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La racine de l?argent

PHILIPPE DAVID

Ce matin, j?ai d?cid? de faire un peu de philosophie. Le sujet est pertinent, car je crois que le peuple qu?b?cois a une attitude malsaine envers l?argent et la richesse en g?n?ral. Atlas Shrugged , le roman d?Ayn Rand a ?t? publi? en 1957 et est toujours dans les tops sur la liste des Best-sellers aux ?tats-Unis, malgr? son ?ge. Il semble m?me y avoir un regain d?int?r?t pour ce livre: les ventes ont plus que tripl? en 2009 grandement d? aux similarit?s de la crise ?conomique actuelle et le sc?nario du livre, ce qui le rend ?trangement pr?scient.

Le roman est en r?alit? plus qu?un roman, il est aussi une repr?sentation imag?e de la philosophie objectiviste de Rand dont les concepts sont expliqu?s ? travers?le discours de John Galt. Malheureusement, il n?existe pas encore de traduction ??officielle?? de ce livre en fran?ais. Une traduction pirate circulait il y a quelques mois, mais elle a d? ?tre retir?e. Il y a environ un an et demi, je m??tais amus? ? traduire un extrait de ce livre portant sur la conception Randienne de l?argent 😕Le discours de Francisco d?Anconia. Je la reproduis ici pour votre b?n?fice, mais si vous vous d?brouillez bien avec la langue de Shakespeare, je vous encourage fortement ? lire le livre (Disponible chez Archambault et Indigo/Chapters. Chez Renaud-Bray, ils ont jamais entendu parler).

Une petite mise en contexte: Francisco d?Anconia est un magnat des mines de cuivre et un des principaux personnages du livre. Lors d?une r?ception de mariage, il se tenait juste ? cot? d?un groupe qui menait une conversation quand l?un d?eux d?clare que ??l?argent est la racine de tout mal??. D?Anconia l?interpelle donc de cette fa?on: (?Extrait du livre ?Atlas Shrugged? et traduit en fran?ais par Philippe David)

??Alors vous pensez que l?argent est la racine de tout mal??? dit Francisco d?Anconia. ??Avez-vous d?j? demand? quelle est la racine de l?argent? L?argent est un outil d??change qui ne peut exister ? moins d?avoir des biens produits et des hommes capables de les produire. L?argent est la forme du principe que les hommes qui veulent transiger entre eux doivent le faire par le commerce et donner valeur pour valeur. L?argent n?est pas l?outil des chapardeurs, qui r?clament votre produit par les larmes, ou des pillards, qui le prennent par la force. L?argent est rendu possible par les hommes qui produisent. Est-ce cela que vous consid?rez comme le mal???

??Lorsque vous acceptez de l?argent en paiement de vos efforts, vous ne le faites que dans la conviction que vous l??changerez pour le produit de l?effort des autres. Ce ne sont pas les chapardeurs et les pillards qui donnent la valeur ? l?argent. Pas un oc?an de larmes, ni tous les fusils du monde peuvent transformer ces bouts de papier dans votre portefeuille en pain pour vous laisser survivre demain. Ces bouts de papier, qui auraient d? ?tre de l?or, sont un gage d?honneur? votre r?clamation de l??nergie des hommes qui produisent. Votre portefeuille est l?expression d?espoir que quelque part dans le monde autour de vous il y a des hommes qui ne prendront pas ? d?faut ce principe moral qui est la racine de l?argent. Est-ce cela que vous consid?rez comme le mal???

??Avez-vous d?j? cherch? la racine de la production? Examinez une g?n?ratrice ?lectrique et osez vous dire qu?elle a ?t? cr??e par l?effort musculaire de brutes ?cervel?es. Essayez de faire cro?tre une graine de bl? sans le savoir laiss? par les hommes qui ont d? le d?couvrir la premi?re fois. Essayez d?obtenir votre nourriture par le seul moyen de mouvements physiques ? et vous apprendrez que l?esprit de l?homme est la racine de tous les biens produits et de toute la richesse qui ait exist? sur terre.??

