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La Lib?ration (1) : Il ne s?est rien pass? ? Slapton Sands?

Pour c?l?brer ? ma fa?on la Lib?ration de la France en 1945, ce qui en France n?a pas ?t? l?occasion de grandes manifestations, ? mon d?sespoir, voici plusieurs articles, sur le sujet, et sur la Seconde Guerre Mondiale. Leur choix est hasardeux, d? ? la fois au hasard des rencontres, des achats de documents (sur les braderies nordistes, ou vide-greniers, fort riches en livres ? tr?s bas prix ?!) et du croisement, parfois, avec l?actualit? r?cente (*). Tous apportent des ?l?ments peu connus, certains des choses trop longtemps ignor?es, masqu?es par les autorit?s militaires et la censure de l??poque, qui s?ouvre beaucoup apr?s les 50 ans fatidiques. Mon but n?est certes pas de r??crire l?histoire, mais simplement d?y apporter des ?l?ments qui lui donnent parfois une vision neuve, tout en refusant, autant le dire tout de suite toute notion de remise en cause, par exemple des camps de concentrations ou de l?existence des chambres ? gaz, pour moi des faits historiquement prouv?s et ind?niables. Au fur et ? mesure de mes d?couvertes dans ces ouvrages, vous constaterez que c?est loin d??tre exhaustif, et que je n?aborde que fort peu les grandes notions, pensant que les dates fondamentales et les ?v?nements vous sont bien connus. En vous souhaitant le m?me plaisir ? d?couvrir ce que j?ai pu moi-m?me d?couvrir, je vous laisse avec cette longue s?rie qui s?enrichira toutes les semaines, au fil de mes lectures. Vous allez voir, vous allez parfois, et je l?esp?re, ?tre surpris. Bien entendu, j?attends de votre part des propositions de sujets, tant le domaine ? d?couvrir est encore vaste. Les canadiens sont venus verser leur sang pour nous, ce que je n?oublie pas (je pense ? l??tonnant George ??Buzz?? Beurling, notamment, enterr? en Isra?l) , j?y consacrerai bien entendu quelques chapitres, dans la mesure des informations que je pourrai obtenir bien entendu. Bonne lecture ? tous !

Commen?ons alors par une histoire fort peu connue, tout d?abord.?L?histoire du soldat Ryan, qui repose en partie sur l?histoire v?ridique des fr?res Niland, a fourni ? Spielberg un excellent sc?nario, sur une histoire rest?e longtemps m?connue. Il en existe d?autres, encore, d?histoires oubli?es sur le d?barquement. Je viens tout juste d?en red?couvrir une, en feuilletant ? nouveau ma collection de magazines d?aviation.?C??tait nich? au fond d?un num?ro de 2000 d?Aeroplane Monthly, une interview d?un pilote de bimoteur Beaufighter, Peter Nevill, qui s?est retrouv? par hasard aux premi?res loges d?un v?ritable drame dont il n?avait jamais pu parler jusqu?? cette date, censure militaire oblige. Son r?cit est d?solant, et raconte un fait trop longtemps ignor??: les alli?s avaient bien r?p?t? le d?barquement avant de le faire r?ellement, avec de gros moyens. ?a s?est pass? sur une plage anglaise, et ?a a tourn? au fiasco complet, l?arriv?e impromptu de vedettes rapides allemandes ayant provoqu? un v?ritable massacre??Ce sur quoi ?tait tomb? Nevill et son observateur, avait ?t? pr?par? de longue date pourtant, nous rappelle le journaliste d?Aeroplane Monthly .

??C?est ? une r?union des chefs des gouvernement alli?s ? Casablanca en janvier 1943 que fut fix? la planification d?finitive pour le lancement de l? Op?ration Overlord -le d?barquement du jour J- en France, le?6 juin 1944. Cette planification devrait inclure les?formations et la pr?paration d?une arm?e alli?e de 3,5 millions d?hommes, y compris 1 millions d?Am?ricains. Le programme de formation a ?t? long et con?u pour ?tre approfondi. Le but de ces exercices ?tait de simuler les d?barquements r?els dans leur int?gralit?. Les p?niches de d?barquement devaient essayer de poser des troupes d?invasion sur le rivage, tandis que les forces navales et les batteries de terre et les troupes au sol?tenteraient d?essayer de les repousser??.

