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La production du fer en Nouvelle-France

La colonie de la Nouvelle-France va conna?tre un essor d?mographique vers les ann?es 1700. Cependant, elle constitue toujours une entit? fragile et d?pendante de la m?tropole fran?aise. Ce rapport de captivit? para?t ?vident lors de la chute des ventes de fourrures en Europe. La colonie a un grand besoin de d?velopper et de diversifier ses sources de revenus. Cette ?poque va obliger les colons de la Nouvelle-France ? entreprendre une agriculture plus intensive et poussera certains individus ? chercher fortune dans l’exploitation d’autres ressources motrices. Les mines et la construction navale apparaissent alors comme un d?bouch? int?ressant pour des entrepreneurs priv?s. Fran?ois de Francheville va soumettre l’id?e de d?velopper une forge puisant son ?nergie de la rivi?re St-Maurice. Le site jouit d’une r?serve ligneuse abondante ainsi qu’un minerai de fer ? haut potentiel. L’entreprise va ?tre autoris?e et amorcera ses op?rations en 1733. Cependant, les Forges St-Maurice deviendront une entit? d?ficitaire et peu rentable. L’hypoth?se pouvant expliquer la faillite de l’entreprise serait le caract?re on?reux et complexe des op?rations orient?es vers la satisfaction de son principal client : le Minist?re de la Marine.

L’int?r?t fran?ais qui se bute ? sa propre administration

Le d?veloppement minier et sid?rurgique en Nouvelle-France n’est pas une id?e nouvelle. Elle est le fruit d’un tr?s long processus qui s’est riv? le nez sur un sentiment narcissique de la M?tropole d’?tre le centre de l’univers. Les tentatives de trouver une terre ? potentiel minier d?butent avec les premi?res incursions de Cartier en 1541 qui ?tait accompagn? d’une ?quipe de quatre forgerons. ? sa suite, Champlain en 1604 et en 1617-1618 va effectuer un inventaire des ressources mini?res dans la jeune colonie. Ensuite, on va m?me octroyer le privil?ge d’exploitation coloniale ? la Compagnie des Indes occidentales pour d’?ventuelles concessions mini?res. Cependant, toutes ces tentatives d’exploration auront le m?me r?sultat. Elles seront toutes rel?gu?es aux oubliettes. Ensuite, vers 1673, de nouveaux sites ferrugineux vont ?tre identifi?s au Cap-de-la-Madeleine. Le projet de forge va ?tre soulev?, mais il sera mis de c?t? drastiquement. L’intendant B?gum va en effet essuyer un refus cinglant du R?gent, le duc d’Orl?ans. Il lui indique clairement que la France peut largement fournir le Canada et lui rappelle son r?le de subalterne face ? la M?tropole. L’?tat fran?ais va devenir plus r?ceptif durant les ann?es 1724 ? 1729. En effet, M de Ressous, l’intendant Dupuy et Fran?ois de Francheville vont amener Maurepas ? avoir une attitude positive ? l’endroit d’initiative coloniale. Francheville va m?me obtenir une entente exclusive lui permettant l’exploitation d’une forge sur une p?riode de vingt ans.

La concr?tisation d’une initiative individuelle

Vers 1728, Fran?ois de Francheville, propri?taire des terres les plus riches en minerai dans la paroisse de Trois-Rivi?res effectue ses propres d?marches pour v?rifier le potentiel minier et les capacit?s de le transformer en fonte. Il conclut que l’exercice est possible et peut s’av?rer rentable. Il propose au Ministre de la Marine une entente r?duisant les risques de la France et lui garantissant le monopole en Nouvelle-France. Maurepas s’engage ? laisser Francheville exploiter la zone sur une p?riode de 20 ans. Francheville investit 10000 livres fran?aises dans l’aventure en exigeant de l’aide technique et une promesse de pr?t avantageux. Nous pouvons constater qu’une telle entreprise d?passe largement les capacit?s d’un seul individu. Francheville doit exiger la pr?sence de personne qualifi?e sans quoi l’entreprise est vou?e ? l’?chec. Les pr?occupations concernant les mati?res premi?res, l’?nergie hydraulique, les ouvriers, la technologie et finalement la supervision ne peuvent reposer toutes sur les ?paules de Francheville. En effet, l’ampleur des premi?res Forges St-Maurice sera proportionnelle ? la capacit? de Francheville de r?soudre les probl?mes et de superviser les ?tapes de l’exploitation jusqu’? l’ouverture du premier fourneau.

