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La radio-protection internationale à Tchernobyl… et après

nucléaire

Selon le dernier communiqué de presse d’Enfants de Tchernobyl Belarus, le 14 octobre 2014, lors du “International Symposium on Legal-medical Aspects of Nuclear Disaster and Human Rights” organisé à l’Université Waseda de Tokyo, Yves Lenoir, président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus, a fait une communication intitulée « La radio-protection internationale à Tchernobyl… et après »

Des faits et témoignages réunis pour la première fois révèlent la responsabilité première, pleine et entière des dirigeants de la Commission Internationale de Protection Radiologique dans le désastre sanitaire qui a suivi la catastrophe atomique de Tchernobyl en avril 1986.

 

Lors d’un contact téléphonique préliminaire, le 28 avril 1986, le Dr Henri Jammet, vice-président de la Commission, et le Pr Leonid Ilyin, responsable de la radio-protection pour l’URSS, se sont accordés pour prendre du temps alors que les taux de radiactivité étaient déjà des centaines de fois plus élevés que la radiation naturelle à plus de 100 km de la centrale.

 

Il a fallu attendre 10 jours, le 6 mai 1986, pour que la Commission se réunît avec d’autres experts pour conclure de même, et notamment conseiller de ne pas évacuer les populations exposées. Les évaluations des doses déjà reçues, jusqu’à 100 km, dépassaient souvent de bien plus de 100 fois les limites annuelles recommandées par la Commission.

 

Cette désinvolture inexcusable a conduit à l’irradiation et la contamination de plusieurs millions d’êtres humains. L’examen autorisé des conséquences sanitaires ultérieures a été effectué par des experts délégués de leurs pays respectifs dans le cadre de l’UNSCEAR, United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiations, institué en 1955 au sein de l’ONU, dont l’Assemblée Générale vote les rapports, leur conférant ainsi un statut incontestable.

Il se trouve que la plupart des dirigeants de la CIPR sont aussi délégués ou représentants de leur pays à l’UNSCEAR.

 

Cette situation institutionnelle interdit très naturellement que les études scientifiques publiées qui mettent en évidence un lien entre Tchernobyl et la dégradation de la santé ainsi que l’accroissement des malformations n’aient été retenues pour établir les bilans de l’accident. On pense ici notamment à celui qui s’impose comme le plus officiel, rédigé dans le cadre du Chernobyl Forum entre 2002 et 2005 et signé par toutes les agences de l’ONU et les Etats les plus touchés de l’ex-URSS.

 

Des hommes impliqués dans cette gestion institutionnelle des conséquences de Tchernobyl coordonnent les actions équivalentes entreprises après la catastrophe de Fukushima, sous la bannière de l’UNSCEAR et de la CIPR, sous la supervision de l’AIEA qui occupe le terrain. La répétition “perfectionnée” du processus post-Tchernobyl suit son cours au Japon.

 

C’est ainsi que la radio-protection internationale s’est condamnée au déni, sous peine d’entraîner dans son naufrage tout l’édifice mental et idéologique qui  légitime le développement de l’énergie atomique : Raison d’Atome oblige.

Voir le texte complet illustré de l’exposé :

 

– En français : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=waseda-fr

 

– In English : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=waseda-en

 

 

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