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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (13)

L’heure est venue de l’assassinat lui-même, et à partir de là pour nous de nous intéresser un peu à la géographie des lieux du crime, eux aussi pleins d’enseignements.  Le tireur isolé dans la bibliothèque de Dallas résiste fort peu à cette analyse comme vous allez le voir.  L’organisation du trajet parcouru par la limousine présidentielle, comme celui de la composition de la caravane de véhicules officiels qui vont traverser la ville demeurent aussi des énigmes à élucider.  En ce mois de novembre 1963, c’était bien une embuscade et un traquenard qui attendait le 35eme président américain.  Tout conduit ce jour-là à son exécution, dans les meilleures dispositions pour les tireurs embusqués.  « Les » tireurs, car il est difficile de croire à la thèse officielle à la suite de cette étude…

Après le décès de JFK, des morts, il y en a eu d’autres.  L’auteur (conspirationniste !) Jim Marrs en a comptabilisé 103 différents, tous ayant eu un lien direct ou indirect avec l’affaire.  Même si parfois il est tombé dans l’excès, et s’il n’est pas vraiment recommandable, c’est un fait indéniable qu’un bon nombre de témoins ont disparu dans d’étranges circonstances.  Un graphique intéressant nous montre qu’étrangement il y a eu davantage de décès de ce genre lors des grands procès ou commission réunis.  La corrélation est plutôt inquiétante !  Car elle montre qu’il y a bien un lien entre ce que pourrait apprendre le public et ce qu’il en sait à un moment donné !  Rassurez vous, je ne vous parlerai pour l’instant que de trois cas qui me semblent personnellement très significatifs (je reviendrai sur d’autres un peu plus tard si vous le voulez bien)…  Le premier est à envisager en regardant attentivement les lieux du crime.  Car c’est vraiment flagrant :  les gens qui ont manigancé cet attentat avaient véritablement trouvé le meilleur endroit pour le faire.  Tout l’environnement concourt à une réalisation parfaite, avec des immeubles élevés pour ouvrir l’angle de tir au maximum, mais aussi de multiples moyens de se dissimuler ou de fuir la scène le plus discrètement possible.  Bref, un plan très organisé (regarder celui-ci aussi, dans le genre).

Un second immeuble utilisé

Le virage court entre Houston Street et Elm Street est un vrai plan de film de cow-boys où les méchants se retrouvent toujours coincés à la fin au fond du canyon.  En premier lieu, il n’y a donc pas que le dépôt de livres qui aurait pu abriter un tireur positionné en hauteur pour un tireur d’élite ;  le long de ce « canyon ».  Juste à côté du célèbre dépôt de livres, celui de la Dal-Tex Oil Corp présente un intérêt évident sinon supérieur.  Or il a été ignoré de beaucoup de recherches.  Un escalier extérieur de sécurité (aujourd’hui disparu) permet de s’en échapper fort discrètement, il dissimule aussi le tireur, et l’aile droite où il se situe est pile dans l’alignement de l’Elm Street, comme la fenêtre où était censé se trouver Oswald (voici ce qu’on voit de Elm Street au second étage).  Idéal pour tirer sur une voiture… très peu protégée.  Car quant à la question du maillage lâche des motards, on ne peut l’expliquer que par… des tirs prévus à leur hauteur, ce qui impliquerait encore une conspiration.  Sur le sujet, on ne possède que peu de choses comme explications.  Du haut des immeubles, les corps des motards ne gênent en rien les tireurs.  Ce serait l’agent des Services Secrets Lawson, qui aurait refusé par exemple la demande du capitaine de police Jesse Curry qui souhaitait 8 motards autour de la limousine présidentielle, n’en retenant que 4 tous placés derrière, à la hauteur de la limousine des services secrets !  Lors de l’arrivée sur le tarmac du Love Airpott, tous les agents quittent d’un coup la limousine présidentielle, ce qu’a montré aussi une vidéo récemment redécouverte, ce qui surprend beaucoup.  Mais l’idée est un peu faussée, car l’équipe des gardes personnels de la famille Kennedy reste bien dans la voiture suiveuse.  Laissons-ça au désir d’un président de se montrer, Jackie Kennedy ayant été enrôlée dans cette représentation.  Il n’empêche : avant le dernier virage de Houston Street et Elm Street, on a pu voir aussi un agent de protection gouvernemental toujours accroché au coffre de la limousine par les poignées du coffre, mais peu après, il avait sagement rejoint son véhicule derrière.  Kennedy, dans sa voiture, est sans aucune protection !  Le déploiement en retrait des motards, en prime, laisse la voiture bien trop à découvert.  Une présence plus rapprochée aurait pour sûr gêné le tireur embusqué au Dal-Tex et celui du tertre vert, bien davantage encore !

Un tir du second étage de l’immeuble de Dal-Tex, (au second étage ou au troisième seulement, moins anguleux), paraît en prime plus compatible avec l’inclinaison du tir dans le dos reçu par JFK que celui attribué à Oswald (rappelons que la commission Oswald avait dû rehausser le point d’entrée pour en faire un tir plus anguleux attribué à Oswald !).  La célèbre photo d’Altgens (ci-dessus), preuve du premier tir atteignant Kennedy montre le dispositif possible à partir du Dal-Tex.  Pour mémoire, il faut noter que la fenêtre du tir supposé d’Oswald avait été retirée après l’attentat par le propriétaire de l’immeuble, le fameux chasseur de pumas… au prétexte que les gens l’abîmaient en la visitant.  Son fils Caruth a bien compris l’intérêt qu’avait senti Harold Byrd :  il l’a mise en vente en 2007 !  Sur la même photo, on peut aussi apercevoir un impact, déjà, sur le pare-brise… d’un tir venu de l’avant, d’un angle donnant comme position de tir le pont de chemin de fer, au dessus de James Hague !!!

