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La très étrange histoire liée au meeting de Trump du 6 janvier

Celle-là, franchement, je ne m’y attendais pas. A avoir été intrigué par le propos d’une des organisatrice du meeting qui a précédé le ravage du Capitole, j’ai donc cherché à savoir ce qui se cachait derrière. Ou plutôt comment avait-on organisé sa sécurité, étant donné la taille du public venu en masse, et dont certains possédaient bien des armes comme on l’a découvert.

Et là surprise, puisque nous allons replonger après quelques détours en pleine Guerre Froide, ce qui est pour le moins, à vrai dire, plutôt inattendu !!!

 

Reprenons donc à la déclaration à l’origine de ces découvertes prononcée ici au sein de Star Tribune :

« Kimberly Fletcher, présidente de Moms for America, a déclaré qu’elle ne savait pas que la campagne Trump avait joué un rôle dans le rassemblement à l’Ellipse avant le jour de l’an. Bien qu’elle n’ait pas travaillé directement avec la campagne, Fletcher a remarqué un changement dans la question de savoir qui était impliqué dans le rassemblement et qui parlerait ».

Un changement, qui avait eu pour premier résultat ceci :

« Quand je suis arrivée et que j’ai vu la taille de la scène et tout, je me suis dit: » Wow, nous n’aurions pas pu nous le permettre «  », a-t-elle déclaré » . En résumé, l’une des organisatrices officielles s’était fait doubler par quelqu’un d’autre et elle le découvrait le jour de l’événement seulement !! « C’était une grande étape. C’était une étape très professionnelle. Je ne sais pas qui était à l’arrière-plan ou qui l’a monté ou quoi que ce soit. » En plus de la grande scène, le rallye sur l’Ellipse comprenait un système audio sophistiqué et au moins trois écrans de style Jumbotron projetant l’image du président à la foule. Des vidéos publiées en ligne montrent Trump et sa famille dans une tente privée voisine regardant le rassemblement sur des moniteurs alors que la musique retentissait en arrière-plan ». Le décor aussi avait changé : les bus étaient encore siglés « March fort Trump », mais sur scène c’était devenu « Save America Rally ». Pourquoi donc la raison est simple : si ça tournait au vinaigre, comme tout le monde s’y attendait avec la présence prévue des Proud Boys (1), on éviterait ainsi d’y associer le nom de Donald Trump ! CQFD !

Première surprise, donc, pour l’une de celles censée être l’organisatrice du meeting qui n’était au courant de rien et s’était retrouvée avec un matos pas possible étalé devant ses yeux, elle qui n’avait fait jusqu’ici que des petits meetings, bien loin des dizaines de milliers de personnes présentes ce jour-là.

On sait depuis que trois organisatrices de l’administration Trump avaient pris les choses en main : Megan Powers, Caroline Wren, et Maggie Mulvaney, Kylie Ann Kremer servant seulement de paravents (lire ici), comme sa mère d’ailleurs (les deux étant à l’origine de la fondation de Women for America First, vite devenu une organisation anti-confinement chapeautée par… Ivanka Trump).

Donald lui, sûr de son coup, pouvait lancer les invitations sur Tweeter, appelant à y venir dès 7 h du mat, alors qu’il ne devait parler qu’à 11. Et ne le fera qu’à 12 heures, en fait.

 

