Accueil / A C T U A L I T É / La?cit? 3 ? Pluralit? et l?gitimit?: la friction du mythique et du conventionnel avec le postmoderne et le postconventionnel

La?cit? 3 ? Pluralit? et l?gitimit?: la friction du mythique et du conventionnel avec le postmoderne et le postconventionnel

Image Flickr par fdecomite

J?ai discut? r?cemment avec un couple d?amis de cette s?rie de blogues sur la la?cit? et un de mes interlocuteurs a opin? que le d?bat sur la la?cit? lui paraissait, ? bien des ?gards, tout ? fait mineur et secondaire.

Je lui donne en partie raison si on s?en tient ? la quantit? d?incidents, au nombre de personnes impliqu?es et ? l?importance de ces incidents. La pr?sence d?une ?tudiante voil?e dans un cours de francisation n?est quand m?me pas un ?v?nement historique? m?me s?il est la cause la plus directe du projet de Loi 94 d?finissant les balises encadrant les demandes d?accommodement dans les services publics.

Quantit? de sujets sont davantage d?actualit? ou plus urgents. Mais les discussions sur ce que devraient ?tre la la?cit? de l??tat et les accommodements ??raisonnables?? pour des motifs religieux sont la manifestation d?un ?v?nement ??invisible??, rarement ?voqu?, mais constituant v?ritablement le c?ur du probl?me. Cet ?v?nement invisible est la rencontre de m?urs, de visions du monde et de structures de pens?e relevant de stades diff?rents d??volution culturelle, sociale, ?conomique et politique. On peut qualifier ces diff?rents stades d?archa?que, mythique, moderne et postmoderne, ou encore de pr?conventionnel, conventionnel, postconventionnel, et transconventionnel. C?est cette diff?rence de stades qui est la source des tensions qui se manifestent sous forme de racisme, x?nophobie, intol?rance, discrimination et autres manifestions d?incompr?hension et de fracture sociale.

Ce que sont les stades d??volution

Dans La?cit?s sans fronti?re, Jean Baub?rot et Micheline Milot ram?nent la rencontre de stades diff?rents d??volution sociale ? un rapport diff?rent ? la s?cularisation de la soci?t?. La s?cularisation constitue effectivement un aspect de la diff?rence mais elle n?est qu?une facette des intersections et de l?intersubjectivit? caract?ristiques de stades sp?cifiques d??volution culturelle et sociale.

Les stades se manifestent par la possibilit? ou l?impossibilit? de certaines pratiques dans une soci?t? sp?cifique. Par exemple, la croyance ? l?existence de sorciers mal?fiques qui justifie le meurtre d?enfants? dans certains pays d?Afrique, encore aujourd?hui; une fonction publique ??professionnelle?? dans des pays domin?s par les logiques et conventions de la tribu, du clan et de l?ethnie; ou encore, l??mergence et la pratique de la th?rapie de couple dans une soci?t? o? les femmes doivent ?tre soumises aux hommes. Ce dernier exemple montre qu?il s?agit? bien d?une impossibilit?, car la th?rapie de couple a comme pr?misse que les partenaires sont ?gaux.

Quelqu?un arrivant d?une soci?t? o? les femmes, consid?r?es comme inf?rieures, n?ont pas des droits ?gaux ? ceux des hommes, sont priv?es d??ducation, rel?gu?es aux t?ches domestiques et soumises aux codes de la famille, du clan, de la tribu et de l?ethnie aura forc?ment de nombreux points de friction avec une soci?t? o? les femmes et les hommes sont ?gaux en droit, jouissent des m?mes libert?s, ont acc?s aux m?mes emplois et ? la m?me ?ducation.

Nous n?avons pas affaire simplement ? une diff?rence? de valeurs, de codes et de m?urs mais ? des valeurs, des codes et des m?urs n?appartenant pas au m?me stade d??volution. Ces stades d?terminent ce qui est l?gitime ou non dans une soci?t?. Certains contesteront l?existence de ces ?tapes d??volution, mais l?anthropologie, le structuralisme, la th?orie des syst?mes, le droit, la morale et l?herm?neutique en montrent tous diff?rents aspects. Leur r?alit? ne fait aucun doute, m?me si cette r?alit? n?a, dans la plupart des cas, aucune dimension mat?rielle.

On peut s??tonner que ces sujets ? la?cit? et accommodements ? soient consid?r?s comme secondaires et th?oriques lorsque l?on constate la vigueur des r?actions et des prises de position devant des manifestations comme le voile int?gral, les longs v?tements noirs couvrant tout le corps, les signes religieux ostentatoires ou les demandes d?accommodement pour des motifs religieux.

