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L’art en slips !

 

Des slips et des couche-culottes sur des statues de nus à l’UNESCO !

 

Pour ne pas heurter « certaines sensibilités ». On se demande bien lesquelles…

L’UNESCO, dont le siège est à Paris, a pour rôle de de promouvoir la culture mondiale. 167 Etats en sont membres. En principe à égalité mais certains d’entre eux ont le droit d’exciper de « sensibilités particulières ». On n’en connait pas le nombre exact.

L’UNESCO accueille fréquemment des œuvres d’art contemporaines. Deux statues du sculpteur Stéphane Simon (il est ici sur Facebook) y sont actuellement exposées. Deux nus masculins dans la plus classique tradition gréco-romaine.

Afin de ne pas heurter « certaines sensibilités » (dixit la directrice générale Audrey Azoulay), elles ont été recouvertes, l’une d’un slip, l’autre d’une sorte de couche-culotte. Lee résultat est grotesque et affligeant. Quels sont les Etats qui auraient pu être ainsi offensés par la vision de sexes masculins ? L’artiste n’a pas été informé de cet ajout de sous-vêtements. Stéphane Simon s’était pourtant dit prêt à se munir d’un linge pendant l’exposition pour masquer temporairement le sexe des statues au moment du passage des délégations qui en feraient la demande. Il a donc été le premier surpris des exigences de dernière minute de la vénérable institution.

 

On comprend bien la fonction dissimulatrice – et tellement utile – de ce slip et de cette couche-culotte. Mais à bien y réfléchir ces attributs vestimentaires destinés à ménager des regards pudiques et fragiles risquent d’avoir, involontairement, une fonction érotisante. Ce qui est caché excite l’imagination bien plus que ce qui est révélé.

 

Jacques Bouineau, du réseau Antiquité Avenir qui soutient cet événement, est furieux : « Cela fait quatre siècles et demi que le Braghettone a voilé les fresques de la Sixtine, sur ordre de l’Église ! Et c’est à Paris, capitale d’un État laïque, qu’on impose, en 2019, une censure du même ordre à un artiste. Faudra-t-il un jour enfouir dans les réserves de nos musées, ôter des jardins ou des façades de nos monuments publics, les œuvres représentant les chairs, masculines ou féminines, car jugées inopportunes par “ certaines sensibilités ” ? Va-t-on envelopper la statue de David de Michel-Ange, recouvrir les nombreuses fontaines arborant les trois Grâces, telles celles de Raphaël, emmitoufler les femmes nues de Rubens ou d’Ingres ? Le choix qui a été effectué est un choix politique, au sens grec du terme. Et il est extrêmement grave : il porte atteinte à la liberté du créateur, il bafoue un patrimoine artistique majeur de nos civilisations, celui de l’Antiquité. »

 

L’Unesco s’est contentée, jusqu’à présent, de réponses évasives et dilatoires.

 

Bernard Gensane

 

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