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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (11)

Aujourd’hui encore, on ne peut consulter un dossier sur l’affaire de l’assassinat de John Kennedy ; celui de George Joannides, un agent de la CIA qui prouve tout simplement que Lee Harvey Oswald travaillait bien pour la CIA.  Joannides a eu effectivement toute une série de rencontres avec Lee Harvey Oswald en août 1963.  Quand Oswald sera arrêté pour le meurtre de Kennedy, les agents cubains de Joannides le relieront immédiatement à Castro, générant dans les journaux des manchettes sur « le tireur pro-Castro. »  Or aujourd’hui encore, pas moyen d’accéder à son dossier, alors qu’à l’évidence il détient la clé du complot de l’assassinat. 295 feuilles sont toujours interdites de lecture au nom de la sacro-sainte « sécurité nationale ».  Selon Jefferson Morley, qui n’a de cesse d’en réclamer l’ouverture, la résolution de l’énigme est là.  Et la réticence des autorités à ne pas vouloir lui céder le confortent et nous confortent dans l’idée d’un Oswald bel et bien agent de la CIA, pris au piège par ses propres employeurs… et avec au bout un redoutable chasseur texan de pumas et amateur de safaris africains … et des politiciens.

Le dossier qu’on ne peut toujours pas consulter

Le nom de Joannides n’est apparu que tardivement dans les dossiers JFK et Oswald, preuve qu’on a tenté très longtemps de le maintenir hors du cadre des investigations… et preuve de son rôle important dans le dossier Oswald.  Son cas n’est apparu en effet qu’avec la création de l’Assassination Records Review Board, en 1992, un organisme créé à la suite des nombreuses demandes d’enquête qui avaient suivi la projection de l’excellent film d’Oliver Stone sur celle sabotée de toutes parts du tenace procureur Garrison. « Pendant quatre ans (de 1994 à 1998) l’ARRB, habilitée à déclassifier des fichiers de JFK a obtenu et ouvert entre quatre et cinq millions de pages de documents déclassifiés.  Le dossier de Joannides était un de ces fichiers, et ses dossiers ont révélé qu’il avait été en contact étroit avec la DRE, alors que la CIA avait clamé qu’il n’avait pas eu aucun contact avec sa direction en 1963.  Mais son dossier a été purgé, selon Jefferson Morley du Washington Post, qui est le chercheur responsable de l’introduction de Joannides dans l’historiographie de l’assassinat de JFK.  Morley a décrit le fichier comme  » mince . »  Ce ne sont pas que des rapports dans le fichier Joannides pour l’ensemble dix-sept mois où il était l’agent de contact de la DRE.  Tout ce qu’a révélé son dossier personnel, c’est que Joannides payait la direction du DRE pour des « renseignements » » et de la « propagande ».  John Tunheim , maintenant juge fédéral en Minneapolis, a présidé l’ARRB.  Après avoir examiné toute la répression et l’obstruction de la CIA sur Joannides entourant l’histoire, Tunheim a fait remarquer à Morley, « [ Cela] montre que la CIA n’était pas intéressée par la vérité sur l’assassinat ».

Ce qui laissait à pense que c’est parce que ce dernier la concerne de trop près.  Aujourd’hui encore, le têtu Jefferson Morley plaide toujours pour l’ouverture complète du dossier Johannides, une des clés, selon lui, du cas Oswald.  Et il y a de quoi en effet, tant tout avait été bâclé, et ce, très vite.  Sur Dealey Plaza, 9 minutes après l’assassinat, la circulation avait repris, déjà, comme le montre le cliché pris vers 14H40 par Jerry Cabluck du Ft. Worth Star Telegram, à bord d’un hélicoptère (voir ci-dessus).  C’est à dire aussi que dix minutes après le crime, on s’était déjà privé d’une enquête sérieuse, le quartier n’ayant même pas été bouclé !  C’est aussi là un autre scandale oublié de l’assassinat de Kennedy :  le peu de soin apporté à la scène principale du crime !!! (ci-dessous le cliché pris l’après-midi même du crime)

