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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (17)

Plusieurs tireurs ?  Et un seul commanditaire… ou plusieurs également ?  Très certainement, mais avec un nom qui revient sans cesse : celui de Lyndon B. Johnson, le vice-président, le colistier de Kennedy, dont l’univers mental est celui d’un être fort rustre, engoncé dans ses manies de texan, et compromis dans une foultitude de malversations diverses, sans compter un acoquinage éhonté avec des personnages douteux, tel l’incroyable Billy Sol Estes.  Des gens qui l’arrosent copieusement de cadeaux divers pour obtenir quelques faveurs.  L’état du Texas sous LBJ était géré comme la plus effroyable des républiques bananières, voire un clan de mafieux, où l’on n’hésitait pas non plus à éliminer ceux qui ne voulaient pas se plier aux règles édictées par celui qui émanait pourtant du parti démocrate, censé être moins violent dans les mœurs politiques que les républicains.  On mourrait déjà beaucoup autour du grossier LBJ, qui jurait comme un charretier et recevait ses rendez-vous alors qu’il était aux toilettes.  Toutes les enquêtes menées sur les événements annexes à l’assassinat de Dallas conduisent au vice-président et ses malversations.  Et à des dissimulations de preuves à tous les étages, y compris l’incroyable histoire de l’embaument du corps du président et celle même de son cercueil.

Le cas le plus étonnant de l’affaire est celle finalement la plus discrète… et donc la plus suspicieuse, car c’est celle aussi qui implique directement Lyndon B. Johnson.  Tout part du fameux dépôt de livres… encore une fois. Et elle débouche sur d’autres phénomènes tout aussi étonnants ou surprenants.  Car la scène se passe cette fois 35 ans après les faits.  Soit trois ans après la sortie d’American Tabloïd, de James Ellroy (une lecture à recommander !), un polar plus que bien mené qui a largement contribué à laminer la belle icône des frères Kennedy en les présentant sous un aspect très proche de la réalité, à lire en comparaison les compte-rendus des « Joyaux de la CIA » révélés ou l’autre livre phare qu’est celui de Seymour Hersh, ouvrage paru aux Etats-Unis en 1998 également.  L’un des ouvrages à lire aussi, ce volume romancé d’Ellroy car son côté historique est indéniable.  Cette fois c’est un expert respecté de la police, Nathan Darby, qui le premier ouvre à nouveau la boîte de pandore.  L’homme fait autorité, formé avant d’aller à l’armée sur les relevés d’empreintes (et ayant obtenu le grade de « Certified Latent Fingerprint Examiner« , il était devenu le responsable de l’Identification du Criminal Records Section de l’Austin Police Department où il est resté longtemps le spécialiste du système Kodak Miracode (celui des microfilms d’archivage d’empreintes).  Répondant en 1998 à un envoi de relevés de la police de Dallas sur des prélèvement faits sur un des cartons (marqué « A ») près de l’arme saisie et non utilisés lors de l’enquête qui a suivi le meurtre du président, il rend son verdict.  Les tests ont été faits à l’aveugle, Darby n’ayant aucune idée de la provenance du support.  Il est sans appel : selon lui, il existe au moins 33 points de similitude sur l’une des empreintes avec celle d’un dénommé Malcolm E. « Mac » Wallace, aux empreintes déjà détenues par la police pour des faits criminels antérieurs depuis des années :  l’individu est mort depuis longtemps déjà… le 7 janvier 1971.  Vingt-sept ans plus tard de ce qui semble être un dossier oublié, lors d’une conférence de presse tenue le 29 mai 1998 à Dallas, le chercheur et auteur Walt Brown présente ses conclusions à la presse, citant cette fois 14 points de comparaison qui correspondent parfaitement sur les 33 évoqués au départ.  La justice américaine en réclame habituellement 12 pour certifier une saisie (et le FBI 8 seulement, et 6 pour Reymond).  Or le carton découvert au 6eme étage de la bibliothèque et envoyé à Washington pour analyse, selon le FBI, contenait les fameuses empreintes de Lee Harvey Oswald ;  seules, et pas celles d’un autre !  Et au moment de l’analyse, Darby avait 55 ans d’ancienneté dans le métier !  Tout le monde s’étonne que le test n’ait pas été fait avant :  or l’Automated Fingerprint Identification Systems (AFIS) qui croise les données sur microfilm n’a pas été mis en place aux Etats-Unis avant le milieu des années 80, au moment même où commençaient à débarquer les ordinateurs.  Il n’empêche :  dès 1963, d’aucuns savaient déjà qu’Oswald n’était pas seul à cet endroit ; quand bien même il y aurait été…. ajouteront d’autres.  Le dossier tardif sera transmis au Police Dallas Département, qui le transmettra lui-même au Federal Bureau of Investigation.  Et rien ne se passera pour autant !  Le FBI ne répondra pas, ou plutôt simplement pour dire que les empreintes « ne correspondent pas », sans en démontrer la raison ni donner davantage d’explication.  A beaucoup, pourtant, cela rappelait les déclarations de 1963 de la police de Dallas, et certaines manchettes de journaux parlant d’un « second suspect arrêté ».  Le Dallas Herald avait en effet titré le 23 novembre « Johnson Takes Control. Police Quiz Second Man« ...  Un second homme vite oublié semble-t-il !  L’auteur de l’incroyable révélation, Walt Brown n’est pas un inconnu sur le sujet :  il est le réalisateur d’un des tous premiers CD-ROM sur le sujet, « The Global Index to the JFK Assassination« , contenant 2400 pages, 17 185 noms et 4 millions de références croisées !!!  La révélation pose immédiatement question, ou plutôt une double question :  un second homme au CV bien chargé aurait été sur place, aurait tiré ou pas… mais n’aurait-on pas essayé non plus d’impliquer d’autres personnes, sachant qui était cette personne ? Car très vite, on s’aperçoit que les traces découvertes mènent directement à Lyndon B. Johnson, ou plus exactement par un détour, via une personnalité typique de l’état de déliquescence morale dans laquelle était le Texas au temps où son sénateur était le co-listier de JFK.  Le fameux carton a-t-il été posé là après, ou bien est-il la preuve flagrante qu’il s’agissait d’un complot ?  On comprend tout de suite l’embarras du FBI :  dans les deux cas, sa thèse de l’individu isolé n’ayant eu aucune aide extérieure s’effondrait.  Le premier de son vivant, le second après sa mort.

