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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (16)

La configuration des lieux choisie pour l’assassinat, il faut bien le reconnaître, est une merveille d’organisation.  On a non seulement prévu plusieurs emplacements de tirs sous des angles et hauteurs différents, mais aussi pour les conjurés tous les moyens possibles pour s’échapper rapidement.  Dans les films de cow-boys d’Hollywood à la John Wayne, on attrape toujours les personnes ciblées ou poursuivies  » au fond du canyon« , et les immeubles de Dallas en sont la représentation urbaine, pour sûr.  Vue d’avion, la Dealey Plaza est en effet un endroit rêvé pour commettre un attentat, avec ses nombreuses échappatoires, dont un parking et même une gare de triage, avec de nombreux wagons où se dissimuler, au cas où, qui jouxtent l’arrière d’un monument bizarre en forme de pergola de béton, dont un des murets sans statue permettra même à Abraham Zapruder d’immortaliser la fin du président.

Pour aider encore au massacre organisé, la voiture du cortège, pour prendre la direction du bon échangeur et se rendre au point de réunion prévu pour des agapes, doit zig-zaguer entre des bâtiments et fortement ralentir, permettant aux tireurs embusqués de prendre le temps de régler leur hausse pour ne pas rater leur cible.  C’est un guet-apens parfait, tout bonnement.  A Dallas, Kennedy n’avait aucune chance de s’en sortir, à l’évidence.  Sur Dealey Plaza, tout avait été choisi en revanche, pour le conjurés… pour s’échapper facilement !

L’étude d’une seule photo aérienne (ou une simple carte) nous convainc facilement :  les gens qui ont commis l’attentat, outre d’avoir trouvé des emplacements rêvés pour des tirs croisés, en hauteur comme à tir tendu, avaient vraiment tout organisé dans les moindres détails, et surtout leur fuite, derrière la scène du crime.  Deux énormes parking jouxtent en effet la rue Elm où à lieu l’exécution de Kennedy.  Des arbustes, une palissade ou même une pergola de béton pleine d’ouvertures ont pu dissimuler un ou plusieurs tireurs en plus de ceux cachés dans les deux immeubles, et tous ces éléments donnent sur ces parkings.  Pour s’enfuir, c’est très simple, côté véhicules :  il y en a même deux, de parkings, dont un qui donne directement sur l’arrière de la bibliothèque !!!  S’il faut définir la qualité d’un complot réussi, la prévision de l’extraction de ces auteurs est la pièce fondamentale :  tuer est relativement facile à faire, ne pas se faire prendre en est une autre, beaucoup plus délicate à gérer et à prévoir.  Un assassinat réussi, c’est une opération préparée de longue date.  En ce sens, la Dealey Plaza était un choix exceptionnel, tant les portes de sortie étaient multiples.  Les tireurs embusqués ne pourraient pas être interceptés comme on va le voir.  Une photo du lieu du crime dans les années 50, alors que la rue Elm est encore à deux voies et que la palissade n’a pas été installée nous donne un excellent point de vue sur l’emplacement possible de tireurs (la palissade commençant juste après le muret à gauche de la pergola).

 

Parmi tous ces bâtiments, bien visible, l’un retient notre attention : c’est une petite maison en hauteur au toit de tuiles qui n’est autre qu’une cabine d’aiguillage typique des chemins de fer (les européens ont les mêmes), l’arrière de la place étant un nœud ferroviaire important (c’est le croisement de trois voies différentes, le terme de « tri-pass » souvent vu pour décrire le secteur étant réservé aux trois voies d’autoroute que constituent Main Street et ses deux voies d’entrées).  Le petit immeuble dispose d’une vue en hauteur imprenable… sur l’arrière de la palissade derrière le « grassy knoll« , et sur l’arrière de la pergola.  Situées en hauteur, des vitres larges chargées normalement d’observer le mouvement des wagons donnent une vue directe sur ceux qui après avoir tiré sur le président auraient eu envie de s’enfuir.  Or c’est là que l’on va trouver Lee Edward Bowers, Jr, « signalman » chez l’Union Terminal Company, autrement dit l’aiguilleur des wagons circulant à cet endroit, qui ne doit donc rien avoir raté de la scène, à savoir des tirs, qu’il a nécessairement entendus, de la fumée de ces tirs, qu’il aurait dû logiquement apercevoir, et des mouvements des personnes qui ont suivi, parmi lesquelles il y avait peut-être également un des tireurs du jour.  Le 22 Novembre 1963, Bowers travaillait dans la tour ferroviaire donnant sur Dealey Plaza à Dallas.  De là, du haut de son étage vitré, il avait une bonne vue sur l’arrière du cortège présidentiel et a été en mesure de décrire à la Commission Warren les trois voitures qui sont entrées dans la zone interdite, juste avant l’assassinat de John F. Kennedy.

Un témoin crucial pour plusieurs raisons

Bowers avait rapporté avoir vu deux hommes debout près de la clôture sur le « Grassy Knoll » juste avant.  Cela correspond au témoignage du policier Craig sur l’arrivée tardive du break de Clay Shaw, entr’aperçu sur une rue adjacente de Main Street sur un des films visionnés.  Il avait ajouté : « ces hommes étaient les deux seuls étrangers dans la zone.  Les autres étaient des travailleurs que je connaissais ».  Bowers a déclaré que les deux hommes étaient là, tandis que les coups de feu ont été tirés.  Mark Lane a interviewé Bowers pour son livre « Rush to Judgment » (1966, la vidéo basée sur le livre est téléchargeable ici, je vous recommande de le visionner )  :  « au moment de la fusillade, dans le voisinage de l’endroit où les deux hommes que j’ai décrits étaient, il y a eu un flash de lumière (« flash of light ») ou, en ce qui me concerne, quelque chose que je ne pouvais pas identifier, mais il y avait quelque chose qui a eu lieu qui a attiré mon attention dans ce domaine immédiat sur le remblais.  Maintenant, ce que c’était exactement, je ne pouvais pas le préciser à ce moment-là et à ce moment je n’ai pas pu l’identifier comme autrement qu’ inhabituel – un flash de lumière ou de la fumée ou quelque chose qui m’a fait ressentir comme quelque chose hors de l’ordinaire, qui s’était produit ».  Sur le parking entre la pergola et la tour d’aiguillage, c’est là que Buell Frazier, un employé de la Texas School Book Depository, qui témoignera sur son collègue Oswald, a garé sa voiture, ce jour fatidique.  L’aiguilleur aurait donc vu le départ du tir fatal, tout simplement, et confirmait le fait qu’il n’y en aurait eu qu’un seul de visible, à savoir aussi que l’arme utilisée n’a pas produit les mêmes effets que les tirs attribués à Lee Harvey Oswald.  On songe à un tir d’arme de précision, sans silencieux (1), à balle explosive.  Ce que confirme la blessure de taille plus que conséquente au visage droit du président, littéralement scalpé sur le film de Zapruder, la peau du sommet du crâne se retrouvant dès l’impact à pendre sur le côté, renversée sur le côté droit.  Une triangulation effectuée à plusieurs reprises, dont une encore récemment au laser conclut à un tir provenant du « grassy knoll » .

