Accueil / T H E M E S / CULTURE / Arts / L’art de vendre Hitler

L’art de vendre Hitler

L’histoire du monde aurait pu se dessiner autrement si en 1908 ou 1909 le coup de pinceau d’Adolf Hitler n’avait pas été négligé par l’Ecole des Beaux-arts de Vienne. Mais qui peut prétendre aujourd’hui avec une absolue certitude, que si le führer était devenu un peintre au talent reconnu, une deuxième guerre mondiale n’aurait jamais ravagé l’Europe et le monde. Le cocktail explosif capable d’engendrer une réaction en chaîne mortifère est bien connu et ne date pas d’hier. Cependant le souvenir d’un passé catastrophique n’est pas une raison suffisante pour décourager l’acquisition par certains amateurs de toiles du dictateur nazi.

Dans une récente vente aux enchères qui se déroulait à Nuremberg, une aquarelle de 22 cm sur 28 peinte par Hitler, a été vendue pour la somme de 130 000 euros. Il serait injuste d’affirmer que cette oeuvre qui représente l’Office d’état civil et la vieille mairie de Munich, serait une croûte tout juste digne des vide-greniers. Mais d’après un site dédié à l’art, le tableau ne vaudrait pas ce prix car ce n’est pas un chef-d’oeuvre. Toutefois son auteur « possédait de bonnes bases dans cette technique. IL a produit des œuvres de facture classique ». Vous pourrez en juger par vous-mêmes. En 2009, deux aquarelles avaient également trouvé preneur pour 32 000 euros.

Selon le journal Spiegel, la valeur atteinte par le tableau de Nuremberg s’expliquerait par la présence de la facture originale de 1916 et d’une note de d’Albert Borman, devenu plus tard chef de cabinet de Hitler. Quelles ont été les motivations des deux soeurs septuagénaires à l’origine de la vente, l’argent bien sûr, mais pourquoi l’avoir garder si longtemps. Les ouvrages du dirigeant du Troisième Reich seraient-ils un bon placement dans le temps comme le pense probablement l’acheteur privé du Moyen-Orient. En tout cas, sans doute gênées par le battage médiatique occasionné par la vente, les vendeuses se sont engagées à donner 10% de la recette à des oeuvres caritatives pour l’enfance. Pour information, la loi autorise la commercialisation des tableaux, uniquement si aucun symbole incitant à l’apologie du nazisme ne figure sur l’oeuvre représentée.

« Car la faim était alors le gardien fidèle qui ne m’abandonna jamais » peut-on lire dans Mein Kampf. Car le peintre méconnu avant de prendre le pouvoir a connu une période de vache maigre et aurait peint à cette époque plus de 2000 tableaux pour vivre, des copies le plus souvent. D’ailleurs Adolf Hitler n’avait pas de style particulier ce qui rend très difficile l’authentification de ses peintures et favorise l’apparition de nombreux faux. Refusé une première fois aux Beaux-arts il déclara, « J’étais si persuadé du succès que l’annonce de mon échec me frappa comme un coup de foudre dans un ciel clair. »

Après avoir pris le pouvoir, comme tout dictateur ou chef d’Etat narcissiques qui se respectent, Hitler tenta la récupération du maximum des ses peintures pour ne garder que les meilleures et détruire celles qui parraissaient indigne de son talent contrarié.

En fait, on ne saura probablement jamais combien de tableaux du führer existent encore et combien circulent discrètement. Pas plus que le nombre d’oeuvre exposées dans les salons d’admirateurs nostalgiques du dictateur et de son idéologie dévastatrice.

 

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

“ What’s in a name ? ”

“ What’s in a name ? ” ou : Shakespeare branlait-il son dard ?   ...