Le deuxième homme, début de portrait

Qui était donc ce fameux Wallace, voilà qui mérite qu’on y jette un œil de plus près en effet.  Or c’est un autre « polar » qui va se dévider à lire son effarante biographie.  Wallace n’est en effet pas un inconnu des policiers de Dallas.  C’est même un cas à part, très à part même.  L’homme, qui était employé du ministère de l’Agriculture dans les années 50, s’était à cette époque entiché de Josefa Johnson, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle vivait sa vie, cette dame : trois fois mariée, alcoolique notoire, elle fréquentait une boîte de nuit, celle de Hattie Valdez (M&M Courts, en réalité un bordel déguisé d’Austin, recrutant des femmes mariées désireuses d’arrondir leurs fins de mois, qui fermera en 1965 seulement après 25 ans de service).  Mariée, elle cumulait les aventures, dont une avec John Kinser le directeur d’un golf miniature de Houston.  L’homme lui avait demandé un jour de lui avancer de l’argent, car il savait que son frère en possédait, car il s’appelait… Lyndon B Johnson, qui s’était lancé en politique et accumulait déjà les paiements discrets, des pots de vins (« bribes »), sous couvert de quelques compensations ou d’octrois locaux, ce que n’ignorait pas en effet Kinser.  Johnson est l’ancien directeur d’une agence gouvernementale de l’État du Texas chargée de la jeunesse, où il a connu Wallace.  De l’argent, Johnson en avait, en effet.  Pour faire campagne de façon plus moderne, Johnson par exemple arpentait le Texas à bord d’un hélicoptère S51 à ses couleurs, une première en la matière, obligeamment prêté par une entreprise qu’il avait promis d’aider une fois élu !  L’engin avait été effectivement employé intensivement pendant la Guerre de Corée, et celle du Viet-Nam verrait sa consécration.  On retrouvera dans sa bibliothèque le « logbook « du pilote James Chudars, expliquant ses déplacements coûteux.  Une voiture radio payée par Sykorsky suivait l’engin au sol durant tous ses trajets.  Mais revenons plutôt à terre, avec la demande d’assassinat qui aurait paraît-il mis le frère élu en fureur :  toujours est-il que le lendemain, 22 octobre 1951, Kinser est retrouvé mort, le corps criblé de balles.  Un acharnement, disent les policiers, qui retrouvent vite l’assassin grâce à la plaque minéralogique de sa voiture :  c’est celle de Mac Wallace, l’auteur du crime.  Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’a pris aucune précaution pour « dessouder » promptement sa victime. L’assassin s’est en effet blessé à la main lors des tirs, et lors de son arrestation on lui trouvera une blessure au même endroit.  Etrange découverte, c’est un ami de Wallace qui lui avait prêté l’arme du crime, bien à part ; car il s’gît d’un pistolet allemand automatique Schmeisser.  Or cet ami de 12 ans, c’est Joseph Schott, qui est aussi agent du FBI (?), et qui a ramené ce pistolet à part d’Allemagne, lors de son temps de guerre !  En prime, on retrouvera dans l’une de poches de Wallace, lors de son arrestation, dans une enveloppe, une balle restante du même pistolet (preuve d’un « contrat » de type mafieux passé ?).  L’affaire est donc rondement conclue et on ne donne aucune chance à Wallace de s’en sortir vivant avec de telles preuves contre lui.  Mais voilà, nous sommes au Texas, alors dirigé par un gouverneur qui a le droit de tout faire ou presque.  Un procès a bien lieu, où l’on remarque au premier plan l’avocat de Lyndon B, John Cofer, comme défenseur de l’accusé qui a démissionné de son emploi gouvernemental pour ne pas nuire à Lyndon B.Johnson.  Cofer est un grand ami de Johnson depuis qu’il l’a défendu des accusations de vol de bulletins lors de son élection comme sénateur en 1948 (on verra Johnson poser fièrement avec la boîte contenant les votes délictueux en trophée, voir ci-dessous !) !!!

Notre tireur a été déjà libéré sous caution de 30 000 dollars grâce à l’intervention d’Edward Clark, le secrétaire d’Etat du Texas, grand ami lui aussi de Johnson, qui est aussi en affaire avec Big Oil, la compagnie du néo-nazi Clint Murchison (Johnson le nommera plus tard ambassadeur en Australie !).  On raconte que durant tout le procès, Lyndon B louera une suite à l’hôtel situé à deux pas de l’endroit où se passait le procès pour en avoir tous les jours un compte-rendu le plus frais possible.  Le verdict finit par tomber : onze jurés déclarent Wallace coupable et le condamnent en chœur à la chaise électrique, le douzième choisissant l’emprisonnement à vie.  Mais il est condamné à 5 ans de prison seulement par le juge Charles O. Betts... qui le libère aussitôt de sa (bien légère) peine, sans donner de raison, ce qui met en fureur la famille Kinser, qui est aussitôt victimes de menaces diverses.  Visiblement, le fait d’avoir dans l’ombre Lyndon B. Johnson l’a beaucoup servi.  Le 24 décembre 1961, c’est a tour de Josefa de mourir : on la retrouve gisant par terre chez elle :  hémorragie cérébrale, déclare-t-on.  C’est fou ce que les gens meurent facilement autour de Lyndon B, imbu de lui-même au point de donner ses initiales à ses deux filles.