Déjà, « stop the steal » comme slogan

Sa première manifestation, à Kimberly Fletcher, était à propos du premier Impeachment, en 2019. Ça avait été un four complet, en fait. Ses bannières affichaient « “Stop the Coup”, à l’encontre des démocrates, bien sûr, à l’époque. Aucun féminisme là-dedans, c’était déjà du pur téléguidage venu de la Maison Blanche. Comme intervenants au micro il y avait eu l’inévitable agitateur Jack Posobiec, celui qui avait été pris en flagrant délit de porter une pancarte « Rape Melania » lors d’une manifestation pour accuser les Antifas (déjà !) et l’ancien Navy Seal Jonathan Gilliam, auteur du livre Sheep NoMore depuis repris par le merchandising… et QAnon. Comme républicain, aucun ténor ne s’était déplacés ou presque : Steve Scalise (Louisiane), John Rutherford (Floride) et Doug Collins (Georgie) seulement avaient fait le déplacement. A l’hôtel Willard, où le groupe était descendu, Jonathan Gilliam n’avait rien trouvé de mieux que de se bagarrer avec les invités d’un mariage adjacent, pas vraiment trumpistes. Posobiec avait déjà été invité le 5 octobre 2018 à un forum avec Kathryn Serkes, Amy Kremer et… Katrina Pierson du Tea Party, devenue la porte-parole de Trump en 2016.  Elle est à nouveau intervenue le 6 janvier dernier sur scène comme on l’a vu. C’est aussi cet organisme qui avait créé le groupe Facebook « Stop the Steal« , vite effacé des tablettes du net (Facebook, Twitter) au lendemain même de l’élection pour propagation de désinformation, notamment avec l’histoire ridicule du « sharpiegate«  , lancé notamment par Matt Schlapp, que Trump s’était empressé de reprendre alors qu’elle n’était fondée sur rien de tangible et n’était qu’un racontar idiot qui avait pris de l’ampleur. Le site était miné de complotistes plus débiles les uns que les autres, influencés par QAnon : l’un d’entre eux, avec beaucoup de succès, avait inventé la thèse comme quoi « leur plan est d’éliminer Joe Biden comme inapte et de mettre Harris, s’il vous plaît Dieu, laissez Donald Trump l’emporter »... drôle de scénario !!! On y trouvait déjà un logo « Fraud », avec deux courbes dessinées, que l’on retrouvera sans surprise porté par les envahisseurs du Capitole, dont de très jeunes (ici à droite).

 

La veille des émeutes, un meeting se tenait au Freedom Plaza et Trump jubilait déjà en entendant la sono débiter les invectives de son infect allié Alex Jones : à 17 heures il le tweetait déjà (ici à gauche)… Le soir, Alex Jones chauffait déjà la foule comme décrit ici. il y criait « Nous déclarons 1776 contre le nouvel ordre mondial.… Nous devons comprendre que nous sommes attaqués, et nous devons comprendre qu’il s’agit de la guerre du XXIe siècle et nous mettre sur le pied de guerre. » Un Jones qui ne cessera le lendemain d’arpenter les pelouses de l’Ellipse pour lancer ses troupes à l’assaut, avec son éternel mégaphone (cf ici à droite)…

Un garçon coiffeur ukrainien et un retraité alcoolique Letton ?

Le 6 janvier, nous voici donc avec une énorme scène installée sur l’Ellipse, dans l’axe exact de la Maison Blanche (alors que le plan initial interdisait de la construire ainsi  : en somme il était hors-normes et n’aurait jamais dû se tenir, une commission ad hoc devant rejeter la construction, selon les norme en vigueur dans le show-biz !!).  On note sur le même plan que tout le matériel tient en 8 camions, dont Penske,  un Intercontinental et un semi-remorque Freightliner). Plus deux chariots à fourche JLG bleus de location qui serviront en fait à monter en hauteur une partie de la sono, pour couvrir tout le parc !!! A noter que les déplacements à partir de l’Ellipse avaient été INTERDITS (« This permit does not authorize a march from the Ellipse »), la pelouse de l’Ellipse étant alors encore en soins intensifs !! Deux infractions notoires outrepassées par cette équipe qui se sera tout permis !!!

