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La soci?t? du pseudonyme

 

Image: Webdopoker

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On appelle anonymat ce qui n’est que pseudonymat, et d?mocratie ce qui n’est qu’anonymat?!

Facebook et Google sont partis en guerre contre ce qu’ils appellent l’anonymat, c’est ? dire le fait de renseigner les champs ‘noms’ et ‘pr?nom’, dans les formulaires, avec des mots dont la consonance est dr?le, loufoque, comporte des chiffres, ou en fait on ne sait pas trop puisque les algorithmes d’acceptation et de refus ne sont pas d?voil?s.

Tous les artistes utilisent des pseudos, c’est leur signature sur leurs oeuvres et ils veulent ?tre reconnus avec ce pseudo, tel Johnny Hallyday?; donc dans la case ‘pr?nom’ le plus souvent ils ne savent pas quoi mettre. Plein de gens ont des noms bizarre, Jean de la Poule, ou d’autres n?s sous X, mettent X dans la case ‘nom’.
M?me Sarkozy est un pseudo. D’autres aussi n’ont pas envie que certains ne les retrouve, apr?s s’?tre rachet?s une nouvelle vie, ou fuyant des malades mentaux qui leur courent apr?s.

C’est quand m?me terrifiant d’observer la s?v?rit? de l’?troitesse d’esprit occidentale s’abattre sur des libert?s fondamentales, qui sont justifi?es par la diversit? et la vie en soci?t?, et ne sont que l’expression de son ?poque.

Pour se faire, ils d?noncent un anonymat qui n’en est pas un, au m?me titre qu’on pourrait avoir peur d’une lettre anonyme qui prof?re des menaces. Pour eux, 1+1=2, les pseudos sont de l’anonymat, et l’anonymat c’est mal. Une fois cette r?flexion termin?e, ils l’imposent au monde.

Mais quand on se trompe sur les valeurs et l’op?rande, comment esp?rer que le r?sultat soit correct??
Et comment apr?s cela l’imposer avec toute la force et la vigueur qui sied aux dictateurs press?s d’obtenir une r?action ? leurs caprices??

Quelque fois des cr?tins de la masse refusent de lire mes textes sign?s 8119 parce que, selon toute ?vidence, cela n’est pas un nom. Tellement troubl?s par cela, ils ne savent pas ? quoi raccorder les id?es qui sont pr?sent?es, au point qu’elles en perdent toute leur teneur, dans leur cerveau en manque d’ordre re?us de l’ext?rieur?; comme si des textes sign?s ‘Mohamed’ ou ‘J?sus’ ne m?ritaient pas le m?me int?r?t.

C’est la m?me chose qui se passe dans la t?te des fournisseurs de services Facebook et Google, qui eux-m?mes sont les porte-paroles de l’id?ologie dominante, quand il s’agit d’accorder une attention sup?rieure aux qualificatifs qu’aux choses elles-m?mes, les id?es, les fonctionnements, les d?finitions, les raisons. Tout cela pour eux a moins d’importance que les personnes qui les prof?re, puisque si ils veulent s’y attaquer, leur technique habituelle consiste ? s’attaquer ? la personne directement. C’est quand m?me plus pratique et radical de tuer un dissident des id?es que d’aller d?battre avec lui. Donc ils ont besoin de conna?tre nos vrais noms pour nous retrouver.

Tout dans la soci?t? du business porte habituellement des noms de marque absurdes, sur le mod?le de ce que ‘Frigid?re’ rempla?a ‘r?frig?rateur’, signant ainsi de sa marque le succ?s de l’entreprise, que tous esp?r?rent imiter. Tant de choses autour de nous portent des sobriquets au lieu d’?tre nomm?s scrupuleusement en fonction de ce qu’ils sont en r?alit?. Tout le langage publicitaire et politique n’est que bas? sur le remplacement des concepts par des appellations bucoliques et manich?ennes.

Il y a longtemps que le langage a perdu sa teneur en signification profonde, alors qu’elle n’?tait d?j? pas bien ?lev?e, plongeant les individus dans une obscurit? mentale dont ils peinent ou se d?couragent de s’?vader.

Pourquoi ne pas appeler une voiture un br?leur de p?trole, une guerre un crime, l’?conomie le contraire d’une ?conomie??
Il est temps de s’efforcer ? nommer les choses par ce qu’elles sont et non par leurs sobriquets habituels dont la signification s’est tellement ?loign?e de la r?alit?, que bien des fois, on se retrouve ? appeler une chose qui en r?alit? est son parfait contraire.

