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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
6 août 2011 |
2 commentaire(s) |
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On appelle anonymat ce qui n’est que pseudonymat, et démocratie ce qui n’est qu’anonymat !
Facebook et Google sont partis en guerre contre ce qu’ils appellent l’anonymat, c’est à dire le fait de renseigner les champs ‘noms’ et ‘prénom’, dans les formulaires, avec des mots dont la consonance est drôle, loufoque, comporte des chiffres, ou en fait on ne sait pas trop puisque les algorithmes d’acceptation et de refus ne sont pas dévoilés.
Tous les artistes utilisent des pseudos, c’est leur signature sur leurs oeuvres et ils veulent être reconnus avec ce pseudo, tel Johnny Hallyday ; donc dans la case ‘prénom’ le plus souvent ils ne savent pas quoi mettre. Plein de gens ont des noms bizarre, Jean de la Poule, ou d’autres nés sous X, mettent X dans la case ‘nom’.
Même Sarkozy est un pseudo. D’autres aussi n’ont pas envie que certains ne les retrouve, après s’être rachetés une nouvelle vie, ou fuyant des malades mentaux qui leur courent après.
C’est quand même terrifiant d’observer la sévérité de l’étroitesse d’esprit occidentale s’abattre sur des libertés fondamentales, qui sont justifiées par la diversité et la vie en société, et ne sont que l’expression de son époque.
Pour se faire, ils dénoncent un anonymat qui n’en est pas un, au même titre qu’on pourrait avoir peur d’une lettre anonyme qui profère des menaces. Pour eux, 1+1=2, les pseudos sont de l’anonymat, et l’anonymat c’est mal. Une fois cette réflexion terminée, ils l’imposent au monde.
Mais quand on se trompe sur les valeurs et l’opérande, comment espérer que le résultat soit correct ?
Et comment après cela l’imposer avec toute la force et la vigueur qui sied aux dictateurs pressés d’obtenir une réaction à leurs caprices ?
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Quelque fois des crétins de la masse refusent de lire mes textes signés 8119 parce que, selon toute évidence, cela n’est pas un nom. Tellement troublés par cela, ils ne savent pas à quoi raccorder les idées qui sont présentées, au point qu’elles en perdent toute leur teneur, dans leur cerveau en manque d’ordre reçus de l’extérieur ; comme si des textes signés ‘Mohamed’ ou ‘Jésus’ ne méritaient pas le même intérêt.
C’est la même chose qui se passe dans la tête des fournisseurs de services Facebook et Google, qui eux-mêmes sont les porte-paroles de l’idéologie dominante, quand il s’agit d’accorder une attention supérieure aux qualificatifs qu’aux choses elles-mêmes, les idées, les fonctionnements, les définitions, les raisons. Tout cela pour eux a moins d’importance que les personnes qui les profère, puisque si ils veulent s’y attaquer, leur technique habituelle consiste à s’attaquer à la personne directement. C’est quand même plus pratique et radical de tuer un dissident des idées que d’aller débattre avec lui. Donc ils ont besoin de connaître nos vrais noms pour nous retrouver.
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Tout dans la société du business porte habituellement des noms de marque absurdes, sur le modèle de ce que ‘Frigidère’ remplaça ‘réfrigérateur’, signant ainsi de sa marque le succès de l’entreprise, que tous espérèrent imiter. Tant de choses autour de nous portent des sobriquets au lieu d’être nommés scrupuleusement en fonction de ce qu’ils sont en réalité. Tout le langage publicitaire et politique n’est que basé sur le remplacement des concepts par des appellations bucoliques et manichéennes.
Il y a longtemps que le langage a perdu sa teneur en signification profonde, alors qu’elle n’était déjà pas bien élevée, plongeant les individus dans une obscurité mentale dont ils peinent ou se découragent de s’évader.
Pourquoi ne pas appeler une voiture un brûleur de pétrole, une guerre un crime, l’économie le contraire d’une économie ?
Il est temps de s’efforcer à nommer les choses par ce qu’elles sont et non par leurs sobriquets habituels dont la signification s’est tellement éloignée de la réalité, que bien des fois, on se retrouve à appeler une chose qui en réalité est son parfait contraire.