 Le deuxième homme et sa belle carrière d’assassin

A peine sorti de prison (ici le journal répercutant l’incroyable rebondissement du jugement), Wallace est aussitôt engagé comme administrateur chez Luscombe Aircraft Corporation, une société qui se retrouve absorbée par Ling-Tempco-Vought ( LTV), dont Johnson est un grand supporter ainsi qu’Edward Clark, l’avocat d’affaires.  A ce stade, ce n’est plus de la protection c’est du maternage !  Dix ans après, Wallace reprend du service.  Un obscur inspecteur de l’Agricultural Adjustment Administration vient de découvrir d’étranges mouvements d’argent sur les comptes d’un dénommé Billie Sol Estes, un homme qui a fait fortune dans l’agriculture intensive texane (il est devenu multimillionnaire très jeune grâce à des pompes à eau à gaz vendues aux agriculteurs au moment où l’électricité augmentait), et qui vient d’obtenir plusieurs terrains à coton appartenant à une centaine d’agriculteurs qu’il a manifestement lésés.  Marshall se voit proposé de l’argent ou un poste avancé dans l’administration pour se taire, ce qu’il refuse.  Il n’y a pas eu qu’Eliott Ness comme incorruptible, et hélas pour Estes, Marshall était du même moule.  Estes interviendra même auprès de Johnson pour que Marshall soit nommé secrétaire d’état « à quelque chose« .  Un Johnson qui déclarera alors en réunion, devant Clifton C. Carter, son homme de main, le « bagman », son « porteur de valises ») « qu’il faut s’en débarrasser« .  Carter était depuis longtemps le collecteur d’argent de Johnson auprès des grandes fortunes texanes :  « Carter a joué un rôle important dans la collecte de l’argent de lobbyistes à Washington pour les campagnes électorales de Johnson.  Il a également été en contact avec les membres de la « Suite 8F » comme George Brown et Herman Brown (Brown & Root), Jesse H. Jones (Reconstruction Finance Corporation), Gus Wortham (American General Insurance Company) et James Abercrombie (Cameron Iron Works).  Le 3 juin 1961, le problème Marshall est réglé « à la texane » ;  Marshall est retrouvé mort, criblé de balles, cinq exactement, tirées avec sa propre arme, la tête placée sous le tuyau d’échappement de son pick-up.  Au départ, il était prévu de l’asphyxier, mais Wallace, voyant qu’il bougeait encore trop, l’avait finalement occis avec son propre fusil.  Le shérif local, à peine arrivé sur place, déclare sur le champ que c’est un suicide, et qu’il n’y aura pas d’autopsie (avec des blessures « self-indicted ») !  La famille de Marshall, outrée, engage un détective, Manley Jones, qui conclut à tout autre chose, et mieux, a même retrouvé un pompiste, Nolan Griffin, qui a réussi a dessiner un portrait robot de l’assassin qu’il a vu repartir en voiture.  Le portrait craché de Wallace !  Décidément, ce dernier semble bien aidé :  un inspecteur du FBI Tommy G. McWilliams, est venu lui aussi dire que Marshall s’était bien suicidé !!!  Edgar Hoover, lui, ne s’y fera pas prendre : dans son petit carnet secret où il notait tout ce qui pouvait l’intéresser on retrouvera une interrogation amère sur quelqu’un qui se suicide de cinq balles, au Texas !

L’assassin et ses deux patrons

En 1962, Billy Sol Estes (interviewé ici par Ardisson en 2003 – il est décédé fort récemment, en 2013 !) est alors arrêté lui aussi.  Il fait aussitôt la une de Time magazine, comme responsable d’un scandale énorme, l’un des plus grands financièrement qu’ait connu le pays.  On découvre l’étendue de ses exactions et de ses escroqueries, la dernière portant sur des citernes à fertilisant ammoniaqué dont il était devenu le partisan dès le début de sa carrière d’entrepreneur agricole.  Il vendait à crédit des remorques, que les fermiers ne voyaient pas arriver, et louait aux autres fermiers les mêmes remorques construites avec l’argent versé par les premiers : une cavalerie bancaire perpétuelle (certains ne les recevaient jamais !), favorisée par des établissements texans qui fermaient les yeux sur les crédits faramineux engagés.  Le troisième larron de l’escroquerie étant l’état Texan lui-même.  « À la fin des années 1950, Estes s’était fait un nom parmi les agriculteurs de l’Ouest du Texas comme celui d’un important distributeur d’engrais. Mais en 1958, il avait emprunté plus d’ammoniac anhydre que ce qu’il avait réellement acheté à son fournisseur.  Pour rembourser sa dette, Estes s’était mis en accord avec le fabricant de produits chimiques (Commercial Solvents).  Il a alors commencé une entreprise de stockage de céréales avec des fonds qu’il a emprunté à Commercial Solvents ; en échange, Estes reversait à l’entreprise 100 pour cent des frais reçus pour stocker le grain.  Tant que l’argent continuait de tourner, Commercial Solvents lui donnait tout ce qu’il voulait.  Pour faire fonctionner le système, Estes avait apporté un partenaire clé : le gouvernement américain.  Il avait décroché un contrat fédéral pour stocker le grain dans un programme de prêts pour les agriculteurs ».  Plus tard, il a été révélé à quel point il avait fait passer ce contrat : « en prenant trois fonctionnaires du Département de l’Agriculture dans une virée shopping au grand magasin Neiman Marcus .  Avec ceux-ci et d’autres pots de vin, Estes avait obtenu environ 7 millions de dollars entre 1959 et 1961.  Ces fonds sont allés aux Commercial Solvents, qui à son tour a fourni Estes en engrais à vendre à prix réduits pour les agriculteurs.  Plus de 100 agriculteurs avaient aussi acheté les réservoirs de stockage à crédit ou les avaient loués avec leurs prêts hypothécaires envers Estes.  Avec ces prêts hypothécaires – et des piles de faux états financiers pour les réservoirs inexistants – il avait emprunté environ 22 millions de dollars aux sociétés de financement ». Commmercial Solvents était devenue après guerre la pionnière dans son usine de Terre Haute, dans l’ Indiana de la fabrication de l’éthanol par fermentation, puis de riboflavin (la vitamine B2).

Au fond de l’Indiana, un étrange oubli

Bizarrement, à Terre Haute, c’est là qu’on retrouvera un engin connu au lendemain de l’assassinat : « le 25 novembre 1963, Harry L. Power, un vétéran de l’armée et résident d’un moment de San Antonio, a laissé inexplicablement un Mannlicher Carcano – calibre 6.5 dans le House Hôtel à Terre Haute, dans l’Indiana.  Lorsque les fonctionnaires de Terre Haute ont enquêté sur la question, ils n’ont trouvé aucune empreinte digitale sur le fusil et aucune explication quant à la raison pour laquelle il avait été abandonné là.  Ils pensaient également que le nom d’Harry Power aurait pu être un alias.  Le chef de la police de Terre Haute, Frank Riddle, a dit à un journaliste de l’AP que toutes les informations que son bureau avait recueillies avaient été remises à la Commission Warren, lorsque des agents des services secrets ont confisqué le fusil.  Riddle a également affirmé que Power n’avait aucun casier judiciaire mais qu’il avait été suspecté d’ être un membre de la Young Communist League.  Un document de l’affaire des Archives nationales a été déclassifié en 1970.  Le cherheur Dick Russell indique que le cas de Power avait été étudié en relation avec la tentative de tirs sur le général Walker à Dallas, aux tirs liés avec Oswald et son Mannlicher Carcano.  D’autres fichiers associés à la carabine de Power prétendent que c’était un 7.65 Mauser . L’enquêteur et agent de la CIA Richard Nagell avait dit à Garrison en 1967 que « Power était un maoïste ou trotskiste » et qu’il « avait connu Lee Harvey Oswald et avait été vu avec lui … » Wallace aurait-il été le faux maoïste de l’étrange équipée de Terre Haute ?

