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La vraie charit


PHILIPPE DAVID ? Une r?cente publication de l?Institut de Recherche et d?Informations Socio-?conomiques (IRIS) pose la question?: ??Les prestations d?aide sociale sont-elles trop g?n?reuses??? Cependant, la lecture de cette publication d?voile que ses auteurs se cherchent ? d?montrer que ces prestations ne sont pas en fait trop g?n?reuses. Les auteurs s?objectent dans un premier temps contre la classification d?inapte ou apte au travail, disant que ?a stigmatise les b?n?ficiaires. De plus, ils argumentent que les prestations pay?es aux b?n?ficiaires jug?s aptes au travail sont insuffisantes pour permettre ? ceux-ci de pouvoir s?acheter des v?tements, titres de transport et chaussures pour pouvoir rechercher activement un emploi.

Selon les auteurs, ?ve-Lyne Couturier et Renaud Gignac, les prestations trop basses forcent aussi les assist?s sociaux qui veulent retourner au travail ? accepter des emplois qui pourraient miner leur sant?. Leur solution, trop simpliste, serait de hausser les prestations de fa?on ? ce que les prestataires aient une certaine marge de man?uvre et d?abolir la distinction entre les b?n?ficiaires aptes et inaptes au travail, qu?ils trouvent trop stigmatisante. Ils se prononcent aussi contre le principe de ??workfare?? qui consiste ? int?grer les b?n?ficiaires ? l?emploi ? tout prix. Je vois quelques probl?mes ? leur approche.

Le vrai probl?me des assist?s sociaux

Au d?part, je trouve immoral de forcer, ? la pointe d?un fusil, la majorit? des gens ? faire la charit?. La charit? est un acte volontaire et personne n?a de m?rite ? demander ? l??tat de confisquer le bien d?autrui pour le redonner ? d?autres personnes, aussi n?cessiteuses soient-elles. Vous n??tes vertueux que si vous fouillez dans vos propres poches et que vous donnez par vous-m?me. Ceci ?tant dit, le syst?me existe et avant m?me de songer ? l?abolir, on devrait s?assurer de remettre au moins la majorit? de ses b?n?ficiaires au travail.

Le temps moyen pass? au crochet de l??tat au Qu?bec est autour de 10 ans. C?est aberrant et inacceptable. Aucune soci?t? n?a les moyens d?avoir des centaines de milliers de gens compl?tement improductifs et d?pendants. Malheureusement, plut?t que de faire tous les efforts pour r?duire la d?pendance, le syst?me actuel la cultive et la perp?tue. On se soucie souvent de ne pas stigmatiser les assist?s sociaux, mais quelle fiert? devrait-on avoir ? vivre au crochet de la soci?t? pendant 10 ans de sa vie? Mme Couturier et M. Gignac se soucient de l?effet sur la sant? qu?a une politique de retour au travail ? tout prix. Ils devraient se souvenir de ces paroles de F?lix Leclerc?: ??La meilleure fa?on de tuer un homme est de le payer ? ne rien faire??. De vouloir rendre la vie des assist?s sociaux plus confortable peut sembler bien noble, mais vous ne leur rendrez pas service en enlevant tous les incitatifs qu?ils ont de vouloir s?en sortir.

C?est dans la nature humaine de chercher la voie la plus facile. Nous luttons et travaillons pour survivre, mais nous cherchons tous les moyens pour minimiser le travail que ?a prend. C?est ce qui a beaucoup contribu? ? rehausser notre niveau de vie. Nous b?n?ficions aujourd?hui de beaucoup plus de temps de loisir que n?en avaient nos anc?tres, mais pour b?n?ficier de ces temps de loisir, nous sommes toujours contraints ? travailler. Il faut d?abord gagner du fric pour pouvoir se payer du bon temps. C?est ce qu?on appelle en ?conomie un co?t d?opportunit?. Mais si vous donnez suffisamment d?argent ? quelqu?un sans qu?il n?ait ? travailler pour, nous venons de r?duire le co?t d?opportunit? de ses loisirs. Nous l?incitons donc ? pr?f?rer les loisirs au travail. ? ceux qui me r?pondront que je suis un sans-c?ur de croire que quelqu?un puisse se complaire du maigre revenu consenti par l?aide sociale, je rappelle que plus de 200?000 le font en moyenne pendant 10 ans en n?ayant aucune contrainte physique ou mentale pour les emp?cher de travailler. Si c??tait si stigmatisant, on s?imaginerait qu?ils se d?p?cheraient un petit peu plus que ?a ? se trouver un travail.