La preuve par fax

Dans sa longue enquête sur Oswald, Morley a en effet dégotté des joyaux ;  tel ce « câble » envoyé entre pontes de la CIA affirmant six mois seulement avant l’attentat qu’Oswald était en train de « mûrir »… il s’agissait d’un envoi de William J. Hood (ici à gauche, il est décédé en 2011).  Un document d’importance : en 1963 ce dernier occupait l’un des postes les plus élevés dans le service clandestin, comme chef des opérations secrètes dans l’hémisphère occidental.  C’était aussi un proche de Jim Angleton.  C’est lui en tout cas qui avait certifié le câble du 10 octobre 1963, un avis contresigné également par Tom Karamessines, « assistant de confiance pour le directeur adjoint de la CIA Richard Helms »  !!!  On retombe toujours sur les exclus de la CIA par Kennedy !!!   Ce dernier avouera plus tard « « j’ai bien lu le message.  Il s’agissait d’un Marine transfuge, qui, apparemment, selon le message à qui il répondait, essayait d’entrer en contact avec des Soviétiques ou des Cubains au Mexique.  C’était là la mesure de mon intérêt à l’époque « .  Pas moins de quatre agents de la CIA avaient en fait suivi de près Oswald, ce qui montre un intérêt certain des services pour le personnage ;  le troisième était Jane Roman, une assistante de longue date de James Angleton.  « Selon la CIA, elle et son mari Howard, également un agent de la CIA, ont aidé l’ancien directeur de la CIA Allen Dulles pour écrire son livre de 1963 , « The Craft of Intelligence. »  Le titre officiel de Roman était « officier de liaison ».  De cette façon, » elle était en charge de toutes les communications entre l’état-major de contre-espionnage et d’autres bureaux du gouvernement.  C’est Roman qui a ouvert le dossier de la CIA Oswald en décembre 1960.  Elle a lu les câbles de la CIA , des notes du département d’Etat, a intercepté la correspondance, et les rapports du FBI sur Oswald pendant plus de trois ans, avant que JFK ne soit tué. »  Le dernier des quatre agents étant John Whitten (alias alors John Scelso à la CIA, son vrai nom de Whitten n’ayant été révélé qu’en 2002), qui n’aura pas la même attitude que les autres, car on l’avait tenu sous-informé sur le cas Oswald.  C’est ce qu’il découvrira lui-même.  « En 1963, il dirigeait le bureau Mexique et en Amérique centrale des opérations de la Direction de la CIA .  Il était le seul des quatre qui ait cherché à enquêter sur Oswald après que JFK ait été tué « .  « L’implication d’Oswald avec le mouvement pro – Castro aux États-Unis ne nous était pas du tout apparu (cela signifie à lui et à son personnel) dans les premières semaines de l’enquête « , a déclaré Whitten, se rendant alors compte qu’Eagleton avait fait de la rétention manifeste d’information sur Oswald.  Alors que le FBI lançait une alerte après son retour de Mexico, indique aussi Morley, la CIA ordonnait en effet de relâcher sa surveillance sur lui… aujourd’hui encore, il manque toujours 1100 documents que la CIA ne veut toujours pas montrer sur Johannides.  Comme prétexte odieux pour ne pas le faire, alors que la loi de 1992 l’y oblige pourtant, Gary Stern, le responsable des Archives Nationales où sont déposées les 1100 fiches manquantes, a dit qu’il n’avait pas assez de personnel pour ça… la belle excuse !

Les découvertes de Whitten

Le rapport de Whitten avait été on peut plus clair pourtant : « nous nous sommes rendus au bureau de M. Katzenbach au ministère de la Justice pour lire ce rapport très épais, pour la première fois, j’ai appris une multitude de faits essentiels sur les antécédents d’Oswald qu’ apparemment, le FBI avait connu tout au long de l’enquête initiale et ne me l’avait pas communiqué … Le rapport de lecture Katzenbach est la première fois que j’ai appris que le FBI était en possession de matériel genre agenda d’Oswald qu’il avait eu en sa possession et qui a été constaté après l’assassinat.  J’ai appris pour la première fois qu’Oswald était l’homme qui avait tiré au fusil sur le général Edwin Walker, deux faits importants dans l’ensemble du dossier « .  Selon Wikipedia, Whitten avait effectivement bien trouvé les liens entre Oswald et des pro-Castro :   « en novembre 1963 à la suite de l’assassinat de John F. Kennedy, Whitten a été affecté par Richard Helms pour examiner les dossiers de la CIA sur Lee Harvey Oswald.  La constatation préliminaire de Whitten (comme quoi Oswald avait agi seul) était alors en train d’être délivrée par Helms au président Lyndon Johnson, alors qu’Oswald était abattu par Jack Ruby.  Avec un effectif de 30 personnes, Whitten a néanmoins poursuivi l’enquête.  Le 6 décembre, Whitten a lu un rapport du FBI sur Oswald qui montrait que le FBI avait des informations sur les liens d’Oswald avec des groupes cubains pro-Castro, mais que ni le FBI ni Helms ne les avaient communiquées pour son enquête.  Il s’est plaint à Helms et à James Angleton que cette information ait rendu sa conclusion initiale « complètement hors de propos ».  Helms a écarté Whitten de l’enquête, et l’a transmise à Angleton.«   Complètement écœuré, Whitten avait quitté la CIA en 1970 pour s’installer à Vienne, en Autriche, et y commencer une carrière… de chanteur, à la « Société de Chorale  Masculine Viennoise » (ici à droite) !