Jusqu?ici, en effet, ce qu?on avait appris, c?est l?accumulation progressive de l?incroyable armada du d?barquement dans les ports anglais.?L?, on avait eu droit ? quelques images apr?s guerre, notamment sur les premi?res pellicule couleur, et aux photos d?un Eisenhower venant saluer les troupes pr?tes ? partir. Mais rien d?autres ? se mettre sous la dent?: la censure avait s?vi ? l??poque, ce qui est compr?hensible, elle avait dur? plus que de raison, ce qui l?est beaucoup moins.

Ce qu?on ne savait pas c?est que trois exercices cons?cutifs avaient servi ? roder ce d?barquement?:???Le premier exercice de d?barquement avait h?rit? du nom de code de Duck. Ensuite, vers la fin de?mars 1944 est venu l?exercice Beaver, suivi en avril par Tiger??.?Des exercices de plus en plus proche de ce que les soldats devraient affronter?: ??En raison des pr?occupations au sujet de la bataille de la duret? des combats envisag?s et l?engagement des officiers et des troupes, il avait ?t? d?cid? d?utiliser de vraies munitions, ? tirer sur le devant des troupes d?invasion. Cette d?cision, prise par le g?n?ral Eisenhower, le chef supr?me des forces alli?es, sera communiqu?e aux officiers, mais pas ? toutes les troupes???pr?cise Glenn Sands. Au total, on compte 20 000 soldats dans les trois op?rations (? Utah Beach il y en aura?23 250).?Mais ce n?est pas l?usage de balles et de tirs d?obus r?els qui va provoquer le drame. C?est un??pisode longtemps rest? m?connu, qu?il convient de rappeler en cette p?riode de comm?moration du d?barquement de 1944 en Normandie. Des hommes sont morts, ? Utah Beach et sur les c?tes normandes, mais auparavant, d?autres ?galement, en masse, et beaucoup moins h?ro?quement, h?las. Mais pendant longtemps, il a ?t? interdit d?en parler?

Pour le troisi?me exercice, ??Tiger??, et son d?barquement sur la plage pr?vue de Slapton Sands, la plus ressemblante d?Utah Beach, les responsables des arm?es avaient souhait? faire faire aux hommes et au mat?riel un long trajet en baie de Lyme, en passant le long du Dorset, pour simuler la dur?e de trajet de travers?e de la Manche. Deux convois, partis s?par?ment les 25 et 26 avril 1944 devaient se rejoindre, partis de Plymouth, Salacombe, Darmouth, Torquay et Brixham. L?ensemble r?uni, avec les pontons remorqu?s s?appelle Force Utah?: l?intention de faire ??vrai? ?tait nette.?L?id?e de faire naviguer presqu?en rond les attaquants pendant une dur?e ?quivalente ? la travers?e permettrait de v?rifier l??tat de fatigue et la disponibilit? des soldats au moment du d?barquement?: h?las, c?est ce tour en bateau qui allait ?tre ? l?origine du d?sastre. ??Prenant place sur la c?te?Devonshire, l?exercice Tiger comprenait deux vagues successives en vertu des conditions de bataille futures. Le premier assaut sera un succ?s, et?il devait ?tre suivi le 28 avril par huit LST (Landing Ship Tanks)?et deux pontons, sous escorte de deux navires de guerre de la Royal Navy??.?Les LST ne sont pas les barges du film de Spieberg (l? ce sont des?petites LCVP pour?36 hommes), ce sont de?grands navires de 4000 tonnes, qui contenaient en effet jusqu?? 1000 hommes chacun au total et emportaient des?camions et des chars (1)..