Celui ayant racheté l’immeuble à la famille en 1970 avait déjà eu la même idée semble-t-il :  voilà la fenêtre immortalisée par Oswald ayant autant de clone que les morceaux de la croix du Christ… au pays où tout se vend, le business Oswald existe aussi.  L’immeuble en tout cas présente un intérêt certain pour des comploteurs.  Larry Hancock, dans « Someone Would Have Talked, » (on peut l’entendre ici sur divers points) rapporte une histoire racontée par le policier de Dallas Roy Vaughn. « Vaughn a dit qu’il avait parlé à un agent de sécurité, un gars plutôt grand, bien habillé qui était dans l’immeuble du Dal-Tex, peu après les coups de feu.  Vaughn a essayé d’interroger l’homme et il n’a rien… dit.  Il a simplement produit une une pochette remplie d’une grande sélection de cartes de crédit et il a simplement souri.  Vaughn a ensuite marché jusqu’au au bureau du Sherif, où (cela fera comme un choc à ceux qui étudieront l’assassinat) il a simplement disparu ensuite de l’histoire ».  Vaughn est très lié à l’affaire pourtant :  avec son collègue Gillis W.Temple, il a sillonné le secteur après les tirs.  Avec un autre collègue Larvin Wise, c’est lui aussi qui a arrêté les trois « clochards » suspects (c’est noté par Warren à la référence Dal-Tex Bldg : 89A-DL-60165-46 (MMF 2459-2460), et c’est lui aussi, quel hasard, qui fera passer le test du détecteur de mensonge à Jack Ruby avant qu’il ne soit inculpé du meurtre d’Oswald.

Oswald installé au dépôt de livres quand un voyage à Dallas est prévu

Ce qui permet de définir une conspiration, ce sont ses longs préparatifs, qui s’inscrivent obligatoirement dans la durée.  Or d’étranges coïncidences sont à noter entre le moment où Oswald prend ses fonctions au dépôt de livre, envoyé là par un couple noyé jusqu’au coup avec la CIA et la décision de la Maison Blanche de se rendre à Dallas : « la visite du président Kennedy au Texas en Novembre de 1963 était à l’étude depuis près d’un an avant qu’elle ne se produise.  Il n’avait fait que quelques brèves visites à l’Etat depuis la campagne présidentielle de 1960 et en 1962, il a commencé à envisager une visite officielle… La décision de base sur le voyage de novembre au Texas a été faite lors d’une réunion du président Kennedy, le vice-président Johnson, et le gouverneur Connally, le 5 Juin 1963, à l’Hôtel Cortez à El Paso, au Texas,  Le Président avait parlé plus tôt ce jour-là à l’Air Force Academy de Colorado Springs, au Colorado, et il s’était arrêté à El Paso pour discuter de la visite proposée et d’autres questions avec le vice-président et le gouverneur ».  Ce jour-là, Kennedy avait évoqué le construction d’un SST, avion commercial dont les recherches auraient bénéficié de l’emploi du XB-70 militaire comme avion expérimental de la NASA (à gauche les deux projets présentés en 1964).  Toujours le souci de rassurer les militaires !  « Les trois ont convenu que le président viendrait au Texas à la fin novembre 1963.  Le plan initial prévoyait que le Président ne passe seulement qu’un seul jour dans l’État avec des visites éclair à Dallas, Fort Worth, San Antonio et Houston.  En septembre, la Maison Blanche a décidé de prévoir d’autres visites du président et a prolongé le voyage prévu à partir de l’après-midi du 21 novembre jusque la soirée du vendredi 22 novembre.  Lorsque le gouverneur Connally a appelé à la Maison Blanche le 4 octobre pour discuter des détails de la visite, il a été convenu que la planification d’événements au Texas serait largement laissée au gouverneur. »


« A la Maison Blanche, Kenneth O’Donnell, conseiller spécial du président a agi à titre de coordonnateur pour le voyage.  Tout le monde a convenu que, s’il y avait suffisamment de temps, un cortège au centre-ville de Dallas serait la meilleure façon pour les gens de voir leur président . . .
Selon [ Kenneth ] O’Donnell ,  » nous avions toujours eu un cortège où que nous allions, en particulier dans les grandes villes où le but était de faire que président soit vu par le plus grand nombre de personnes possible.  Selon son expérience ,  » il était automatique  » pour les services secrets, d’organiser un itinéraire qui, dans le délai imparti, amènerait le Président  » dans une zone qui l’expose au plus grand nombre de personnes.  «  Main Street étant l’artère commerciale de la ville et le repas prévu au Market, la seule possibilité pour la descendre et reprendre après l’autoroute était un passage par Elm Street, pour prendre le bon embranchement (voir photo ici à droite).  Une « banane » de béton empêche en effet à partir de Main Street de s’engager sur la bonne voie de droite de Stemmons Expressway pour rejoindre le Trade Mart.  En somme, la voie directe n’était physiquement, architecturalement, pas possible !!!  Mais quel piège que ce virage obligatoire à faible vitesse, quel piège !

Jackie Kennedy sauvée par le protocole

Les assassins avaient prévu deux choses : le détour pour ralentir et le sens même de la circulation du véhicule présidentiel pour se rendre au Trade Mart, énorme complexe à quatre étages.  C’est ce que laisse entendre le Staff Report of the Select Committee on Assassinations, qui décrit ainsi le choix définitif du trajet, sur lequel le sénateur Connally semble avoir beaucoup pesé.  « En fait, deux endroits pour le déjeuner avaient initialement été envisagés :  le Women’s Building de la foire qui était situé dans la partie centre-sud de la ville, et le Dallas Trade Mart, qui était situé sur Stemmons Freeway à l’ouest et au nord de Dealey Plaza ;  Le Secret Service préférait initialement le Women’s Building pour des raisons de sécurité, et le personnel Kennedy pour des raisons politiques.  Si le Women’s Building avait été sélectionné, le cortège présidentiel aurait conclu Dealey Plaza sur la Main Street à l’ouest de Dealey Plaza, et aurait voyagé vers l’est sur la rue principale, traversant la Plaza brièvement, à grande vitesse, sans prendre de détours dans ou autour de la Plaza.  Un trajet à travers Dealey Plaza sur la rue Main Street d’ouest aurait diminué la probabilité de l’apparition de l’assassinat pour deux raisons:  Tout d’abord, la limousine présidentielle aurait présenté une cible plus difficile à atteindre parce qu’elle aurait été plus rapide et aurait été placée un bloc plus loin (au sud) des emplacements des assassins lors de l’assassinat sur Elm Street.  Deuxièmement, le Président, qui monte à l’arrière droit de la limousine en accord avec le protocole militaire, aurait été placé de sorte que Mme Kennedy aurait été assise entre lui et tous les tirs émanant du TSBD ou du monticule herbeux ».  Le côté droit, il fallait se poster obligatoirement du côté droit !

