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La v?ritable nature de l??tat

PHILIPPE DAVID
J’ai r?cemment lu un article tir? d’un livre ?crit par Clarence Darrow (1857?1938) en 1903. Dans cet extrait il parle de ce qu’il croit ?tre la v?ritable nature de l’?tat. Je me permet donc de vous exprimer la teneur de son discours comme suit:

Il semble que partout nous prenons pour acquis que la violence et la force sont n?cessaires au bien-?tre de l’homme. Un nombre sans fin de volumes ont ?t? ?crits et un nombre sans fin de vies ont ?t? sacrifi?es afin de prouver quelle forme de gouvernement est la meilleure, mais peu ont vraiment consid?r? que tous les gouvernements reposent sur la violence et la force.; qu’ils sont soutenus par des soldats, des policiers et des juges et sont contraires ? l’id?al de paix et d’ordre n?cessaires au bonheur et au progr?s de la race humaine.

De temps ? autre il est m?me admis que dans un ?ge plus ou moins distant dans le futur, l’homme ?voluera vers l’ang?lique suffisamment pour que les gouvernements politiques n’aient plus leur raison d’?tre. Cette admission, comme le concept commun, pr?sume que les gouvernements sont bons; que leur devoir consiste ? r?primer le mal et les hors-la-loi et de prot?ger les faibles.

Si l’histoire de l’?tat prouvait que les gouvernements on ?t? form?s dans ce but et remplissaient cette fonction, il pourrait y avoir un fondement pour l’assomption que les gouvernements sont n?cessaires pour pr?server l’ordre et d?fendre le faible. Mais l’origine et l’?volution de l’?tat politique d?montre toute autre chose: ils d?montrent que l’?tat est n? dans l’agression, et que dans toutes les ?tapes au travers desquelles il est pass?, ses caract?ristiques essentielles ont ?t? pr?serv?es.

Les d?buts de l’?tat peuvent ?tre retrac?s aux tout d?buts de l’histoire humaine, alors que le plus fort des hommes primitifs a brandi le plus gros gourdin et avec l’aide de cette arme a impos? son r?gne sur les autre membre de la tribu. Par la force et la ruse, il est devenu chef et il a exerc? son pouvoir, non pas pour prot?ger le faible, mais pour prendre le meilleur de la terre pour lui-m?me et les siens.

Un homme sans aide ne pouvant pas garder la tribu sous sa volont? bien longtemps, alors le chef a choisi des lieutenants, ?galement choisis pour leur force et leurs prouesses et ils re?urent donc une part des fruits du pouvoir pour l’aide et la loyaut? qu’ils ont donn?s ? leur chef. La grande masse ?taien des esclaes, et leur vies et leur libert? ? la disposition absolue des plus forts.

L’?volution des ?ges n’ont que modifi? les apparences de ces premiers ?tats. Le droit divin de r?gner, le caract?re absolu du pouvoir officiel es pratiquement le m?me aujourd’hui dans la plupart des nations du monde que ces chefs primitifs qui ex?cutaient leur mandat avec un gourdin. L’ancien chevalier qui, avec une hache de guerre et une cote de mailles, imposait sa dominance sur les faibles n’?tait que l’anc?tre des r?colteurs et d?voreurs de taxes d’aujourd’hui.

M?me dans les pays d?mocratiques, o? les gens sont suppos?s choisir leurs souverains, la nature du gouvernement est la m?me. Partant des m?mes vieilles id?es de pouvoir absolu, ces d?mocraties ont assum? qu’une forme quelconque de gouvernement ?tait n?cessaire ? la masse, et aussit?t qu’ils se sont d?barrass?s d’une forme d’asservissement, qu’un autre joug a ?t? plac? autour de leurs cous, seulement pour s’av?rer que ce nouveau fardeau soit tout aussi aberrant que le pr?c?dent.

Le peuple d’une d?mocratie ne m?ne pas plus que dans toute autre contr?e. Ils ne choisissent m?me pas vraiment leurs gouvernants. Ceux-ci se choisissent eux-m?mes et par la force, la ruse et l’intrigue, arrivent aux m?mes fins que leurs anc?tres atteignaient avec l’aide de leur massue.

Et qui sont ces dirigeants sans qui les m?chants et corrompus pourraient subvertir les faibles et les sans-d?fenses? Depuis le d?but des temps, ces dirigeants auto-proclam?s ont ?t? coupables des vices qu’ils ont port?s ? la charge du bas peuple dont la rapacit?, la cruaut? et la malhonn?tet? ils pr?tendent combattre si bravement. L’histoire du pass? et du pr?sent prouvent sans l’ombre d’un doute que s’il existe une classe de laquelle la soci?t? a besoin d’?tre sauv?e, ce sont ces m?mes dirigeants qu’on a mis en charge absolue des vies et destin?s des hommes.

? partir des rois qui, les mains sanglantes, d?fendaient ? leurs sujets de tuer leur prochain, au l?gislateur moderne qui, avec une enveloppe brune dans les poches, criminalise les pots-de-vin. Ces dirigeants ont cr?? des lois, non pas pour se gouverner eux-m?mes, mais pour renforcer l’ob?issance de leur serfs.

L’objectif de ce pouvoir autocratique a toujours ?t? le m?me. Dans les tribus primitives, le chef prenait les terres et leurs fruits pour les distribuer ? sa retenue qui l’aide ? pr?server son pouvoir. Tous les gouvernements de puis lors ont utilis? leur pouvoir pour diviser les fruits de la terre entre les favoris?s et par la force et la violence, ont gard? les millions travaillants, patients et souffrants des richesses du monde.