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Les gens qui utilisent des pseudonymes sur internet font un usage de la liberté qui est parlante de la société dans laquelle ils vivent, d’un point de vue anthropologique.
Si on vivait dans une société honnête et heureuse, ils utiliseraient naturellement leurs noms réels, comme dans les villages d’antan où tout le monde se connaissait.
Mais comme ce n’est pas le cas, comme on sait d’avance que les informations personnelles sont l’objet de business que nous désapprouvons, comme on sait qu’ils y a 90% de chance pour se retrouver inondé de publicités débiles et malhonnêtes, ou que ces informations soient utilisées à mauvais escient lors d’un procès où on pourra dire « vous voyez ! Il a un jour posté un message sur un forum pas très catholique ! Ça prouve bien qu’il est coupable d’hérésie ! », comment avoir encore l’ingénuité de diffuser, de remplir volontairement les fiches de la base de données d’une dictature qui ne résiste plus à l’envie de montrer son vrai visage ?
Si, par un excès de bonnes intentions, on voulait vraiment que la société soit heureuse, ce n’est pas en la forçant à en adopter les caractères typiques qu’elle va le devenir dans la réalité. Cela s’applique parfois quand on élève des enfants, ok, mais, pas quand on traite avec l’Humanité.
Au contraire c’est en l’observant qu’on est enseigné sur son état d’esprit, et pour cela il est primordial que l’objet étudié bénéficie d’une complète liberté d’adopter les formes qui lui conviennent le mieux.
Les dictateurs l’ont oublié et ils mettront longtemps à l’apprendre, mais la liberté est utile, et « utile » n’est pas un slogan creux, il est question de la vie humaine quand même !
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Pendant que les individus sont criminalisés pour leur liberté joyeuse et fêtarde de s’auto-qualifier avec des pseudonymes, alors pourtant que, comme moi qui m’appelle 8119, nous sommes tous joignables, possibles à contacter, ouverts au dialogue, répondant aux messages et ouverts d’esprits, capables d’admettre nos erreurs et de progresser,
eh bien pendant ce temps-là la société autoproclamée démocratique mais capitaliste en vérité, elle, possède tous les traits de caractère de l’anonymat : usage frauduleux des mots, impossibilité de discuter ou remettre en cause ses décisions, refus du dialogue malgré qu’elle en aurait bien besoin, et imposition de sentences décidées dans le hui-clos d’une cervelle complètement déconnectée des réalités.
On a tous vu ces gens manifester devant des multinationales qui avaient tué ou handicapé leurs enfants ou leurs employés, brandir des pancartes comme on a l’habitude de la faire en s’adressant à un gouvernement, dans le seul espoir d’obtenir le fameux et sacré Dialogue. Et eux qu’ont-ils obtenu ? Après que les dirigeants aient consulté leur experts en communication, ils ont obtenu des phrases creuses fabriquées pour les démoraliser et les faire rentrer chez eux.
Et ce sont ceux-là même qui aujourd’hui décident subitement, après avoir constaté que leurs bases de données n’étaient pas assez fiables pour être vendues assez chères, d’abolir ce qu’ils dénoncent comme de l’anonymat… et en profitant pour consolider le jeu des politiciens qui eux aussi utilisent cette même technique de manipulation mentale qui consiste à faire des raccourcis dangereux.
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Venus d’outre-espace, les gens de Dookaïa sont des êtres de grande taille, avec un sens moral extrêmement strict et dénués de tout sens artistique. A leur initiative ils ont décidé de briser la loi inexpugnable de l’ingérence dont le but est de ne pas abimer la pureté de la liberté, pour exprimer à la fois leur gratitude pour l’enseignement artistique acquise sur Terre, et à la fois prodiguer des soins psychothérapeuthiques sur les centres nerveux au moyen de ces fameux agroglyphes, que tout le monde a dû voir un jour ou l’autre, le plus souvent sans trop y prêter attention.
Cette ingérence n’est pas désapprouvée par les très nombreux autres visiteurs qui étudient la vie sur terre dans un total anonymat, parfois en se fondant dans la population. Eux-mêmes ont pu observer les énormes carences psychologiques chez les humains qui les empêche d’évoluer et génère des conflits aussi imbéciles qu’impossible à résoudre à cause des mot-creux qu’ils emploient, et du sens profond qu’ils ne cessent d’éradiquer dans ces mots.