Les ?tapes de l’histoire de l’?laboration des Forges St-Maurice sont bien connues. Les produits offerts par ses artisans vont r?pondent aux besoins d’une colonie en d?veloppement. D?s les d?buts de cette industrie, il semble possible de produire simultan?ment du fer et des produits destin?s au march? local. Le manque de main d’œuvre n’a pas emp?che Francheville d’esp?rer faire fortune avec son projet d’industrie. Cependant, le manque de ressources humaines qualifi?es et de financement va ?tre les principaux obstacles que va rencontrer l’?tablissement d’une compagnie prosp?re. De plus, les lingots de fonte sortant de la manufacture seront de mauvaise qualit? et l’exp?rience sera officiellement jug?e non concluante. Finalement, Francheville d?c?de et laisse derri?re lui une entreprise inexp?riment?e et croulant sous les dettes.

Les Forges de St-Maurice : de la compagnie priv?e ? la r?gie d’?tat

Le d?c?s de Francheville va interrompre les op?rations des Forges un certain temps. L’?tat fran?ais va d?l?guer V?zin et Cugnet pour r?tablir une compagnie au nom des Forges St-Maurice. V?zin va proposer une alternative au proc?d? de Francheville, il va s’inspirer de la technologie sid?rurgique de la Nouvelle-Angleterre. Le centre pourra ainsi produire une fonte de bonne qualit? pour une consommation de charbon de bois moindre. Cette ?poque va ?tre caract?ris?e par une transition partant d’installation de type artisanale ? un ?tablissement plus structur?. Le manque de main-d’œuvre est toujours un probl?me criant rendant l’ex?cution de ce projet d’envergure assez difficile. Dans cette p?riode de croissance et d’expansion, les co?ts reli?s aux ressources humaines vont conna?tre une augmentation significative. Les individus employ?s ? la solde des Forges sont conscients de la raret? de la main-d’œuvre et vont exiger des r?mun?rations ?lev?es.

Les Forges vont conna?tre un lot de nouveaux probl?mes concernant l’architecture m?me du site n?cessitant les conseils de Jean Cost? (amoulangeur) et aussi de Chaussegros de Lery (ing?nieur). Ils vont r?gler les probl?mes reli?s ? la source d’?nergie hydraulique et sa distribution dans le moulin. De plus, l’emploi du temps et la rationalisation du travail n’ont pas ?t? soumis ? un examen rigoureux. Le manque d’employ?s sp?cialis?s, la m?connaissance du climat canadien et l’antagonisme grandissant entre V?zin le ma?tre forgeron et Cugnet l’administrateur vont mettre fin ? la p?riode d’administration priv?e. Lors du proc?s des deux associ?s, Hocquart va tout de m?me d?clarer que l’avenir des Forges est prometteur malgr? le fiasco juridique annonc?. L’entreprise va faire faillite et en 1740, elle va devenir une r?gie gouvernementale sous la tutelle directe de la M?tropole. ? partir de ce moment, des sommes immenses seront inject?es accompagn?es d’un lot d’ouvrier aux qualifications diverses. Les subventions massives vont transformer la nature des Forges St-Maurice qui deviendra un organe auxiliaire du d?veloppement militaire fran?ais.

La sid?rurgie en Nouvelle-France

Des ann?es de Francheville o? il a b?ti une petite forge qui utilisait un proc?d? de r?duction directe du minerai jusqu’? l’?re du duo Vezin-Cugnet ou sera install? un haut fourneau usant de la r?duction indirecte de la mati?re, plusieurs adaptations seront n?cessaires et vont mener ultimement ? une tutelle directe du minist?re de la Marine.