En protection figure la corvette HMS Azalea (de laclasse flower (2)) le destroyer?HMS Scimitar ayant eu une collision avec un LST ?tait d?j? reparti ? Plymouth. En pleine nuit, ? 1 h du matin, le convoi va, h?las, croiser une patrouille de deux flotilles de Schnellboote (3), la N?5 et la N??9, neuf vedettes au total, stationn?e ? Cherbourg sous le commandement du capitaine Rudolf Petersen. En quelques minutes, le sort des trop lents LST est r?gl??: le N?507 et le N?531 se retrouvent au fond avec tous leurs soldats, le premier touch? par deux torptilles, le N?289 s?rieusement endommag??: tout son avant a explos?, ses t?les repli?es de fa?on assez monumentale. Il n?y e?t que?290 survivants sur les 744 soldats et 282 marins du N?531. Sur le ST 507 il y e?t 13 morts et 22 bless?s. le plus lourd tribut revint ? la 1st (Engineer Special) Brigade qui perdit ce jour-l? 413 hommes et e?t 16 bless?s. Sur les?251 hommes du?3206th Quartermaster Service Company, 201 furent mis hors course, tu?s ou bless?s. Au 557th Quartermaster Railhead Company, 69 pertes ?taient ? signaler. Ce fut un v?ritable massacre (4).

Comme raisons, on invoquera le manque de suivi des pr?paratifs. La corvette d?escorte?Azalea n?avait pu ?tre averti, les radios de tous les navires fonctionnant bien, mais en raison d?une erreur typographique dans les ordres, les LST US se sont cal?s?sur une fr?quence radio diff?rente de la corvette et?du si?ge de la marine britannique ? terre? Les torpilleurs allemands n?ont fait qu?une bouch?e des transporteurs de troupe. Certains ?voquent aussi, au plus fort de l?attaque, des ??tirs amis??, mais cela semble plut?t tentative pour masquer la v?rit?. Au retour de l?exp?dition rat?e, le vice?amiral Moon comptera ses pertes?: il aura perdu 639 hommes et 89 ?taient bless?s, au premier d?compte.?C?est un d?sastre dont il ne se remettra jamais?: trois mois plus tard il se suicidera, se rendant personnellement responsable de l?improvisation dans les communications.?En fait plusieurs choses n?avaient pas fonctionn? correctement. Plusieurs gilets de sauvetage n?avaient pas march?, leur capsule de gonflage ?tant d?fectueuse. Sur le N?507, deux bateaux de sauvetage seulement sur six avaient ?t? descendus en mer. Un des deux, d?une capacit? de 60 personnes maxi, surcharg? au double, avait sombr? corps et biens?! Et surtout,?l?escorte fournie ?tait bien trop faible ! Une seule corvette pour prot?ger plus de 8000 hommes?!

En ce qui concerne notre pilote du Beaufighter RD-767, il avait bien vu les explosions, et son radar Mark VII avait bien d?tect? les vedettes rapides, mais les ordres qu?il avait re?u de ses sup?rieurs ?taient ??c?est un exercice, n?intervenez pas??.?Descendu un peu plus bas pour v?rifier ce que c??tait, il s?aper?ut avec son navigateur que c??taient trois Schnellboote, qui lui tir?rent m?me dessus. Il r?pondit sans en r?f?rer ? son contr?leur a?rien par un tir de deux?roquettes HE. Un second passage avec un seconde paire de roquettes fit exploser une des vedettes rapides. Les deux autres ?chapp?es, l?avion se pose, ravitaille vite fait et tente de les rattraper, toujours sans autorisation?: direction Cherbourg d?o? elles venaient. Retrouv?es, le Beaufighter en endommagea une ? nouveau ? coups de roquette et de mitrailleuses. Revenu ? sa base, et pr?t ? r?diger son rapport, il en fut totalement dissuad? par ses sup?rieurs?: ??Vous ne devez rien dire ? propos de cet incident, non seulement pendant toute la dur?e de la guerre, mais pour le reste de nos vies??. En priv?, il re?ut pourtant les f?licitations de son commandant, qui lui r?p?ta de ne jamais rien dire. Malgr? avoir d?sob?i en allant jusque Cherbourg, les deux occupants du bimoteur furent promus?: ?trange comportement des autorit?s?! Un mois apr?s, l?avion se crashait dans le Dorset. Alors qu?il ?tait ? l?h?pital, le pilote vit son log-book dispara?tre et broy? par les autorit?s anglaises. Une semaine apr?s il ?t? envoy? en Inde, pour lui une d?cision des am?ricains de l??loigner pour qu?il ne raconte pas ses exploits.

