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La fin probable de « Willy le français », ou l’histoire d’un étonnant et bien trouble personnage

Le monde des jihadistes découpé en deux, entre les anciens d’al-Qaida, supporters de Ben Laden et d’un Ayman al-Zawahiri dont on entend désormais fort peu parler (la dernière fois c’était le 16 septembre 2017, quand même !) et ceux du grand rival de l’Etat Islamique, n’a pas encore fini de nous surprendre.  Un journal français, Libération, pour ne pas le citer, vient d’évoquer de façon surprenante ce 17 décembre la mort probable d’un ancien partisan de Ben Laden, un français, dont il se trouve que j’ai pas mal étudié le cursus, pour l’avoir un jour découvert dans un épais ouvrage signé de l’homme de fer de la lutte antiterroriste en France à une époque, à savoir du tourangeau Jean-Louis Bruguière, devenu depuis le Mr anticorruption du Conseil de l’Europe.  Le moment opportun de rappeler qui était cet étrange personnage, et les spéculations autour de lui sur ces réelles activités, pour lesquelles Libération a encore du mal à trancher…  En somme, tout revient à se poser une seule question :  Willy Brigitte, s’il est bien mort, ce qui reste à vérifier, était-il un simple jihadiste paranoïaque s’inventant des personnalités… ou bien un homme « retourné » par les services secrets français, après quelques années de captivité ?  Les deux expliquent bien des choses dans son parcours plus que chaotique !!!

Commençons par la lecture de l’ouvrage cité, avec un chapitre qui m’a fait tomber de ma chaise, le jour de sa lecture.  On pouvait y découvrir la visite d’un des camps au Pakistan de Ben Laden, où les hommes du terroriste circulaient sous les yeux de… la CIA américaine.  Et l’homme qui faisait la visite s’appelait Willy.  Willy Brigitte exactement, d’origine guadeloupéenne (il est né à Pointe-à-Pitre).  Il racontait alors la rencontre avec un tout jeune djihadiste français que l’on retrouvera mort, gelé sur place en tentant de gravir un col : « Les deux islamistes (Djamel Loiseau – ici plus jeune à gauche- et Samir Ferraga) décident de partir en Afghanistan. Brigitte veut les rejoindre.  Comme c’est un solitaire et qu’il ne bénéficie d’aucune filière, Ferraga lui donne des conseils avant son départ et une adresse à Lahore.  Brigitte arrive au Pakistan juste après le 11 Septembre.  Sur place, il cherche un moyen pour gagner l’Afghanistan.  Mais, depuis la veille, toutes les voies sont bloquées.  Il erre dans la ville.  Dans une mosquée de Lahore, recommandée par Ferraga, il rencontre un membre du Lashkare-Taiba qui le recrute.  Le but de Brigitte est toujours de poursuivre le djihad en Afghanistan.  Il pense que le Lashkar-e-Taiba peut l’aider.  On le dirige alors vers un grand complexe à la périphérie de Lahore, où il subit un long interrogatoire de sécurité.  Il est ensuite pris en main par un certain Sajid, un cadre supérieur du mouvement, responsable du recrutement et de l’acheminement des volontaires étrangers vers les camps du Cachemire.  Il comprend rapidement que Sajid appartient à l’armée régulière pakistanaise et que les cadres du Lashkar-eTaïba présents dans le centre sont liés à Al-Qaida.  Une impression qui lui sera confirmée par la suite ».  Les jihadistes seraient-ils directement aidés par l’armée pakistanaise ? Voilà qui laisse notre juge éberlué.  Depuis que l’on a appris lors de sa fin rocambolesque (sans cadavre visible !) que Ben Laden habitait près d’une caserne de l’ISI, on comprend mieux en effet.  Car c’est bien cela qui me fait tomber de ma chaise :  alors que l’on clame haut et clair à ce moment là (en 2012) que Ben Laden devait nécessairement être tué, en qualité de grand organisateur de réseau terroriste, on découvre qu’il avait longtemps agi sous le regard même de la CIA, présente sur place, dans ses camps, en plein accord avec son pendant pakistanais de l’ISI !!!  Plutôt surprenant en effet !  C’est ce qui nous explique en effet la suite de l’ouvrage :