Les probl?matiques li?es aux m?canismes hydrom?caniques les difficult?s de l’implantation d’une industrie en milieu rural sont les points qui vont ralentir la productivit? du site. De plus, la reconnaissance des lieux pour identifier les mines, les carri?res et la masse ligneuse pour la construction du site, de l’alimentation du fourneau et de la confection des moules ? ?t? l’?tape aura ?t? l’?tape pr?liminaire que Francheville ? pu s’acquitter durant ses tentatives d’exploitation. Il a ?t? oblig? d’importer les outillages et du sable de qualit? qui faisait d?faut dans le d?marrage de l’entreprise. De nouveaux probl?mes se posent aussi sur la mani?re de fabriquer le charbon de bois. La superficie ? exploiter doit s’agrandir malgr? les efforts de r?g?n?ration sylvicole effectu?e par les charbonniers. Les hivers 1740 ? 1742 ont ?t? tr?s co?teux pour les entrepreneurs V?zin et Cugnet. En effet, la compagnie des Forges a tent? de produire sur une base annuelle, et ce, malgr? les p?riodes tr?s froides de janvier ? mars. Les pertes ?nerg?tiques engendr?es ont provoqu? une hausse des co?ts d’exploitation. L’alimentation en combustible a co?t? quatre fois la quantit? de charbon de bois normalement requise pour maintenir le haut fourneau en marche.

Au niveau du minerai, le processus n?cessite une prospection et une extraction. Dans la p?riph?rie des Forges, le minerai se trouve heureusement en surface. Les ouvriers n’ont pas besoin d’?tre qualifi? mineur pour effectuer la cueillette de la mati?re ferreuse. Cette extraction se fait essentiellement par les agriculteurs et les travailleurs saisonniers. Ce minerai extrait demande un lavage et un broyage ? l’aide d’appareil construit directement sur le site pr?s de la rivi?re St-Maurice. De plus, pour alimenter le fourneau, il doit y avoir obligatoirement un stock pour permettre une combustion continue du fourneau. Le charbon de bois est le r?sultat de trois ?tapes de fabrication ; le dressage, le feuillage et le cuisage. Ces ?tapes sont effectu?es par un charbonnier engag? de France qui supervise des manœuvres. Il doit veiller sur les employ?s ainsi que les sites de feux pour ?viter un feu de for?t et aussi, un gaspillage de la ressource ligneuse.

La transformation du milieu

Une fois les ressources extraites, il devient imp?ratif de les acheminer ad?quatement vers le lieu de transformation. Le chemin des Forges datant de l’?poque de Francheville (1732-1733) est la premi?re ramification visible dans l’environnement de l’entreprise. Cette route aura 12 km et va relier la source mini?re au fourneau. Ce m?me chemin va ?tre connect? au Chemin du Roy en 1735 ce qui va permettre la liaison terrestre entre Qu?bec et Montr?al. Plus tard, trois axes routiers vont ?merger de la campagne. Trac?es et entretenues par la compagnie, ces routes vont se diriger vers la paroisse de Trois-Rivi?res, vers la rivi?re St-Maurice et aussi en direction de l’exploitation foresti?re. Ces routes vont ?tre emprunt?es par des voituriers. L’entretien des chevaux et des v?hicules va ?tre la responsabilit? de la compagnie. Elle ne dispose pas officiellement de mar?chal-ferrant ni de charron. Cependant, nous pouvons ?mettre l’hypoth?se que les ouvriers ?taient polyvalents ?tant donn? les titres vari?s dont ils ?taient affubl?s (serrurier, taillandier et forgeron). Les Forges vont donc constituer un centre n?vralgique poss?dant des quartiers, des ateliers, des entrep?ts, le fourneau et ses d?pendances. De plus, pour acc?l?rer l’acheminement des stocks, la voie maritime et les abords du St-Laurent vont ?tre exploit?s. V?zin a ?t? le premier ? avoir recours au bateau plat pour effectuer une manutention rapide des ressources. Le Manon, go?lette de Sieur de Cugnet sera aussi mise ? contribution pour permettre un transport efficace des lingots de fonte.