??Mais vous dites que l?argent est fait par les forts aux d?pens des faibles? De quelle force parlez-vous? Ce n?est pas la force des muscles et des fusils. La richesse est le produit de la capacit? humaine de penser. Alors l?argent est fait par l?homme qui invente un moteur aux d?pens de ceux qui ne l?ont pas invent?? Est-ce que l?argent est fait par l?intelligent au d?pens du sot? Par le capable au d?pens de l?incapable? Par l?ambitieux au d?pens du paresseux? L?argent est fait ? avant qu?il puisse ?tre pill? ou chapard? ? fait par l?effort de chaque honn?te homme, chacun selon son habilet?. Un honn?te homme est celui qui sait qu?il ne peut pas consommer plus qu?il n?a produit.??

??De transiger par l?argent est le code des hommes de bonne volont?. L?argent repose sur l?axiome que chaque homme est propri?taire de son esprit et de ses efforts. L?argent n?alloue aucun pouvoir de prescrire la valeur de votre effort, except? par le choix volontaire de l?homme qui veut l??changer avec son effort en retour. L?argent vous permet d?obtenir pour vos biens et votre labeur ce qu?ils valent aux yeux des hommes qui les ach?tent, mais pas plus. L?argent ne permet aucune entente sauf celles par b?n?fice mutuel avec le jugement non-forc? des commer?ants. L?argent vous demande la reconnaissance que les hommes doivent travailler pour leur propre b?n?fice, et non pour leur tort, pour leur gain et non pour leur perte ? la reconnaissance qu?ils ne sont pas des b?tes de somme, n?s pour porter le poids de votre mis?re ? que vous devrez leur offrir des valeurs, et non des blessures. ? que le lien commun entre les hommes n?est pas l??change de souffrances, mais l??change de biens. L?argent demande que vous ne vendiez pas votre faiblesse ? leur stupidit?, mais votre talent ? leur raison; il demande que vous n?achetiez pas le pire qu?ils offrent, mais le meilleur que votre argent puisse trouver. Et lorsque les hommes vivent de l??change ? avec la raison et non la force comme arbitre final ? c?est le meilleur produit qui gagne, la meilleure performance, l?homme avec le meilleur jugement et la meilleure habilet? ? et le degr? de la productivit? d?un homme est le degr? de sa r?compense. C?est le code de l?existence pour laquelle l?outil et le symbole est l?argent. Est-ce cela que vous consid?rez le mal???

??Mais l?argent n?est qu?un outil. Il vous emm?nera o? vous voulez, mais il ne vous remplacera pas comme chauffeur. Il vous donnera les moyens de satisfaire vos d?sirs, mais il ne vous donnera pas de d?sirs. L?argent est le fl?au des hommes qui tentent de renverser la loi de la causalit? ? les hommes qui cherchent ? remplacer l?esprit en saisissant les produits de l?esprit.??

??L?argent n?ach?tera pas le bonheur ? l?homme qui n?a aucune id?e de ce qu?il veut: l?argent ne lui donnera pas un code de valeurs, s?il ne sait ? quoi attribuer une valeur, et il ne lui donnera pas un but, s?il ne sait ce qu?il doit chercher. L?argent n?ach?tera pas l?intelligence au sot, ou l?admiration au trouillard, ou le respect ? l?incomp?tent. L?homme qui tente d?acheter le cerveau de ses sup?rieurs pour le servir, avec l?argent pour remplacer son jugement, finit par devenir la victime de ses inf?rieurs. Les hommes d?intelligence le d?sertent, mais les tricheurs et les fraudeurs accourent ? lui, attir?s par une loi qu?il n?a pas d?couverte: qu?aucun homme ne peut ?tre plus petit que son argent. Est-ce la raison pour laquelle vous dites que c?est le mal???

??Seul l?homme qui n?en a pas besoin, est digne d?h?riter la richesse ? l?homme qui ferait sa fortune peu importe o? il a commenc?.Si un h?ritier est l??gal de son argent, il le servira; sinon, il le d?truira. Mais vous le regardez et vous criez que l?argent l?a corrompu. Vraiment? Ou a-t-il corrompu son argent? N?enviez pas un mauvais h?ritier; sa richesse n?est pas la v?tre et vous n?auriez pas fait mieux avec. Ne pensez pas qu?elle aurait d? ?tre distribu?e entre vous; chargeant le monde de cinquante parasites au lieu d?un, ne ram?nerait pas la vertu morte qu??tait la fortune. L?argent est une puissance vivante qui meurt sans sa racine. L?argent ne servira pas l?esprit qui ne peut l??galer. Est-ce la raison pourquoi vous dites que c?est mal???

