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La m?re de toutes les crises de la dette !

Oublions la Gr?ce, l?Irlande ou l?Islande. La dette publique japonaise est aussi importante que celles de la France, de la Grande Bretagne et de l?Allemagne r?unies?! M?me si, en tout cas pour le moment, les march?s et les investisseurs ont d?lib?r?ment fait le choix d?ignorer les faits, qui sont potentiellement catastrophiques. Et qui se d?clinent en une dette publique invraisemblable ? voire inhumaine-, en une population vieillissante et une inclination de ce pays et de ses dirigeants ? la paralysie politique. L??conomie globale ? et le monde entier ? subiraient une secousse sans pr?c?dent si d?aventure les march?s d?cidaient d?analyser froidement les donn?es nippones. A moins que cette ignorance des fondamentaux japonais ne soit volontaire afin d??viter ? ou de retarder- ce qui pourrait s?av?rer ?tre la m?re de toutes les crises de la dette?

 

Voil? pourquoi les investisseurs, les march?s financiers, le Japon, l?Asie et le reste du monde ont int?r?t ? ce que l?exp?rience japonaise r?ussisse, et ? ce que l?illusionniste Haruhiko Kuroda, Pr?sident de la Banque du Japon, parvienne ? ses fins. Car, et de l?aveu m?me du vice-Ministre de l?Economie nipponse, Yasutoshi Nishimura, ceci est ??la derni?re chance pour l??conomie japonaise??. Et pour le Japon tout court, devrai-je ajouter?! Le sempiternel argument contre le krach est certes que nulle fuite massive des capitaux ne saurait mettre le pays en danger puisque 90% de sa dette publique est d?tenue par ses nationaux. Pour autant, il faut reconna?tre ? Kuroda une maestria ?blouissante. Lui qui, apr?s un bref ?pisode de volatilit? avant l??t? 2013, a pu maintenir sous un contr?le quasi parfait les rendements de sa dette obligataire qui se tiennent docilement autour de 0.74%. Quand au m?me moment les Etats-Unis ? d?tenteurs de la premi?re monnaie de r?serve au monde, d?une notation sup?rieure de la part des agences et d?une d?mographie dynamique -doivent payer presque 3%?pour se financer !

 

Kuroda est-il dot? de pouvoirs surnaturels?? Toujours est-il que, six mois apr?s son accession ? la t?te de la banque centrale nippone, les faits sont incontestables?: plus il imprime de yens et plus il semble apaiser les march?s et nourrir la b?te. Ou gonfler la bulle, diraient d?autres, car il est vrai que la dette nationale japonaise atteint d?sormais 15 chiffres, pour s??tablir ? 1,000,000,000,000,000 de yens ! Quel est le secret de Kuroda?? Comment ensorcelle-t-il des march?s pourtant g?n?ralement impitoyables et alertes?mais qui r?agissent en baissant le co?t de financement de la dette japonaise juste apr?s que celle-ci soit annonc?e ? 1 quadrillion de yens, soit plus de 10 Trillions de dollars am?ricains?? En r?alit?, et ?videmment sans jamais l?admettre, le Japon op?re un transfert massif de richesses depuis ses citoyens en direction de l?Etat tout en mon?tisant ? outrance sa dette publique.

 

Cet arsenal de r?pression financi?re utilis? par la courroie de transmission de la politique mon?taire de la Banque du Japon se d?ploie donc au nez et ? la barbe des 125 millions de japonais et des march?s financiers, des hedge funds qui poursuivent leurs acquisitions de bons du Tr?sor de ce pays, comme des agences de notation qui feignent de l?ignorer. L?objectif des responsables japonais ?tant de donner le temps au gouvernement de Shinzo Abe de mener ? bien ses mesures fondamentales de d?r?gulation de l??conomie de son pays. Certes, Kuroda remplit-il sa mission de noyer les march?s ? et l??conomie de son pays ? sous une quantit? absolument titanesque de liquidit?s fra?chement cr??s puisqu?il s?est engag? ? doubler la base mon?taire en circulation. Pour autant, le rendement de la dette obligataire n?est bien ma?tris? que parce que les japonais eux-m?mes jouent ? fond le jeu de la solidarit? nationale.

 

Ce n?est effectivement qu?? ce prix que la r?pression financi?re peut r?ussir?: gr?ce aux banques, aux assurances, aux entreprises, aux fonds de pension, aux universit?s, ? l?immense syst?me de l??pargne postale, aux agences de l?Etat, enfin aux priv?s qui ? suite ? la flamb?e de ce taux de financement en mai-juin derniers et loin d?en avoir ?t? ?branl?s-, ont acc?l?r? leurs achats afin de soutenir cette politique de la derni?re chance conduite et voulue par Shinzo Abe. Dans l?objectif (qui profiterait ? l?ensemble de la communaut?) d??viter imp?rativement l?escalade des frais de financement de la dette publique japonaise, ?lan de solidarit? qui ? soit dit en passant ? aurait ?t? pr?cieux de la part des riches investisseurs grecs, espagnols, portugais et autres dans le cadre de la crise?europ?enne p?riph?rique? Toujours est-il que cette dynamique op?re une redistribution ph?nom?nale des richesses depuis la soci?t? civile japonaise vers son Etat. Accompagn?e de taux d?int?r?t r?els n?gatifs, qui autorisent du m?me coup le gouvernement ? se financer toujours moins cher. Cette mon?tisation ?tant du reste substantielle puisque la Banque du Japon ach?te pas moins de 70% de la dette publique de son pays?!

 

Ces actes lourds de r?pression financi?re et de mon?tisation excessive sont certes stigmatis?s quotidiennement par la caste des orthodoxes, des mon?taristes et des hay?kiens. Pour autant, qui aurait pu s?rieusement imaginer et pr?tendre qu?un pays ? la d?mographie catastrophique et dont la dette approche 250% de son P.I.B. serait bien un jour capable de rembourser ses dettes?? Tout peut encore aller mal. Abe aurait en effet initi? la plus grosse bulle sp?culative de l?histoire mondiale si ses promesses de r?formes structurelles ne sont pas concr?tis?es. La panique globale et la d?vastation g?n?ralis?e pourraient succ?der ? la s?r?nit? apparente de march?s, pour l?instant peu pr?occup?s de ce qui se passe au Japon. Il est donc dans l?int?r?t de la plan?te que l?action du magicien Haruhiko Kuroda soit couronn?e de succ?s.

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