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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (10)

La Nouvelle-Orléans est devenue l’un des endroits privilégiés des mercenaires anticastristes, qui peuvent d’entraîner dans le Bayou sans craindre d’être poursuivis par la police qui ne s’y aventure pas trop.  De nombreuses caches d’armes y sont créées, via des incessants aller-retour d’avions provenant du Guatemala, du Honduras ou de l’Equateur.  Les exilés cubains présents sont manipulés par la CIA et les militaires US, et leur direction inepte où l’on trouve des cas pathologiques tels que Curtis le May, qui ne souhaite qu’une chose :  que l’on aboutisse à un conflit mondial pour que le gigantesque arsenal qu’il a accumulé serve à quelque chose.  A savoir à anéantir l’URSS, l’ennemi communiste juré dont il a fait personnellement une obsession.  Le Maccarthysme marque en effet encore énormément l’état d’esprit des pontes de l’armée des Etats-Unis dans les années 60, ce qui implique également une intense activité d’espionnage dans laquelle Lee Harvey Oswald a eu sa carte à jouer, chaperonné de loin par un faucon nommé James Angleton, ou par un autre parrain de la CIA, prêts à tout pour arriver à leurs fins anticommunistes.

La Nouvelle-Orléans, ce nœud de vipères 

Car la Nouvelle-Orléans était …. aussi le centre de l’activité principale de l’exil cubain avec il est vrai aussi la Floride.  Deux ans après l’échec cuisant de la Baie des Cochons, certains envisagent quand même de rééditer l’attaque de l’île, visiblement.  A la Nouvelle-Orléans ou à Miami, en 1963, on célèbre les martyrs de la cause cubaine en espérant toujours renverser Castro.  « La Louisiane, à l’été 1963, a été le théâtre de deux nouvelles opérations montées contre Castro par la DRE ( de « Directorio Revolucionario Estudiantil »), des éléments du crime organisé, et une coalition d’autres organisations cubaines.  Ces opérations sont tombées dans une tendance plus générale de l’activité anti – Castro dont le siège était à Miami, où s’est déplacé Oswald.  Au cours de la troisième semaine de juillet 1963, le FBI a ainsi découvert un plan pour bombarder Cuba à partir d’un zone près de la Nouvelle-Orléans. Devaient participer à l’opération les membres du crime organisé, des éléments de la DRE ayant des liens avec la Havane et la région de New Orleans.  À la fin de juillet 1963, le FBI a reçu un tuyau d’un cubain de Miami nommé Orlando Pedroso Armores ». 

Un amoncellement de munitions

« Pedroso avait affirmé avoir inspecté certaines des bombes d’entraînement remplies de sable dans une maison en Louisiane. Les Cubains qui se trouvaient là attendaient deux avions B-26 avec de la dynamite et des fusibles pour fabriquer des bombes réelles.  Pedroso a dit que la DRE était derrière pour planifier et attaquer Cuba à partir d’une piste d’atterrissage située à quelque milles de la maison.  Immédiatement la CIA a nié tout lien avec l’opération , et le ministère de la Justice a ordonné au FBI d’enquêter sur elle » (le ministre étant… Robert Kennedy, en cheville avec les conjurés !).  « Pedroso a décrit plus en détail trois Cubains qui l’avaient aidé sur place, deux de Miami et un de la Nouvelle-Orléans, et le fait que le FBI avait découvert que le break dans lequel il avait voyagé avait été loué à Miami par un membre de la DRE nommé John Koch.  « Gene Koch » comme il préférait être appelé figurait sur une liste de la CIA d’infiltrés de la DRE pour une opération en novembre 1961 et avait assisté au festival mondial de la jeunesse à Helsinki avec d’autres membres de la DRE en juillet 1962 « .  Néanmoins , le bureau du FBI de New Orleans avait montré un remarquable manque d’intérêt dans le cas …  À la fin de juillet le FBI avait découvert que la propriété était co-détenue par William Julius McLaney, de la Nouvelle-Orléans, qui avait travaillé au casino de l’Hôtel National à La Havane avant que Castro n’arrive au pouvoir.  Son frère Mike McLaney était en partie propriétaire du casino.  Mais l’homme clé de l’intrigue pour bombarder Cuba s’est avéré être Victor Espinosa Hernandez, qui avait une longue histoire en tant que révolutionnaire et avait travaillé avec Rolando et Jose Luis Echeverria Cubela, ceux de la DRE originale, en 1957-1958″.  Koch, en fait de son nom à la CIA « AMHINT 26″… alias AMSPELL. « Fin juillet, le FBI avait découvert que la propriété était la copropriété de William Julius McLancy de la Nouvelle-Orléans, qui avait travaillé au casino de l’Hôtel Nacional à La Havane avant la prise de pouvoir de Castro.  Le frère de William, Mike McLancy était le propriétaire partiel du casino.  Mais l’homme clé dans ce dernier complot pour bombarder Cuba s’est avéré être Victor Espinosa Hernandez, qui avait une longue histoire comme révolutionnaire.  Il avait travaillé avec Rolando Cubela et Jose Luis Echcverria de l’original DRE en 1957-58, pour l’acquisition d’armes pour les tentatives d’assassinat sur les fonctionnaires Batista.  Au moment où  il quitta Cuba en 1960, il avait appris à connaître les frères McLaney à l’Hôtel Nacional, et il a cité McLaney comme une référence ».