Les probl?mes reli?s ? l’exploitation de forges en Nouvelle-France

De tous les probl?mes ?prouv?s par la compagnie des Forges St-Maurice, celui de la main-d’œuvre qualifi?e est bien celui qui les surpasse de loin. Souvent, les employ?s envoy?s de France sont utilis?s ? d’autres fins. La fonderie qui n?cessite une ?quipe compl?te va souvent devoir fonctionner ? la moiti? de ses capacit?s. Des individus seront tax?s d’incomp?tents malgr? leur grande volont? de tenter de faire le mieux avec les ressources minimums. La sophistication de l’art m?tallurgique exige un degr? de savoir-faire que va d?velopper progressivement les individus en place. Cependant, ces forges ne jouissaient pas d’une tradition ouvri?re, car elles ?taient un projet naissant et outremer. Cette dynamique va donner du fil ? retordre aux administrateurs qui peinent a trouver des employ?s qualifi?s et comp?tents. Cette situation probl?matique pour ceux-ci va se corriger naturellement par la capacit? de certains individus de cumuler plusieurs t?ches connexes. Cependant, les beuveries et les attitudes effront?es seront le lot des situations qui seront tol?r?es dans les murs des forges.

Alors, cette initiative est une d?marche sans pr?c?dent dans l’histoire de la colonie. Elle correspond ? une forme d’activit? nouvelle permettant ? des individus d’outre-mer de mettre en valeur leur connaissance dans un endroit sans am?nagement ni infrastructure. Aussi, le site permet ? quelques privil?gi?s de soutirer des revenus suppl?mentaires ? leurs exploitations agricoles. Finalement, ?tant donn? qu’il y a plus de travail ? effectuer que de travailleurs disponibles, cela va cr?er une dynamique favorable pour les individus d?sirant travailler aux Forges. Certains militaires devront m?me devoir pr?ter main forte, car il y a une r?elle difficult? ? recruter des manœuvres pour l’ex?cution des travaux.

La rentabilit? vs la captivit? envers les besoins de l’?tat

La reprise des op?rations suite ? la faillite de V?zin et Cugnet va donner un second souffle ? l’industrie. Elle va permettre une assurance de capitaux et une plus grande stabilit? au niveau des ressources humaines. L’exercice de v?rification de la p?riode dite commerciale de la compagnie des Forges permet de voir que cette entreprise n’a jamais fait de profit. M?me apr?s la reprise en main par un d?l?gu? de l’?tat, la r?gie arrive ? peine ? faire ses frais. Malgr? la capacit? de production qui augmente et une qualit? du produit qui se raffine, l’usine ne parvient toujours pas ? devenir cette entreprise rentable dont Francheville r?vait. Le fait de fabriquer des barres de fer augmente de mani?re significative les co?ts de production. En effet, pour produire du fer, il est n?cessaire d’avoir de la fonte et de lui faire subir une seconde transformation. Ce processus demande donc une double consommation de charbon de bois et d’activit? humaine. De plus, les barres de fer qui sont exclusivement coul?es pour l’industrie navale et militaire font en sorte que l’essentiel du fer ne sera pas disponible pour la vente locale ou commerciale. Le fait de transiger avec le Minist?re de la Marine et ses auxiliaires garde la Nouvelle-France captive et ne permet pas ? la r?gie de se d?velopper et de s’enrichir. La possibilit? de rendre disponible une plus grande partie de la production au march? local lui aurait permis des gains de l’ordre de 50%. Le troc de barre de fer dans des entrep?ts de Montr?al et Qu?bec ainsi que le trop grand nombre de personnel employ? ? la forge ont fait en sorte d’entacher sa rentabilit?. Les nombreux administrateurs ont souvent vu ? leur fortune personnelle avant de rendre les Forges rentables.

La fabrication de mat?riel strat?gique

Malgr? les ?preuves et les ?normes difficult?s, la M?tropole fran?aise commence ? saisir l’importance de persister dans l’?laboration d’une structure industrielle rentable. En effet, elle peut servir les besoins locaux et assister l’industrie maritime n?cessitant des pi?ces m?talliques. De plus, les autorit?s fran?aises voient d’un bon œil le d?veloppement de la colonie dans l’objectif de la rendre autonome. Cependant, les Forges St-Maurice sont une des seules forges sp?cialis?es dans la pr?paration de pi?ce de navire. De plus, sa production de barre de fer qui est orient?e vers l’arsenal de Rochefort ainsi que les chantiers navals de Qu?bec est d?terminante dans son histoire. En effet, le fer de qualit? qui sortait du ventre des Forges ?tait tr?s appr?ci? pour sa souplesse et sa force. La France et surtout le minist?re de la Marine sont tr?s friands de ressource ferreuse. Ils d?pendent ? plus de 20% des importations de fer d’Espagne et de Su?de. L’apport de la colonie de Nouvelle-France dans la constitution d’un stock de qualit? ? prix moindre est avantageux et peut justifier les longues ann?es de non-rentabilit? de l’entreprise. L’enjeu mondial d?passait largement l’attention que pouvait porter la M?tropole envers sa colonie. De plus, ce syst?me de r?gie sid?rurgique ?tait l?gion en France. La complexit? des op?rations et le co?t engendr? d?passent largement les capacit?s financi?res d’un conglom?rat commercial de l’?poque. Finalement, ?tant donn? que le fer entre dans la fabrication de navires de guerre et d’armes meurtri?res, la France avait un int?r?t particulier ? savoir o? se dirigeaient ces ressources primordiales pour son ?conomie de guerre.