??L?argent est votre moyen de survie. Le verdict que vous prononcez sur la source de votre gagne-pain est le verdict que vous prononcez sur votre vie. Si la source est corrompue, vous avez damn? votre existence. Avez-vous obtenu votre argent par la fraude? En jouant sur les vices ou la stupidit? des hommes? ? servir les sots en esp?rant recevoir plus que votre habilet? ne m?rite? En abaissant vos standards? En faisant un travail qui vous ?c?ure pour des acheteurs que vous m?prisez? Si c?est le cas, votre argent ne vous apportera pas un moment ou la valeur d?un sou de joie. Alors tout ce que vous ach?terez ne deviendra pas un tribut, mais un reproche; pas un accomplissement, mais un rappel de honte. Alors vous crierez que l?argent est mauvais. Mauvais, parce qu?il ne remplace pas votre respect de vous-m?me? Mauvais, parce qu?il ne vous laisse pas jouir de votre d?pravit?? Est-ce cela la racine de votre haine de l?argent???

??L?argent demeurera toujours un effet et refuse de vous remplacer en tant que la cause. L?argent est le produit de la vertu, mais il ne peut pas vous donner la vertu et il ne rach?tera pas vos vices. L?argent ne vous donnera pas ce qui n?est pas m?rit?, ni en mat?riel, ni en spirituel. Est-ce cela la racine de votre haine de l?argent???

??Ou disiez-vous que c?est l?amour de l?argent qui est la racine du mal? Aimer quelque chose, c?est conna?tre et aimer sa nature. Aimer l?argent est connaitre et aimer le fait que l?argent est la cr?ation de la meilleure puissance en vous, et la clef pour ?changer votre effort pour l?effort du meilleur d?entre les hommes. C?est l?homme qui vendrait son ?me pour une pi?ce de cinq cents, qui proclame le plus fort sa haine de l?argent ? et il a de bonnes raisons de l?ha?r. Ceux qui aiment l?argent ont la volont? de travailler pour. Ils savent qu?ils peuvent se le m?riter.??

??Laissez-moi vous livrer un indice au caract?re des hommes: L?homme qui maudit l?argent, l?a obtenu d?shonorablement; l?homme qui le respecte, l?a gagn?.??

??Sauvez-vous de quiconque vous dit que l?argent est mauvais. Cette phrase est la clochette de l?preux qui sonne l?approche d?un pillard. Aussi longtemps que les hommes vivront ensemble sur terre et auront besoin de transiger un avec l?autre ? leur seul substitut, s?ils abandonnent l?argent, est la bouche d?un fusil.??

??Mais l?argent vous demande les plus hautes vertus, si vous voulez en faire ou le garder. Les hommes qui n?ont aucun courage, aucune fiert? ou estime de soi, les hommes qui n?ont pas le sens moral de leur droit ? leur argent et qui n?ont pas la volont? de le d?fendre comme s?ils d?fendaient leur vie, les hommes qui s?excusent d??tre riches ? ne demeureront pas riches pour longtemps. Ils sont l?app?t naturel des foules de pillards qui se cachent sous les roches depuis des si?cles, mais qui rampent hors de leur cachette ? l?odeur de l?homme qui demande pardon pour la culpabilit? de poss?der de la richesse. Ils se d?p?cheront de lui prendre sa culpabilit? ? et sa vie, comme il le m?rite.??

