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La Royal Navy dissimule le missile nucléaire qui voulait rentrer directement chez lui…

Ah, les sous-mariniers anglais !  Tout un poème : quand ils ne coulent pas des chalutiers, tel le Bugaled-Breizh qu’il ne faut surtout pas oublier, il s’échouent lamentablement au rentrant au port (1)..  ou pire encore avec cette dernière révélation, qui nous fait découvrir qu’il ont réussi à tirer un missile nucléaire (heureusement inerte) vers les USA, au lieu de lui faire survoler l’Atlantique… exactement dans l’autre sens !  La révélation est toute récente, mais le fiasco du tir de missile date de juin dernier.  Logique, comme je vous l’ai déjà dit mille fois ici et ailleurs, dès qu’on touche au nucléaire, c’est immédiatement classé secret défense, et vous n’avez pas plus que moi d’informations sur le sujet (en France c’est pareil, hélas !).  Ces gens-là jouent avec notre sécurité et n’ont pas beaucoup l’air d’avoir des états d’âme.  Retour sur le énième pataquès de la Royal Navy. Enfin pas d’elle seule, soyons un peu pusillanime :  l’engin est en fait américain.  Il est fabriqué par la firme Loockheed-Martin, la même qui construit le F-35, cet autre fiasco volant !  Car la Royal Navy, depuis très longtemps déjà, doit tout, ou presque, à l’Amérique…

L’aide américaine, dès le début

Reprenons tout d’abpole nordord l’historique de l’équipement en sous-marins nucléaires de la Royal Navy.  Après la seconde guerre mondiale, les anglais s’aperçoivent de leur manque de moyens et quand ils se retrouvent à songer aux sous-marins nucléaires, les voici contraints à se mettre sous la férule des Etats-Unis, qui leur fournissent obligeamment  leur premier réacteur de sous-marin nucléaire (le réacteur S5W) pour leur « Dreadnought » (S101) un sous-marin qui est lancé en 1960, cinq ans après la mise en service du Nautilus US.  Il sera le premier sous-marin britannique à se rendre au pôle Nord, 11 ans plus tard.  Les anglais construisent après leur propre réacteur… Rolls-Royce (PWR1) pour équiper les engins de la classe Valiant, 16632551748_ac1639bbf5_massez similaires au premier modèle (mais plus longs quand même de 6 mètres).  Deux exemplaires seront construits, le Valiant et le Warspite, lancés en 1962 et 1963.  Pour lancer ses bombes atomiques, l’Angleterre confie d’abord le travail à l’aviation, avec ses fameux 3V (Valiant, Victor et Vulcan) car elle n’a aucun missile pour sous-marin à présenter.  Les « 3 V » se voient proposer aussi un matériel US, le missile américain Skybolt qui ne sera pas vraiment une réussite, on le sait.  La Navy, elle, se retourne donc à nouveau vers les Etats-Unis qui lui propose alors l’UGM-27 Polaris A-3 pour sa série de sous-marins lance-missiles appelée classe Résolution. Quatre sous-marins lance-missiles seront construits en deux ans (1964 et 1965) : les Resolution, Repulse, Renown et Revenge.  Chacun emporte 16 missiles Polaris (à gauche une tête de Polaris, à deux têtes nucléaires, visibles en noir).  Les missiles ne seront pas modifiés avant les années 80 où les anglais en changent les têtes pour y ajuster leur propre système de MIRV (pour Multiple Independently Targetable Reentry Vehicle), un système appelé « Chevaline« .  Un système un peu étrange, à deux têtes réelles et 27 factices, chargées dans des tubes et éjectées pour leurrer les défenses russes.  Le schéma ci-dessous l’explique très bien :

