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La solution ??moderne?? de l?autobus

 

JEAN PIERRE BONHOMME

La semaine derni?re un journaliste repr?sentant un grand journal a donn? sa solution au probl?me de la contamination environnementale?: les autobus. Selon son argumentation l?augmentation du nombre des autobus faisant la navette entre la lointaine banlieue et le centre-ville r?glerait bien des probl?mes, notamment ceux de la contamination de l?air, du d?sengorgement des grandes autoroutes et de la diminution de la surface des terres agricoles?; rien que cela! La multiplication des autobus permettrait ainsi aux banlieusards de r?duire leur d?pendance ? la voiture automobile, l?instrument le plus polluant de l?histoire de l?humanit?.

Comme dans tout d?bat il y a du vrai dans cette th?se?: certains citoyens seraient vraiment tent?s de prendre ces transports communautaires au lieu de la voiture priv?e? Mais rappelons-nous cette remarque cynique?: ?les citoyens de Laval ou de Repentigny sont en faveur du m?tro ou de l?autobus parce que cela inciteraient leurs voisins ? prendre ces moyens collectifs et que cela leur permettrait ? eux-m?mes de se rendre plus rapidement au centre ville avec leurs propres voitures. Mais passons.

Au fond des choses toute la question environnementale relative ? la dispersion urbaine rel?ve de la planification des ville; elle est tributaire des sciences de l?am?nagement urbain et de l?architecture. En d?finitive s?il y a probl?me de contamination ou d?engorgement c?est ? l??tat de le r?gler, d?y rem?dier.

Au Qu?bec l??tat ? l?organisme qui veille au bien commun ? a ?t? d?une n?gligence coupable. D?abord il n?a pas cr?? de minist?re ou d?organisme qui veillerait au bon usage du sol (hormis une modeste protection de certains sols agricoles) et il a laiss? l?am?nagement des villes entre les mains des petits maires li?s ? des int?r?ts p?cuniaires douteux. Il en r?sulte que toutes les familles qu?b?coises d?ancienne souche sont partis vivre dans les champs de patates; oui presque toutes. Et dans des maisons qui ne gagneront pas toutes, loin de l?, des prix d?architecture. Ces maisons, du reste, s??tendent de plus en plus loin autour de la m?tropole et de la capitale (oui la ?vieille? capitale) et il y en a qui commencent ? s?approcher de Trois-Rivi?res! Le gouvernement du Qu?bec, responsable en l?instance, ne se formalise pas, il regarde le train passer; oui, certes, lui qui n?a pas de minist?re de l?am?nagement. L?am?nagement urbain, au Qu?bec, c?est le profit des promoteurs!? Un professeur d?architecture me soufflait ? l?oreille, l?autre jour, qu?il n?a personne ? qui parler, au gouvernement, s?il veut discuter de la bonne planification du territoire! La barque de l??tat n?a pas de gouvernail!

Signalons ici qu?en bien des pays la protection des paysages est prise en charge par l??tat.

Si les paysages fran?ais sont si attachants, s?il y a 70 millions de touristes dans ce pays-l?, c?est parce qu?il y a un minist?re de la Ville, et que maints organismes r?gionaux agissent pour emp?cher la dispersion.

Personne ne s?en souvient, mais le premier ministre Ren? L?vesque, avait propos? l?adoption d?une mesure qui aurait r?gl? bien des choses urbaines. Il avait propos?, dans son premier programme, la municipalisation des sols sur le territoire national. Une des raisons de la dispersion urbaine pernicieuse au Qu?bec c?est le prix du sol. Le sol p?riph?rique co?te peu, ce qui attire les acheteurs, et qui les nourrit d?illusions sur la rentabilit? de leur achat. Si le prix des sols en milieu urbain central ?tait mieux contr?l? il serait possible, avec une bonne architecture, d?int?resser les familles ? rester en ville et ? vivre dans la civilisation?

Or les politiques actuelles n?ont que pour effet de faciliter l?explosion urbaine. Les trains de banlieue aident les banlieusards ? s?enfuir.? Et l?on voudrait r?gler toute cette question environnementale d?importance capitale en multipliant le nombre d?autobus? Vraiment!

C?est comme si le gouvernement voulait laisser les centre-ville ? l?usage des sans domicile fixe; dans certaines parties de la rue Sainte-Catherine c?est d?j? fait!

Est-il trop tard pour faire des Qu?b?cois de vrais urbains? Sont-ils destin?s ? tous vivre dans des ?nowhere? culturels, dans des ?no man?s land? insignifiants? On ne saurait le dire. La gangr?ne du d?sordre est avanc?e.

En tout cas il n?est pas trop tard pour l??tat de cr?er des institutions ? un minist?re de l?am?nagement par exemple ? dont la vocation serait de prot?ger, de favoriser l?art de vivre en ville. Ce ne sera pas facile, car les d?put?s, surtout ceux de la gauche ?mod?r?e?, tr?s mod?r?e, repr?sentent la banlieue et veulent se faire r??lire. Ce sont eux qui r?clament des autobus, des trains de banlieue, des m?tros p?riph?riques. C?est le maire de Laval qui r?clame des stations de m?tro; il s?en est d?j? fait donner trois alors que nous savons fort bien que, pour ?tre rentable, un m?tro doit desservir une quarantaine de demeures ? l?acre et qu?? Laval il n?y en a que trois ou quatre (dans le meilleur).

Le chef d?un parti politique, Mme Marois, signalons le, poss?de un manoir en milieu agricole, comme un seigneur d?antan. Cette dirigeante, nous annonce qu?elle veut se construire une maison dans les champs de Charlevoix, suppos?ment pour se faire r??lire.

Comment pourra-t-elle corriger la situation d?une mani?re cr?dible en cette circonstance?

En tout cas il faudra certes lui demander quelle est sa politique ? cet ?gard du d?sordre urbain national.

Repris d?un article de Jean-Pierre Bonhomme ?publi? sur ce site en juillet 2010

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    C’est là les bienfaits de l’organisation et de la planification urbaine.

    Pour faire un parallèle explicatif, on prend l’exemple suivant:

    Les 25 poules de mon grand-père vivaient dans une basse-cour de 70 mètres carrés. Aujourd’hui, les 40,000 poules de son petit fils, vivent sur une surface de 300 mètres carrés.

    Quel bonheur!

    Amicalement

    André Lefebvre