Accueil / T Y P E S / Articles / La fin des journaux?
Faut-il tuer les journaux? Ces temps-ci, on dirait que tout le monde a quelque chose ? dire sur la question. Si ? terme l?existence des journaux traditionnels semble menac?e, je ne crois pas pour autant que la m?thode journalistique leur ayant permis de prosp?rer dispara?tra. Le gigantesque ?difice avec ses centaines de prol?taires de la prose et son imprimerie rejoindront le mus?e, mais l?organisation elle-m?me se transformera. Ou dispara?tra.

La fin des journaux?

Photo : Flickr aloshbennett
Photo : Flickr aloshbennett

Faut-il tuer les journaux? Ces temps-ci, on dirait que tout le monde a quelque chose ? dire sur la question. Si ? terme l’existence des journaux traditionnels semble menac?e, je ne crois pas pour autant que la m?thode journalistique leur ayant permis de prosp?rer dispara?tra. Le gigantesque ?difice avec ses centaines de prol?taires de la prose et son imprimerie rejoindront le mus?e, mais l’organisation elle-m?me se transformera. Ou dispara?tra.

La crise actuelle est profonde. Le Pew Research Center am?ricain indiquait l’an dernier que la proportion de citoyens ayant lu un journal la veille ?tait pass?e de 49% en 1994 ? 40% en 2006. Pire, seulement 29% des 18-29 ans l’avait fait, contre 47% pour les 50-64 ans et 58% pour les plus de 65 ans. En clair, la g?n?ration montante ne lit pas le journal.

Traditionnellement, les journaux disposaient de plusieurs avantages:

  • La cr?dibilit? offerte par la p?rennit? de l’institution;
  • Des journalistes comp?tents adh?rant ? un ordre et ? des pratiques ?tablies;
  • Un acc?s ? des bases de donn?es journalistiques;
  • La capacit? de rejoindre les gens directement dans leur foyer;
  • Un format pratique, qui peut ?tre lu n’importe o?.

Ce sont l? des avantages ind?niables, mais font-ils le poids face ? la r?volution internet?

La cr?dibilit?

Antoine Robitaille a raison de souligner le manque de cr?dibilit? d’une large partie de la blogosph?re. Certains animent m?me de v?ritables d?potoirs virtuels o? la calomnie et la manipulation consciente sont la r?gle.

Par contre, un changement est en train de s’op?rer. L’euphorie du d?but des blogues semble termin?e et on peut ?tablir une carte de blogues cr?dibles et qui offrent du contenu de qualit?. Aux ?tats-Unis, d?j?, de nombreux blogueurs sont devenus des r?f?rences au m?me titre que des journalistes ?tablis. Le m?me ph?nom?ne semble en train de se produire au Qu?bec ?galement, notamment avec des individus comme Michelle Blanc, dont le blogue fait figure d’autorit? quant aux nouvelles technologies.

En fait, la clef de la cr?dibilit? des blogues tient ? la sp?cificit? des niches choisies. Contrairement au journal traditionnel dont le nom garantie la cr?dibilit? de tous ceux qui y travaillent, le blogueur b?tit sa propre cr?dibilit? dans secteur sp?cifique, et cela prend du temps.

Pour le moment, les journaux traditionnels ont encore l’avantage dans ce domaine, mais pour combien de temps?

Des journalistes comp?tents adh?rant ? un ordre et ? des pratiques ?tablies

De nombreux blogueurs n’appliquent pas toujours la d?marche journalistique requise pour construire le sens n?cessaire ? une nouvelle. Au t?l?phone ce matin, Antoine Robitaille me rappelait un ?pisode o? il a ?t? inform? par Olivier Niquet du plagiat d’une personnalit? connue. Suite au travail de v?rification journalistique et de mise en contexte effectu?e par le journaliste du Devoir, M. Niquet avait affirm? que le Devoir avait repris sa nouvelle. Dans les faits, M. Niquet n’avait jamais eu de nouvelle en tant que tel, car le travail du journaliste ne consiste pas ? simplement relater un fait non-v?rifi? ? l’?tat brut, mais plut?t de v?rifier sa v?racit? et d’organiser ce fait autour d’une pens?e structur?e afin de cr?er une plus-value autour de la nouvelle elle-m?me.