t^tes chevaline

Pas de missile indigène

W76cutMême si leur système de têtes multiples est fait « maison », pour le remplacement des Polaris, avec la nouvelle gamme de sous-marins suivants arrivant dans les années 90 (celle des Vanguard) les anglais, en l’absence toujours de toute recherche de missile fabriqué sur place, se retrouvent à nouveau tributaires des américains, qui sont déjà prêts à livrer à Margaret Tatcher le successeur du Polaris, l’UGM-96 Trident I (les anglais ayant déjà fait l’impasse sur le missile Poseidon, resté intermédiaire mais porteur de têtes séparées (des MRV W68, il peut y en avoir jusque 14 par missile (2)).  Mais le temps de se décider à fabrique6packr ou non un missile vraiment indigène, d’en calculer les coûts de recherche et s’apercevoir qu’ils sont monstrueux, et le modèle UGM-133 Trident II américain est déjà au point, et c’est donc celui-là que demande le gouvernement anglais à celui de Reagan, en mars 1982.  A peine l’accord passé, les américains, pressés par un Reagan revanchard, proposent déjà de lancer une recherche pour une mise à niveau du missile et de sa tête de rentrée qui deviendrait alors Mk5, au « rendement accru » par rapport à la précédente (ici à gauche, la MK4).  Mais ce sera pour plus tard encore.  Les travaux, commencés en octobre 1983 voient leur aboutissement en 1987 du nouveau Trident II D5, et son lancement à partir d’un sous-marin de type Ohio, le 21 mars 1989, à partir de l’USS Tennessee (SSBN 734).  Ce sera un échec mémorable, à vrai dire: devenu rapidement incontrôlable, le missile avait laissé un superbe panache spiralé dans le ciel (ici à gauche).. en vidéo cela avait été tout aussi impressionnant !!!   missile raté2un lancement au large de la côte du Cap Canaveral, en Floride…  trident 1 etIl faudra une année de travaux supplémentaires pour que le procédé fonctionne correctement.  Divers lancements qui suivront se révéleront cependant être parfois des échecs, comme celui-ci par exemple, tout aussi mémorable... le plus souvent dissimulés au grand public, bien entendu. De nombreux tests perdureront, néanmoins.  En 2011, on avait pu par exemple filmer le 135eme essai américain, visible ici.  Ici encore un essai anglais à partir du HMS Vigilant, le 23 octobre 2012.  Le missile sera continuellement testé, ou plutôt on contrôlera régulièrement son fonctionnement, ugm-133le stockage des missiles étant toujours source de problèmes à la longue, si bien que même encore récemment, on a pu apercevoir quelques uns de ces lancements de contrôle.  En 2015 par exemple, des riverains alertés par une « drôle de lumière » dans le ciel venaient en réalité d‘assister au lancement d’un Trident II (D5) à partir du sous-marin « Kentucky », le missile laissant dans la brume une superbe « queue » d’éjection dans une atmosphère humide.  Les 145eme, 146eme, 147eme et 148eme tirs, à partir d’un sous-marin de la base de Kings Bay, en Georgie, « ont été des succès »MissileTridentIISanFrancisco110715byAbeBlairHeadline nous rappelle la firme conceptrice (ici le lancement observé au périscope, en immersion puis en l’air, à bord du USS Maryland, SSBN 738 le 5 novembre 2003).  Ici encore une triple salve, beaucoup plus rarement observée (ne serait-ce que par son coût : à 37 millions de dollars pièce, on a eu droit à un feu d’artifice à plus de cent millions de dollars …). En 2002, un programme appelé D5 Life Extension Program (D5LEP), qui, comme son nom l’indique, a été mis en place pour prolonger la vie du missile D5 jusque 2040.  Coût de l’opération en 2007 : 848 millions notamment pour les têtes de rentrée, et 318 millions pour la mise à jour du système de guidage.  Au final, chaque missile à bord revient aujourd’hui à 70 millions de dollars pièce.

Des sous-marins plutôt calamiteux

remorqueursChez nos amis anglais, les sous-marins ont depuis beaucoup dépéri.  Et leurs missiles, en définitifs, sont restés à la série des Mark 4, une mise jour acceptée secrètement par David Cameron avant de quitter le pouvoir.  La série des Vanguard (comprenant le Vanguard, lui-même et le Victorious, le Vigilant ainsi que le Vengeance) introduite en 1994 pour héberger les Trident II n’a pas vraiment été marquée par la réussite.  Un article terrible du Guardian du 15 novembre 2012 évoquait même des vaisseaux « pourris depuis le début« … Pannes à répétition, sous-marins vieillissants car à vie prolongée par les retards pris par leurs successeurs Astute, ennuis de sorties en mer, car il n’y pas que qualité des engins mais aussi leur pilotage qui a été mis en cause : on a ainsi évité le pire en février 2009 avec cette incroyable nouvelle : »Deux SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins), l’un français et l’autre britannique, conduisaient, il y a quelques jours, des patrouilles nationales de routine dans l’océan Atlantique. Ils sont entrés en contact brièvement à très basse vitesse alors qu’ils étaient en plongée. Il n’y a eu aucun blessé. Ni leurs missions de dissuasion ni la sûreté nucléaire n’ont été affectées,» a précisé le centre de presse de la marine.trident Il s’agit de «la première fois qu’un incident de ce type arrive, sur plus 400 patrouilles à notre actif,» a précisé le chef du service d’information et de relations publiques de la marine« .  Avaient failli se tamponner ce jour-là  «Le Triomphant» français et le britannique «HMS-Vanguard». Le sous-marin anglais avait dû être remorqué jusqu’au port écossais de Faslane, révélant des éraflures et des bosses bien visibles sur toute sa coque, selon les observateurs.  Pour la petite histoire, sachez que le Triomphant se recassera le nez le 27 septembre 