Un armement conséquent

La CIA et ses hommes de l’ombre, repérés ici par… le FBI (toujours la même antinomie) : « Koch, également associé de David Ferrie, a été arrêté le 31 juillet 1963 lorsque le FBI a saisi une cache illégale de dynamite de la DRE  sur le lac Pontchartrain à LaCombe. Selon l’agence Associated Press, des agents du FBI se sont abattus sur une maison dans une zone de villégiature et ont saisi plus d’une tonne de dynamite et 20 carcasses de bombes. Une source bien informée a déclaré que les explosifs faisaient partie d’un lot devant être utilisé à Cuba.  Mais le FBI ne dit pas que les documents ont été saisis dans le cadre d’une enquête sur un effort pour mener une opération militaire des États-Unis contre un pays avec lequel les États-Unis sont en paix …  Les matériaux saisis par le FBI comprenaient 48 cas de dynamite, 20 freins de bouches de fusil, des fusils M-1, grenades et 55 gallons de napalm.  Le FBI a arrêté deux hommes: Sam Benton, qui conduit à William McClaney et les Cubains anti-Castro, et Richard Lauchli, co-fondateur des Minutemen et un ami proche de Jack Ruby.  En réponse aux questions du FBI, Carlos Hernandez a invoqué le cinquième amendement à propos de la dynamite, et a dit qu’il était associé à Manuel Artime.  Le FBI a interrogé Victor Paneque au sujet des explosifs.  Carlos Quiroga a déclaré au bureau du procureur de la Nouvelle-Orléans que Victor Paneque était en charge de la formation dans ce camp.  La CIA a rapporté: «Son dossier ne contient aucune aucune indication sur des liens avec la zone de LaCombe, en Louisiane ».  Les photos présentées ici de l’armement conséquent sont celles prises par les cubains lors de l’échec de la Baie des Cochons.

Oswald et les anticastristes

Oswald (ici en train de distribuer des tracts pro-cubains à la Nouvelle-Orléans) aurait-il préparé quelque chose avec des exilés cubains opposés à Castro ? oui, répondent deux sœurs, Annoe et Sylvia, qui habitent Dallas, dont le témoignage est aussi passé à la trappe lors des auditions de la commission Warren. Pourtant, ce qu’elles ont à dire est… sidérant.  Car ce n’est plus la branche d’extrême droite des exilés, mais celle de la gauche de la Junta Revolucionaria (ou JURE), cette fois.  La plus jeune, Sylvia, se présente ainsi : en novembre 1963, Sylvia Odio a 26 ans.  Née le 4 mai 1937 à La Havane (Cuba), elle s’exile aux États-Unis en mars 1963.  La raison en est toute simple :  elles ne souhaite pas subir le même sort que ses parents, emprisonnés en 1962 pour s’être opposés à Fidel Castro, en vendant notamment des armes aux anti-castristes.  Sylvia – il est très important de le préciser – participa à la création de la JURE (pour Junta Revolutionaria, c’est-à-dire la Junte Révolutionnaire (la révolution cubaine organisée par Fidel Castro avait permis à celui-ci de renverser le dictateur Fulgencio Batista et de prendre le pouvoir le 1er janvier 1959)).  Or voici ce qu’elle raconte :  « Un soir de septembre 1963 (le mercredi 25, le jeudi 26 ou le vendredi 27), soit deux mois avant l’assassinat de Kennedy, trois hommes se présentent à son domicile.  C’est sa sœur Annie qui va ouvrir la porte.  Ce simple fait permet déjà d’exclure tout mensonge de la part de Sylvia sur cette visite, puisque sa sœur confirme ces faits :  trois hommes rendirent visite à Sylvia Odio un soir de septembre 1963, c’est indiscutable (et là, pour le coup, je suis catégorique !  (alors que ceux qui ont parcouru plusieurs pages de ce site ont pu s’apercevoir que j’essaye toujours de préciser « pour moi », « selon moi… »). 

Un Oswald déconcertant

« Les visiteurs demandent alors à Annie de voir Sylvia, qui arrive peu après.  Si l’on en croit cette dernière, deux d’entre eux se présentent comme étant des Cubains membres de la fameuse JURE. Conformément au règlement de l’organisation, ils ne citent que leurs noms de guerre : Leopoldo et Angelo.  Et le troisième dans tout ça ?  C’est là que ça devient intéressant.  Il est américain. Il s’appelle – d’après Leopoldo – Leon Oswald (non, il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe.  C’est bel et bien « Leon »).  Je pense que vous avez fait le lien avec un bonhomme dont les initiales sont LHO.  Leopoldo (des trois hommes, il est le seul à prendre la parole) explique ensuite à Sylvia qu’ils viennent de la Nouvelle-Orléans et souhaitent lever des fonds pour des actions anti-castristes.  Ils ont besoin de l’aide de Sylvia pour traduire des lettres (initialement écrites en espagnol) en anglais pour les envoyer à des donateurs américains ».  Selon Sylvia, l’homme qui était venu l’avait rappelé le lendemain en affirmant que « Leon » était un peu fou, et serait capable de tuer aussi bien Castro que… Kennedy.  Elle-même trouvera le propos ‘forcé » : encore une fois, on avait tenu à fabriquer un personnage plutôt excité.  Beaucoup pensent que le témoignage de l’exilée cherchait plutôt à mélanger organisme de gauche anti-castriste et Lee Harvey (Garrison tient la visite comme réelle).  Ce qui se tient, tant les projecteurs étaient tournés alors vers… l’extrême droite exilée seulement !  Question timing, c’est un peu juste en effet :  le 26 au matin, Oswald est déjà assis dans le bus Houston-Laredo, qui l’emmène au Mexique, parti rencontrer Joannides de qui il aurait reçu les plans de l’attentat (ou aurait reçu l’ordre d’être présent dans la bibliothèque, car, à ce jour encore, on n’a toujours pas de preuve formelle que ce soit lui qui ait tiré de l’étage du bâtiment) !  « Le comportement d’Oswald à la Nouvelle-Orléans est déconcertant.  Après avoir trouvé un emploi subalterne qui ne l’intéresse guère il reprend des activités politiques pour le moins contradictoires.  Tout d’abord il essaie manifestement d’infiltrer les milieux anticastristes en prenant contact avec Carlos Bringuier responsable de l’association des étudiants cubains.  Il lui fait part de ses intentions et fait valoir auprès de ce dernier de réelles capacités de lutte et d’aptitudes à organiser ou à contrer des actions de guérilla étant donné son passé de Marine.  Paradoxalement, peu de temps après, il se fait remarquer en distribuant des tracts pro-castristes sur la voie publique.  A cette occasion, il se met bien en évidence, de façon à ce qu’on le remarque. Voilà des attitudes bien étranges et peu habituelles chez Oswald qu’on présente volontiers comme un être reclus, discret et peu communicatif ».  Le personnage est plus qu’intriguant : à se demander s’il agît de lui-même… ou si on lui dictait plutôt des attitudes !