La ruée vers le tertre

Le témoignage de Bowers, et les mouvements de foule qui ont suivi l’attentat mettent à mal la thèse de tirs ne provenant que de la Bibliothèque.  S’il y a quelque chose d’oublié dans le rapport Warren, en effet, ce sont bien les mouvements de foule qui ont suivi les tirs.  Étrangement aussi, il y avait peu de spectateurs sur Dealey Plaza ce jour-là.  Cela s’explique, car c’est l’entrée d’une autoroute et non une artère principale, et le chemin est court avant que la limousine n’accélère vers le nœud routier d’autoroute.  Bref un endroit où la foule ne risquait pas non plus de gêner les angles de visée… à tir tendu (du haut des immeubles le foule ne joue pas ce rôle d’écran).  Ce qu’on peut voir, c’est que les gens présents s’étaient naturellement dirigés vers la palissade, dès les coups de feu entendus, ce que montrent à l’évidence plusieurs films amateurs.  Pour eux, un des tirs au moins provenait de l’endroit.  Un de ces films, celui de Nix, montre une très étrange scène, à savoir la présence de trois personnes se tenant debout sur les marchés menant à la pergola, dont un qui se baisse brusquement comme si un tir venait de se produire au dessus de sa tête, sans qu’il n’y ait de détonation entendue.  Nix avait donné son film original au FBI… qui l’avait annoncé comme « perdu ».  Heureusement, Nix avait fait un double de sa prise de vues, c’est celle que le curieux français Jean-Michel Charlier (le scénariste de BD bien connu) avait achetée (il avait fait de la mort de Kennedy un de ses dadas).  C’est une des scènes les plus particulières, signifiant qu’un tir supplémentaire s’était produit après le tir fatal, alors que la voiture avait déjà donné un coup d’accélérateur pour quitter la zone dangereuse.  Ce qui conduit à la conclusion comme quoi à cet endroit il y aurait eu au moins deux tireurs différents, équipés d’armes différentes, Bowers ayant entendu un tir et vu un éclair de sa tour d’aiguillage, le second n’ayant ni vu ni entendu quoi que ce soit.  Constituant ainsi un deuxième centre de tir croisé, avec des armes équipées différemment :  le piège qui s’était refermé sur le président américain était densément occupé.  Un vaste complot, et non un acte isolé, ces endroits indiqués par la foule le disaient déjà.  Un tir supplémentaire raté après le coup fatal ayant broyé la tête fait figure d’acharnement en effet.  On avait prévu de l’achever, littéralement !

De nombreux témoins désignent le tertre ou la palissade

Car des témoins il y en a eus, dont fort peu seront retenus comme crédibles par la commission Warren.  Ainsi James Leon Simmons, qui affirmera avoir « vu de la fumée près des arbres situés devant la barrière« , puis s’être rendu à cet endroit et avoir constaté de nombreuses traces de boue, c’est ce qu’il répétera un mois après au FBI, qui ne retiendra pas son témoignage pour autant.  Il ne sera pas convoqué par la Commission Warren, ou Richard C.Dodd (ici à droite) qui déclarera avoir vu avec deux de ses amis lui aussi de « la fumée venant de la palissade » (ils l’ont vue tous les trois !), ou encore Sam H.Holland (cf à gauche ici), qui était sur le pont des trois voies, et qui lui encore confirmera la fumée « au dessus des arbres », du grassy knoll, « derrière la palissade« encore, en montrant à un cameraman la direction… de cette fameuse palissade, et affirmera « y être allé pour voir s’il y avait quelqu’un » et n’y avoir vu personne.  Il déclarera avoir vu « des voitures serrées parechoc contre parechoc », dont « certaines avec de la boue dessus« , et confirmera les traces de pas (jamais relevées par le FBI, mais le site avait il est vrai été tout de suite trop visité par des badauds).  Selon lui, Connally et JFK ne pouvaient avoir été touchés en même temps par la même balle :  il les avait vus bouger, mais pas en même temps.  Le film de Bell montre très bien le rush des gens vers le « grassy knoll », accompagné par un des motards qui s’est arrêté au bord de la route.  Robert Hughes, inspecteur à la poste de Dallas prendra lui aussi des images de ce véritable rush vers la provenance des tirs, jusque vers les voies ferrées derrière la pergola et le parking.  Il disposait d’un appareil photo Leica III et d’une caméra Keystone Olympic K-35.  Selon Dodd et Holland, les tirs provenaient à proximité de l’OverPass (le pont où Holland était).


La commission ne retiendra pas son témoignage, alors qu’il maintiendra sa version du départ du tir derrière la palissade, clamant que la commission avait tout faux.  D’autres encore, tels Thomas Murphy, Royce Skelton, Frank E.Reilly, Ed Johnson, confirmeront tous avoir vu de la fumée émaner du même endroit.  Même chose pour Mary Moorman et son Polaroid, tenu horizontalement (dans le film de Stone il est vertical), qui prendra le célèbre cliché au moment même du tir mortel sur Kennedy :  sa photo sera commentée par la commission comme étant celle « de la fenêtre de la bibliothèque, avec derrière la photo du tireur » !!!  Alors que c’est celle qui a peut-être saisi le moment où le tir fatal a eu lieu (l’empreinte est celle d’un policier n’ayant pas fait attention au support gélatineux du Polaroid !!!  A noter que Moorman se retrouvera elle-même prise en photo quasiment au moment de cette prise de vue captée de l’autre côté de la Rue Elm, sur Dealey Plaza (elle est en manteau bleu; ici à droite.  En rouge c’est son amie Jean Hill).

Dernier témoin se situant à un tout autre endroit : c‘est JC Price, alors sur le toit du bâtiment du Terminal Annex (celui en face de la bibliothèque, de l’autre côté de la place) en train de faire des réparations de couverture :  lui aussi montrera du doigt aux reporters le buisson du tertre (ici à 9.09 du début)... sans que son témoignage ne soit lui aussi retenu officiellement ! Charles Brehm confirmant lui que le deuxième tir entendu avait emporté des morceaux de la tête du président vers l’arrière de la voiture, indiquant un tir… de face.  Brehm était tout proche de la voiture :  c’est lui qui se tient debout sur le bord du trottoir avec son fils de 5 ans à ses côtés (le film de Zapruder le capte à l’image 285).  L’homme était allé déposer chez les policiers de Dallas (voir photo ci-dessous), sans avoir été rappelé par la commission Warren !