Des commandants fantasques

Dans le rapport sur la nouvelle série de sous-marins, on évoquait le fait que ce genre de sous-marins ne pouvait plus tenir la vitesse pour laquelle il avait été initialement conçu, en raison d’un mauvais choix de matériaux ou du manque d’exigence à propos de ses fournisseurs !  Cela avait-il joué dans son incapacité à éviter… un pétrolier ?  En avril 2015, c’est l’HMS Talent qui avait « heurté un iceberg », expression imagée faite pour masquer un « tampon » probable avec un sous-marin russe, lors de la poursuite de ce dernier….

De sérieux problèmes de réacteur

bloquéChez les sous-marins d’attaque anglais précédents, le bilan n’a guère été plus positif.  Le 5 novembre 2000, par exemple, cela faisait ainsi 6 mois que le sous-marin nucléaire britannique HMS Tireless, était resté bloqué à quai à Gibraltar (ici à gauche) à la suite d’une « mystérieuse » panne.  En réalité, selon le journal Sunday Times, on était passé tout prêt de la catastrophe :  le système de refroidissement du réacteur du Tireless avait connu en effet « une défaillance qui pourrait avoir entraîné sa fusion ».  Le journal ajoutant que l’incident avait eu lieu le 18 mai 2000, et qu’il avait d’abord été qualifié de « mineur » par la Défense anglaise !!!  La catastrophe évitée sur le Tireless, on avait inspecté les autres, à savoir 7 sous-marins nucléaires de la classe Trafalgar et ses 5 de la classe Swiftsure pour découvrir… un défaut de conception majeur, vite minimisé officiellement : « Les premières indications montrent que le défaut (à l’origine de fuites dans le circuit de refroidissement des réacteurs, NDLR) pourrait provenir de la construction d’origine et qu’il est présent sur les autres sous-marins, bien qu’à un stade mineur » avait dit alors le ministre concerné. Tous les sous-marins avaient donc été modifiés !  Soient les 7 sous-marins nucléaires  de la classe Trafalgar et les 5 de la classe Swiftsure, entrés en service entre juillet 1974 et octobre 1991. Le Tireless avait lui passé un an au quai, à Gibraltar, ce qui avait eu l’art de mettre en colère les Espagnols. En 2011, c’est le HMS Turbulent qui avait subi une bien étrange avarie : alors qu’il se trouvait à trois heures de navigation de Fujairah aux Emirats Arabes Unis il avait fait lui aussi des siennes en faisant monter sa température interne à 60°C, après que le système de conditionnement d’air se soit mis en rideau complet…. forçant le sous-marin à… plonger à 200 m de profondeur et à y rester 24 heures d’affilée en attendant qu’il refroidisse !!!

