Curry.  Curry conduisait le chef des services secrets, Forrest Sorrels, sur le siège avant, avec lui.  « Chef, » je lui ai dit:  «C’est un coup de feu!  Le Président a été frappé et il est en mauvais, mauvais état !  Nous allons à Parkland!  »  Il a dit: «Très bien, allons-y! »  Chaney et moi nous nous sommes mis en face de la voiture de Curry et je lui ai dit:  «Très bien, nous allons Parkland, je vais au Code 3, avec tout ce que nous avons ! »  « Très bien, allons-y », a déclaré Chaney.  Donc, nous avons accéléré et nous nous sommes dirigés vers Parkland avec le Président« .  Quelqu’un a immortalisé en photo ce regroupement de trois motards vers Parkland, « ouvrant » pour la voiture en détresse extrême (l’inclinaison à droite de leur lourde moto indiquant une vitesse certaine, déjà).

Une vieille théorie remise sur le plateau pour la énième fois

Et voilà donc que le 30 août 2016 un site annonce cette énième théorie complotiste tordue, comme s’il n’y en avait pas assez déjà.  Et le hic, c’est qu’elle est le fait de l’auteur du film JFK;  ou plus exactement est incluse dans un gros livre retraçant sa carrière et écrite par un de ses scénaristes. « un nouveau documentaire, intitulé « JFK: The Smoking Gun », censé être diffusé en novembre prochain à l’occasion du 50e anniversaire de sa mort, prétend que le coup fatal à JFK a été porté accidentellement par George Hickey, un agent des Services Secrets présent dans la Cadillac qui suivait la Lincoln Continental décapotable. »  En fait, visiblement, le réalisateur s’est fait embobiné par un pseudo chercheur dont on découvre très vite le nom :  « cette nouvelle version est le fruit de quatre années d’enquête médico légale menée par Colin McLaren, vétéran policier et détective australien.  Il s’est basé sur le travail d’Howard Donahue, dont les recherches de vingt années ont été retranscrites dans le livre « Mortal Error: The Shot That Killed JFK », rédigé en 1992 par Bonar Menninger ».  Un « film » d’un dénommé Charles Bronson montrerait, paraît-il, Hickey pointant malencontreusement son arme vers Kennedy au moment du tir fatal… Or en aucun cas on ne distingue ce genre de chose (ci-contre Donahue paradant avec deux répliques de Dallas) !  McLaren (ici à gauche) est un ancien policier (de 1981 à à 1990) ayant joué les informateurs pour coincer la mafia australienne, devenu écrivain et scénariste sur le tard, en 2005. C’est son documentaire de 2013, écrit par Steve Lucas et réalisé par Malcolm Mcdonald qui a remis au goût du jour la vieille thèse de Donahue et Menninger.  Visiblement un gros coup de pub pour lui et une habitude :  il a aussi produit « Princess Diana’s Death – Mystery Solved » comme documentaire en 2016 !  Ah, le cinquantième anniversaire de Dallas devait attirer les mouches médiatiques, et ça a été le cas en effet avec ce McDonald !

 

L’emplacement de l’arme à bord de « Queen Mary »

