Accueil / T Y P E S / Articles / L’Allemagne s’oppose-t-elle aux USA dans l’escalade de la situation en Ukraine?

L’Allemagne s’oppose-t-elle aux USA dans l’escalade de la situation en Ukraine?

Les signaux positifs sur des livraison d’armes au régime de Kiev semblent mauvais. Frank-Walter Steinmeier, Ministre des Affaires Etrangères allemand, était à Washington et s’est dit être contre la réalisation de cette étape supplémentaire. Avec plus d’armes, le conflit ne se résout pas mieux. Après les fauteurs de troubles habituels, comme la Grèce, Chypre et la Hongrie, une nouvelle provocation contre une escalade militaire avec la Russie s’est gagné un soutien supplémentaire avec l’arrivée de Berlin. Un poids de plus dans opposition au militarisme américain en Europe.

Frank-Walter Steinmeier

Pour Steinmeier, c’est clair: une solution militaire aux portes de l’Allemagne dans la crise en Ukraine serait une solution erronée et dangereuse. Ainsi, le diplomate allemand retire son soutien aux faucons de Washington qui envisagent une telle solution radicale, ces considérations ne sont pas dans l’intérêt de l’Europe.

 

Frank-Walter Steinmeier a déclaré jeudi devant un parterre restreint de groupes de réflexion (think tank) CSIS:
« Je comprends, que peut-être nombre d’entre vous, après un rapide et unique réflexion, base leur réponse sur un appel à une réaction armée rassurante. »
La seule chose qu’offre cette solution, cependant, ne serait que plus de victimes. La zone de combat serait étendue, et le conflit se poursuivrait en étant alimenté [par des armes, NdT]. Le potentiel d’escalation dans l’est de l’Ukraine doit être pris en compte, a expliqué le Ministre, en ajoutant:
« Cela pourrait aller jusqu’à un point, à partir duquel il n’y aurait plus de retour envisageable. »
Alors que la majorité des hommes politiques au Congrès des Etats-Unis a décidé de soutenir les livraisons d’armes et de par là même, mettre le Président Obama au pied du mur, la situation actuelle le long de la ligne de démarcation en Ukraine s’est de facto détendue. En raison de la mise en oeuvre progressive de l’accord diplomatique négocié, connu sous le nom d’Accords de Minsk. Steinmeier a reconnu l’importance de Minsk et a déclaré:

« Nous devons faire preuve de patience stratégique. »

Il en va – de l’avis du Ministre allemand des Affaires Etrangères, autrement que bien des chahuteurs au Congrès des Etats-Unis – que dans les affaires étrangère, il n’y a pas de place pour une vision noir-blanc des choses. Lançant une anecdote sur le film « Fifty shades of greys », Steinmeier a déclaré:

« Nous avons besoin de beaucoup de temps et d’efforts pour différencier les différents niveaux de gris. »

Berlin prévoit de tenir un rôle de médiateur, qui prend également en compte la position russe en Ukraine et pour qui la rhétorique guerrière de Washington est un danger.
À la fois de Washington comme pour de nombreux analystes politiques à Berlin, il est étrange que l’Allemagne refuse de suivre la politique étrangère étasunienne dans ce conflit. Depuis 1999, avec le déploiement de troupes allemandes au Kosovo, pour la première fois actives dans une opération de guerre, on s’attendait à Washington qu’il s’agisse d’une base vers l’abandon de la retenue allemande dans le domaine, ce qui signifierait non seulement un changement dans la Constitution Allemande mais aussi au gouvernement allemand dans le domaine des Affaires militaires.
La résistance de l’ancien Chancelier Gerhard Schröder contre une participation à la guerre en Irak en 2003 était alors plutôt vu comme « un accident de parcours », après l’élection d’Angela Merkel, la Chancelière de la Fédération, on s’attendait à nouveau à une autre l’attitude de l’Allemagne dans ses aventures militaires.
Que l’Allemagne à côté des autres états de l’UE osent se prononcer contre l’armement du régime de Kiev contre l’avis de Washington, est perçu par beaucoup comme un signe que la politique étrangère agressive des néo-conservateurs trouve de moins en moins de soutien. Il semble également qu’une compagne médiatique très intense contre la Russie, n’ait rien changer de décisif.
Commentaire: pour reprendre le concept de dedefensa, à force de pousser une narrative totalement fausse, on finit pas créer la situation opposée que celle voulue au départ. Il est intéressant de voir et également heureux de constater que l’Allemagne et d’autres pays de l’UE ont réussi à se sortir de cette narrative, je rappelle le commentaire récent de l’Allemagne sur la narrative de Breedlove, chef d el’OTAN, dont Berlin a critiqué l’improbabilité des propos, ce qui nuisait à la réputation des pays occidentaux et à leur sérieux diplomatique, que Berlin ne semble pas vouloir sacrifier pour Washington
http://www.dedefensa.org/article-glossairedde_le_d_terminisme-narrativiste_26_02_2015.html
traduit et publié par TJ, 15 mars 2015, cet article peut être reproduit à condition d’en donner l’URL
LIRE AUSSI : l’Espagne est contre les sanctions et pour une relation normale avec la Russie, le lendemain des propos de Steinmeier
http://www.rtdeutsch.com/14393/international/spanien-fuer-stabile-beziehungen-zu-russland-und-gegen-sanktionen/LIRE AUSSI: L’Allemagne critique les USA pour leurs tentatives de déraillement des discusions sur le dossier iranien

http://russia-insider.com/en/2015/03/13/4467

source : http://www.rtdeutsch.com/14294/international/wehrt-sich-deutschland-gegen-us-eskalationspolitik-in-ukraine/

Commentaires

commentaires

A propos de CP

avatar
Média citoyen

Check Also

Les champions de l’évasion

Certains s’évadent régulièrement des prisons les plus sûres, et sont finalement repris, jusqu’à la prochaine…mais ...