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La Guerre des Devises!

Un nouveau ??buzzword?? fait graduellement son apparition dans les m?dias ?conomiques?: la guerre des devises (currency wars).

Plusieurs pays tentent pr?sentement par tous les moyens de d?valuer leur devise et l?arme la plus redoutable de cette guerre est la presse ? billets qui, comme l??toile de la Mort, envoie de puissantes d?charges d?assouplissement quantitatif qui an?antissent le pouvoir d?achat des devises. En fait, en cr?ant de grandes quantit?s de nouvelle monnaie, les banques centrales font diminuer la valeur des unit?s de monnaie existantes.

Pourquoi mener cette guerre?

D?une part, ces pays croient qu?avec un taux de change plus bas, leurs producteurs seront en meilleure position comp?titive ce qui pourrait permettre de stimuler les exportations et de relancer l??conomie. Tel que je l?ai d?montr? dans le pass? (ici, ici et ici), non seulement ?a ne fonctionne pas, mais ?a?fait aussi beaucoup de tort ? l??conomie.

D?autre part, en diminuant la valeur de leur devise, ces pays font aussi diminuer la valeur de leur dette relative. Cette cr?ation de monnaie g?n?rera t?t ou tard de l?inflation (les prix vont monter) et cette inflation fera augmenter artificiellement le PIB nominal. De cette fa?on, les ratios dette / PIB para?tront plus bas. Ainsi, le pouvoir d?achat des unit?s mon?taires avec lesquelles les dettes ?tatiques seront rembours?es aura grandement diminu?. Finalement, l?inflation aura aussi comme impact de gonfler artificiellement les recettes fiscales du gouvernement, ce qui permettra de faire diminuer le ratio d?ficit / PIB et d??viter d?avoir ? porter un gros coup de sabre-laser dans leurs d?penses.

Qui sont les participants ? cette guerre?

Il y a bien s?r l?Empire Galactique?: les ?tats-Unis, qui peuvent se permettre de mener cette guerre ? fonds la caisse puisque leur monnaie est grandement utilis?e comme r?serve. L??toile de la Mort de cet empire est men?e par le redoutable Dark Vador (Ben Bernanke).

La F?d?ration Commerciale?: l?Union Europ?enne, dont la banque centrale doit composer avec des situations ?conomiques diff?rentes, par exemple entre l?Allemagne et les PIIGS.

La R?publique Galactique?: le Royaume-Uni, qui malgr? le fait qu?elle ait perdu son h?g?monie mon?taire au profit de l?Empire Galactique ?tats-unien, n?est pas pr?te ? d?laisser son ?toile de la Mort pour autant. Elle?ne veut surtout pas joindre la F?d?ration Commerciale et perdre le contr?le de l’Arme si importante ? la survie temporaire de l’?tat-providence.

La Nouvelle R?publique Galactique?: le Japon, qui a nettement sur-utilis? son ?toile de la Mort dans le pass? r?cent (20 derni?res ann?es) avec des r?sultats tr?s d?cevants. Malgr? cela, il persiste encore ? le faire, ?tant m?dus? par le c?t? obscur de la force.

Finalement, il y a l?Alliance Rebelle?: la Chine, dont l??toile de la Mort ne d?rougit pas et agit comme bouclier devant celle de l?Empire Galactique. C?est d?ailleurs entre ces deux factions que le combat est le plus intense.

La Conf?d?ration des Syst?mes Ind?pendants?: le Br?sil et le Canada par exemple. Le Canada est bien content de ne pas faire partie des hostilit?s par crainte du c?t? obscur de la force et de ses cons?quences hyper-inflationnistes, mais le Br?sil aimerait bien y prendre part, craignant de subir des dommages collat?raux en raison des tirs fournis des nations bellig?rantes ou par exemple en voyant son hyperpropulsion ?conomique ralentie par le champs gravitationnel artificiel d?un croiseur imp?rial.

Il ne faut pas oublier que plusieurs nations ont ?t? corrompues par les Siths (le Fonds Mon?taire International et la Banque Mondiale) les ma?tres du c?t? Obscur de la Force, men?s par l?inf?me Palpatine (Dominic Strauss-Kahn) et son disciple infiltr? dans l?Empire Galactique, le compte Dooku (Paul Krugman), sans oublier Dark Sidious (Jean-Claude Trichet).

Ces m?galomanes sans scrupule ne se rendent pas compte de l?absurdit? des prescriptions keyn?siennes qu?ils mettent en application. Ils tentent de se convaincre qu?en diminuant le pouvoir d?achat de notre monnaie, nous serons plus riches! Tout comme Georges Lucas, ils tentent de nous faire croire que les vitesses supraliminaires sont atteignables. H?las, le pouvoir de persuasion de la Force est tr?s puissant, surtout sur les esprits faibles, qui ne savent pas voir l?inflation, faute de midi-chloriens. Pendant ce temps,?le Jedi-autrichien que je suis?crois encore au c?t? clair de la force?: l??pargne et la formation de capital productif, la vraie source d?enrichissement des nations de l?univers…

En terminant, je vous laisse sur un graphique publi? dans The Economist qui pr?sente les pays qui interviennent le plus sur leur devise. Lorsqu’un pays cr?e de la monnaie pour acheter des devises ?trang?res dans le but de d?pr?cier sa propre devise, on peut s’attendre ? voir ses r?serves de devises ?trang?res augmenter. Le graphique de droite pr?sente les r?serves de devises ?trang?res de diff?rents pays en pourcentage de leur masse mon?taire. On peut y constater que la Chine est loin d’?tre le pays le plus « coupable » de manipulation de sa devise.

Le graphique de gauche montre les flux de capitaux ?trangers pour trois groupes de pays ?mergents (Am?rique Latine, Asie, Europe de l’Est/Moyen-Orient/Afrique. On peut voir que l’Asie est dominante ? cet ?gard et a donc la plus grande incitation???vouloir manipuler sa devise ? la baisse pour contrer l’impact des investissements ?trangers.

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17 Commentaire

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    Article tout à fait intéressant et instructif !
    Et qui fait un peu écho à ma caricature de la semaine sur Centpapiers . .

  2. avatar

    La guerre des devises, c’est vrai que c’est le nouveau buzzword qu’on lit partout. J’en parlais d’ailleurs sur l’émission, en plus d’autres facettes importantes de l’économie:

    Il ne reste qu’une guerre à mener – Celle du peuple contre les banquiers privés

    http://www.youtube.com/watch?v=qH4JYQCS-q4

    La classe moyenne plus que jamais sous pression avec son éradication comme objectif

    http://www.youtube.com/watch?v=i43a88WhBLI

    d’Obama en passant par les banques et la FED la dictature du Nouvel Ordre Mondial fait sa loi

    http://www.youtube.com/watch?v=vhTRZby-puY

    • avatar

      François,

      La raison pour laquelle ce sont des ‘fausses reprises de finance’ comme tu dis dans la vidéo, c’est que les banques ont cédé les prêts hypothécaires contractés avec les emprunteurs à des tiers, et qu’elles ont continué à percevoir le remboursement de la dette, comme si elles détenaient encore les prêts, ce qui n’est pas le cas.

      La fraude a été exposée quand les emprunteurs poursuivis pour non-paiement ont demandé en Cour la production du billet promissoire à la base du prêt, ce que les banques ont été incapables de faire, l’ayant cédé à des tiers (dans le cadre d’opérations de titrisation).

      Le résultat net est que la banque ne peut prouver qu’elle est créancier, dont qu’elle détient la dette, et qu’elle a droit à la remise de la garantie (l’immeuble) suite au non paiement.

  3. avatar

    Réjouissez vous, car la fin est proche.

    http://www.youtube.com/watch?v=OrxSViQ7pIg

  4. avatar

    Justice E.A. Marshall, Justice of The Court of Queen’s Bench of Alberta

    [MP Wilton Littlechild v. Citizens of Canada, Court of Queen’s Bench of Alberta Docket No. 9012000725, Dec 10, 1990]

    « I know of no legal duty on an elected representative at any level of government to consult with his constituents or determine their views. While such an obligation may generally be considered desirable, there is no legal requirement. »

    Translation: You are voting a person to a membership in a Roman Club called the « Ottawa Legislature »…. that is ALL.

    http://www.bcrevolution.ca/soviet_canada.htm

  5. avatar

    Est-ce que votre idéologie vous empêcherait d’observer clairement les faits empiriques de l’économie réelle? Le dernier «bailout» n’a été aucunement initié dans le but de réduire la dette du gouvernement, au contraire c’est le «bailout» qui a fait exploser la dette des gouvernements (voir le manifeste des économistes atterrés pour les détails en Europe, http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html ; ie pour le diagnostique, non pour les solutions). D’ailleurs, si c’était le cas, pourquoi les États, sous la pression des milieux financiers, du FMI, etc. entreprennent-ils des coupes drastiques dans tous les secteurs? (aux USA, dans la police, pompier, école, santé, non augmentation des prestations ajusté à l’inflation; Obama veut absolument continuer les «foreclosures» de maison, malgré les fraudes massives dans les hypothèques par les banques; eh oui, l’intérêt égoïste ne coïncide pas toujours avec l’intérêt général… Les coupes dans les retraites, etc.). Ils n’auraient pas besoin de le faire si l’objectif eut été en premier d’éliminer la dette en faisant fonctionner la planche à billet. Cela pourra peut-être devenir un objectif ultérieur, mais pour l’instant, c’et plutôt la panique de voir leurs «système spéculatif» s’effondrer qui guide les actions : voir les éditoriaux complètement contradictoire de Evans-Pritchard dans le Daily Telegraph, une journée supportant le «quantitative easing» (ie« bailout») et l’autre paniquant devant l’hyper inflation qui vient, mais le jour suivant, redemandant du «bailout» de peur que le système s’effondre…

    Il faudrait mentionner que l’origine des actuels «bail out» et de la planche à billet ne vient aucunement d’un État indépendant des intérêts privés qui voudraient baisser artificiellement sa dette, mais entièrement d’intérêts privées, en l’occurrence des banques (surtout Goldman Sachs, JP Morgan, etc.), groupes d’assurances (comme AIG, etc.), etc. qui ont crées une bulle spéculative en créant une masse incroyable de papier financier sans aucun lien avec la production réelle (on parle d’une masse financière de plus de 23 fois toute le PIB mondiale, et probablement plus aujourd’hui), et que voyant leurs château de carte s’effondrer, en appelle à la machine à billet. Et ils peuvent le faire, car les banques centrales sont contrôlés par une coterie d’intérêt privée tous liés aux grandes banques. Par exemple, quand il fut remit plus de 13 milliards à AIG, cette dernière en refila une grande partie pour payer ses paries perdus à Goldman Sachs et à des banques européennes : on imprima du dollar US pour sauver des banques étrangères pendant qu’on laisse s’appauvrir sa propre population!!!
    C’est comme Vincent Bernard du Hayek institute, pour qui les seuls problèmes du monde viennent toujours de l’État (même quand celui-ci est contrôlé par les intérêts privés, mais cela ne semble pas exister dans sa rhétorique, ou si existe, ne se rend pas compte que les agents du marché, cherchant à maximiser leur profit cherche donc, quasi naturellement, à «distorsionné» le dit marché théorique afin de maximiser les profits à court terme comme le firent les banques ; d’ailleurs, un marché de pure compétition, si existait, rendrait le profit quasiment nul : il faut vraiment croire à la main magique du marché dur comme fer pour penser que tous en suivant leurs intérêts égoïstes, sans chercher à connaître par la raison l’intention du créateur, mais seulement en suivant nos «instincts» que le créateur a mis en nous comme Smith le proclame dans ses Théories des sentiments morals mènerait à un état bénéfique pour l’humanité… Ainsi, au lieu de critiquer les taux de changes flottants introduit en 1971 avec la destruction du système Bretton Woods, qui permet la spéculation sur les monnaies (et donc de faire des profits là où c’était impossible avant et de détourner les ressources des secteurs d’économie physique réelle et de déstabiliser des pays entiers au jour le jour et rendant très difficile les investissements dans le temps long comme les infrastructures: avant 1971, environ 60 à 70% des échanges de monnaie avait des liens avec de la marchandise réelle qui allait d’un pays à un autre (ou du touriste), alors qu’aujourd’hui plus de 98% des transactions ne sont que des transactions de spéculation sans lien avec l’économie réelle). Bien sûr, en bon monétariste, de dire que fonctionnerait le système et permettrait d’«évaluer» en temps réel la valeur des monnaies, mais à cause des méchants États qui induisent des distorsions, ça marche pas. Pas un mot sur les spéculateurs comme George Sorros et ses acolytes qui purent attaquer les monnaies asiatiques en 1998 et ruiner du jour au lendemain 20 ans de développement de pays comme la Thailande! (on vu leur dette en $ US doubler en quelques mois à cause de leur monnaie dévalué par la spéculation et perdre la moitié de la valeur de leur exportation comme le riz…) Rien là-dessus! Soi dit en passant, la Malaisie, qui imposa un taux de change fixe, un temps minimum de deux à trois ans sur les capitaux qui entrent au pays, brimant, bien sûr la «liberté» des investisseurs, s’en sorti le mieux de la crise! Faut croire que les investisseurs aimèrent cet esclavage où il y avait plus de sécurité pour investir grâce à la réglementation et la stabilité que dans les pays voisins (quoique ça permit aux multinationales anglo-américaine d’acheté à rabais les entreprises sud-coréennes…)

