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La norme FSC

Photo : Flickr cod_gabriel
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Depuis plus de 10 ans, les entreprises d?sirant obtenir des produits issus d’une for?t administr?e de fa?on durable et responsable ne peuvent plus crier qu’il est difficile d’obtenir une certification cr?dible, et ce, gr?ce ? la certification du Forest Stewardship Council (FSC). Cette norme, maintenant une r?f?rence dans l’industrie foresti?re durable, a ?t? ?tablie en 1993 par des forestiers, des entreprises foresti?res, des entreprises transformant le bois et m?me des groupes environnementaux (dont Greenpeace, qui se dit tr?s fi?re des r?sultats de ces n?gociations). C’est un accomplissement en soi, que d’avoir plac? des groupes qui ont tous des int?r?ts diff?rents dans l’industrie du bois, et d’?tre arriv? ? d?finir les balises d’une certification solide et reconnue de tous.

On estime qu’actuellement, 50% de la for?t mondiale a ?t? d?truite ou convertie ? d’autres utilit?s (comme l’agriculture). Les 2/3 de la for?t restante, selon la FAO, se retrouvent dans 10 pays, dont le Canada fait partie. 64 pays sont moins chanceux; c’est le nombre de nations qui ont moins de 10% de leur territoire couvert par la for?t. Cela entra?ne des cons?quences majeures: Ha?ti, par exemple, a totalement d?truit son industrie du bois en l’utilisant pour chauffer des maisons. Leur voisin, la R?publique dominicaine, un pays d?pendant du tourisme et notamment du tourisme ?cologique, a fait un usage plus responsable de la ressource, si bien que si l’on regarde une photo satellite de la fronti?re entre ces deux pays, cela donne un r?sultat comme?celui-ci.

Ha?ti n’a pas d?truit ses ressources foresti?res volontairement, c’est un climat de guerre associ? ? la pauvret? dans les r?gions rurales qui l’ont fait. Les cons?quences sont multiples: les arbres contr?lent les ressources en eaux en cr?ant des pluies (ce qui garde l’eau ? la surface de la Terre, au lieu de la pi?ger dans le sol, o? elle devient plus difficile ? retirer) et en pr?venant les inondations. Ils combattent l’?rosion des sols en cr?ant un r?seau complexe de racines qui le maintiennent en place, le solidifient et en attirant la biodiversit?. Finalement, et c’est l? que le b?t blesse, ils sont aussi une ressource ?conomique dont le pays le plus pauvre d’Am?rique s’est d?parti pour les d?cennies ? venir.

Cela d?montre l’importance de la for?t dans la vie de tous les jours. Elle remplit des buts ?conomiques, sociaux, environnementaux et ?cologiques, car d’autres esp?ces que la n?tre en d?pendent. La norme FSC s’attaque ? toutes ces questions. Certains crit?res pour obtenir une gestion foresti?re certifi?e FSC incluent la diversification des produits issus de la for?t (bois d’oeuvre, p?tes et papiers, etc. – et non uniquement faire des 2 »x4 », ce qui peut avoir des cons?quences dans la communaut? si une partie du march? s’effondre), le maintien des eaux et des esp?ces afin de promouvoir un milieu plus « naturel », de couper la for?t ? un rythme qui repr?sente sa capacit? ? se r?g?n?rer, d’?viter l’utilisation de pesticides ainsi que l’entra?nement et la supervision des employ?s, qui travaillent avec des outils qui peuvent mettre leur vie en danger, sans la formation appropri?e. Une liste plus d?taill?e des principes de la norme FSC se trouve?ici, class?e selon les types de for?t canadienne. Il faut bien noter que les for?ts anciennes, comme celles de Colombie-Britannique, ne peuvent pas ?tre r?gies de la m?me fa?on que la for?t bor?ale qu?b?coise. Les standards varient donc d’une r?gion ? l’autre, mais sont d?termin?s par les m?mes valeurs de gestion foresti?re.

