Accueil / Général-(EN-RECLASSEMENT) / analyses / L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (15)

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (15)

Nous avons vu hier que la Commission Warren était largement passée à côté des témoignages les plus intéressants.  Parmi ceux-ci celui du policier Craig, cette belle figure honnête de l’enquête, sacrifiée, dont la déposition tournera à la farce à cette même commission, tant les questions posées seront ridicules au regard de ce qu’il affirmait, à savoir la présence d’un tireur de plus -au moins- en haut de l’immeuble de la Bibliothèque mais qui n’était pas Oswald et qui était surtout habillé… en policier.  Cela, plus une voiture bien reconnaissable, ou bien les balles escamotées sur Dealey Plaza par les policiers de la ville venus nettoyer la scène du crime, rendue très vite à la circulation automobile locale :  le meilleur moyen d’effacer toute trace compromettante !

Des témoignages ahurissants

L’interrogatoire de Craig par la commission Warren laisse en effet sans voix :  il affirme avoir rencontré un couple qui dit avoir vu deux hommes en haut de l’immeuble, que les deux personnes ont été prises pour des membres des services secrets chargés de la protection de Kennedy, deux hommes.. dont un était visiblement armé !  Son interrogatoire, effectué par le jeune conseiller de la « junior counsel for the Warren Commission », Dave Belin, est en effet édifiant :

« M. BELIN : Selon ce que les gens vous disent , ce que vous avez fait là-bas ils pensaient que les tirs provenaient de où ?

M. CRAIG – Non, comme je suis arrivé à la gare de triage, j’ai parlé à une fille reprenant sa voiture – euh – pensait qu’ils provenaient de la région du parc sur le côté nord de la rue Elm.

M. BELIN – a-t- elle dit pourquoi elle pensait qu’ils venaient de là-bas ?

M. CRAIG – Non, elle était là parce que ça avait sonné vraiment fort, à cet endroit particulier 

M. BELIN – Uh-huh .

M. CRAIG – Et elle pense que c’est de là d’où c’était venu.

M. BELIN – Quelqu’un a-t-il dit qu’ils avaient vu quelque chose – comme un fusil ?

M. CRAIG – Oui , plus tard.  Quelques minutes après que – j’ai remis cette fille à l’un de nos enquêteurs – et j’ai parlé à d’autres personnes.  J’ai parlé à un jeune couple et le garçon a dit qu’il a vu deux hommes sur le euh – sixième étage du dépôt de de livres là,  L’un d’eux avait un fusil avec une lunette de visée sur lui – mais il pensé qu’ils étaient des agents des Services Secrets de garde et que ça n’avait pas de rapport.  Il était là environ – euh – oh , a-t-il dit , environ 15 minutes avant que le cortège n’arrive »« .  Bref, des hommes munis de fusil avaient été vus avant l’arrivée du cortège à l’endroit d’où on dira avoir tiré, mais on les avait confondus avec des policiers :  fallait-il qu’ils se sentent confiants pour se montrer ainsi, sans se dissimuler…  Mais la déposition de Craig avait réservé d’autres surprises avec le mari de la personne qu’il avait interrogée, qui avait affirmé avoir vu un bien étrange manège au 6eme étage :

M. CRAIG – C’était le – euh – la deuxième fenêtre du coin (ce n’était pas celle donc, d’où aurait tiré Oswald !)..

Ils marchaient, vous le savez, d’avant en arrière.

M. BELIN – Il a dit que les deux hommes marchaient en arrière ?

M. CRAIG – Oui.

Des hommes « marchant à l’envers » derrière une fenêtre d’où seraient partis les tirs, et cela n’interpelle pas le juge ?  Visiblement, ils étaient là pour laisser ou cacher des traces !!

(…) M. BELIN – A-t-il dit combien de temps ou quand était la dernière fois qu’il a vu l’homme avec le fusil ?

M. CRAIG – je crois que c’est la deuxième fois qu’il regardait était euh – la dernière fois qu’ils avaient l’air là-haut.

M. BELIN – Et combien de temps , c’est avant que les coups de feu ont été tirés ?

M. CRAIG – Eh bien, il a dit qu’il avait vu la première fois-il a vu les deux hommes environ 15 minutes avant que le cortège n’arrive .

M. BELIN – Uh-huh .

M. CRAIG – Et il n’a pas dit combien de temps après qu’il a regardé en arrière là-haut pour voir juste un seul homme . Il a juste dit – euh – quelques minutes plus tard, il s’est retourné vers….

M. BELIN – Quelques minutes plus tard , il s’est retourné et a vu un homme avec le fusil ?

M. CRAIG – Juste un seul homme .

M. BELIN – A-t-il dit ce que le seul homme avait fait avec le fusil ?

M. CRAIG – Il a dit qu’il tenait l’arme de son côté en regardant juste par la fenêtre.

M. BELIN – a-t-il dit à quel endroit l’homme était-il de la fenêtre ?

M. CRAIG – Non, hein -uh .

M. BELIN – a-t-il dit dans quelle direction l’homme regardait par la fenêtre ?

M. CRAIG – Il regardait dans une direction sud.  Droit devant.  Vous savez, tout droit.

M. BELIN – Quand il a dit l’homme qui se tenait à ses côtés ne serait-ce – a-t-il dit qu’il était , dans la terminologie militaire, dans une position pour tenir une arme ?