    Les messieurs banquiers et de l’orthodoxie néolibérale ont poussé dans les 30 dernières années l’idée de banque centrale qui selon eux, serait indépendant du politique. (Je suis bien prêt à faire une distinction entre les puristes de la théorie comme vous, et les intérêts privés des banques ou autre, mais ces derniers usent de vos théories pour avancer leurs intérêts particulier.. et je n’ai rien contre l’intérêt privé, pourvu qu’ils coïncident avec l’intérêt particulier). Car dans la mentalité manichéenne de tout blanc tout noire, le secteur public est toujours mauvais et inefficient, et aurait tendance à faire marcher la planche à billet pour payer les déficits courants (phénomène qui peut arriver, mais qui n’est pas inévitable).
    Mais cette crise montre que les intérêts privés des banques centrales ne sont pas plus responsable que le secteur public : ils font fonctionner la planche à billet pour sauver des paris spéculatifs, du capital fictif. C’est un échec. Ce qui ne veut pas dire qu’une banque centrale soit toujours fatalement mauvaise, mais qu’il faut savoir, quand on dit «indépendant» des politiciens, est-elle indépendantes d’intérêts privés, comme les banques spéculatives, qui assimilent leurs intérêts particuliers à l’intérêt général? Quand les banques centrales sont cooptées (certains dirait que ce fut dès le début une création d’intérêts privés financier n’ayant jamais eu comme objectif le bien commun, mais les intérêts très limités du secteur financier qui a souvent des intérêts différents des secteurs du capitalisme industriel, plus bénéfique, en général, à la société), par des intérêts particuliers nocifs au bien public, ça crée des problèmes aussi pire que de mauvais gestionnaire public. Adam Smith, pour qui l’a lu, était conscient que les intérêts particuliers pouvaient être nocifs pour l’intérêt général, car après tout, c’est l’intérêt égoïste de marchands qui cherchaient à obtenir des monopoles auprès de l’État qui brimait l’intérêt général, comme la British East India Company, spécialisée dans le trafic de l’opium, du thé et ayant sa propre armé de mercenaires (jusqu’à 200 000 soldats en 1820-30… d’où la privatisation de l’armée aujourd’hui, suivant en cela le modèle de la globalisation anglaise, ie de l’impérialisme) et d’intellectuelles de service comme Malthus, Ricardo, James Mill et John Stuart Mill, qui firent guerre de l’opium à la Chine au nom du libre-commerce…, la désindustrialisation de l’Inde et des millions de morts, notamment la terrible répression de 1857 en Inde, où JS Mill, employé de très haut rang de la compagnie, ne voulait rien entendre de céder l’Inde privatisé de la British East India Company à la reine Victoria, malgré le massacre sanglant dont fut, en autre, responsable sa compagnie…

    Pour le Japon, il faut savoir que sa politique fut imposée en 1987 avec les accords de Plaza.
    Ici, cas classique que la théorie monétaire ne fonctionna pas et n’est donc pas universel : Les USA ayant un déficit commercial énorme avec le Japon au début 1990, en faisant hausser la monnaie japonaise para rapport au dollar, aurait du rendre les exportations US plus attrayantes vers le Japon et les exportations japonaises moins attrayantes au US et ainsi rétablir la balance : ça n’arriva pas. Pourquoi? Dans le monde abstrait de la théorie classique (ou néo-classique), on réduit le monde à des variables les plus simplistes, sans connexion avec la complexité du réel, notamment la nature de la production: les US n’avaient rien à exporter de plus au Japon (ayant détruit de plus en plus sa capacité industrielle grâce au libre-échange) et le Japon produit des produits de haute technologie «irremplaçables». Et on n’entre pas dans la production de n’importe qu’elle produit du jours au lendemain comme le voudrait la théorie l’équilibre des marchés.. il y a des coûts d’entrées très grand dans certains secteurs (auto, avions, high tech, logiciels, etc.) et très faible dans d’autre (restaurant, faire des tartes, etc.).

    • l’épargne et la formation de capital productif, la vraie source d’enrichissement des nations de l’univers…

    A.Smith mentionne très bien que le capital, celui monétaire, représentant le profit réaliser l’année précédente ne sert qu’à avancer les fonds pour les travailleurs pour un travail futur ou pour les capitaux pour les instruments servant à la production (quand on construit un barrage hydroélectrique par exemple, les travailleurs doivent manger et on ne peut attendre les premiers revenus qui ne viendront pas avant des années pour les payer !).

