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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
28 octobre 2008 |
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Une image marquante
L’appréciation d’un empire ou d’une civilisation se situe souvent dans son héritage culturel ou dans les vestiges décorant le paysage contemporain. L’Égypte pharaonique a fait preuve d’une étonnante longévité considérant le parcours de l’humanité. Elle a laissé bien sûr les pyramides, l’organisation étatique et aussi une très longue histoire suivant un fil conducteur. En effet, malgré les périodes sombres et difficiles de l’histoire de l’Égypte ancienne, le pharaon reste la figure de proue qui parvient à amener son peuple à bon port.
L’art de gouverner
L’Égypte pharaonique dispose d’une volonté de puissance et d’unification. En effet, malgré que l’institution étatique soit ébranlée lors des périodes intermédiaires, le désir d’unifier l’Égypte et de perpétuer le rôle de pharaon reste toujours vivace. Le titre de pharaon qui persiste sur plus de 3000 ans démontre la légitimité de la fonction et la nécessité du système. Cette situation est le résultat de deux phénomènes : d’abord l’élaboration d’une mythologie complexe ainsi que le développement de l’écriture hiéroglyphique. La dimension religieuse explique l’enracinement profond des dynasties pharaoniques. Elles sont issues des dieux et sont dépositaires du pouvoir sur Terre. D’autre part, l’écriture donne davantage de crédibilité, de pertinence et de suffisance à l’idéologie pharaonique. Ensuite, nous pouvons énoncer que le bon fonctionnement de l’appareil étatique repose sur une délégation de pouvoir judicieuse. D’abord, le pharaon dispose d’un mandat divin pour faire régner l’ordre. Celui-ci délègue des pouvoirs au Vizir, aux nomarques et aux scribes qui vont voir à la supervision des ressources. Cette intervention de l’état est visible à tous les niveaux. La présence directe du pharaon est certainement impossible. Par contre, il est omniprésent en image, par l’écrit et surtout dans l’application étendue des ses politiques et orientations. On remarque que les villes telles que Memphis ont joué un rôle d’importance dans le maintien de l’unification et dans la propagation de l’idéologie. Les rituels, cérémoniaux et monuments servent la propagande et tapissent le paysage de la vallée marquant ainsi la conscience des individus. De plus, la constitution de nécropole perpétue le pouvoir d’un régent défunt et semble figer les dynasties pour l’éternité. Finalement, l’état se renouvèle grâce à une transmission du savoir et une succession dynastique souvent remplie d’intrigue et de lutte de pouvoir. L’habile relation symbiotique entre le pouvoir et la paysannerie est garante de la perpétuité de l’institution.
L’état pyramidal
L’efficacité et la longévité de la formule adoptée par les pharaons s’appuient sur des institutions qui sont le fruit d’une longue adaptation. À l’image des pyramides qu’ils bâtissaient, les pharaons ont modelé l’État de manière à s’accaparer du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. La tête dirigeante est appuyée par un « Tchaty » qui s’occupe de la sécurité intérieure. Ensuite, le Harem (maison de femmes productrices de produits fins) et l’Archives (entreposage des livres comptables) sont à proximité du pouvoir pharaonique. Par après, nous retrouvons les nomes (provinces) et leurs nomarques qui font offices d’administration locale. Ceux-ci veillent essentiellement à la circulation des biens et à la sécurité fluviale. À cette hiérarchie s’agglomère le clergé qui dispose de sa propre organisation. Cependant, à sa tête se trouve le pharaon qui joue donc le rôle de chef d’orchestre de l’administration civile et fait office de divinité dans le monde mortel et surnaturel. Tout ce système est supporté par une horde de scribes. Ils sont versatiles et apparaissent dans tous les milieux (civils, religieux, agraires, militaires). La bureaucratie à l’égyptienne a permis de consolider l’état, de perpétuer celui-ci dans les périodes d’affaiblissement et finalement de répandre la culture pharaonique.