Et le grand gourou organisateur des festivités du jour, sono et grands écrans compris, s’appelle « Tim Unes, (ici à gauche), le fondateur et président d’Event Strategies Inc (ESI), était le «régisseur» du meeting du 6 janvier, selon les documents d’autorisation. Lunes a des liens de longue date avec Trump, une connexion qu’il met en évidence sur le site Web de son entreprise. La campagne présidentielle de Trump a payé 1,3 million de dollars à Event Strategies en 2020 pour des «services audiovisuels», selon les dossiers de financement de la campagne. La société a refusé de commenter cette histoire. » Event Strategies, c’est à noter, est installé à Alexandria, en Virginie, c’est en fait tout près de Washington : les camions d’Event Strategies ne mettront que 20 minutes pour amener la sono. Et pour ce qui est de ne pas expliquer ses liens exacts avec Donald, on va vite comprendre pourquoi…

C’est la première surprise de cette organisation, en fait une demie, car si on parle aujourd’hui de Tim Unes comme patron, on oublie une chose : son entreprise a été créée par trois personnes : Tim Unes, Bobby Peede (ici à droite, il est devenu entretemps « Presidential Advance » un assistant chargé de réunions de Donald Trump !!!), mais aussi un dénommé… Paul Manafort ! On a retrouvé trace de leur activité commune… en Ukraine, avec ses trois camions bourrés de matos de sono pour faire des meetings politiques !!! Ceux de Viktor F. Ianoukovych , le client de Manafort !!! Ou entretenir un campagne électorale, avec des méthodes rodées et surtout musclées, retrouvées écrites noir sur blanc… Un bon commanditaire, qui lui a laissé 12,7 millions de dollars !!! Plus 18 millions à se partager avec le magnat russe Oleg Deripaska, un proche allié de Vladimir Poutine !!!  Parmi les paiements douteux relevés par le député devenu journaliste Leshchenko, le règlement à Manafort d’une facture signée en 2009 pour avoir vendu pour 750 000 dollars d’ordinateurs à une société enregistrée au Belize, appelée Neocom Systems Ltd, dirigée par un certain Evgeniy Kaseev (l’autre étant April Limited). Kaseev, un simple… garçon coiffeur (ici à droite, retrouvé par  le New-York Times !) !!! Il servait de boîte aux lettres de Manafort ! Un système dénoncé par Rick Gates, condamné en décembre 2019, quand il s’est senti visé… Un autre prête-nom, Erik Vanagels, «  a hard-drinking pensioner in Latvia » (un retraité poivrot !) étant l’heureux propriétaire fictif de sociétés en Grande-Bretagne, Chypre, Irlande, Nouvelle-Zélande, et au Panama !!!

Le tout est contenu dans le livre The Black Ledger. Avouez que ça démarre fort avec cette drôle de boite d’organisation de spectacles créée par celui chargé des réunions personnelles de Donald Trump ! Et attendez, ce n’est pas fini !! 

L’étrange service d’ordre du meeting

Car ça va pas s’améliorer en effet. Visiblement, étant donné l’urgence, Event Strategies avait recruté aussi au plus près pour se fournir en service d’ordre. Les papiers officiels des préparatifs nomment la société DAI (Deanovich Associates Inc, installée à Frederick dans le Maryland, à une heure de voiture de Washington) comme responsable de la sécurité, y compris de la surveillance nocturne du site, pour protéger le matériel. Les directives données étant celles de « porter des polos noirs sur des pantalons « Battle Dress Uniform », des treillis, avec des « masques verts« , plus des « moyens de communications, radios et casques » Les noms des spécialistes étant le patron, David Deanovich et trois « superviseurs sur place » : Lyndon Brentnall, Leigh Woods et Zachary Rugen, tous de chez DAI. Le dernier se présentant aussi comme responsable de « NightClub Security Services ». Bref, on joue petit là… DAI est en effet une toute petite société familiale dont le patron présente un drôle de CV : « en 1994 il avait été condamné à quarante-neuf mois d’emprisonnement pour complot en vue de commettre un vol de banque à main armée et utilisation d’une arme à feu lors d’un crime violent » note son registre judiciaire. Comme l’affaire est petite (une vingtaine de personnes au maximum), elle est associée à deux autres sociétés de sécurité : une minuscule, appelée Spartan, de Frederick dans le Maryland, un magasin assez succinct d’équipements « tactiques », présenté comme une « entreprise d’articles pour activités extérieures et sportives«  qui s’affichait ouvertement pro-Trump et qui est aujourd’hui en faillite et a été fermée (cf ici à gauche), et une seconde qui va nous intéresser davantage, appelée GTI, pour Government Training Institute, un drôle de nom qui sent l’équipe de mercenariat à plein nez. Le patron de DAI a certes quelques clients à nous montrer,ils ne sont pas nombreux, mais il nous en révèle un qui vaut le détour (ici à droite) : c’est Ted Cruz, l’un de ceux à avoir tenté de bloquer la nomination de Joe Biden en déposant une demande d’examen des votes !!!