Le lendemain, la mer rejetait des centaines de corps sur la plage. Au del? d?un nombre colossal de victimes, l?amiraut? anglaise ? un autre probl?me ? g?rer?: parmi les 689 victimes alors recens?es (il y en aura davantage), il y a dix officiers affili?s au?BIGOT, le syst?me de s?curit? li? aux plans de l?Operation Overlord?celle du jour ??J???:?ils n?ont pas tous les ?l?ments, mais ce qu?on craint c?est que les vedettes rapides allemandes aient fait des prisonniers et qu?elles aient embarqu? des responsables du BIGOT? elles ont ?t? vues en train de scruter la mer ? coups de projecteurs et ont effectivement fait quelques prisonniers. Le lendemain les plages anglaises sont jonch?es de cadavres de GI?s?: en les d?comptant un ? un, la Navy anglaise se rassure.?Malgr? un nombre important de corps non retrouv?s, ceux des dix officiers sont tous l?, avec leurs documents ultra-secrets sur eux. Les allemands ont rat? l?essentiel, sans le savoir.

En 2002, aux Etats-Unis, s??teignait?Angelo Charles Crapanzano, un am?ricain, qui racontait ??son?? exercice Tiger, et l?attaque allemande, terrifiante, avec la premi?re torpille pour le LST 507. dans lequel il ?tait?: des huit LST, c??tait lui le dernier de la file et donc le premier attaqu?. Crapanzano restera?4 heures et demi dans l?eau avant d??tre r?cup?r? sain et sauf. Selon lui, et les autorit?s am?ricaines, il y avait eu 178 tu?s seulement, chiffre auquel on avait ajout? ensuite 551 disparus. Ces chiffres avaient ?t? donn?s pour la premi?re fois par un historien,?Charles MacDonald, dans le num?ro de juin 1988 d?Army magazine, qui avait ?voqu? pour la premi?re fois le d?sastre, en annon?ant donc d?j??les 749 mort au total. Avant 1988, personne n?avait os? d?fier la censure des arm?es, en Angleterre comme aux USA. La honte du fiasco de?Slapton Sands n?avait pas ? ?tre sue.

Pour assurer davantage encore le secret, tous les habitants alentour de la plage avaient ?t??d?plac?s et indemnis?s,plusieurs maisons??tant d?truites lors des op?rations de pilonnage?des des destroyers, au dessus des troupes d?barquant. ??Lorsque Slapton Sands a ?t? choisi comme?terrain d?entra?nement pour les Am?ricains pour le jour J, un secret absolu a ?t? d?cid? n?cessaire.?? cette fin, tous les?les habitants des environs de plusieurs villages ont ?t? forc?s de quitter leur?maisons et de s??loigner sans savoir?quand ou m?me si ils seraient en mesure d?y retourner.?Pour comm?morer ce sacrifice,?les Am?ricains, apr?s la guerre, ont ?rig? un?monument ? la population de ces?villages.?Il est situ? sur la route au?bord de la plage??.?Une plaque rappelle le sacrifice de la 1st Engineer Special Brigade.?Un autre monument existe sur place?: c?est celui d?un char Sherman am?ricain?exhum? des sables par l?auteur Ken Small en 1984?: depuis, l?homme se bat pour qu?un monument anglais soit h?rig?. Pour l?instant l?Amiraut? ne?veut rien entendre.Idem pour les vestiges subsistant dont elle ne veut pas entendre parler (5).

Reste un probl?me fondamental?: qu?a-t-on fait des?corps ramass?s sur les plages?? L?, me myst?re, pesant, demeure?: les familles am?ricaines n?ont pas r?cup?r? de cercueils, et il n?existe pas de tombes au nom des 749 victimes?: ??ce que l?on a fait des aux corps fournit une autre tournure au secret de Slapton Sands. Selon des d?clarations des t?moins, ils sugg?rent qu?ils ont ?t? enterr?s, du moins temporairement, dans une fosse commune ? proximit?. Des dossiers d?taill?s tenus par le chef de gare ? Kingsbridge, ? cinq miles de distance, r?v?lent que les trois trains ont ?t??secr?tement charg?s des corps des GI?s sous surveillance militaire entre Juillet et Ao?t 1944. Les trains, chacun pouvoir transporter au moins 100 cadavres, ont ?t? br?l?s, avec les corps retir?s des charniers??, a d?clar? l?historien ferroviaire local Ken Williams??. Plusieurs th?ories circulent donc?: le t?moignage d?une fille de ferme, notamment (6) ou celle d?un voisin (7) intriguent. Toute recherche arch?ologique dans le secteur est interdite.