Provoquer un conflit mondial ?

Kennedy mort, l’idée de faire d’Oswald un espion communiste aux yeux de la population tente fort la commission Warren chargé d’enquêter officiellement.  Ce qui laisserait entendre, soyons clair, que la balade russe d’Oswald aurait été préméditée, ou plus exactement que celle du « pigeon » Oswald avait déjà été prévue dès… 1960 et son voyage en URSS, ce qui fait froid dans le dos, tant cela signifie que les préparatifs de l’assassinat de Kennedy ont démarré bien avant qu’on ne le pense de prime abord.  On songe aussitôt au beau discours anti-complexe militaro-industriel d’Eisenhower qui aurait déjà brusqué le mouvement d’une fronde de militaires opposés à l’abaissement de la supériorité militaire affichée par les Etats-Unis dans le monde, dans les années 50.  Ces fêlés à la Curtis le May seraient-ils allés jusqu’à provoquer un conflit nucléaire en accusant un agent communiste fabriqué de toutes pièces d’avoir assassiné le président américain ?  A bien regarder, la thèse, quoiqu’effrayante, se tient, et surtout explique ses longs préparatifs, nés à la sortie du discours d’Eisenhower annonçant le danger que représentait le lobby de ces militaires tant désireux de jouer avec leurs bombes nucléaires en tant réel !  Cela expliquerait beaucoup de choses de l’étonnante et trop courte carrière d’Oswald au pays des soviets en tout cas !!!  Si on y ajoutait une pincée de peur des bombardements atomiques, le cocktail destiné a rendre paranoïaque la nation américaine était parfait ! On y courrait direct, si les américains découvraient le lendemain de l’assassinat de leur président que c’était l’URSS qui l’avait fomenté !!!

Tout avait été soigneusement préparé

Les gens qui souhaitaient ardemment ce conflit mondial, dont l’équipe entourant Curtis LeMay et de Hoyt Sanford Vandenberg, ces deux grands malades, avaient bien tout prévu et tout mis en place pour faire porter le chapeau… à Fidel Castro.  Alors que peu de photos émergeaient de la lutte castriste, les médias US, étrangement, appuyaient plus qu’il ne faut sur l’équipement en armes du leader cubain.  On pu lire des tartines complètes, sur la tactique inaugurée par Fidel consistant à utiliser des « snipers » plutôt que des brigades de fantassins.  On le vit poser avec des fusils, tous portant étrangement une lunette de visée à distance.  On insista lourdement sur celui offert par l’égérie de la révolution, Celia Sanchez  :  un fusil à lunette bien sûr !  Si Fidel Castro en faisait lui-même une propagande éhontée (une petite équipe de snipers damant le pion à l’armada américaine débarquée de cargos et d’engins de débarquement, ce qui était plutôt une analyse stratégique réfléchie, tant Castro avait peu de moyens militaires véritables !), la CIA avait vite compris l’usage inverse qu’elle pouvait en faire, le jour où l’on arrêterait un « terroriste » équipé du même équipement.

Une préparation des esprits via des images sélectionnées

L’idéal étant que ce ne soient pas quand même les armes « oubliées » par l’expédition de la Baie des Cochons, équipée on va le voir, massivement en fusils M1941 Johnson ou en Carcano comme on a déjà pu le dire ici.  L’équipe qui préparait d’un côté l’assassinat du leader cubain au fusil à lunette, préparait dans l’autre sens le public américain à un attentat possible des hommes de Fidel sur le territoire américain, avec les mêmes armes. Plus le « teasing » publicitaire sur les « telescopic rifles » des castristes passerait en boucle sur les TV américaines, ou était en une de LIFE (on n’insistera jamais assez sur le rôle du couple Luce, il me semble), et plus un événement mettant en cause un engin pareil serait inévitablement relié dans l’inconscient de l’américain moyen aux cubains, et à travers eux aux communistes honnis.  La guerre nucléaire en serait d’autant plus proche.  A la CIA, une équipe spéciale s’occupait de remplir les magazines, les journaux ou les écrans télévisés pour préparer le public à cette funeste éventualité.  Nous verrons un peu plus loin laquelle exactement.