Cette théorie est vraiment un sommet de bêtise (le film cité ne révèle aucune arme en réalité), comme on va vite ici le démontrer .  Elle repose aussi sur une méconnaissance même du véhicule suiveur de la lourde limousine présidentielle.  C’est tellement absurde qu’on ne va pas s’étaler :  « Charles Bronson était debout sur le péristyle du béton à l’angle sud-ouest de la jonction de Houston Street et de Main Street.  Quand Bronson a capturé le tir à la tête sur son film, à 60 yards de Kennedy, et presque juste en face de Abraham Zapruder. Cette partie du film de Bronson ne dure que deux secondes, et elle est de qualité inférieure au film de Zapruder.  George Hickey y est visible, sur la troisième rangée de sièges à l’arrière de la voiture du Secret Service.  Son arme n’est pas visible.  Juste devant Hickey  se trouve le collaborateur politique du président Kennedy, Kenneth O’Donnell.  Devant O’Donnell il y a le conducteur, Sam Kinney.  Devant Kinney, et par extension au-delà du sommet de la tête de Kinney, il y a le montant du pare-brise de la voiture, avec deux visières soulevées. Pour tirer sur le Président Kennedy, Hickey aurait dû se lever ou lever son arme au moins au niveau de sa tête, et le film montre que ce n’est pas le cas ». Quant à savoir ou se dissimule le fameux AR-15, c’est d’abord une publicité de chez Cadillac de 1956 qui nous donne l’information :  c’est à l’intérieur d’une console abattante contenant à la fois tout un équipement radio, avec deux casques, et un logement pour une arme, qui, en 1956 est encore une bonne vieille mitraillette Thompson (cliché à gauche).  Au musée où on la trouve désormais, on distingue mieux tout l’équipement situé au dessus des deux sièges strapontins centraux (cf à droite).

 

L’AR-15 pas sorti avant le passage du pont

On peut aisément voir par recoupement des films et des clichés que l’agent Hickey, à bord de la Cadillac surnommée « Queen Mary » n‘a dégainé son AR-15 qu’après que la limousine présidentielle se soit mise à foncer, en se gardant bien de l’orienter vers elle.  Et ce après les tirs, même si on semble distinguer sur la photo des trois motards l’AR-15 tourné vers le ciel juste après le passage du pont de la voie ferrée (ici à droite).  Une photo montre cette attitude constante, donc, qui n’a strictement rien de possible tel que décrit par Menninger ou Donahue;  deux affabulateurs en quête de notoriété, à l’évidence.  Une autre photo encore (ci-dessus) montrant la même équipe quelques secondes avant celle où l’on distinguait bien l’AR-15 montre un Hickey ne montrant plus l’AR-15 pointé vers le ciel alors qu’il l’avait extrait du compartiment spécial vu un peu plus haut.  C’est en sortant un peu plus loin du pont de la sortie Elm, alors que les trois hommes sont toujours sur leur marchepied, seul Hickey demeurant à l’intérieur du véhicule :  à la vitesse désormais où ils foncent le port d’une arme devient effectivement potentiellement dangereux, et il n’y a plus aucun spectateur alentour le long de l’autoroute menant à Parkland.  Sur le même cliché, on peut distinguer à bord Emory P. Roberts, à côté du pilote, en train de communiquer via la radio de bord (un détail, au fait, ne confondez pas la canon de l’AR-15 avec la cravate du spectateur dans le même axe, comme d’aucuns ont pu le faire hélas !)…

 

Les agents dépassés par les événements, mais pas y participant

… le fameux AR-15 n’est en tout cas absolument et assurément pas apparu avant que la « Queen Mary » ne se soit engagée sous le pont de Dealey Plaza !!!  Hickey ayant lui-même décrit le moment où il avait sorti son arme et vers quoi il l’avait orienté en premier :  l’arrière du véhicule !!  « À la fin du dernier tir [c.-à-d. Le coup final], je me suis penché en bas de la voiture et j’ai ramassé le fusil AR 15, l’ai armé et chargé, et me suis tourné vers l’arrière.  À ce moment-là, les voitures passaient sous la pont et, par conséquent, nous avions quitté la scène de la fusillade.  J’ai gardé le fusil AR 15 prêt, alors que nous avançions à une vitesse élevée vers l’hôpital ».  C’est exactement ce que montrent les photos :   même après le premier coup de fusil qui a touché Kennedy dans le dos, Hickey n’a toujours pas sorti son AR-15 de son logement particulier !  Et quand il le sort, c’est pour se tourner vers l’arrière, d’où avaient été entendus les tous premiers tirs (ce n’est que bien après qu’on le photographiera de trois quarts face tenant son fusil armé alors que la Limousine est engagée à pleine vitesse vers Parland.