??Alors vous verrez la mont?e des hommes au double standard ? des hommes qui vivent par la force, mais qui comptent sur ceux qui vivent de la traite pour donner de la valeur ? leur butin ? des hommes qui sont au crochet de la vertu. Dans une soci?t? morale, ils sont les criminels, et les statuts sont ?crits pour vous en prot?ger. Mais lorsqu?une soci?t? ?tablit des criminels-de-droit et des pillards-en-loi ? des hommes qui utilisent la force pour saisir la richesse de victimes d?sarm?es ? alors l?argent devient le vengeur de son cr?ateur. De tels pillards croient qu?il est s?r de voler des hommes sans d?fense, une fois qu?ils ont pass? une loi pour les d?sarmer. Mais leur butin devient l?aimant des autre pillards, qui l?obtiennent d?eux de la m?me fa?on. Alors la course ne va pas ? ceux qui sont les plus adeptes ? la production, mais ? ceux qui sont les plus impitoyables ? l?usage de la brutalit?. Lorsque la force est la norme, le meurtrier gagne sur le pickpocket. Et alors que la soci?t? dispara?t, dans une propagation de ruines et de boucherie.??

??Souhaitez-vous savoir si ce jour arrive? Surveillez l?argent. L?argent est le barom?tre de la vertu d?une soci?t?. Lorsque vous voyez que les ?changes sont faits, non par consentement, mais par la contrainte ? quand vous voyez que pour produire, vous devez obtenir la permission de gens qui ne produisent rien. ? lorsque vous voyez que l?argent coule vers ceux qui traitent non pas en biens, mais en faveurs ? lorsque vous voyez que les hommes s?enrichissent plus par la corruption et l?influence que par le travail, et que vos lois ne vous prot?gent pas contre eux, mais les prot?gent contre vous ? lorsque vous voyez la corruption r?compens?e et que l?honn?tet? devient un sacrifice ? vous saurez que votre soci?t? est condamn?e. L?argent est un m?dium si noble qu?il n?accepte aucune concurrence avec les armes et n?accepte aucun termes avec la brutalit?. Il ne permet pas qu?un pays puisse survivre mi-propri?t?, mi-butin.??

??Lorsque des destructeurs apparaissent parmi les hommes, ils commencent par d?truire l?argent, puisque l?argent est la protection des hommes et la base de leur existence morale. Les destructeurs saisissent l?or et laissent aux propri?taires une pile de papier trafiqu?. Ce qui d?truit toute norme objective et qui livre les hommes au pouvoir arbitraire d?un r?gulateur de valeurs arbitraire. L?or ?tait une valeur objective, un ?quivalent de richesse produite. Le papier est une hypoth?que d?une richesse qui n?existe pas, soutenu par une arme point?e vers ceux qui sont suppos? le produire. Le papier est un ch?que tir? par des pillards l?gaux d?un compte qui n?est pas le leur: sur la vertu de leurs victimes. Surveillez le jour o? il rebondira, marqu? ?compte ? d?couvert?.??

??Lorsque vous faites du mal le moyen de survie, ne vous attendez pas ? ce que les hommes restent bons. Ne vous attendez pas ? ce qu?ils restent moraux et perdent leurs vies pour devenir la proie des immoraux. Ne vous attendez pas ? ce qu?ils produisent alors que la production est punie et le pillage r?compens?. Ne demandez pas ?Qui d?truit le monde??. C?est vous.??

??Vous vous tenez au milieu des plus grands accomplissements de la plus grande et productive civilisation et vous vous demandez pourquoi elle s??croule autour de vous, alors que vous maudissez son essence de vie ? l?argent. Vous consid?rez l?argent comme les sauvages avant vous, et vous vous demandez pourquoi la jungle se resserre autour de vos villes. ? travers l?Histoire, l?argent a toujours ?t? saisi par des pillards d?un type ou l?autre, dont les noms ont chang?, mais dont les m?thodes sont rest?es les m?mes: saisir la richesse par la force et garder les producteurs li?s, humili?s, d?f?m?s et priv?s d?honneur. Cette phrase au sujet du mal de l?argent que vous babillez avec imprudence, vient d?une ?poque ou la richesse ?tait produite par le travail des esclaves ? esclaves qui r?p?taient les mouvements d?j? d?couverts par l?esprit de quelqu?un et laiss?s sans am?lioration pendant des si?cles. Aussi longtemps que la production ?tait domin?e par la force et que la richesse ?tait obtenue par la conqu?te, il y avait peu ? conqu?rir, pourtant ? travers les si?cles de stagnation et de famine, les hommes ont exalt? les pillards, comme aristocrates d??p?e, aristocrates de naissance, ou aristocrates de bureau, et m?pris? les producteurs comme esclaves, traiteurs, marchands ? et industriels.??