« Lors de son séjour d’un mois et demi dans ce complexe, Brigitte rencontre d’autres stagiaires étrangers, des Arabes originaires du Golfe, des Tunisiens, des Somaliens et deux Britanniques, ainsi que deux Américains d’origine pakistanaise.  Les deux Britanniques sont originaires de Londres et les Américains viennent de la côte Est des États-Unis.  Sajid, qui fait de nombreux déplacements en Afghanistan, lui confirme qu’il ne pourra pas se rendre dans ce pays à partir du Pakistan ».  Au final, en tout cas, il y a fort peu de français.  Dans un pays où ce que va découvrir Brigitte, élevé à Epinay-sur-Seine en Seine-Saint-Denis, défie l’entendement.  « Il l’envoie dans la région de Faisalabad, où se trouvent des camps d’entraînement militaire du Lashkar-e-Taïba.  Un soir, Brigitte embarque dans un 4 x 4, un pick-up Toyota, en compagnie de quatre autres stagiaires, les deux Britanniques et les deux Américains.  Un cadre de l’organisation les accompagne.  Ils roulent toute la nuit et passent quatre points de contrôle tenus par l’armée régulière.  Le véhicule porte un signe de reconnaissance et leur accompagnateur est connu des militaires.  Ils franchissent ces barrages de l’armée sans encombre.  Pas de fouille du véhicule ni de contrôle d’identité des passagers.  Le groupe arrive au petit matin dans un village du Pendjab, où se trouve un premier centre.  Une structure d’accueil située à 1 850 mètres d’altitude. Brigitte comprend qu’il pénètre dans l’un des principaux camps militaire du Lashkar-e-Taïba, comportant trois secteurs :  la structure d’accueil, où il reste la journée, un deuxième camp militaire à une altitude située entre 2 500 et 3 000 mètres et un troisième, niché à 4 000 mètres.  Le soir même, après quatre heures de marche, il accède au deuxième camp.  Un camp très grand, où sont regroupés plusieurs centaines de stagiaires, divisés en deux groupes les Pakistanais et les étrangers.  Au dire de Brigitte, ce camp abritait entre deux mille et trois mille Pakistanais et Afghans.  Brigitte reste dans cet impressionnant complexe militaire pendant deux mois et demi et s’y entraîne à toutes sortes d’armes et au maniement des explosifs.  Il note que le spécialiste en explosif, qui fait autorité dans le camp, est originaire du Caucase, probablement un Tchétchène ».  Et toujours aussi peu de français sur place, à croire que l’appel au Jihad dans l’hexagone est alors en panne !

Willy Brigitte a mis les pieds dans un des centres d’entraînement pakistanais sur lesquels on a à l’époque aucune information, apprend Brugière. Et ce que découvre ce même Brigitte, c’est le pot aux roses complet, nous assène l’ex-juge : « surtout, il apprend que ses instructeurs sont en réalité des militaires de l’armée régulière, détachés dans cette base.  Les liens entre le Lashkar-e-Taiba et l’armée pakistanaise sont plus qu’étroits.  Brigitte le constatera à deux reprises.  D’abord à l’occasion de l’approvisionnement en armes et en munitions du camp.  L’ensemble du matériel militaire est largué en altitude par des hélicoptères de l’armée…  Les stagiaires sont chargés de les récupérer de nuit pour les acheminer jusqu’au camp :  des M16 américains, des FAMAS français, des kalachnikovs, des grenades, des lance-roquettes de type RPG, des munitions de tout calibre…  Les inspections régulières de l’armée pakistanaise et de la CIA vont confirmer les impressions de Brigitte…(…).  Pour le juge, il y a de quoi s’étrangler :  ce que la France vend comme armes au Pakistan est susceptible un jour ou l’autre de se retourner ailleurs (en Afghanistan) contre ses propres soldats !  On avait retrouvé on le sait des jihadistes afghans posant pour Paris-Match avec des Famas, mais ceux-là avaient été volés lors d’une embuscade contre des militaires français…

Ce qui le surprend aussi, c’est en effet la présence de la CIA, qui semble au courant de la supercherie, mais qui ne l’est pas en fait (ou fait comme si elle ne le voyait pas).  « Oui, de la CIA.   Après le 11 Septembre, les Américains ont fait pression sur le gouvernement pakistanais pour qu’il contrôle plus efficacement les activités des organisations islamistes liées à Al-Qaida.  Ils avaient notamment exigé du général Musharraf qu’il interdise aux organisations comme le Lashkar-e-Taïba d’accueillir des stagiaires étrangers.  L’application de la mesure faisait l’objet de contrôles inopinés dans les camps par une équipe mixte de militaires pakistanais et d’agents de la CIA.  