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LA M?DECINE DU PROFESSEUR BIRON

Les m?dicaments co?tent trop cher au syst?me public de sant? : que faire?

Avant de bl?mer tout de suite les consommateurs, commen?ons par le haut, en amont : les prescripteurs.

Prescrire moins = payer moins – Voil? comment r?duire les d?penses en m?dicaments ordonnanc?s et lib?rer des fonds publics pour satisfaire aux autres besoins plus criants.

Prescrire moins

Il faudrait convaincre les m?decins, (a) de cesser la sur-prescription de produits r?cents, prot?g?s par brevets, trop chers, alors qu?on peut la plupart du temps prescrire rationnellement avec des produits g?n?riqu?s; les produits r?cents n?apportent pas grand-chose ? la sant? des gens car il n?y a pas eu d?innovations r?elles depuis les deux derni?res d?cades, il n?y a eu pratiquement que des innovations technologiques qui co?tent cher et des nouvelles indications qui ne sont pas valid?es, et (b) d?abandonner les nombreuses indications non prouv?es de fa?on ind?pendante des promoteurs, ou inefficientes (statines en pr?vention primaire chez les femmes, etc.) pour se limiter aux indications m?dicalement n?cessaires.

Mais que fait Qu?bec?

Il pousse dans une autre direction, tol?re la promotion pharmaceutique directe au public, voire l?accompagnement des patients-consommateurs pour les fid?liser ? une marque; tol?re que les pharmacies vendent les profils de prescriptions qui aboutissent sur les bureaux des chefs de marketing; encourage la privatisation des universit?s par des partenariats en recherche clinique qui finissent souvent ? l?avantage du partenaire industriel plut?t que de la sant? publique et consolide la mainmise des pharmas sur la formation m?dicale continue, celle de votre m?decin si vous avez la chance d?en avoir un.

Payer moins

Qu?bec veut conserver les emplois reli?s aux pharmaceutiques, d?j? g?n?reusement prot?g?es par des all?gements fiscaux, les plus g?n?reux au pays, et cela est de bonne guerre pour un minist?re du D?veloppement. Ce l?est moins de d?tourner les budgets de la Sant? pour compl?ter cette protection par un encouragement au remboursement de produits ordonnanc?s pay?s ? fort prix, ce qui n?a rien ? voir avec la sant?. Qu?bec prolonge la p?riode d?exclusivit? par la loi dite des 15 ans; ne favorise pas suffisamment le remboursement des g?n?riques aux d?pens des produits nouveaux et chers; il vient de n?gocier les co?ts des g?n?riques (copiant l?Ontario ? cet ?gard) mais ne n?gocie pas les prix des produits encore brevet?s.

Il faudrait s?rieusement consid?rer la politique d?achat n?o-z?landaise surnomm?e mod?le ?kiwi? bas?e sur un syst?me d?appels d?offres; penser ? choisir le moins cher produit quand il a plusieurs fabricants; songer ? limiter le remboursement au plus efficient produit ? l?int?rieur d?une classe th?rapeutique donn?e.

Pierre Biron M.D

Ao?t 2010

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    Bonjour Docteur BIRON, En France on a réussi, après de nombreuses années d’efforts des mutuelles santé et de la Sécurité Sociale, à imposer aux médecins et surtout pharmaciens d’utiliser les génériques en priorité ; résultat : Le déficit a continué à augmenter !

    Le fameux trou de la Sécu est une faille abbyssale désespérante ! Les génériques semblent être une fausse bonne solution ! Du coup, le gouvernement et la Sécu ressorte régulièrement l’arme fatale : le déremboursement ou le moindre remboursement des médicaments dits « de confort » ou « insuffisamment efficace » ! Hélas, ces notions deviennent de plus en plus floues à chaque nouvelle vague de désengagement de la Sécu !

    A la fin, cette Arme sera Fatale à la Sécurité Sociale (ou plus précisément la Caisse Primaire d’assurance maladie : CPAM) plutôt qu’aux médicaments chers.

    Les laboratoires eux se frottent toujours les mains, ils parviennent parfois à vendre les génériques plus cher que l’original !! Etonnant non ! De toute façon leur intérêt commun est de s’entendre pour continuer à faire de gros profits.

    Cela permet tout de même aussi de financer la recherche !

    Bon week-end

  2. avatar

    La pharmacie est a la médecine dans le rapport de l’Industrie à l’artisanat; ce n’est que le « médicament », fabriqué en masse, qui peut permettre le saut quantique en santé au-dela des thérapies « sur mesure ».

    L’avenir est donc dans la pilule, si on peut dire, mais changer l’approche ne change pas nécessairement les motifs. Si celui qui traite veut prioritairement s’enrichir – et le serment d’Esculape ne change pas plus la nature humaine que le baptême n’enlève toute propension au péché – on ne peut créer une situation plus éthique qu’en mettant des balises et des contrôles.