M. CRAIG – Non, ce que je n’en ai pas parlé avec lui.  Je l’ai retourné à l’agent Lewis pour interrogatoire « (c’est un des interrogateurs du shérif de Dallas).  Lorsqu’il découvrira en 1968 son propre témoignage à la commission, Craig constatera qu’on l’avait modifié à 14 endroits différents….

Un tireur… chauve et un « long fusil » ?

Ce témoignage recoupe celui du jeune noir de 15 ans, Amos Euins, qui effectuera la déposition précise de sa vision du tireur à la même fenêtre que celle où l’on « placera » Oswald durant l’enquête, à la Commission Warren, décrivant un autre tireur qu’Oswald et un drôle de fusil surtout … « Et puis le président arrive au coin ici même. … Et puis j’avais vu un tube, vous savez, là-haut dans la fenêtre, je pensais que c’était un tube, une sorte de tube (nota : il dit « a pipe ») …  Alors j’étais debout ici, et comme la caravane tournait le coin, j’étais face, regardant vaguement le bâtiment.  Et alors j’ai vu ce tube sortant par la fenêtre.  Puis, quand le premier coup a été tiré, j’ai commencé à regarder autour, pensant que c’était un écho.  Tout le monde a commencé à regarder autour.  Puis j’ai levé les yeux vers la fenêtre, et il a tiré de nouveau. … Alors, après qu’il a tiré de nouveau, il a commencé à regarder vers le bas, vous savez.  Mr Specter (l’interrogateur de la Commission) :  Qui a commencé à regarder de cette façon?  M. Euins: L’homme à la fenêtre.  Je pouvais voir sa main, et je pouvais voir son autre main sur la gâchette, et une main était sur le canon. …  Et puis après avoir tiré de nouveau, il a retiré le fusil de la fenêtre … Mr Specter:  Maintenant, quand le troisième coup est arrivé, Amos, permettez-moi de vous demander à nouveau, où regardiez-vous alors ?  M. Specter:  Qu’est-ce que vous avez vu dans le bâtiment?  M. Euins: j’ai vu une portion de tête chauve de cet homme, en essayant de regarder par la fenêtre.  Il présentait une portion chauve sur la tête.  Je regardais cette tache chauve.  Je pouvais voir sa main, vous savez le fusil de face, dans sa main.  Et je pouvais voir sa main coller sur la partie de la gâchette.  Et après qu’il eut fini, il l’a enlevé de la fenêtre … Mr Specter:  Maintenant, quel genre de regard, si vous aviez, avez-vous à l’homme qui était là?  M. Euins:  tout ce que j’ai eu à voir était le Homme avec une tâche sur sa tête, parce qu’il avait sur sa tête quelque chose comme ça ».  Il refait ici en 2013 le parcours qu’il a fait et redit clairement ce qu’il avait vu.  Un chauve; il avait vu un chauve tirer, alors qu’Oswald ne l’était pas;  même s’il commençait déjà à se dégarnir !  Il avait décrit un « long tube » (« a pipe ») et non le canon court d »un Carcano ?  Le jeune Euins, avait également été filmé en train d’apprendre sur place à un policier ce qu’il venait juste de voir (image ci-dessus à gauche).  Le voici partant faire sa déposition au commissariat (on aura noté, fait étonnant que Euins n’avait pas évoqué de lunette, alors qu’il avait vu le fusil jusqu’à la gâchette).

Un autre, à une autre fenêtre ?

L’une des dépositions des témoins déclarant avoir vu un tireur ce jour-là est tout aussi troublante :  c’est celle d’Arnold Rowland, travaillant au Pizza Inn de Dallas, inscrit en même temps à la W. H. Adamson High School, et de sa femme, qui expliquent ici ce qu’ils ont vu exactement ce jour-là.  Un homme avec un fusil à lunette cette fois (« a scope« ) situé au 6 étage du School Book Depository lui aussi, mais à l’opposé de la fenêtre où l’on a déclaré qu’Oswald avait tiré ;  à l’extrême gauche du bâtiment. « J’ai remarqué au 6e étage du bâtiment qu’il y avait un homme qui se tenait derrière la fenêtre et qui ne penchait pas à la fenêtre.  Il était debout, et tenait un fusil.  Cela me semblait un fusil assez puissant en raison de la présence d’une lunette de visée et de la proportion relative de celle-ci par rapport au fusil … «   précision qui laisse augurer de quelques possibilités seulement, et qui est donc intéressante.  Si Rowland avait évoqué non pas la grosseur de la lunette mais sa longueur, cela aurait fait immédiatement penser à un seul fusil :  le Sniper Winchester modèle 70 de calibre 7,62 mm (.30-06), ce qui tombe bien.  « Le modèle Pre-64, équipé d’une lunette Unertl au grossissement x8 fut utilisée par les snipers de l’USMC au Vietnam et notamment par le légendaire Carlos Hathcock durant les premières années de la guerre jusqu’à son remplacement progressif par le Remington modèle 700″ (on y revient) peut-on lire ici.  Et c’est vrai que la lunette citée est très impressionnante (voit ici à gauche et ci-dessous) :

« Plus tard, Rowland affirmera qu’il a vu un autre homme avec un fusil à « l’extrémité est de l’immeuble, celle dont ils ont dit que les coups de feu avaient été tirés ».  Il a ajouté que l’homme était noir, d’environ 55 ans, pratiquement chauve et très mince ».  Voici son témoignage intégral ici.  Lors de son audition à la commission Warren, on lui fera dire qu’il s’agissait très certainement d’un agent de sécurité sur place… une manipulation de plus de la part de la commission, qui tenait là un témoignage fondamental sur la présence au même endroit qu’Oswald d’un deuxième tireur embusqué !!!  Selon l’analyse de le positon du tireur vue par Rowland, ce dernier devait être en prime… gaucher.  Pour ce qui est de l’arme proprement dit, voici ce qu’il en a dit :