? l??vidence, les situations vraiment probl?matiques sont peu nombreuses et limit?es ? certaines villes et r?gions, mais les r?actions, elles, sont g?n?ralis?es et tr?s charg?es ?motivement. On peut avoir une certaine id?e des cons?quences ? long terme des frictions engendr?es en lisant les commentaires ? des nouvelles mettant en cause des immigrants. La x?nophobie, le racisme et les pr?jug?s les plus grossiers semblent beaucoup plus courants que les opinions plus nuanc?es et mieux inform?es. D?o? l?importance de comprendre ce qui se passe en profondeur, tant sur le plan personnel que collectif, au niveau des institutions comme dans le domaine des valeurs.

Car il nous faut r?pondre le plus clairement possible ? certaines questions. Pourquoi sommes-nous choqu?s par la d?cision de voiler des vitres pour emp?cher les membres d?une secte d??tre expos?s ? la vue de femmes en maillots de corps? Faut-il? permettre ? des fonctionnaires ou ? des employ?s de services publics (si oui, tous ou seulement certains?) de porter des signes religieux, ostentatoires ou non? Faut-il accepter qu?une femme donne ou suive des cours en ayant le visage compl?tement voil?? Faut-il accommoder quelqu?un qui exige d??tre servi par une personne d?un sexe particulier dans un service public? Si oui, quels seraient les motifs l?gitimes? Etc.

Les dilemmes de l??galit?

Depuis quelques d?cennies, les tribunaux ont formul? la r?gle de ??l?obligation d?accommodement?? pour contrer des situations de discrimination indirecte, comme le fait de ne pouvoir entrer dans un ?difice d?pourvu d?une rampe d?acc?s si on est en chaise roulante, ou de ne pas avoir de menu sans viande, dans un service public, si on est v?g?tarien. L?obligation est fond?e sur les droits associ?s ? l??galit? fondamentale de tous.

Mais que doit-on faire dans une circonstance d?coulant directement d?une vision du monde bas?e sur l?in?galit? des personnes, en l?occurrence celle d??tre une femme ou un homme? Quelle discrimination les gens pr?sents dans la salle d?attente d?une clinique m?dicale observent-ils lorsque le mari d?une femme, voil?e de la t?te aux pieds, r?clame que sa femme soit examin?e par LA gyn?cologue plut?t que par son coll?gue masculin? Quelle serait notre r?action, si la m?me demande d??tre examin?e par une femme ?tait formul?e par la femme elle-m?me, ou par une autre femme, habill?e ? l?occidentale celle-l?? Y verrions-nous une forme de discrimination choquante et inacceptable ou plut?t une demande tout ? fait l?gitime, m?me si elle cause certains ennuis? Et ne serions-nous pas port?s ? l?accommoder, par simple empathie, sans nous poser plus de questions?

Il semble ?vident, dans cet exemple (bas? sur un incident r?el), que le malaise d?coule enti?rement de la perception que cette femme est soumise ? son mari et vient d?un monde discriminant les femmes. L?empathie possible envers la femme est remplac?e par l?antipathie envers le comportement de l?homme. ? nos yeux, celui-ci n?a aucun droit l?gitime d?agir comme il le fait, parce que, dans notre culture, tout le monde a les m?mes droits et les m?mes libert?s.

C?est ce probl?me de l?gitimit? qui est manifeste dans la plupart des incidents qui ont enflamm? la discussion au Qu?bec. Et lorsque les tribunaux ont ?t? appel?s ? se prononcer, ils ont g?n?ralement pass? cet aspect sous silence pour s?en tenir ? une vision plus th?orique du droit, sans ancrage dans une perspective anthropologique, historique et ?volutionniste. La majorit? de la population comprend difficilement.

Pluralisme et l?gitimit?

Dans La?cit?s sans fronti?re, Jean Baub?rot et Micheline Milot ?crivent que ??le pluralisme repr?sente l?un des plus grands d?fis auxquels sont confront?es les soci?t?s actuelles.?? Ceci, disent-ils, met en cause ??la capacit? d?int?riorisation culturelle du pluralisme dans la soci?t? elle-m?me, c?est-?-dire l?acceptation que l?unanimit? n?est ni logiquement n?cessaire ni moralement souhaitable. Cette capacit? d?int?riorisation reste probl?matique dans la plupart des soci?t?s occidentales???

Mais il faut se demander?: de quel pluralisme parle-t-on? Est-il possible d?affirmer une chose et son contraire et les consid?rer justes toutes les deux? Si on la compare ? ce qu?elle ?tait il y a 50 ans, notre soci?t? est infiniment plus pluraliste qu?elle ?tait et accepte sans probl?mes que chacun s?exprime son individualit? de toutes les mani?res possibles. On peut tenter une m?taphore et dire que notre soci?t? n?a aucune objection ? ce que ses citoyens expriment leur pr?f?rence individuelle par toute la gamme des couleurs et leurs nuances infinies. Par contre, elle peut difficilement accepter qu?un groupe particulier nie l?int?r?t et la pertinence de la couleur et affirme que seuls le noir et le blanc devraient avoir droit de cit?.