Le trouble-fête russe

Or un événement inattendu va bouleverser ces plans infernaux.  Début 1964, un colonel en activité du KGB, qui avait déjà approché en 1962 à Genève des gens de la CIA vient jouer les trouble-fête. Iouri Nossenko (ici à gauche), c’est son nom, demande officiellement à ses contacts de la CIA de passer à l‘Ouest, arguant qu’il a été découvert et qu‘il est désormais menacé en URSS.  Il ajoute surtout qu‘il a des révélations importantes à faire sur l‘assassinat du président Kennedy !  Nossenko prétendait en effet avoir participé aux interrogatoires qu’aurait subies Oswald, que le KGB n’aurait pas retenu, selon lui, le jugeant bien trop instable :  pour en faire un agent communiste aux yeux de l’opinion américaine, le témoignage de Nossenko devenait embarrassant. Embarras certain et patent à la CIA, car au même moment les USA ont hérité d’un second défecteur, réfugié cette fois en Angleterre, Anatoli Golitsyne, qui affole l’agence en déclarant que le KGB est en train d’installer à l‘Ouest de faux « défecteurs » dans le but de provoquer le chaos dans tous les services occidentaux.  Cette histoire aura une répercussion inattendue mais qu’il nous faut à tout prix retenir.  Car au même moment siège la commission Warren, qui, on le sait, tente par tous les moyens de faire d’Oswald un espion communiste présentable.  Le cas Nossenko embarrasse énormément Helms, qui ne sait trop bien quoi en penser.  Si la commission Warren demande à le faire déposer, c’est fichu pour la trop belle thèse de l’espion russe ayant tué le président américain, Nossenko allant raconter que les russes ne l’avaient pas retenu comme agent retourné fiable.  Pour s’assurer de ses dires, Helms décida d’employer la manière forte : il fit torturer Nossenko !  Ce sera fait dans un endroit qui ressemble fort aux cellules de « rendition » que l’on verra 40 ans plus tard !!!  En 2008, l’année du décès du transfuge russe, c’est Michael Hayden en personne qui viendra s’excuser des traitements infligés en lui remettant même un drapeau américain en dédommagement.  En 1969 seulement, le 1er mars, Nossenko avait gagné le droit de rester incognito aux Etats-Unis et avait reçu 80 000 dollars déjà en forme d’excuse par la CIA.  On découvrira les tortures infligées au transfuge lors de la révélation de 1973 des fameux « Family Jewels » ces fiches de la CIA dévoilées en masse.  Sinon, ce serait resté dans l’ombre !!!

La continuation directe du projet Bloodstone

Cette stratégie de confinement de la Russie avait été expliquée il y a bien longtemps dans le projet Bloodstone dont l’ouvrage éponyme montrait les circonvolutions.  Tout datait de 1948, et les politiciens américains y étaient visiblement restés comme scotchés, nous explique en 1988 Christopher Simpson. Dans leur frénésie à contenir à tout prix le bloc soviétique, les américains, on l’a vu à plusieurs reprises ici, en été arrivés à recruter des nazis qui, c’est le moins qu’on puisse dire, avaient pour le moins déteint sur leur comportement.  Selon ce projet, les activités de la CIA se positionnaient au bord d’un fonctionnement mafieux, dont voici les points clés :

– Recrutement de transfuges, voulant ou ayant quitté l’URSS et rallier l’Ouest ;

– Recrutement et utilisation de toutes organisations d’extrême-droite, officielles ou non, mais farouchement anti-communiste ; 

– Recrutement d’anciens militaires et agents nazis, pouvant être employé contre l’URSS ;

– Création d’une unité spécifique, pouvant être utilisée pour des assassinats et des enlèvements et aussi des missions de sabotage ;

– Possibilités d’être employé pour des opérations anti-communistes, de « guerre clandestine » et de « subversion ».

« La réflexion stratégique derrière les tactiques États-Unis durant cette période est la mieux résumée dans un document top secret issu du national la directive du Conseil de sécurité et un groupe de soutien des documents de politique qui sont connus collectivement sous le NSC 20.  Ces documents, qui ont été établis principalement par George Kennan et son état-major de planification de politique (SPA), ont été formellement adoptées par le NSC de Truman en août 1948.  Ils méritent une citation assez longue, car ils ont fourni le cadre politique de base pour les opérations américaines clandestines contre les Soviétiques, y compris l’utilisation d’anciens collaborateurs nazis, pour la durée restante du mandat de Truman.(… !) ».  D’un côté donc d’anciens nazis, et de l’autres des transfuges communistes.  « Les organisations d’exilés anti-communistes sont citées comme l’un des principaux vecteurs de la création de la crise interne désirée (en URSS).  « A l’heure actuelle, » Kennan poursuit, « il y a un certain nombre d’intéressants et puissants groupements politiques parmi les exilés russes… N’importe lequel serait probablement préférable pour le gouvernement soviétique, à partir de notre point de vue, que les dirigeants actuels de la Russie (…).  « Nous devons faire un effort déterminé pour éviter de prendre la responsabilité de décider qui serait la règle en Russie dans le sillage de la désintégration du régime soviétique.  Notre meilleure solution serait de permettre à tous les éléments exilés de retourner en Russie aussi rapidement que possible et de voir à ce, dans la mesure où cela dépend de nous, s’ils ont tous donné l’occasion à peu près égale d’établir leurs offres pour le pouvoir » ….