Le trajet définif admis à la mi-novembre seulement
Pour ce qui est du trajet proprement dit, avec ses deux virages à basse vitesse imposés par la rue Elm, il semble bien que l’on ait su son itinéraire précis en novembre et pas avant (1).  La fuite survenue bien avant provenait donc des autorités locales :  « les préparatifs pour la visite du président Kennedy à Dallas étaient principalement la responsabilité de deux agents des services secrets : l’agent spécial Winston G. Lawson, membre de la Maison Blanche qui a agi comme agent de front et Forrest V. Sorrels, et l’agent spécial en charge de la le bureau de Dallas.  Les deux agents ont été informés du voyage le 4 novembre.  Lawson a reçu un calendrier provisoire du voyage Texas le 8 Novembre à partir de Roy H. Kellerman, agent spécial adjoint chargé de l’intendance à la Maison Blanche, qui était au secret ». Le problème étant où donc effectuer le déjeuner avec de nombreux invités (2600 couverts étaient prévus !) :  « Un objectif important de la visite du Président à Dallas était de parler à un déjeuner offert par les entreprises et les dirigeants civiques .  Le personnel de la Maison Blanche a informé le service secret que le Président arrivera et partira de Love Field de Dallas, qu’un cortège à travers le centre-ville de Dallas au site déjeuner devrait être organisé et après le dîner du président serait de retour à l’aéroport par la route la plus directe .  Par conséquent, il est important de déterminer le site de déjeuner aussi rapidement que possible, de sorte que la sécurité puisse être établie sur le site et la route du cortège sélectionné. . . . Kenneth O’Donnell a pris la décision finale d’organiser le déjeuner au Trade Mart ; [Gerald] Behn [agent des services secrets chargé de l’intendance à la Maison Blanche] a avisé Lawson le 14 novembre ».  En somme, on ne savait rien du tracé de la « motorcade » sept jours avant qu’elle ne se produise, dans le public s’entend… qui donc avait donc eu les moyens de mobiliser les  protagonistes aussi vite ?   Le MOB (la mafia)… , la Police de la ville, ou la CIA ?

Qui était au courant

Les conseillers en sécurité, une fois retenu le plan de la visite, ont bien dû en effet avertir les autorités, et là encore fort tardivement :  « après la sélection du Trade Mart comme le site du déjeuner, Lawson et Sorrels ont rencontré le chef de Dallas de la police Jesse E. Curry, le chef adjoint Charles Batchelor, le chef adjoint NT Fisher, et plusieurs autres officiers de commandement pour discuter des détails du cortège et les itinéraires possibles.  La route a également été examinée par Lawson et Sorrels avec le chef adjoint Batchelor et les membres du comité de l’hôte local le 15 novembre.  Les fonctionnaires de police ont convenu que l’itinéraire recommandé par Sorrels était le bon et n’ont pas exprimé la conviction qu’un autre tracé pourrait être meilleur.  Le 18 novembre, Sorrels et Lawson ont roulé sur la route sélectionnée avec Batchelor et d’autres officiers de police, pour vérifier qu’il pouvait être traversé en 45 minutes.  Les représentants du comité d’accueil local et le personnel de la Maison Blanche ont été informés par les services secrets de l’itinéraire réel dans l’après-midi du 18 novembre.  Pour atteindre le Trade Mart de la rue principale les agents ont décidé d’utiliser la Stemmons Freeway (route N°77), la route la plus directe.  Le seul moyen pratique pour le trafic en direction de l’ouest sur la Main Street pour atteindre les voies en direction nord de la Stemmons Freeway est par la rue Elm, le trafic est chargé de suivre cette route dans cette partie de la ville« . En somme, on n’avait eu la confirmation du trajet que 4 jours avant l’arrivée présidentielle, les journaux l’évoquant deux jours avant seulement.  Les soupçons portent donc aussi et surtout sur le chef de la police de Dallas, Jesse E. Curry, ce grand admirateur d’Edgar Hoover, celui qui ira si vite en besogne pour désigner Oswald comme seul tueur, ou sur ses adjoints Charles Batchelor et NT Fisher…  C’est Batchelor qui laisser entrer Ruby dans le sous-sol des bureaux de la police où Oswald sera tué… il sera quelques temps après nommé responsable de la police de Dallas.  On l’avait vu dénoncer la distribution de tracts d’extrême droite critiquant Kennedy, en forme de récompense pour capture de westerns… les menaces d’extrémistes existaient donc :  dans un ces courriers, le même Batchelor anoncera avoir engagé 493 policiers de Dallas pour la visite présidentielle… sur les 1175 que comptait alors la ville.

Drôle de cortège et drôles de voitures !

On l’a vu, les motards de la parade de Dallas ont un drôle de positionnement.  Et devant eux, ce n’est guère mieux : la voiture qui ouvre le cortège a tout simplement été mal choisie, selon un auteur (c’est une Ford Mercury Sedan: « le 22 novembre dans la voiture de tête du cortège présidentiel , il y avait par Curry, le shériff Decker, Forrest Sorrels, le chef des services secrets de Dallas et Winston G. Lawson, l’homme avancé des services secrets de Washington (…).  Pour minimiser le risque d’un tir venu d’en haut , la voiture utilisée était une berline fermée.  La voiture de tête d’un défilé est généralement une convertible, afin de donner à ses occupants la plus grande visibilité possible.  C’était la règle, même à Dallas, où les voitures ouvertes étaient toujours utilisées par beau temps.  Le 22 novembre était une belle journée, et le sommet de la bulle a été retiré de la convertible du Président (2 et 3). Forrest Sorrels a dit à la Commission Warren qu’il était incapable d’obtenir une bonne vue de la voiture de tête.  Comme Lawson, il a déclaré qu’il ne voyait rien.  Curry aurait-il été également chargé de distraire les autres occupants de la voiture ?  Sorrels a rappelé après l’assassinat qu’il n’avait jamais vu le chef si nerveux et si bavard.  Le shérif Decker s’est rendu compte que les tirs venaient de la direction du parking, et il a déclaré par la suite qu’il avait transmis par radio à ses hommes de se centrer sur la gare de triage.  Mais, sur ordre de Curry la radio de la police (une DCN SS portable) a été mise temporairement hors service ».  On retrouvera la même voiture auprès de l’ambulance au Parkland Hospital emportant le cercueil de l’infortuné président.  Selon les gardes du corps, c’est Kennedy lui-même qui aurait demandé à ne pas avoir de gardes du corps près de lui, ayant déjà fait la remarque peu avant à Tampa, où il les avait trouvés trop « proches ».  Selon le Select Committee on Assassinations , c’est lui en personne qui ne voulait pas de motards près de lui car le bruit de leurs motos couvrait les conversations dans la limousine découverte.  Todd Wayne Vaughan donnera en 1993 un rapport précis sur l’occupation des véhicules de la parade:   il est visible ici.  Devant la voiture de Curry, un véhicule (de même type) ouvrait vraiment la parade, avec à bord, le second de la police de Dallas, George L. Lumpkin assisté des détectives Billy L. Senkel et F.M. Turner, le quatrième occupant étant le Lt. Col. George Whitmeyer, commandant de l’unité de réserve de l’Army Intelligence local.   Une intéressante démo animée montre le « relâchement » certain du défilé ce jour-là.  La voiture contenant le vice-président se laissant quelque peu distancer. Et comme le monde est très petit, finalement, à Dallas, on retrouve la fameuse Mercury blanche qui était en tête du cortège… emmenant Jack Ruby chez un psychiatre, après son arrestation.  Comme chauffeur et accompagnateur il aura… Bill Decker, le shérif qui était dans la voiture le 22 novembre !  Lors de l’arrestation de Ruby après qu’il ait tiré sur Oswald… on avait trouvé dans sa poche un bout de papier avec le numéro de téléphone de l’assistante de Decker.  On passera le document à la trappe, bien entendu (p.349 de « JFK, le dernier témoin », de William Reymond& Billie Sol Estes.