Drôle de coin pour s’entraîner

L’endroit situé en Caroline du Sud, où s’entraîne GTI, est assez étonnant, avec ses bâtiments de tôle rouillée, un labyrinthe de couloirs et de passerelles, avec des kilomètres de tuyaux et de fils, des laboratoires sans fenêtre et un réservoir de refroidissement de plusieurs étages. Et un énorme logo à titre de mort peint sur une façade. Il y a aussi une bien étrange salle, comme on peut le voir ici à gauche. L’endroit étonne, on dirait un paysage industriel à l’abandon. Et c’est exactement ça en fait !

GTi s’est installé là car ça ne lui coûte rien (à part de se faire irradier !!). La municipalité de Barnwell fait tout pour re-développer la zone industrielle sinistrée, annoncée comme décontaminée, bien sûr, en l’équipant d’arrivées d’eau, d’électricité et même de fibre optique en rappelant que c’est également « proche des ports et des aréoprorts de Charleston et de Savannah » (Georgie). Mais ça peine à venir, et quelque chose ne va pas y aider. Figurez-vous en  effet qu’on s’y est mal pris pour l’enfouissement, et qu’aujourd’hui ça fuit de partout !!! Des photos ahurissantes de gros fûts et de blocs de béton même pas mis sous terre interpellent en effet… (ici à gauche). « Dans une décision acclamée par les opposants à une décharge de déchets nucléaires du comté de Barnwell, la Cour suprême de la S.C. a statué mercredi que l’exploitant de la décharge n’avait pas respecté les réglementations visant à empêcher les déchets radioactifs de s’infiltrer dans les eaux souterraines sous le site. Les écologistes ont déclaré qu’ils s’attendaient à la décision de forcer l’exploitant de la décharge Chem-Nuclear à adopter des pratiques d’élimination plus strictes qui arrêteraient les fuites de la décharge. L’avis de 28 pages du tribunal ordonne au ministère de la Santé et du Contrôle de l’environnement de la S.C. de revoir la façon dont les exploitants gèrent le site d’élimination de 235 acres. La décision a déclaré que l’opérateur de la décharge Chem-Nuclear avait violé les règles de l’État qui ont été écrites pour empêcher les précipitations de pénétrer dans les tranchées enterrées et l’eau polluée de s’infiltrer hors des fosses. La décharge de déchets nucléaires de faible activité du comté de Barnwell, qui a ouvert ses portes en 1971, a déversé du tritium radioactif dans les eaux souterraines près de la rivière Savannah. Beaucoup de ses tranchées n’ont pas été couvertes tant qu’elles n’ont pas été remplies, exposant les déchets aux précipitations. Les voûtes dans les tranchées qui contiennent des déchets ont des trous, permettant à l’eau contaminée de s’échapper. «En bref, le tribunal a jugé que la licence ne respectait pas les dispositions réglementaires visant à minimiser le contact entre les déchets et l’eau», selon un communiqué de presse du S.C. Environmental Law Project, qui contestait les pratiques d’élimination de l’entreprise« . Et attendez, il y a pire encore…