Les retards de la nouvelle génération

réparationsLe Vanguard  lance-missiles est ici accosté à son quai en Ecosse, dans la base de Clyde, pendant sa remise en conformité. En mai 2015, la Navy devait bien le reconnaître : elle n’avait plus qu’un seul sous-marin nucléaire d’attaque à présenter en opérations : l’HMS Astute, le petit nouveau, quatre autres étant toujours en construction… leur fabrication étant retardée par des tas de problèmes techniques (l’Ambush a été livré depuis).  Des problèmes sidérants, liés à des mesures d’économie dramatiques, comme celle de ne pas construire de nouveau réacteur.  « Pour économiser de l’argent, le ministère de la Défense a décidé de ne pas construire un nouveau réacteur nucléaire pour l’Astute, mais d’utiliser le Rolls Royce PWR2 ( réacteur à eau sous pression N°2) qui avait été installé dans la flotte de sous-marins Trident Vanguard » écrivait le Guardian.. mais les deux sont de forme différente, l’Astute étant plus petit et plus étroit : « le PWR2 a donc été inséré au chausse-pied dans l’Astute, et cela signifiait aussi que a conception initiale du sous-marin a dû être changée », a déclaré une source »  « Telle est la raison pour laquelle l’Astute a un look légèrement bulbeux à ce sujet, et non pas les lignes épurées auxquelles vous pourriez vous attendre. Le réacteur n’a jamais été conçu pour l’attaque sous-marine et il alimente les machines dont le design n’a pas beaucoup changé depuis 50 ans. En termes très simples, c’est comme d’accrocher un moteur V8  à la à la boîte de vitesses d’une Morris Minor ».  Résultat, l’engin ne peut atteindre que 29 nœuds, là où il aurait dû en faire 35. Selon le Gardian, un officier resté discret « pense que c’est inacceptable pour le MoD de dépenser £ 10 milliards de l’argent des contribuables sur les sous-marins, pour produire un submersible avec des défauts de conception potentiellement fondamentaux qui pourraient, en théorie, menacer la capacité du Royaume-Uni à se défendre ». Pire encore selon lui : astute flaws«Même si ils savent que certaines choses ne vont pas, ils continuent à les construire. C’est le bateau que le MoD a mérité. Ils se sont trompés autour de la passation des marchés. Ils se sont gardés de modifier les spécifications. Ils se sont gardés de retarder le projet. Si cela avait été la marine américaine , ils auraient abandonné le bateau. Ils auraient reconnu les défauts et décidé de ne pas prendre de risques.  » Un autre article ravageur du Guardian de novembre 2012 appuyant sur ce constat désolant, en titrant « Lent, fuyant, rouillé : le sous-marin à 10 milliards de livres plombé par des erreurs de conception ». 

Ce qu’oublie de dire l’article est que la gamme Astute est aussi devenue encore plus dépendante des USA, dès la conception même du sous-marin comme l’a relevé fort justement le magazine DSI (dans le N°84, septembre 2012) : « le directeur des chanliers navals démissionne en octobre 2002 et en février 2003, la construction des bâtiments est interrompue. Le programme est toutefois renégocié, la Royal Navy poussant BAE à faire entrer en scène des techniciens de General Dynamics Electric Boat et à reprendre son directeur des chantiers navals. Onze spécialistes américains participent au programme en Grande-Bretagne. D’autres restant basés aux États Unis »... Dans le sous-marin, la conduite du bâtiment est également effectuée par un matériel US de chez Northrop Grumman Sperry Marine.  Un logiciel touffu de 5 millions de lignes de code… qui a tendance à rappeler les déboires du F-35, en aviation !!!