Leur anonymat est parfaitement légitime et guidé par des contraintes qui sont nombreuses et précisément mesurées et combinées. Et même là, il n’est que partiel puisque si on cherche, on trouve.
Comme toutes les libertés l’anonymat ne saurait être employé abusivement au détriment de la vérité. Seuls sont qui sont coutumiers de ces abus peuvent les craindre.
Et c’est ainsi qu’ils se dénoncent comme les propriétaires et disséminateurs de toute la dimension menaçante que recouvre ce qui les terrifie ; à cause de toutes ces signiants qu’ils ne savent plus à quoi rattacher, et qui du coup débouchent dans l’antre de la peur.
En effet, ils en ont bien besoin de cette psychothérapie.
8119
http://philum.info/56020
Si quoi que ce soit est publié dont on ne puisse savoir qui est l’auteur, on doit considerer l’éditeur comme l’auteur et le propriétaire du media comme solidairement responsable. Point. Barre.
Pierre JC Allard
08:22, le Dimanche 7 août 2011L’essai de Nancy Huston, L’ESPÈCE FABULATRICE, propose une perception de l’identité humaine radicalement innovatrice, créative.
Résumé :
Pourquoi et comment l’histoire de l’individu et celle du roman s’entrelacent-elles dans ce nœud qu’est la fiction? Voilà la question à laquelle répond Nancy Huston dans cet ouvrage mené avec une joyeuse impertinence et une grande liberté d’esprit.
«Pour nous autres humains, la fiction est aussi réelle que le sol sur lequel nous marchons. Elle est ce sol. Notre soutien dans le monde. (…) La conscience humaine est une machine fabuleuse et intrinsèquement fabulatrice.»
Grande lectrice, la romancière évoque les pouvoirs du roman et célèbre la diversité que la littérature peut introduire au cœur de l’individu en ouvrant sans cesse la porte à de nouvelles identifications. Au fil de thèmes qui lui sont chers – l’identité, le temps, la mémoire, le langage, le sens –, elle mène une réflexion inédite et captivante. Et c’est avec un enthousiasme communicatif qu’elle démontre magistralement que nous sommes tous des êtres de fiction.
«Ils disent, par exemple : Apollon. Ou : la Grande Tenue. Ou : Râ, le dieu Soleil. Ou : Notre Seigneur, dans Son infinie miséricorde. Ils disent toutes sortes de choses, racontent toutes sortes d’histoires, inventent toutes sortes de chimères. C’est ainsi que nous, humains, voyons le monde : en l’interprétant, c’est-à-dire en l’inventant, car nous sommes fragiles, nettement plus fragiles que les autres grands primates. Notre imagination supplée à notre fragilité. Sans elle – sans l’imagination qui confère au réel un Sens qu’il ne possède pas en lui-même – nous aurions déjà disparu, comme ont disparu les dinosaures.» Source : http://www.decitre.fr/livres/L-espece-fabulatrice.aspx/9782742791095
Quelques citations concernant la fabulation identitaire…
Réel-réel : cela n’existe pas, pour les humains. Réel-fiction seulement, partout, toujours, dès lors que nous vivons dans le temps.
La narrativité s’est développée en notre espèce comme technique de survie. Elle est inscrite dans les circonvolutions mêmes de notre cerveau. L’Homo sapiens a compris l’intérêt vital qu’il y avait pour lui à doter, par ses fabulations, le réel de Sens. C’est ce que nous faisons tous, tout le temps, sans le vouloir, sans le savoir, sans pouvoir nous arrêter. Nous fantasmons, extrapolons, tricotons des histoires pour survivre – et croyons dur comme fer à nos histoires.
Parler, ce n’est pas seulement nommer, rendre compte du réel; c’est aussi, toujours, le façonner, l’interpréter et l’inventer.
Le réel est sans nom. Le nom ‘juste’ ou ‘naturel’ – d’un objet, acte ou sentiment – n’existe pas. Aussi loin que l’on remonte dans les étymologies, de mot en mot on ne trouve que d’autres mots, c’est-à-dire d’autres signes arbitraires, découpant le monde, construisant leurs objets au lieu de les trouver.