Un ancien repris de justice sur place… et relâché

Aujourd’hui hui tout le monde pense que Vaughn était tombé devant l’immeuble sur un ami de Jim Braden, qui est comme par hasard un autre cas d’espèce. L’homme venait de Californie, lui aussi, et se trimbalait déjà une liste d’arrestations assez croquignolette.  Or ce Braden, lié à la mafia, qui possède une liste conséquente de pseudonymes (il s’appelle Eugene Hale Brading à l’origine), a été lui arrêté devant le même immeuble nous dit Spartacus, qui rappelle que lui aussi connaissait Jack Ruby :  « le 21 novembre 1963, Brading est arrivé à Dallas avec un homme du nom de Morgan Brown.  Ils sont restés dans la suite 301 du Cabana Motel.  Plus tard ce jour-là Brading a visité les bureaux du milliardaire texan du pétrole Haroldson L. Hunt.  On pense que Jack Ruby était dans les locaux en même temps que Brading.  Après l’assassinat de John F. Kennedy, Brading a été arrêté et emmené pour interrogatoire parce qu’il avait eu « comportement suspect » dans le bâtiment Dal-Tex, donnant sur Dealey Plaza.  Brading dit à la police qu’il était à Dallas dans le secteur du pétrole et était allé dans le bâtiment pour faire un appel téléphonique.  Brading a été libéré sans inculpation.  Brading retourna dans sa chambre du Cabana Motel.  Il a ensuite été établi que Jack Ruby a visité le motel vers minuit ».  Un tireur potentiel qui donne rendez-vous à l’assassin d’Oswald la veille même où ce dernier va accomplir son meurtre, avouez que ça intrigue !  Brading est à ce moment là un ex-détenu, en liberté conditionnelle, autorisé à se rendre à Dallas …. « Il était aussi l’associé de Joseph Milteer, le leader de l’aile d’extrême droite de nombreux groupes racistes, qui avait été en contact avec l’informateur pour le FBI, William Somersett, en Floride a qui il avait déclaré qu’il avait eu connaissance du prochaine assassinat .. du président John F. Kennedy .. certains disent que Milteer a été photographié sur Main Street pendant le passage du cortège ».  Braden a été arrêté au troisième étage du bâtiment Dal Tex .. où se trouvait aussi James Powell, un officier de renseignement de l’armée qui avait pris une photo de la bibliothèque au moment de l’assassinat … Powell n’a jamais été accusé d’avoir participé à l’assassinat, mais ce qu’il faisait dans la Dal-Tex avec Braden et comment il y était entré n’a jamais été clairement expliqué…

Le gangster Marcello avait menacé à plusieurs reprises les Kennedy

Comme le précise le site, dans le livre « The Kennedy Conspiracy« Anthony Summers démontre que Brading avait des liens avec Carlos MarcelloSantos Trafficante et…. David Ferrie !!! On retombe sur le même petit monde !  Marcello, l’empereur des casinos de Louisiane en voulait beaucoup aux deux frères Kennedy.  Il avait été forcé de déposer devant eux lors d’une audition du Senate Committee, avant même que John ne devienne président et il l’avait vécu comme une humiliation, en refusant de répondre à toutes leurs questions sur ses activités. Devenu ministre de l’intérieur chez John, son frère Robert avait carrément déporté Marcello au Guatémala en mars 1961, au prétexte que c’était son lieu de naissance.  Un beau piège, pensaient les Kennedy, car Marcello l’avait affirmé alors qu’il était tunisien d’origine !  De très lourds soupçons pèsent sur sa possible implication dans l’attentat.  « Le 14 Janvier 1992, le New York Post a affirmé que Marcello, Jimmy Hoffa et Santos Trafficante avaient tous été impliqués dans l’assassinat du président John F. Kennedy.  Frank Ragano a été cité comme ayant dit au début de 1963 que Hoffa lui avait dit d’envoyer un message à Trafficante et Marcello concernant un plan pour tuer Kennedy. Lorsqu’une réunion a eu lieu à l’Hôtel Royal de la Nouvelle-Orleans, Ragano a dit à ses hommes : « Vous n’allez pas croire ce que Hoffa veut que je vous dise : Jimmy veut que vous tuiez le président. ». Il a indiqué que les deux hommes ont donné l’impression qu’ils avaient l’intention de procéder à cet ordre. »  Bigre.

