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La naissance d’une nouvelle dimension – les origines de l’?criture

La M?sopotamie au 3e mill?naire avant J?sus-Christ est d?j? un carrefour tr?s achaland?. La civilisation qui s’y r?pand est forte d’une agriculture florissante et d’un r?seau d’?change allant jusqu’aux confins du Proche-Orient. L’expansion ?conomique et l’accumulation de richesse entra?nent une sophistication de la soci?t?. Un besoin de quantifier et de qualifier va s’imposer. Les soci?t?s de la M?sopotamie sont alors confront?es ? des probl?mes li?s ? la conservation de l’information. Le peuple sum?rien en d?veloppant l’?criture bouleverse de mani?re fondamentale le recours ? la m?moire. Pourquoi invente-t-on l’?criture ? Par n?cessit?. Les gens de Sumer invent?rent une succession de support et d’outil et r?alis?rent ainsi la premi?re forme d’?criture.

Les origines de l’?criture ont ?t? expliqu?es par les Sum?riens au travers leurs r?cits ?piques. L’intervention de la Providence et la maturit? d’Adam auraient inspir? les chercheurs au 18E si?cle. Le sujet est tomb? dans l’oubli jusqu’aux ann?es 1950 o? une approche scientifique assortie au d?chiffrement de nombreuses tablettes cun?iformes va permettre de relancer le d?bat. L’?tat actuel des recherches permettre de d?gager deux grandes tendances en opposition pour expliquer la naissance de l’?criture. Nous retrouvons d’une part l’explication de Jean-Jacques Glassner (?criture : une invention) et d’autre part Denise Schmandt-Besserat (?criture : une forme de communication issue d’une longue maturation).

Dans le Croissant fertile, on vit ? l’ombre de deux grands fleuves. Le Tigre et l’Euphrate d?chargent des tonnes de limons n?cessaires ? l’agriculture. La culture c?r?ali?re y est g?n?reuse et les surplus abondent. Les ?changes commerciaux florissants sont favoris?s par une situation g?ographique unique et strat?gique. Une forme d’?conomie complexe prend vie, les populations s’agglutinent autour de centres d’int?r?t. L’essor des villes li? ? une population qui se sp?cialise cr?e les conditions favorables au d?veloppement ?conomique : « Le ph?nom?ne urbain ?, en effet, des implications sociales et politiques. Il suppose une ?conomie diversifi?e, pouvant assurer l’existence de chacun ». Donc, au moment de la naissance de l’?criture cun?iforme, la M?sopotamie est une puissante civilisation. Dans la r?gion de Sumer o? apparaissent plusieurs foyers urbanis?s, les chercheurs auraient retrouv? les plus vieux fragments attestant les origines de l’?criture.

Le besoin de garder en m?moire la trace des ?changes a amen? les individus ? d?velopper des aides m?moires. Par souci d’organisation et d’efficacit?, les Sum?riens vont relever par ?crit les transactions commerciales et d?tails administratifs ? l’aide de traits marqu?s sur de l’argile. De plus, il ne suffisait pas de cr?er l’?criture, les Sum?riens ont eu ? inventer une m?thode, un support et des ?coles d’enseignement pour en arriver ? un r?sultat probant : « Toutes ces connaissances, nous les devons au g?nie de ce peuple qui, fait rare dans toute l’histoire du monde, non seulement inventa –ceci est du moins probable – mais sut perfectionner un syst?me d’?criture, au point d’en faire un instrument de communication efficace, capable de transmettre les plus vivantes pr?cisions. »

L’?conomie d’?change et les interactions humaines ont rapidement mis en valeur les ressources locales. L’?laboration d’un syst?me de communication provient essentiellement de l’unique ressource naturelle que les Sum?riens poss?daient soit l’argile. Largement utilis?e par les habitants de la vall?e de la M?sopotamie, on se sert de ce mat?riel pour fabriquer diff?rents objets pratiques (calculi , assiettes) et d?coratifs ainsi que pour la construction de r?sidence (tauf et briques). De plus, la distinction et le respect que l’on conf?re ? l’argile provient des mythes religieux concernant la conception de l’humanit?. Un hymne au dieu Enki relate l’origine de l’homme par le m?lange d’un amas de terre et du sang d’un dieu sacrifi?. Cette mati?re d?terminante ?tait in?vitablement vou?e ? jouer un plus grand r?le. En effet, elle a ?t? la premi?re mati?re en abondance facilitant la communication ainsi que le premier support durable pour l’?criture sum?rienne.