L?int?riorisation du pluralisme est une chose relativement facile ? accepter tant que le pluralisme des opinions se situe au m?me niveau. C?est la diff?rence entre l?unit? et l?uniformit?. Une soci?t? peut ?tre unie dans son amour de la musique, m?me si les gens ont des opinions diff?rentes sur la valeur et l?int?r?t des styles musicaux. Mais cette soci?t? ne pourra pas ?tre unie si des gens veulent interdire la musique alors que d?autres en font un ingr?dient essentiel de leur vie. On ne peut pas tenir pour ?galement vraies ou l?gitimes des propositions contradictoires comme ??tous les ?tres humains sont ?gaux?? et ??les femmes doivent ?tre soumises aux hommes??. L?acceptabilit? du pluralisme des opinions ne s?applique qu?? des propositions de m?me niveau pas ? des propositions contradictoires ou de niveaux diff?rents.

Il existe donc des diff?rences acceptables par une soci?t? et d?autres qui ne le sont pas parce qu?elles contredisent ou s?opposent aux ??fondamentaux?? de la culture dominante. Ceci existe dans toutes les cultures. Les opposants aux signes religieux ostentatoires n?ont pas enti?rement tort lorsqu?ils parlent de signes archa?ques ou r?gressifs (par rapport aux normes dominantes en Occident).

Contrairement ? ce que semblent affirmer Baub?rot et Milot, une soci?t? ne peut abandonner son d?sir d?unit? (qu?ils confondent ou identifient ? tort comme de l?unanimit?). Ce serait contradictoire avec la d?finition m?me de la soci?t?. Il y a des int?riorisations qui m?nent ? la schizophr?nie. Il me semble que parfois nous n?en sommes pas tr?s loin.

Quelle la?cit??

Un des grands m?rites de La?cit?s sans fronti?res est de rappeler que la la?cit? n?a pas de r?alit? intrins?que, qu?elle varie selon le contexte de chaque soci?t? et qu?elle est appel?e ? ?voluer constamment.

Et il est malheureux de voir et d?entendre des intellectuels r?put?s pr?tendre qu?il n?existe qu?une seule ??vraie?? la?cit?, celle qui vise ? restreindre au maximum la pr?sence de signes religieux dans l?espace public. C?est le cas des Intellectuels pour la la?cit? lorsqu?ils ont t?moign? en commission parlementaire lors de l??tude sur le projet de Loi 94, visant ? baliser les demandes d?accommodement dans les services publics.

Tout le monde s?entend sur le fait que la la?cit? de l??tat implique que celui-ci doive ?tre neutre envers toutes les religions et s?abstienne d?en favoriser ou d?favoriser aucune. Mais est-il vrai de pr?tendre qu?il y a n?gation de la libert? de conscience lorsqu?un fonctionnaire porte un signe religieux, comme l?a affirm? la principale porte-parole des Intellectuels pour la la?cit?? Il est difficile de voir comment un pompier, un postier, un pr?pos? aux renseignements au Minist?re des transports, une infirmi?re ou un m?decin nie ou brime ma libert? de conscience s?il porte un signe religieux. Peut-?tre suis-je heurt? dans mes convictions, si j?ai ?t? traumatis? par l?exp?rience du contr?le religieux sur la soci?t?, mais je peux ?galement consid?rer que cette personne m?informe simplement de son appartenance religieuse, sans que je sache d?aucune mani?re comment elle con?oit sa foi et sans penser qu?elle fait du pros?lytisme. En fait, il n?y a aucune brimade, seulement le heurt de convictions.

Contrairement ? ce que semblent pr?tendre les Intellectuels pour la la?cit?, la neutralit? religieuse de l??tat ne peut pas s?appliquer sans nuance aux employ?s de l??tat. Et, sur ce point, il est peut-?tre appropri? d?apporter une distinction entre un employ? de l??tat et un repr?sentant de l??tat, c?est-?-dire, par exemple, entre un postier, un fonctionnaire, un enseignant ou un m?decin, et un juge, un policier ou un soldat. Certaines fonctions ont une dimension symbolique ?vidente, d?autres non. Et il est l?gitime que cette dimension symbolique manifeste son apparence de neutralit?. Mais m?me si un fonctionnaire ou n?importe quel employ? de l??tat ne porte aucun signe religieux, il ne peut pas mettre de c?t? ses convictions religieuses s?il est un croyant sinc?re. L?absence de signe religieux ne garantit? d?aucune mani?re que les gestes ne soient pas influenc?s par la foi. Quant ? savoir si cela a une quelconque importance pour qu?une t?che soit effectu?e professionnellement ou non, selon les normes de l?organisation, cela d?pend du contexte. Mais on ne pourra pas forcer un m?decin catholique ? pratiquer un avortement s?il croit que sa foi le lui interdit.