Katenbach, conseiller à la Maison Blanche, à l’origine de la rumeur complotiste

Il y en eu des erreurs dans le dossier.  Propices très vite à attiser les théories de complots.  L’une des plus grosses est la fort maladroite intervention de l’Assistant Attorney General Nicholas Katzenbach avec un memo envoyé le jour même de l’enterrement de Kennedy, bien avant donc la convocation de Whitten, ainsi résumé : « étant donné que les autorités ne pouvaient pas savoir d’ici le 25 novembre quelles choses sont vraies, et Katzenbach plus tard a admis qu’il en savait très peu à ce stade, la note préconise clairement une présentation politique indépendamment de la vérité de l’assassinat.  La motivation de ce propos politisé peut être vue dans le paragraphe suivant: «La spéculation sur la motivation d’Oswald doit être coupée, et nous devrions avoir une base pour réfuter la pensée qu’il s’agissait d’une conspiration communiste ou (comme le dit la presse du rideau de fer) (Marxiste, Cuba, femme russe, etc.)  La police de Dallas a publié des déclarations sur la théorie de la conspiration communiste, et c’était elle qui était en charge quand il a été abattu et après réduite au silence.   » Le mémorandum de Katzenbach préconisait un rapport public du FBI pour satisfaire cet «objectif», mais il notait la nécessité éventuelle de «la nomination d’une Commission présidentielle de personnel irréprochable pour examiner les preuves et annoncer ses conclusions».  Il a fini par préconiser une annonce publique rapide pour «éviter la spéculation ou les auditions d’un mauvais genre du Congrès ».  En somme, ne sachant rien lui-même, il avait surtout tenté d’éviter les plus folles rumeurs, mais en créant très vite une suspicion sur les motivations à le faire !

Le livre qui révèle tout

En 2012, un livre explosif au titre anodin sort en librairie, signé Joan Mellen, il s’intitule « Our man in Haiti », mais propose comme sous-titre « George de Mohrenschildt and the CIA in the Nightmare Republic ».  On y découvre que le contact de de Mohrenschildt, J. Walton Moore (qui était officier de la CIA à Dallas) lui avait assuré qu’il « aurait été plus sûr pour lui d’aider Oswald » ;  Ce qui sonnait comme un aveu de protection souhaitée:  « (Moore) avait interviewé de Mohrenschildt en 1957 après son retour de la Yougoslavie et avait  » un contact périodique  » avec lui au fil des ans à des fins de « debriefing », ce que Moore a admis plus tard.  C’était la méthode standard de la CIA, la même que la CIA a utilisé pour son employé de la Nouvelle-Orléans Clay Shaw, ce que la section de l’histoire de la CIA a finalement reconnu dans les années 1990 . Personne n’était un agent de la CIA, les hommes d’affaires en contact avec l’Agence étaient des voyageurs innocents qui faisaient « régulièrement  » un compte rendu . « Régulièrement » était un autre mot courant (« buzz ») de la CIA »  note le sarcastique commentateur !!!  Le livre est en réalité une vraie bombe, car il donne entièrement raison au procureur Garrison, avec des preuves formelles à l’appui.  Des années après, elles peuvent sonner comme une revanche pour la probité de Garrison, qui avait tout trouvé avant de voir son enquête lui échapper car devenu lui aussi un « Icare ». Un lecteur enthousiaste du livre ajoute :  « en prime, nous voyons des photos de documents montrant que Clay Shaw était un employé très bien payé de la CIA, comme Jim Garrison l’avait soupçonné, validant les prémisses du film de Oliver Stone, « JFK », mais il nous fait aussi savoir que Paul Rothermel était une taupe au milieu du personnel de HL Hunt (le milliardaire texan caché derrière l’attentat), tout en rendant compte directement à ses gestionnaires à Langley » (nota : à la CIA donc).  « Il a même dupé Harold Weisberg en lui faisant confiance, et en envoyant la lettre directement à chaque siège de la CIA.  Jack White a également été dupé par Paul Rothermel, par l’envoi d’une lettre très intéressante de demande d’emploi, le 28 avril 1968.  Tous les documents sont photographiés et ajoutent à l’authenticité de ce petit bijou de livre ».  Rothermel, qui avait comme adresse 1401 Elm Street à Dallas… était donc aux premières loges le 22 novembre :  c’est une tour appartenant aujourd’hui à Polidev International, une société turque.  L’immeuble a été bâti en 1964… comme étant alors le plus haut à l’ouest Mississipi.