Mais, comme la plupart des cadres du Lashkar-eTaïba appartenaient à l’armée, ces inspections étaient vouées à faire chou blanc…  Brigitte en a été témoin à quatre reprises.  Les stagiaires étrangers étaient prévenus la veille de l’arrivée de l’équipe d’inspection par leurs instructeurs, des militaires informés par leur hiérarchie.  Les stagiaires devaient alors nettoyer le camp, ramasser toutes les douilles et effacer les traces de leur présence, avant de gagner le niveau supérieur à 4 000 mètres, le temps de l’inspection ».  A partir de là, difficile de croire à la version largement expurgée de la fin de Ben Laden… resté constamment sous la bienveillance commune de la CIA et de l’ISI… (avec quelques couacs notables, tels celui de Raymond Davis, le successeur de Michael Headley).  Brigitte, lui, laissant derrière des traces un peu partout : en se faisant appeler Abderamane l’Antillais à Paris, Abou Maïmouna au Yémen, ou Salah Udine au Pakistan… ou Abu Abdallah al-Firansi (Abu Abdallah le Français) en Irak, en France, lors de son procès c’est Harry Durimel, le petit-fils d’Amédée Fengarol, figure historique de la résistance, assassiné dans des conditions troubles en 1951, le jour de son élection à la mairie de Pointe-à-Pitre qui est son défenseur.  Lors du procès on montrera ses contacts avec Raheem Lodi  (alias Abu Hamza, ici à droite) condamné en Australie en 2006 pour tentative d’attentat contre le réseau électrique du pays.  Il avait été arrêté en 2003 à Lakemba.  Chez lui on avait trouvé les plans de trois sites militaires sensibles (la base d’Holsworthy, celle des Victoria Barracks et le HMAS Penguin de Mosan) ainsi que des manuels pour fabriquer des bombes, ainsi que des DVD de propagande d’Al-Qaida.  Condamné à 20 ans pour terrorisme avec une  peine incompressible de 15 ans, il peut espérer sortir bientôt, en …. 2019.  Mais en 2014, on avait découvert qu’à la prison de haute sécurité de Goulburn ­Superman, il avait continué à correspondre avec ses autres collègues détenus, dont Mohammed Elomar et Mazen Touma via un «  »code sophistiqué« .  Selon la presse, ils opéraient « comme un gang » au sein de la prison !

Le livre de Bruguière est sorti en novembre 2009 et l’expédition pakistanaise de Willy Brigitte date de 2000 (il a été arrêté à Sydney en 2003 en train de fomenter un attentat déjoué grâce à Bruguière).  Le 20 octobre 2006, le juge français signera l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de Willie Brigitte et de Sajid Mir.  En février 2007, Brigitte sera condamné à 9 ans de prison (et peine de sûreté des deux tiers).  La raison invoquée était qu’il avait été également à l’origine des faux papiers qui ont permis aux assassins de Massoud de l’approcher.  Ceux de la fameuse filière belge de l’ineffable diva belge, Malika El Aroud (alias Oum Obeyda), l’ex compagne de l’assassin Abdessatar Dahmane et son nouveau mari, Moez Garsalloui, qu’a rencontré Mohamed Merah comme on a pu le constater.  Mais ce que révèle aussi le livre du juge, c’est que depuis la disparition de la filière jihadiste dite « des campeurs », (ils s’entrenaient à l’extérieur dans des bois) à laquelle appartenaient Loiseau et Ferraga, la France ne dispose alors plus de renseignements sur les zones d’entraînement, ou n’a plus d’hommes pour le faire.  « L’enquête française a montré qu’il est allé au Yémen en 1998 et 1999 puis au Pakistan, dans des centres religieux intégristes.  En France, il aurait participé à cette époque, en tant que chef, selon l’accusation, à des entraînements à la «chasse à l’homme »» en forêt de Fontainebleau et en Normandie, près d’Etretat, au sein d’un groupe d’islamistes radicaux surnommés les «campeurs» par la police française. »  écrivait t Libération le 15 mars 2007.  D’où l’idée d’utiliser un autre Willy Brigitte… avec pourquoi pas des « campeurs », dont on a pu voir la résurgence au sein du mouvement dissous Forsane Alizza… et son Paintball cher aux groupes d’extrême droite (dont ils partageront les manifestations !).  Ce remplaçant de Willy le Français pouvant très bien avoir été… Mohammed Merah, proche via son frère de Forsane Alizza et de ses clowns grotesques visiblement manipulés.  Ceci expliquerait parfaitement le (court) séjour de Mohamed Merah au Pakistan, propulsé là-bas par un Squarcini qui rêvait ainsi avec Nicolas Sarkozy de devenir les tombeurs de Ben Laden.  Merah visitera Abbottabad… mais après le décès de celui qu’il était destiné à rencontrer…