L’immeuble oublié et son étage vide

On aurait dû davantage étudier ce second immeuble depuis longtemps, à voir les visiteurs qui en sortaient nonchalamment.  Un repris de justice y a été vu, il a dit y être entré pour téléphoner, alors qu’il ne faisait pas partie de l’entreprise dont il souhaitait visiter les bureaux.  Une bien étrange entreprise, d’ailleurs puisqu’elle serait une de celles cherchant de l’uranium au Texas, dont la découverte d’un filon aurait fait la fortune subite de son propriétaire ;  or on sera incapable de trouver son registre quelque part dans l’Etat, alors que Jaffe travaillait aussi pour la très puissante Atomic Energy Commission !  C’est le genre de celle que visite Montand dans « I comme Icare », un film plutôt incompris à sa sortie alors qu’il est assez… lumineux sur une analyse faite bien plus tard (en 1979, mais à l’époque encore tout le monde avait accepté les conclusions de la Commission Warren).   Le propriétaire de l’édifice Dal-Tex à ce moment là s’appelle Morris Jaffe (dont le grand père était un immigrant russe !), un ancien cadet de l’aviation lui aussi avant d’intégrer l’Army Air Corps.  Morris Jaffe venait de le racheter au milliardaire texan controversé, Billie Sol Estes, pour une bouchée de pain.  Après avoir bâti des maisons, aussi bien pour les civils que pour les militaires, on le retrouvera Jaffe à la tête de Costco, Inc, , un énorme consortium de ventes diverses..  L’année précédente, Jaffe avait offert 9 millions de dollars pour sauver l’empire en miettes de Billie Sol Estes (lui aussi accusé d’avoir pu organiser l’attentat), le bâtiment étant visiblement une prime en retour.  Son frère Doug avait trouvé un autre filon lui aussi avec le refurbishing des moteurs des avions de l’armée US, qui avait fait aussi sa fortune.  Les deux étaient liés à une entreprise allemande, Union Rheinische Petroleum Inc et les deux supportaient financièrement.. Lyndon B. Johnson, bien sûr.  Voilà qui fait déjà pas mal comme accumulation de liens.  Jaffe ayant un autre sulfureux ami : « M. Jaffe , qui a des intérêts dans le pétrole, l’immobilier et l’aérospatial , a été poursuivi par des rapports de liens avec Carlos Marcello, le chef réputé de la criminalité organisée en Louisiane.  M. Jaffe a minimisé la connexion, disant qu’il essayait seulement d’acheter des terres de M. Marcello mais que l’accord s’est effondré quand M. Marcello a été reconnu coupable d’avoir agressé un agent du Federal Bureau of Investigation« .  Du blanchiment classique d’argent sale, pour résumer !  Les frères Jaffe arrosaient beaucoup d’hommes politiques autour d’eux ;  ainsi le speaker démocrate du Congrès, le texan John S. White, qui s’était vu offrir un puits de pétrole à un prix imbattable, ou qui voyageait gratis dans les avions de Doug Jaffe.  La société Jaffe existe toujours et semble toujours aussi riche.  Michael, fils de Morris, a fondé » Community Transport » qui avait récupéré dans les années 90 le Boeing 707 N220AM d’Airmark Aviation (il sera revendu et deviendra l’avion privé de l’ambassadeur saoudien aux USA !), une bien étrange entreprise aéronautique (elle est visiblement en lien avec la CIA !).  Morty Freedman partageait également son bureau de la Dallas Uranium and Oil Company au troisième étage du Dal-Tex Building, avec la Marilyn Belt Manufacturing, sa précédente entreprise de vêtements (des ceintures pour femmes) et Edward-Barry et Miller-Cupaioli, eux aussi dans l’habillement.  Il possédait d’autres entreprises de vêtements, dont des magasins de sport à l’enseigne de « M&B Mfg. Company » à Denton.  Or Mort Freedman était aussi membre de la Dallas Crime Commission, susceptible donc de très bien connaître le milieu.  Fait plus étonnant, Abraham Zapruder possédait aussi une entreprise de vêtements, “Jennifer Juniors, Inc », à Dallas, fabriquant des habits pour femmes et jeunes filles, et ses bureaux étaient situés juste au dessus de ceux de Freedman : au 4eme et au 5eme.  Le second étage était en revanche resté inoccupé et aurait donc fait un superbe emplacement de tir.  Le scénariste (Didier Decoin !) de « I comme Icare » était Eugene Hale Brading donc plutôt bien renseigné  (4) ! (ci-dessous le fusil à lunette Browning Bar Magnum 338 déballé dans le film :  celui du tireur qui se retrouve sans munitions, au moment de tirer : un beau pigeon, comme Oswald dont le film est la fable francisée !).

Le tir raté sur James Tague

Le second immeuble aurait en effet fait un stand de tir bien placé : c’est aussi l’avis du colonel Fletcher Prouty, conseiller militaire du président Kennedy, qui a émis un avis de connnaisseur, notamment sur la balle perdue allée se ficher sur le trottoir devant le pilier du pont (même si Prouty tiendra aussi des opinions un peu « space », il n’empêche, sur le tirs son avis se tient) :  » Les membres de la Commission Warren ont convenu qu’un fragment avait frappé Tague et que la blessure de Tague était le résultat d’un « tir qui a presque fait mouche » .. Il ne dit rien sur l’endroit où (James) Tague se tenait .  La plupart des lecteurs du rapport Warren supposent que Tague se tenait près de l’endroit où la voiture du président est passée, sur Elm Street … Ce n’était pas le cas, cependant, et c’est là que réside un autre facteur clé dans l’intrigue ingénieuse pour tuer le président … Tague se tenait sur un trottoir sur Main Street, et non pas sur l’Elm, un bloc complet loin de la voiture du président.  (Si vous ) tracez une ligne du point d’impact sur ce trottoir pour revenir dans un cercle d’un diamètre de dix-huit pouces autour de la tête et les épaules du président .. Si nous prévoyons que la ligne en arrière part d’un certain point de tir , nous pouvons placer ce tireur dans une fenêtre au deuxième étage du bâtiment de Dal -Tex derrière la voiture.  D’autre part, si nous traçons une ligne à partir de ce même point de contact avec la margelle et revenons à la seule prétendue tanière de l’assassin au sixième étage du dépôt de livres, on découvre que la balle aurait parcouru environ vingt-deux pieds au-dessus de la voiture du président et trente-trois à sa droite.  Évidemment, cette balle est loin d’être un « presque fait mouche « –  » … le chemin de la balle vers Tague révèle que le véritable emplacement d’au moins un tireur sur Dealey Plaza était dans une fenêtre du deuxième étage du bâtiment de Dal -Tex ….la fenêtre de Dal -Tex est l’emplacement d’un sniper idéal« .  James Tague, hélas décédé le 28 février 2014 était le seul témoin à avoir été blessé lors de l’attentat, et il a partagé pendant 50 ans cette opinion. Il a toujours été le mal aimé des commémorations : ayant lui-même sévèrement condamné le rapport Warren, fait selon lui par des « « croonies » liés à Lyndon B. Johnson, il n’a jamais plus été le bienvenu, depuis.  « Certaines personnes veulent tout simplement repousser la saleté de notre pays sous le tapis.  Cela fait 50 ans et il est temps pour que la vérité, du moins ce que nous savons d’elle soit racontée.  Les attaques sur les faits doivent s’arrêter  » affirmait-il, il y a peu de temps encore (en photo la trace d’une balle perdue fichée dans le montant du pare-brise de la voiture, trace qui a été vite maquillée (dès le 25 novembre !).