Roethermel mène à la découverte d’un étrange scénario

C’était aussi l’adjoint proche de Haroldson Lafayette Hunt, Jr. alors (dans les années 1960) l’un des hommes les plus riches des États-Unis et un adversaire déclaré du clan Kennedy, et aussi un fort généreux donateur de toutes les campagnes de Lyndon B.Johnson !  « Dans un mémo en date du 4 novembre 1963, son chef de la sécurité, Paul Rothermel, a informé son patron qu’il avait eu en main des  » rapports non confirmés de violence possible pendant le cortège ».  Rothermel n’avait pas identifié directement ses sources, mais il était clair dès le début du mémo qu’il partageait ses informations avec le FBI , et la DPD (la Police de Dallas).  Cela provenait des informateurs placés chez Gen Edwin et les activistes de droite des groupes d’action politique. (probablement les Minutemen, et le JBS )« .  La note était ainsi rédigée  : « l’informateur du Nord Texas rapporte des renseignements qui pourraient indiquer qu’un groupe envisage peut être un incident.  Il y a un autre rapport sur un groupe d’extrême gauche pour qu’un incident se produise, avec la pleine connaissance du Président, de sorte que les militants de gauche vont commencer l’incident dans l’espoir d’inciter les groupes d’extrême droite à répondre, et les personnes à proximité, puis se retirer, l’idée étant que l’incident qui avait visé Adlai Stevenson mettrait l’administration actuelle dans l’espoir qu’ils pourrait arriver la même chose à Kennedy, ce qui pourrait réassurer sa réélection.  Si un incident de cette nature devait se produire, l’histoire véritable de qui ce qui serait perpétré ne sortirait jamais ».  Ratée ou pas, cela ne « sortirait jamais » car elle impliquerait la connaissance du coup tordu par le clan Kennedy lui-même :  on songe obligatoirement à Robert Kennedy, et sa rapidité à accepter les conclusions aberrantes du rapport Warren !!!  Le lecteur ajoutant adroitement : « maintenant que diriez-vous si cet incident de tir lifté (screwball) façon  » Northwoods » aurait été détourné par Hunt et ses garçons.  Et comment Oswald aurait été envoyé déguisé (« sheepdipped« ), avec une arme traçable ? »  Revoilà Oswald devenu le « patsy » parfait, envoyé uniquement pour se faire prendre, lui, le « communiste » créé de toutes pièces !  Voilà qui expliquerait pourquoi Kennedy tenait tant à ne pas avoir de protection rapprochée, en affichant une confiance extrême, sachant que ceux qui viendraient à lui seraient plutôt de son bord… pour provoquer les texans sur leur propre terrain !  La préparation aurait été détournée et renversée par la CIA… à son seul profit !  En somme, les Kennedy avaient prévu quelque chose à Dallas, mais ça ne s’est pas passé comme prévu… pour eux.

