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L’Afrique, quel avenir pour ce continent ?

Oui, on peut dresser un acte d’accusation dans lequel, nous les Occidentaux, sommes coupables d’avoir pratiqu? une v?ritable razzia sur l’Afrique Noire : du 15?me au 19?me si?cle la traite et l’esclavage, et depuis 1900 le pillage des ressources naturelles – qui continue puisque ces ressources ne sont pas acquises ? un juste prix – celui qui permettrait aux pays africains d’investir et de se d?velopper -, mais ? des cours dits de march? mondial ( ! ) que nous imposons pour r?aliser des « sur profits » au d?triment de ces populations qui n’en peuvent plus… Oui, on peut dire que depuis des si?cles l’Occident ne tend pas la main ? l’Afrique pour l’aider, mais pour lui mettre son poing dans la gueule ! Mais ayant fait cela, qu’avons-nous apport? ? l’Afrique ? Si l’Afrique s’est ?loign?e de nous depuis l’ind?pendance de quelques ann?es lumi?res de plus, ce n’est d’ailleurs pas uniquement de notre fait, et les raisons n’en sont pas toutes dans ce pass? colonial, loin de l? !
Il faut dresser, devant la d?rive de tous les Etats du continent (y a-t-il des exceptions ?) le constat d’?chec des actions entreprises depuis la d?colonisation, tant sur le plan des aides mon?taires que des transferts de technologies ou encore des multiples aides bilat?rales, puis de poser ensuite la terrible question rest?e justement sans r?ponse depuis un demi-si?cle : que devons-nous faire, en sachant que nous ne trouverons pas dans les exp?riences faites ailleurs – par exemple le plan Marshall en Europe, le d?veloppement de la Chine (toujours communiste apr?s Mao), l’auto suffisance alimentaire atteinte dans les ann?es 90 par l’Inde etc. – de mod?le pour l’Afrique.

Car, nous Occidentaux, ne sommes par seuls coupables et responsables de cette d?rive du continent africain, d?rive unique, sans autre exemple au 20?me si?cle, puisque les autres r?gions du globe qui ont eu a subir aussi les razzias occidentales – mais peut-?tre moins durement surtout en ce qui concerne l’esclavage – ont relev?, peu ou prou, la t?te pour constituer des ensembles dits ?mergents. Ceci veut dire que les Africains ne sont pas ?trangers aujourd’hui ? leur situation, au sort des plus malheureux et mis?reux d’entre eux. Et c’est notre devoir que de le leur dire pour esp?rer cr?er un jour ce cercle vertueux qui fera que nos programmes d’assistance au d?veloppement trouveront un terrain pr?par? pour prendre racines. Mais que faire aujourd’hui au Liberia ou en Sierra Leone ? interdire l’approvisionnement en armes, certes…(on a vu que les machettes pouvaient ?tre l’instrument de g?nocides) ; que faire au Soudan, en R?publique D?mocratique du Congo, en Angola, en Somalie…(la liste est longue) tant qu’un minimum de paix civile n’est pas assur? ; qui irait aujourd’hui investir dans certains des pays, hier encore ?taient consid?r?s comme stables, durablement organis?s, qui sont aujourd’hui soumis ? des tensions tribales qui peuvent provoquer leur ?clatement et d?boucher sur ces d?rives mortelles o? tout l’acquis de leur soci?t? peut dispara?tre (acquis culturel, de gestion administrative, technique, commercial etc.) ?. C’est la r?alit? de ce d?but de si?cle, et nous ne sommes plus les seuls coupables et responsables ! Reste la double question lancinante ? laquelle nous n’avons pas r?pondu : de quoi l’Afrique a besoin et que pouvons nous faire pour satisfaire ces besoins ?

Au-del? de l’action humanitaire (que nous ma?trisons bien) et qui satisfait souvent notre bonne conscience d’occidentaux riches et puissants, face ? ces interrogations de millions de personnes qui souffrent de plus en plus, et de maladies qui affectent l’?quilibre m?me des soci?t?s comme le Sida et d’autres maux end?miques, pouvons-nous d?gager un espace nouveau de r?flexion et d’action ? Pouvons-nous faire table rase de nos certitudes et nous demander comment, avec les africains, nous pouvons apporter – et devons apporter en juste r?paration – ce qui, de nos savoirs et de nos richesses, peut contribuer ? cr?er des Etats nouveaux capables de garantir la s?curit? des personnes et des biens, des Etats o? appara?trait ce quelque chose indispensable au d?veloppement, qu’Alain Peyrefitte avait appel?, dans une ?tude sur le d?veloppement de l’Europe aux si?cles pass?s, « La Confiance ».