Willy Brigitte, un drôle de phénomène en effet : parti subitement en 2003 s’installer en Australie pour épouser et vivre quelques semaines seulement avec une jeune militaire australienne, Mélanie Brown (ici à gauche), à qui manifestement il avait tenté de soutirer des informations sensibles.  « Selon Mélanie Brown, son mari a commencé à lui poser des questions au bout d’une quinzaine de jours.  Il lui a demandé d’écrire des notes sur certains matériels de transmissions ultrasensibles, mais aussi de lui confier ses chaussures militaires qu’elle avait gardées depuis son passage dans l’armée, ainsi qu’un chargeur de fusil Uzi F88.  Selon son épouse, Willy Brigitte brûlait régulièrement des papiers, une fois par semaine, mais elle n’a pas pu préciser de ce dont il s’agissait.  Mélanie Brow a travaillé dans le domaine des transmissions et de la « guerre électronique » avait écrit Le Parisien le 4 février 2004… qui décrivit un Brigitte « en mission pour le Seigneur » façon Blues Brothers, mais version talibane !   « Selon une source proche du dossier, la jeune femme, convertie à l’islam, soldate des forces armées australiennes jusqu’en septembre 2002, a indiqué que son mari l’avait fréquemment sollicitée pour obtenir des descriptions précises du « matériel et des activités » de l’armée australienne. Devant ses hésitations, Willy Brigitte aurait soutenu qu’il avait besoin de ces informations « au nom de Dieu et des musulmans ».  Le couple s’était rencontré en Australie par l’intermédiaire d’un ami sénégalais ».  Or à coup sûr il s’agissait d’Omar Diaby (on verra un peu plus loin qui est-ce) !!!  Je veux bien croire en la possibilité pour Al-Qaida d’aller scruter d’autres territoires, mais-là, franchement ça dépasse l’entendement.  Il me semble plutôt que Brigitte répondait-là à une commande précise de… services secrets, dans un pays qui devait quelque temps plus tard acheter des sous-marins à la France, un méga contrat à 34 milliards d’euros finalisé en 2016 seulement après une bonne dizaine d’années d’approche.  Entrer alors en contact avec une personne connaissant les communications militaires des australiens sent fort l’espionnage industriel, déguisé ici en dérive terroriste jihadiste.  Un marché qui n’aurait pas dû échapper, paraît-il, aux… japonais. Soutenus, on s’en doute, par les américains !!!  Tout cela suivi à la trace par les allemands de TKMS;  des allemands bien présents également, quel hasard, aussi chez les jihadistes, avec la filière de Hambourg ou leur autre diva encapuchonnée, Filiz Gelowicz; membre fort actif de « l’Ansar al-Mujahideen English Forum ». (AMEF), alias Oumm Saïfoullah, l’amie d’Abdoul Ghafar el-Almani), autrement dit le jeune allemand Breininger, qui sera même aperçu en compagnie d’un autre personnage fort douteux de la sphère d’Al-Qaida : Abu Yahya al Libi, ce libyen d’origine.  Le passe-muraille des prisons américaines, échappé de façon plus que rocambolesque de la célèbre prison de  Camp Cropper (Karkh Prison).  La seconde importante ainsi décrite dans la presse : « En revanche, celle de quatre détenus du Camp Cropper, dont deux « ministres » de l’Etat Islamique d’Irak,groupement dont fait partie « Al-Qaïda au Pays des deux fleuves », n’est pas passée inaperçue : elle s’est déroulée le 15 juillet, en plein transfert du pénitencier au régime de Bagdad !  Un gardien leur aurait fourni des uniformes de l’armée irakienne et accompagnés à l’extérieur grâce à une carte pass l’autorisant à escorter les officiels visitant la prison.  Comme toujours, dès qu’il est question d’Al-Qaïda, les informations sont à prendre avec des pincettes, la signature étant aussi utilisée par la CIA et les services secrets iraniens.  Pour Amin Al-Assadi, inspecteur en chef au ministère de la Justice, interviewé par le quotidien irakien pro-gouvernemental Al-Sabah, les forces américaines sont « impliquées dans l’évasion ».