Des transfuges choyés

D’où l’entretien coûteux d’une communauté anti-soviétique aux États-Unis, comme les USA le feront avec les exilés cubains qui bénéficieront d’une manne financière conséquente et d’un soutien évident de la CIA et où figuraient ces anciens nazis, qui influaient directement sur la politique américaine en la droitisant fortement.  Et De Mohrenschildt, à la fois anticommuniste et pro-nazi correspondait parfaitement à cette description.  Il ne pouvait que plaire à la frange droitière qui détestait tant le clan Kennedy, accusé d’avoir trahi à Cuba, en se faisant élire grâce à l’aide de la mafia pour mieux la poursuivre après.  « Bloodstone s’est avéré être une porte ouverte par laquelle des dizaines de chefs d’organisations nazies collaborationnistes vus comme étant utiles à la guerre politique en Europe de l’Est sont entrés aux États-Unis (…) une correspondance top secrète, évoquait des efforts pour utiliser « des socialistes, des syndicats, des intellectuels, des groupes d’extrême droite et les autres » pour la distribution de « tracts, de publications, de magazines ou l’utilisation de.. . La radio  » qui ont été secrètement financés par le gouvernement américain » Bref, le projet Bloodstone contenait déjà les germes d’un autre projet, le projet Mockinbird, que l’on étudiera un peu plus loin !

L’avis de James Angleton sur la question

C’est James Angleton, l’homme a la tête du contre-espionnage américain de 1954 à 1974, et sa parano envahissante sinon débordante qui va gripper tout le système mis en place autour de l’image d’Oswald, ce trop parfait communiste, en réalité :  avec lui, l’arrivée d’un nouveau transfuge va provoquer un séisme dans ce qui devait être un rapport vite bouclé et une conclusion toute trouvée. « L’arrivée aux Etats-Unis de l’officier soviétique se produisait à un nouveau moment crucial pour la communauté américaine du renseignement.  Deux mois auparavant, le 22 novembre 1963, le président John Fitzgerald Kennedy avait été assassiné par Lee Harvey Oswald à Dallas. Toutes les agences fédérales de sécurité s’affrontaient sur toutes les hypothèses, futures thèses conspirationnistes, depuis le complot mafieux jusqu’à l’acte de guerre castriste et, de fait, soviétique.  Angleton penchait pour cette dernière, «  sgpointer/htlingual » ayant fait ressurgir trois lettres d’Elya Irma Soboleva, domiciliée Pushkinskaya Street 10-111, à Leningrad, datées du 15 septembre, 1er novembre et 10 décembre 1962, à Marina Oswald, née Prusakova. Vérification faite de l’adresse, le chef du Counterintelligence Staff de la CIA découvrit qu’il s’agissait du domicile d’Igor Pavel Sobolev, résident du KGB à Vienne de 1957 à 1962.  Cet élément probant confirmait l’affirmation de Golitsine selon laquelle l’assassinat était en liaison avec l’entreprise de déstabilisation de Castro.  Déjà, une « opération mouillée » (une élimination physique dans le langage du KGB) avait été projetée contre le vice-président d’Eisenhower, Richard Nixon ». 

« Voilà qui n’était pas pour apaiser la paranoïa de celui qu’on surnommait « l’homme aux orchidées » ou « le fantôme gris » qui va alors tout faire pour empêcher la comparution de Nossenko à la commission, ce qui serait désastreux pour elle.  Angleton se méfiait, car aux deux tests de détecteur de mensonges de Nossenko, l’appareil avait conclu qu’il avait menti sur Oswald !!! Bref, on continuait côté US à hésiter sur le sort du transfuge… ou sur l’avis à donner sur le cas troublant d’Oswald !  En tout cas pas de quoi convaincre une commission, et encore moins de l’aider !!  « Angleton transmit cette hypothèse au FBI et obtint de la CIA que le témoignage de Nossenko ne fût pas présenté devant la Commission présidentielle sur l’assassinat du Président Kennedy, présidée par le président de la Cour suprême, Earl Warren », nous rappelle Gérard Arboit dans son passionnant livre, qui ajoute un élément crucial :  « grâce au soutien de ses amis Allen Welsh Dulles, qui en était membre, et Richard Helms, il prit même le contrôle de ce que l’Agence y dirait, déléguant son adjoint Ray Rocca pour la représenter, tandis que le chef du SIG (Special Investigative Group), Birch D. O’Neal, assurait la liaison avec le FBI.  Depuis le 4 avril, et ce jusqu’au 28 octobre 1967, Iouri Ivanovitch Nossenko était l’hôte involontaire de la CIA à Camp Peary (la très médiatique Farm), près de Williamsburg, en Virginie ».  On venait ainsi d’apprendre par la bande, grâce à un espion défecteur russe aux agissements bizarres, que la commission Warren était bien une commission fantoche dont les maîtres d’œuvre s’appelaient Dulles et Helms, qui lui dictaient directement leurs conclusions, et elles seules !!!

Angleton était-il derrière la création d’un Oswald comme espion russe ?