Un des endroits les plus radioactifs au monde

A 20 km à peine à l’Ouest de Barnwell, c’est dans ce secteur en effet que l’on a décidé en 1950 de construire les bombes atomiques H sur les 776 km2 entre Aiken et Barnwell, à Ellenton exactement, avec 260 millions de dollars à la clé pour démarrer. Ça a été radical : on a en effet viré toute la ville et ses habitants (et déplacé son cimetière) !! « Le 28 novembre 1950, la Commission de l’énergie atomique des États-Unis et la société E. I. du Pont de Nemours ont annoncé que l’usine de Savannah River serait construite sur environ 300 milles carrés des comtés d’Aiken, Barnwell et Allendale en Caroline du Sud. L’usine de Savannah River a été construite pour la production de plutonium et de tritium pour la bombe H. Environ 6 000 personnes et 6 000 tombes devaient être déplacées. Cela comprenait les communautés constituées d’Ellenton et de Dunbarton et les communautés non constituées de Hawthorne, Meyers Mill, Robbins et Leigh. Dans cette zone rurale relativement pauvre, une fraction importante des personnes déplacées étaient des agriculteurs et des métayers afro-américains ». Bref, ce sont les noirs qui ont trinqué !!! Une première fois on va dire, déjà.

C’est la Savannah River bomb plant, que l’on édifie alors à toute vitesse, un ensemble de bâtiments avec réacteurs nucléaires parmi les plus pollués au monde, aujourd’hui. Il fallait faire vite : les russes ont fait sauter la leur de bombe H, l’année suivante, en 1953, et ce, à la surprise générale, car on ignore alors les  travaux de Sakharov (ici à gauche et à droite). Et comme on a vite, on oublie certaines précautions : et ça va durer hélas trente ans, raconte ici l’excellent Post and Courrier : « en 1987, le Congrès a réalisé que l’usine de bombes de Savannah et d’autres parties de l’industrie des armes nucléaires très éloignée du pays étaient des endroits dangereux –  des décharges radioactives fuyantes. Des témoignages aux audiences du Congrès ont retrouvé des décennies de secret gouvernemental révélant un bilan déchirant d’accidents et d’erreurs qui auraient pu déclencher des catastrophes nucléaires rivalisant avec Three Mile Island et Tchernobyl. Rien qu’à l’usine de Savannah River, les dossiers détaillaient 30 incidents graves et des niveaux élevés de cancer et d’autres affections parmi les travailleurs. La plupart se sont produits dans les années précédentes, lorsque la technologie était nouvelle et que la vitesse était essentielle. Deux des incidents se sont produits en 1970. L’un a déclenché un épisode près de Three Mile Island lorsque des barres de combustible ont fondu dans le réacteur C alors que l’eau de refroidissement était trop basse parce que les techniciens avaient ignoré un arrêt automatique du réacteur et tenté de le redémarrer trois fois. L’autre incident a impliqué le rejet de grandes quantités de rayonnement dans une pièce du réacteur K alors que les techniciens ont ignoré une alarme de rayonnement pendant deux heures.
Le nettoyage a duré trois mois, exposant 900 travailleurs à des niveaux élevés de rayonnement. En 1965, les techniciens de Reactor C ont ignoré une alarme d’avertissement pendant 15 minutes avant que les travailleurs ne remarquent que 2 000 gallons d’eau de refroidissement s’étaient déversés sur le sol. Le déversement a fait chuter dangereusement l’eau de refroidissement à l’intérieur du réacteur à pleine puissance, menaçant une fusion. Et en 1960, une réaction nucléaire en chaîne dans le réacteur L est presque devenue incontrôlable. La puissance dans le réacteur a augmenté 10 fois plus vite que ce qui était considéré comme sûr. Les techniciens ont provoqué la quasi-catastrophe en ignorant les procédures et en tirant sur les barres de sécurité et de contrôle pour redémarrer le réacteur après qu’il se soit arrêté automatiquement. Les responsables de l’usine ont reconnu que les techniciens ignoraient parfois les alarmes et les instruments d’avertissement en raison de nombreuses fausses alarmes. Ils ne voulaient pas risquer la perte de temps coûteuse pour arrêter les réacteurs, effectuer des contrôles de sécurité et redémarrer. L’indignation suscitée par les défaillances précédemment dissimulées, ainsi que d’autres préoccupations, a conduit le Congrès à créer un conseil indépendant en 1988 pour superviser les questions de sécurité, de santé et d’environnement dans les installations nucléaires et pour tenir le public informé. Pour des milliers de travailleurs actuels et anciens de l’usine de bombes, il est arrivé trop tard. Beaucoup avaient été exposés à des doses de rayonnement excessives, parfois mortelles, au cours des trois premières décennies d’exploitation de la centrale. Les audiences du Congrès ont révélé que la sécurité passait au second plan de la production »
. On a fait depuis sauter les tours de refroidissement, mais les réacteurs arrêtés contiennent toujours du plutonium 239 et ne seront accessibles au démontage que dans 50 ans. Un ouvrier du démontage, il y a quelque temps, passe un compteur Geiger sur sa chaussure : il grésille et indique un taux effarant de césium 144 indique l’article : un cafard s’était promené dessus un peu avant. On examine le cafard, idem il est radioactif et provient du site de la Savannah River ! Ne cherchez pas non plus de quelle couleur étaient les ouvriers recrutés pendant des années par les dirigeants (blancs) en ne leur offrant pas toutes les garanties de protection contre les radiations. Aujourd’hui à New Elleton c’est la population noire qui est la plus touchée par les différentes formes de cancer…