Le scandale McNeilly

HMS VengeanceL’installation du nouveau système de lancement de missiles, surtout, était au programme des travaux sur le HMS Vengeance, le dernier lancé de la gamme Vanguard (les Vanguard, Victorious, Vigilant, et le Vengeance), une série vite mise à niveau pour compenser le retard de ses successeurs qui n’arrivaient pas à l’heure prévue. (La gamme Astute a choisi elle de ne pas présenter de tubes lance-missiles, en s’équipant de lance-torpilles capables de lancer des Tomahawks évolués).  On s’attend donc à sa prochaine remise à l’eau mais en 2015, le monde des sous-mariniers est sous le choc : l’un des leurs, William McNeilly, technicien de 25 ans qui n’hésite pas à montrer à la presse sa carte officielle de la Royal Navy, dénonce les manquements, notamment de sécurité à bord du Victorious, notamment.  Le tout paraît dans le Sunday Herald écossais.  Dans son compte rendu de sa première patrouille à bord du HMS Victorious, McNeilly avait décrit le vieillissement évident du sous-marin, et ces nombreuses pannes d’équipement lors de la patrouille. Il révélait aussi que «  les examens de sécurité menés à bord été truqués, en raison des pénuries de main-d’œuvre, les postes clés étant confiés à du personnel sous-qualifié ».  L’homme allait plus loin aussi, affirmant que « c’est seulement une question de temps avant que l’un des sous-marins Trident ne soit perdu «  ajoutant même que « la plupart de ses collègues savent que le Trident est un programme désastreux mais ils ne disent pas en public ».  Selon son récit, plutôt inquiétant, l’HMS Victorious avait surtout « échoué à passer deux tests critiques pour confirmer le lancement d’un missile Trident avec succès lors d’une patrouille ». Il évoquait pour cela « des problèmes causés par l’eau de mer entrant dans le système hydraulique du sous-marin, empêchant de vérifier que les trappes de missiles du sous-marin s’ouvraient correctement, précisant que la phase de «test de compensation de missile» avait échoué trois fois sur trois tentatives ». William-McNeilly-Royal-Navy-ID Au cours de la patrouille, encore, on avait aussi activé accidentellement selon lui de la salle de contrôle une commande qui avait pulvérisé un brouillard de lutte contre l’incendie dans le compartiment où les armes étaient rangées. « Aucun des isolations électriques qui étaient nécessaires n’avaient été té faites, créant ainsi un risque d’incendie dans un compartiment qui contenait des torpilles « .  L’eau avait été pulvérisée sur « tout dans le compartiment; sur les torpilles, les lampes, le panneau de surveillance de la torpille; partout »le compartiment ayant été au final complètement inondé. Autre déboire : un «bang continu et fort» à l’avant du sous-marin qui avait été « entendu par tout le monde » lors de la plongée initiale du sous-marin avait également été ignoré », malgré les suspicions comme quoi il aurait pu y avoir un problème avec les barres avant, qui jouent un rôle important en permettant au submersible de plonger et de remonter.  McNeilly soulignait aussi que lorsqu’ils n’étaient spas en patrouille nucléaire, les sous-marins étaient tenus de rester à la surface pour des raisons de sécurité si les barres étaient défectueuses, mais à cette occasion « les préoccupations de sécurité avaient été, comme toujours, rejetées ».  Le 17 juin 2015, McNeilly abandonnait définitivement la Navy, révélant que toutes les charges contre lui avaient été abandonnées, après qu’il ait pourtant été arrêté pour être longuement interrogé.  Visiblement, la Navy avait voulu couper court à un éventuel procès, pour éviter d’avoir à expliquer ses nombreux déboires à bord de ses propres sous-marins !!!  Même s’il avait été un peu excessif comme l’avait relevé la presse, le renoncement de la Royal Navy à le poursuivre sonnait plutôt comme un aveu !!!

Le lancement raté dissimulé

vengeance returnLe HMS Vengeance, réapparaissait cependant, en décembre 2015, après ces 40 mois de chantier de refit dans sa Her Majesty’s Naval Base (HMNB). Il avait toujours le même réacteur, dont la fiabilité n’est pas le fort, on l’a vu, mais il avait surtout changé ses tubes de lancement de missiles, qui devaient donc être impérativement testés (le gouvernement avait parlé de « réacteur neuf », en fait seul un module appelé « Control and Instrumentation (RC&I) » de chez Rolls-Royce avait été ajouté à celui existant).  Un tir de missile Trident II avait donc été prévu au large de la Floride (les américains, fournisseurs du missile à bord étant au premier rang des observateurs) en direction des côtes africaines, situées à 5 600 miles de là (9000 km !). Quand on y regarde de près on découvre après coup que ça fait alors 16 années que le sous-marin n’avait pas tiré un seul de ces fameux missiles !!! Question d’économies, encore, on suppose, de la part du gouvernement anglais. Un sacré manque d’entraînement, en tout cas, pour l’équipage, étrillé par le rapport McNeilly ! Résultat, ça n’a pas failli: le missile, heureusement non armé, à peine sorti du sous-marin, au lieu de s’envoler vers l’Est; s’en est allé va directement dans le sens inverse, vers le nord-ouest, direction… les Etats-Unis !!! Il a alors été détruit en vol (ouf !)… mais côté gouvernement anglais, on avait vite choisi de ne pas parler de cet incident pourtant jugé sérieux… rien ne devait effet sortir de cet échec qui avait laissé tout le monde sceptique : le missile aurait-il voulu rentrer directement à la maison ? Chez son fabricant ???

