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La mise en place de la Commission Charbonneau sur les collusions dans le secteur de la construction? ou JE ME SOUVIENS DE LA PATENTE ? GOSSE (1)

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Arrestation de monsieur Zampino. Voici dont que l’Op?ration Marteau frappe de nouveau. Ce n’est justement pas une raison pour escamoter le fait, crucial et sensible, que la Commission Charbonneau continue de couver sous le boisseau. Il est capital de se souvenir clairement des particularit?s les plus saillantes du r?gime gouvernemental actuel au Qu?bec, sur cette question r?currente et purulente des collusions et de la corruption. La r?miniscence ? laquelle je vous convie ici porte donc sur l?ensemble de pressions publiques ayant ?t? exerc?es entre le 15 septembre 2011 et le 9 novembre 2011, et ayant men?s ? la mise sur pied, en deux phases, de la fameuse Commission Charbonneau. La mise sur pied d?une commission d?enqu?te sur les collusions entre le secteur de la construction et les partis politiques au Qu?bec fut, je vous supplie de vous en souvenir, le r?sultat d?un ensemble complexe de pressions politiques exerc?es par la soci?t? civile sur le gouvernement du Qu?bec et le Parti Lib?ral au pouvoir. Je me propose donc ici, modestement, de p?renniser la dynamique de cet ensemble de pressions politiques, ?litaires et citoyennes, s??tant exerc?es, fort intens?ment, entre 2009 et 2011, sur cette question dont les r?percussion se feront sentir longtemps encore dans la vie sociale et politique qu?b?coise. La chose ?tant particuli?rement hallucinante en soi, je me propose d?adopter le ton le plus pudique imaginable pour proc?der ? sa pr?sentation.

Depuis avril 2009 des irr?gularit?s et des probl?mes de collusion de diverse nature se manifestent au Qu?bec autour du secteur de la construction, et de nombreux intervenant, voyant le caract?re g?n?ral du probl?me, se sont mis ? r?clamer des enqu?tes et des investigations sur la question. La possibilit? d?une profonde implication du crime organis? et de liens intimes entre ce dernier, les acteurs importants du secteurs de la construction et les paliers de gouvernements municipaux et provinciaux cr?e un conteste de suspicion g?n?ralis?e qui oblige le gouvernement du Qu?bec ? mettre sur pied, en f?vrier 2011, une Unit? permanente anti-corruption, inspir?e d?une unit? semblable existant ? New York. Le 15 septembre 2011, une fuite du rapport du directeur de cette unit? (Jacques Duchesneau) confirme une nette corr?lation de collusion entre p?gre, minist?re des transports, grandes entreprises de travaux publics et caisses ?lectorales de partis politiques municipaux et provinciaux. Le premier ministre du Qu?bec, Jean Charest, met alors sur pieds, le 19 octobre 2011 une commission d?enqu?te aux pouvoirs limit?s (qu?on surnommera alors la patente ? gosse), dont il confiera la direction ? la juge Louise Charbonneau. Le 9 novembre 2011, Jean Charest c?dant ensuite ? un autre ensemble, toujours croissant, de pressions publique, retire les restrictions des pouvoirs de cette commission d?enqu?te et la rend pleinement op?rationnelle. Je vous rem?more ici un ?chantillon repr?sentatif des pressions s??tant exerc?es pour que la Commission Charbonneau devienne de plain pied une commission d?enqu?te au sens r?gulier et ordinaire du terme. Le terme patente ? gosse, est une expression qu?b?coise p?jorative (amplement utilis? par les groupes de pressions impliqu?s sur cette question et les m?dias) pour d?signer une machinerie compliqu?e, alambiqu?e, tarabust?e qui fait semblent de bien marcher mais qui en fait est toute croche et risque de ne pas vraiment remplir sa fonction ou ses promesses, m?me si elle a un petit c?t? spectaculaire qui pourrait faire illusion. La premi?re mouture da la Commission Charbonneau ?tait, selon ses principaux critiques, une patente ? gosse, la seconde mouture (la version actuelle) ne le serait plus. Notre chronologie restreinte se formule donc comme suit:

  • 15 septembre 2011: Fuite du rapport Duchesneau et d?but de l?intensification des pressions pour obtenir une commission d?enqu?te sur les collusions entre le secteur de la construction et les partis politiques au Qu?bec
  • 19 octobre 2011: Mise sur pied de la Commission Charbonneau dans sa version dite ?patente ? gosse?
  • 9 novembre 2011: ? la demande de la juge Charbonneau, et sous la pression collective, assignation des pleins pouvoirs ? sa commission d?enqu?te

Il est important de garder ? l?esprit que le gouvernement du Qu?bec, comme corps administratif provincial, a une longue tradition de corruption. On peut ?voquer les scandales de construction ferroviaire du 19i?me si?cle et de concessions foresti?res abusives au tout d?but du 20i?me? si?cle, ayant fait tomber des gouvernements, notamment ceux de Simon-Napol?on Parent en 1905 et de Louis-Alexandre Taschereau en 1936. Des abus durables du syst?me de ristournes du duplessisme entre 1945 et 1960 jusqu?aux malversations mises en lumi?re par la Commission Cliche en 1975, la collusion et la corruption sont un h?ritage lourd et ancien au Qu?bec et, au fil du temps, il s?av?re que tous les partis politiques sans exception sont compromis et qu?on a, en fait, affaire ? une caract?ristique profonde et r?currente de cet appareil gouvernemental sp?cifique.

Au pouvoir, dans des gouvernements minoritaires ou majoritaires, depuis 2003, le Parti Lib?ral du Qu?bec du Premier Ministre Jean Charest est bien install? aux commandes de l??tat qu?b?cois. Depuis 2009, on assiste ? une intensification des ?affaires? de n?potisme et de collusion de diff?rentes natures concernant la gestion actuelle de l??tat qu?b?cois par ce parti sp?cifique. Son ancien ministre de la justice Marc Bellemare a accus? ce gouvernement d?obtenir des contributions politiques en ?change de la nomination de juges (cela a d?clench? la mise sur pied de la Commission Bastarache). Son ancien ministre de la famille Tony Tomassi a du d?missionner pour avoir utilis? la carte de cr?dit d?une entreprise disposant de contrats gouvernementaux. Et tout r?cemment, c?est la pr?sidente du Conseil du tr?sor, madame Michelle Courchesne qui est accus?e d?avoir, lorsqu?elle ?tait Ministre de la Famille, allou? des contrats de lancement de garderies priv?es et des places en garderies ? des contributeurs de la caisse ?lectorale du Parti Lib?ral du Qu?bec. On peut donc dire que la cr?dibilit? politique de ce gouvernement n?est pas tr?s forte en ce moment. Jacques Duchesneau est un officier de police ayant trente ans de carri?re. Il a ?t? chef de la police de Montr?al de 1994 ? 1998 et candidat malheureux ? la mairie de Montr?al en 1998. Patron de l?Unit? permanente anti-corruption depuis f?vrier 2011, il d?pose un percutant rapport en septembre 2011. ?L’ancien chef de police conclut que le minist?re des Transports est impuissant face ? la collusion et que le crime organis? et les entreprises de construction sont responsables des co?ts tr?s ?lev?s pay?s par l’?tat pour ses projets de construction. Une partie du magot serait ensuite transf?r?e vers les caisses ?lectorales des partis politiques, affirme le rapport Duchesneau.? (La presse Canadienne).

Le bras de fer argumentatif se met alors en place…

(? suivre)

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