Un rappel de la folie de l’époque

Allez, difficile de ne pas citer aussi en ce cas un fait inquiétant lié à la folie nucléaire, qui s’est produit à à peine 133 miles au nord-est de Barnley en 1958, le 11 mars. Ce jour là, un paisible habitant, Walter Gregg (ici à droite), a entendu un sifflement et après plus rien : lorsqu’il a émergé, sonné et étourdi, sa maison est en miettes, des trous partout dans les murs. Son voisin idem. Son chat (qu’il tient ici dans les bras) miaulant dans les débris et sa montre de gousset retrouvée arrêtée pile à 17h24. Dehors, des enfants étaient blessés, dont Ella Davis Hudson, éjectée elle de sa maison et retrouvée en sang près de la voie de chemin de fer. Un voisine, Mary Cantley de Mars Bluff, a pu voir ce qui s’était passé. C’est une énorme bombe qui était tombée du ciel, largué par mégarde d’un Boeing B-47, sans avoir été activée heureusement ; elle était atomique et faisait deux fois la puissance d’Hiroshima!!!  Ce qui a explosé ce sont ces détonateurs de sécurité. Elle a fait un trou gigantesque (ici à gauche), qui aujourd’hui encore demeure visible et devient une mare après chaque pluie. A cette époque, un grand malade sévissait comme général, Curtis LeMay, qui, obnubilé par les « commies » autant que les émeutiers du Capitole, avait décidé de faire voler 24 heures sur 24 des avions emportant des bombes nucléaires, au cas où. Ça a coûté une fortune (en pétrole), ça n’a servi à rien, sinon qu’à en perdre un peu partout sur cette planète, dont certaines que l’on a toujours pas retrouvées. On les appelle des Broken Arrows (ici la longue liste des pertes ), du nom d’un célèbre feuilleton télévisé (« La flèche brisée » ici en France). Avant celle-là, il y avait eu la bombe tombée à El Paso.  Celle-là, un modèle à hydrogène la Mk.17, tombée d’un gros B-36, avait provoqué la mort… d’une vache !!! Avant il y avait eu au Canada, en Colombie Britannique au-dessus du St-Laurent, à Thulé (lire ici aussi) et à Palomares en Espagne encore. Et même un mois avant notre creuseuse de cratère, une énième bombe perdue vers la plage de Tybee Island, à 30 km de Savannah, en Georgie (et donc pas loin non plus de notre lieu du jour !). Un B-47 piloté par le Colonel Howard Richardson, auteur de 35 missions de bombardement en B-17 au-dessus de l’Allemagne, avait été heurté ce jour-là en plein vol par un autre avion US (un chasseur F-86H) et il avait largué sa bombe par sauvegarde : ici à droite son réacteur extérieur droit s’est retrouvé dans cet état à l’atterrissage… On ne l’a appris qu’en 1990. On ne l’a jamais retrouvée, cette fichue bombe atomique (des pêcheurs l’auraient vue !), et les fonds marins de cette charmant station balnéaire indiquent régulièrement des taux de radiation fluctuants. A Goldsboro, le 23 janvier 1961 on en retrouvera une autre plantée tout droit dans un jardin (ici à gauche). Confirmation : ce genre de légume encombrant ne repousse pas, c’est sûr !