? Sumer, la terre argileuse a aussi l’avantage d’?tre disponible en grande quantit?, facile ? travailler par sa plasticit? et finalement plus l?g?re ? transporter en comparaison ? des supports de pierres ou de m?taux. Grasse au toucher, la roche s?dimentaire meuble qu’est l’argile a la qualit? d’?tre mall?able lorsqu’on l’imbibe d’eau. De plus, la boule de terre pouvant ?tre remodel?e ? l’infini, une correction ? une inscription erron?e pouvait ?tre ais?ment effectu?e. Au d?part, les Sum?riens utilisaient des calculi, une esp?ce de jeton model? fait de diff?rents mat?riaux comme l’argile ou la pierre. Ces jetons de formes diverses portaient parfois des inscriptions attribuant une valeur ? la pi?ce qui pouvait ?tre comptabilis?e. L’utilisation de ces objets implique que les individus savaient calculer, on doit consid?rer que les valeurs de repr?sentations permettaient d’acc?l?rer un processus comptable.

Cet outil pratique va ensuite ?tre introduit dans des bulles de terres avec lesquelles un sceau cachet et plus un sceau cylindre seront appos?. Rendant plus facile le d?compte des valeurs. Une op?ration comptable pouvait ?tre conserv?e, la sph?re ?tait bris?e pour v?rifier un ?tat de compte. Ult?rieurement, un r?sum? sera inscrit sur la surface de la sph?re, rendant inutile les jetons contenus ? l’int?rieur. Peu ? peu, les boulettes de terre seront ?cras?es et deviendront des tablettes de diff?rents formats. Au moyen de roseaux taill?s en pointe, des signes pictographiques ?taient trac?s sur de l’argile humide. Le scribe (individu sp?cialis?) ?crivait sur la tablette et ensuite il la faisait s?ch? au soleil ou cuite au four o? elle devenait quasiment indestructible.

L’univers sum?rien a ?t? sch?matis? par des dessins repr?sentants la r?alit? ou des ?l?ments clairement identifiables, un millier de caract?res furent cr??s pour r?pondre ? un besoin d’am?liorer la production de rapport ?crit. La proto?criture est un hybride entre des valeurs quantitatives ainsi que des repr?sentations graphiques ayant une ressemblance avec ce qu’il devait imiter : « Les premiers scribes inscrivent sur ces tablettes des pictogrammes qui proviennent probablement d’un syst?me plus ancien. D?s 6000 avant notre ?re, les agriculteurs utilisent des petits objets d’argile afin de tenir l’inventaire de leurs r?coltes. » Cela fait foi de l’amalgame d’un tr?s long processus de recherche empirique et intuitif de l’humain pour choisir un syst?me efficace. Pourquoi l’?criture doit ?tre invent?e ? La plupart des formes et des repr?sentations sont universellement connu et moins difficile ? assimiler qu’un dialecte ou une langue ?trang?re. Cela permet d’accro?tre les possibilit?s d’?changes ? plus grande ?chelle.

Progressivement, les tablettes deviennent plus grandes et les scribes les utilisent en ayant l’avant-bras sous celles-ci. Ils vont r?orienter l’?criture de 90° vers la gauche et les inscriptions se feront de mani?re horizontale de gauche ? droite. Les pictogrammes alt?r?s devinrent abstrait ce qui favorisa sans doute l’utilisation phon?tique du caract?re : « un progr?s d?cisif est accompli avec le passage du phon?tisme. Le g?nie des Sum?riens a ?t? en effet d’utiliser un proc?d? aussi simple qu’un jeu d’enfant, le rebus. Ils eurent l’id?e de se servir d’un pictogramme d?signant non pas un objet qu’il repr?sentait directement, mais un autre objet au nom phon?tiquement voisin. Comme dans un rebus o? un dessin de chat et un dessin de pot n’ont rien ? voir avec le couvre-chef, chat-pot d?signant en fait un chapeau. »

