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La politique du silence

Le vide absolu.

 Moi qui ai toujours prétendu n’être rien qui vaille, je découvre avec stupeur que la sentence tombe désormais des plus hauts sommets de l’état et concerne la grande majorité des pauvres misères que nous sommes devenus. Il est vrai que dans cette classe, proche le plus souvent des hauteurs abyssales de la pensée dialectique et inclusive, les petits vermisseaux que nous sommes, n’ont jamais été grand chose.

J’ai connu le rejet d’un blog il y a quelques années, par une presque première dame de France si son époux n’avait fauté dans un hôtel américain. En dépit d’un lectorat très important à l’époque, la grande professionnelle de la presse télévisuelle avait jeté l’anathème sur ceux qui n’avaient pas un nom connu, dont naturellement votre serviteur. Dans son logiciel, la notoriété vaut talent, l’anonymat condamne à la médiocrité.

Rien n’a vraiment changé puisque je viens de me faire pousser dehors de la plateforme de l’Obs, qui, en ces temps de reprise en main idéologique, n’a pas voulu laisser la plume ouverte à tous ces gens de peu qui critiquaient déjà vertement sa majesté l’Empereur. Laissons donc la plèbe s’exprimer dans ce qu’elle pense encore un espace de liberté, ces fameux réseaux sociaux qui seront bientôt mis à la raison.

Il est vrai que la déconsidération va à grande vitesse. Du petit caporal qui traita un quidam énervé de Pauvre Con, au gentil capitaine de pédalo qui allait tellement en roue libre que nous n’étions pour lui que des sans-dents, voilà que soudain, nous franchissons un nouveau pas vers le néant en n’étant plus rien. Fort heureusement, ce sont encore tous ces Rien qui parviennent à entretenir cette espèce nuisible et mal-embouchée qui compte ainsi nous réduire en poussière.

Notre nation serait donc devenue par la grâce de son nouvel « Impérator » un vaste ensemble vide Ø qu’il convient de ramener à la raison par des mesures toutes tournées contre ces gredins de rien qui, sans le savoir, sont malgré tout, des profiteurs, des privilégiés, des assistés, des trop protégés, des craintifs, des manque d’ambition, des casaniers, de redoutables et déplorables parasites. En somme trois fois rien qui font bien moins que rien. L’arithmétique s’y perd mais les comptes seront bons au final de cette somme à facteurs pourtant nuls.

C’est donc sur les Rien qu’il convient de taper pour faire fructifier le grand tout des amis du président : entrepreneurs cupides, sociétés obscures, groupes pharmaceutiques, banques et autres groupuscules intrigants qui ont financé sa campagne fulgurante et magnifique. Tout pour les seconds et rien pour les Rien, c’est donc sur un tapis de Rien promptement écrasés que se fera la grande marche du bonhomme.

Les ordonnances pour potions magiques autorisent dans une vaste euphorie clientéliste à imposer 11 vaccins pour notre santé mise à mal par les perturbateurs endocriniens autorisés pour complaire aux obligés. La potion est certes difficile à avaler mais comme nous ne sommes rien, tout cela ne sera que pour notre bien.

Quel beau départ ! Un départ en fanfare et à grands coups de poudre aux yeux. Le bonhomme, qui se prend pour le grand Manie-Tout nous écrase de son mépris de premier de la classe, nous enfonce la tête dans le marigot de ses promesses vaines. Il n’est que le représentant de commerce des puissants et nous le fait comprendre de ce trait fulgurant du Rien qui n’aura plus rien à dire durant ces cinq années de carnage social.

Tout est bien dans la meilleure des Républiques qui retrouve en majesté son lustre monarchique et sa sublime domination de classe. Un petit progrès quand même, le tiers état a subi une fulgurante réduction de sa valeur puisque grâce à une singulière augmentation de son diviseur, de pas grand chose, il est passé à vraiment Rien. Les bras m’en tombent avant que de rage quelques têtes ne suivent le même chemin. Au moins maintenant nous avons un signe de reconnaissance que nous brandirons fièrement :  Ø .

Néantement sien.

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