M. SPECTER (c’est Arlen Specter  dont il s’agît (1)) – Pouvez-vous décrire le fusil avec plus de précisions que ce que vous en avez déjà dit ?
M. ROWLAND – Non. À mon avis, il s’agissait d’un fusil de chasse au cerf avec une portée assez grande ou puissant.
M. SPECTER – Quand vous dites .30-06  qu’est-ce que vous vouliez dire exactement?
M. ROWLAND – C’est un fusil qui est utilisé assez fréquemment pour la chasse au cerf.  C’est une importation.
M. SPECTER – Possédez-vous des fusils?
M. ROWLAND – Non; mon beau-père en a.
M. SPECTRE – Avez-vous déjà été chassé des cerfs avec un tel fusil?
M. ROWLAND – Oui;  je l’ai fait.
M. SPECTER – Est-ce un fusil de .30- ou 6 avec lequel vous avez chassé des chevreuils?
M. ROWLAND – Oui.

La .30-06 à laquelle fait référence à la cartouche Springfield de 7.62×63mm appelée « .30 Gov’t ’06 » by Winchester.  La disproportion perçue entre la taille du fusil et la lunette de visée énorme selon son témoignage fait immédiatement penser au Remington 742 « Woodmaster »… apparu en janvier 1962 seulement, en calibre 0.30 :  un modèle de professionnel en ce cas, très à même des nouveautés, donc.  L’engin présente un autre avantage ; il est… démontable.  « Une capacité de cinq (5) balles était disponible dans les deux modèles, en comptant quatre (4) cartouches dans le chargeur détachable et une (1) dans la chambre du canon… » Son long canon est « compatible » avec la vision du jeune Euins, les deux tireurs étant alors équipés du même modèle…  avec ce témoignage, nous revoici avec un Kennedy abattu comme lors d’une chasse de safari…

Quatre balles en trop ?

Ce n’est pas tout d’avoir des tireurs en trop, il y a aussi les balles perdues ou oubliées plutôt allègrement par les deux commissions…  La première citée ici est « le spécimen de Barbee » :  cette balle intacte est trouvée encastrée dans le toit d’un bâtiment situé à 1615 Stemmons Freeway par William Barbee lors de l’été 1966.  Le bâtiment, qui était situé à environ 1/4 mile du TSBD, se trouvait dans la ligne de mire d’où Oswald aurait tiré.  M. Barbee a renvoyé la balle au FBI pour analyse en décembre 1967, lorsque la publicité actuelle au sujet de l’assassinat l’a amené à se demander si cette balle pourrait être une preuve pertinente.  Le laboratoire du FBI a déterminé que la balle était une balle militaire pleine chape de calibre .30 calibre.  Son profil à 4 rainures, avec torsion à droite, était identique à celle produite par la carabine .30 du gouvernement américain.  Le FBI s’intéressa peu à cette balle après avoir déterminé qu’il venait d’une arme autre que celle d’Oswald.  Apparemment, la pensée d’un second tireur n’a jamais amusé. Pourtant, cette balle est compatible avec ce qui pourrait être tiré de la carabine calibrée M-1 .30 de la CIA (nota : celle des snipers de la CIA).  On peut spéculer que cette balle a été tirée dans les banlieues par un chasseur engagé dans la pratique cible.  Considérez cependant que les carabines de calibre M-1 .30 n’étaient pas répandues parmi la population civile, puisqu’elles n’avaient été libérées par le gouvernement qu’à des fins civiles à la mi-1963.  De plus, il était et demeure illégal d’utiliser des munitions militaires entièrement blindées en métal à des fins de chasse.
Autre incongruité encore : quatre ans après le faits, on trouvera une autre balle à un endroit étonnant :  le spécimen dit de Haythorne:  « Une balle trouvée en 1967 au sommet du bâtiment Massey par Rich Haythorne, un couvreur travaillant sur le bâtiment.  Le bâtiment Massey était situé à environ 8 pâtés de maisons du TSBD dans le bloc 1200 de Elm Street.  Il a depuis été démoli.  La balle est restée en la possession de l’avocat de Haythorne, jusqu’à ce qu’elle a été remise à l’ACSS pour examen.  La HSCA a utilisé les services du service de police de Washington, DC, où il a été déterminé que la balle était une balle de calibre 30,  » jacketed, soft-point » pesant 149 grains, ce qui correspondait aux munitions de calibre .30 produites par Remington-Peters.  Ces munitions étaient une charge de chasse populaire et de nombreux fabricants de fusils ont chambré leurs canons pour accueillir ces munitions.  Le sillon n°6, une marque de torsion à droite sur la balle a indiqué que la balle n’avait pas été tiré par le Mannlicher-Carcano d’Oswald. »