Cela permit de diminuer le nombre de caract?res (pr?s d’un millier au d?part), le m?me signe pouvant servir ? d?signer plusieurs objets diff?rents dot?s de la m?me valeur phon?tique. De plus, les lignes droites imprim?es ? l’aide d’un calame remplacent la graphie pr?c?dente plus difficile ? tracer sur l’argile molle. L’?criture cun?iforme (latin cuneus) est n?e. Une v?ritable ?criture appara?t alors qui continue ? se perfectionner sans cesse, transcrivant au plus pr?s la langue sum?rienne. Elle s’adapte ? des langues ?trang?res du sum?rien. Elle va servir de base pour le d?veloppement ?crit de l’akkadien, le hittite et l’hourrite malgr? que ce soit des langues s?mites. En devenant cun?iforme, l’?criture passe de la notation aide-m?moire ? la constitution de contrats, d’actes administratif, ?conomiques et religieux, voir m?me de litt?rature et de po?sie ?pique comme la grande ?pop?e de Gilgamesh. Pour la premi?re fois de l’humanit?, l’histoire se mat?rialise en litt?rature figeant ainsi pour la prosp?rit? des ?v?nements lointains de m?moire d’homme et permet d’appr?cier de mani?re plus concr?te le temps.

L’?criture et les tablettes d’argile n’auraient pas pu survivre sans la formation d’une nouvelle classe d’humains d?di?e ? la sauvegarde de la m?moire : « la ma?trise d’un syst?me compliqu? de signes de communication est l’apanage d’une caste ferm?e, celle des scribes […] ils sont d?positaires des mythes et les interm?diaires oblig?s entre les dieux et les hommes. » L’individu qui utilise le support pour r?diger et copier se nomme Dub Sar « celui qui ?crit la tablette », le scribe sum?rien subit une formation acad?mique rigoureuse ? l’?cole : « Pour r?pondre ? cette n?cessit? p?dagogique, les professeurs sum?riens invent?rent un syst?me d’instruction qui consistait surtout dans l’?tablissement de r?pertoires : c’est-?-dire qu’ils classaient les mots de leur langues en groupes de vocables et d’expressions reli?s les uns aux autres par le sens, puis les faisaient apprendre par cœur, copieur et recopier par les autres ?tudiants jusqu’? ce que ceux-ci fussent capables de les reproduirent ais?ment ».

Les aptitudes techniques et graphiques sont int?gr?es ? l’aide d’un guide exp?riment?. Le mentor inculque ? son ?l?ve un savoir-faire ainsi qu’un code de conduite associ? ? la profession. Des connaissances universelles jusqu’aux actes communs, le scribe d?tient un savoir qui fait de lui un homme de culture, en sachant lire et ?crire, il se distingue de la masse des individus. Le savoir a un prix et le scribe fait partie de l’?lite de son temps : « les p?res de ces scribes […] se trouvaient ?tre des gouverneurs, des p?res de la cit?, des ambassadeurs, des administrateurs de temples, des officiers, bref, les scribes avaient pour p?res les citoyens les plus riches de la communaut? urbaine » L’?criture ?tait rendu n?cessaire pour renforcer l’autorit? des classes dirigeantes, les distinguer des incultes et des moins nantis. Les Sum?riens avaient ? faire face ? une tonne d’information qui devait ?tre compil?e et m?moris?e de mani?re productive. La communication orale et l’utilisation de jetons n’?taient plus assez efficaces pour les besoins grandissants.