Kennedy n’avait pas compris ce qu’était le Texas

Visiblement, à Washington, on traitait les texans de culs-terreux. C’était ignorer leur puissance de nuisance, comme celle entretenue par le millionnaire Hunt, notamment.  Des magnats fascisants, racistes et antisémites.  « Il a été un homme impitoyable, dès le début, il était devenu absolument convaincu qu’il avait des qualités surhumaines qui l’avaient rendu différent des autres êtres humains. Hunt faisait partie d’un groupe d’hommes du pétrole de l’extrême droite au Texas qui ont eu une énorme influence en raison de leur richesse.  Même lors de leur arrivée au pouvoir, ils avaient une chose en commun qui les liait ensemble, c’était une haine vivace du Président Roosevelt.  Comme le disait l’un de ces nouveaux riches magnats du pétrole, le président Roosevelt n’était rien d’autre « qu’un communiste qui aimait les nègres  » et ils étaient convaincus que le New Deal de Roosevelt avait été vraiment géré par les Juifs et les communistes – ou « la vermine sociale » comme ils disaient poliment.  En 1948, un journal avait rapporté que Hunt était l’homme le plus riche des Etats -Unis.  Il avait été estimé que la valeur de ses propriétés pétrolières était à 263 millions de dollars, et la production quotidienne de pétrole brut de ses puits avoisinait les 65 000 barils .  Un membre du Congrès du Texas appelé Sam Rayburn avait résumé ce groupe d’hommes de pétrole de droite.   » Tout ce qu’ils font est marqué par la haine  » – avait-il dit ».  Hunt aussi un drôle de bigot, puisque comme Lindbergh il vivait avec deux épouses et deux familles, se faisant passer chez la seconde pour « le Major Franklyn Hunt ».  « Il y eut un moment où son image était sur la première page de tous les journaux du Texas en raison de son spectaculaire accord pétrolier.  Frania (sa seconde épouse) a alors demandé Hunt si c’était lui ; mais il lui a dit non, et que c’était son oncle qui était si intelligent ».
Politiquement, il était très à droite, sinon à l’ultra-droite.  Il a utilisé à fond ses stations de radio pour soutenir la campagne anti-communiste de Joseph McCarthy. Comme membre de la John Birch Society, Hunt était un ami proche de Edwin Walker.  Bien entendu, Il a également aidé à financer la carrière politique de Lyndon B. Johnson.  Anticommuniste virulent, il a également largement financé les activités des exilés de la Cuban Revolutionary Council (ici à droite, groupe dirigé par le leader Jose Mire Cardona),  L’homme était surtout un pionnier de la télévision : « après la Seconde Guerre mondiale. HL Hunt a fait deux choses.  Il a ajouté un autre tiers à sa famille avec sa collection de bigame et il s’est aussi tourné vers le nouveau médium de la télévision pour promouvoir ses vues ultraconservatrices.  En 1950, il a écrit une brochure mettant en avant l’idée de ce qu’il a appelé « Educational Facts League ».  Le but de Hunt, il l’a écrit : « ce sera d’assurer une présentation impartiale de toutes les nouvelles à travers tous les canaux de d’information concernant des questions d’intérêt public. Dans le futur, il y aura une organisation où les Américains ordinaires seraient alimentés avec les faits réels de la vie politique.  Hunt a annoncé que l’organisation serait appelé  » Forum des faits » – et il a trouvé un homme appelé Dan Smoot pour être son visage public.  Smoot était un agent du FBI – et il était bon et raisonnable. « Le Forum des Faits » de Hunt était le modèle pour beaucoup de ce qui allait venir avec la montée de la droite dans les médias dans les années 1990 – à la fois à la radio et la télévision ».  Les programmes ont été radicalement faussés pour promouvoir une vision ultra-conservatrice tout en prétendant être neutres et équilibrés.  Il y avait beaucoup de racisme implicite dans les spectacles. Dans son livre Bryan Burroughs cite un épisode où « Smoot » s’est montré contre la législation de travail équitable et a dit : «  rappelez-vous que les nègres, lors de leur première introduction en Amérique par les Yankees et les marchands anglais, n’étaient pas des gens libres réduits à l’esclavage.  Ils étaient simplement transférés d’un esclavage barbare par leur propre peuple en Afrique à un asservissement relativement bénin dans l’hémisphère occidental. « Forums et Faits » est devenu une entreprise de médias à succès – avec deux émissions de radio syndiquées et trois émissions de télévision produites à partir de leurs propres studios à New York.  Elles étaient soutenues par des livres et des brochures payées par Hunt.  L’une s’appelait « Nous devons abolir l’Organisation des Nations Unies » – écrit par Joseph Kamp.  Ses livres précédents « équilibrés » avaient inclus un titre intitulé  » Hitler était un libéral «  (la liste est encore ici, hélas, et à gauche son « Native Nazi Purge Plot, The Conspiracy Against Congress » de la même veine.  En quelque sorte, Kamp était un pré-Breibart…  Bannon !