Le sort des Forges en fut jet?, elle a bel et bien produit des outils aratoires, des accessoires et des po?les, cependant l’unique raison justifiant sa survie est bien ?videmment sa capacit? de produire en nombre ?lev? des produits destin?s ? la guerre. L’industrie va alors entrer aussi dans une phase de consolidation de ses activit?s. En effet, l’essentiel de sa production sera orient? vers le mat?riel maritime. Les guerres europ?ennes s’?tant intensifi?es vont aussi faire en sorte que la mobilit? entre la France et la Nouvelle-France devient de plus en plus difficile. Les employ?s venus de l’ext?rieur vont alors s’enraciner dans la r?gion et permettre ainsi une stabilit? dans les op?rations continues de la r?gie.

La r?cup?ration des Forges St-Maurice par les Britanniques en 1760

Lors de la fin du r?gime fran?ais et pendant la passation du pouvoir, le constat a ?t? fait par la r?gie militaire anglaise de la grande capacit? de production des Forges. Le potentiel industriel reste toujours ? d?velopper, mais les Britanniques vont juger opportun de maintenir les employ?s en place et de poursuivre la production de fer. L’?tablissement sid?rurgique de l’?poque de la Nouvelle-France peut se comparer avantageusement ? ceux jouissant d’une certaine notori?t? en France. Il appara?t que le site regroupe tous les ?l?ments n?cessaires ? une utilisation rationnelle des lieux. De plus, l’activit? industrielle est concentr?e et entour?e de r?sidence temporaire pour les ouvriers.

Pour r?sumer, nous devons rappeler que l’initiative de Francheville a ?t? utile pour valider le potentiel minier de la Nouvelle-France. Les lacunes de production vont ?tre am?lior?es sous V?zin qui s’est inspir? des proc?d?s m?tallurgiques de la Nouvelle-Angleterre. Il va ?tre en mesure de produire un fer de meilleure qualit? avec une d?pense ?nerg?tique moindre que son pr?d?cesseur. Les Forges vont permettre une am?lioration des conditions de vie des habitants de Nouvelle-France en offrant un po?le de fonte qui va remplacer l’?tre traditionnel. Cependant, la colonie relevant exclusivement de la Marine depuis 1663, ses besoins locaux vont ?tre secondaires face ? aux besoins de la France de se prot?ger et d’assurer sa supr?matie militaire. Devenant son principal client, la M?tropole enferme donc la colonie dans un mode de production non rentable. Le fer produit sur place, selon le naturaliste Kalm est de qualit? sup?rieure et permet aux Forges une certaine viabilit?. Les produits vont permettre ? la France d’?tre moins d?pendante des importations ?trang?res pour un moindre co?t. Les Forges vont m?me participer ? la construction de b?timent de guerre construit en Nouvelle-France. Le Canada (500 tonneaux) sera le premier vaisseau d’une s?rie de quatorze produits ici entre 1742 et 1759. Pour terminer, le fer ?tant une affaire d’?tat, il est imp?ratif d’encadrer le fer de Nouvelle-France qui est de grande qualit?. Alimentant le r?seau du Ministre de la Marine, la productivit? des Forges prime avant la rentabilit? de celle-ci.

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    Franchement Étienne,

    Té vraiment bon, je te verrai écrire dans des revues d’histoire et science ou faire des reportages. C’est vraiment intéressant ! Ton point fort je dirais, tu utilise un langage commun et ca évite de perdre le fil du texte !!

    Merci de m’avoir envoyer ce texte !!