Accueil / T Y P E S / Articles / La guerre des loups

La guerre des loups

2293171182_9866d4c72fComme au bon vieux temps des si?cles pass?s, il n?est pas rare que l?on entende ? nouveau parler du loup. Ce compagnon fascinant dont les rencontres furtives laissent dans les esprits du IXe si?cle l?image d?un ?tre assoiff? de sang.

Il faut dire qu?? cette ?poque, les colporteurs y ?taient pour quelque chose, ils avaient trouv?s comment en faire un commerce par leurs inqui?tants r?cits , ils entretenaient la crainte et l?ins?curit? afin de vendre les indispensables m?dailles de saint Hubert et les objets divers qui allaient vous prot?ger des m?faits de ces cr?atures du diable. Ainsi, les auteurs chr?tiens n?eurent aucunes difficult?s ? les nommer comme n?s de la volont? du diable. Le chien, lui se voyait attribu? la volont? de Dieu. Pourtant la peur du loup ?tait essentiellement d? ? ses rapines commis sur les troupeaux. Car pendant des mill?naires, loups et hommes cohabit?rent sur un m?me territoire sans trop de heurts.

Mais la prolif?ration des troupeaux domestiques, l?asservissement et le parcage commenc?rent ? mettre fin ? cette paix. La guerre devenait in?luctable, l?homme s’appropriait l’espace naturel. Les renards, blaireaux, sangliers, ours et chats sauvages ne furent pas ?pargn?s dans cette guerre contre nature.
Cette guerre eut droit ? une institution d?nomm?e ? la Louveterie ?. Charlemagne, Fran?ois Ier et Napol?on III en sont les artisans. Le premier en eut l?id?e, le second officialisa, le troisi?me ressuscita plus tard la Louveterie.

Au fur et ? mesure que le paysage des campagnes se modifiait, que l??levage se g?n?ralisait, les rencontres avec le loup ?tait de plus en plus fr?quentes.Bien que sporadiques, les attaques devenaient une inqui?tude grandissante. Auparavant, on craignait la propagation de la rage, maintenant c??tait la rage du loup.

Sous le r?gne de Charles VI, le pays ?puis? par la guerre de 100 ans et la guerre civil d? ?galement affronter ce terrible hiver de 1421 qui poussa le loup ? entrer dans Paris. On y mourrait tellement que le loup trouvait pitance. En 1423, ils ?taient devenu des familiers de Paris.

D?pass? par les ?v?nements, Charles VI d?clara : ? il nous pla?t que toutes personnes puisse prendre, tuer et chasser le loup car le bon peuple ne saurait endurer plus longtemps les ravages de ces b?tes ?. Le loup qui ?tait la chasse gard?e de la Louveterie fut donc ?tendu au bon peuple soumis.

L’extermination pouvait commencer. Les hommes comme ? l?accoutum? rivalis?rent d?ing?niosit?s . Les pi?ges les plus ignobles furent invent?s par les plus malfaisants. Les circonstances faisant, ils avaient l?excuse populaire d?assouvir leur cruaut? au nom d?une autre cruaut?, celle imaginaire colport? ? l’encontre du loup. Qu?on s?en souvienne, les chats durent eux aussi subir de cruelles souffrances pour de stupides croyances en sorcelleries.

Quelques exemples de l?arsenal de l?horreur :

– le collet,

– l?assommoir,

– le dard perforant, de dessus, de dessous, de c?t?,

– la guillotine verticale ou lat?rale,

– la cage ? pieux,

– le verre pil?,

– l?hame?on ? loup,

– le pi?ge ? m?choires, cach? dans un app?t, les m?choires s??cartent et le suspendent la gueule d?chir?e et d?mesur?ment ouverte.

Le loup voyait l?homme se d?truire en lui offrant ses cadavres entrem?l?s sur ses champs de batailles, d?truire son habitat et ? son tour se faire d?truire sans comprendre la moindre motivation ? de tels comportements.