    Aller vers le générique ne peut que permettre des économies – au prix de certains inconvénients qui exigeraient un autre débat – mais QUI profitera de ces économies? L’Industrialisation, en termes réels, a indubitablement enrichi la société, mais le partage de cet enrichissement ne devient plus équitable que si la collectivité y intervient. De même, le « passage vers la pilule » ne peut donner tous ses effets bénéfiques sur la santé que si la production de médicaments est soustraite à la notion de profit corporatif.

    Ce qu’en dit le Dr Biron est un premier pas dans la bonne direction et procéder « à la kiwi » semble bien en être le prochain, mais la vraie solution ne peut être que la « collectivisation » de la production pharmaceutique, car le secteur privé à toujours la riposte du cartel discret à toute tentative d’imposer une concurrence.

    Collectiviser la production pharmaceutique – qui autrement deviendra demain le monstre que l’industrie des armements a été hier – est une impérieuse nécessité. Le faire sans brimer la recherche est un grand défi. j’en traite dans plusieurs textes, dont les liens qui suivent ne réfèrent qu’aux plus évidents.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/05/07/nationaliser-le-pharmaceutique/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/14/55-le-pgrs/

    Pierre JC Allard

  3. avatar

    Le serment d’Hyppocrate liait le médecin à son patient. Celui qui fut instauré en remplacement, en 1982, ne garde qu’une seul mention du lien patient/médecin en interaction.

    « JE JURE de toujours me souvenir qu’un patient n’est pas seulement un cas pathologique, mais aussi un être humain qui souffre. À celui qui entrera chez moi pour chercher simplement un réconfort, ce réconfort ne sera jamais refusé. »

    Celui instauré en remplacement de ce dernier, le 15 Décembre 1999, ne contient plus aucun lien d’interaction entre patient/médecin et n’est définitivement plus un serment:

    « J’affirme solennellement que :

    Je remplirai mes devoirs de médecin envers tous les patients avec conscience, loyauté et intégrité ;

    Je donnerai au patient les informations pertinentes et je respecterai ses droits et son autonomie ;

    Je respecterai le secret professionnel et ne révélerai à personne ce qui est venu à ma connaissance dans l’exercice de la profession à moins que le patient ou la loi ne m’y autorise ;

    J’exercerai la médecine selon les règles de la science et de l’art et je maintiendrai ma compétence ;

    Je conformerai ma conduite professionnelle aux principes du Code de déontologie ;

    Je serai loyal à ma profession et je porterai respect à mes collègues ;

    Je me comporterai toujours selon l’honneur et la dignité de la profession. »

    Si vous ne percevez pas la nuance de responsabilité qui est disparu, je ne sais pas comment le souligner.

    De toutes façons, c’est le système qui prime. La santé publique n’est plus qu’une « statistique ». Cela n’a plus aucun rapport avec l’individu. Et la médecine est un commerce. On avait même décidé d’éliminer le mot « patient » pour le remplacer par « client »; mais cela n’a pas duré très longtemps à cause de l’évidence qu’il confirmait.

    Amicalement

    André Lefebvre

  4. avatar

    N’oubliez jamais qu’un patient qui quitte son médecin sans ordonnance est un patient déçu. À ses yeux, il a été mal soigné. Il cherchera un autre médecin. Et cette ordonnance couvre aussi largement que les examens en institution, la médication, le suivi thérapeutique, etc.

    • avatar

      Mais cela n’a plus aucune importance pour nos médecin puisqu’ils ont un !quota! annuel de patient et qu’il y a plus de malade que ces quotas.

      Patient déçu qui part? Il y en a dix qui peuvent le remplacer.

      André Lefebvre

  5. avatar

    Bonjour,

    quelqu’un peut-il m’expliquer comment un produit pharmaceutique comme la Ventoline, utilisé contre les crise d’asthme ou de bronchite chronique vaut:

    3 euros en Chine, alors que ce produit est importé (donc transport, taxes, etc)

    Et

    Plus de 5 euros en France plus la consultation obligatoire chez un médecin.

    Pas étonnant que la sécu ne la rembourse qu’à 65 % puisqu’il semble que ce soit son prix réel.

    • avatar

      1) Parce que la production pharmaceutique est un commerce et que les malades n’ont pas d’autres choix que de se faire soigner. C’est donc un « monopole » commercial détenu par un petit groupe de producteur.

      2) Parce que la médecine n’est simplement qu’un réseau de distribution pour la production pharmaceutique, et qu’elle prend soin d’entretenir le réseau.

      C’est encore mieux organisé que les réseaux de distribution de Colombie ou de l’Afghanistan.

      La raison de cette situation en Chine est que le monopole n’est pas encore bien établi.

