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La n?gation du politique

N?gation du politique
MONOLECTE
Monolecte disait, en avril 2012…

Plus le temps passe et plus j?ex?cre cette mis?rable mascarade que sont les
?lections pr?sidentielles.?Si l?on est profond?ment attach? ? l?id?al d?mocratique,comment peut-on se contenter de cette intermittence de la citoyennet?, de cefestival de coups bas et de promesses m?diocres qui ne visent qu?? flatter les?int?r?ts suppos?s de telle ou telle cat?gorie fabriqu?e pour les besoins de la chose??

Comment peut-on accepter que tout l?espace de la pens?e, du d?batet de la chose publique soit totalement satur? par la guerre des chefs, les?attaques personnelles, les petites phrases, les chiffres sortis de nulle part,jet?s ? la gueule de tous pour tordre, encore et encore, le monde r?el telqu?il est totalement fantasm? par le petit bout de la lucarne ? Le vote n?est?pas un blanc-seing. Ce n?est pas non plus un pis aller, une formalit? ? subir?avant de retourner vaquer ? ses petites occupations?Je ne vais pas vous dire ce que vous devez faire, penser, vouloir, esp?rer.

Il y a dans toute cette agitation st?rile quelque chose de l?ordre de l?injonction
imp?rative qui me h?risse profond?ment le poil?:?tu dois voter, tu dois
choisir, mon candidat plut?t que le sien
. Je n?aime pas le c?t? militant
qui impose sa vision du monde ? tout prix?:?ta gueule, mon candidat est
le meilleur, vote pour lui ou tu es un con?!
?C?est tellement vain,
c?est tellement infantilisant, voire m?prisant pour le quorum des ?lecteurs qui
ne faut pas s??tonner de voir l?abstention grimper en fl?che.

Le vote n?est pas un aboutissement, une fin un soi, ce n?est qu?une ?tape parmi
bien d?autres de la vie d?mocratique, un moment dans le calendrier des nations.
Je d?teste voir ce qui devrait ?tre un grand moment r?publicain ne plus ?tre
qu?une foire d?empoigne, une sorte du supermarch? des mesurettes et des
promesses creuses. J?ai l?impression de me retrouver coinc?e dans un de ces
innombrables march?s de No?l qui ont pouss? sur les places des grandes villes
comme des petits villages, avec leurs baraques en bois clinquantes, leur
artisanat de pacotille et leur esprit festif r?duit ? une simple orgie
mercantile factice et sans signification aucune.

FACTICE

Voil? le mot qui incarne le mieux le cirque actuel?: des
?ditocrates?qui recycle inlassablement la m?me mauvaise soupe ? la
grimace, non pas pour ?clairer nos choix, mais juste pour instiller jusqu?au
plus profond de notre ?tre la r?signation au choix qui les arrange le
plus.
Il ne s?agit en aucune mani?re de nous apporter les donn?es n?cessaires pour
comprendre les enjeux de notre ?poque, ni de laisser les id?es s?exprimer, ni
d?exposer des projets de soci?t?, jamais il n?est question de ce qui est le
plus fondamental dans une soci?t? humaine?:?dans quel monde
voulons-nous vivre??

De quelle mani?re voulons-nous ?lever nos enfants?? ? quelle ?uvre
voulons-nous consacrer les ann?es qui nous sont imparties?? Comment
voulons-nous aimer, grandir, partager, ?changer, exister, apprendre, cr?er,
?tre et mourir?? Dans quel contexte et dans quel but voulons-nous nous
lever tous les matins?? Qu?est-ce que nous pensons juste, qu?estimons-nous
d?sirable ou sans int?r?t?? Qu?est-ce qui fait battre nos c?urs??
Qu?est-ce qui nous donne envie de continuer ou de changer quelque chose ? Vers
quoi voulons-nous tendre, absolument, du mieux que nous le pouvons??

Est-ce qu?il ne s?agit pas l? de questions essentielles?? Pensez-vous
r?ellement que ce que l?ont tente de nous vendre actuellement vaut que nous y
consacrions un seul jour de notre pr?cieuse existence ? Avez-vous tant de jours
devant vous que vous pouvez vous permettre de les passer ? courber l??chine
dans l?espoir d?hypoth?tiques jours meilleurs, toujours remis ? plus
tard??