??? la gloire de l?humanit?, il y avait, pour la premi?re et seule fois de l?Histoire, un pays d?argent ? et je ne peut donner de tribut plus ?lev? ou plus r?v?rend ? l?Am?rique puisque ?a veut dire: un pays de raison, justice, libert?, production, accomplissement. Pour la premi?re fois, l?esprit et l?argent de l?homme ont ?t? lib?r?s, et il n?y avait plus de fortunes par conqu?te, mais seulement des fortunes par le travail, et au lieu d?hommes d??p?e et d?esclaves, il est apparu le v?ritable cr?ateur de richesse, le plus grand travailleur, le plus valeureux type d??tre humain ? le parvenu ? l?industriel am?ricain.??

??Si vous demandez quelle est la plus fi?re distinction des am?ricains, je choisirait ? parce qu?elle inclue toutes les autres ? le fait qu?ils sont le peuple qui a cr?? l?expression ?faire de l?argent?. Aucun autre langage ou nation n?a jamais utilis? ce terme avant; les hommes ont toujours consid?r? la richesse comme ?tant une quantit? statique ? ? saisir, mendier, h?riter, partager, piller ou obtenir en guise de faveur. Les am?ricains furent les premiers ? comprendre que la richesse doit ?tre cr??e. Les mots ?faire de l?argent? contiennent l?essence de la moralit? humaine.??

??Pourtant ce sont les mots pour lesquels les am?ricains ont ?t??d?nonc?s par les cultures pourries des continents de pillards. Maintenant le cr?do des pillards vous a amen? ? consid?rer vos plus grands accomplissements comme une marque de honte, votre prosp?rit? comme culpabilit?, vos plus grands hommes, les industriels, comme des abuseurs, et vos magnifiques usines comme le produit et la propri?t? du travail musculaire, le labeur des esclaves sous le fouet, comme les pyramides d??gypte. La fripouille qui minaude qu?il ne voit pas de diff?rence entre le pouvoir du dollar et le pouvoir du fouet, devrait apprendre la diff?rence sur sa propre peau ? comme, je crois, il le fera.??

??Jusqu?? ce que et ? moins que vous ne d?couvriez que l?argent est la racine de tout bien, vous demandez votre propre destruction. Quand l?argent cesse d??tre l?outil avec lequel les hommes transigent entre eux, alors les hommes deviennent les outils des hommes. Le sang, les fouets, les fusils ? ou les dollars. Faites votre choix ? il n?y en a pas d?autre ? et votre temps tire ? sa fin.??

Dans ce texte, il y a deux paragraphes que j?aime particuli?rement et qui sont tr?s pertinents dans le contexte d?aujourd?hui:

??Alors vous verrez la mont?e des hommes au double standard ? des hommes qui vivent par la force, mais qui comptent sur ceux qui vivent de la traite pour donner de la valeur ? leur butin ? des hommes qui sont au crochet de la vertu. Dans une soci?t? morale, ils sont les criminels, et les statuts sont ?crits pour vous en prot?ger. Mais lorsqu?une soci?t? ?tablit des criminels-de-droit et des pillards-en-loi ? des hommes qui utilisent la force pour saisir la richesse de victimes d?sarm?es ? alors l?argent devient le vengeur de son cr?ateur. De tels pillards croient qu?il est s?r de voler des hommes sans d?fense, une fois qu?ils ont pass? une loi pour les d?sarmer. Mais leur butin devient l?aimant des autre pillards, qui l?obtiennent d?eux de la m?me fa?on. Alors la course ne va pas ? ceux qui sont les plus adeptes ? la production, mais ? ceux qui sont les plus impitoyables ? l?usage de la brutalit?. Lorsque la force est la norme, le meurtrier gagne sur le pickpocket. Et alors que la soci?t? dispara?t, dans une propagation de ruines et de boucherie.??