Un tapissage étatique omniprésent
Le pharaon et l’état qu’il bâtit sont renforcés par la propagation d’images fortes et rassurantes. Disposant de nombreux titres et se réclamant directement de Ré, le pharaon apparaît comme le seul être capable de maintenir la stabilité. Même en période de désordre, les individus de la vallée du Nil sont tellement « intoxiqués » de l’idéologie pharaonique qu’ils ne vont pas chercher à détruire l’institution mais simplement user d’une rationalisation complexe pour expliquer les déboires de l’individu détenteur du rôle primordial de pharaon. Un exemple pouvant supporter cette assertion sera l’aventure « monothéiste » d’Akhenaton. En effet, celui-ci jugeant que la puissance du clergé drainait trop de ressources économiques, il tenta une réforme du culte en faveur d’Aton. Cette lutte de pouvoir entre le clergé rébarbatif et le pharaon aurait pu complètement changer le visage de l’Égypte pharaonique. En effet, les traces de ce monarque ont été complètement effacées. L’entreprise malheureuse d’Akhenaton fut rayée de la mémoire, malgré tout les membres du clergé n’ont jamais menacé les fondements même de l’institution. Ils ont seulement éliminé un élément gênant à leur propre pouvoir. Décidemment, cette idéologie qui persiste résolument dans le long parcours de l’Égypte des Pharaons. La raison en est bien simple, tout d’abord, elle nourrit l’esprit d’une double réalité. En effet, monde imaginaire et réalité se côtoient dans le paysage quotidien. Cette dimension double est rassurante. La mort est alors mieux perçue. La vie est vécue de manière plus sereine. Simplement car le système garanti une certaine qualité de vie et l’idéologie remplie tous les questionnements concernant la vie, le monde visible et invisible ainsi que la mort.
La force de la paysannerie
La vallée du Nil est restreinte et entourée d’un environnement hostile. Cette zone chaude où l’eau se fait rare exige une mise en valeur efficace des crues fluviales. L’emprise sur l’environnement et la maîtrise de la crue vont permettre une production agricole accrue. Par après, une prise en charge méticuleuse de cette production et sa redistribution selon la hiérarchie et les besoins vont consolider l’État pharaonique. Cette appropriation des ressources donne un outil puissant au pharaon. En effet, il peut ainsi diriger les incroyables revenus dans le développement de la classe lettré, dans la promotion du culte funéraire ainsi que dans l’accomplissement de projet d’envergure. Ensuite, l’organisation d’expédition militaire, de prospections minières et l’établissement de liens commerciaux sont des manifestations tangibles d’une richesse débordante. Finalement, nous pouvons énoncer que tout cela est rendu possible par l’enracinement de la paysannerie sur les terres de la vallée fluviale et cela malgré les périodes de turbulence politique.
En résumé
Comment expliquer rapidement la persistance de l’Égypte pharaonique ? D’abord par l’image puissante du pharaon dans le cœur des habitants de la vallée du Nil. L’institution « clé en main » avait réponse à tout et semblait satisfaire tous et chacun. Ensuite, il faut souligner cette qualité indéniable qu’a eu ce peuple à se gouverner et à consolider leurs acquis. De plus, la forme de l’état permettait de le gouverner même si on lui substitue sa tête. En plus, dans l’éventualité que l’état s’effondre, il semble que la forme de celui-ci soit tellement pratique que l’on tente de le reproduire. Ensuite, à l’image des publicités modernes, l’idéologie pharaonique avait saturée le paysage. Cette appropriation du territoire s’est faite par l’érection de stèles et de bâtiments monumentales décorés de fresques et de hiéroglyphes. Cette contribution culturelle est marquante pour les générations successives sur la vallée du Nil. Finalement, le point majeur de la pérennité de la culture pharaonique est cette volonté locale ou régionale de gérer la force du travail et d’orienter les efforts dans le but de produire des surplus agricoles et de dominer son environnement.
Apres moi le plus important pour La pérennité de la civilisation égyptienne est sa littérature. D’elle nous pouvons tout pour cette civilization
http://uk.youtube.com/watch ?v=efLdL-Y4Evo
06:17, le Mercredi 29 octobre 2008Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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