Vorace ?

Vorace, Billie Sol Estes (ici en train de dissimuler ses menottes sous un sac papier) l’était et c’est bien pour cela qu’il s’était en effet rapproché depuis longtemps du non moins vorace gouverneur du Texas, Lyndon B.Johnson, qui lui a octroyé des sommes considérables pour se lancer dans l’industrie du coton, des sommes qui n’ont pas été utilisées pour ce projet, ni pour construire non plus les fameuses citernes.  Qu’était-elles devenues ?  Qui en avait profité, on ne le saura pas.  Johnson en ignorait-il l’existence où en profitait-il, vaste question, restée dans le flou !  C’est alors qu’est arrivé le grain de sable Marshall.  Aussitôt Estes emprisonné, on déterre l’infortuné inspecteur pour découvrir qu’il a bien été assassiné.  Mais le jury qui va établir les responsabilités est dirigé par Pryse Metcalfe, le beau-fils du shérif qui a déclaré qu’il s’agissait d’un suicide.  C’est fou ce qu’on sait s’organiser au Texas quand il s’agît de magouiller !  Le 4 avril, autre « surprise », c’est au tour de George Krutilek, l’assistant personnel d’Estes d’être retrouvé raide mort, la tête enfoncée… et déclaré lui aussi suicidé au monoxyde de carbone !  Dans les semaines qui suivent le procès d’Estes, c’est l’hécatombe, toujours avec le même procédé : deux autres proches meurent (Harold Orr et Coleman Wade).  Déclarés suicidés eux aussi asphyxiés au carbone (plus tard Estes reconnaîtra que c’est Wallace qui les avait tués). Une véritable épidémie d’asphyxiés !  Durant le procès on découvre surtout un empire de la magouille :  le secrétaire de l’Agriculture en personne, Orville L. Freeman, a reçu 42 000 dollars des mains d’Estes juste avant qu’il ne nomme ce dernier au National Cotton Advisory Board !  On se rapproche beaucoup de Johnson !!!  Estes est condamné une première fois à 8 ans d’emprisonnement, puis lors d’un second procès en octobre 1963 à 15 années pour détournement de 24 millions de dollars. Il sortira néanmoins en 1971, mais y retournera pour fraude aux impôts cette fois.  En sortant définitivement en 1983, il affirmera sans hésiter que Johnson était derrière l’assassinat de Marshall et reconnaîtra les meurtres des quatre asphyxiés.  L’année suivante, son avocat, Douglas Caddy, affirmera que Johnson, outre ses meurtres commandés, est aussi celui derrière l’assassinat de Kennedy.  La même année paraît l’ouvrage de Pam Estes, la fille de Billie Sol (co-écrit avec William Reymond, « Le Dernier Témoin« , qui accuse elle aussi Johnson de la même chose.   Bref, le tir de barrage résumait le problème fondamental :  jusqu’à quel degré de connaissance du complot Lyndon B. Johnson était-il allé, puisque pas un ne souhaitait l’en exclure….

Estes et ce qu’il a dit de l’embaumeur Ligett

Mais il y a un autre volet encore à ces magouilles à tiroir.  Dans l’affaire, un homme est apparu, au milieu des nombreux aveux successifs de Billie Sol Estes.  C’est l’embaumeur appelé en express pour montrer au public une photo de cadavre de Kennedy présentable.  Liggett, c’est son nom, aurait été appelé par Maurice Bishop, le pseudonyme connu de David Atlee Phillips pour venir au plus vite le soir du 22 novembre faire un « extra » exceptionnel (en photo à gauche Zapruder expliquant à la télévision l’endroit où il avait vu le tir fatal arriver sur La tête du président).  L’histoire est assez incroyable, mais les faits sont là, indéniables, confortés par Estes qui n’avait déjà plus rien à perdre à les raconter, ayant déjà tout perdu. Et ils sont eux aussi incroyables, dignes encore une fois d’un James Ellroy :  « John Liggett était un embaumeur hautement qualifié, qui travaillait à la Restland Funeral Home de Dallas ;  Son collègue Charles Smith se souvenait de lui comme étant la meilleure personne pour faire le travail de reconstruction de visages.  Mais Liggett avait également une vie secrète et avait l’habitude de quitter son travail pendant des jours, voire des semaines à la fois.  Le jour de l’assassinat, Liggett était à Restland venu assister aux funérailles de la tante de sa femme depuis trois mois, Lois.  Il a soudainement été appelé au bureau, et quand il revint, il dit à sa femme que le président avait été abattu et qu’il devait aller à l’hôpital Parkland.  Quand il rentra chez lui environ 24 heures plus tard, il était fatigué, échevelé, et agité.  Il dit à sa femme et à ses beaux-enfants qu’ils devaient sortir de la ville pendant un certain temps  » jusqu’à ce que tout se souffle retombe.  Ils ont roulé à grande vitesse vers Austin, puis vers San Antonio.  Il y avait de brefs arrêts le long du chemin pour les conversations avec divers contacts.  Le dimanche, ils ont tous regardé la télévision dans une chambre d’hôtel à Corpus Christi et ont vu Ruby tirer sur Oswald.  Dès qu’il l’ont vu, Liggett s’est tourné vers sa femme et lui a dit :  » Tout est OK maintenant . »  Ils sont retournés à Dallas, mais leur style de vie avait changé.  Après l’assassinat, Liggett semblait avoir reçu beaucoup d’argent.  Ils se sont installés dans une maison de luxe et Liggett est devenu un grand joueur de cartes dans des parties de poker nocturnes acharnées.  À un moment donné, il y avait eu chez lui une visite d’un de ses amis excentriques de la Nouvelle-Orléans.  Il a dit à sa famille que lui et cet ami étaient allés ensemble dans la Civil Air Patrol.  La famille pense aujourd’hui que le visiteur était David Ferrie »... sur la photo officielle de l’autopsie, on avait largement maquillé la tête broyée du président, en lui remettant en particulier une perruque pour dissimuler la trépanation, le cerveau complet, ou ce qu’il en restait, lui ayant été enlevé (1).  Oswald subira le même sort, ce qui donnera une vision assez sidérante d’un défunt fort éloigné visuellement de son état vivant (et suscitera de tels soupçons qu’on le déterrera pour vérifier si c’était bien lui qui avait été enterré !).