?trange affaire en est-il ! N?a-t-il pas ?t? dit que ce go?t de la chair humaine fut le r?sultat des festins de corps humains encore chauds servis par les guerres, les ?chafauds, les massacres, les famines et les ?pid?mies.
L?intendance du ravitaillement des loups ?tait en partie assur?e par la b?tise destructrice d?une esp?ce ? jamais d?natur?e.

Au XVIIIe si?cle, la guerre est ? son apog?e entre le loup et l?homme, aucune r?gion n?est ?pargn?e par son cort?ge de mort. L?expansion humaine et la r?gression des espaces naturels font que les rencontres sont de plus en plus fr?quentes.

En Angleterre, le loup a d?j? perdu la bataille, depuis le XVIe si?cle. C?est au XIXe qu?il dispara?tra de Belgique et au d?but du XXe en France.

Ce soldat animal combattait en face-?-face et se dressait sur ses pattes. Les morsures ?taient tr?s souvent au visage. Les louvetiers reconnurent son courage et sa bravoure, sachant mourir sans se plaindre.

Il n?a jamais ?t? le sanguinaire que l?on a toujours voulu qu?il soit, il chassait pour sa vie sans d?truire son environnement. Jamais il ne versa dans le massacre. Comme disent les Inuits : ? Le loup garde le caribou en bonne sant? ?. En Russie, on parle de ? la part du loup ? dont les troupeaux de chevaux hivernent en libert? sans avoir jamais eu ? subir des assauts sanguinaires de meutes de loups sauvages. En Am?rique du Nord, les troupeaux d??lans en surnombre et provoquant des dommages ? la v?g?tation furent par le retour spontan? des loups r?gul?, la population d??lan se stabilisa sans aucune extermination.

Chez nous, ils ?taient cinq tribus :

– l?archer au regard de feu,

– le ravisseur rapide ? la course,

– Chriseus aux dents tranchantes,

– l?ictunus le plus brutal,

– l?acmon chasseurs de li?vres.

Les animaux ont ratifi? cette guerre comme juste, ils sont d?sormais au nombre de 16 119 en voie de disparition (source IUCN union internationale pour la conservation de la nature) .

Mais ne nous leurrons pas ! Ce n?est pas avec un bout de r?serve naturelle, comme on n?gocie un contrat qu?on pourra racheter notre r?insertion dans un espace de dupe. Il n?est pas loin et peut parcourir des distances importantes. Le loup n?a pas ? se r?introduire dans un paysage clos. Le XXIe si?cle pourrait nous remettre ? notre place fatale programm?e? quand la bise sera venue, le loup sera ? notre porte!

Au loup inconnu mort pour Gaia.

Gasty

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Bob Dylan: la révolte sans la révolution (2)

Dylan enregistre Highway 61 Revisited (qui comporte l’immense succès “ Like a Rolling Stone ”) ...

6 Commentaire

  1. avatar

    «Le XXIe siècle pourrait nous remettre à notre place fatale programmée… quand la bise sera venue, le loup sera de retour!»
    Donc, vous nous dites indirectement que l’humanité n’est rien pour vous et que vous chérissez sa disparition et le retour du loup ?

    Je me pose de sérieuses question sur le fait qu’un humain ait à coeur la survie des loups et ce, au point de souhaiter la fin de l’humanité comme solution. Il faut avoir vraiment peu d’estime en son espèce pour en arriver à ce point.

    Le loup a certes été victime d’une mauvaise image dans le passé. Mais est-ce que cela justifie que l’humain d’aujourd’hui est responsable ? Est-ce une raison pour détester son espèce ?

    Sachez qu’ici, en Amérique, le loup n’est aucunement une espèce menacée. Qu’à moins de 100km de Montréal, si vous voulez voir des loups, ceci est très facile.
    Par exemple, au nord du Mt-Tremblant, dans le secteur de la Caché, il y a une meute qui pour celui qui sait se faire discret, est très facile à observer.

    Protéger le loup, oui ! Je suis entièrement d’accord. Mais utiliser celui-ci pour faire la propagande de l’anti-humain, utiliser cet espèce pour se culpabiliser, se détester, non !