Les gens qui utilisent des pseudonymes sur internet font un usage de la libert? qui est parlante de la soci?t? dans laquelle ils vivent, d’un point de vue anthropologique.
Si on vivait dans une soci?t? honn?te et heureuse, ils utiliseraient naturellement leurs noms r?els, comme dans les villages d’antan o? tout le monde se connaissait.
Mais comme ce n’est pas le cas, comme on sait d’avance que les informations personnelles sont l’objet de business que nous d?sapprouvons, comme on sait qu’ils y a 90% de chance pour se retrouver inond? de publicit?s d?biles et malhonn?tes, ou que ces informations soient utilis?es ? mauvais escient lors d’un proc?s o? on pourra dire ??vous voyez?! Il a un jour post? un message sur un forum pas tr?s catholique?! ?a prouve bien qu’il est coupable d’h?r?sie?!??, comment avoir encore l’ing?nuit? de diffuser, de remplir volontairement les fiches de la base de donn?es d’une dictature qui ne r?siste plus ? l’envie de montrer son vrai visage??

Si, par un exc?s de bonnes intentions, on voulait vraiment que la soci?t? soit heureuse, ce n’est pas en la for?ant ? en adopter les caract?res typiques qu’elle va le devenir dans la r?alit?. Cela s’applique parfois quand on ?l?ve des enfants, ok, mais, pas quand on traite avec l’Humanit?.
Au contraire c’est en l’observant qu’on est enseign? sur son ?tat d’esprit, et pour cela il est primordial que l’objet ?tudi? b?n?ficie d’une compl?te libert? d’adopter les formes qui lui conviennent le mieux.

Les dictateurs l’ont oubli? et ils mettront longtemps ? l’apprendre, mais la libert? est utile, et ??utile?? n’est pas un slogan creux, il est question de la vie humaine quand m?me?!

Pendant que les individus sont criminalis?s pour leur libert? joyeuse et f?tarde de s’auto-qualifier avec des pseudonymes, alors pourtant que, comme moi qui m’appelle 8119, nous sommes tous joignables, possibles ? contacter, ouverts au dialogue, r?pondant aux messages et ouverts d’esprits, capables d’admettre nos erreurs et de progresser,
eh bien pendant ce temps-l? la soci?t? autoproclam?e d?mocratique mais capitaliste en v?rit?, elle, poss?de tous les traits de caract?re de l’anonymat?: usage frauduleux des mots, impossibilit? de discuter ou remettre en cause ses d?cisions, refus du dialogue malgr? qu’elle en aurait bien besoin, et imposition de sentences d?cid?es dans le hui-clos d’une cervelle compl?tement d?connect?e des r?alit?s.

On a tous vu ces gens manifester devant des multinationales qui avaient tu? ou handicap? leurs enfants ou leurs employ?s, brandir des pancartes comme on a l’habitude de la faire en s’adressant ? un gouvernement, dans le seul espoir d’obtenir le fameux et sacr? Dialogue. Et eux qu’ont-ils obtenu?? Apr?s que les dirigeants aient consult? leur experts en communication, ils ont obtenu des phrases creuses fabriqu?es pour les d?moraliser et les faire rentrer chez eux.

Et ce sont ceux-l? m?me qui aujourd’hui d?cident subitement, apr?s avoir constat? que leurs bases de donn?es n’?taient pas assez fiables pour ?tre vendues assez ch?res, d’abolir ce qu’ils d?noncent comme de l’anonymat… et en profitant pour consolider le jeu des politiciens qui eux aussi utilisent cette m?me technique de manipulation mentale qui consiste ? faire des raccourcis dangereux.

Venus d’outre-espace, les gens de Dooka?a sont des ?tres de grande taille, avec un sens moral extr?mement strict et d?nu?s de tout sens artistique. A leur initiative ils ont d?cid? de briser la loi inexpugnable de l’ing?rence dont le but est de ne pas abimer la puret? de la libert?, pour exprimer ? la fois leur gratitude pour l’enseignement artistique acquise sur Terre, et ? la fois prodiguer des soins psychoth?rapeuthiques sur les centres nerveux au moyen de ces fameux agroglyphes, que tout le monde a d? voir un jour ou l’autre, le plus souvent sans trop y pr?ter attention.