Estes et les cercueils comme machines à sous
Estes avait-il des liens véritable avec notre embaumeur ?  Page 138 et 139 de l’ouvrage de Reymond, on trouve une explication qui vaut le détour :  « Au-delà des activités de Billie Sol Estes liées à l’agriculture, notre attention se porta aussi sur un business qui semblait une anomalie dans les activités de son empire.  En effet, en 1958, Billie Sol se lança dans les pompes funèbres.  Au-delà de l’étrangeté de ce nouvel investissement, nous savions que d’autres membres du réseau Johnson partageaient ce point commun.  Néanmoins, surpris par la question il nous gratifia d’une explication disons… humaniste « – J’avais remarqué qu’aucune entreprise de pompes funèbres du Texas n’acceptait de s’occuper des morts issus des minorités ethniques noires et mexicaines.  Je me souviens par exemple du décès d’un de mes employés mexicains et de l’impossibilité pour sa famille de rapatrier son corps de l’autre côté de la frontière, personne ne voulant fournir un cercueil ni organiser le transit.  Conscient de l’enjeu, je suis devenu le premier à le faire.  N’importe qui a le droit de retourner chez lui pour y reposer en paix.  Si la réponse est belle, elle ne nous convainc guère.  Billie Sol le sent et improvise une justification économique :  on ignore souvent combien les marges peuvent être importantes dans le business de la mort.  Embaumer et vendre un cercueil ou une pierre tombale représente une activité extrêmement lucrative.  Pour une famille endeuillée, la différence de prix entre un cercueil et un autre peut s’élever à un bon millier de dollars.  Or, en fabrication, l’écart de coût n’excède guère cent dollars.  Bien évidemment, mon équipe était entraînée à inciter à l’achat du modèle le plus cher ».  Un peu plus loin dans le livre il sera révélé que les cercueils servaient aussi à transporter discrètement de la drogue.  Parfois, le corps du défunt était carrément tranché en deux, et le fond du cercueil bourré d’héroïne !  Parfois c’était de l’argent liquide en provenance de casinos comme celui du Horseshoe Gambling de Las Vegas, appartenant à Benny Binion, l’inventeur du championnat du monde de poker !

Le film fondamental évaporé

Liggett avait donc arrangé la tête de Kennedy, après qu’on ait réalisé son autopsie, tenue à Washington dans des circonstances incroyables, avec un médecin non habilité à en faire et autour de lui tout un apanage de militaires.  Or on découvre une autre surprise encore :  c’était une autopsie restée secrète, donc, mais qui avait été filmée de bout en bout !!  On retrouvera en effet le témoignage (dans la remarquable série de la BBC de 1988) d’un assistant du Bethesda Naval Hospital, Dennis David, qui avait assisté à une autre scène fondamentale.  Celle impliquant William Pitzer, alors à la tête du département audiovisuel de l’hôpital Bethesda, en train de visionner quelques jours après l’arrivée du corps un film 16 mm de l’autopsie, montrant clairement un trou d’entrée sur le crâne présidentiel situé sur la tempe droite et l’arrière de la tête en miettes.  L’ensemble aurait été filmé semble-t-il grâce à l’équipement vidéo automatique de l’hôpital qu’il avait installé et dont les militaires présents n’avaient peut-être pas remarqué la présence !  Une véritable bombe, pensez donc, allant à l’encontre de la thèse officielle des tirs uniquement dans le dos !  Trois ans plus tard, le 29 octobre 1966, alors que le même Pitzer avait annoncé son départ de l’hôpital, avec comme projet de parler à la télévision de ce fameux film… on le retrouve suicidé au même endroit.  D’une bien étrange façon : on l’avait retrouvé la tête explosée d’un coup de pistolet donné de la main droite.  Alors qu’il était… gaucher, selon Dennis.  Le film qu’il visionnait n’a jamais depuis été retrouvé, bien entendu.  Un enquêteur, qui affirmera que Pitzer était en revanche selon lui bien droitier (le flou demeure sur la question), ne laissera pas pour autant tomber la thèse de l’assassinat en découvrant en 2004, caché dans le plafond de la cuisine de la maison du disparu une bobine vide en bakélite marron de format 8 mm.  Wiiliam Pitzer, le énième suicidé de l’affaire, aurait-il réussi à faire discrètement un double du film et se le serait-il fait voler ?  Encore un mystère de plus à ajouter au cas Kennedy !  Et encore une traque sans fin pour les auteurs… du complot pour retrouver une éventuelle copie du film de l’autopsie !

Incroyable scénario

L’étrange visiteur de la famille Ligget avait en effet des sourcils peints et une drôle de tête.  Pas d’erreur possible sur la personne : c’était bien l’ancien recruteur d’Oswald !  Le petit monde de Dallas était vraiment tout petit ! Selon Estes, Liggett ne se contentait pas de connaître Ferrie, l’ami d’Oswald :  il connaissait aussi très bien De Mohrenschildt et les époux Paine !!!  Décidément !!!  Mieux encore :  puisque cela verse dans le roman historique, cet énième rebondissement, autant préciser une chose étonnante de plus. Le même embaumeur, est arrêté en 1974, onze ans après ses exploits de reconstruction faciale (du beau travail, ma foi, tant Kennedy avait eu la tête broyée par le tir aperçu par Zapruder !).  On l’accuse alors d’avoir voulu tuer une dénommée Dorothy Peck, retrouvé battue à mort à Garland, Texas, dans sa maison partiellement incendiée.  La femme aurait reconnu avant de mourir quelques heures plus tard John Liggett comme étant son assaillant, elle l’aurait rencontré la veille selon ses dires.  Jusqu’ici, rien de trop spécial : l’embaumeur présidentiel peut aussi avoir été un assassin, pourquoi pas, dans un pays où la violence est monnaie aussi commune et les crises de folie meurtrières.  A part que la femme qu’il avait agressée n’était autre que celle de Jay Bert Peck, un cousin éloigné de LBJ, mais qui possédait une étonnante particularité : physiquement, c’était son double presque parfait !  Selon Billie Sol Estes, le secret inavouable que détenant Ligget, c’est qu’au soir du 22 novembre, c’est Jay Bert Peck qui serait resté à l’hôtel à Dallas, le vrai Johnson se rendant à Fort Worth pour mettre au point les derniers préparatifs de l’assassinat de Kennedy !!!   Mieux ou pire encore :  la propre fille de Liggett, Debra, affirmera devant les caméras de la BBC qu’elle avait reconnu quelqu’un sur une photo de Malcom Liggett, le frère aîné de John (cliché ici à gauche).  Or ce quelqu’un c’était… Jack Ruby !  Une femme brune, à ses côtés étant Iris Campbell, qui deviendra la confidente de Lois avant de disparaître complètement.  Etranges liaison et étrange embaumeur.  Malcom, son propre frère, avait mis en garde la femme de John, Lois, contre son tout nouveau mari, en lui disant de faire attention à ce qu’il pourrait lui dire ou avouer un jour où l’autre.  Etrange famille, il n’y a pas.  Car ce n’est pas le seul décès suspect les concernant :  le double presque parfait de LBJ avait lui aussi été tué d’étrange manière :  « curieusement, environ 5 ans plus tôt, le 5 Juillet 1969, Jay Bert Peck, à la même adresse de Garland et probablement le mari de Mme Peck (même si il était près de 30 ans son aîné), a été assassiné au même endroit.  Mme Peck avait entendu un coup de feu dans la chambre, s’était précipitée à l’intérieur et trouvé Peck au lit avec une blessure par balle à la tête.  Il a été transporté à l’hôpital de Parkland où il est décédé 12 heures plus tard ».  Etrange coïncidence en tout ; homme, blessure, et même hôpital !!!  Et puisque l’on en découvre chaque jour un peu plus, autant ajouter autre chose encore dans cette histoire devenue folle…