Et ce n’est pas fini puisque onze après on tombe sur une autre encore : « le « spécimen de Lester »: un fragment de balle trouvé à Dealey Plaza par Richard Lester en 1974.  Son emplacement précis a été signalé à 500 mètres de la TSBD et à 61 pas à l’est de la triple butée de passage super chasse au gros gibier, pose un autre problème, quand on découvrira plus tard celle dont se serait servi James Earl Ray, qui, étrange coïncidence avait lui aussi fait un séjour à… Mexico.  M. Lester a renvoyé le fragment au FBI pour analyse en décembre 1976.  Le FBI a rapporté ses observations en juillet 1977 et a conclu que le fragment, qui consistait en la partie de la base d’une balle pesant 52,7 grains, consistant avec le diamètre d’une balle de 6,5 mm.  Il a également été déterminé que le fragment venait d’une balle « metal jacketed soft point » ou dite également « hollow point sporting bullet » (balle à bout plat et creux faisant des ravages dans les tissus humains, car son extrémité, à l’impact, s’ouvre et se replie en « champignon » – le « mushrooming« , visible ici à droite- , arrachant tout sur son passage :  les chasseurs les utilisent parfois pour abattre des élans qui peuvent faire jusqu’à 800 kilos !)« Les caractéristiques de rigueur ne correspondent pas à celles d’un Mannlicher-Carcano. Même si la balle présentait les mêmes 4 rainures, la torsion à droite comme celle du  Mannlicher-Carcano d’Oswald, les traits entre les rainures étaient espacés plus loin que celles du Carcano.  Encore une fois, personne n’osait suggérer que le fragment pourrait représenter le travail d’un second tireur« .  Si l’on cherche l’origine des dégâts occasionnés à la boite crânienne de JFK, à qui il manque toute la partie arrière, une balle en « mushroom » est la mieux placée, à l’évidence.

Sans oublier la dernière et l’une des plus intéressante : « la douille du Dal-Tex: Une douille rouillée trouvée sur le toit de l’immeuble Dal-Tex en 1977 par un réparateur de climatisation.  Le bâtiment Dal-Tex se trouve juste à l’est du TSBD, à travers Houston Street.  Les chercheurs d’assassinats ont longtemps spéculé qu’un deuxième tireur était positionné à ce bâtiment.  A en juger par l’état rouillé de l’étui, il était là depuis un certain temps.  Ce qui était unique au sujet de cette exemplaire était que les bords sertis le long de la douille suggéraient que soit la coquille avait été chargée à la main, ou qu’elle avait été utilisée en conjonction avec un sabot (cf pour maintenir et tirer un projectile sous-calibré, à savoir pour tirer une balle à fort coefficient de pénétration; utilisée par les militaires surtout !).  Les spécimens 1), 2) et 3) auraient pu être tirés d’autres lieux que Dealey Plaza par des chasseurs insouciants. Cependant, cette douille signifiait que le tir avait eu lieu là où la douille avait été éjectée et il est peu probable que les chasseurs de cerfs aient jamais eu l’occasion de se positionner sur un toit au centre-ville de Dallas » note avec humour le commentateur de la description.  Pour le trajectoires des divers tirs, on peut s’en remettre à cette analyse précise. Le tir tuant ou achevant Kennedy étant le … septième, sur les 8 recensés ce jour-là, selon cette même analyse !!!  Selon l’auteur, la balle mortelle aurait été une balle de type « fragmenting hunting round« .  Un balle creuse à fragmentation... celle de la chasse au buffle ou à l’élan… (2).

Avant la bibliothèque, il y avait eu le tertre herbeux

Mais le témoignage de l’officier de police Craig ne s’arrêtait pas là, à répéter ce que des témoins lui avaient dit.  Lui-même avait assisté à une scène, qui sera corroborée par deux autres témoins.  Craig avait aussi consigné avoir vu une voiture Nash Rambler de couleur claire (reconnaissable à son porte bagage chromé au dessus, voir photo ci-contre à droite) avec deux hommes à bord, dont un au « teint foncé » sortir du parking derrière le Grassy Knoll, sans avoir pu l’intercepter.  L’autre étant donc Oswald, d’après le témoignage du commissariat.  La voiture avait aussi été observée par Richard Randolph Carr, un ouvrier couvreur qui était alors au sommet d’un immeuble en construction sur Dealey Plaza.  Mieux encore, car à regarder attentivement tous les petits films d’amateur faits ce jour-là, on distingue le break de couleur fort claire (il parait blanc plutôt !) au coin d’une vue enregistrée en super 8mm par Patsy Pascall, alors employée au Old Red Courtoise.  Alors que la procession des voitures avec le président vient de descendre vers le virage menant à la Dealey Plaza, à un carrefour. on l’aperçoit… en train d’arriver sur les lieux (elle croise donc la voiture présidentielle à peine 10 minutes avant les coups de feu).

On découvrira lors du procès Garrison que Clay Shaw possédait une Nash Ambassador blanche, équipée elle aussi d’une galerie chromée.  L’engin est en effet reconnaissable de loin avec cet arrière typique.  D’autres témoins croiseront le véhicule, qui selon eux avait embarqué au passage et à la volée quelqu’un venant du fameux « grassy knoll« , tel le dénommé Robinson, autre témoin des circonstances.  Le particularisme des Nash c’est cette galerie intégrée, même sur les modèles les plus récents de l’époque, comme celle-ci à gauche qui date de 1963 et qui est déjà plus anguleuse.  « Marvin Robinson conduisait à l’ouest sur la rue Elm, directement derrière le Nash Rambler, quand celui-ci s’est soudainement arrêté, faisant claquer presque l’arrière de la voiture familiale avec sa Cadillac. Robinson a remarqué un homme blanc pressé, en bas de la pente herbeuse, et qui est entré dans la Rambler.  Il était ensuite à suivre la voiture qui a continué à travers le triple passage souterrain.  L’employé de Marvin Robinson, Roy Cooper, suivait Robinson dans un autre véhicule.  Cooper se souvint que la Nash Rambler a arrêté si brusquement que son patron a presque embouti la station-wagon (un break, donc). Cooper a vu un homme blanc entre 20 et 30 ans d’âge arriver en se dépêchant vers la voiture et entrer dans le véhicule, côté pilote.  Le FBI a interviewé Robinson et Cooper, mais ils n’ont jamais été appelés à témoigner devant la commission, et leurs déclarations n’ont été publiées nulle part dans les volumes Warren. »