    C’est ici la distinction cruciale entre le monétarisme et un système de crédit productif à la Hamilton. Vous pensez qu’il existe une quantité fixe de capital venant de l’année précédente, et bien sûr, chaque agent saura comment le réinvestir mieux que quiconque (comme Enron par exemple…) et l’État, ne pouvant créer de capital, ne ferait que réorienter le capital existant vers d’autres secteur, probablement de manière plus inefficace que ne le ferait les intérêts particuliers (qui peuvent s’en servir pour corrompre un gouvernement pour faire plus de profit… ou être honnête et utile bien sûr, je ne suis pas manichéen !). There the rub ! L’idée de crédit productif, c’est justement, que la nation peut émettre un crédit productif à très faible taux d’intérêt créer dans le présent, non pas d’une épargne passée, mais dans l’attende d’un profit future : le crédit ne sert donc qu’à mettre en mouvement le travail (surtout quand il y a du haut de chômage et que le capital existant ne l’emploi pas; et svp, ne mélanger pas cela avec Keynes… ce n’est rien connaître ou comprendre du système américain que de mettre du Keyne là-dedans…) en vue d’accomplir un travail productif qui donnera des bénéfices dans le futur. Évidemment, le capital productif déjà accumulé et l’épargne servira aussi pour les activités courantes, mais on peut ainsi lancer de grand projet d’infrastructure, en général de très faible rendement monétaire, ou du moins du rendement à très long terme peut attrayant, sans détourner de l’épargne préalable, sinon en «anticipant» le profit qui viendra. Il n’est pas de risque d’hyper-inflation monétaire, car il y aura création de richesse correspondante au crédit émit. Évidemment, il faut que ce soit un crédit dirigé vers la production ; si on fait marcher la planche à billet pour payer le budget courant ou pour inonder la demande, sans aucune création physique réelle, ou pour faire baisser la valeur de la dette, bien sûr, c’est courir vers l’Hyperinflation. (ah oui, il ne faut pas être naïf, les banques privés créent aussi du crédit «ex nihilo» : il faut être peut connaisseur du fonctionnement des banques pour croire qu’il ne prête que ce que les épargnants y ont mis !! Environ 90% du crédit actuelle est du crédit «ex nihilo» )

    Question : pensez-vous que tout profit soit un profit véritable, productif ? Ou existe-t-il aussi un capital fictif ? Par exemple, l’augmentation des prix d’une action, comme la bulle technologique, sous-tendu par aucun gains de productivité, aucune production réelle et profit correspondant qui justifie une envolée de l’action, «crée» un capital boursier fictif : celui qui encaisse l’argent (avant que le marché s’effondre, qui ne soit pas le pigeon de l’histoire…) crée l’inflation : en effet, il est maintenant détenteur d’un papier monnaie lui donnant droit d’acheté ce qu’il veut, alors qu’il n’y a pas eu augmentation de la production réelle : augmentation de la masse monétaire sans augmentation correspondante de la production physique, ie inflation.
    Oui à la fin des «bailouts», élimination des contrats spéculatifs (il n’y a aucune raison de les sauver, c’est de la valeur fictive), pour un système de crédit publique contre le système monétarisme, pour un Glass Steagall séparant banque d’affaire et de dépôt pour protéger les épargnants des spéculateurs !
    Et d’accord que baisser la monnaie ne règlera pas nécessairement la relance.

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    @Paul Rabelais

    Merci m. Rabelais pour cette intervention plus que nécessaire. Je n’ai pas votre maîtrise de la chose économique, mais j’en comprends assez pour savoir que votre discours est beaucoup plus près de la réalité que le discours sans nuance qu’on nous distille ici sans modération.

    J’ai bien de la difficulté à comprendre que certains sur ce site considèrent l’État comme une fiction, mais n’appliquent pas le même raisonnement à la Bourse.

    Je crois que c’est Emmanuel Todd dans « L’illusion économique » qui disait que la théorie d’Adam Smith avait été conçue pour s’appliquer dans un cadre national et non dans un cadre de libre-échange. Je crois que notre système souffre de gigantisme. Toutes ces institutions « too big to fail » sont juste trop grosses.