  2. avatar

    Bonjour François J

    « Indirectement » ça peut se comprendre ainsi mais comme je ne suis qu’un pion de l’humanité je me permet donc d’en critiquer ses travers dans l’espoir de la voir changer de cap. Je ne chéri pas la disparition de l’humanité mais je me pose la question de savoir….si un jour nous devions disparaitre, quelle en serait l’impact sur écosystème? A votre avis…!

    Si vous me répondez « Rien » ou peut être un grand soulagement pour la planète, ça devrait pouvoir nous remettre à notre place.

    Je prend note qu’en Amérique le loup est toujours présent. C’est bien.

  3. avatar

    «Je ne chéri pas la disparition de l’humanité mais je me pose la question de savoir….si un jour nous devions disparaitre, quelle en serait l’impact sur écosystème?»
    Certainement que sans l’humain, la plupart des espèces (sauf peut-être le rat et la coquerelle ) s’en porteraient mieux.

    Mais cette question n’est pas pertinente. Est-ce qu’on se pose la question à savoir comment se porterais les vers de terre sans les oiseaux pour les manger ?
    Mais l’humain existe et a un droit d’exister sur cette planète.
    Est-ce que cela lui donne le droit moral d’exterminer le loup ? (Pour prendre cet exemple ).

    Si l’on se fie à la loi de la nature, à la loi de Gaia comme vous dites, et bien la réponse semble être oui. Dans l’histoire de la terre, beaucoup d’espèces ont étés exterminées par une autre. Ce qui permet de croire que selon la morale de Gaia, ceci est correct.
    Beaucoup refusent cette réalité mais elle n’en est pas moins réelle: la nature est d’une cruauté implacable. Elle extermine sans remords les espèces les plus faibles et les individus les plus faibles de chaque espèce. Impitoyable est-elle !

    Mais l’humain, cet être de raison, doit-il avoir un code moral au delà de celui de la nature ? Doit-il avoir à coeur la survie du loup ?

    Si vous répondez oui, c’est tant mieux mais mon point est que vous ne pouvez faire appel à Gaia pour justifier ce choix. C’est un choix moral humain. Ce choix ne peut découler que du fait que l’humain aime le loup, ou à tout le moins, aime savoir que le loup existe encore.

    La loi de la nature, votre Gaia nous dit: mort au loup ! L’humain est le gagnant…

    L’humain peut s’élever au dessus de la nature, mais ce n’est pas en vénérant celle-ci qu’il doit le faire mais bien en la défiant.

    Il est vain de faire appel aux droits du loup. Celui-ci n’en a aucun selon les lois de la nature.

    Le loup ne peut avoir de droits selon les valeurs humaines non plus. Mais celui-ci peut très bien être une valeur, une valeur pour l’humain, une raison de le sauver, l’aider.

  4. avatar

    Le droit d’exterminer ? C’est un point de vue que je ne partage pas. Je n’ai pas eu connaissance d’une extermination perpétré par des animaux.En avez-vous une à me proposer ?
    Depuis des millénaires, il s’est produit des disparitions d’espèces pour des causes qui sont essentiellement dû aux changements climatiques ou à des bouleversements géologiques majeurs…mais jamais d’extermination.
    Les animaux, contrairement à nous, sont en mesure de réguler leurs espèces en fonction des ressources du milieu ou ils évoluent. C’est ça la vrai nature, cruelle parce qu’elle doit se régulé.
    S’ils devaient en venir à l’extermination de leur environnement, ce serait leur propre extermination.

    Je suis assez stupéfait par vos raisonnements. Plutôt que de vouloir s’approprier le monde qui nous entoure en imposant notre idéologie de croissance par l’extermination d’espèces désignés comme étant nuisible,notre intelligence devrait s’orienter vers une régulation en symbiose avec la vie au lieu d’en exterminer la vie.

  5. avatar

    «Je n’ai pas eu connaissance d’une extermination perpétré par des animaux.En avez-vous une à me proposer ?»
    Pourtant, oui, il y en a plusieurs. Juste comme exemple, la plus grande vague d’extinction d’espèce du dernier millénaire ne provient pas de changements climatiques ou autre phénomène planétaire mais bien de l’introduction d’espèces par l’humain dans des écosystèmes fermés.
    Le meilleur exemple est le rat qui a voyagé dans les navires des explorateurs et qui c’est établi dans certaines iles exterminant par exemple des espèces d’oiseaux.
    Vous me direz certainement que c’est l’humain qui en est la cause initiale. Effectivement.
    Mais il n’en reste pas moins que c’est le rat qui a exterminé ces espèces.