La balle escamotée et la fiabilité des enquêteurs

Nulle part dans le rapport ?  Pas plus que l’autre découverte de Craig, sur la pelouse centrale de Dealey Plaza, fait confirmé par d’autres témoins :  il avait vu ramasser une balle, selon lui décrite comme « couverte de sang, de cheveux et de fragments d’os« … (lire l’épisode 2 de l’enquête de Lane) par un officier du FBI présent (cf Robert Barrett), aperçu en ramasser d’autres ce jour là semble-t-il.  Deux photographes, Jim Murray du Blackstar Photo Service et William Allen du Dallas Times-Herald avaient vu eux aussi le shérif de Dallas Buddy Walthers regarder un homme blond, en costume, se baisser et ramasser l’objet.. et le laisser repartir avec :  visiblement ces deux-là se connaissaient.  Plus tard, ils viendront témoigner que ça n’était pas une balle (bien entendu).  Craig en se rendant vers le tertre était-il tombé sur la balle qui avait traversé le sommet de la tête de Kennedy ?  Son emplacement, du côté gauche d’où circulait la limousine, ne laissait pas de doute sur sa provenance en tout cas :  le « grassy knoll ».  La balle retrouvée, de calibre .45 selon Craig (du 11,43 ?), qui semblait pourtant si primordiale, ne sera même jamais citée dans le rapport Warren !  Sur les deux photos existantes de la dissimulation vite fait de la balle, l’horloge de la bibliothèque indique clairement 12H40.  Soit dix minutes à peine après les premiers tirs, et alors que le trafic routier a largement déjà repris derrière la scène.  « Dealey Plaza même ne fut pas fermé afin de permettre à l’enquête de se faire », note Wikipédia. Or, fait troublant, le docteur Robert Mc Clelland ayant réceptionné le corps de Kennedy parlera de « large plaie« , provenant d’un calibre 0.45 ou d’un fusil pour chasse au cerf »… les yeux de Kennedy étaient selon lui « protubérants » et la plaie supérieure « au dessus de la tempe droite ».  La plaie à l’arrière du crâne « avait la taille d’une balle de golf » ! Mc Clelland avait été le seul à mentionner la plaie à la tempe droite lors du briefing annonçant la mort de Kennedy… Walthers, très lié au shérif Bill Decker, sera celui qui prendra la déposition de James Tague.  Comme par hasard, c’est lui aussi qu’on retrouvera à fouiller le garage des époux Paine ! Cinq ans après, il se plaindra d »une bombe découverte près de chez lui :  c’est l’excuse qu’il avait trouvée pour ne pas venir témoigner au procès Garrison !  Il est mort lors de l’interpellation d’un dealer évadé de prison (James Walter Cherry) et sa jeune compagne.  Il avait au départ avoué que c’était bien une balle qui avait été ramassée par un agent du FBI… pour se rétracter après.  Selon des auteurs, Walthers comme beaucoup de policiers de Dallas, avait son ticket permanent d’entrée au Carousel Club, le bar à prostituées de Jack Ruby !

 

Walthers, un policier-type de Dallas

La police de Dallas était-elle « clean » ou corrompue, sous les ordres de Decker ?  Walthers est le bon exemple pour se faire un avis sur le sujet, et il en avait lui aussi à raconter :  « Le shérif Decker (…) l’a promu détective, et il est devenu intime avec des gens tels que W.O. Bankston , le concessionnaire Oldsmobile flamboyant à Dallas qui fournissait à Decker un nouveau camion-pompe à incendie rouge Olds chaque année, qui a été arrêté à plusieurs reprises pour conduite en état d’ébriété, et qui n’a jamais fait pourtant de temps de prison.  Les connaissances Buddy incluaient également plusieurs industriels indépendants du pétrole à travers le Texas, plusieurs Cubains anticastristes et de nombreux personnages de la pègre – en particulier des femmes- !  Il amenait souvent la pagaille dans les soirées données par des amis riches de Decker – , alors qu’il était en service, bien sûr.  Il devenait souvent ivre et belliqueux à ces réunions et un jour, lorsqu’on lui a demandé de partir, il a menacé de vider son arme sur l’hôte. Cette information a pu être vérifiée par Billy Courson, qui était le partenaire de Buddy à ce moment-là.  Walthers a frappé un grand coup quand, en 1961, deux agents fédéraux des stupéfiants sont venus au bureau de Decker avec les preuves que Buddy cultivait de la marijuana dans la cour arrière de sa maison à 2527, rue Boyd, dans le quartier d’Oak Cliff de Dallas.  Cela pouvait être considéré comme une conduite indigne d’un officier de police – mais pas pour Buddy !  Après une réunion secrète entre les agents fédéraux, Decker et des « amis », l’affaire a été abandonnée et – cela va sans dire – couverte, lui permettant ainsi de continuer sa carrière en tant que représentant de Decker, de la loi et de l’ordre dans le comté de Dallas.  Cependant , la police de Dallas a commencé à recevoir des plaintes comme quoi Buddy se servait dans le butin des prises de la pègre de plusieurs cambriolages et revendait  lui-même de la drogue.  Après plusieurs rapports de la Police de Dallas, on a commencé à enquêter et enfin, on a obtenu un mandat de perquisition pour sa résidence.  Leur plus grande erreur avait été de demander le mandat de perquisition au juge Richburg – qui était assez mauvais – mais la femme de Buddy travaillait pour lui, ce qui a donc conduit à un fiasco. Revenus plus tard, ils découvriront quand même chez lui des toasters ou des vêtements volés, comme leur avait indiqué leur informateur ».  Il avait alors expliqué qu’il les stockait ainsi car il n’avait pas eu le temps de rédiger le rapport sur les vols !  (Roger CraigWhen They Kill A President –1971)).  Mais le plus étonnant, était ceci : lors de la visite de la maison des Paine, (Walthers en avait fait un aveu plus tard à Tagg) il avait indiqué que lui et ses collègues « avaient trouvé six ou sept armoires en métal pleines de lettres, cartes, documents et fiches avec des noms de sympathisants pro-Castro » (Hancock, 552).  Ces chers époux Paine… jamais inquiétés dans l’affaire Oswald… loin s’en faut !!!  On n’entendra jamais plus parler de ces documents.  Ils montraient trop les activités réelles des époux Paine, sans aucun doute.