Le témoignage de la jeune employée

Des témoignages, il y en a d’autres.  Celui de Julia Ann Mercer, alors âgée de 23 ans, demeurant au 5200 Belmont, numéro 208, à Dallas, une jeune employée de la firme Automat Distributors au 1720 Canton à Dallas est un des plus troublants, car il relie deux affaires entre elles ;  celle d’Oswald et de Ruby.  Un témoin oculaire qui a toujours répété ce qu’elle avait juré par écrit au bureau du Dallas County Sherif (lire ici sa déposition (2), et qui n’a pourtant jamais été appelée à témoigner devant la Commission Warren est bien l’un des plus troublants :  vers 11 heures ce matin-là, elle avait vu un homme avec une valise de fusil sortir d’une camionnette verte et marcher jusqu’à la colline au monticule herbeux au-dessus de Dealey Plaza quelques minutes avant l’assassinat.  Selon elle, le conducteur de la camionnette, dit-elle, était.. Jack Ruby !  Selon plusieurs sources, le FBI aurait fait une enquête pour retrouver le pick-up mais cela n’aurait rien donné.  Il semble que Julia Ann Mercer fera l’objet les mois suivants d’une campagne de désinformation laissant dire qu’elle aurait vu aussi Oswald comme le porteur de l’étui à fusil.  Dans le livre « JFK and the Unspeakable : Why He Died and why it Matters, Volume 2 » ; l’auteur, James W. Douglass, laisse entendre clairement que Julia Ann avait décrit la camionnette comme n’ayant pas de publicités sur ses flancs.  C’est le FBI qui avait ajouté dans son rapport qu’elle aurait pu être une camionnette d’une entreprise d’air conditionné, envoyant les inspecteurs à la recherche d’une autre !  Elle remarquera aussi qu’on avait imité sa signature sur sa déclaration, qui ne contenait pas tout ce qu’elle avait signalé !!!  Pourtant, elle avait aussi dit d’autres choses toutes aussi passionnantes :  pour repartir de Dallas, vers Forth Worth, alors qu’elle ne savait pas que Kennedy avait été tué, elle s’était arrêtée au café de la chaîne Howard Johnson. Elle y avait vu attablés des « gens des services secrets » qui selon elles ne « devaient plus porter le nom de secrets » tant ils parlaient fort de ce qui venait de se produire.  Or elle y avait aussi vu l’homme porteur de l’étui montant sur le talus !  Comme elle avait tenté de leur expliquer ce qu’elle avait vu, deux policiers, au sortir du restaurant l’avaient poursuivie pour la conduire au commissariat pour y répéter sa déposition.  On ne retiendra jamais ce SECOND témoignage, qui montrerait une fuite bien tranquille du tireur…  Julia Ann Mercer n’a jamais ensuite donné de ses nouvelles, et n’a jamais été retrouvée depuis.

Le plus étonnant et le plus précis témoignage…

… n’a jamais été pris en compte pour une raison que l’on peut juger idiote ou discriminatoire. Car l’homme qui a effectué un compte rendu très précis de ce qu’il avait vu est un… sourd-muet, alors jeune (il est âgé de 26 ans au moment des faits).  Virgil « Ed » Hoffman, (mort en 2010) c’est son nom, se tenait au bord de la Stemmons Expressway (elle est signalée par le panneau qui prive Zapruder des effets du premier tir).  Il était au volant d’une Ford Falcon 1962 qu’il avait arrêtée près viaduc du Texas and Pacific Railroad qui surplombe la Stemmons Freeway.  De là, il n’avait pas pu voir le cortège, sauf lorsqu’il a réémergé à vive allure en direction du nord.  Mais c’est ce qu’il a vu juste après qui est étonnant.  Sourd, il n’avait donc pas été alerté par les coups de feu.  Mais avait remarqué lui aussi de la fumée, provenant… du fameux « grassy knoll », et surtout VU une scène sidérante.  Par gestes, il nous le montre ici : un homme tenant un fusil, allant le donner à un autre puis repartant tranquillement en remettant bien son costume et son chapeau, le second avec le costume d’employé du rail s’en allant après derrière un boîtier électrique pour démonter l’engin en deux parties et les mettre dans deux boîtes différentes, pour partir après tranquillement chacune à la main vers la voie ferrée. Juste après, quand Ed avait vu la limousine passer à vive allure, il s’est aperçu qu’on avait tiré sur le Président (ce qu’il n’avait pu entendre !). Ayant tenté sans succès d’alerter un policier sur le pont, Ed s’est rendu au FBI… où il s’est fait rejeter, personne ne faisant d’efforts pour comprendre ce qu’il voulait dire.  Quant à ceux qui dénigrent son témoignage en le jugeant trop éloigné de la scène au regard de ceux étant sur le pont de chemin de fer surplombant Elm Street (l’Over Pass), on peut aussi leur rétorquer que ceux positionnés là ne pouvaient voir le parking, dissimulé par des arbustes, alors que lui, si.  En prime, son témoigner recoupe pile poil celui de Holland, qui, pour montrer l’endroit où il a vu de la fumer partir, se retrouve obligé de repasser derrière l’armoire électrique décrite… !!!

Deuxième tentative quatre ans après

Il réessaiera en 1667, écrira à Robert Kennedy qui lui répondra que le rapport Warren avait tout bon (c’était ça ou ne pas se faire élire !) puis à la fin des années 90… toujours sans succès.  Son père avait calmé ses ardeurs en lui affirmant qu’il était en danger en racontant ce qu’il avait vu.  Il ne fait pas bon être handicapé aux Etats-Unis.  Le témoin le plus important et le plus précis sur le tireur isolé et son adjoint… n’a jamais été pris au sérieux, et même on s’est évidemment empressé de le laminer, dès que son histoire avait commencé à se répandre.  Or un auteur, Jim Marrs, montrera qu’Ed n’avait rien inventé de l’événement.  L’auteur déclara en effet à son propos : « Le plus impressionnant pour moi, c’était la description d’Ed d’une arme qu’il a vu brandie par un agent des services secrets dans la voiture qui suivait Kennedy.  Ed d’abord dit que l’homme a tenu un fusil.  Mais après plusieurs questions, il a utilisé ses mains pour décrire avec beaucoup de compétence une arme avec une crosse de pistolet, un grip à l’avant et une poignée sur le dessus – je savais immédiatement qu’il voulait me montrer un M-16 ou son modèle civil, l’AR-15.  Et, en effet, l’agent George W. Hickey a témoigné qu’il a avait déployé un AR-15 pendant que le président en détresse était transporté à l’hôpital de Parkland « .  Et ça, peu de gens ont pu le voir :  le trajet n’a pas duré 6 minutes, dans un endroit désert (une autoroute) !  Or on retrouvera la photo bien après le témoignage d’Ed Hoffman, prouvant qu’il n’avait pas pu inventer non plus cette réalité.  Il avait vu la voiture emmenant le président blessé : on peut voir ici les gestes qu’il indique sur la partie atteinte de la tête : le côté droit, scalpé.  Des témoignages, c’est le seul a évoquer cet élément déterminant :  l’emploi d’une carabine de chasse démontable en deux parties, la signature d’un travail de pro, le tireur ne s’occupant même pas du transport de l’arme !!!  Un contrat mafieux, ou en tout cas toutes les apparences d’un contrat !!!  Malgré les critiques affirmant qu’il aurait changé de version dans le temps, Ed Hoffman ne variera jamais en faisant les gestes de démontage de l’arme.  Le geste lui-même qu’il effectue un démontage qui n’est pas vissant, et qui se fait très rapidement, en un quart de tour seulement, exactement le geste que montre Ed !  Et ça non plus il n’avait pas pu l’inventer !!!

Autre témoignage encore

Il faudra attendre la sortie du livre « Crossfire : The Plot That Killed Kennedy«  (1989) de Marrs pour qu’on l’écoute enfin : soit 39 années de perdues !  Le témoignage d’Ed sera corroboré pourtant en partie par les déclarations de Jean L. Hill, qui n’est autre que la dame en rouge à côté de Mary Moorman (la femme au Polaroid).  Elle déclarera avoir vu « un homme blanc portant un manteau et un chapeau brun courir vers la droite à partir du bâtiment de dépôt dans le sens de la voie ferrée » (elle assurera qu’il s’agissait selon elle de Jack Ruby, mais ont peu aussi penser que ce sont les enquêteurs qui lui avaient suggéré pour la décrédibiliser).  Le rapport de la Commission Warren (p. 640) ne retiendra donc pas son témoigne comme sérieux.  Or elle aussi avait vu de la fumée persistante près de la butte, vers la clôture du coin herbeux (ce qu’elle ne répétera pas à la commission).  Une photo prise juste après les tirs par Richard Bothun semblerait avoir capté l’individu quittant la scène du crime, après être passé par l’arrière de la pergola.  A noter aussi le peu de soin accordé à cette scène de crime, puisque personne n’a interrompu le trafic rue Elm après le passage du cortège :  combien de traces de tirs ont ainsi disparues, piétinées, ou de balles perdues… dont ont l’a vu certaines vite ramassées par des officiers de police de Dallas ?

 

Kennedy chassé comme un éléphant, un tigre ou un mouflon ?

Le témoignage de Virgil « Ed » Hoffman est à coup sûr un des plus significatifs.  Car c’est le seul à avoir évoqué une piste qui n’a à ce jour pas assez été explorée.  Celle de l’arme particulière qu’aurait utilisée le tireur de la palissade derrière le tertre.  Hoffman décrit clairement et posément en effet une carabine démontable en deux parties.  Pas vraiment un engin commun, donc.  Il en existe peu, en effet, alliant démontage possible et précision.  Sauf chez une catégorie particulière de chasseurs.  Ceux qui affectionnent les Safari, pour tuer le gros gibier avec un fusil à lunette, facilement transportable.  Tel James Dootlittle, qui chasse avec le magnat Byrd comme on le sait, avec des fusils Weatherby, un fusil comme le Mark V fabriqué en 1959 en Allemagne Chez eux, c’est le Mauser allemand, fusil de sniper, qui a la préférence, ou ses clones.  Interarms, installé à Alexandria en Virginie l’avait à son catalogue encore en 1972.  Ici une publicité de 1960 de Weatherby pour le Mark V, le « le fusil le plus puissant au monde », pour la chasse… au tigre.  Mais à ma connaissance aucun Weatherby n’est démontable en deux parties comme décrites par Hoffman.  Le procédé avait été inventé par Winchester avec son « Takedown mechanism » du Model 1895.  Démonté, il tenait en effet dans une valisette de taille réduite.  Selon Hoffman, rappelons-le, le fusil avait été placé dans 2 valisettes différentes, et donc encore plus petites et plus faciles à dissimuler.  Le Remington 700 sorti en 1962 est un bon client potentiel dans le domaine des démontables;  car il existe aussi en modèle « take-down » (démontable en deux parties, il est au calibre .30’06 Springflied (soit 7,62 x 63) avec balles à pointe creuse qui font des ravages dans les tissus humains.

L’autre engin possible est le « Westley Richards takedown .425″ :  le vrai « classique de Safari de calibre 0.43 (11 mm), dérivé du Mauser 98. Et lui aussi logeable en valisette en forme d’attaché-case (ici à droite).  Il va sans dire que si c’est ce genre de modèle qui a servi, seule une organisation puissante pouvait s’offrir un tel bijou ultra-récent à l’époque, de même qu’un tireur exceptionnel sachant le manipuler très, très, rapidement : 25 secondes à peine après le tir fatal, des gens commencent déjà à remonter vers le tertre vert.  On a obligatoirement affaire à un expert !!!  On retrouvera Doolittle en 1967 (ci-dessus à gauche)  en couverture d’une revue spécialisée sur les armes, tenant un énorme fusil.  Un Anschütz Modell 250, un fusil à air comprimé en fait.

Le pouce vers le bas du garde du corps : « il est mort » !

La balle tirée de face et qui a atteint le haut de la tempe droite de Kennedy (une précédente venue dans le dos l’avait d’abord renversé sur sa gauche) a provoqué des dégâts considérables et l’a tué instantanément (le trajet vers l’hôpital ne prendra que 6 minutes et c’est un corps sans cerveau qui continue ses fonctions vitales quelques instants encore).  Ce que confirment Jackie Kennedy et l’agent Hill :  « au cours de l’Entretien de l’émission Camelot avec Jackie Kennedy (…), elle a dit à un journaliste qu’elle ne cherchait pas à échapper à la voiture, ce que les gens ont raconté. Qu’elle avait grimpé sur le dos de la voiture pour chercher un morceau du crâne du président (…) J’ai essayé de retenir ses cheveux.  A l’avant il n’y avait plus rien – je suppose là où il devait y en avoir.  Mais à l’arrière on pouvait voir, vous le savez, vous essayiez de tenir ses cheveux et son crâne ».  L’agent de service secret Clint Hill, vu dans les films et les photos de Dealey Plaza en train d’escalader l’arrière de la limousine, a déclaré dans son témoignage à la Commission Warren . « Entre le moment où j’ai attrapé la poignée et jusqu’à ce que j’étais sur la voiture, – le deuxième bruit que j’ai entendu avait enlevé une partie de la tête du président, et il avait chuté sensiblement à sa gauche- Mme Kennedy, avait bondi de son siège et il me semblait que c’était, pour atteindre quelque chose qui est parti sur le pare-chocs arrière droit de la voiture, vers l’aile arrière droite, quand elle a remarqué que j’étais en train de monter sur la voiture « .  Clint a aidé Mme Kennedy à récupérer un morceau du crâne du président et à remonter dans la voiture.   Comme il le faisait, le corps du président est tombé à la gauche et sur ses genoux, et Clint pouvait voir un grand trou à l’arrière de la tête du président et vers le bas son cerveau, et ses yeux étaient fixes.  Il a repoussé Mme Kennedy vers le bas dans le siège, et comme il était couché en croix entre elle et le corps de JFK, il pouvait voir un trou énorme, de la taille du poing à l’arrière de la tête du présidents, et a donné à ses collègues un « thumbs down » (le pouce vers le bas, signifiant qu’il était déjà mort), au moment où la limousine est passée sous le Triple Underpass (le pont de chemin de fer). Mme Kennedy a essayé de tenir un morceau de crâne du président et un bout de ses cheveux sur sa tête alors qu’ils se précipitaient à l’hôpital ».  On retrouvera un bout de crâne vers le siège de Connaly et le fragment (de 3 pouces, soit 7,62 cm !) projeté sur Dealey Plaza, le film de Zapruder (3) en montre l’éjection.  Un des gardes, Sam Kinney, arrivé au Parkland Hospital, retrouvera la moitié du cerveau, celui de l’arrière de la tête, répandu sur le siège arrière de la limousine « son cerveau avait été explosé, il n’y avait plus rien.  Une bonne moitié de sa tête avait disparu » dira-t-il.  Ce qui rend les photos officielles de l’autopsie tout simplement grotesques !  Un thanatopracteur appelé en urgence (on verra lequel !) lui avait refait une tête plus ou moins présentable, que Jackie refusera pourtant d’exposer.  Un des motards qui suivaient, Billy Hargis, celui situé du côté gauche (donnant donc comme direction du tir l’opposé !), dira avoir reçu sur sa moto et lui des débris de cervelle, du sang et d’os.  A la commission Warren, il dira avoir été atteint si fort par un morceau d’os qu’il pensait avoir reçu une balle sur son blouson de cuir !  Le film de 26,6 secondes d’Abraham Zapruder sera amputé de la scène de l’explosion (image N°313).  Aux Etats-Unis, on utilise parfois d’étranges excuses dans le cas de scènes horribles que le public n’aurait pas le droit de voir… quand elles touchent à des opérations secrètes !

Un morceau de président retrouvé sur Dealey Plaza

L’autre morceau de crâne, encore recouvert de sang, projeté hors de la voiture sera ramassé par William « Bill » Harper, qui le donnera le 23 novembre 1963 à son oncle Jack C Harper, docteur à l’hôpital méthodiste de Dallas.  Ce dernier le fera examiner par A. B. Cairns, le « Chief Pathologist « at Methodist Hospital » qui déclarera que « le spécimen osseux ressemblait à cela venant de la région occipitale (arrière) du crâne « … Le 26, lendemain de l’enterrement, le morceau est transmis à James W. Anderson, un agent du F.B.I, qui le transmet le 27 à la Maison Blanche à l’amiral George Burkley qui avait aussi été le médecin personne de Kennedy… La portion arrière, ou la zone de compression maximale provoquée par la balle dum-dum qui lui avait broyé le cerveau en entrant par le côté droit du crâne.

JFK, le cerveau explosé est conduit à l’hôpital Parkland

Les services de sécurité se fraient un chemin jusqu’à la table d’opération la plus proche.  Mais il n’y a déjà plus rien à faire :  il lui manque la moitié arrière de la tête. » Un de médecins, un jeune interne, au vu des blessures sait tout de suite comment il a été abattu.  Mais très vite une chape de plomb va lui tomber dessus », raconte-t-il ici à un Paris-Match devenu conspirationniste lui aussi, le 5 octobre 2013.  « Charles Crenshaw est un homme en colère.  Son nom, cité par cinq témoins différents, apparaît neuf fois dans le volume VI du rapport Warren.  Pourtant, les sages de la commission n’ont jamais cherché à l’entendre.  Que leur aurait-il dit ?  Que ce 22 novembre 1963, peu après 12 h 30, Charles Crenshaw, jeune interne en chirurgie de garde à l’hôpital Parkland de Dallas, était là quand le président ensanglanté, allongé sur un brancard, a franchi la porte des urgences.  II était parmi les dix médecins, réanimateurs, cardiologues, chirurgiens qui, pendant vingt minutes, ont désespérément tenté de sauver Kennedy.  Le président des Etats-Unis est mort sous ses yeux.  Plusieurs fois, en plein colloque médical ou au milieu d’un banquet de Dallas, il a voulu se saisir du micro pour crier sa vérité. Plusieurs fois il a failli prendre le téléphone et appeler une station de télévision pour démentir l’histoire officielle.  Mais, à l’ultime instant, il a toujours reculé.  Au lendemain de l’assassinat, le Dr Baxter, légendaire chirurgien-chef de Parkland, s’est bien fait comprendre devant ses internes :  « Quiconque parmi vous se fera un dollar sur la mort du président verra sa carrière médicale ruinée à jamais. » .  Terrorisés par l’acte de foi du «pacha», les jeunes médecins de Dallas se sont murés dans un silence absolu.  Ils n’ont jamais oublié non plus ces « hommes en gris », agents du Secret Service ou policiers en civil, qui déambulaient dans les couloirs de l’hôpital, l’arme au poing, menaçant les médecins sur leur passage.  Ni ces morts «suspectes», une vingtaine au total ».  Car ce qu’il avait vu l’avait tout de suite à jamais convaincu :  « j’ai remarqué immédiatement que tout l’hémisphère droit du cerveau manquait.  En voyant cette blessure sur la droite de la tête, on pouvait affirmer avec certitude que la balle avait pénétré le crâne du président au niveau de la tempe droite d’une façon presque tangentielle, endommageant sur son passage l’os pariétal et l’occipital avant de ressortir à l’arrière du crâne, où l’on relevait une plaie béante.  J’ai également noté, sous la pomme d’Adam, une seconde blessure.  Un autre impact de balle du diamètre d’un stylo.  Après avoir soigné  à Parkland des dizaines de blessés par balles, il ne faisait aucun doute pour moi que les deux blessures à la tête du président étaient le résultat de deux projectiles tirés de face ».  DE FACE (à droite le porte-parole de la Maison Blanche, Martin Kilduff, montrant en réponse à une question de journaliste d’où venait le tir ayant touché JFK à la tête lors de la conférence faite à 13H30 (4) !  A la télévision, le programme est interrompu pour annoncer la nouvelle, provenant d’United Press.  CBS suit, en deux temps avec Walter Cronkite.  Les médecins de Parkland (à droite Malcom Perry à gauche debout, Kemp Clark) viennent expliquer que la balle fatale est venue de l’arrière du crâne. Un greffier (à gauche) note l’intervention, dont chaque mot a été pesé.  Commencent alors plus de 50 ans de mensonges…

Les aveux tardifs, encore et encore…

La thèse complotiste réfutée par les médecins de Parkland ?  Oui, certes, le 22 novembre 1963…. mais dans le temps l’opinion des praticiens présents ce jour-là a changé, et elle n’est plus la même du tout :  le 24 septembre 2013, une conférence présentée par l’insupportable présentateur John McCaa, de  WFAA-TV (c’est un fervent pro-républicain !!!), l’homme qui fait des présentations plus longues que les questions qu’il pose, intitulée « Parkland Hospital: Trauma Room One Reunion » qui réunit 50 ans après les docteurs Ronald C. Jones et Robert N. McClelland, ça n’est plus la même chose du tout.  Si l’un des deux (Ronald C. Jones) admet facilement et rapidement que « la plaie à la tête provient d’un tir du Grassy Knoll« , et qu’il y a bien « une fort probabilité de conspiration » (à 26’25″du débat) l’autre (McClelland) affirme que non, en précisant pourtant bien que le trou sur le thorax de Kennedy était un trou d’entrée et non de sortie (et donc tiré par devant), mais à la moitié de l’interview balance un fameux scoop, une véritable révélation.  En commençant bizarrement par une assertion : « nous n’avons pas d’évidence d’un second tireur« , di-t il, « même si on en a cité un sur l’OverPass » (le pont de chemin de fer !)… « mais quand Alan Specter est venu m’interviewer 6 mois après l’assassinat, pour la Commission Warren, pour parler du « trou d’entrée de face », il m’a dit qu’il avait des témoignages de gens ayant vu tirer de l’OverPass mais qu’il ne pouvait montrer ça au « nom des contraintes de sécurité »… Le présentateur le reprenant (vers 29’20″en lui disant ironiquement : « pensez-vous que c’était une suggestion pour influer sur votre témoignage »…???  Cela fait rire…  et le public et le docteur McClelland qui tout de suite se reprend en disant que c’était APRES sa déposition, qui était donc… FAUSSE !  Aujourd’hui, on en rit, donc, c’est dire le chemin fait par la théorie jugée toujours « complotiste » !  Effacée, celle des Malcom Perry et de Kemp Clark !!!  Kennedy est bien mort de tirs tirés de face !!!  Et la Commission Warren a bien participé et tout fait pour masquer les faits !

Le 19 novembre 2013, McClelland, comme libéré (5) pouvait le dire enfin : « avec le recul, le Dr McClelland dit qu’il a toujours cru que la blessure à l’arrière de la tête du président Kennedy était la blessure de sortie.  Mais ce n’est que quelques années plus tard, quand il a vu la célèbre vidéo d’Abraham Zapruder à la télévision, que le médecin s’en est convaincu.  « Cela a confirmé ma pensée que c’était la blessure de sortie », dit-il en montrant le mouvement vers l’arrière du corps du président après qu’il a été abattu, ainsi que la taille du trou dans le dos du crâne de JFK, comme preuve qu’il avait été frappé de l’avant ».

Lee Edward Bowers, sacrifié sur l’autel de la thèse du tireur isolé

Aujourd’hui on en rit.  En 1966 certains en sont morts (on en verra la liste plus tard si vous le voulez bien, tant elle est fournie).  Lors de son passage à la commission Warren, Lee Bowers sera très clair, décrivant quatre personnes sur place :  deux en uniforme d’agents de stationnement municipaux (ils ont été photographiés comme se tenant sur la droite de la pergola), que Bowers connaissait et « deux hommes debout à 10 à 15 pieds » (3 à 5 m) l‘un de l’autre », près du passage vers la trois voies (donc de l’autre côté du monument « des gens qui ne semblaient pas se connaître les uns les autres » avait-il dit.  Selon lui, l’un était assez costaud – d’un « âge moyen ou un peu plus âgé, avec des cheveux gris », vêtu d’une chemise blanche, d’un pantalon assez sombre  » et l’autre un « jeune homme, au milieu de la vingtaine, avec une chemise à carreaux, un manteau à carreaux ou une veste.  « Bowers ajoutant qu’ils « étaient toujours là quand le premier officier de police est arrivé « immédiatement » après la fusillade ».  Il dira aussi ce jour-là avoir vu arriver deux voitures sur le parking, puis une troisième, dont un break (« station wagon« ) Oldsmobile 1959, portant un auto-collant « Goldwater for 64 », faisant partie du même groupe de « visiteurs » semble-t-il.  L’autre véhicule étant une Ford 1957 noire à deux portes avec un chauffeur ayant un téléphone à bord (policier ou taxi ?).  La troisième étant une Chevrolet 1961 Impala, arrivée vers 12h20, blanche, avec de la boue jusqu’aux vitres et elle aussi un sticker « goldwater for 64″ (à deux ou quatre portes, il n’avait pu le vérifier, Golwater étant le candidat républicain qui se fera laminer par Lyndon B. Johnson en 1964, 61 contre 39%).  Son pilote étant « un blond d’une trentaine d’années ».  Deux ans après, interviewé par Mark Lane et Emile de Antonio pour leur documentaire  » Rush to Judgment« , il précisera que ces deux hommes étaient debout dans l’ouverture entre la pergola et la clôture de palissade , et que « personne n’était derrière la clôture lorsque les coups de feu ont été tirés.  Selon lui, ces deux hommes se tenaient en retrait de la rue un peu en haut de la pente et étaient très près de deux arbres qui étaient dans le coin.  Et l’un d’eux , de temps en temps, comme il allait et venait disparaissait derrière une clôture en bois qui est aussi un peu à l’ouest de cela.  Ces deux hommes, au meilleur de mes souvenirs, étaient là au moment de la fusillade ».  Bowers a à nouveau déclaré à Lane que lorsque que le convoi est passé «  il y avait eu un flash de lumière ou de la fumée  » dans les environs de l’endroit où les deux hommes se tenaient debout ».  Sans rappeler cette fois l’arrivée du policier.  Peu de temps après avoir été interviewé, en 1964, donc, Bowers commencera à recevoir des menaces de mort, envoyées à son nom au journal local du Texas Midlothian Mirror (6).  Ces menaces mèneront à sa mort.  Dès son premier témoignage, Lee Bowers avait déjà fichu en l’air la thèse du tireur isolé, en indiquant à la fin de celui-ci que les deux derniers tirs avaient été quasi instantanés :  c’était déjà ruiner la thèse d’un Oswald solitaire !  A gauche, la recherche de possibles tireurs sur le parking, après la fusillade.  On notera au fond un individu juché sur les wagons stationnés, certainement un policier.

Le 9 Août 1966, deux ans après son dernier interview dans lequel il se montrait en fait l’un des rares a avoir distingué un » éclair » lumineux à l’endroit de la palissade, preuve qu’il y avait eu un tir différent des autres constatés ce jour-là, Lee Bowers sera tué lorsque sa voiture quittera la route pour s’écraser dans une barrière au bord de route à Midlothian, au Texas (près de Waxahachie, c’est le pays du ciment et la patrie aussi du mercenaire givré Chris Kyle).  Selon un de ceux qui suivent ces événements,« Lee Bowers se dirigeait vers l’ouest sur la route 67 de Midlothian vers Cleburne et selon un témoin oculaire, il a été écarté de sa trajectoire par une voiture noire.  Ça l’a envoyé directement dans cette barrière du pont.  Il n’est pas mort immédiatement, et a pu parler pendant quatre heures aux gens de l’ambulance en leur disant qu’il avait le sentiment d’avoir été drogué quand il s’est arrêté pour prendre un café là-bas à quelques miles de Midlothian. »  Du boulot « propre », on dira comme conclusion… :  c’était le seul a avoir aussi bien décrit, avec Hoffman, les deux personnages les plus susceptibles d’avoir tiré sur Kennedy partir du tertre !

 

(1) sur le nombre de tirs exacts, on est encore loin d’un accord entre les diverses théories.  L’une de celles touchant le pare-brise de la voiture et le thorax de JFK évoquent un autre tireur encore situé à proximité du pont de chemin de fer où avait rebondi une balle.  Certains évoquent jusque 8 tirs croisés.  Des douilles ou des éclats, ou des balles ont été retrouvées notamment sur la pelouse centrale de Dealey Plaza (voir épisodes 14 et 15 précédents), et proprement escamotées par des officiers de police en civil (ou des membres de la sécurité militaires).  Plusieurs photos attestent de ces découvertes ignorées par la commission Warren.

(2) voici son témoignage précis aux policiers de Dallas :  « Le 22 novembre 1963, je conduisais une voiture de location blanche de type Valiant en direction de l’ouest sur Elm street et je me dirigeais vers le passage supérieur, à un endroit situé à environ 45 ou 50 pieds à l’est des panneaux aériens de l’entrée droite du passage supérieur et il y avait un camion garé du côté droit de la route. Le camion paraissait avoir 1 ou 2 roues qui empiétaient sur le rebord de la route et vers le haut.  Le capot du camion était ouvert.  Du côté du conducteur du camion, il y avait les lettres imprimées sur fond vert, et de forme ovale, qui indiquaient  » Air Conditionné » (on verra plus tard qu’elle n’avait donné aucune indication de ce type).  C’était un petit camion et à l’arrière du camion il y avait ce qui semblait être des boîtes à outils.  Le camion était un Ford vert possédant une plaque minéralogique du Texas.  Je me rappelle avoir vu le mot  » Ford  » à l’arrière du camion.  Un homme était assis au volant du véhicule et était avachi sur le volant.  Cet homme portait une veste verte, c’était un homme blanc de 40 ans environ et était de forte corpulence.  Je ne l’ai pas vu très distinctement.  Un autre homme était à l’arrière camion et a allongé le bras par dessus la porte rabattable arrière et a retiré du camion ce qui semblait être un étui de fusil.  Cet étui mesurait environ 8 pouces de large à sa partie la plus large et était effilé en forme de cône vers le bas et d’une dimension de 4 ou de 5 pouces.  Il était de couleur marron.  Il était équipé d’une poignée et il mesurait environ 3,5 à 4 pieds de long.  L’homme qui a retiré ceci du camion a alors étendu le bras pour le libérer et commencé à marcher en s’éloignant du camion. Il a alors poursuivi en traversant la pelouse et vers le haut de la butte qui fait partie du passage supérieur.  C’est tout ce que j’ai vu de cet homme.  J’avais été retardée parce que le camion que j’ai décrit bloquait mon passage et j’ai dû attendre que la file sur ma gauche soit dégagée pour que je puisse dépasser le camion.  Pendant que je me trouvais à cet endroit et que j’ai observé l’incident précité, il y avait 3 policiers, debout, en train de bavarder près d’une moto, sur le pont juste à l’ouest de l’endroit où je me trouvais.  L’homme qui a retiré du camion ce qui paraissait être un étui à fusil était un homme blanc, qui paraissait avoir 29 ou 30 ans et il portait une veste grise, un pantalon brun et une chemise écossaise pour autant que je m’en souvienne.  Je me rappelle qu’il portait un genre de chapeau qui ressemblait à un chapeau de laine avec un gland au milieu.  Je crois que je suis en mesure d’identifier cet homme si je le revois.  L’homme qui est resté dans le camion avait des cheveux marron et je crois que je pourrais l’identifier également, si je devais le revoir. »  En voyant à la télévision Jack Ruby, elle avait désigné… le conducteur du camion et avait aussitôt téléphoné à la police.  Elle avait témoigné lors de deux entretiens avec le FBI, le 25 et le 27 novembre 1963.  Oswald et Ruby se connaissaient, selon Rose Cherami, une ancienne strip-teaseuse du bar de Ruby devenue droguée.  On la retrouvera morte deux ans après, écrasée par une voiture.

(3)  » Après la confusion qui suit les tirs, Zapruder revient à son bureau.  Il croise Harry McCormack, un journaliste au Dallas Morning News, et lui raconte qu’il a enregistré toute la scène.  McCormack est également une connaissance de Forrest Sorrels, un agent du Secret Service – agence fédérale chargée de la protection présidentielle – du bureau de Dallas. McCormark propose à Zapruder de lui faire rencontrer Sorrels.  Zapruder, qui a entretemps regagné ses bureaux, envoie son assistante à la recherche d’un agent du Secret Service, au cas où McCormack ne trouverait pas Sorrels.  Mais McCormack trouve ce dernier à l’extérieur du bureau du shérif sur Main et Houston Streets et, ensemble, ils se rendent chez Zapruder, environ une heure après l’assassinat.  Zapruder accepte de confier à Sorrels son film à condition que celui-ci ne soit utilisé que dans le cadre de l’enquête.  Les hommes se présentent alors à la station de télévision WFAA, moins de deux heures après l’assassinat. WFAA n’est cependant pas en mesure de développer le film, et celui-ci est dès lors envoyé chez Eastman Kodak, où il est développé aussi vite que possible ». 

Trois copies « de première génération » sont faites, deux étant confiées aux Services Secrets, et la troisième revenant à Zapruder. Le 25 novembre, Zapruder vend le film à LIFE Magazine pour un montant de 150 000 dollars, répartis en six paiements annuels de 25 000 $ ;  cependant, un accord interdit que l’image numéro 313 (z313, ici à droite) du film, celle qui montre l’explosion de la tête du président, ne soit publiée.  Le premier paiement de 25 000 $ est donné par Zapruder à la veuve de J.D. Tippit, le policier de Dallas qu’aurait abattu Oswald.  Sorrels, dont le titre est « Special agent in charge of the Dallas district of the United States Secret Service« , et qui est en service alors depuis 1935 (?), a vite compris une chose : la diffusion du film avec son image de la tête explosant (séquence N°313) ne doit pas être montré au grand public, si on tient à la thèse en cours d’un tireur unique.  Il interdit donc sa diffusion.  La CIA applique à la lettre son programme Mockingbird.  Des infos, oui, mais à la condition que la ce soit la CIA qui les contrôle !  Pas une seule question sur Zapruder, ou sur son film, ne lui sera posée par la Commission Warren !