Trump : kompromat

Bon vous allez me dire on s’est beaucoup éloigné de Trump là. Détrompez-vous : juste avant de partir il avait fait une croix, cet imbécile, sur le traité New Start de prolifération nucléaire avec Poutine. Avec ça il y en a encore 3000 au maximum qui pourront on non tomber dans notre jardin et c’est déjà mieux qu’avant !!! Plus non plus d’Open Skies, cet accord fondamental si particulier qui permettait aux deux camps de sillonner le ciel toutes caméras et détecteurs en marche.

L’un des premiers soucis de Joe Biden a été de re-négocier cet abandon ennuyeux pour la paix dans le monde. Trump aura joué avec le feu, mais avec la planète entière. Quant à savoir pourquoi, un livre signé Craig Unger, celui qui écrit l’excellent Boss Rove sur les tripatouillages de votes qui ont mené G.W.Bush au pouvoir, va nous l’apprendre (enfin) en détail. Il s’intitule American Kompromat (cela reprend pas mal de détails d’un précédent ouvrage, « House of Trump, House of Putin« ). Et il confirme une thèse que Donald a tant dénigrée et pour cause, c’est celle de l’espion anglais Christopher Steele: avec ça, Poutine l’a toujours tenu par les c.. en effet. Le régime russe l’a sauvé plusieurs fois de la faillite, en demandant en retour quelques compensations. En somme que Donald Trump était bien devenu… un agent russe !!!

(1) révélation gravissime hier soir, avec la découverte d’une réunion fort particulière qui s’est tenue à l’Hôtel Trump de Washington, là où tous les coups fourrés ont été préparés, comme vous le savez depuis cet article. Toute l’équipe proche de Trump y était, ainsi que des politiques mis dans la confidence comme quoi il il allait « se passer quelque chose » le lendemain. La preuve d’une préparation de complot, avec des gens bien impliqués comme Kimberly Guilfoyle, en discussion directe au téléphone avec Ali Alexander, l’organisateur d’une des manifestations, qui a appelé à l’émeute, son mari Don Jr, mais aussi l’inévitable Rudy Giuliani et l’autre inratable Michael Flynn, le QAnoniste déclaré du lot, et le directeur de MyPillow, Michael Lindell, qui avait lui déjà demandé à Trump de proclamer la loi martiale. Peter Navarro y était aussi comme Tommy Tuberville et Charles W. Herbster, Adam Piper, représentant des procureurs nationaux, (j’avais personnellement cité et mis en cause pour la Republican Attorneys General Association Steve Marshall, le financier de l’association rappelez vous !) David Bessie, vieux magouilleur chez Trump, Corey Lewandoski, organisateur de campagne de Trump et chef de file des plaignants sur les conditions de vote, comme on l’a vu à plusieurs reprises. Plus un ou deux hommes politiques indéterminés encore. L’auteur de la fuite audible ici étant Daniel Beck, pro-Trump directeur de l’application TxtWire. Tous les ingrédients du coup d’Etat du lendemain sont là ! Je vous avais dit que le Trump Hôtel avait un rôle fondamental : c’est là je vous rappelle que Trump et Lindsey Graham ont rencontré Joseph Biggs, le leader des Proud Boys, aujourd’hui en prison (ici à gauche) !

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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