Et peut-on refuser des soins ? une femme qui refuse, pour des motifs religieux ou non, de se faire examiner par un m?decin de sexe masculin? M?me si le m?decin se sent heurt? dans ses convictions et qu?il se sent ??discrimin?, la plus grande discrimination serait de refuser les soins ? cette femme ou de lui imposer le m?decin masculin! Il suffit ? ce m?decin d?un peu de recul pour se dire?: ah!, cette personne a des croyances de type conventionnel, d?finies par une autorit? ext?rieure (le pape, l?iman, la Bible, le Talmud, etc.), je n?y peux rien. Par contre, s?il s?agit d?une consultation psychiatrique, il pourrait refuser pour des motifs professionnels de pratiquer sa consultation si cette femme garde le visage voil?. Ce n?est que par le temps et l?exp?rience que les croyances changent, sous l?influence du contexte concret de la soci?t?, de l??ducation, de l?information, de l?entourage, etc.

Le besoin de balises

M?me si certaines des positions des Intellectuels pour la la?cit? semblent d?termin?es par un pr?jug? antireligieux (cons?quence de l?histoire des rapports entre l??glise et le Qu?bec), on peut reconna?tre avec eux le besoin pressant d?avoir des id?es claires pour baliser les intersections entre les pratiques religieuses,? les coutumes archa?ques ou conventionnelles et les institutions collectives.

Les ??fondamentaux?? d?une soci?t? ne peuvent ?tre adapt?s pour se conformer au cas par cas des croyances personnelles, qu?elles soient religieuses ou de conviction, orthodoxes, ??sinc?res??, ou autres. ??Plus nous sommes de gens diff?rents, plus nous devons avoir de valeurs communes pour nous rejoindre??, disent-ils. Vrai que toute soci?t? doit reposer sur un certain nombre de ??fondamentaux?? pour exister, mais les valeurs communes ne s?enfoncent pas par la force dans la t?te des gens m?me si on les impose concr?tement.

Dans une soci?t? h?t?rog?ne et mondialis?e comme le Qu?bec, les valeurs ??communes?? ne peuvent ?tre, au mieux, que celles de la majorit?. Certaines de ces valeurs (par exemple, l??galit? de tous les citoyens sans discrimination de sexe, de race et de religion, la d?lib?ration d?mocratique, la neutralit? religieuse de l??tat et des institutions publiques, la primaut? de la langue fran?aise et les codes de la communication interpersonnelle) font partie des ??fondamentaux?? de la soci?t?.

On peut d?finir ces?fondamentaux comme les codes internes de la soci?t?, ce qui gouverne et d?termine la forme des ?changes et le type d?interactions entre les membres de la soci?t?. Ils repr?sentent l?aspect immat?riel des structures de la soci?t?. Toutes les ??causes c?l?bres?? autour de ce devrait ?tre la la?cit? ont mis en cause les fondamentaux r?gissant les ?changes intersubjectifs selon les normes de la culture majoritaire et? les habitudes d?terminant la nature de ces ?changes?: l?affaire du kirpan, l??tudiante voil?e, l?examinateur f?minin d?un examen de conduite automobile, le jugement Amselem invalidant un r?glement de copropri?t?, etc. On parle ici d?incidents ayant eu un volet de contestation judiciaire, mais plusieurs autres, impliquant des femmes mari?es ? des hommes originaires du Moyen-Orient, sont venus rappeler ? l?imaginaire collectif que ce qu?on appelle les ??valeurs??, qui recouvrent en fait de grands pans de la culture, ne sont pas fond?es sur les m?mes pr?misses partout, loin s?en faut.

Mais avant de d?finir une ligne de conduite g?n?rale, il faudra examiner dans quelle mesure les ?fondamentaux? de la soci?t? sont r?ellement menac?s par des pratiques ou des visions du monde archa?ques ou conventionnelles, lesquelles peuvent ?tre tol?r?es et accommod?es (parce qu?il est impossible de les interdire ou de les forcer ? se transformer et qu?elles ne sont pas vraiment dangereuses ou nuisibles ? l?ordre public), et lesquelles doivent ?tre rejet?es et interdites.

Et ? ce stade-ci des choses, sur le plan concret, on ne peut que constater que le d?bat se situe bien davantage au niveau symbolique que dans la r?alit? de la vie quotidienne. D?crocher le crucifix au-dessus du si?ge du pr?sident de l?Assembl?e nationale ne changera rien ? rien dans la vie de personne,? mais quel symbole!

Les Notes de Sutton sont r?dig?es par Christian Lamontagne

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Bla, bla, bla… Tu parles trop !

Cette vieille rengaine yéyé, chantée par les Chaussettes Noires, chères à Eddy Mitchell, (lien) et ...