Cette ing?rence n’est pas d?sapprouv?e par les tr?s nombreux autres visiteurs qui ?tudient la vie sur terre dans un total anonymat, parfois en se fondant dans la population. Eux-m?mes ont pu observer les ?normes carences psychologiques chez les humains qui les emp?che d’?voluer et g?n?re des conflits aussi imb?ciles qu’impossible ? r?soudre ? cause des mot-creux qu’ils emploient, et du sens profond qu’ils ne cessent d’?radiquer dans ces mots.

Leur anonymat est parfaitement l?gitime et guid? par des contraintes qui sont nombreuses et pr?cis?ment mesur?es et combin?es. Et m?me l?, il n’est que partiel puisque si on cherche, on trouve.

Comme toutes les libert?s l’anonymat ne saurait ?tre employ? abusivement au d?triment de la v?rit?. Seuls sont qui sont coutumiers de ces abus peuvent les craindre.

Et c’est ainsi qu’ils se d?noncent comme les propri?taires et diss?minateurs de toute la dimension mena?ante que recouvre ce qui les terrifie?; ? cause de toutes ces signiants qu’ils ne savent plus ? quoi rattacher, et qui du coup d?bouchent dans l’antre de la peur.
En effet, ils en ont bien besoin de cette psychoth?rapie.

8119

http://philum.info/56020

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2 Commentaire

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    Si quoi que ce soit est publié dont on ne puisse savoir qui est l’auteur, on doit considerer l’éditeur comme l’auteur et le propriétaire du media comme solidairement responsable. Point. Barre.

    Pierre JC Allard

  2. avatar

    L’essai de Nancy Huston, L’ESPÈCE FABULATRICE, propose une perception de l’identité humaine radicalement innovatrice, créative.

    Résumé :
    Pourquoi et comment l’histoire de l’individu et celle du roman s’entrelacent-elles dans ce nœud qu’est la fiction? Voilà la question à laquelle répond Nancy Huston dans cet ouvrage mené avec une joyeuse impertinence et une grande liberté d’esprit.
    «Pour nous autres humains, la fiction est aussi réelle que le sol sur lequel nous marchons. Elle est ce sol. Notre soutien dans le monde. (…) La conscience humaine est une machine fabuleuse et intrinsèquement fabulatrice.»
    Grande lectrice, la romancière évoque les pouvoirs du roman et célèbre la diversité que la littérature peut introduire au cœur de l’individu en ouvrant sans cesse la porte à de nouvelles identifications. Au fil de thèmes qui lui sont chers – l’identité, le temps, la mémoire, le langage, le sens –, elle mène une réflexion inédite et captivante. Et c’est avec un enthousiasme communicatif qu’elle démontre magistralement que nous sommes tous des êtres de fiction.
    «Ils disent, par exemple : Apollon. Ou : la Grande Tenue. Ou : Râ, le dieu Soleil. Ou : Notre Seigneur, dans Son infinie miséricorde. Ils disent toutes sortes de choses, racontent toutes sortes d’histoires, inventent toutes sortes de chimères. C’est ainsi que nous, humains, voyons le monde : en l’interprétant, c’est-à-dire en l’inventant, car nous sommes fragiles, nettement plus fragiles que les autres grands primates. Notre imagination supplée à notre fragilité. Sans elle – sans l’imagination qui confère au réel un Sens qu’il ne possède pas en lui-même – nous aurions déjà disparu, comme ont disparu les dinosaures.» Source : http://www.decitre.fr/livres/L-espece-fabulatrice.aspx/9782742791095

    Quelques citations concernant la fabulation identitaire…

    Réel-réel : cela n’existe pas, pour les humains. Réel-fiction seulement, partout, toujours, dès lors que nous vivons dans le temps.

    La narrativité s’est développée en notre espèce comme technique de survie. Elle est inscrite dans les circonvolutions mêmes de notre cerveau. L’Homo sapiens a compris l’intérêt vital qu’il y avait pour lui à doter, par ses fabulations, le réel de Sens. C’est ce que nous faisons tous, tout le temps, sans le vouloir, sans le savoir, sans pouvoir nous arrêter. Nous fantasmons, extrapolons, tricotons des histoires pour survivre – et croyons dur comme fer à nos histoires.

    Parler, ce n’est pas seulement nommer, rendre compte du réel; c’est aussi, toujours, le façonner, l’interpréter et l’inventer.