Autre fait plus que dérangeant :  Brigitte avait été marié pour la troisième fois en Australie grâce à un imam appelé Imad Eddin Barakat Yarkas (alias «Abou Dahdah» ici à droite), un syrien (encore un ?) accusé d’être en fait le chef de de la cellule espagnole d’al-Qaïda !! L’homme sera condamné en 2005 à Madrid à 27 ans de prison pour sa participation à l’attentat du 11 mars 2004 !!!  A noter que Melanie Brown sera citée fort tardivement en 2011 comme potentiellement dangereuse par le FBI;  comme étant sous l’influence d’Anwar al Awlaqi, fondateur de l’AQAP (Al-Qaeda in the Arabian Peninsula). Elle aurait rendu visite à Brigitte à Fleury-Mérogis.  Willy Brigitte, lui, que l’on retrouve donc une fois sorti de prison chez Forsane Alizza, ces véritables clowns du jihadisme en France, dans un groupe qui refait parler de lui dans la foulée des attentats contre Charlie-Hebdo.  Car telle n’est pas la surprise de constater que lors de la rafle au sein du groupe dissous tardivement par Claude Guéant, rafle qui suit les attentats, se trouve à nouveau cité Willy Brigitte, qui aurait en fait contacté Cherif et Said Kouachi ainsi qu’Amedy Coulibaly en personne à la prison de Fleury-Merogis à Paris !!!.  Un Amedy Coulibaly que l’on retrouve armé par un informateur de de la gendarmerie ayant eu pignon sur rue dans son fief de la Maison Flamande de Lambersart !!!  Lors du procès de ce dernier, le juge Trevidic s’était heurté une nouvelle fois au Secret Défense à propos des liens qu’aurait pu avoir le fameux Claude Hermant (ici à droite avec l’ineffable Serge Ayoub), le principal accusé, ancien du DPS de LePen et visiblement barbouzard à ses heures avec les gendarmes ou les policiers français !!!  Cette propension de Willy Brigitte à avoir été présent à trop d’événements graves et suspicieux en fait plus qu’un simple terroriste de passage, à l’évidence.  Brigitte, condamné en 2007 à 9 ans n’étant resté derrière les barreaux que deux années seulement :  il a été libéré en 2009 (au bénéfice des années de prison faites en préventive avant le procès).  La suite de cette appartenance douteuse n’a donc pas été suivie de condamnation, semble-t-il.  Depuis 2009, qu’avait-il fait, mystère… jusqu’à hier avec l’annonce de sa disparition… définitive cette fois.