Je ne vais pas vous dire ce que vous avez ? faire ou ? penser. Je ne vais pas
vous exhorter ? choisir l?un ou l?autre de ceux qui pr?tendent nous
repr?senter. Aupr?s de qui?? Et pour quoi faire, d?ailleurs ? Non, tout ce
que j?ai envie, c?est de vous enjoindre ? couper le son et ? prendre le temps,
ce pr?cieux temps qui nous
d?compt? parcimonieusement
, ce temps, dont nous partageons tous
l?inexorable progression vers le n?ant. Prendre juste le temps de questionner
vos envies profondes, vos espoirs perdus et vos aspirations refoul?es. Juste
prendre le temps de r?fl?chir ? ce que vous voulez vraiment pour cette vie qui
vous a ?t? donn?e. Et ? partir de l?, je pense qu?il vous sera particuli?rement
facile de faire le bon choix, c?est-?-dire le v?tre.

Actuellement, ce que les politiques fabriquent le plus, ce ne sont pas des
projets de soci?t?, des visions du monde, des utopies, des envies, des projets.
Non. Ce que les politiques, main dans la main avec les ?lites m?diatiques,
construisent le plus s?rement, c?est votre camisole mentale de la r?signation,
de la soumission et du consentement ? un ordre mondial de l?exploitation sans
vergogne de tous, partout, et tout le temps. Ce qu?ils mettent en sc?ne ?
longueur de temps, ce n?est pas le th??tre des id?es, mais?l?illusion
de leur impuissance
. La ligne directrice de la plupart de leur
discours, c?est qu?il existe comme un ordre naturel des choses qui s?impose ?
eux, comme ? chacun de nous, un ordre fond? sur la barbarie la plus sauvage, la
comp?tition sans merci, le m?pris de l?autre et l?abandon de tout espoir de
mener une vie digne et non enti?rement soumise ? la dictature de
l?argent.

Or,?la politique, c?est l?essence du choix et de l?action.
C?est le territoire o? s?expriment les rapports de force, o? se n?gocient les
conditions de vie de chacun. Le pouvoir pris par la finance, les march?s, les
multinationales n?est rien d?autre que celui qui leur a ?t? conc?d? par des
trait?s, des contrats, des lois, toutes, absolument toutes vot?es par ceux qui
se disent nos repr?sentants. Autrement dit,?rien dans ce qui distribue
les ressources naturelles, rien de ce qui d?cide du destin, de l?existence de
chacun d?entre nous n?est de l?ordre de la fatalit?
, mais uniquement
de la volont? politique de quelques-uns.

AUTREMENT DIT, RIEN DE CE QUI EST SACCAG? PAR LA BARBARIE ?CONOMIQUE NE
PEUT L??TRE SANS LE CONSENTEMENT, QUE DIS-JE, LA COMPLICIT? PLEINE ET ENTI?RE
DES RESPONSABLES POLITIQUES, ? TOUS LES ?CHELONS DE D?CISIONS DE CETTE
PLAN?TE.

Il suffit de voir comment le gouvernement actuel, tout en jouant la com?die de
l?impuissance face ? d?obscures lois ?conomiques invoqu?es comme des d?it?s
indicibles,?organise actuellement
notre future faillite budg?taire
, pour bien comprendre que loin d??tre le
r?sultat d?un quelconque cataclysme naturel (voire supranaturel),?la crise actuelle est l?instrument voulu
et mis en ?uvre d?lib?r?ment
?pour nous arracher notre consentement ? un
ensemble de mesures arbitraires dont les principales cons?quences seront
d?assurer l?accaparement des ressources communes par des groupes restreints qui
pourront ainsi affirmer leur domination absolue sur le reste de l?humanit?,
tout en nous condamnant dans notre immense majorit? ? des existences de plus en
plus pr?caires, difficiles, ?pres et abr?g?es. Sans autre n?cessit? premi?re
que de vivre et de jouir comme des porcs, sans partage et sans merci.

Ceci n?est donc pas une
crise
, mais c?est une guerre totale contre les peuples. Ceci n?est donc pas
une ?lection, mais une ?tape de plus pour s?assurer de notre parfaite
soumission ? ce qui va suivre, n?en doutez pas.

Maintenant, vous pouvez choisir.

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