L’organisateur potentiel ou une piste à suivre…

« L’exemple de Shaw mérite d’être médité » nous dit Kris Millegan (Clay Shaw est ici à gauche de la photo ).  « En 1992, la composante historique de la CIA, une section de l’Agence consacrée à la chronique de sa propre histoire révèle – après des années de refus, et d’obscurcissement par des agents zélés de la CIA – que Shaw n’a pas été seulement un homme d’affaires pour faire  » des compte rendus après ses voyages pour la CIA ».  Car ce document déclare que Shaw avait été  » très bien payé  » par la CIA !!!   Dans le dossier appelé « CIA PROJFILES » , qui démarre par un bien peu étonnant « notre enquête n’a rien trouvé dans ces documents qui indique un rôle de la CIA dans l’assassinat de Kennedy ou complot d’assassinat (s’il y en avait un), ou de toute implication de la CIA avec Oswald, » une perle se cachait, car un peu plus loin dans le rapport arrive l’extraordinaire aveu  : « ces documents révèlent cependant que Clay Shaw était une source de renseignements de la CIA, très bien payée jusqu’en 1956 «   (Dans de nombreux documents de la CIA, la date de signification de la fin est le plus souvent de la désinformation standard, de sorte que la date de 1956 doit être traitée avec scepticisme ).  Dans le cas de Shaw, ce n’était certainement pas précis ».  La CIA reconnaissait implicitement ce qu’elle avait refusé de faire lors du procès intenté par Garrison !  Mais ce qu’elle donnait d’un main, elle le reprenait de l’autre :   » en 1964, après l’assassinat de Kennedy, juste pour rester sur le côté sécuritaire, la CIA a détruit le dossier personnel de de Mohrenschildt .  « Je n’aurais jamais contacté Oswald même pendant un million d’années si Moore ne l’avait pas mentionné « , avait dit de Mohrenschildt à l’auteur Edward J. Epstein ;  des années plus tard, et cela sonne vrai. J. Walton Moore avait, on le sait, demandé à Mohrenschildt de « garder un œil sur Oswald ».  Ce qui en clair voulait dire le chaperonner (ici, on parle de lui comme du « babysitter » d’Oswald).  « Plus tard, de Mohrenschildt a affirmé que Moore l’avait poussé à « découvrir le temps passé par Oswald en URSS ».  Dans un autre qui embrouilla mini, Epstein suggère aussi que Moore aurait aidé de Mohrenschildt dans la mise en place d’un contrat d’étude d’huile de palme avec Papa Doc.  Il n’existe aucune preuve directe du rôle de la CIA dans la mise en œuvre du travail de Mohrenschildt avec François Duvalier. Néanmoins, le contrat a bien été exécuté en mars 1963, un mois avant qu’Oswald n’aît quitté le Texas pour la Nouvelle-Orléans.  La CIA avait une autre affectation à l’esprit maintenant pour Mohrenschildt » (et un bel alibi pour lui).

… et ses deux assistants

Une fois après avoir quitté la Nouvelle-Orleans, c’est l’étrange couple Ruth et Michael Paine, qui avait pris le relais auprès d’Oswald (qui vit désormais séparé de sa femme et habite chez une logeuse), et joué le rôle de « babysitter ».  Et là encore, ses anges-gardiens ne sont pas n’importe qui non plus ! Michael Paine travaille en effet chez Bell hélicoptères, premier fournisseur du Pentagone pendant la guerre du Viet-Nam (les Viet-Congs en abattront plus de 5 000 exemplaires) !  La sœur de Ruth, Sylvia, était elle-même également employée par la CIA, sous la couverture d’une employée de l’Air Force !  Voilà qui fait un bel « entourage » bienveillant idéologiquement et psychologiquement chez quelqu’un que les russes ont renvoyé en le considérant comme inepte !!!  Le double-jeu de la famille Paine est flagrant :  lors de sa déposition en 1976, Ruth Paine affirmera qu’Oswald ne lui parlait qu’en russe.  Or, dans une précédente interview après l’assassinat, elle avait ainsi décrit Lee Harvey Oswald : « je pense de lui qu’il était un dissident, un distributeur de tracts, une personne mécontente de la société telle qu’elle était, et de lui-même … Il a certainement eu très peu de formation, de sorte qu’il n’était pas en mesure d’obtenir des emplois qui l’intéressaient … Ce n’était pas une personne particulièrement capable ».  Un américain incapable ne parlant que le russe avec elle ?  Ou jouant aux échecs, à l’armée, alors qu’il n’avait pas 17 ans ?  Voilà un simplet bien original !

Les préparatifs

Pour amener Oswald à l’entrepôt comme employé, il lui faut changer de travail (à droite le fusil imputé à Oswald dissimulé entre les cartons à l’endroit d’où seraient partis les tirs).  Facile : il est renvoyé de chez Jaggars… pour « communisme » au travail, mais se retrouve à travailler aussitôt pour un employeur qui affiche lui aussi un anticommunisme virulent (c’est Harold Byrd, un ami proche de De Mohrenschildt ) !  Allez comprendre !  « Alors qu’il n’y avait déjà plus aucun doute sur le fait que George de Mohrenschildt ait pu jouer pour la CIA à Dallas et Fort Worth le même rôle que Clay Shaw ait pu avoir- à la Nouvelle-Orléans – celui consistant à manipuler et à jouer un peu au chaperon pour surveiller Lee Harvey Oswald dans sa vie quotidienne – un autre élément de preuve a émergé.  Deux fichiers du Bureau de Sécurité de la CIA (OS) sont visibles aux Archives nationales.  Ils datent de 1967, au temps de l’enquête et de l’inculpation de Clay Shaw par Jim Garrison dans un complot visant à assassiner le président Kennedy impliquant Lee Harvey Oswald.  Ces fichiers de l’OS, débordant de plus de deux cents documents et des photocopies de coupures relatives à l’affaire Garrison et Shaw, ne sont pas marqués » Garrison  » ou  » Shaw .  » Au contraire, les fichiers portent comme seul nom :  » George de Mohrenschildt  » (noté pages 54-55)….  »  On ne peut y échapper :  l’homme qui a « fabriqué » Oswald, et bien De Mohrenschildt, aidé par le couple Paine.  Or tous trois émargeaient à la CIA !