Le tir raté qui fait basculer la belle théorie

Car, si on décompte:  Si le premier tir attribué Oswald a atteint la gorge de Kennedy, le second de Connally, et la troisième a atteint la tête, il doit y avait eu un quatrième tir pour expliquer celui ayant rebondi jusque l’infortuné Tague.  Ce qui a obligé la commission Warren a construire fort laborieusement la théorie de la « magic bullet », une balle tellement intelligente qu’elle se transportera toute seule à l’hôpital ; car on la retrouvera presque intacte sur un brancard, les os de Kennedy ou de Connally sur lesquels elle aurait dû rebondir n’ayant laissé que fort peu de traces.  Le premier rapport du FBI, pourtant, en date du 9 décembre 1963, parlait bien de deux balles distinctes pour Kennedy et Connally.  Ce qui voulait dire qu’avec celle de Tague, largement ratée, Oswald en avait tiré quatre.  Ce qui est également incompatible avec le nombre de photos distinctes (frames) figurant sur le fim de Zapruder.  D’où l’idée aussi de trouver prétexte aux blessures trop horribles à la tête visibles sur le film… pour ne pas le diffuser.  Sa rétention n’a servi qu’à laisser du temps pour bâtir une version « possible » de l’attentat.  L’analyste Vincent P. Guinn concluera en 1978 que c’étaient deux balles de provenance différente qui avaient touché Connally et Kennedy, ruinant la thèse de la balle magique.  William Tobin, responsable des études de métallurgie du FBI remettra en cause l’analyse en 2002 (c’est bien un acharnement !), mais l’étude qu’il avait incité à faire du National Academy of Sciences (Board on Chemical Science and Technology) conclura deux ans après que c’était Tobin qui s’était trompé :  le FBI arrêtant alors de parler désormais de la nature physique des balles de l’attentat.

Les médias ruinent tout de suite la thèse officielle

Sur son lit d’hôpital, Connally avait clairement expliqué qu’il s’était retourné non pas après avoir reçu la balle, mais parce qu’il avait clairement entendu celle ayant traversé Kennedy au thorax.  « Une autre critique qui a été faite de la théorie à balle unique est qu’elle nécessite un tir manqué » rappelle Wikipédia.  « Le rapport de la Commission Warren contenait un sous-chapitre intitulé « Le tir manqué ».  La Commission Warren a conclu, sur la base de la « prépondérance de la preuve», qu’un seul coup probablement manqué la limousine présidentielle et ses occupants.  « Le tir manqué indique qu’il fait partie des trois coups de feu et fournit les arguments pour et contre une tel tir manquant.  Toutefois, la Commission a déclaré que « la preuve n’est pas concluante quant à savoir si c’était le premier, le second, ou le troisième coup de feu, qui a été raté. « Le HSCA, en revanche, a conclu que le coup de feu qui a raté était le premier coup, et que le coup a été tiré à environ au cadre 160 du film de Zapruder ».  Ce qui correspond à un tir précédent tous les autres.  Or Tague avait dit qu’il avait reçu la blessure au visage au moment où il avait entendu les 2eme et 3eme tirs, presque consécutifs.  Bref, son avis gêne énormément.  Le rapport Warren dira que la balle de Tague n’était pas de la même nature que celle reçue de Connally.  Mais on tenait vraiment à oublier l’impact de la balle de Tague.  A sa grande surprise, James Tague, quand il se rendra aux Archives Nationales des États-Unis en 1997 pour examiner le bout de trottoir marquant l’impact où avait rebondi la balle constatera que l’impact avait été recouvert avec un « patch » de matériau « étranger ».  Harold Weisberg avait déjà dit la même chose à propos de l’impact découvert, après avoir ré-examiné en premier à la fin des années 1960.  L’acharnement à faire disparaître les traces du tir ayant atteint James Tague est patent, mais aussi lourd de signification !  De toute manière, le doute est déjà dans tous les téléviseurs :  la chaîne de télévision de KLRD TV, qui a interrompu son émission pour ménagères pour annoncer en direct l’attentat (entre deux publicités !), a déjà retrouvé le couple Bill et Gayle Newman, qui s’étaient jetés à terre pour protéger leurs deux bébés en entendant les balles siffler.  Ils étaient du côté droit en descendant Elm Street, juste devant la pergola.  Ils ne seront pas les seuls : Gayle Newman, interviewée, montre de la paume de la main où Kennedy a été touché (ici à droite) :  sur le côté droit de la tête, indique-t-elle… A l’hôpital Parkland, la presse attend le verdict.  C’est Malcolm Kilduff, agissant alors comme porte-parole par intérim de la Maison Blanche à la presse, qui déclare à des journalistes « le Dr Burkley m’a dit, c’est une question simple … d’une balle en plein dans la tête. »  A la question d’un journaliste « Pouvez-vous dire où la balle est entrée à la tête « , il répond tout de go « ce que j’ai compris [du Dr Burkley] c’est quelle est entrée à la tempe, la tempe droite.  »  Et il joint le geste à la parole (ici à gauche)... une heure et trois minutes exactement après le premier coup de feu entendu Dealey Plaza !

Le Guatemala, où se trouvait une vieille connaissance

Le piège des Kennedy refermé sur Marcello s’est peut-être aussi retourné contre eux.  Plus étonnant encore, c’est que l’endroit où avait été déporté Marcello était aussi celui où les anticastristes avaient leur base aérienne, comme ils en avaient une en Louisiane, tel qu’on l’a vu. On y trouvait donc aussi à la fois la CIA, les anticastristes et la Mafia, qui servait à recruter les têtes brûlées nécessaires aux tentatives de débarquement à Cuba ou pour l’assassinat de Fidel Castro, comme on a déjà pu le voir ici.  Or, phénomène fort troublant, on y retrouvait aussi notre ami des pétroliers texans, à savoir notre fameux George de Mohrenschildt, comme par hasard, venu s’installer une année complète sur place, avec sa femme.   Selon plusieurs témoins, Les De Mohrenschildt séjournaient alors carrément à proximité des centres d’entraînement de la CIA !  Dans le livre de Thierry Lentz, « Enquêtes sur l’assassinat d’un président » on trouve la même interrogation  :  « au moment du raid manqué sur la Baie des Cochons, il (GdM) se trouvait en mission à Guatemala Ciudad, endroit réputé pour être la base la plus importante de la CIA dans la région. »  Décidément, notre supporter nazi avait l’art d’être présent à des endroits cruciaux !