Une autre Nash

Le véhicule, pas très commun, n’avait comme autre propriétaire que Clay Shaw à Dallas. Lawrence Howard, et il était « bleu clair ou vert » et datait de 1959 ou 1960.  Howard étant, autre hasard, un des membres du groupe anticastriste de la Junta Revolucionaria, responsable d’un camp d’entraînement à la Nouvelle Orleans.  Ce serait l’un des deux visiteurs des sœurs Odio (en compagnie d’Oswald !).  Alors qu’il se dirigeait vers le trafic, pour observer le manège de la voiture, Craig avait été abordé par un homme qui l’avait bloqué, annonçant « Je suis avec les services secrets » :  le policier lui avait aussitôt parlé de la voiture.  Cet homme des « Services Secrets » ne semblait intéressé que par la description de la Rambler.  Craig apprendra plus tard, au procès de Garrison qu’il s’appelait Edgar Eugene Bradley, que c’était en fait un prédicateur d’extrême droite habitant North Hollywood, en Californie et qu’il travaillait pour Carl McIntire, le fondamentaliste religieux qui avait fondé l’American Counsel of Christian Churches.  Un anticommuniste de première bourre.  Fait notable, le gouverneur Reagan refusera à Garrison le droit d’interroger Bradley.  Conclusion du volet « Rambler » de l’affaire :  on avait eu la description précise de la fuite de deux tireurs supposés, la récupération à la volée du tireur descendu du tertre, où tout le monde s’était précipité après les tirs et le départ en rush de la limousine vers l’hôpital, et personne n’avait songé à venir faire déposer ces témoins cruciaux alors qu’il avaient vu un véhicule aussi peu répandu ?  Mais que ne cherchait pas la commission Warren, serait-on tenté de dire, à la voir éviter autant toute autre information que celle concernant la seule bibliothèque et son seul occupant Oswald, selon elle ?  Quant à l’homme au parapluie, visiblement là pour indiquer au tireur que tout était OK, on ira bien l’interroger, il s’en sortira avec une pirouette lamentable, et la commission trouvera qu’être le seul à ouvrir puis refermer un parapluie dans un laps de temps court pour « se protéger du soleil » et « venir protester contre le père de John Kennedy » étaient des réponses satisfaisantes… (l’homme levant haut le bras droit à ses côtés étant tout aussi susceptible d’éclairer l’ordre de tir, j’y reviendrai plus loin !).

Craig, policier rejeté… et assassiné

Quatre ans plus tard, Craig était exclu dejà police de Dallas pour avoir donné une interview sur l’attentat à un magazine, dans laquelle il avait répété la même chose sur le Mauser et sur le break qu’il avait clairement vu.  On ne lui pardonnait pas de ne pas suivre la thèse officielle, celle de la police de Dallas, si fière d’avoir arrêté l’assassin du président (en si peu de temps ; à peine le temps de mourir !).  On le retrouve logiquement la même année à la Nouvelle-Orléans, appelé par le juge Garrison à témoigner au procès de Clay Shaw.  Pour encore y répéter la même chose : il ne variera jamais d’opinion sur le sujet, c’est une constante chez lui.  En fin d’année, après avoir déposé, il essuie de justesse un coup de feu alors qu’il se rendait sur un parking.  La balle lui effleure alors la tête.  On l’a raté de peu.  Sa déposition a indisposé certains à l’évidence.  Six ans plus tard, alors qu’il se promène en montagne, une voiture fonce sur lui et le percute.  Il s’en sort grièvement blessé, mais il survit à l’accident.  En 1974, il survit encore une autre fusillade à Waxahachie, au Texas.  L’année suivante, il est à nouveau grièvement blessé dans un attentat, le moteur de sa voiture ayant été piégé et il a explosé. On lui en veut, à l’évidence.  Craig a alors dit à ses proches que « la mafia » avait décidé de le tuer.  Ils finiront en effet par l’avoir, (ou certainement le forcer au suicide cette fois) :  on le retrouve raide mort le 15 mai 1975, « à la suite de blessures par balles auto-infligées » dira le surprenant compte-rendu de la police du Texas.  Qui semblait avoir l’habitude de conclure ainsi.  L’autopsie conclura à un seul tir donné au niveau du haut du sternum (« fourchette sternale »), infligé alors que son propre père passait la tondeuse à moteur sur sa pelouse, « ce qui avait étouffé le bruit du tir ».  Etrange « suicide », pour le moins.