Theresa la menteuse…

may visit navyLe gouvernement anglais était effectivement resté muet, mais pour une raison majeure, en effet : Theresa May, la « brexiteuse », avait tout fait pour que ça ne se sache pas (avec insistance : à quatre reprises elle avait refusé d’en parler). Elle avait à vrai dire  une bonne raison pour le faire. C’est le New-York Times qui l’a révélé aux USA, reprenant le Sunday Times (qui n’a pas été le seul à dénoncer l’attitude de la nouvelle première ministre) : « Mme May ne mentionne aucune défaillance du missile dans son premier grand discours au Parlement le 18 juillet, quand elle a persuadé le Parlement de dépenser jusqu’à 40 milliards de livres, soit environ 53 milliards de dollars, pour quatre nouveaux sous-marins et maintenir la dissuasion nucléaire britannique à jour . Il y a des tests qui prennent du temps régulièrement, pour notre dissuasion nucléaire, » a-t-elle dit dimanche dernier. « Ce que nous évoquons ici est une question d’avenir, » avait-elle dit. En réalité, en dissimulant l’échec de tir pour faire passer au parlement une énième et imposante rallonge pour soutenir la défense, elle venait de dérouler le tapis à son adversaire principal, Jeremy Corbyn, alors empêtré dans les critiques, qui s’était déclaré comme hostile à ce budget, alors qu’au sein même de son parti une majorité avait voté pour !!! Car c’était une pilule financière très lourde à assumer ! Le programme de modernisation étant en effet évalué à quelques  31 milliards de livres minimum (37,1 milliards d’euros) !!! Le Daily Mail, lui-même, journal de droite peu soupçonné d’être partisan de Corbyn, avait pourtant lui aussi affirmé le 17 janvier 2016, sous la pluie de Peter Hitchens, que tout le programme de sous-marins nucléaires anglais était en effet une pure gabegie !!!  » Cela est provoqué  principalement par le projet de loi géante pour le renouvellement du Trident, qui va probablement finir par plus de 100 milliards de livres, à un moment l’où nous sommes déjà lourdement endettés (…)fallon success Nous pourrions facilement maintenir un petit arsenal de bombes H ou de missiles de croisière à tête nucléaire, juste au cas où, pour beaucoup moins. Il n’y a pas que des pacifistes barbus qui expriment leur doute sur son utilisation. De hauts fonctionnaires, des experts militaires sérieux, des officiers supérieurs dans toutes les branches, en privé et en ce cas publiquement, estiment que cela ne vaut pas tout cet argent. Même si nous décidons d’aller de l’avant, je prédis avec certitude que nous devrons l’annuler (à grands frais). Lorsque la crise économique tant attendue frappera, finalement ». Hitckens avait conclu par cette formule limpide et cette constatation de forte dépendance américaine : « nous ne contrôlons même pas le Trident, en se fondant autant sur les Etats-Unis pour sa technologie et pour l’entretien au point que ne nous pourrions jamais l’utiliser sans l’approbation américaine. Est-ce donc là l’indépendance ? »  L’avenir de la flotte sous-marine anglaise s’annonce plus qu’inquiétante… avec également le ministre de la défense, Michael Fallon, qui hier encore s’enfonçait dans le déni, en pleine chambre des députés anglais…  pourquoi donc continuer à mentir à ce point ? Dans quel but ? Celui de justifier 40 milliards de livres de dépenses pour le pays ??? En restant autant lié aux Etats-Unis ? Le Brexit ne partait-il pas plutôt d’un désir global d’émancipation ??? La marine anglaise n’auraient-elle pas été la grande oubliée de ce fameux et calamiteux Brexit (3) ?

… et Donald l’irresponsable

trump canonsLe tout, en effet, sous l’influence obligatoire de celui qui permet  à l’Angleterre d’assurer une force de dissuasion nucléaire, mais qui a déclaré tout autre chose depuis : « par ailleurs, Mme May a confirmé qu’elle rencontrerait le président Trump à Washington le vendredi, lors de la première visite d’un dirigeant étranger au nouveau président, un contact traditionnel que la Grande-Bretagne recherche avidement. Elle a dit que M. Trump soulignait l‘importance de l’alliance militaire de l’OTAN , le qualifiant de «rempart» de l’Occident, et que de ce fait la  Grande-Bretagne favorisait la cohésion de l’Union européenne, même si le pays se plaignait de quitter le bloc »…. une position, on le voit, intenable et surréaliste, comme l’est celle de Trump vis à vis de l’Otan, qu’il a jugée en fait « inutile » !!! Même RT, l’organe de Poutine, l‘a souligné, chez cet ectoplasme devenu président !