Dans bien des nations du monde, le vrai pouvoir gouvernant se trouvait derri?re le tr?ne, ont souffert que leurs cr?atures et marionnettes soient les dirigeants de leurs nations et ?tats, mais dans tous les cas, les vrais dirigeants sont les forts et ils utilisent l’?tat pour perp?tuer leur pouvoir et servir leur avarice et leur cupidit?.

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3 Commentaire

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    SylvainGuillemette

    Les capitalistes se sont servi de l’État comme bon leur semblait et les prolétaires ont aujourd’hui la chance de s’approprier ce formidable outil de répression. >Vous le condamnez, mais hypocritement, vous admettez que les libertariens voudraient leur propre État, répressif à l’endroit des prolétaires qui refuseraient le dictat de la bourgeoisie que vous défendez.

    Tant qu’il y aura des classes, il y aura des intérêts de classe et la lutte des classes, et dès lors, l’État continuera de servir et d’exister.

    Dans le système capitaliste, l’État sert la cause bourgeoise, déjà, et il saupoudre de soupapes populaires, les esclaves majoritaires, de cette obligation de vendre sa force de travail pour subvenir à ses besoins. L’État que vous dénoncez, c’est le vôtre, qui fut un tantinet trop collé sur «certains» bourgeois, plutôt que restreint à une simple observation…

    Vous condamnez cet État pour les services qu’il offre, mais ceux-là ne sont pas accessibles aux prolétaires qui, contre un maigre amas de capitaux, ne peuvent se les payer. Il n’y a pas de répartition de la richesse dans le capitalisme, alors l’État y pallie. Et c’est collectivement que nous décidions d’appliquer ces mesures sociales, ne vous en déplaise. Ce n’est pas le cas des lois du marché, qui furent imposées par les armes et la force.

    Vous critiquez beaucoup l’État, mais vous n’êtes qu’un hypocrite. Je vous avais fait dire, d’ailleurs, que vous auriez votre propre État, pour faire respecter la propriété privée des moyens de production, et VOS lois.

    Ce texte se veut la critique des fondations de nos sociétés, et de l’État, mais l’hypocrisie que vous représentez transpire au-delà de vos prétentions.

  2. avatar
    SylvainGuillemette

    «…les vrais dirigeants sont les forts et ils utilisent l’état pour perpétuer leur pouvoir et servir leur avarice et leur cupidité….»

    Ha ha! Elle est bonne, celle-là! Les vrais dirigeants, ce sont les bourgeois! Indéniablement! Vos amis…

  3. avatar
    SylvainGuillemette

    Je suis heureux de voir qu’en passant les vieilles vomissures de ce libertarien, vous repassez également ma critique de cette couche pleine.

    Et je réitère.

    L’État n’est qu’un outil, ce n’est pas lui qui donne aux bourgeois et aux prolétaires, des intérêts communs qui les font s’allier.

    Il faut distinguer un État capitaliste de celui des socialistes, d’autant plus qu’hypocrites qu’ils sont, les libertariens mettraient en place leur propre État, leur propre police, ironiquement parce que des propriétaires de moyens de production se lieraient pour aller en ce sens.

    Bref, en bout de ligne, il faudrait à tout prix respecter la propriété privée, même si elle n’a pas plus partagée et c’est pourtant le nœud du problème, que ne voient pas les libertariens, assoiffés par l’enrichissement personnel.

    Philippe David nous disait, à nous les socialistes, que nous n’y comprenions rien. Or, je doute fortement que M. David puisse lui-même comprendre les intérêts de classes nous permettant d’arriver à ces conclusions, puisqu’il nie leur existence, ainsi que celle des classes elles-mêmes.

    Il dit, plutôt, que le salarié et l’employeur s’entendent et qu’ainsi, il n’y a pas d’exploitation. Or, ce n’est pas parce que la vache trouve une entente avec l’éleveur, qu’elle s’en trouve moins exploitée pour son lait.

    En réalité, cette entente se trouve en être sur les modalités d’exploitation. Alors oui, ils s’entendent, parce que le système est ainsi fait et qu’il n’y pas 1000 autres chemins et cette entente est faite sur les modalités de l’exploitation du labeur du salarié, par l’employeur.

    C’est indéniable. D’ailleurs, l’employeur salarie son employé. M. David disait que, s’il n’y avait pas de profit, il n’y avait pas d’exploitation.

    Et alors? C’était néanmoins le but de l’opération que de faire des profits et m’en témoignent les mises à pied quand rien ne va plus. Les salariés goûtent au chômage…

    Bref, les relations en employeurs et salariés est celle-ci: La minorité parasitaire bourgeoise exploite le labeur des salariés.

    Par le profit ensuite, les employeurs et les investisseurs sont aptes à investir dans d’autres moyens de production, lesquels concentreront la richesse en leur sein.

    Bref, la couche pleine de Phillipe n’apporte rien, elle fait tout simplement rêver les libertariens d’un monde meilleurs où l’asservissement total des travailleurs aurait eu lieu et où ces salariés seraient dociles au dictat nouveau, qui serait en fait le même, avec en moins les outils du prolétariat pour se défendre contre l’oppression et l’exploitation (syndicat)*.

    *Il y aurait sans doute encore, des Conseils du Patronat, etc.. L’hypocrisie et la bêtise de ces libertariens n’ont pas de limite.