Leur attitude en général critiquée

Posner, comme d’autres, ont relevé un manque de réaction des agents de sécurité sur la deuxième limousine, à l’exception de Hill, ou de Greer, le conducteur de la voiture présidentielle, dont on se demande de qu’il aurait pu faire de mieux ou de plus dans la situation de feux croisés dans lequel il était placé.  La principale critique viendra d’un aigri,  Abraham Bolden, le seul noir des agents, qui a sous-entendu ce qu’ils avaient fait la veille, en évoquant le fait qu’ils « buvaient tout le temps » (il accusera aussi ses collègues de racisme) :  « neuf des 28 hommes des Services Secrets à Dallas qui étaient avec le président le jour où il est mort étaient debout jusqu’aux premières heures du matin.  Quelques-uns d’entre eux avaient été privés de sommeil et avait bu tout en voyageant avec le président, une activité clairement interdite figurant dans le livre de règles du Service. (…)   « Des quarts de travail longs et une tolérance pour faire la fête, boire, et arriver au travail parfois avec une gueule de bois étaient devenus courants au cours des années de présence de JFK ».  Car à président jeune, activité de tous les instants et sorties extérieures bien plus nombreuses que sous un Eisenhower pantouflard et amateur de barbecue à la Maison Blanche même.  Homme de médias, Kennedy privilégiait aussi les bains de foule, la terreur de ses hommes de sécurité.  La gestion des enfants et de Jackie étant un supplément de travail parfois inadéquat (ici à droite l’accueil à Love Field, où l’on s’aperçoit qu’un attentat aurait été tout aussi possible, mais il aurait fallu un kamikaze, certain de se faire lyncher après). « Parmi ceux dans le contingent de sécurité du président, le 22 novembre, plusieurs étaient certainement privés de sommeil, un état pas rare parmi les membres des services secrets à l’époque. L’agent Gerald Blaine rappelle dans son livre The Kennedy Detail comment il luttait pour rester éveillé à de nombreuses reprises et a parlé d’avoir peur de s’asseoir ou appuyer contre un mur de peur que je sa tête ne bascule : «Travailler en double vacation était devenu si commun depuis que Kennedy est devenu président que c’était maintenant presque devenu une routine.  Les trois rotations des quarts de huit heures fonctionnait normalement, lorsque le président était à la Maison Blanche, mais lorsque il voyageait. . . on n’avait tout simplement pas de corps assez nombreux (pour le suivre).  « Non seulement de nombreux agents manquaient de sommeil, ils avaient rarement le temps de manger.  Dans son sac de vol, ainsi que des munitions supplémentaires et du cirage, Blaine, typiquement gardait des sachets d’arachides avec lui, parfois la seule chose qu’il mangeait toute la journée ».  Quant à savoir si le soir précédent il seraient descendus au Carousel, la boîte de Jack Ruby, des chercheurs ont émis un temps l’idée, fort tentante en effet…  En revanche, ils semblent bien être allés chez une relation à lui :  « la nuit avant le cortège de Dallas, la plus grande partie du détachement des services secrets du président a bu jusqu’aux petites heures, jusqu’au matin, dans une salle de boîte de nuit appelée The Cellar (ici à gauche, elle était située à Fort Worth).  Le propriétaire de The Cellar, Pat Kirkwood, est un proche de Jack Ruby.  Kirkwood est un ancien mercenaire, ayant son propre avion, qui s’envolera au Mexique quelques heures après l’assassinat.  Le père de Kirkwood était le partenaire de Ruby dans une maison de jeu de Fort Worth avec un autre associé, Lewis McWillie (un malfrat en fait).  Selon les documents du FBI, McWillie était employé par le patron de la Mafia cubaine, Santos Trafficante, qui a participé aux  complots d’assassinat contre Castro. »  Dans les années 70, la boîte sera le centre musical du Texas, devant Austin.  On y entendra même le fabuleux Delbert McClinton (qui vient tout juste de sortir un album !).  La boîte existe toujours.

Un seul but à la thèse ridicule : celle d’exclure un tir venu du tertre !

En prime, la thèse fumeuse de Donahue avait un but caché :  selon lui en effet, comme on le précise ici, « les blessures à la tête de JFK suggèrent à Donahue que le troisième tir n’a pas été tiré par le fusil Mannlicher-Carcano trouvé au sixième étage du Texas School Book Depository ».  En somme c’est certes une conspiration; mais pour éviter de parler de l’autre, qui présente bien plus d’arguments  (2) !!!  En créer une deuxième, pour détourner l’attention !!!  Dans le projet Mockingbird, il était convenu de disséminer de fausses infos pour lutter contre les autres pouvant nuire au pouvoir en place, et l’idée de Hickey comme deuxième tireur évite de parler du Grassy Knoll !!!  Tout en faisant accepter l’idée d’une absence de complot car là ce serait un membre du service d’ordre comme responsable et non un second tireur embusqué !!!…  Mais pour autant, il maintenait que les blessures à la tête venaient de l’arrière, ce qui excluait le tireur du tertre :  « la plupart des enquêteurs, y compris Donahue, croient que l’arme, liée à Lee Harvey Oswald, a tiré les deux premiers coups, sinon tous les trois.  La façon dont la balle produisait jusqu’à 40 minuscules fragments dans le cerveau de Kennedy et le diamètre de 6mm de la blessure d’entrée à l’arrière du crâne étaient incompatibles avec les balles Carcano de 6,5 mm, avait soutenu Donahue. Son analyse était en accord avec la «théorie de la balle unique» de Specter (Alan Specter de la Commission Warren, qui reviendra trop tard sur ses positions), selon laquelle un projectile de ce type était capable de percer le dos et la gorge de Kennedy et le dos, l’épaule et le poignet du Texas Gov. John Connelly avant de se loger dans sa cuisse. Mais Donahue ne pouvait pas comprendre comment une telle balle se désintégrait dans un cerveau.  Ses calculs mettaient la trajectoire sur le côté gauche de la voiture suiveuse, remplie d’agents du Service Secret, y compris celui qui, à un moment donné, avait ramassé un fusil AR-15. Donahue a donc conclu que l’agent, George Hickey, avait abattu accidentellement le président quand la voiture avait soudainement accéléré.  La théorie avait alors obtenu peu d’attention, en dépit d’un article en 1977 dans le Sun de Baltimore et d’un livre de 1992, « L’erreur mortelle: Le tir qui a tué JFK », par Bonar Menninger. Donahue est décédé en 1999″.  Au lieu de ces fariboles, il vaut donc mieux lire le livre « The Kennedy Detail: JFK’s Secret Service Agents Break Their Silence », qui propose bien davantage de renseignements … une théorie de deuxième tireur évidente, un tir venu du tertre vert… alors que ce sont des anciens officiels qui l’affirment !

 

Document à consulter : le long article pondu par Donahue en 1977, qui, bizarrement, affirme qu’Oswald a bien tiré, mais qu’il a raté Kennedy et que c’est Hickey qui l’a abattu par erreur.  Croquis et photos à l’appui, avec un Donahue en tireur d’essais en personne (ici à gauche).  On peut y lire ce sommet d’incompétence : « l’AR-15 tire une munition .223  (5,56 mm) avec une vélocité si importante que si l’on touche le torse d’un homme, sa tête éclate »… 

(1) Compte-rendu de la commission Warren avec Specter et Hill, deux agents de sécurité à bord de la Cadillac suiveuse :