Une tradition texane ?

Et ce ne fut pas le seul du genre, au Texas.  Le plus surprenant nous ramenant à un des tireurs présumés de Dealey Plaza… « Le 3 juin 1961, Henry Marshall fut découvert mort dans son ranch de Franklin.  Malgré de multiples blessures par balles, le shérif Howard Stegall classa l’affaire en concluant qu’il s’agissait d’un suicide.  Manley Jones, thanatopracteur, après avoir examiné le cadavre, ne pouvait croire à un suicide.  Mais le magistrat valida la décision de Stegall, “mort suite à des blessures auto-infligées par armes à feu”.  Stegall était une relation de Cliff Carter ».  Marshall était un fermier devenu inspecteur du ministère de l’agriculture, qui venait de mettre les pieds dans les affaires du milliardaire texan Billie Sol Estes.  Retrouvé raide mort près de son Chevy Fleetside pickup. (ici un modèle de 1959).  Touché de cinq coups de son fusil, laissé à côté de lui.  Et pas d’autopsie, pas de prise d’empreintes, le pick-up couvert de sang étant aussitôt lavé.  Or Carter étant une connaissance de Lyndon B. Johnson, grand ami d’Estes (3). Drôle de pays et drôles d’enquêtes policières.  D’autant plus que Tommy G. McWilliams, un agent du FBI avait conclu au même verdict du suicide !   Une conclusion en dehors de tout bon sens : « Le Dr Joseph A. Jachimczyk a également déclaré que «si en fait il s’agit d’un suicide, c’est le plus inhabituel que j’ai vu lors de l’examen d’environ 15 000 personnes décédées. » McWilliams a admis qu’il était « difficile de vous tuer avec un bolt-action de 22 ».  Ce point de vue a été partagé par John McClellan, un membre du sous-comité sénatorial permanent des enquêtes.  Il posa pour des photos avec un fusil calibre .22 semblable à celui de Marshall.  McClellan a souligné: «Il ne faut pas beaucoup de déductions pour arriver à la conclusion irrévocable qu’aucun homme n’a commis de suicide en plaçant le fusil dans cette position maladroite et puis l’armer quatre fois en plus ».  Mais sur les terres de LBJ, on pouvait tout se permettre, il semble bien.  Drôle de manière de conclure à un suicide (cinq balles !), et surtout un commentaire qui ressemble fort à ce qui avait été dit des deux frères Diem au fond du véhicule militaire qui les emmenait…  le policier intègre Craig avait été lui poursuivi pendant douze ans…pour avoir affirmé le contraire de ce que tous ses amis policiers de Dallas étaient venus dire à la commission Warren.  Il avait perdu son travail pour ne pas avoir voulu changer d’avis.  On avait fini par le « suicider » !!!   S’il fallait trouver une preuve de l’existence d’un complot tenant à garder pendant des années l’entretien d’une unique version de l’attentat, le sort de Craig et sa longue traque est en ce cas exemplaire.  A son encontre, il y a bien eu acharnement !

 

 

Nota ; l’arme utilisée pour tuer et achever JF Kennedy, n’est certes pas le Carcano, mais plutôt bien un fusil chasse au cerf.  Or on retrouve un fusil similaire, utilisé, selon le FBI, pour abattre Martin Luther King, le 4 avril 1968, celui qu’avait insulté Hoover dans une lettre dantesque (Hoover était visiblement un gars dérangé), l’arme est présentée ici à droite par Ben Holley, à Memphis.  A ce stade, la coïncidence devient énorme.  Selon l’enquête, elle avait été retrouvée « abandonnée » dans un motel.  Autre étrangeté, c’est à Birmingham qu’il avait acheté en octobre 1967 un fusil Remington .30-06 « pump-action rifle » muni d’une lunette  2×7 Redfield et numéroté serial No. A17350.  Voici (à droite).  Or un test de tir effectué par le Federal Bureau of Investigation juste après l’assassinat et en 1977 par le House Select Committee on Assassination sont tous les deux faillis.  Un troisième test effectué en 1997 aboutira aux mêmes conclusions : ce n’est donc pas ce fusil là qui a tué MLK !!!  Mais alors lequel, de fusil de safari  ???  Ray admettra avoir acheté le 29 mars  1968, un fusil  de calibre .243 au magasin de l’Aeromarine Supply Co. de Birmingham, sous le faux nom de Harvey Lowmeyer, et qu’il l’avait échangé le lendemain contre un Remington Game-master .30-06, « le fusil à pompe le plus populaire de tous les temps« .  Plus inquiétant encore, l’un des médecins ayant autopsié MLK, le Dr. Francisco, refusera d’étudier la trajectoire des tirs à partir de l’étude du corps, faussant la détection de l’endroit de départ des tirs.  C’est une salle de bains commune d’appartements qui sera jugée comme telle, sur le témoignage vague de deux résidents (photo à droite, les policiers cherchant l’emplacement du tireur dans les arbustes derrière le motel).  On affirmera que Ray avait tiré debout dans la baignoire ce qui s’avérera impossible à faire pour atteindre la pièce 306 du motel Lorraine où était arrivé MLK.  La balle mortelle reçue en pleine tête par MLK était une Remington-Peters, « soft-point, metal-jacketed bullet« .  Personne n’avait entendu de tirs dans la résidence de Ray.  On trouvera des empreintes sur la lunette de visée mais aucune des siennes sur le fusil.  Il a été condamné à 99 années de prison pour le mettre de MLK :  il avait plaidé coupable, piégé par son avocat, pour s’éviter la chaise électrique.  Et vous n’allez pas le croire, mais au moment des tirs, des gens avaient vu de la fumée sortir d’un bosquet en face de l’hôtel (ici à gauche) où était MLK.  Ils seront rasés le lendemain « au nom de l’enquête » !!!  James Earl Ray est un SECOND Oswald.  Et la seconde signature reporte bien sur la première… pour ce qui est de l’assassin ou ses commanditaires !  A noter que le Remington 760 avait été aussi adopté par… le FBI, mais après l’attentat de Dallas : « Le modèle 760 s’est avéré très populaire auprès des chasseurs américains et, à un degré limité, auprès des organismes de police.  À partir de 1965, le FBI a acheté des Modèle 760S en .30-06 et .308 pour équiper ses agents.  La production a pris fin en 1980, après qu’une impressionnante liste de 971 712 fusils et 67, 726 carabines aient quitté l’usine ».  On rappellera aussi qu’au moment de la mort de MLK, le tueur Malcom Wallace était toujours vivant, lui : il décédera le 7 janvier 1971, dans de bien étranges conditions.