    A la page 255 du livre de m. Todd, il écrit: « La monnaie des trente glorieuses n’était qu’un instrument, fait pour servir les hommes et la société. La diversité des besoins économiques et sociaux s’exprimait par l’existence d’un système bancaire diversifié et cloisonné ne traitant pas vraiment l’argent de la consommation, celui de l’investissement industriel ou celui de l’épargne immobilière comme s’ils relevaient d’une seule et même nature… L’unification des statuts bancaires par le décloisonnement, qui transforme les caisses d’épargne en banques de dépôt, et les banques de dépôt en banques d’affaires (et réciproquement), n’est pas sans rappeler la rationalisation des croyances religieuses chère à Weber. Celle-ci a fait tendre l’humanité vers la simplicité rationnelle du monothéisme. La recherche d’une masse monétaire homogène, postulée par la théorie friedmanienne, est une véritable quête du monothéisme monétaire, d’un Dieu argent unique. Son échec et la réapparition d’une multiplicité de définitions de la monnaie-M1, M2, M3, etc.- devraient sans doute être interprétés comme une ignoble réversion au polythéisme. »

    Nous avons une planète commune, mais ce ne doit pas être pour autant un village global. Et l’économie qui ne prend pas en compte le côté irrationnel des humains est bien loin de la science exacte.

    Pour ma part, je n’achète que local ou usagé et autant que possible des produits artisanaux (donc directement du producteur) Qui dit que nous cherchons tous, toujours, le prix le plus bas! Le sourire du boulanger, ça n’a pas de prix, pas plus que celui du libraire! Et le lien que je crée avec ces gens vaut bien les quelques dollars de plus que mes biens me coutent. On ne peut tout avoir, le beurre et l’argent du beurre, la quantité et la qualité. La convivialité, ça ne s’achète pas! C’est certain que quand les externalités environnementales ne sont pas incluses dans les prix, on peut avoir aussi la quantité, mais ce sont nos descendants qui paieront. Il y a des économies qui n’en sont pas, des économies fossiles. Tant qu’à moi, ils peuvent bien faire leur guerre des monnaies tant qu’ils veulent. Ça ne me convaincra jamais d’acheter ce dont je n’ai aucun besoin, ni de vendre ce que j’ai de plus précieux.

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      Bonjour Terez,

      tout à fait d’accord, le sourire du cordonnier ton voisin qui te fais une paire de chaussure qui durera plus qu’une saison et qui d’office saura le réparer à l’occasion ou même le rafraichir.

      Une nostalgie de la communauté qui se perd à travers une industrialisation à outrance; j’ai changé de cafetière 5 fois ces 4 dernières années, non réparable, quel gaspillage d’énergie et de ressources.

      Pour le secteur financier j’abonde dans les propos de Paul et je souligne la mise en place du système de crédit productif. (C’est en lien avec celui proposé par PJCA).

      au plaisir Terez.

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      Salut Denis,

      c’est toujours un plaisir de te savoir dans les parages. Ta présence n’a pas de prix. LOL

    • avatar

      Denis,

      Peux-tu m’indiquer le lien vers le texte de PJCA qui parlerait du crédit productif. Ça m’intéresse, mais j’ai toujours un peu le vertige quand je vais sur le site de m. Allard. J’aime mieux quand j’ai un guide. J’ai besoin de dormir de temps en temps.

    • avatar

      Quelque part dans ces eaux là:

      http://nouvellesociete.wordpress.com/finance/

      http://nouvellesociete.wordpress.com/2005/12/19/08-credit-gratuit/

      J’y avais trouvé un rapprochement avec les théories de Maurice Allais, décédé la semaine dernière.

      bonne nuit 🙂

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      SylvainGuillemette

      D’accord avec vous trois.

  7. avatar

    Correction:
    «et je n’ai rien contre l’intérêt privé, pourvu qu’ils coïncident avec l’intérêt particulier»

    on lira, «coïncident avec l’intérêt général»; j’imagine que vous aurez compris vu la teneur du texte!! 😉

  8. avatar

    La prochaine grande fraude sera la fraude électorale des éléctions législatives 2010 aux É-U.

    C »est déjà bien parti avec le Tea Party de Sarah Palin, une création de l’establishment, qui essaye de se faire passer pour le Tea Party de Ron Paul et des patriotes qui veulent le respect de la constitution des É-U.

    Voici un article à ce sujet ou on explique que les gardes du corps du candidat du
    Tea Party de l’Alaska ont menotté un journaliste qui tentait de lui poser une question, pour connaître ses véritables convictions politiques.

    http://www.infowars.com/tea-party-express-senate-candidate-has-critic-muzzled/