Belle d?nonciation du corporatisme, non? Et il y a encore celui-ci:

? Lorsque des destructeurs apparaissent parmi les hommes, ils commencent par d?truire l?argent, puisque l?argent est la protection des hommes et la base de leur existence morale. Les destructeurs saisissent l?or et laissent aux propri?taires une pile de papier trafiqu?. Ce qui d?truit toute norme objective et qui livre les hommes au pouvoir arbitraire d?un r?gulateur de valeurs arbitraire. L?or ?tait une valeur objective, un ?quivalent de richesse produite. Le papier est une hypoth?que d?une richesse qui n?existe pas, soutenu par une arme point?e vers ceux qui sont suppos? le produire. Le papier est un ch?que tir? par des pillards l?gaux d?un compte qui n?est pas le leur: sur la vertu de leurs victimes. Surveillez le jour o? il rebondira, marqu? ?compte ? d?couvert?. ?

Ce qui r?sume assez bien ma position sur la monnaie fiduciaire.

Philippe David

Cet article a ?t? publi? d »abord sur ce site, il y a maintenant 2 ans. ?Je crois qu’il m?rite plus que jamais d’?tre largement diffus? ? Votre ?diteur. pjca

 

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    Il faut connaître d’où vient Ayn Rand pour comprendre sa « révolte ».

    « L’homme (ou la femme, ajout de Noogernaire) qui tente d’acheter le cerveau de ses supérieurs pour le servir, avec l’argent pour remplacer son jugement, finit par devenir la victime de ses inférieurs. Les hommes d’intelligence le désertent, mais les tricheurs et les fraudeurs accourent à lui, attirés par une loi qu’il n’a pas découverte: qu’aucun homme ne peut être plus petit que son argent. »

    Cette dernière phrase me heurte. Elle me ramène au niveau d’un bête, qui à zéro argent s’échange au poids…

    J’ai trouvé un contrepoid :

    http://www.solidariteetprogres.org/orientation-strategique-47/analyses/Johannes-Kepler-et-le-defi-pose-au.html

    EXTRAITS

    3.1 Qu’est-ce que l’argent ?

    « L’existence de l’argent est une nécessité pour toute économie moderne et le restera dans l’avenir prévisible de la civilisation future. Par définition, l’argent en soi peut être utile, mais contrairement aux mythes populaires, académiques et autres, il n’a jamais eu et n’aura jamais de valeur intrinsèque, dans une quelconque forme d’économie moderne. Voilà le point crucial que nous devons examiner. La confusion vient principalement de la croyance en un mythe de l’argent, contrairement à ce qu’il est en réalité. Pour être efficace, toute organisation de l’économie mondiale actuellement en péril conférera à l’argent et aux systèmes bancaires un rôle décisif, qui dépendra de la conception de l’argent que je vais développer ici.

    « Par exemple, l’illusion populiste la plus répandue veut que l’argent ait une valeur intrinsèque que l’on pourrait déterminer « de manière naturelle », si seulement le gouvernement cessait d’intervenir dans la vie économique. Face à la crise qui s’abat sur nous, c’est une illusion fatale pour les Etats-Unis et la civilisation tout entière. L’argent n’a pas de valeur intrinsèque. La valeur que l’on attribue à une devise est socialement déterminée, c’est une valeur physique, et non « naturelle ». Karl Marx et les libéraux anglo-hollandais qui lui apprirent à se fier au système britannique d’économie politique, étaient, en réalité, des dupes, comme le voulaient leurs professeurs. La doctrine anglo-hollandaise libérale de l’argent est une croyance induite par le système prédateur qui a créé et propage cette illusion à son unique avantage.

    « Dès le départ, les systèmes financiers maritimes de ce type étaient liés au « modèle oligarchique » de société. Suivant ce modèle, la majorité des populations assujetties était gardée comme du bétail, les masses étant gardées par une poignée d’entre eux, comme dans la Sparte de Lycurgue. Elles étaient traitées comme les animaux du domaine. De la même manière, le physiocrate François Quesnay définira les paysans vivant dans le domaine féodal du seigneur, comme du bétail, car pour les physiocrates, on ne peut augmenter la quantité de biens produits par rapport à ceux consommés. La fonction créatrice de l’esprit humain individuel, qui agit effectivement sur l’économie, n’était pas reconnue par des païens tels que Quesnay, Turgot, Adam Smith, Bentham et leurs disciples.