Son cas s’aggrave

L’embaumeur très spécial aurait aussi été… un assassin en série :  « après l’arrestation de Liggett, la police a commencé à chercher son implication possible Liggett dans plusieurs meurtres non résolus.  Susan Thompson Payne, 41-ans, une femme retrouvée morte dans un appartement du nord de Dallas incendié le 10 Février 1974.  Son corps avait été mutilé et agressé sexuellement.  Il y avait eu plusieurs autres meurtres liés à des incendies dans la région de Dallas dans les années 70 et Liggett était le principal suspect…. »  Liggett aurait aussi été responsable du meurtre de Nancy Weirshellen, tuée à coups de marteau, dont avait été accusé injustement son mari Ed.  Un enfant de douze ans avait vu l’assassin à travers la fenêtre, ce n’est que bien plus tard qu’il reconnaîtra Liggett comme en étant l’auteur.  L’embaumeur qui faisait des miracles avec les têtes amochées les saccageait parfois lui-même !  Et étrange fin de partie, encore une, pour l’embaumeur-assassin de Kennedy.  « Au matin du 14 Février, 1975 Liggett a été transféré avec d’autres prisonniers du palais de justice au centre-ville de Dallas à la prison du comté.  Le véhicule de police était entré dans le garage quand Liggett, en utilisant une clé cachée, a défait ses menottes et a tenté de s’échapper.  Un seul coup de feu dans le dos, tirée par l’adjoint du shérif l’a tué instantanément « .  Les journaux montreront que cette affirmation était inexacte.  L’échappé rattrapé n’était pas mort sur le coup semble-t-il.  « Liggett est tombé face contre terre sur le trottoir.  Des policiers ont dit qu’il avait encore un » léger battement de coeur « quand il a été chargé dans une ambulance. »  Un de plus, dans la longue saga des supprimés de l’après Dallas.  Enfin pas tout à fait…  Une étrange fin en effet avec un énième rebondissement :  le frère de John, Malcom, en allant l’enterrer, ne reconnaîtra pas le corps dans le cercueil (il portait selon lui et sa belle fille Debra une moustache, ce que jamais Liggett n’avait arboré !).  En prime, on peut supposer que cette fois l’embaumeur artiste n’avait pas réussi à se refaire lui-même le visage (en revanche, celui d’un autre n’est pas exclu avec un tel phénomène !).  Quelques temps plus tard, Lois croira bien l’avoir rencontré encore vivant un soir, alors qu’elle était en voyage avec ses enfants, dans un casino de Las Vegas.  Persuadée en effet de l’avoir vu, lui qui avait tout fait pour ne pas avoir à la rencontrer.  Voilà qui ajoutait encore au mystère Liggett, et indirectement au mystère Kennedy !

L’étonnant circuit du cercueil de Dallas

Un mystère sans fin à lire ce qui va suivre, qui est tout aussi étonnant et fort peu connu.  Le film Parkland le met bien en évidence en comptant ses déboires pour entrer dans le Boeing 707 présidentiel  :  le cercueil couleur bronze qui contenait le corps de Kennedy enveloppé dans des draps était remarquable de loin (hélas dans Parkland, on ne lui attribue pas la bonne couleur).  Le problème, c’est que ce n’est pas celui qui déposera les restes présidentiels à Arlington le 25 novembre, à peine trois jours après le décès.  Et ce n’est pas lui non plus qui a transporté à Washington le corps de Kennedy !!!  Car le cercueil de Dallas choisi localement « parmi les prix les plus élevés du marché« , dira son vendeur de chez Restland Funeral Home, avec l’ambulance d’O-Neil qui avait tant elle aussi marqué les gens, recèle un autre mystère. Lorsque le Boeing présidentiel l’emporte, ce n’est pas pour aller à Washington même mais sur la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, direction ensuite l’hôpital de Bethesda, en banlieue de la capitale US.  Or au moment où le cercueil couleur bronze est arrivé à Bethesda le corps de Kennedy était déjà là, l’hôpital de Bethesda recevant un cercueil de type militaire, une caisse en aluminium, contenant le corps enveloppé dans un sac mortuaire militaire noir, complètement nu.  C’est un hélicoptère qui avait déposé le corps près de l’hôpital et qui le reprendra après, et non l’avion présidentiel, assurent des témoins, dont Paul O’Connor, interviewé par la BBC pour le confirmer.  La suite de l’autopsie et ses magouilles est connue, comme l’est le travail de reconstruction faciale de Liggett.  Tous ceux présents sur place font le même geste : tout l’arrière droit du crâne a disparu. Tous ; à Parkland comme à Bethesda !  Le film Parkland, en raccourcissant l’enlèvement du cercueil à l’hôpital de Parkland (et en se trompant sur la couleur même du cercueil, ce qui est un comble !) masque la manipulation effectuée pour amener le corps à Bethesda, et reprend donc la thèse officielle.  Ce n’est pas encore aujourd’hui que les américains sauront ce qui s’est passé exactement entre Parkland et Bethesda !  Le corps est reparti ensuite pour être exposé à la Maison Blanche dans un cercueil de chêne cette fois.  Le corps avait donc été déjà déplacé à Parkland même : si bien que l’arrivée de Jackie les habits ensanglantés descendant par ascenseur le corps de son mari sur la base d’Andrews était déjà une farce sinistre : ce cercueil-là était vide, déjà.  Tout avait été fait pour accélérer une autopsie ne se faisant pas à Dallas, mais dans un hôpital de la capitale, en présence de tout un staff de militaires (dont un assez particulier dont on parlera un peu plus loin).  On croit à une farce, avec un ragot entretenu pendant des années par un auteur jugé peu fiable, mais il faudra attendre la parution de deux documents pour qu’on s’aperçoive de la réalité de ces faits ahurissants.  Le timing même des deux arrivées, qui montre que le premier n’est pas celui venant d’Andrews, notamment.  Le corps de Kennedy avait été escamoté dès sa sortie de l’hôpital de Parkland !!! I mpossible de faire autrement :  pour certains, c’est donc à bord de l’avion qu’avait eu lieu le chagement, juste avant le décollage.  Le trajet en hélicoptère ne prenait que 5 minutes !  « Le premier document était un rapport écrit de la maison funéraire qui a traité l’embaumement du corps du président.  Il contenait la mention suivante : « corps remis dans le cercueil en métal pour l’expédition à NSNH de Bethesda. »  Le deuxième document est un rapport militaire officiel déposé quatre jours après l’assassinat par le Sgt de Marine Roger Boyadjian, qui a déclaré en partie :  « l’équipe est arrivée à l’hôpital à environ 18:00, et après avoir signalé que plusieurs commandants membres de l’équipe ont été postés à l’entrée pour empêcher les personnes non autorisées de pénétrer dans la zone prescrite …. À environ 18h35, le cercueil a été reçu à l’entrée de la morgue et emporté à l’intérieur« .  A visionner le reportage de la TV US, ce jour là, on remarque qu’un hélicoptère fait un boucan infernal, et que le présentateur répète deux fois que c’est un hélicoptère qui va emmener le cercueil :  or le personnel de l’hôpital parle bien de l’ambulance grise de la Navy arrivée à l’hôpital avec Jackie Kenndy à bord, celle que l’on voit partir dès la descente d’avion !!!  Résultat, le corps du président Kennedy est arrivé à la morgue de Bethesda vingt minutes avant l’arrivée de cette ambulance grise (une Pontiac Bonneville) venue d’Andrews AFB censé contenir aussi le corps, celui, qui ramenait le cercueil de Dallas pour le transférer dans cette ambulance Pontiac grise de la Marine.  « Qui étaient les autres hommes de troupe qui ont confirmé la livraison anticipée du corps du président dans la morgue Bethesda ?  Ils comprenaient le marine Dennis David (le même qui confirmera l’existence du film de l’autopsie), qui devint plus tard officier et qui a servi pendant 11 ans dans le Corps des services médicaux, jusqu’à sa retraite du service actif en 1976.  C’est sous sa supervision qu’une équipe de marins ont débarqué le cercueil simple du corbillard noir (a « black cadillac », souvenez-vous de cette appellation) contenant l’équipe d’hommes en costume et l’ont porté dans la morgue de Bethesda.  En fait, David a dit que quand il a vu Mme Kennedy marcher devant la façade de l’hôpital Bethesda à 18h55, il savait ce qu’elle ne savait pas :  que le cher, lourd, cercueil orné venu de Parkland qui était posé en face de l’hôpital naval de Bethesda ne contenait pas le corps du défunt président.  Confirment également la livraison rapide du corps de Kennedy à la morgue de Bethesda le marine Paul O’Connor, le marine Floyd Riebe, le marine Jerrol Custer, le marine Ed Reed et le marine James Jenkins. »  Résultat, quelque part devait donc se trouver ce premier cercueil de couleur bronze ayant servi à une sinistre mascarade du transport dans le Boeing présidentiel.  Il faudra attendre 2010 pour qu’on sache ce qu’il était devenu.  Et la suite est tout aussi ahurissante, car c’est en effet son frère Bobby qui a pris la décision de s’en débarrasser, d’une bien étrange manière… qui n’est pas sans rappeler des souvenirs récents.  Comme quoi il y a bien une continuité en politique américaine !!!

Largage définitif de cercueil

Comme disent les américains, la manipulation des cercueils est en elle-même un des « smoking-gun » d’une conspiration, à l’évidence, car rien d’autre ne justifiait cette pratique :  « et puis il y a le Sgt. Roger Boyadjian. Son rapport est le « smoking gun » de la preuve médicale. Sgt. Boyadjian a écrit dans son rapport que le corps du président est arrivé au quai de chargement de la morgue à 18h35, enfermé dans un sac mortuaire dans un cercueil de transport en aluminium à bas prix transporté dans un corbillard noir avec des fonctionnaires en costume avant que n’arrive le cercueil le bronze orné de bleu dans lequel le corps avait été placé à Dallas, qui est donc arrivé (vide) avec Jackie et Robert Kennedy dans un cortège venu de la base Andrews. »  Le reste est en effet tout aussi ahurissant :  le premier cercueil de couleur bronze est resté trois ans au fond d’un hangard de la Marine.  Jusqu’au jour où on a décidé de s’en débarrasser, « pour qu’il ne devienne pas non plus l’objet d’un culte morbide » ;  selon l’explication donnée par Bobby Kennedy.  Ou pour qu’on ne découvre pas à quel point on a pu tromper les gens, dirais-je plutôt (le cercueil ne devant pas contenir de traces de sang, donc, selon cette théorie, ce que Bobby avait pu de lui même constater !).  « Ce que je voudrais qu’il soit fait, c’est de le jeter à la mer », a dit Robert Kennedy , le frère du président, à un officiel de l’administration des services généraux en février 1966.  Malgré les inquiétudes sur le fait que le cercueil était la propriété du gouvernement, Kennedy a dit à l’administrateur Lawson Knott Jr. qu’il croyait qu’il appartenait à la famille  » et que l’on pouvait s’en débarrasser de la manière dont nous voulions, n »importe laquelle, » selon une note relatant leur conversation téléphonique.  Environ deux semaines plus tard, le 18 février 1966, un van de l’Air Force a emporté le cercueil au Bâtiment National des archives du centre de Washington.  Pour s’assurer qu’il allait couler, le cercueil a été chargé avec trois sacs de 80 livres de sable et de nombreux trous ont été forés dans le cercueil et une boîte de pin qui l’emballait.  Il a été lié avec des bandes de métal équipé de parachutes pour éviter qu’il ne se brise à l’impact de l’eau.  A 08h38, un avion C-130 transportant le cercueil a quitté la base aérienne Andrews et s’est envolé vers la côte du Maryland – Delaware.  L’avion est descendu à 500 pieds et à 10 heures, la rampe de queue a été ouverte et la charge de 660 livres a été poussée dehors. »  Les parachutes se sont ouverts peu avant l’impact et la totalité de la charge est restée intacte et a coulé directement, clairement et immédiatement après l’impact « sof » , » a noté John Steadman l’adjoint spécial du secrétaire à la Défense comme il l’a écrit dans un mémo en date 25 février 1966.  L’avion fait le tour du point de chute pendant environ 20 minutes à 500 pieds de chute pour s’assurer que rien ne remontait à la surface », a écrit Steadman, qui était dans l’avion. Le point de chute – à 9 000 pieds de profondeur au-delà du plateau continental – a été choisi parce qu’il était loin des trajets régulièrement empruntés par les lignes aériennes et maritimes et ne serait pas perturbé par le chalutage et d’autres activités de fond marin, ajoute le document (visible ici).… »  Pourquoi avoir attendu 44 ans pour le révéler, voilà bien un autre problème !  Pourquoi donc avoir accepté cette comédie, en est un autre !  Ce cercueil ayant joué une sinistre partition était une des preuves subsistantes d’une conspiration au plus haut niveau.  Le faire disparaître (2) signifiait bien que le propre frère de la victime ne souhaitait pas que l’on découvre cette conspiration, car elle aurait impliqué le déballage des coups tordus qu’ils avaient concoctés ensemble, à savoir l’étalage d’un double discours complet, évoquant la paix avec Castro en continuant en même temps à inventer mille façons de l’éliminer.  Quant à se débarrasser de choses encombrantes en les balançant dans la mer du haut d’un avion (ou d’un hélicoptère, ou du pont d’un porte-avions), avouez que cela évoque une autre période récente de l’histoire américaine !