Cabell à la manœuvre

La CIA s’activait également beaucoup à St-Domingue, au moment de l’accession au pouvoir de Kennedy.  Et ce qu’elle y faisait est plein d’enseignements.  L’investissement US dans l’île mérite en effet toute notre attention.  Là-bas, Trujillo (Rafael Leónidas Trujillo Molina), ancien militaire formé par les arméricians, inquiétait énormément Washington.  Son accord de fin décembre 1958 avec Duvalier tout autant.  La CIA a déjà prévu de l’éliminer sous Eisenhower, mais à l’arrivée de Kennedy un processus de discussions pour un départ « souple » avait débuté.  Mais l’intransigeance de Trujillo avait vite sonné la fin de la récréation : comme pour les frères Diem, la CIA avait armé et aidé des opposants pour qu’ils fassent eux-même le sale travail, les USA s’en lavant une nouvelle fois les mains.  Le 30 mai 1961, sur la route de Santo Domingo à San Cristóbal, la voiture (une Chevy 57) de celui qui était aussi devenu un dictateur autoritaire est retrouvée criblée de balles, Trujillo meurt, son chauffeur blessé mais vivant (un vrai miracle pour lui !).  Kennedy est déjà président depuis 4 mois, et il a donc donné son accord pour ce qui est bien un assassinat de chef d’Etat étranger.  Tuépar des balles de Garrand M-1 américains, le fusil qui marche de la même façon (ou presque) que celui attribué à Oswald (on retrouvera des photos de la période Marines d’Oswald où il tire sur cible avec un Garrant M-1, deux mois avant ses 17 ans ; voir ici à gauche).  Or cette fois, c’est la méthode utilisée pour les fournir et qui surtout va les transmettre que l’on retiendra :  « le 1er juillet 1960, un mémorandum – que devait signer King (J.C. King, chef de la division latine à la CIA), mais qu’en son absence signé son adjoint – est adressé au général Cabeli, directeur de la C.I.A.  Le mémorandum rapporte qu’un leader de l’opposition (au régime Trujillo) a demandé à l’ambassadeur Farland qu’on lui fournisse une quantité limitée d’armes qui, selon toute apparence, « serviraient contre des hommes du régime Trujillo ». Le mémorandum recommande que les armes en question soient livrées, car la chute de Trujillo semble inévitable, et le gouvernement des Etats-Unis a tout intérêt à entretenir des rapports très étroits avec l’opposition.  « En fournissant ces armes, nous faisons un pas important dans cette direction. » (Mémorandum C.I.A., 1″ juillet 1960.)« .  L’armée US utilisera aussi des moyens « psychologiques » étonnants à St-Domingue :  « en fait, ce n’était pas seulement l’armée qui a mis en place une station de radio d’opérations psychologiques.  La Marine a également été impliquée.  À la fin de 1964 Capitaine de vaisseau George Dixon est devenu directeur du projet Jenny, l’opération de la Marine des États-Unis pour utiliser des aéronefs pour diffuser la radio à l’appui des opérations psychologiques.  Il a rencontré la Radio Corporation of America (RCA) pour la possibilité d’utiliser un avion comme plate-forme de diffusion de la radio.  Bien que dubitative, RCA a accepté de fournir de l’équipement et de l’expertise technique.  La configuration de l’avion et le travail technique a été réalisé par du personnel de Marine enrôlé« .  L’engin s’appellera Blue Eagle et ne volera pas avant 1965 :  il fera carrière au Viet-Nam sous le nom de « Danang Dirty Bird » !

Des fusils rendus « stériles » ?

On notera là-bas le rôle du général Cabell, qui sera quelques semaines plus tard viré par JFK !  Mais ce sont aussi les armes qui nous intéressent.  « Le mémorandum précise que l’on fournira aux opposants, à Saint-Domingue même, douze fusils « stériles » munis chacun d’une lunette télescopique, et cinq cents cartouches ».  « Stériles » voulant dire limés pour ne pas que l’on aperçoive le numéro d’origine.  Sur le fusil d’Oswald, on s’apercevra que le numéro indiqué n’était pas unique.  Plusieurs portaient en effet le même !  Aurait-il été renuméroté après un passage « stérile », lui aussi ?  Aurait-on ramené de l’extérieur un fusil correspondant à celui commandé par Oswald afin de le faire correspondre au mieux à son implication ?  « Le mémorandum du chef de la Division de l’Amérique latine reçut l’accord du Directeur des Opérations, Richard Helms, et fut approuvé par le général Cabell.  Le type d’armes (des fusils « stériles » avec lunette télescopique), et le fait qu’elles seraient sans doute utilisées contre des personnalités importantes du régime Trujillo, indique bien les « cibles visées .  Le 1 juillet 1960, un câble du quartier général de la C.I.A. informe Dearborn d’une tentative de parachutage, en territoire dominicain, de douze fusils avec lunette télescopique. «  En somme, de fournir ou de trouver des fusils rénumérotés ou rendus « stériles » par effacement de leur provenance n’était pas un problème pour la CIA, pas plus que d’en trouver munis de lunettes de visée (des modèles M84 en l’occurrence).  Le résultat, on peut le voir sur l’état de la voiture de Trujillo (la passoire ci-contre à droite) !

La CIA s’était déjà engagée sur des actions… militaires

Ce que le général Fletcher Prouty va dénoncer plus tard devant les caméras, la CIA l’a engagé en 1960 à St-Domingue, autre pays où le gouvernement US va intervenir :  le chargé de mission de l’ambassade US (Henry Deaborn) répondait ainsi à la place de la CIA aux demandes des insurgés :  « dans un câble du 26 mars 1961, la station demande au quartier général l’autorisation de remettre aux opposants trois carabines de calibre 30 et de type M1.  Ces armes avaient été abandonnées au consulat par des gens de la Marine quand les Etats-Unis avaient rompu les relations diplomatiques en août 1960. Dearborn a dit à la Commission qu’il était au courant et était d’accord.  Le 31 mars 1961, le quartier général câbla son approbation.  Les carabines ont été remises à un des membres du groupe d’action le 7 avril 1961.  On les retrouve par la suite entre les mains d’un des exécutants, Antonio de La Maza. Dearborn et le chef de station affirment tous deux que le don de ces carabines n’a jamais été considéré que comme un geste symbolique, un appui moral des Etats-Unis aux opposants qui tentaient de renverser Trujillo […].  La station suggéra au quartier général de placer une mitraillette de type M3 dans une valise le 10 février 1961.  Même requête en mars, mais rien n’est fait.  Le 20 mars 1961, la station transmet une demande des opposants pour cinq mitraillettes M3 (ou des armes similaires).  Les opposants veulent que ces armes soient acheminées par valise diplomatique ou par un moyen du même genre.  Il semble qu’ils craignaient les problèmes supplémentaires que représenterait soit le parachutage, soit la livraison en pleine mer.  La station spécifie clairement dans son câble que ces armes doivent servir au cours d’une tentative d’assassinat de Trujillo.  Selon ce plan, Trujillo devait être tué dans l’appartement de sa maîtresse ; et le câble ajoute « avons besoin de 5 M3 ou mitraillettes semblables et 1500 cartouches comme armes défensives si attaqués.  Utiliserons arme silencieuse pour travail principal« .  Bref, la CIA avait déjà de bien étranges manières, à mêler faits militaires, armements et politique extérieure, en démontrant aussi que pour assassiner des chefs d’Etat, elle savait y faire.  Comme elle savait y faire pour fabriquer des armes dont l’origine serait difficile à pister.  De là à dire qu’elle était aussi capable de fabriquer des doubles parfaits de carabines commandées sur catalogue, il n’y a qu’un pas !