Un lieu, et un fusil pas si unique que ça

Oswald aurait donc tiré de la Bibliothèque à l’angle de Dealey Plaza.  On a déjà vu précédemment que le fusil italien découvert sur place posait quelques problèmes, notamment de portée et de précision.  Or voici qu’en 2009 un rapport italien vient à nouveau contredire la commission Warren et ses aventureuses conclusions. Surtout celui où elle avait doctement assuré que le fusil d’Oswald était une espèce totalement à part en raison de sa forme mais aussi de son numéro de série …  or « le rapport du SIFAR italien (Servizio Informazioni Forze Armate) sur l’arme présumée du meurtre est « un mythe », a déclaré le sénateur Giulio Andreotti, ancien ministre italien de la Défense. » Et l’ancien ministre de poursuivre que « la Commission Warren, qui a souligné que Lee Harvey Oswald, âgé de 24 ans, était un assassin solitaire, a affirmé dans son rapport final que le fusil utilisé dans le meurtre, le numéro de série C2766 de Carcano, était unique au monde, d’après un document fourni par SIFAR, le service secret militaire italien à l’époque.  Un «document secret» non publié dans sa version originale italienne a été remis par J. Edgar Hoover au jury de la Commission (CE1977).  Trouvé en 2007, le document contenait la déclaration d’une « source confidentielle à l’étranger », un mémorandum tout à fait identique à une dépêche précédente du chef de la CIA à Rome à l’époque, de William K. Harvey, alias Daniel Presland, un rapport d’une enquête interne du ministère italien de la Défense (…) « La personne qui a jeté le soupçon le plus direct sur Harvey (pour possible participation à l’assassinat de JFK) était le chef de toutes les opérations secrètes de la CIA au Mexique et en Amérique centrale, John Whitten, qui a choisi le pseudonyme » John Scelso « lorsqu’il a témoigné à l’HSCA en 1978.  En outre, le document d’archives des États-Unis montre que le FBI, mis sur la piste du «jumeau Carcano» du fusil trouvé à Dallas, numéro de série 2766, a terminé la recherche au Canada à l’Empire Wholesale Sporting Goods LTD. de Montréal, la même compagnie qui, en janvier 1963, avait exporté aux États-Unis le revolver qui se trouvait aux mains d’Oswald au moment de son arrestation, peu de temps après l’assassinat de JFK.  Le FBI a découvert qu’Empire Wholesale, était contrôlé par William Sucher, également le chef d’International Firearms, une entreprise montréalaise.  Le « Carcano jumeau », le même fusil que celui trouvé à Dallas, avec ce numéro de série si semblable et des mesures tout à fait identiques, mine l’argument que la Commission Warren a présenté dans son rapport final: que l’arme du crime était « unique dans le monde « parce que ce type d’arme était identifié par le numéro de série, constitué d’une matrice composée de lettres et de chiffres.  Sucher, interrogé à ce sujet, a témoigné au FBI:  « Le même numéro de série apparaît sur plusieurs fusils.  Certains (numéros de série, ndr) ont comme préfixe une lettre, d’autres pas. »  L’entrepreneur canadien était déjà sous la loupe des enquêteurs non seulement pour le revolver trouvé en possession d’Oswald et pour le fusil 2766, mais aussi pour les balles utilisées dans l’assassinat de Kennedy.  Une déclaration de l’Office for Munitions Control du Département d’Etat a cité une source accusant Sucher d’être responsable du trafic illégal des cartouches Winchester 6.5 trouvées à Dallas ».  Sachant que fin d’octobre 1960, comme on l’a déjà dit, Riva avait complété 12 expéditions en vrac, pour un total de 44 490 fusils reconditionnés envoyés en Amérique… calculez-donc le nombre de C2766 similaires au chiffe près, dans le lot... Ici, un long dossier sur les tripatouillages du fusil attribué à Oswald.  Le tripatouillage de son numéro, notamment : entre G2766 et C2766, en quelque sorte !!!