Une fin d’assassin : mourir de la même façon que ses victimes

Wallace va mourir, lui aussi, comme on l’a dit, après Bobby Kennedy qui n’avait pas échappé à la malédiction née à Dallas.  Mais de bien étrange façon (encore ?), qui en rappelle d’autres, là aussi.  Le soir du 7 janvier 1971, passé 19 heures , une voiture se renverse sur le bord de la route 271, à 3,5 miles à peine de Pittsburg.  On découvre que son conducteur, mort, s’est tout simplement… asphyxié à bord, son tuyau d’échappement renvoyant du monoxyde de carbone dans l’habitacle !  C’est Wallace, le conducteur asphyxié ! Avait-on voulu faire payer à un assassin ses méthodes, voilà bien toute la question. Qui l’a fait et pourquoi en voilà une autre.  On songe bien sûr à des gens bien intentionnés, rompus à ces techniques de barbouzes, censées être indétectables.  A cette date, Lyndon B.Johnson, qui n’avait pas tenté un autre mandat, se préparait juste à inaugurer sa bibliothèque, contenant les documents importants de son séjour à la Maison Blanche.  Il meurt deux ans plus tard, à 64 ans seulement.  Deux jours avant, Richard Nixon prononçait son discours d’inauguration.  Son opposant Edward Kennedy avait été écarté par l’étrange accident de Chappaquiddick.  Nixon ne finira pas le second terme de sa présidence… comme on le sait.  Avec lui, il est vrai, le rôle obscur du FBI et de la CIA (et même d’Howard Hughes !) allait apparaître au grand jour… les américains commençaient à douter de leur démocratie avec les magouilles consécutives au décès de Kennedy, puis de Martin Luther King et de… Bobby Kennedy.  Avec le Watergate, ce sera l’apothéose :  il y avait bien quelque chose de pourri en ce royaume, pour paraphraser un grand auteur qui s’y connaissait en turpitudes politiques.  Avec 2001, on parlera en cas de couche supplémentaire, dans le genre, plus « grandiose » encore.

(1) un cerveau considéré comme disparu depuis.  Un journaliste fort proche du pouvoir, Gerald Posner (il a commis des textes sur Ben Laden qui touchent au ridicule !), revenu récemment pour appuyer la thèse d’un Oswald isolé dira que c’était pour dissimuler la maladie de JFK ou son addiction aux drogues ; comme le dira aussi James Swanson.  Du flan complet, tant ce n’est pas visible sur le cerveau ou ses vestiges.  Tout est bon, même encore aujourd’hui pour ne pas voir deux ou trois tireurs sur Dealey Plaza : à croire que de l’avouer effondrerait tout un système (ce qu’on va finir par croire en effet, à voir les soubresauts continuels pour soutenir la thèse d’un seul assassin).  Selon certains, c’est bien à la demande de Bobby Kennedy que le divers fragments (os et prélevements sous lamelles de microscopes) ont été subtilisés et sont depuis 1966 introuvables.

(2) beaucoup de choses ont disparu.  En janvier 2011, on annoncera dans une vente aux enchères chez Barrett-Jackson Auction Co. située à Scottsdale, en Arizona, que l’ambulance grise ayant amené le corps de Kennedy à l’hôpital de Bethesda – un cercueil vide – était en vente.  Beaucoup ne se faisaient aucune illusion :  tous pensaient que le véhicule avait été broyé en 1986.  Finalement, le vendeur le reconnaîtra.  Après avoir vendu son double 120 000 dollars.

 

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (16)

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    Toujours très intéressant depuis le tout premier épisode. Toute cette histoire donne le vertige. Les liens que vous retracez entre différentes personnes et différents événements, montrent à quel point on retombe toujours sur le même noyau.

    Les motifs n’étaient pas les mêmes pour tous dans cet assassinat, mais tous s’entendaient sur sa nécessité apparemment. On peut penser que le sort de Kennedy était bel et bien scellé et que si d’aventure cet attentat du 22 novembre avait échoué, il y aurait eu une prise 2.

    Le fait qu’on ait élaboré une telle mise en scène pour le tuer, alors que d’autres scénarios auraient pu être plus simples, tout en impliquant moins de gens, laisse songeur. A partir du moment où sacrifier un pigeon était prévu, plusieurs autres façons de faire auraient pu être envisagées. On est amené à penser qu’il fallait absolument que tout se fasse à Dallas et pas ailleurs, peu importe le temps de préparation, les difficultés accrues (si l’on compare à d’autres scénarios réalisables ailleurs et dans d’autres circonstances), peu importe les impondérables et le cover-up qui allait obligatoirement devoir suivre et s’avérer laborieux (principalement à cause de la présence de nombreux témoins et de nombreuses personnes impliquées de près ou de loin).

    On dirait le crime de l’Orient Express auquel chacun tenait à participer personnellement.

    Merci pour toute cette recherche intéressante.

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