C’est une n?cessit? et il y a urgence. Cela ne se fera ni spontan?ment ni de fa?on autoritaire. Nous devons avec les Africains inventer un processus de r?flexion et d’action particulier, nouveau, original, pour arr?ter le massacre, mettre un terme aux guerres civiles, payer le juste prix de ce que l’on ach?te, dispenser les soins, enrayer la mis?re, nourrir les plus d?munis, aider l’action publique, favoriser l’entreprise etc. pour constituer des Etats respect?s, reposant sur des fiscalit?s justes et donnant les services que toute soci?t? r?clame… Mais rien ne se fera sans les Africains.

Faute de quoi nous n’aurons qu’? penser des plaies toujours plus profondes et ? g?rer une immigration d?vastatrice pour l’Afrique et l’Europe, qui sapera les valeurs fondamentales qui rapprochent et unissent les deux continents. Il ne nous restera que l’action humanitaire…pour notre bonne conscience….qui ne sera plus qu’une goutte d’eau dans la mer.

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    Bienvenu au triangle des Bermudes du 21ème siècle. Je me posais les mêmes questions, mais cette fois de l’autre côté de l’océan qui nous sépare, en plein milieu de l’Afrique, au coeur du Niger (si, si). Je suis nigérien, et je le dis comme si l’on déclarait, j’ai la peste, mais je n’ai ni la peste, ni le choléra, ni rien de pareil, je suis juste africain. Je connais bien l’Afrique Occidentale, en surface comme en profondeur, dans ses langues, ses couleurs et ses meurs. Et je m’interroge aussi, sur les lendemains qui nous attendent. Je suis touareg et nomade dans l’âme. Alors je découvre l’Afrique de l’intérieur comme mes ancêtres découvraient le désert.
    L’Afrique est malade, non pas des occidentaux passés ou présents, comme l’Iraq est malade des américains. Si quand même un peu. Mais encore plus malade de la corruption des gouvernements et des élus aux sourires cyniques. Vous avez dit démocratie ? Ici la démocratie est une parodie, comme une pièce théâtrale sur du papier journal. Les voix s’achètent, le pire c’est qu’elles se vendent aussi. Vous avez dit Etat de droit ? Désolé, c’est tout de travers, comme aurait dit Coluche.
    Je ne vais pas vous dépeindre le tableau que vous servent vos télés et en rajouter à votre « mauvaise conscience ». Ici, nous n’avons ni bonne, ni mauvaise conscience. Nous n’avons pas de conscience tout simplement.
    Arrêter d’aider directement les gouvernements, les faux ! élus, les barbares, autres corrompus filous et assassins en col blanc (si j’ose dire en parlant des cols, mais assassin c’est sûr).
    Mais je ne vous donne une solution. Enfin si vous voulez bien. N’envoyez jamais un sou, pas un seul. Et tant que vous le pourrez, militer à la BM, au FMI, et sur tous les plans, bilatéraux comme multilatéraux : pas un sou, pas un dette, pas le traître Dollar, ni le traître Euro.
    Il n’y a qu’une seule frange de la population qui puisse mériter votre aide. Les enfants et les jeunes qui veulent aller à l’école. Donner des manuels scolaires imprimés qui ne peuvent être vendus, des cahiers d’école qui ne peuvent être vendus (avec marqué dessus en gros – INTERDIT A LA VENTE), donner des médicaments seulement pour les enfants –STRICTEMENT INTERDIT A LA VENTE -. Seulement des choses qui ne peuvent être vendues, et jamais, jamais d’argent SVP. Faites aussi que vos ambassades, et tous les organismes qui interviennent dans l’aide contrôlent effectivement que l’aide parvient directement aux enfants et aux jeunes, et que pour cela que le contrôle soit fait par des cabinets d’audit indépendants et réputés pour leur impartialité. Pas ces cabinets occidentaux corrompus qui rodent en Afrique, comme ces médias de la propagande.
    Sachez que chaque sou qui tombe ici enrichit … les riches, et appauvrit les pauvres.
    J’ai dit triangle des Bermudes … oui c’est ça, en pire sans doute. Car ici, tout est de travers, la plus part du temps. Alors qu’au Bermudes, c’était simplement de temps en temps.
    A bientôt, peut-être … sur la toile.