Il faut toutefois voir les limites de cette certification. D’abord, l’office de certification FSC est d?centralis?; cela signifie qu’il donne ? des groupes ind?pendants le droit de donner une accr?ditation de certification FSC aux entreprises de foresterie de la r?gion. Cela permet de respecter des standards particuliers ? chaque r?gion (comme mentionn? plus haut, on ne g?re pas la for?t bor?ale comme une for?t ancienne), mais cela peut aussi signifier que certains groupes d’accr?ditations sont plus permissifs que d’autres au niveau de l’interpr?tation des normes. C’est pour cela que?FSC-Watch, un groupe ind?pendant du Forest Stewardship Council, observe minutieusement le travail des groupes de certification FSC et des entreprises foresti?res accr?dit?es afin de s’assurer du respect des normes. Dans le pass?, FSC-Watch a d?j? d?nonc? des entreprises foresti?res qui ont, par la suite, perdu leur accr?ditation pour avoir mal g?r? leur for?t. Le regroupement est un peu cynique face ? la gestion du Forest Stewardship Council, mais le FSC a eu la cr?dibilit? d’observer les plaintes port?es par FSC-Watch dans le pass? et d’avoir agi en cons?quence.

Il faut aussi savoir que la norme FSC ne concerne que la gestion foresti?re directement. Elle ne garantit pas une saine gestion du papier certifi? FSC et ne s’occupe pas du traitement effectu? sur les 2 »x4 ». Elle ne se soucie que de la fa?on dont la for?t est g?r?e. Une entreprise foresti?re pourrait vendre son bois ? une usine de p?tes et papiers qui d?charge une trop grande quantit? d’eaux us?es dans le Saint-Laurent et ce papier serait tout de m?me apte ? ?tre certifi? FSC. Il faut donc reconna?tre les limites de la certification afin de comprendre l’influence que celle-ci peut avoir sur l’industrie du bois. Il est toutefois possible d’obtenir du papier ou d’autres produits certifi?s FSC, mais en pratique, ce sceau signifie simplement que le bois achet? vient d’une for?t durable.

Quelques chiffres pour terminer

Actuellement, environ 10% de la production mondiale foresti?re est certifi?e FSC (chiffres de d?cembre 2008). 112 millions d’hectares (1.12 million de kilom?tres carr?s) de for?t sont sous la certification FSC dans le monde, dont 27 millions d’hectares au Canada. Le Qu?bec est la deuxi?me province avec le plus grand territoire certifi? FSC (apr?s l’Ontario), soit 5.9 millions d’hectares. La certification est tr?s pr?sente en Europe et en Am?rique du Nord; elle fait des progr?s en Asie, mais doit encore faire des efforts pour gagner du terrain en Am?rique du Sud et en Afrique, l? o? cette certification pourrait bien changer les politiques ? venir sur les ressources de bois.

La certification FSC est donc une excellente certification pour la gestion des for?ts partout ? travers le monde. Elle reconna?t l’importance de la localisation g?ographique de la for?t, de sa capacit? ? fournir du bois, mais aussi des impacts environnementaux, sociaux, ?conomiques et ?cologiques d’une saine gestion foresti?re. Elle est limit?e par le fait qu’elle ne s’?tend qu’? la coupe foresti?re et par sa politique de d?centralisation de la norme, mais elle a le m?rite d’avoir obtenu le respect des gens dans l’industrie du bois en g?n?ral, des groupes environnementaux aux compagnies de coupe. Elle a permis de montrer aux gens que malgr? des buts totalement oppos?s, il est possible de cr?er des ententes respectables entre ces groupes. La certification FSC permet aux entreprises de g?rer une ressource renouvelable de fa?on respectueuse en s’assurant que dans 50 ans, ils pourront toujours couper du bois sur le m?me territoire. Les groupes environnementaux voient que dans cette norme, ils b?tissent de meilleurs ?cosyst?mes forestiers et que les communaut?s de la r?gion b?n?ficient d’une activit? commerciale qui leur donne des emploi

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