Au final, on sait aujourd?hui que ce f?t bien 749 victimes. Mais dont n?entendit jamais parler?(8)?. Un mois et demi apr?s avait lieu le d?barquement r?el, et rien ne devait filtrer de ses pr?paratifs. Tous ceux qui y particip?rent re?urent l?ordre express de ne jamais en parler. Les corps se sont volaltils?s. Une fois le vrai d?barquement r?ussi, le pli ?tait d?j? pris?: on n?entendrait jamais parler de l?op?ration Tiger ni de la plage sanglante de Slapton Sands.?L?auteur de l?article conclut?: ??c?est un fait paradoxal que pr?s de 1000 hommes ont perdu la vie ? Slapton,?sur seulement environ 200 qui ont ?t? tu?s lors du d?barquement r?el ? Utah Beach (9). L? exercice Tiger a ?t? tenu secret?? l??poque?? (Glen Sands, Aeroplane Monthly, janvier 2000).

(1) ??Caract?ristiques du LST?: 100 m?tres de long?; tirant d?eau de 2 m?tres?; d?placement de 4 080 tonnes ? pleine charge?; vitesse de 10,8 n?uds?; ?quipage de 211 marins?; pr?vu pour transporter 18 chars Sherman, ou 27 camions de 3 tonnes charg?s et 8 jeeps plus 177 hommes. En tout, 2 100 tonnes de chargement. Enfin, le navire est arm? de 1 canon de 75 ou 40 mm, et de 6 pi?ces de 20 mm??.

(2) La?corvette de type Flower comme l?HMS Azalea?est embl?matique de la seconde guerre mondiale en Mer du Nord ou en Baltique. Imagin?e par l?architecte naval William Reed, ? partir des? baleini?res, et devient donc le ???Patrol Vessel?: Whaler Type??.???Longue de 62,5 m?tres, la corvette jauge 950 tonnes. Les premi?res comptent 5 officiers et un ?quipage de pr?s de 70 hommes. Elle tient la mer admirablement et peut soutenir les pires temp?tes de l?Atlantique Nord.??? On en construira au total 107 exemplaires. Il existe un superbe mod?le de cet engin, capable de?figurer en mod?le de mus?e, sorti il y a longtemps par Matchbox et?ressorti par Revell?; qui est exceptionnellement ? l??chelle 1/72e, qui peut ?tre accompagn?e d?un?U-Boot, et m?me d?un?Schnellboote, tous ? la m?me ?chelle.

(3) Les E-boats allemands,?ce sont des vedettes rapides (appel?es Schnellboots par les allemands) munies de 4 torpilles, d?velopp?es depuis 1932, et devenues tr?s dangereuses avec le mod?le S-14 de 1938???fast and dangerous??, comme on les surnomme. Bien plus grandes que les patrouilleurs am?ricains comme celui de Kennedy (le PT-109), les Schnellboots sont donc rapides (80 km/h?!!!) et ont une grande autonomie (1480 km ? 55 km/h), ce qui fait qu?elles peuvent roder autour des c?tes anglaises, ? l?aff?t d?une proie facile.

(4) A noter que lors du vrai d?barquement, ou plut?t lors du r?approvisionnement de troupes le?27 ao?t 1944,?un autre LST, le N??327, que l?on avait cr? avoir heurt? une mine, fut lui aussi victime d?une torpille, mais tir?e d?un sous-marin, l?U-boat U 92 du Kapitanleutnant Engel. C?est l??tude ??logs?? de l?autorit? navale allemande qui l?avaient?r?v?l? 56 ans apr?s, en octobre 2000. L?attaque avait fait 21 morts et 26 bless?s.

(5) Parmi les Schnellboot ayant attaqu? les LST ? Slapton Sands, figurait le N?130. C?est???le dernier mod?le connu de ce type qui a ?t? rachet? il ya deux ans par le?collectionneur de v?hicules de l?arm?e Kevin Wheatcrof?pour 1 livre (environ $ 1,60).?Il a maintenant l?intention de consacrer environ cinq millions de livres (8 millions de dollars)?pour restituer le bateau dans son ?tat original??.?L?engin devrait ?tre restaur? ? Milbrook. Pas un mus?e de la Navy ne s?y ?tait int?ress?.