C’est nous seuls qui les avons engendrés. Ils sont réels, puisqu’ils font partie de notre réalité, mais ils ne sont pas vrais.
Sans hommes : pas de nom.
Dieu qui nomme les premiers hommes, etc., c’est une fiction. Nous ne sommes pas Sa création, Il est la nôtre.
Votre nom aussi est une fiction. Il aurait pu être autre. Vous pouvez le changer. Les femmes en changent souvent. En se mariant, elles passent d’une fiction à une autre.
‘Moi, je’ est une fiction. La conscience, c’est l’intelligence plus le temps, c’est-à-dire : la narrativité. Elle s’absorbe en même temps que le langage. Le petit humain apprendra à dire ‘moi, je’; le chimpanzé, non. En pénétrant dans notre cerveau, les fictions le forment et le transforment. Ce sont elles qui nous fabriquent – bricolant pour chacun de nous, au cours des premières années de sa vie, un ‘soi’. On ne naît pas (un) soi, on le devient. Le soi est une construction, péniblement élaborée.
Pour disposer d’un soi, il faut apprendre à fabuler. On l’oublie après, commodément, mais il nous a fallu du temps, et beaucoup d’aide, pour devenir quelqu’un. Il nous a fallu des couches et des couches d’impressions reliées en histoires. Chansons. Contes. Exclamations. Gestes. Règles. Socialisation. Propre. Sale. Dis pas ceci. Fais pas cela. Bing, bang, bong.
C’est cela l’humanisation. Devenir soi – ou plutôt se façonner un soi – c’est activer, à partir d’un contexte familial et culturel donné, toujours particulier, le mécanisme de la narration.
Notre mémoire est une fiction. Cela ne veut pas dire qu’elle est fausse, mais que, sans qu’on ne lui demande rien, elle passe son temps à ordonner, à associer, à articuler, à sélectionner, à exclure, à oublier, c’est-à-dire à construire, c’est-à-dire à fabuler.
‘Je jure de dire toute la vérité’? Il nous est loisible de dire des choses vraies, mais non la vérité, et surtout pas toute, même au sujet de ce qui s’est passé au cours des cinq dernière minutes dans le lieu où nous nous trouvons.
MOI FICTION
L’identité nous vient des histoires, récits, fictions diverses qui nous sont inculquées au cours de notre prime jeunesse. On y croit, on y tient, on s’y cramponne – alors que, bien sûr, adopté tout bébé à l’autre bout du monde, ayant appris qu’on était australien et non canadien, protestant et non juif, de droite et non de gauche, etc., on serait devenu quelqu’un de différent.
‘Mon prénom’? C’est la première fiction. Nous n’avons pas de nom. Nous recevons un nom qui, avant d’échouer sur nous, a été rempli de Sens. Auparavant, il appartenait à un saint, à une aïeule, à la dédicataire d’une chanson célèbre, à un personnage de roman ou d’opéra ou d’une série télévisée… N’ayant que quelques heures d’âge, je ne le sais pas, ne le comprends pas encore, n’ai pas encore de ‘moi’ pour le comprendre – mais petit à petit, ces sons vont s’imprimer dans mon cerveau (se «cristalliser dans mon esprit», disons-nous, plus poétiquement) et contribuer à créer mon ‘moi’.
Par définition il nous vient d’ailleurs, d’avant, d’un(e) autre. Nous entrons dans la vie par un lien au passé. Le prénom est un excellent exemple de l’arbitraire qui se transforme en nécessité, de la fiction qui façonne le réel. Même s’il est évident que notre nom aurait pu être autre, il est ce qu’il est, et on ne peut faire comme s’il nous était indifférent.
Nous n’avons pas de nom ‘réel’, un nom qui serait «vraiment nous». Nous habitons ce nom; ou plutôt nous apprenons à l’habiter.
«Les noms : tous des pseudos.» — Romain Gary
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Alors, qu’est-ce que cette fameuse identité «officielle»?
Un nom, une adresse, un numéro de sécurité sociale…?
Le «nom» d’un auteur m’importe peu, voire pas du tout; c’est son «texte» qui me captivera ou non.
Lisa Brennan
12:07, le Mardi 9 août 2011Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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