(4) Etrangement, après avoir montré ce geste il resta convaincu de la seule culpabilité d’Oswald….. Mais ça s’explique assez facilement (s’il voulait lui-même rester en vie ?) :  « après la mort de Kennedy, M. Kilduff il est devenu secrétaire de presse adjoint de Johnson et a démissionné en 1965 pour démarrer une entreprise de relations publiques.  Ses autres postes incluront directeur de l’information en 1968 de la campagne présidentielle de l’époque, celle du vice-président Hubert H. Humphrey, puis il sera secrétaire de presse pour le sénateur Vance Hartke (D-Ind.), et consultant auprès du Conseil National Petroleum.  Au fil des ans, il a été appelé à commenter quand les journalistes révisaient l’assassinat. Il a dit qu’il était convaincu que Lee Harvey Oswald était le seul tireur.  «Je cherchais directement à voir l’homme sur le« tertre herbeux », et il ne portait pas plus de fusil que moi, » avait affirmé Kilduff en référence aux rapports affirmant quelqu’un sur un léger monticule devant le cortège avait été tiré.  Il est même venu à croire que la victime prévue d’Oswald n’était pas Kennedy, mais le gouverneur du Texas John B. Connally (D), qui était assis en face du président et qui a été grièvement blessé.  Oswald avait fait appel de sa conduite déshonorante du Corps de la Marine à Connally, qui a servi en tant que secrétaire de la Marine avant d’être élu gouverneur ».  En somme, il était lui-même devenu … complotiste (il était reparti à Washington dans l’avion présidentiel, réalisant un enregistrement audio de la prestation de serment à bord sur un dictaphone Dictabelt.

(5) Le staff de l’hôpital avait été menacé :  « Et comme beaucoup, le Dr McClelland a lutté pour remplir les blancs sur les détails de l’assassinat lui-même.  Il se réfère fréquemment à un livre « sur les 32 000 » sur l’événement – JFK and the Unspeakable: Why He Died and Why It Matters, de James W. Douglass, qui soutient que les agences militaires et de renseignement aux États-Unis sont responsables de l’assassinat et de sa dissimulation subséquente.  Selon Douglass, ces organisations ont été bouleversées par l’évolution de la position de JFK sur la guerre froide et, désespérées de gagner, elles ont comploté la mort de Kennedy parce qu’il «entravait» leurs plans pour une guerre nucléaire.  Pour McClelland, ce livre semble offrir des réponses aux questions auxquelles il a été confronté au cours des cinquante dernières années – en particulier, pourquoi son collègue, le Dr Perry, qui a également traité le président ce jour-là, n’a jamais parlé de l’assassinat.  Si vous alliez parler de l’assassinat [au Dr Perry], il levait la tête et disait: «Je ne parle pas de ça», point barre. »).  Si vous suivez Douglass à la lettre, un agent des services secrets a approché Perry peu de temps après qu’il ait donné une description des blessures de JFK aux médias – quand il avait montré son cou et semblait indiquer que la blessure d’entrée était là.  Cet agent aurait menacé Perry, lui ordonnant « de ne plus jamais parler de l’assassinat … ou bien.. ». souligne le Dr McClelland. »  Ou bien il aurait fini comme la centaine d’autres menacés… et exécutés.

(6) le journal de six pages (d’une ville de 1521 habitants seulement) a été l’un des tous premiers à évoquer une conspiration ; son propriétaire, William Penn Jones Jr qui l’avait racheté en 1946, est à saluer pour ses inlassables recherches.  Sa propre femme faisait fonctionner la linotype.  Il avait très vite comptabilisé près de 150 personnes disparues ayant un lien avec la mort du président, tenues sur un classeur soigneusement élaboré.  S’en étant pris lui-même à la John Birch Society ultra conservatrice, il avait vu son bureau détruit à l’explosif !  Il faut dire sur Jones qu’il avait refusé un jour aux policiers de Dallas d’imprimer le fort lucratif journal du KKK, auxquels ils étaient tous affiliés !  Il a toujours pensé que LBJ était le responsable de l’assassinat.  Il est l’auteur de quatre ouvrages sur l’affaire : « Forgive My Grief I » (en 1966), « Forgive My Grief II » (en 1967), « Forgive My Grief III » (en 1974), et « Forgive My Grief IV » (en 1976). Parmi les affaires qu’il a traitées, celle de Karyn Kupcinet, 23 ans, et son coup de téléphone envahi par quelqu’un affirmant que Kennedy sera tué.  On la retrouvera tuée chez elle le 24 novembre.  Il traite aussi du cas de Dorothy Kilgallen (ici à droite), la seule journaliste ayant pu interviewer Ruby après l’assassinat d’Oswald, retrouvée elle aussi morte chez elle.  Sa plus proche amie décédant 2 jours après dans des circonstances troubles.  Ou encore celles de Bill Hunter (journaliste au Long Beach Press Telegram, abattu par un policier !) Jim Koethe (reporter au Dallas Times Herald, et Tom Howard (le premier avocat de Ruby !) qui selon Jones, en savait beaucoup trop sur Ruby.  Idem pour le chauffeur de taxi William Whaley, qui avait transporté Oswald, mort dans une collision frontale bizarre en 1965.  Jones avait remarqué que c’était le premier chauffeur de taxi de Dallas à être tué au travail depuis 1937.  Ou plus étrange encore avec la mort d’Edward Benavides, le frère et sosie d’un témoin oculaire de l’assassinat de l’officier Tippit, qui a été abattu d’une balle à l’arrière de la tête dans un bar de Dallas en 1964.  Des membres de sa famille qui s’étaient plaints des lenteurs de la police texane sur l’enquête s’étaient faits eux-aussi tirer dessus.  Jones émettra enfin de très fortes suspicions sur le rôle de… Dan Rather, sur l’orchestration et la mise en scène à Dallas de l’événement par CBS.  Jones avait trouvé que Rather, le matin du crime était à Uvalde (à 493 km à vol d’oiseau) pour interviewer l’ancien vice président de Roosevelt, John Nance Garner (« Cactus Jack ») et n’était même pas à Dallas !  Pour lui, le cas le plus intriguant qu’il avait relevé était bien celui de Julia Ann Mercer.

 

 

document :

toutes les images de Zapruder une par une :

http://www.assassinationresearch.com/zfilm/

 

les différents films de l’attentat (désolé pour le nom du site !!!) :

The many historical JFK assassination films – analysis, notes, and review of the historical films

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (15)

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