Angleton (ici à gauche portant l’urne funéraire contenant les cendre de Dulles, en 1969) avait donc eu tout faux :  « Il est intéressant de noter que peu d’historiens de la CIA ou de la présidence Kennedy souscrivent à la théorie de Angleton aujourd’hui, et même Epstein a reculé devant celle-ci. Mais comme l’officier de la CIA à la retraite Cleveland Cram l’avait noté dans un commentaire foudroyant envers le Center for the Study of Intelligence, la « légende » d’Epstein s’est avérée être un « énorme stimulant pour la thèse de la tromperie en suggérant que Yuriy Nosenko, un transfuge soviétique, avait été envoyé par le KGB pour fournir une histoire de couverture à Lee Harvey Oswald qui, présumait le livre, était un agent du KGB « . De là à conclure qu’Angleton avait tout manigancé, fait fabriquer les fausses photos ou placé Oswald entre les mains du couple infernal des époux Paine, qui l’avaient lavé psychologiquement, pour en faire un espion présentable, il n’y a qu’un pas qu’on franchira aisément :  ce que chercherait plus tard Angleton dans le livret de Mary Pinchot (voir plus loin), était à l’évidence lié au cas d’Oswald… on revient donc à cette pure monstruosité : les gens qui avaient créé de toutes pièces en Oswald un espion russe (« il ne parlait que le russe avec moi » dira Ruth Paine !) avaient comme sinistre projet… d’en accuser l’URSS, et donc de provoquer un conflit mondial qui aurait vite dégénéré en cessation complète du monde…. On pense à Curtis le May, bien sûr.  « En fait, une enquête exhaustive de la CIA a conclu que Nosenko était un véritable transfuge et n’a trouvé aucun fondement aux dires d’Angleton comme quoi les « les Soviétiques étaient à l’origine de cette conspiration de la haine.  À ce jour, il n’existe aucune preuve qu’Oswald ait été un agent du KGB » note l’auteur.

La rétention de savoir d’Helms

Une fois Kennedy assassiné, Richard Helms se retrouvait donc dos au mur, et se voyait contraint par le Congrès US de nommer quelqu’un pour faire une enquête interne au sein même de la CIA, qui aurait donc failli sur le sujet.  Il nomme donc John M. Whitten, qui va vite aller de découverte en découverte, le pauvre.  Il découvre ainsi que Lee Harvey Oswald a été photographié au consulat cubain au début d’octobre, 1963 et qu’il a également été visiter l’ambassade soviétique à Mexico (pour demander un visa pour y retourner !).  C’est Winston Scott, le chef de la CIA à Mexico qui le lui apprend !  En fait, Whitten découvre qu’Helms ne lui a rien dit sur le cas Oswald : malgré son « fichier 201 » issu du Groupe Spécial d’Investigation de contre-espionnage d’Angleton.  Si à la CIA cela semble flou, au FBI c’est l’avalanche :  Whitten se retrouve noyé sous les rapports de surveillance sur Oswald.  Avec Birch O’Neal, l’adjoint de confiance d’Angleton, Whitten découvrira à quel point Helms avait fait de la rétention sur le dossier Oswald.  Et surtout les derniers mois, notamment les étranges relations et contacts qu’Oswald avait eus avec Joannides, lui-même en cheville avec le Directorio Revolucionario Estudiantil (DRE).  Pour quelqu’un ayant agi tout seul, Oswald rencontrait beaucoup trop de gens !  Intrigué, Whitten ira demander des explications à Helms… pour se faire proprement éconduire :  « Whitten a eu une réunion avec Helms où il a fait valoir que les activités politiques pro-Castro d’Oswald nécessitaient un examen plus approfondi, en particulier sa tentative de tirer sur le général Edwin Walker, sa relation avec les exilés anti-castristes à la Nouvelle-Orléans, et son soutien public au parti pro-castro Fair Play for Cuba Committee.  Whitten a ajouté qu’on lui avait refusé cette information, ses premières conclusions sur l’assassinat étant « complètement hors de propos. »  Helms a répondu en retirant l’affaire à Whitten.  James Jesus Angleton, chef de la Direction du contre-espionnage de la CIA, avait alors repris en charge l’enquête« . Devant le HSCA, Whitten aura des mots très durs envers Helms :  « Je pense que c’était un acte moralement hautement répréhensible, qu’il ne peut pas justifier sous le serment de son travail ou sous toute autre norme de service professionnel. »  Il en profitera aussi pour charger Angleton, ce qui n’était pas difficile à faire tant son enquête sur Oswald tournera au fiasco avec ses obsessions de complot russe partout.  Whitten ira jusqu’à affirmer qu’il avait découvert des liens entre la CIA et la Mafia, avec des versements d’argent faits sur des comptes off-shore.  Il citera à ce propos et à nouveau Johannides comme contact privilégié d’Oswald…  Bref, ce n’était pas l’homme à écouter, en 1964 !

Le lobby militaire dans ses œuvres

En 1962, Kennedy se bat avec un budget et commence à envisager des coupes sombres dans celui de l’armée.  Le 30 mars 1963, il fait annoncer par McNamara McNamara la fermeture de 52 installations militaires dans tout le pays auquel il ajoute 21 bases à l’étranger.  Ça proteste de partout !  Son discours n’est pas celui du renforcement d’armes d’attaque bien au contraire  :  « le but primordial de nos armes est la paix, pas la guerre -pour s’assurer qu’elles ne doivent jamais être utilisées – pour dissuader toutes les guerres, générales ou limitées, nucléaire ou conventionnelle, grande ou petite – pour convaincre tous les agresseurs potentiels que n’importe quelle attaque serait futile – pour fournir un soutien pour le règlement diplomatique des querelles – pour assurer l’adéquation de notre pouvoir de négociation pour une fin de la course aux armements. Les problèmes de base faisant face au monde ne sont pas susceptibles aujourd’hui d’une solution militaire.  Ni notre stratégie, ni notre psychologie en tant que nation – et certainement pas notre économie – ne doivent devenir dépendantes de la maintenance permanente d’un grand establishment militaire.  Notre position militaire doit être suffisamment flexible et sous contrôle pour être compatible avec nos efforts pour explorer toutes les possibilités et prendre toute mesure pour diminuer les tensions, obtenir des solutions pacifiques et sécuriser les limitations des armements.  La diplomatie et la défense ne sont plus des alternatives distinctes, l’une doit être utilisée là où l’autre échoue – toutes les deux doivent se compléter l’une l’autre… »