Plus étrange encore, en effet c’est en janvier dernier que Libération a « entendu parler » à nouveau de notre jihadiste fantôme guadeloupéen (ici à droite), lors de l’écoute d’une conversation avec un jihadiste bien connu :  « un mois plus tard, nous entendîmes à nouveau parler d’Abu Abdallah lors d’un entretien, via l’application Telegram, avec Omar Omsen, leader d’un groupe de jihadistes français lié à al-Qaïda en Syrie.  Durant l’entretien, dont plusieurs extraits ont été publiés dans Le combat vous a été prescrit », notre ouvrage coécrit avec Pierre Puchot, Omar Omsen nous révélait avoir rencontré Abu Abdallah al-Firansi en 2014 à Atma, un village syrien situé à proximité de la frontière turque ».  Voici Brigitte arrivé en Syrie, à cette époque !!!  Omsen est bien connu en effet:  c’est le recruteur niçois impliqué dans la cellule du même nom ayant eu des liens avec la communauté d’Artigat (ici à gauche et elle-même en relation étroite avec la cellule de Torcy), celle que fréquentaient les frères… Merah.  Ah tiens, les revoilà, nos deux « loups solitaires » (selon Squarcini !) fonctionnant… visiblement en meute (une meute originaire d’Artigat comme on a pu le voir).  De son vrai nom Omar Diaby, ancien délinquant, braqueur de bijouterie radicalisé en prison, il était lié au front Al-Nosra, groupuscule pro-Al-Qaida en Syrie.  L’homme avait paradé à plusieurs reprises devant les caméras françaises (ici à droite dans « Complément d’Enquête » :  pour assurer sa tranquillité, il avait lui-même répandu en 2015 la rumeur de sa propre mort.  L’individu avait été abondamment présenté comme le « principal recruteur de jihadistes français » (on aurait voulu les attirer chez lui qu’on ne s’y serait pas pris autrement !).  Ses talents de recruteurs étaient dus à ses vidéos sur You Tube, éditées par un centre « culturel » dont j’avais retrouvé très aisément la trace, à la surprise générale !  Il y prêchait le … « sourourisme ».  Voici ce que j’en avais décrit à l’époque : « le contenu, toujours en ligne (je le rappelle à Mr Guéant !) la longue saga du prédicateur s’intitule « 19HH », et n’est qu’un emballage du prêche de Sheikh Nabil Al-Awadi est un fatras sans nom où apparaît au bout d’une minute des images de camps de concentration.  Le prédicateur y mélange tout, citant David Rockfeller et les francs maçons exactement comme le ferait un site néo-nazi.  Son propos est quasi millénariste, annonçant la fin du monde, et surtout très nettement antisémite.  Ceux qui nous parlent ici de brun-verts ont un héros tout trouvé ! »   Le centre « culturel » étant ainsi décrit:  « une chose apparaît également : la « production » de la vidéo est signée « Oms’firdaws » production.  En cherchant (très peu, ça m’a pris 2 minutes !), on découvre que notre studio est l’émanation d’une organisation déposée au journal officiel le 8 janvier 2005, sous le N° 388. C’est AL FIRDAWS – ASSOCIATION CULTURELLE VIGANAISE », car elle est effectivement située au Vigan, à savoir au milieu du Parc des Cévennes.  Son objet : « faire connaître la culture du monde arabo-musulmane ».  Son « Siège social » : 10, rue des Casernes, 30120 Le Vigan. « Date de la déclaration » : 13 décembre 2004.  En somme, depuis près de 8 ans maintenant, on savait qui se cachait derrière une mouvance islamiste.  Avouez que ça fait long, là ,le manque… d’interventionnisme à son égard !  Une bien belle planque à vrai dire : « le Vigan se situe dans la vallée de l’Arre, affluent de Hérault.  Cette petite ville de moins de cinq mille habitants se trouve dans les Cévennes, au pied du Mont Aigoual.  Le tissu économique est assez varié bien que Le Vigan et sa région ait dû leur prospérité à l’industrie textile.  L’agriculture et le tourisme vert sont également des domaines très présents dans l’économie de la ville ».  Bref, on avait été fort peu vigilant, semble-t-il, comme on avait pu l’être avec l’autre association douteuse appelée Sanabil, dont j’ai parlé aussi ici-même.  Un Diaby en liaison directe avec Mohamed Merah, comme je l’ai écrit ici-même :  « le journal Nice-Matin ayant surtout évoqué des liens directs entre le tueur toulousain et Omar Diaby : « selon une source officielle citée par Nice Matin, des « liens » auraient ainsi été mis en évidence entre Omar Diaby, basé à Nice, et Mohamed Merah, l’assassin de Toulouse.  Si rien n’indique qu’ils préparaient un projet terroriste commun, ils partageaient semble t-il la même vision de l’islam radical. »

Que faisait donc Bigitte là-bas, en Syrie, des années après ses « exploits » australiens, on se le demande…. Selon le spécialiste Romain Caillet, il avait en effet pris la poudre d’escampette, mais était resté sous le regard de certains observateurs attentifs :  « en 2009, après avoir effectué deux tiers de sa peine, il est libéré.  Brièvement interpellé en 2012, dans le cadre de l’affaire Forsane al-Izza, il est rapidement mis hors de cause et disparaît de l’actualité mais pas des radars des services antiterroristes ».  Mais Libération nous scotche encore une fois un peu plus loin en affirmant que « bien plus tard, Omar Omsen (Omar Diaby) apprendra qu’Abu Abdallah al-Firansi a été accusé d’avoir placé la puce ayant permis la localisation, puis l’élimination par une frappe aérienne d’Abu Firas (ici à droite), porte-parole de Jabhat an-Nusra, tué en avril 2016.  Lors de notre premier entretien, Omar Omsen ne pouvait pas nous confirmer son exécution. »  Brigitte aurait donc aussi été un « poseur de puces » ???  Au service des pilotes de drones tueurs ???  Et donc des… américains ???  Cela me rappelle aussi quelque chose.  Un procédé inédit de pointage pour faciliter la tâche des drones, inauguré en effet par les américains et découvert fortuitement lors d’un tir de drone en Afghanistan, confirmé justement, par le fameux Abu Yahya al-Libi, J’avais découvert ce procédé d’élimination  il y a plus de 8 ans déjà :  « Etrangement, ce même Al-Libi avait un jour lâché une information cruciale sur la fiabilité des tirs de drone dans la région :  « Selon le leader taliban « historique » Abu Yahya al-Libi, une autre technique encore serait utilisée : celle de la carte SIM insérée dans les téléphones portables, qui une fois modifiée, en ferait un pointeur parfait pour le Predator qui rôde au dessus des têtes au moment du coup de fil.  Est-ce l’arme fatale dont parlait Hersh il n’y a pas si longtemps ? C’est possible, car avec ce procédé, la rentabilité de chaque tir est quasi assurée.  Les mini-pointeurs sont l’arme secrète fatale, dont la CIA ou l’armée ne font bien entendu aucun écho dans la presse.  Le faible coût de chaque émetteur en promet une dissémination massive :  chaque émetteur étant distinguable des autres, par son code, c’est véritablement une arme redoutable.  L’assassinat ciblé assisté par ciblage infra-rouge a un bel avenir devant lui semble-t-il.  Depuis 1975, il est strictement interdit pourtant aux troupes américaines… »  Les talibans ayant répondu d’une certaine manière à son appel en faisant sauter des émetteurs de portables, ou en émettant une fatwa interdisant leur usage… à certaines heures ! » Cette description correspondant exactement au procédé, cela ferait de Brigitte quelqu’un recruté par un service secret… américain !!!  A cela alors s’ajoutent les dernières révélations sur un président Hollande qui aurait eu la « gâchette facile » concernant les leaders de l’extrémisme islamique :  en aurait-on profité pour se débarrasser à l’occasion d’une personne impliquée bien au delà de la seule sphère jihadiste, voilà qui ajoute encore au mystère Brigitte.  Et qui rappelle un autre cas pendable, toujours vivant celui-là, car emprisonné en France  depuis 2013 :  celui de Naamen Meziche (ici à droite), membre de la cellule « historique » de Hambourg, qui a été annoncé un temps lui aussi comme mort par les pakistanais et les américains, puis retrouvé vivant pour se faire arrêter en 2012, et expulser en France… et ensuite être mis en examen en 2013 pour semble-t-il ne pas depuis avoir laissé plus de traces que lors de l’annonce de sa fausse mort… où en est-on avec lui, on aimerait bien le savoir également… !!!  La France, détient depuis près de 5 ans en effet un des membres du groupe des organisateurs allemands du 11 Septembre 2001, un autre grand « recruteur d’Al-Qaida« , et on ne sait strictement rien de la procédure en cours à son égard.  Depuis maintenant 5 années !  Quel rôle a-t-il joué lui aussi, quel a été celui exactement de Willy Brigitte ???  Quand aura lieu son procès ? La forte nébulosité qui entoure les affaires de jihadisme et l’emprise sur elles des services secrets est loin encore d’avoir reçu tous les éclaircissements nécessaires.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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