Le vrai probl?me des assist?s sociaux est premi?rement qu?ils sont moins employables pour diverses raisons, qu?on exige tr?s peu d?eux et ce, de fa?on illimit?e.

La vraie solution

Tout d?abord il faut commencer par admettre que de vivre sur l?aide sociale n?est pas suppos? ?tre un choix de carri?re.? Que ce n?est pas suppos? ?tre confortable, ais?, ou m?me d?cent. Vivre sur l?assistance sociale, c?est forcer vos voisins ? travailler pour vous faire vivre. C?est suppos? ?tre g?nant et honteux. Assumez-le! Ayez un peu de fiert?! Donc, si ?a peut s?av?rer n?cessaire que la collectivit? s?occupe de personnes qui n?arrivent pas ? se trouver un travail, m?me apr?s avoir ?puis? leur assurance-emploi, cette aide ne devrait pas ?tre illimit?e. ?tre 10 ans au crochet de l??tat est inacceptable.

Pour r?soudre les probl?mes d?employabilit?, la solution ne passe pas par l?augmentation des prestations, quoiqu?on puisse envisager de le faire si on impose une limite de temps. Elle ne passe pas non-plus par une augmentation du salaire minimum, comme le sugg?re les chercheurs de l?IRIS. Si cette derni?re est effectivement un incitatif aux assist?s sociaux de se trouver un emploi, elle est un d?sincitatif pour les employeurs de les embaucher. Pour vraiment aider les assist?s sociaux ? se trouver un travail, il faut rehausser leur valeur. On devrait donc les obliger ? parfaire leurs qualifications existantes, ou d?en acqu?rir de nouvelles, si leurs qualifications actuelles ne sont pas en demande. ?En ayant de meilleures qualifications pour des emplois o? il y a de la demande (et avec le vieillissement de la population, les besoins dans certains secteurs vont devenir de plus en plus criants), non seulement leur sera-t-il plus facile de d?crocher un emploi, mais celui-ci sera plus payant et plus revalorisant.

Nous devrions aussi, si les prospects d?emploi sont limit?s dans leur r?gion, les aider ? se d?placer l? o? les emplois sont plus abondants. De cette fa?on, non seulement allons-nous favoriser leur retour au travail dans un relativement court laps de temps, mais nous leur donnerions la chance de d?crocher des emplois qui sont plus r?mun?rateurs, ce qui est mieux que de lais laisser croupir ind?finiment sur l?aide sociale, par peur qu?ils se retrouvent dans la rue si on arr?tait de leur payer des prestations. ?Il n?en tient qu?? nous de troquer une culture de d?pendance en culture d?ind?pendance. C?est ??a la vraie charit?!

Ecrit par : Philippe David le 13 octobre 2012.

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  1. avatar

    Tant qu’à adopter un raisonnement, suivons-le jusqu’au bout.

    Si l’assistance sociale est d’amoindrir l’incitatif à travailler, portons cet incitatif au maximum et abolissons tout aide à celui qui ne travaille pas.

    « Si y veut pas travailler, qu’y crève! »

    Par contre, s’il travaille on devrait lui donner plus de crédit d’impôt pour l’encourager.

    On ne doit pas obliger un individu à faire la charité; mais on doit obliger un individu à « parfaire ses qualifications existantes ».

    Mais que faire de ceux qui reçoivent de l’assurance emploi? On doit s’assurer de l’incitatif maximal là également; donc abolissons l’assurance emploi.

    Par contre pour l’assurance-maladie, alors là, c’est le principe de l’utilisateur-payeur. Principe que l’on doit établir, non seulement en santé mais partout et pour tout.

    Ouf! Le budget provincial et fédéral peuvent commencer à respirer, enfin. Merci.

    J’ajouterais qu’on devrait allouer un 5 cent de plus sur le litre d’essence pour le maire Tremblay; il a de la difficulté à boucler son budget Pauvre lui.