Il décide donc de ne pas suivre les recommandations de ces militaires, qui construisent pourtant des projets dantesques.  Mais Kennedy est un prosaïque et un fieffé politicien.  En 1962, c’est Republic Aviation qui menace de fermer à Long Island, ce qui aurait mis 20 000 personnes à la rue…  Pour les calmer, en pensant déjà à sa prochaine réélection, Kennedy fait donc verser 1,3 milliards de dollars des fonds de la Défense, prenant de cours les militaires qui en demandaient 10 au minimum.  Le 25 février 1962, l’Air Force et North American (Chance Vought et Lockheed apparaissent aussi dans la construction) présentent ainsi à la presse le fabuleux projet de bombardier B-70, bien que Kennedy ait persisté dans son refus de débloquer les fonds.  C’est une dernière tentative de lui forcer la main :  Eisenhower l’avait déjà rejeté (mais avait octroyé une rallonge des fonds pour son développement en bon soutien de Nixon !) !  L’engin est magnifique sur le papier mais est déjà obsolète :  les missiles russes sont déjà capables de le détruite en un rien de temps.  Cela n’empêche pas le nouveau Air Force Chief of Staff, arrivé en juillet 1961 et qui s’appelle… Curtis LeMay, de couvrir tous les journaux de publicités (l’une d’entre elle sera faite par un fabricant d’hélices !) ou d’articles dithyrambiques sur l’appareil, notamment dans le Reader’Digest, Popular Mechanics et Aviation Week.  Malgré tous ses efforts, son projet est donc logiquement abandonné.  Deux exemplaires seront néanmoins construits, que Kennedy ne verra pas voler.  1,5 milliard de dollars sont dépensés en pure perte pour faire plaisir aux militaires (un des deux exemplaires s’écrasera après avoir fait une séance de photos publicitaires qui tournera au drame !)

Personne n’avait noté que durant la campagne électorale de 1960, JFK avait dit « je soutiens complètement l’avion piloté XB-70″…  En 1963Kennedy a toujours les militaires sur le dos, avec qui il doit constamment composer.  Les exilés cubains sont toujours là, ils ont toujours autant envie d’envahir l’île qui les a vus partir, les militaires US les soutiennent toujours, et pour calmer tout le monde, le président, fin politicien, se rend en Floride, dans leur fief, le 29 décembre 1962 et déclare en recevant en cadeau le drapeau des exilés de Cuba (de la célèbre Brigade 2506) :  « Je promets de rendre ce drapeau à une Havane libre. »  Subtilement, il n’indiquait pas par quel moyen il comptait y arriver.  Ni quand ! Il aurait été bien incapable de fixer une date précise, en effet !

La fameuse Brigade

La fameuse Brigade 2506, était sous les ordres de Félix Ismael Rodríguez Mendigutia, de la Central Intelligence Agency, un exilé cubain lui-même qui connaissait parfaitement le terrain, et qui avait reçu son entraînement à partir de septembre 1960 au Guatemala. Formé à Fort Benning, avec l’infâme Posada Carriles, celui qu’on surnommait « le chat » était un tueur à gages de la CIA, impliqué dans de nombreuses disparitions lors de l’opération Condor.  Dans le même temps il dirigeait la base de la CIA au Honduras, Ilopango, et sera l’un des responsables impliqués dans le scandale Iran -Contra. C’est lui que l’on verra pris en photo tenant Che Guevara encore vivant, avant qu’on ne voit le corps du leader allongé sur une brancard posé sur une table, raide mort, atteint de deux rafales.  « Rodríguez donne des instructions pour l’exécution à Mario Terán, un sergent de l’armée bolivienne, afin que les blessures infligées à Guevara aient l’air d’avoir été reçues au cours du combat et qu’elles ne le défigurent pas » indique Wikipedia. C’est la CIA qui prendra les photos du cadavre de Che Guevara, preuve de sa présence sur place.  Les photos d’un Che Guevara capturé vivant (et donc exécuté après) ne paraîtront que beaucoup plus tard.  Rodríguez Mendigutia serait issu du groupe, appelé  » Operation 40″, celui qui se serait « occupé », justement, de Kennedy (40 agents faisaient partie du groupe, d’où son nom).  Selon des sources, c’est Richard Nixon en personne qui aurait recruté l’équipe, sous la direction d’Allen Dulles, les mercenaires sous la direction de Tracy Barnes étant payés par l’argent de pétroliers texans.  Sont de la partie George Bush et Jack Crichton Dans le groupe figurait du beau linge :  David Atlee Phillips, soupçonné d’être l’organisateur des tireurs à Dealey Plaza, David Sanchez Morales (« El Indio ) » – il travaillait à Miami à la JM/WAVE– qui avait participé également au coup d’état au Guatemala contre Arbenz, Ted ShackleyE. Howard HuntFrank SturgisBarry Seal,Porter Goss et quelques autres. Porter Goss deviendra responsable de la CIA sous Bush Junior, Barry Seal sera celui qui effectuera les livraisons d’armes et de drogue sous Clinton, avec son célèbre C-123 Provider, la coke étant livrée par Pablo Escobar, Hunt sera « plombier » du Watergate sous Nixon, Frank Sturgis, le deuxième plombier de l’expédition nocturne de branchements de micros sera cité dans l’assassinat de Kennedy au même titre que David Atlee Phillips ou Ted Shackley, et E. Howard Hunt.  En mai 1962, « El Indio » avait remis ça avec Theodore Shackley pour l’opération ZR/RIFLE, une énième tentative d’ assassiner Fidel Castro.  Trois ans plus tard, Rodriguez aidera Morales à capturer Che Guevara en Bolivie.  Le groupe des 40 était suffisamment organisé et armé pour s’en prendre à Kennedy nous dit Spartacus :  « Dans une interview qu’il a donné à Jean-Guy Allard, en mai 2005, Fabian Escalante souligné : « qui en 1963 avait les ressources nécessaires pour assassiner Kennedy ?  Qui a eu les moyens et qui avait les motifs pour tuer le président des États-Unis ?  Les agents de la CIA de l’Opération 40 qui étaient farouchement anti-Kennedy.  Et parmi eux il y avait Orlando Bosch, Luis Posada Carriles, Antonio Veciana et Felix Rodriguez Mendigutia « …