Les Sum?riens avaient une explication divine de l’origine de l’?criture. Il est int?ressant de constater qu’ils avaient conscience d’une p?riode o? l’?criture n’existait pas. L’intervention des dieux contenue dans les ?crits sum?riens ne suffit pas pour d?terminer l’origine de l’?criture et le processus pouvant expliquer son av?nement. La naissance de cette cr?ation se perd dans le temps et l’espace. Vers l’an 8000 ? 4000 av. J?sus-Christ, o? l’outillage humain se diversifie, on peut faire l’hypoth?se que le d?veloppement de la pens?e math?matique et des arts plastiques peuvent repr?senter la pr?histoire de l’?criture. Ensuite, vers -4000 ? -2700 av. J.-C. on peut parler d’une zone protohistorique o? l’humain effectue par t?tonnement des tentatives « d’isoler sa pens?e » afin de capter son esprit et le fixer sur un support dans le but de se souvenir. Non seulement l’humain veut transf?rer sa pens?e sur un mat?riel quelconque, il veut aussi ?tre en mesure de r?p?ter ce processus dans le but de r?utiliser cet outil. ? mesure que l’humain effectue des t?ches complexes, il va d?velopper des besoins nouveaux n?cessitant une observation de la nature et un recours ? l’intelligence intrins?que. L’arithm?tique est pr?sente parmi les humains (compter sur les doigts ou utiliser les ensembles num?riques).

Le d?veloppement de la pens?e abstraite est le premier pas ? franchir. Ensuite, le calcul va devenir primordial dans le but d’?changer et de transiger des ressources en surplus. Les jetons (qui vont se sophistiquer) deviennent indispensables pour effectuer l’inventaire et calculer des ressources. Les images symboles ou logogrammes seront les valeurs ajout?es ? ces jetons. Elles symbolisent une ressource ?l?mentaire comme le bl? ou le bœuf. On caract?rise ces repr?sentations de r?alistes et en constante ?volution. L’id?e va se r?pandre et va conna?tre une dur?e de vie appr?ciable. L’utilisation de cet ing?nieux outil va mener ? la cr?ation de support mat?riel permettant le calcul d’op?ration plus complexe. Finalement, sur des milliers d’ann?es, les M?sopotamiens vont utiliser cet outil. L’instrument sera modifi? au point o? les dessins seront plus que des repr?sentations r?alistes, ils deviendront des mots. Les mots feront un message que l’?metteur et le r?cepteur pourront comprendre. Cette grande mutation de l’?poque Uruk se produit lors du passage d’une proto ?criture ? une ?criture. La connaissance d’une langue commune est aussi n?cessaire pour la compr?hension des symboles. On passe alors de l’?criture des choses ? l’?criture des mots.

La th?orie de Jean-Jacques Glassner

Jean-Jacques Glassner est directeur de recherche au CNRS. Il est actif dans la recherche arch?ologique et il est un sp?cialiste de l’Antiquit?. De plus, il fait partie du corps professoral de l’?cole des hautes ?tudes en sciences sociales. Il a publi? nombre d’articles scientifiques et de livres dont Chronique m?sopotamienne (2003), La tour de Babylonie (2003) et ?crire ? Sumer : l’invention du cun?iforme (2000). Nous pouvons lire une de ces d?clarations sur le site de EHESS concernant la naissance de l’?criture :« L’?tude des ?crits sum?riens montre que, d?s son origine, l’?criture d?veloppe un domaine sp?cifique de signification par rapport ? la langue parl?e en instaurant une relation conceptuelle entre le signe et le sens, et en faisant appel ? une gestuelle sp?cifique et ? des art?facts, des supports et des outils pour ?crire. » De plus, il ajoute que l’objectif de l’?criture « est de rendre visible les mots invisibles ». Dans son livre ?crire ? Sumer, l’invention du cun?iforme il tente de d?montrer que l’?criture est une invention ind?pendante et non un processus en plusieurs phases. Il r?fute les th?ories majeures (?volution progressive par l’utilisation de la pictographie et la n?cessit? comptable). Le concept m?me et la motivation sont selon lui les causes permettant ? l’humanit? de cr?er de toute pi?ce l’?criture. En r?sum?, la th?se de Glassner ne voit pas d’importance du processus mental permettant de calculer, il n’accorde pas non plus de lien entre l’?volution des jetons et l’arrimage de ceux-ci ? la tablette d’argile. Il consid?re que les pictogrammes sont une forme primitive d’?criture exprimant des id?es que l’on pouvait lire. L’?criture cun?iforme serait en fait une variation de ce concept qu’est l’?criture.