      André Lefebvre

    • avatar

      Moi je vois raisons probables :

      1)La Chine est communiste et cela n’a pas que des défauts, loin de là ! (Je suis Marxiste dans l’âme)et fixe le prix des medicaments pour que tous puissent y acceder, même les plus modestes.

      2) Avec ses 500 millions de petits chinois (ilsdoivent être 1 milliard maintenant, non?), les achats de ventoline et autres médicaments importés sont achetés en très grandes quantités, d’où des économies d’échelles importantes.

      Dîtes moi si je me trompe Hengxi? Existe-t-il un système de sécurité socialesimilaire au notre en Chine?

    • avatar

      Bonjour T-Rex

      puisque vous me le demandez, je vous réponds:

      « 1)La Chine est communiste et cela n’a pas que des défauts, loin de là ! »

      La France est-elle un pays Umpsien parce que gouvernée par ce parti ?

      « fixe le prix des medicaments pour que tous puissent y acceder, même les plus modestes. »

      Oui, c’est vrai. Le prix de médicaments est fixé par les autorités centrales, mais uniquement pour ceux délivrés dans les hôpitaux. Beaucoup sont vendus dans des genres de parapharmacie où les prix sont libres, la Ventoline en fait d’ailleurs partie.

      « 2) Avec ses 500 millions de petits chinois (ilsdoivent être 1 milliard maintenant, non?), les achats de ventoline et autres médicaments importés sont achetés en très grandes quantités, d’où des économies d’échelles importantes. »

      1 milliard 350 millions (pas tout à fait).

      Il y a certes l’effet de la quantité qui joue sur les prix, mais il faut également savoir que pour ces produits qui sont souvent plus chers qu’en Occident, les divers gouvernements (locaux et nationaux) interviennent financièrement pour les acheter en en prenant une partie à leur charge.

      3°) Le système de couverture sociale:

      Comme vous le savez, ce pays vivait autrefois sous un régime collectiviste, ce qui signifie que tous les employés d’usines ou de magasins étaient des employés d’état.

      A ce titre ils avaient droit à une assurance sociale et à une retraite.

      Lors des vagues de privatisations, ces « avantages » ont été maintenus, mais de manière différente puisque ces employés n’étaient plus fonctionnaires de l’état.

      Les personnes ont donc pu continuer à être couvertes, l’état continuant à prendre en charge la partie qu’elle couvrait autrefois, seule la partie payée par l’entreprise elle-même étant supportée par l’ancien employée.

      Le coût annuel de l’assurance santé qui couvre entre 70 et 80 % des frais médicaux, plus la cotisation retraite s’élève à l’équivalent de 300 euros.

      Pour ce qui est de l’âge de la retraite, c’est 50 ans pour les femmes ayant eut une activité sans grande qualification et 55 ans pour les hommes ayant travaillé dans la même qualification.

      Pour les femmes cadres et plus haut, c’est 55 ans et 60 ans pour les hommes.

      Pour ce qui est des compléments santé et retraite, j’ai écrit un article il y a quelques jours sur le sujet:

      http://www.refletsdechine.com/assurancesen-chine-rien-n%E2%80%99est-comme-ailleurs.html

      Le problème dans ce domaine, ce sont les paysans qui n’ont pas d’assurance et c’est la raison pour laquelle ils épargnent, sachant également pouvoir compter sur la solidarité de la famille ou/et des amis proches.

      Pour les petits commerçants actuels et leurs employés, le souci vient du fait que les assurances sont facultatives en dessous d’un certain salaire.

      Le gouvernement s’est fixé comme objectif que chaque Chinois ait une couverture sociale au moins partielle avant 2020.

      Ce sera d’après moi difficile, mais pourquoi pas.

      Voilà, j’espère avoir répondu à votre attente.

      PS: Je ne dis pas que ce système est parfait, je me contente de relater des faits qui sont vérifiables.

  6. avatar

    J’ai travaillé quelques temps dans ce domaine des généralistes à l’époque où ils se sont informatisés.

    Déjà première chose, donne t’on une prime à un commerçant qui s’équipe en matériel informatique pour assurer la pérennité et la bonne marche de son activité ?

    Non, mais pour lés médecins oui.

    Lors de mes interventions, il y avait souvent devant moi des « sauterelles », ainsi sont appelés les visiteuses médicales venues vendre la dernière molécule à la mode : physique avantageux et mini-jupe semblaient être des critères de recrutement …

    Il y a quelques années, ont été supprimés et interdits les primes versées aux praticiens lorsqu’ils atteignaient un quota de prescription.

    Celle-ci ont été remplacées par des vacances payées dans les clubs med avec qui les plus gros laboratoires ont passé des accords.

    Tout cela est payé par l’état, donc le contribuable, et les caisses d’assurances, donc les personnes qui cotisent.

    Et on me demande ce qui m’a fait quitter ce pays ! Pas que cela, mais tout un ensemble de choses identiques.