(1) Il ne démordra pas longtemps de son idée de départ comme quoi Oswald était le seul assassin :  lors des reconstitutions des trajectoires des tirs, on peut le voir en flagrant délit de tricherie, avec un personnage à la place de Kennedy assis sur le siège remonté de la limousine (c’était une des possibilités qu’offrait le véhicule) pour être plus haut et correspondre à la trajectoire de la fameuse « magic bullet ».  Sa supercherie est VISIBLE.  Et lamentable ! Ce qui devient incompréhensible chez lui, c’est qu’il s’était pourtant rendu sur le fameux Grassy Knoll, lors de l’enquête, comme on peut le constater ici sur ce cliché.  A moins d’être aveugle… (on verra un peu plus loin le surprenant propos qu’il avait tenu à l’un des médecins de Parkland… 6 mois après l »assassinat).

(2) sans oublier les preuves d’autres tirs, sciemment effacées :  « Un jour ou deux après l’assassinat, un résident de Dallas, Eugene Aldredge, a vu un éclat de quatre pouces de long de marque de balle au milieu du trottoir sur le côté nord de la rue Elm, qui est le côté le plus proche du TSBD.  Aldredge n’a rien dit au FBI sur la marque, peu de temps après la publication du rapport de la Commission Warren, parce qu’il supposait, en toute logique, que la marque avait certainement été remarquée par les responsables de la police et qu’elle serait discutée en détail dans le rapport de la Commission.  Quand il s’est rendu compte que la marque avait apparemment été « négligée », il a immédiatement contacté le FBI et leur a dit à ce sujet (Weisberg 383-390).  Aldredge a dit au FBI, qu’un journaliste du Dallas Morning News, Carl Freund, avait également identifié la marque comme étant une marque de balle.  Moins d’une semaine après qu’Aldredge ait informé le FBI de l’existence et l’emplacement de la marque, il a pris un ami pour aller la voir.  Ils ont trouvé la marque, mais vu qu’elle avait été modifiée- elle avait été rebouchée.  « Nous sommes allés sur le site et avons trouvé la marque, (qui avait) anciennement environ 1/4 pouce de profondeur; elle avait été remplie avec ce qui semblait être un mélange de béton et d’amiante.«   A partir de ce jour Aldredge était devenu un chaud partisan de la présence d’au moins deux tueurs, et pas d’un seul.
(3) Sybil Marshall la femme d’Henry, et le frère de celui-ci (Robert) ne se laisseront pas faire et mèneront une enquête parallèle en payant des détectives.  Qui feront tracer le portrait-type du tueur : c’était pour eux Malcom « Mac » Wallace (ici à gauche lors de son procès), qui travaillait aussi au Département de l’Agriculture, qui avait déjà occis auparavant John Douglas Kinser le propriétaire d’un golf à Austin, Texas, et dont le seul tort avait été d’être sorti semble-t-il avec Josefa Johnson, la sœur de Lyndon B. Johnson… qui était sortie auparavant avec Wallace.  Kinser avait été retrouvé criblé de balles.  Wallace, condamné à seulement 5 ans de prison par un jury sous fortes pressions, celles du juge Charles O. Betts, alors qu’il risquait la peine de mort (des jurés se plaignirent d’avoir été menacés), fut libéré dès la fin du procès… sous des pressions encore plus fortes.  Pour tout le monde, celles de Lyndon B. Johnson, intouchable dans son fief du Texas !  Wallace, excellent tireur, froid, distant, mais capable de rages extrêmes, est présumé avoir été un des tueurs le 22 novembre à Dallas.  On a effectivement retrouvé une empreinte de Malcom Wallace dans la Bibliothèque de Dallas, sur des cartons.  Mais une seule, que d’aucuns pensent avoir été disposée là pour brouiller encore plus les pistes.

 

Article précédent:

L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (14)

Commentaires

commentaires

A propos de ghostofmomo

avatar

Check Also

La liberté de la presse de plus en plus menacée dans le monde

La liberté de la presse recule partout, y compris dans les pays jusque-là relativement démocratiques, ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *