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Scène politique internationale

La “politique” en rafale…

Au Québec

Le ministre Pierre Moreau  y est allé de son petit laïus, ce matin, pour remercier le premier ministre Couillard de lui avoir donné, comme mission, de  rétablir une meilleure relation entre le gouvernement provincial et les municipalités. Ce qui est tout à fait inexact et surtout, est de la « fausse représentation » du sujet.

La réalité est que le premier ministre  a confié à M. Moreau  la mission de changer le « rapport de force » entre les municipalités et les travailleurs municipaux. Dorénavant, les municipalités négocieront avec leurs employés en ayant à la main la possibilité de « décréter » l’issu des négociations, selon leur propre interprétation de la situation (autrement dit : leurs propres intérêts). Les travailleurs bénéficieront dorénavant de la seule « protection » de la cour suprême pour assurer la « bonne foi » des élus municipaux lors des négociations. Reste à déterminer ce que signifie ce genre de « protection » pour la population.

Le fait est qu’en réalité, M. Moreau a simplement réussit une « transaction commerciale » tout de même assez simple. Il a « vendu » un pouvoir accru aux municipalités pour le coût de 300 millions de dollars (coupés en subventions). Et comme ce pouvoir accru était demandé par celles-ci depuis des lustres, elles se sont empressées d’accepter le marché. Le troc est évidemment « habillé » de la nécessité de protéger l’ensemble des citoyens « payeurs de taxes »; mais les employés municipaux sont des payeurs de taxes comme tout le monde. Il me devient difficile de rattacher la décision unilatérale « gouvernement-municipalités » versus « travailleurs », à cette notion « sociale ». Le but est de rétablir une « parité » entre les employés provinciaux et les employés municipaux. J’espère qu’un jour le gouvernement décidera d’établir une « parité » entre tous les travailleurs québécois; par exemple: la parité du salaire d’un médecin et celui d’un travailleur de la construction. Même si, on le sait, le travailleur de la construction travaille beaucoup plus fort qu’un médecin. Remarquez qu’il ne serait pas mauvais de considérer les présidents de banques et autres grandes entreprises comme des « travailleurs »; ce qui rendrait difficile de justifier une « salaire » de plusieurs millions de dollars par année. Bof! Je ne parlerai pas des « primes de départ »; cela ne servirait à rien puisqu’on va compenser par une augmentation de salaire. On doit le constater, la « parité » est tellement importante dans notre société équitable.

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Caricature Ghir Hak, Les Débats | 08/02/2014

 

À l’international

Hier, à l’ONU, le président Obama, lors de son « discours »,  a réitéré sa politique d’imposer la démocratie partout là où les populations sont sous le joug de « tyrans ». Il semble bien qu’à ses yeux, la démocratie soit une « panacée » qui assure la qualité de vie des citoyens. Ce qui est partiellement infirmé par 40% de la population états-unienne.

En fait, théoriquement, la démocratie  est la « gouvernance du peuple par le peuple et pour le peuple ». Mais cela ne fournit que la seule assurance que ce qui sera accepté, le sera par la majorité de la population parce que c’est elle qui décide. On n’a qu’à regarder partout où nous avons la démocratie pour nous rendre compte que ce n’est pas du tout le peuple qui décide de quoi que ce soit. Les « décideurs » sont toujours, une « self made » élite qui s’est hissée au faîte du pouvoir politique à coût de plusieurs millions de dollars. En réalité, le seul système démocratique actuel, qui donne un pouvoir décisionnel à sa population, est le système Suisse; et aucun des « décideurs » actuels n’ose le décrire aux autres « démocraties » par peur de perdre du contrôle politique.

Ce qui est remarquable, chez M. Obama, c’est qu’il s’est permis de « diaboliser » Bachar Al Assad en disant que cet « effroyable tyran » avait bombardé sa population avec des « bombes-barils » et avait tué plus de 10,000 Syriens. Sachant qu’Al Assad possède des bombes beaucoup plus efficaces que des « bombes barils » pour arriver à ses fins, on ne peut qu’être « édifiés » par son souci d’économiser « l’argent de son peuple ».

Mais, trêve de « niaiseries », on remarque surtout que la politique américaine n’a pas changé depuis le début du XIXe siècle. Dans les années 1800 le gouvernement américain clamait à sa population, les affreux massacres d’enfants et de femmes blanches scalpés et violées par les « méchants indiens »; ce qui a justifié le carnage qui s’en est suivi. La même tactique fut employée en Irak, en Lybie et, maintenant, en Syrie. Il serait bon de se rappeler que les massacres de femmes et d’enfants du XIXe siècle aux USA furent faits par l’armée américaine qui attaquait et anéantissait des villages indiens lorsque les hommes étaient partis à la chasse. Le seul combat contre les Indiens eux-mêmes s’est déroulé à Little Big Horn et on en connait le résultat.

Il serait également bon de se rappeler qu’un « Tyran » n’est pas un individu qui sort parmi la foule et « tire » sur tout ce qui bouge. Un Tyran est un individu qui s’approprie du pouvoir soit pour son propre bien-être ou pour le bien-être de sa population. L’histoire nous relate plusieurs exemples de Tyrans qui furent bénéfiques pour leur société. En fait, la démocratie actuelle est essentiellement une « association de tyrans  potentiels » qui s’unissent pour s’accaparer du pouvoir sur la population. Parfois, c’est pour le bien social, mais plus souvent qu’autrement, c’est pour leur bien personnel. Il serait bon de « raisonner » objectivement au lieu de « s’objecter » raisonnablement sur la réalité sociale internationale.

 

La Russie

Le fait est que la Russie est beaucoup plus menacée par l’EI que les USA puisque l’EI est pratiquement à ses portes. Il est donc normal que Poutine s’adresse à ce problème qui menace son pays. Mais alors, pourquoi cela dérange-t-il les USA qui organisent une « coalition » contre l’EI, mais ne fait absolument rien contre Boko Haram, qui agit aussi monstrueusement que l’État Islamique? La raison est assez simple; Boko Haram performe en Afrique et les USA n’ont rien à en tirer. Ils laissent donc le problème aux européens (France, Allemagne etc.) qui y possèdent des « intérêts ».  Autrement dit, les USA veulent installer leur « démocratie »  là où ils peuvent en tirer profit et, on le constate bien aujourd’hui, l’installation de cette démocratie, en Afghanistan, en Irak et en Lybie n’a rien à voir avec le bien-être de la population. Cette installation « démocratique » n’a résulté qu’en chaos social. Seul « l’intérêt » dirige cette « démocratie » tellement généreuse.

Pour revenir à la Russie, les USA lui reprochent de s’être immiscée dans la politique intérieure de l’Ukraine en prenant la défense de la Crimée, suite à un référendum qui fut gagné par le peuple de la république de Crimée. Aussi illogique que cela puisse être, on reproche aux Russes de ne pas accepter la décision « démocratique » de l’Ukraine.

Ce qu’il faut savoir c’est que le président élu d’Ukraine fut obligé de fuir son pays à cause de ce qui s’appelle : l’Euromaïdan. Ce fut une manifestation pro-européenne (organisée par « on ne sait qui ») qui débuta suite au refus, par le gouvernement ukrainien de signer un accord d’association avec l’Union européenne. Le résultat, après plusieurs mois d’affrontement, fut la destitution du président qu’on a remplacé par Tourtchynov suivi d’un nouveau gouvernement dirigé par Latseniouk. Il est étonnant que les USA qui sont défenseurs de la « démocratie » ne se soient pas élevés contre un « puscht » de « rebelles » au gouvernement élu démocratiquement. On se rend compte que la « démocratie » selon les USA s’installe chez le parti qui représente les intérêts américains. Remarquez que les Américains ne sont pas les seuls « intéressés ». Il est évident que tous les pays qui composent leur horde de « suiveux » sont tout autant responsables et impliqués. Quant à leur position de défendre exclusivement la « démocratie », on est obligé de mettre entre parenthèses la relation USA-Arabie Saoudite et certaines autres du même « acabit ».

Je me demande, advenant que le Québec décide par référendum, de devenir une « république », si nous serions catapultés dans la même situation de chaos social qu’a dû traverser la Crimée? Poutine ou la Chine ne pourraient pas venir nous défendre contre la « démocratie » américaine et canadienne. Nous en aurons probablement bientôt une indication si le vote séparatiste de la Catalogne atteint son but. L’Espagne et l’Union européenne réagiront « démocratiquement » certainement.

Quel  monde allons-nous laisser à nos petits-enfants, je me le demande.

Amicalement

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

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3 Commentaire

  1. avatar

    Aye André, ma réponse allait faire un roman. Elle fera partie d’un article que j’ai débuté sur le sujet il y a quelques semaines et qui a pour titre Gotham City.

    Au Québec on met en place la politique d’entreprise (un état constitué sous la forme d’une entreprise). On prépare le terrain depuis quelques années déjà. Plusieurs des règles en place changeront (services publics, sociaux, emplois, privatisation, etc). Je suis bien sûre qu’un tas de gens ne le souhaitent pas mais on met doucement en place toutes les pièces du puzzle et de la même façon qu’on assiste présentement aux contestations des producteurs laitiers qui réalisent les effets que les accords transpacifique-transatlantique auront sur eux, il sera trop tard pour revenir en arrière. Les employés municipaux ont manqué le train (solidement d’ailleurs…). C’était assez étonnant de constater qu’ils ne bénéficiaient pas du soutien inconditionnel des syndicats qui pour l’heure se sont faits discrets, si discrets qu’on les aurait cru inexistants). Mais je me souviens avoir lu la plus étonnante déclaration de la part des syndicats (que personne n’a critiquée) à l’effet qu’ils ne se mêlaient pas beaucoup des revendications en cours (et pourtant… elles étaient de taille) car ils étaient à la veille d’aller en élections avec leurs membres…. Ah bon ? big deal… Pour une fois qu’ils avaient besoin d’eux… Il reste que personne n’aurait dû baisser les bras et ils l’ont tous fait. A un moment les policiers (eux-mêmes en revendication à leurs heures…) arrêtaient des manifestants d’autres secteurs publics… Franchement… quelle solidarité…

    L’heure n’aurait pas dû être aux bonnes manières (au politcaly correct), même si certains ont cru qu’en se déguisant en shérifs ils allaient ébranler les autorités… On devait plutôt se mettre des bouchons dans les oreilles pour ne pas les entendre rire.

    http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2014/11/20141114-102303.html

    Je crois que l’on s’est trop habitué à réagir de façon corporative 🙂 Les tripes (s’il en reste) demeurent à la maison. Il faut toujours un maître d’oeuvre (l’expert en manifestation structurée) avec une feuille de papier et un micro pour dire quand dire et surtout quoi dire: là curieusement il y a unanimité: so-so-so-solidarité. En mots ça sonne bien d’ailleurs. On a presqu’envie de croire qu’ils y croient…

    Que de croyance:) Même si je m’amuse (autant le faire) ce n’est pas si drôle. Nous allons graduellement vers le gouffre que vous entrevoyez aussi (emplois etc) et j’ajouterais une quasi incapacité à intervenir dans n’importe quel processus puisque les villes seront le levier et que n’est pas citoyen de Montréal ou de Québec qui veut, de même que les villes ne sont pas soumises au devoir de transparence de l’état (même si on sait que l’état déteste se déshabiller). Nous sommes donc tout près d’un totalitarisme d’entreprise, le même qui nous oblige à accepter qu’un marché d’alimentation nous vendent le steak 4 fois le prix, cartel oblige.

    Quant à la Russie et la Chine, vous êtes beaucoup plus optimiste que moi à leur égard. Leurs citoyens sont déjà réduits à l’impuissance et là-bas comme ici, ceux qui jouissent de libertés sont d’abord et avant tout riches. C’est la condition mondiale essentielle au 21e siècle 🙂

    Je me demande quel pays colorera nos enfants sur un tableau à l’école pour nous verser des fonds (comme on colorait des petits chinois à nourrir il y a plusieurs années au Québec du moins). J’oserais peut-être prendre une chance en écrivant le Qatar, si ce n’était pas si incroyable 🙂

    Bonne soirée et à bientôt 🙂

  2. avatar

    Je n’en croyais pas mes yeux ce matin. Sur CNN on accusait les Russes d’avoir bombardé des positions de « rebelles modérés » qui avaient été entraînés par la CIA. C’était écrit en gros sur l’écran de ma télé pendant que la commentatrice le répétait.

    Cela signifie que l’on dénonce publiquement que la politique « démocratique » internationale américaine est d’envoyer la CIA à l’intérieur d’un pays « pour entraîner des rebelles à son gouvernement ». On avoue clairement, ainsi, agir à l’encontre des règles internationales, définies et adoptées par tous à l’ONU. On avoue être des « hors la loi » international. Faut soit avoir du culot, soit être de parfaits imbéciles!

    Évidemment, la CIA ne fait qu’entraîner ces rebelles pour qu’ils se rebellent « modérément »; c’est tout juste si ces rebelles dépassent le stage de « négociateurs pacifiques ». C’est bien ce qui a été constaté en Syrie depuis 6 ans. De plus, ce ne sont certainement pas ces « rebelles » qui se sont servi de « bombes-barils », puisque la CIA ne leur enseignerait assurément pas, comment fabriquer des bombes « artisanales ».

    Un conseiller politique exprima son opinion durant quatre minutes. La première minute, il affirma que les Russes ne bombardaient pas les bases de l’ISIS et, à la quatrième minutes, il affirmait que Bachar Al Assad accueillait favorablement l’aide des Russes, parce que ISIS était la plus grande menace envers son pouvoir.

    Le degré de « conditionnement psychique » des populations est inconcevable. Et ce partout dans nos sociétés « civilisées ». On n’écoute pas les phrases; on écoute « le bruit de la voix »; ce qui, finalement, est tout à fait normal pour des gens qui passent toute la journée avec un IPOD connecté aux oreilles.

  3. avatar

    Pour clarifier un peu plus la « technique » de la politique internationale des USA, lire:

    http://news360x.fr/obama-admet-ouvertement-que-les-usa-sont-intervenus-dans-la-constitution-dun-pouvoir-de-transition-en-ukraine/