M. SPECTER. Comment les agents étaient armés au moment de fait?
M. HILL. Tous les agents étaient armés avec leurs armes de poing.
M. SPECTER. Il y a-t-il une arme dans l’automobile, en plus des armes à la main?
M. HILL. Oui. Il y a un AR-15, Tout ce qui est à la fois une arme automatique et un fusil.
M. SPECTER. Et où est maintenu l’AR-15  ?
M. HILL. Entre les deux agents, dans le siège arrière.
M. SPECTER. Que diriez-vous du fusil; où est-il gardé en fait fait?
M. HILL. Dans un compartiment immédiatement en face des sièges repliables (centraux).
M. SPECTER. Est-ce que la voiture de suivi du président est une voiture spécialement construite ?
M. HILL. Oui, monsieur; elle l’est.

(1) cf récemment encore Vincent Quivy de Slate, qui semble bien égaré et bien perdu dans les méandres de l’affaire  :  « Plus de cinquante ans d’enquêtes de toutes sortes et des milliers de documents déclassifiés plus tard, le constat est le même.  Bien évidemment, il reste des parts d’ombre.  Malgré les recherches innombrables, on peine à comprendre ce qui a bien pu traverser l’esprit de Lee Harvey Oswald qui, semble-t-il, rêvait de gloire mais n’a pas voulu revendiquer, une fois pris, son geste.  Un homme qui a précisément préparé son crime mais n’a, semble-t-il, aucunement planifié ce qu’il devait faire ensuite. Et que dire de son assassinat dans les locaux de la police par un être, Jack Ruby, dont on peine là aussi à cerner les motivations ?  Que faire aussi de l’attitude de la CIA et du FBI qui ont, en laissant Oswald agir, commis une erreur fatale ?  En pleine guerre froide, alors que la confrontation entre États-Unis et URSS était à deux doigts de tourner à la guerre nucléaire, Oswald a fait allégeance aux Soviétiques et est parti vivre en Russie.  Il serait aujourd’hui l’équivalent d’un fiché S qui, de retour de Syrie, ne serait ni inquiété ni étroitement surveillé et, travaillant dans une entreprise de province, ne serait nullement écarté lors d’une visite sur les lieux du président de la République » (ouah la comparaison bien à la mode !!!  Faut oser, non ?).  « Ce loupé a paru si accablant au FBI qu’il a tenté, notamment en détruisant des documents, d’en cacher la réalité.  Oswald avait un «agent traitant» qui est, pour le moins, «passé au travers», ignorant que le jeune homme avait acheté un fusil, qu’il s’était fait prendre en photo avec l’arme, qu’il s’en était servi pour tenter d’assassiner un général d’extrême-droite, qu’il avait écrit une lettre sans ambiguïté à sa femme, qu’il travaillait dans un immeuble situé sur le parcours emprunté par le président Kennedy ».  Il ne semble pas que celui-là non plus n’ai vraiment saisi ce qui s’était passé… ou n’ait pas bien lu toutes les sources sur le sujet !  Ah oui, pour mémoire, c’est aussi l’auteur de « Qui n’a pas tué Kennedy ». Qui ne présente à vrai dire aucun intérêt à lire.  Rarement lu, en effet de  sujet traité autant par dessus la jambe !  Un commentaire pour conclure à son sujet, signé « Rose » : « il n’y a que les gogos pour vous suivre ».  Dont acte.  Il est aussi l’auteur de ça, également , hélas : il y conclut par un « monde de l’information trop marqué par le superficiel et l’à-peu-près », chose qu’il pratique si brillamment, manifestement, à le lire !!!

 

Le film de Bell:

 

la « motorcade » et son plan de disposition des véhicules et des hommes:

http://jfk.hood.edu/Collection/Weisberg%20Subject%20Index%20Files/M%20Disk/Motorcade%20Route/Item%2015.pdf

photos Kennedy à Dallas

http://kennedy-photos.blogspot.fr

 

voiture

https://www.thehenryford.org/collections-and-research/digital-collections/sets/8515

 

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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (18)

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