Exit les trois clochards

Mais il y a mieux encore chez Sturgis et Hunt : « la Commission Rockefeller du Congrès américain de 1974 a enquêté sur les diverses connexions entre Sturgis et Howard Hunt, ces derniers ayant des connexions avec l’assassinat de John F. Kennedy.  Plus précisément, la Commission a enquêté sur le fait que Sturgis et Howard Hunt étaient agents de la CIA et qu’ils se trouvaient à Dallas et où ils étaient le moment où le coup de feu est parti du tertre d’herbe.  Howard Hunt a notamment été accusé par l’appui de Kerry Wendell Thornley, avec qui il disait avoir eu plusieurs discussions avec Hunt pour des tentatives d’assassinat sur JFK entre 1961 et 1963.  Le magazine Newsweek a publié des photos montrant trois hommes dont deux qui ressemblait fortement à Sturgis et Hunt, que l’on voyait peu de temps après l’assassinat sur la butte herbeuse.  D’après un article de ce dernier magazine Newsweek, un rapport officiel a indiqué que les autorités avait considéré que les deux hommes était des  » clochards de chemins de fer  » se servant des trains comme abris.  Les deux hommes furent relâchés sans complément d’enquête ».  La ligne de chemin de fer longeait l’arrière de la palissade du « grassy knoll ». Les « clochards » avaient été aperçus montant dans des wagons par un aiguilleur qui sera retrouvé mort dans sa voiture quelques années après (j’y reviendrai).  Deux au moins des clochards ressemblaient beaucoup à Sturgis et Hunt, paraissait-il.  L’aiguilleur étant selon le livre Crossfire, de Jim Marrs, l’un des 103 cadavres relevés après la mort de Kennedy et ayant un lien avec cet événement.  Il faudra attendre 1992 pour qu’une journaliste, Mary La Fontaine, retrouve les trois vrais clochards:  Gus W. Abrams, Harold Doyle, et John F. Gedne, qu’elle fera témoigner (les deux derniers ; le premier étant décédé, c’est sa sœur qui répondra).  Pas de Sturgis ni de Hunt dans l’affaire !  Mais pas pour autant la dénégation complète de la présence sur place des agents de la CIA !

La menace intérieure

Il n’y a pas que les anticastristes à en vouloir à Kennedy.  Si la vision des relations avec les russes de Kennedy après l’affaire des missiles est devenue plus sereine, à l’intérieur, la grogne existe chez ceux qui sont les principaux bénéficiaires des contrats militaires.  On songe à Bell, qui doit son immense succès à la guerre du Viet-Nam (Hollywood le popularisera assez en effet), mais d’autres font grise mine.  Ce sont les mêmes qu’avait déçus la fin de la Guerre de Corée. Des passéistes ; mais surtout des profiteurs de guerre :  « le Président de la Standard Oil of Californie, la société la plus directement concernée par la Guerre de Corée, avait déclaré en 1953 : « Deux sortes de paix peuvent être envisagées.  L’une permettrait aux Etats-Unis de continuer son réarmement et maintenir des forces militaires importantes en Extrême-Orient ; cela aurait un très petit effet sur l’industrie, puisque la maintenance d’une armée de temps de paix exige presque autant de pétrole qu’en temps de guerre.  Mais s’il devait y avoir une grande amélioration des relations entre le
s Etats-Unis et l’Union Soviétique et en particulier un accord de désarmement, le coup à l’industrie pétrolière et au reste de l’économie serait énorme
. »  Voilà vers qui il nous faut nous diriger pour chercher qui aurait pu être tenté d’écarter de leur route un président qui parlait aussi de paix.  Parfois, cela va donner des scènes dignes d’Hollywood raconte Laura Knight-Jadczyk :  « le 4 avril 1962, le général Walker a porté témoignage devant le comité (où l’on vient d’annoncer les coupe sombres dans l’Armée).  Comme il quittait la pièce d’audition, le journaliste Tom Kelly du Washington « Daily News » a demandé s’il avait un commentaire à faire.  La réponse du général fut un coup de poing dans le nez ».  Du bourre-pif, aurait dit Lautner, on passe facilement à l’éparpillement par petits bouts façon puzzle… chez les militaires, c’est bien connu.

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L’assassinat de Kennedy : Oswald, ou le parfait pigeon (9)

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