(6)??Malgr? cela, nombreux sont ceux qui refusent d?accepter que des centaines de soldats am?ricains ont pu ?tre enterr? sdans la campagne endormie du Devon il y a 60 ans. Ce scepticisme ne parvient pas ? expliquer le t?moignage d?une d?ancienne fille de ferme, Joyce Newby, qui ? aid? ? faire des centaines de couvercles cercueil sur un chantier de bois ? proximit?, au printemps 1944. Elle a dit qu?ils ?taient les victimes de tirs amis ? Slapton. Ou celui de l?ancien militaire am?ricain Harold McAulley, qui dit avoir aid? ? r?cup?rer des soldats morts au large de la plage de sable et par la suite aider ? enterrer les cadavres ? les visages noirs de p?trole et br?l?s ? dans une fosse commune??.

(7) ??Seekings (un des t?moins) a ?t? ridiculis? ? l??poque, mais sa description et l?emplacement semblent correspondre ?troitement ? celle de l?agriculteur Francis Burden, qui a vendu aux am?ricains du lait frais. Un matin d?avril 1944, le fermier s?arr?ta alors qu?il traversait une voie ?troite qui conduit ? des Blackawton.Une grande fosse, jusqu?? deux acres, avait ?t? creus?e par les troupes am?ricaines, assez pour recevoir des dizaines de cercueils. Des bo?tes assez grande pour contenir un homme ont ?t? empil?es ? proximit?. Aujourd?hui, un monticule de terre marque encore visiblement l?emplacement??.

(8) En f?vrier 2009, un technicien de la BBC,?Tony Koorlander retrouvait des photos de l?entra?nement des GI?s en Angleterre et un petit film au?National Archive de Baltimore, en cherchant des documents sur sa ville natale de?Bideford, dans le Devon. Sa d?couverte fera la une des journaux anglais.

(9) ??En?fin de journ?e ? Utah Beach, le 6 juin 1944, 1 700 v?hicules ont d?barqu? ainsi que pr?s de 23 250 soldats am?ricains. Le bilan des pertes atteint le chiffre de 197 tu?s et 60 disparus.??

Bibliographie?:?8 ouvrages seulement, aujourd?hui, ?voquent la catastrophe, dont 4 depuis 1999.

-Un compte rendu d?taill? par le capitaine Harry C. Butcher (aide de camp du g?n?ral Eisenhower ??Three Years With Eisenhower by Harry C Butcher?? (1946)

Cross-Channel Attack (1951) de Gordon A. Harrison

-The Invasion of France and Germany 1944 ? 1945?Samuel Eliot Morison (1957)

-United States Army in World WarII?: The European theater of operations. Logistical support of the armies, Volume II, de Roland Ruppenthal (1959, 1987)

-The Invasion Before Normandy?: Secret Battle of Slapton Sands [Paperback]

Edwin P. Hoy (1999)

-The Forgotten Dead?: 60th Anniversary Edition?: Why 946 American Servicemen Died Off the Coast of Devon in 1944 ? and the Man Who Discovered Their True Story.?Ken Small (2004)

-Slapton Sands.?Francis Cottamn (2005)

-Exercise Tiger?: The D-Day Practice Landing Tragedies Uncovered .Richard T. Bass?(2008)

(*) comme actualit?, un pr?sentoir FNAC, en France, avec toute une s?rie d?ouvrages regroup?s sur le 65 eme anniversaire de la Lib?ration et les 70 ans de l?appel du 18 juin?: j?ai trouv? qu?il s?agissait d?une tr?s belle initiative. Au milieu un ?tonnant ouvrage, plein de facs-simil?s d??poque?: un remarquable outil p?dagogique?!

http://livre.fnac.com/s161322/Histo?

et donc le tr?s beau ??Paroles de l?ombre?? , Lettres et carnets des fran?ais sous l?Occupation?? (1939-1945) de?Jean-Pierre Gu?no, J?r?me Pecnard

http://multimedia.fnac.com/multimed?

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