 

Note : Les liens avec Hunt sont résumés ici par Gale Nix Jackson : auteur de « Orville Nix: The Missing JFK Assassination Film » (film à voir attentivement bien sûr) :  « La veille de l’assassinat, Eugene Hale Brading (alias Jim Braden) un homme de la Mafia avec un long casier judiciaire, a visité l’immeuble de bureaux de Hunt à Dallas. Pourquoi ?  Brading a été arrêté à Dealey Plaza le jour de la fusillade. Quand il a été reconnu coupable d’avoir pris un ascenseur au rez-de-chaussée du bâtiment Dal-Tex peu après les coups de feu aient été tirés.  Que faisait-il dans le bâtiment de Dal-Texas?  Y avait-il passé une commande pour Jennifer Juniors ? Brading a été libéré, cependant, parce qu’il avait donné à la police un pseudonyme. »

« Est-ce que Marina Oswald savait qui était H.L. Hunt?  Selon l’aide de Hunt, John Curington, Marina a visité l’édifice du Mercantile Bank Building au N°1 de la place  place principale (l’immeuble de bureaux de Hunt) 2 jours avant la assassinat.  Pourquoi donc ? »

« Le fils de Hunt, Nelson, était responsable des publicités haineuses placées dans le Dallas Morning News du jour des de l’assassinat.  Des documents déclassifiés en 1983 ont révélé que le FBI apparemment pensait que la note d’Oswald, adressée à « M. Hunt  » était en fait destinée au fils de millionnaire ultra-conservateur de H. L. Hunt, Nelson Hunt. »


« George Mohrenschildt se vantait d’aller à des soirées et d’avoir des contacts avec H. L. Hunt.  Il  a également suggéré à Willem Oltmans que H. L. Hunt allait payer Lee Harvey Oswald 100  000 dollars pour tuer le président Kennedy.  Oltmans a clamé que de Mohrenschildt avait admis  avoir servi comme un intermédiaire entre Lee Harvey Oswald et H. L. Hunt dans un complot d’assassinat impliquant d’autres pétroliers texans, des Cubains anticastristes, et les éléments du FBI et de la CIA. »

« Encore une fois, dans un autre commentaire fait par H. L. l’homme de main de Hunt John Curington, Hunt avait fait faire une ligne directe de son bureau à celui de J. Edgar Hoover. »

Hoover a fourni des informations à propos de MLK à Hunt qui les a diffusées dans son programme «lifeline – bouée de sauvetage» de radio diffusée à travers le pays et qui dépeignait le King comme étant un communiste.

Hunt était ami avec le général Edwin Walker. Dans le livre controversé Farewell America, Hepburn, l’auteur, écrit que Hunt et Walker passaient des vacances ensemble chez l’une des villas mexicaines de Hunt avant Noël 1963.

 

Encore une fois Curington, selon le livre de Dick Russell, « L’Homme qui en savait trop » affirme que Hunt l’a appelé le samedi matin (23 Novembre, 1963) pour aller vérifier la sécurité entourant Oswald au DPD.  Curington a suivi les ordres et est allé à la prison, a pris un ascenseur, que Fritz et Oswald venaient juste de prendre !  Curington dit que le capitaine Fritz lui a dit, « rencontre donc le fils de pute qui a tué le président. »  Curington a aussitôt signalé à son boss que la sécurité s’était relâchée, et ce dernier a immédiatement quitté la ville.

« H. L. Hunt et le général Edwin Walker étaient actifs dans la branche Dallas de la John Birch Society. »

« H. L. Hunt possédait Dallas Uranium and Oil Co. logés dans le bâtiment de Dal-Tex  sur lequel quelques-uns ont spéculé.  Comme il n’y étaient pas enregistrés, était-ce un paravent ?  Jack Ruby a emmené une femme, Connie Trammell, aux bureaux de Hunt pour un entretien d’embauche le jour avant l’assassinat selon l’homme de sécurité, Paul Rothermel.  Le Ruby charmeur et l’aile droite ensemble ?  Que pouvaient-ils avoir en commun ? »

« Comme une note de fin, je voudrais ajouter que Curington a été inculpé dans le milieu des années 70, ainsi que les frères Hunt.  Rothermel a été trouvé plus tard comme étant également employé par la CIA tout en travaillant pour H. L. Hunt. »

 

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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (10)

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