A Dallas, trop de tirs escamotés

L’idée d’un complot avait déjà fait son chemin. Le tir raté contre Tague, notamment, laissait entendre une trajectoire plus tendue que celle venant de la Bibliothèque.  On songeait alors à l’immeuble Dal-Tex, situé derrière celui d’Oswald, en retrait sur sa gauche.  Tague reste la seule personne blessée par un de tirs ce jour-là.  Ayant indiqué au shérif Buddy Walthers, de Dallas qu’il avait été blessé  la joue par un éclat, ce dernier ne bougea pas, en un premier temps.  On ne chercha même pas à savoir si c’était une balle qui aurait pu faire ça, ou un éclat de balle, voire un éclat propulsé par l’impact d’une balle.  L’impact sur le béton d’une des balles ne sera examiné que le 5 août 1964, preuve qu’aucune étude sérieuse du lieu de l’assassinait n’avait été faite par cette même police.  La plus grande surprise étant de voir enfin arriver des travailleurs locaux, munis d’un marteau piqueur pour enlever le morceau de trottoir portant la trace de l’impact et l’emporter dans un coffre de voiture, pour être remplacée par une autre ardue et du béton coulé sur place.   Encore une preuve d’éliminée aux regards !!!  Le rapport d’expertise cité dans  la Commission Warren sera assez surréaliste à propos de bout de béton :  « La pièce de trottoir contenant la marque a été enlevée le 5 août 1964, et examinée dans le laboratoire du FBI. Cette bordures a été désignée comme le Point C321 par le laboratoire.  Les petits frottis métalliques étrangers ont été trouvés adhérant à la section de la bordure, dans la zone de la marque.  Ces frottis métalliques ont été étudiés au spectrographe pour conduire à la découverte de traces d’antimoine. Aucun cuivre n’a été trouvé.  Le plomb pourrait provenir du noyau de plomb d’une balle chemisée de type « metal-jacketed bullet »:  tels que le type de balle chargée dans les cartouches de 6,5 millimètre Mannlicher-Carcano ou d’autres sources ayant la même composition ».  L’absence de cuivre exclut la possibilité que la marque aurait pu être faire par une balle de type militaire « metal-jacketed bulle »: telle que [CE 399] … En outre, les dommages à la bordures serait plus importante si un balle de fusil avait frappé en premier la bordure sans avoir frappé avant sur un objet« .  Encore une fois, on avait conclu au syndrome de Carcano.  Le fusil « officiel » de Dallas !!!  Mais quelle insistance à exclure les effets d’une balle dum-dum qui aurait raté sa cible !!!  Car tout le monde avait pu remarquer sur la vidéo du démontage, que le morceau de trottoir montré dans la Commission Warren (ici à droite) n’avait absolument pas la même forme que celui embarqué dans la voiture de la police de Dallas, encore une fois en cause dans le dossier !

 

 

(1) cette décision tardive pose plein de questions :  Oswald n’aurait pu avoir officiellement connaissance du trajet par la presse, que trois jours avant (certains journaux parlant toujours d’un trajet direct par Main Street), et dans ce cas il n’avait rien d’un espion.  Ou il l’aurait appris par un autre canal, celui d’une fuite des services secrets, qui n’avaient défini le passage définitif qu’au 18 novembre réellement.  Ce qui fait de lui un espion ou un employé de la CIA, mais ce qui lui laisse peu de temps pour s’organiser (il a acheté son fusil le 9 octobre et a été engagé au Texas School Depository le 15 octobre, grâce à Ruth Paine) !  L’emploi à la Bibliothèque date d’un mois avant que la décision ne soit prise du tracé définitif de la visite de Kennedy :  or le projet d’une visite date d’auparavant, avant qu’il ne soit installé là, sans savoir que le cortège passerait exactement devant ses fenêtres !  Lors de la commission Warren, un employé, James Earl Jarman, Jr déposant sous le nom du notaire Patsy Collins, fera une déposition attestant qu’Oswald n’était ni au courant de la visite de Kennedy et encore moins de son passage devant les fenêtres de l’entrepôt où il travaillait… ce qui est tout aussi difficile à croire !!!  « Comme Oswald a pour habitude de lire le journal de la veille qu’il récupère dans la salle de repos du TSBD, on présume qu’il a appris que le président passerait devant les fenêtres du TSBD le 20 ou le 21 novembre. » note Wikipédia.  Jarman lui aurait parlé jusque 11H45, alors que l’attentat a eu lieu à partir de 12H30, et juste avant les tirs, les ascenseurs menant au sommet de l’immeuble n’avaient pas été bloqués.

(2) la puissante limousine avait aussi des marche-pieds sur les côtés, extractibles aussi, un siège arrière levable, des places pour les pieds des gardes sur le parechoc arrière et surtout un hardtop transparent résistant aux balles (« bubble top ») qui se logeait entièrement dans le coffre.  Ici son démontage débuté le jour même de l’enterrement de Kennedy !

(3) toute la bulle plastique arrière, non blindée, se logeait dans l’immense coffre arrière, celui qui sera escaladé par Jackie Kennedy…  une fois le corps de Kennedy déposé à l’hôpital Parland, les agents de protection auront un bon réflexe :  ils remettront la protection de plexiglas, en fait le meilleur moyen de protéger une scène de crime.  Il semble qu’ils l’aient fait de leur initiative seule…

 

 

(4) les rigolos remarquant surtout qu’y joue Brigitte Lahaie dans le rôle de « Monique », alias Ursula Hoffman… une « effeuilleuse » comme on disait alors.  Elle sortait alors de tourner avec José Bénazéraf, dans un « autre style » dira-t-on.

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