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La reculade d’Obama sur la contraception et la s?paration de l’Eglise et de l’Etat

Christ Obama

Par Tom Carter
9 f?vrier 2013
La semaine derni?re, le gouvernement Obama a annonc? les directives d?finitives relatives ? la couverture des m?thodes de contraception par les contrats d’assurance-sant? des organisations ayant un engagement religieux, accordant une grande marge de man?uvre ? ce genre d’organisations pour qu’elles puissent refuser cette couverture aux travailleurs.

Ce qui est en question, c’est l’exigence qui figurait dans la r?forme de la sant? propos?e en 2010 par Obama selon laquelle les assurances-sant? des employeurs devaient garantir l’acc?s ? la contraception ainsi qu’un certain nombre de services m?dicaux pr?ventifs sans augmentation des co?ts. La droite religieuse s’y est oppos?e, insistant pour que tous les employeurs qui ?taient oppos?s ? la contraception pour des raisons religieuses devraient en ?tre exempt?s – y compris les h?pitaux et les universit?s qui emploient des centaines ou des milliers de personnes.

La proposition finale du gouvernement accorde aux groupes religieux pour l’essentiel ce qu’ils demandaient en appliquant une d?finition extr?mement large de ce qu’est une organisation religieuse. Toute entit? ? but non lucratif qui se d?clare oppos?e ? la fourniture d’une couverture de la contraception pourra b?n?ficier de cette exemption.

Pour tenter de dissimuler sa capitulation, le gouvernement est en train d’?tablir une proc?dure alambiqu?e par laquelle les travailleurs de ces institutions pourront obtenir une couverture personnelle sans co?t suppl?mentaire de la part d’assureurs priv?s. Mais les organisations religieuses ne seront m?me pas dans l’obligation d’informer leurs salari?s de l’existence de cette possibilit?.

Cette derni?re capitulation du gouvernement met encore plus en p?ril l’acc?s des familles de la classe ouvri?re aux services de soins. Mais cela a des implications encore plus profondes en ce qui concerne le principe constitutionnel fondamental de la s?paration de l’Eglise et de l’Etat.

La contraception est depuis longtemps tout ? fait l?gale aux ?tats-Unis. La doctrine religieuse constitue donc la seule base de la d?cision du gouvernement. En d’autres termes, la capitulation du gouvernement Obama facilite l’application directe des doctrines religieuses par le biais de politiques publiques – pr?cis?ment ce que la constitution am?ricaine interdit.

La marche arri?re d’Obama est une r?ponse ? une campagne concert?e de la part de groupes religieux disposant de grands moyens financiers et visant ? qualifier de ??guerre contre la religion?? et d’entrave ? la ??libert? religieuse??le fait d’accorder aux femmes des moyens de contr?ler les naissances. Dans ces arguments, les droits d?mocratiques sont invers?s?: le droit des travailleurs ? la sant? doit s’effacer devant le « droit » des employeurs ? imposer une doctrine religieuse ? leurs employ?s, et celui des organisations religieuses ? dicter la politique du gouvernement.

Le principe de la s?paration de l’Eglise et de l’Etat a tenu une place vitale dans les fondements politiques des ?tats-Unis, ce qui se retrouve dans la premi?re ligne du premier amendement. Les dix premiers mots de ce?Bill of Rights?sont?: ??le Congr?s ne fera aucune loi qui touche l’?tablissement ou interdise le libre exercice d’une religion.??

Ce principe s’appuie sur les principes de la?cit? des Lumi?res et sur les exp?riences de la bourgeoisie dans sa p?riode r?volutionnaire. Les r?volutionnaires am?ricains comprenaient que la religion servait depuis longtemps ? b?nir la suppression des mouvements populaires, la poursuite des guerres, la d?fense des privil?ges de l’aristocratie et l’opposition ? la science et au progr?s. Dans ces conditions, s?parer la religion de l’Etat ?tait consid?r? comme n?cessaire pour ouvrir la voie ? la d?mocratie, ? la raison et au progr?s.