    Ce qu’il faut comprendre est qu’un écosystème atteint un équilibre. C’est lorsque cet équilibre est bouleversé que des espèces disparaissent.
    Il est évident que l’humain n’est pas un animal statique et qu’il mets à l’épreuve ces écosystèmes car il est continuellement en «évolution».

    «Les animaux, contrairement à nous, sont en mesure de réguler leurs espèces en fonction des ressources du milieu ou ils évoluent. C’est ça la vrai nature, cruelle parce qu’elle doit se régulé.»
    Il est pourtant faux d’exprimer ce point ainsi. Vous le dites comme si l’animal le faisait consciemment, ce qui est bien faux. C’est le milieu qui décide de ce qui est, l’animal subit.
    Et comme l’animal est incapable de s’adapter, il en meurt.
    Si par exemple, un lieu ne peut permettre de nourrir plus de 100 loups, les autres vont mourir ( ou se déplacer) . Ceci est le contraire de l’humain qui s’adapte et adapte son milieu: il inventera l’agriculture ou l’importation de denrée pour survivre où il le désire.

    Mais vous devez réaliser que de d’affirmer que le loup est supérieur car il s’adaptera `à son milieu ( en y mourant…), c’est dénigrer le fait humain: le fait que l’humain lui, est capable de contrôler son environnement, que l’humain est capable de s’adapter, d’innover.

    Pour moi, affirmer qu’il est préférable de s’adapter à son milieu au lieu d’adapter celui-ci est un déni de ce qu’est l’humain…

    Et si certaines espèces doivent en payer le prix, ce qui est vraiment dommage et devrait être évité si possible, il n’en reste pas moins qu’un humain a le droit d’être… humain…

    «notre intelligence devrait s’orienter vers une régulation en symbiose avec la vie au lieu d’en exterminer la vie.»
    Je suis tout à fait d’accord avec vous.
    Mais mon point reste: ce n’est pas en suivant le code moral de la Nature que nous y arriverons, ce code est la loi du plus fort.

    Je essayer de le dire autrement: l’humain est au sommet de la pyramide d’évolution. Ce n’est pas en essayant de le détrôner qu’est la solution, ce n’est pas en essayant de rabaisser l’humain au rang des autres animaux qu’est la solution.
    La solution réside dans le fait que l’humanité doit avoir le reste des espèces comme une valeur. Que ce soit par plaisir de savoir qu’une espèce existe, que ce soit par nécessité de l’existance de cette espèce, la solution est de ce coté.

    Il y a toute une différence entre «aimer les animaux et détester l’humanité» et «aimer l’humanité qui aime les animaux»

  6. avatar

    Je vous remercie pour vos investigations en long en large et en travers de ce texte. Votre sentence est sans appel:  » La haine de l’humanité ». Ce devait être caché au plus profond de mon subconscient.

    N’oubliez pas que nous sommes enfermés dans un écosystème  » la terre « .
    Que des introductions d’espèces étrangères dans un milieu fermé puisse bouleverser au point d’en faire disparaitre les autres aurait dû je pense en faire réfléchir plus d’un, car c’est nous qui nous introduisons partout et détruisons. Probablement que des hommes détestables par leurs « haine de l’humanité » ont déjà tirer la sonnette d’alarme à l’encontre de la folle expansion effrénée et sans retenue de l’homo sapiens élu sans doute par Dieu c’est qui pour chier sur tout le reste.

    Nous bouleversons l’ensemble de la planète, c’est ce que nous faisons, l’écosystème et comme vous le dites  » C’est lorsque cet équilibre est bouleversé que des espèces disparaissent. »

    Notre évolution va donc devoir se tourner vers monsanto et les OGM.

    Exit les abeilles.

    on aura pas l’air c.. tiens! une fois que nous serons les derniers.