    Le réel est sans nom. Le nom ‘juste’ ou ‘naturel’ – d’un objet, acte ou sentiment – n’existe pas. Aussi loin que l’on remonte dans les étymologies, de mot en mot on ne trouve que d’autres mots, c’est-à-dire d’autres signes arbitraires, découpant le monde, construisant leurs objets au lieu de les trouver.

    C’est nous seuls qui les avons engendrés. Ils sont réels, puisqu’ils font partie de notre réalité, mais ils ne sont pas vrais.

    Sans hommes : pas de nom.

    Dieu qui nomme les premiers hommes, etc., c’est une fiction. Nous ne sommes pas Sa création, Il est la nôtre.

    Votre nom aussi est une fiction. Il aurait pu être autre. Vous pouvez le changer. Les femmes en changent souvent. En se mariant, elles passent d’une fiction à une autre.

    ‘Moi, je’ est une fiction. La conscience, c’est l’intelligence plus le temps, c’est-à-dire : la narrativité. Elle s’absorbe en même temps que le langage. Le petit humain apprendra à dire ‘moi, je’; le chimpanzé, non. En pénétrant dans notre cerveau, les fictions le forment et le transforment. Ce sont elles qui nous fabriquent – bricolant pour chacun de nous, au cours des premières années de sa vie, un ‘soi’. On ne naît pas (un) soi, on le devient. Le soi est une construction, péniblement élaborée.

    Pour disposer d’un soi, il faut apprendre à fabuler. On l’oublie après, commodément, mais il nous a fallu du temps, et beaucoup d’aide, pour devenir quelqu’un. Il nous a fallu des couches et des couches d’impressions reliées en histoires. Chansons. Contes. Exclamations. Gestes. Règles. Socialisation. Propre. Sale. Dis pas ceci. Fais pas cela. Bing, bang, bong.

    C’est cela l’humanisation. Devenir soi – ou plutôt se façonner un soi – c’est activer, à partir d’un contexte familial et culturel donné, toujours particulier, le mécanisme de la narration.

    Notre mémoire est une fiction. Cela ne veut pas dire qu’elle est fausse, mais que, sans qu’on ne lui demande rien, elle passe son temps à ordonner, à associer, à articuler, à sélectionner, à exclure, à oublier, c’est-à-dire à construire, c’est-à-dire à fabuler.

    ‘Je jure de dire toute la vérité’? Il nous est loisible de dire des choses vraies, mais non la vérité, et surtout pas toute, même au sujet de ce qui s’est passé au cours des cinq dernière minutes dans le lieu où nous nous trouvons.

    MOI FICTION

    L’identité nous vient des histoires, récits, fictions diverses qui nous sont inculquées au cours de notre prime jeunesse. On y croit, on y tient, on s’y cramponne – alors que, bien sûr, adopté tout bébé à l’autre bout du monde, ayant appris qu’on était australien et non canadien, protestant et non juif, de droite et non de gauche, etc., on serait devenu quelqu’un de différent.

    ‘Mon prénom’? C’est la première fiction. Nous n’avons pas de nom. Nous recevons un nom qui, avant d’échouer sur nous, a été rempli de Sens. Auparavant, il appartenait à un saint, à une aïeule, à la dédicataire d’une chanson célèbre, à un personnage de roman ou d’opéra ou d’une série télévisée… N’ayant que quelques heures d’âge, je ne le sais pas, ne le comprends pas encore, n’ai pas encore de ‘moi’ pour le comprendre – mais petit à petit, ces sons vont s’imprimer dans mon cerveau (se «cristalliser dans mon esprit», disons-nous, plus poétiquement) et contribuer à créer mon ‘moi’.

    Par définition il nous vient d’ailleurs, d’avant, d’un(e) autre. Nous entrons dans la vie par un lien au passé. Le prénom est un excellent exemple de l’arbitraire qui se transforme en nécessité, de la fiction qui façonne le réel. Même s’il est évident que notre nom aurait pu être autre, il est ce qu’il est, et on ne peut faire comme s’il nous était indifférent.

    Nous n’avons pas de nom ‘réel’, un nom qui serait «vraiment nous». Nous habitons ce nom; ou plutôt nous apprenons à l’habiter.

    «Les noms : tous des pseudos.» — Romain Gary

    ——-
    Alors, qu’est-ce que cette fameuse identité «officielle»?
    Un nom, une adresse, un numéro de sécurité sociale…?

    Le «nom» d’un auteur m’importe peu, voire pas du tout; c’est son «texte» qui me captivera ou non.

    Lisa Brennan