La th?orie de Denise Schmandt-Besserat

Sa th?orie se base sur l’?tude m?ticuleuse des « tokens » m?sopotamiens (jetons d’argile) diss?min?s ? la grandeur des mus?es c?l?bres du monde entier. L’utilisation de ces jetons sur des milliers d’ann?es aurait abouti selon elle ? la cr?ation de pictogramme. Selon l’auteure, ces unit?s ?taient destin?es exclusivement aux ?changes ?conomiques. Ces jetons simples qui repr?sentent des unit?s de base vont continuer ? ?tre utilis?s avec des jetons de plus en plus complexes et sophistiqu?s. Non seulement la production agricole sera comptabilis?e mais aussi les objets manufactur?s.

Le syst?me de calcul fonctionnant sur une base de 1 pour 1, il va devenir n?cessaire d’augmenter le nombre de jeton pour suffire ? l’augmentation des ?changes. Les recherches de Schmandt-Besserat ont permis de d?terminer que le besoin de qualifier de mani?re plus sp?cifique (par l’exemple le sexe d’un animal dans un troupeau) va complexifier l’apparence des jetons. La chercheure associe « les jetons simples au stade agricole et les jetons complexes au stade d’urbanisation » Ce syst?me est apparu n?cessaire dans le recours ? l’agriculture comme source primaire de ressource alimentaire. Toujours selon sa th?se, le recours ? ce syst?me de valeur va ?tre appropri? par les interm?diaires de la redistribution des produits agricoles et manufacturiers, certains jetons auront alors une tr?s grande valeur ou encore une repr?sentation symbolique de pouvoir et de richesse. Les jetons vont persister et leur utilisation (simple et complexe) va s’?tendre partout dans le Proche-Orient. Une succession d’apport et de modification vont d?velopper le jeton, la tablette cun?iforme ?tant en quelque sorte le r?sultat final. L’?criture origine de l’accumulation de savoir (calcul de nombres abstraits, utilisation de support diverse, fixation du phon?tisme par ?crit) d?termin?e par des besoins li?s ? l’agriculture. Il s’agit donc d’une cr?ation rendu possible par la mise en commun d’un ensemble de connaissance.

Conclusion

Les origines de l’?criture est un d?bat ayant aliment? nombre de th?ories et de th?ses. On peut d?gager deux grandes orientations expliquant la naissance de la communication ?crite. L’une ?tabli la juxtaposition de milliers d’op?rations et l’utilisation d’accessoire sur une tr?s longue p?riode tandis que l’autre fixe le ph?nom?ne comme ?tant l’expression d’une volont? ayant imagin? un outil nouveau et r?volutionnaire sans lien avec le pass?. L’?tude de l’historiographie m?sopotamienne d?montre les points suivants : l’agriculture est le fondement principale de la civilisation et le calcul math?matique semble incontournable pour la survie des individus ayant d?cid? de s’alimenter essentiellement de la c?r?ale. La divergence d’opinion intervient dans l’interpr?tation que font les chercheurs sur l’aboutissement de la naissance de l’?criture. Invention ou d?veloppement, la naissance de l’?criture reste toujours aussi difficile ? cerner. En ouverture, nous pouvons ?noncer que les Sum?riens ?crivaient pour se rappeler le temps d’une saison et plus tard, ils vont ?crire pour se b?tir des archives et une m?moire. Pour terminer, il serait ironique de penser que les tablettes d’argile sont vuln?rables et fragiles, elles ont surv?cu bien longtemps apr?s la chute et la disparition des royaumes qui les ont vus na?tre. Le fait que le support (le jeton, la tablette d’argile) et l’information (les traits, les repr?sentations, l’?criture cun?iforme) qui y est contenue ne peuvent ?tre dissoci?s a permis ? ces m?moires de se rendre jusqu’? nous 5000 ans plus tard. On ne peut en dire autant de nos archives informatiques qui sont temporels, vuln?rables et n?cessites un support interm?diaire pour lire les impulsions ?lectriques. Que vaut nos tonnes d’information si aucunes ne traversent les si?cles ?

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