    « Même idéologie pour le satanique Bernard Mandeville, auteur de la Fable des abeilles, devenue en quelque sorte la Bible de la Société du Mont-Pèlerin. Graham Lowry a résumé ainsi le sens de cette fable : « Les intérêts de l’Etat n’étaient autres que la satisfaction collective des plaisirs hédonistes de ses membres ». [1] Ou en d’autres termes : Mandeville suppose que la répartition des fruits de la richesse est déterminée par de méchants petits bonshommes verts, jouant aux dès sur le plancher de l’univers, de petits êtres démoniaques qui rient à chaque fois que le coup de dès récompense le mal et punit le bien. C’est plus ou moins ainsi que les prescriptions de la Société du Mont-Pèlerin fonctionnent dans la société américaine aujourd’hui.

    « Si nous considérons les premières opérations maritimes impérialistes du culte de Delphes, nous reconnaîtrons rapidement que les empires romain et byzantin et le système médiéval Vénitiens-Croisés illustrent bien la conception de l’argent appropriée à un système monétaro-financier impérial. Il en va de même pour le système anglo-hollandais libéral, axé sur la Banque d’Angleterre moderne, celle d’un Montagu Norman qui parraina la montée au pouvoir d’Hitler. Cela devrait nous convaincre qu’il n’y a rien de naturel dans les systèmes monétaro-financiers présentés aujourd’hui dans les universités et les manuels.

    « Dans la tradition américaine moderne, le système associé à Alexander Hamilton, Henry Carey, Abraham Lincoln et Franklin Roosevelt est l’adversaire naturel du système de libre-échange cher à l’impérialisme libéral anglo-hollandais. Il n’y a aucune congruence entre l’idéologie libérale anglo-hollandaise et le système américain d’économie politique, dont l’intention est implicitement contenue dans le Préambule de la Constitution des Etats-Unis. C’est en ce sens que les Etats-Unis représentent aujourd’hui, pour l’humanité, le seul espoir de sauver le système économique mondial en perdition.

    « Avant cette évolution du marché mondial et de l’économie américaine, de 1967 à 1981, les Etats-Unis de Franklin Roosevelt avaient établi une structure flexible de mesures protectionnistes. Certains y virent le moyen de subventionner les paresseux aux dépens des entreprenants ; soit ces détracteurs étaient stupides, soit ils mentaient, comme aiment à le faire les libéraux d’inclination oligarchique prédatrice et leurs laquais démagogues. En fait, ces réformes « protectionnistes » s’inséraient dans un système parfaitement conforme à l’intention de notre Constitution fédérale, parfois appelé « commerce équitable ».

    « Le système protectionniste est un impératif implicitement consacré dans le préambule de la Constitution fédérale des Etats-Unis. Ce préambule lui-même exprime, et ce n’est pas un accident, un principe fondamental du droit naturel (agape en grec classique), dont l’affirmation par l’apôtre Paul dans son Epitre aux Corinthiens I,13 est devenue célèbre. Il s’agit aussi du principe fondamental des traités de Westphalie de 1648 : l’avantage d’autrui, sur lequel reposent toutes les formes modernes de la civilisation européenne, y compris le principe d’Etat-nation souverain.

    « Vous voulez être vraiment chrétien, par exemple ? Ne soutenez pas un néoconservateur !

    « Ce principe de droit naturel a pour fonction non seulement de protéger les droits de l’individu, mais d’obliger la société à privilégier les activités indispensables ou bénéfiques pour la promotion du bien-être général et le respect effectif des droits humains, conformément à l’injonction faite à l’humanité, telle que la Genèse la présente implicitement. C’est ainsi que le principe de l’immortalité est ancré dans notre droit constitutionnel. L’immortalité – les actes accomplis par les vivants pour produire les effets que leur vie mortelle aura sur le futur – constitue le fondement de tout droit naturel. »
    ————————————————

    Il semble que beaucoup de négatif soit immortalisé.