Thomas Jefferson, dans une r?ponse ? la p?tition d’un groupe religieux, avait vant? le ??mur de s?paration entre l’?glise & l’?tat?? construit par le Premier amendement. James Madison est connu pour s’?tre oppos? ? ce que l’on d?pense ??trois pennies?? de fonds publics pour la religion.

M?me ? une date avanc?e dans le 20??me?si?cle, de telles conceptions pouvaient encore trouver des d?fenseurs au sein du monde politique officiel. John F. Kennedy, alors candidat ? la pr?sidence, d?clara en 1960 dans un discours rest? c?l?bre, ??Je crois en une Am?rique o? la s?paration de l’Eglise et de l’Etat est absolue, o? aucun pr?lat catholique ne dirait au pr?sident (s’il ?tait catholique) comment agir, et o? aucun pasteur protestant ne dirait ? ses paroissiens pour qui voter?; o? aucune ?glise ni aucune ?cole confessionnelle ne recevrait aucun fonds public ni aucune pr?f?rence politique?; et o? personne ne se verrait refuser un poste dans l’administration simplement parce que sa religion ne serait pas celle du pr?sident qui pourrait le nommer ou des gens qui pourraient l’?lire.?? Il est r?v?lateur qu’aucun politicien am?ricain aujourd’hui, d?mocrate comme r?publicain, ne puisse faire de d?claration de ce genre sans ?tre mis politiquement ? l’?cart. Quand il a annonc? pour la premi?re fois son intention de capituler devant les demandes des organisations religieuses au d?but de l’ann?e derri?re, Obama a d?clar? qu’il agissait ??en tant que citoyen et que chr?tien??.

De nos jours, le ??mur de s?paration?? de Jefferson est en ruine comme le reste de la d?mocratie bourgeoise. La doctrine religieuse a ?t? infiltr?e dans les cours de science des ?coles publiques sous la forme du ??dessein intelligent??, les ?coles religieuses sont financ?es par des ch?ques du gouvernement, les organisations religieuses b?n?ficient d’exon?rations fiscales et de privil?ges sp?ciaux, les organisations caritatives ??confessionnelles?? re?oivent des subventions substantielles de la part du gouvernement, et les tribunaux refusent d’interdire de planter des croix sur le domaine public.

Les atteintes ? la s?paration de l’Eglise et de l’Etat vont de pair avec l’?rosion des institutions d?mocratiques sur toute la ligne, processus qui est inextricablement li? ? la croissance extr?me des in?galit?s sociales. En une violation claire des garanties constitutionnelles fondamentales, le gouvernement Obama s’arroge maintenant le droit d’emprisonner, torturer et assassiner des citoyens am?ricains sans aucune forme de contr?le judiciaire.

 

La reculade d’Obama d?masque une fois de plus ceux qui ont tent? de dissimuler la trajectoire droiti?re du lib?ralisme politique am?ricain en glorifiant Obama comme une sorte de crois? progressiste pour les ??droits des femmes??. Voil? l’impasse sans espoir dans laquelle a men? le fait de consid?rer les choses d’apr?s des cat?gories d?pendant de l’identit?, du genre et du style de vie au d?triment des questions de classes.

La d?fense de la raison et de la science face ? l’obscurantisme religieux reste un principe fondamental de la perspective socialiste de lib?ration humaine. Avec un capitalisme en crise et un lib?ralisme qui n’a ni la volont? ni la capacit? de d?fendre les droits fondamentaux, il revient enti?rement ? la classe ouvri?re de prendre la t?te de la lutte pour d?fendre et ?tendre les principes d?mocratiques fondamentaux au moyen d’une lutte r?volutionnaire pour le socialisme.

(Article original paru le 6 f?vrier 2013)

wsws.org

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