 

sub russianNota: pour ceux qui penseraient les russes immunisés contre ce genre de déboires, il faut savoir qu’actuellement leurs sous-marins de nouvelle génération de la classe Boreï  n’ont toujours pas de missile à poudre vraiment fiable (ils ont toujours préféré les missiles à ergols). Le Boulava développé depuis plus de 13 ans est loin d’être encore au point. Un des tirs ratés de ce missile avait laissé dans le ciel de Norvège de superbes images… (ici la vidéo). Tout récemment encore, le 14 novembre 2015, après toute une série de lancements ratés et quelques réussites (bien orchestrées en médias), l’énorme sous-marin Vladimir Monomakh, lancé en 2013 près 7 ans de construction, avait tenté de tirer une salve de deux missiles d’un coup, alors qu’il était encore sous l’eau. L’un des missiles s’est auto-détruit tout seul au cours de la phase de montée et l’autre a complètement raté la cible désignée, ses ogives ne s’étant pas séparées. L’enquête qui a suivi a déterminé que les missiles avaient échoué « en raison de défauts de fabrication ». Le ministère de la Défense russe ayant auparavant annoncé que les deux engins « avaient atteint leur cible » ….Pas très rassurant, ça… le 27 septembre 2016, c’était au Yuri Dolgoruky, construit pendant 13 ans, de faire de même. L’un des deux missiles a atteint son but, mais l’autre c’est encore autodétruit en vol.. Pas plus rassurant, ça… il n’y a pas que les anglais ou les américains à tenter de balancer au dessus de nos têtes des engins dont ils ne sont pas sûrs du comportement !!!

(1) pour mémoire c’est le même capitaine qui est responsable des deux erreurs. Sur des submersibles différents !

(2) Dans le Poseidon Mk-3 RV il y avait 10 têtes en moyenne. Mais une mauvaise intégration de l’explosif à bord provoqua la refonte obligatoire et complète du lot de têtes nucléaires entre 1978 et 1983 (3200 unités furent refaites, les autres carrément supprimées). Le retrait rapide du modèle a été dû à cette erreur de fabrication au départ. Pendant des années, les sous-marins US se sont promenés sous l’eau avec des engins défectueux…

(3) une Marine royale qui est aussi confrontée à d’autres problèmes de fabrication sur ces nouvelles unités de surface… l’épisode ridicule de la sortie ratée dans le Golfe du fleuron des destroyers, l’HMS Daring, un modèle neuf M45, en juin 2016 est là pour le démontrer, avec un bis repetita avec le HMS Duncan, à peine sorti, à peine remorqué en novembre 2016.  Tous deux construits par BAE, comme les derniers sous-marins ! Là encore Michael Fallon avait déclaré que ce genre de destroyer à 1 milliard de livres envoyé pour lutter contre Daesh « ferait une vraie différence dans le monde ». il est vrai qu’un tel navire de guerre qui ne supporte pas les eaux chaudes c’est plutôt rare !!!! Fallon avait aussi ajouté « qu’avec le plus gros budget de la défense en Europe et le deuxième plus grand dans l’OTAN, nos forces armées font la différence réelle dans le monde entier« . Il est vrai que pour se faire remarquer, les destroyers et sous-marins anglais sont forts. Militairement, c’est autre chose, manifestement !

une source à relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/atom-heart-fucker-15-les-sous-141845

Astute Class SSN Submarine – Royal Navy

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    Un monde de psychopathes dégénérés et de mafieuX corrompus , comment peut on encore faire confiance à ce monde répugnant et de mensonges.
    Aura t on un jour un monde de vérités et de gentillesses pour oublier ces six millénaires( instruites ??? ) ou aurons nous une disparition de l’humanité pure et simple car au vu de la réalité, c’est bien dans cette direction que nous nous dirigeons .
    J’ai quand même difficile à avaler que nous sommes complices de ce monde ignoble et du néant .
    Avons nous une chance de nous en sortir sans aide divine ou extra terrestre car à notre niveau nous sommes dans une manipulation de conscience d’esprit par cette intelligence morbide et financière qui nous domine depuis notre existence humaine, enfin j’ai l’espoir d’un changement car sans cet espoir , il ne sert à rien de vivre et de laisser une generation future sur cette planète vouée à la destruction.
    Je ne crois pas à cette destruction , au plus profond de notre âme se trouve la solution ,nous aurons ce changement, je ne peux imaginer que le MAL supplantera le BIEN, je ne peux pas le croire.