Ce probl?me rejoint ?galement celui de la cr?dibilit?. Si je marche dans la rue et entend (sans voir) un accident se produire derri?re moi et que je demande ? une des deux personnes impliqu?es qui en a ?t? responsable, ai-je fait un travail journalistique suffisant? ? C’est elle la folle, elle a pas fait son stop! ? Si je rentre chez moi et pr?sente un super-scoop sur mon blogue en mettant en vedette la ? folle ? qui n’a pas fait son arr?t obligatoire, suis-je un bon journaliste? Et si je me contente de relayer les faits sans en d?gager le sens profond (dangerosit? d’une intersection, n?cessit? de voitures plus s?curitaires, etc.), suis-je un bon journaliste ou un simple rapporteur de nouvelle?

Les pratiques et le code journalistiques existent pour une raison bien simple: assurer la cr?dibilit? de la profession en g?n?ral. De nombreux blogueurs se contentent de rapporter la nouvelle sans polir ce diamant brut. Comme je l’?crivais dans un texte pr?c?dent:

Ce n?est pas parce qu?on peut sortir quelques accords d?une vieille guitare qu?on est pr?t ? aller faire un concert. De la m?me mani?re, ce n?est pas parce que quelqu?un commence ? appliquer les techniques journalistiques qu?il peut se consid?rer d??gal ? ?gal avec des journalistes et croire que ce qu?il donne comme valeur – sa pierre l?g?rement polie – vaut celle d?un autre.

? ce titre, de nombreux blogueurs ou journalistes en ligne ont adopt? des pratiques se rapprochant de celles des journalistes ?tablis et travaillant pour les journaux traditionnels. Ils sont une minorit?, mais une minorit? en constante progression. Et ceux-ci ont souvent une cr?dibilit? presque aussi bonne que les meilleurs journalistes traditionnels.

Un acc?s ? des bases de donn?es journalistiques

Les bases de donn?es journalistiques sont essentielles pour tout journaliste. Vous entrez un mot-clef, dans Eureka par exemple, et vous obtenez imm?diatement tout article sur le sujet ?crit dans ? peu pr?s tous les m?dias.

Pourtant, avec le temps, les recherches simples sur des moteurs de recherche comme Google s’am?liorent et la quantit? d’articles en ligne progresse r?guli?rement. Cons?quence? La valeur-ajout?e de la base de donn?es journalistiques tend ? diminuer, pla?ant peu ? peu sur un quasi-pied d’?galit? journalistes institutionnels et journalistes sur le web.

Si le premier poss?de encore un l?ger avantage, quiconque ayant un minimum de motivation peut arriver ? se d?brouiller sans ces bases de donn?es. De toute fa?on, si les journaux en format papier n’existent plus, ces bases de donn?es auront perdu leur utilit?.

La capacit? de rejoindre les gens directement dans leur foyer

Traditionnellement, le rituel matinal ressemblait ? ceci: lever, toilette, et on allait chercher le journal sur le pas de la porte. Si, si, parole d’un camelot qui a livr? les journaux pendant six ans! Rares ?taient mes clients qui venaient chercher leur journal sans avoir l’oreiller encore imprim? dans le visage.

Aujourd’hui, ?tes-vous comme moi? La premi?re chose que je fais au r?veil, c’est d’ouvrir mon ordinateur. Le voici, mon contact avec le monde. ?videmment, je ne peux pas encore facilement manger devant mon journal en ligne, mais ce n’est qu’une question de temps…

Un format pratique, qui peut ?tre lu n’importe o?

Voici le seul argument de vente r?ellement concret pour les journaux traditionnels. On les imagine presque nous dire: ? Ah, ah! Vous pouvez nous d?chirer, nous barbouiller, nous amener aux chiottes, mais pourriez-vous faire la m?me chose avec votre ?cran d’ordinateur? ? En fait, oui. Presque.

Le Kindle 2 permet d?j? de lire des livres ou des journaux. ? peine plus ?pais qu’un gros carton, il peut ?tre amen? partout.

Bien s?r, on est loin ici du grand journal ouvert sur la table le matin. Mais qui aurait pu pr?dire il y a dix ans que j’?crirais sur un ?cran plat de 22 pouces? La technologie existe, et ce n’est qu’une question de temps avant que diff?rents formats soient offerts et permettent aux lecteurs de ne plus avoir besoin du journal en format papier.

On objectera que plusieurs avaient pr?dit la disparition du livre avec Internet, mais l’exemple ne tient pas. Un livre se lit du d?but ? la fin. Aurait-on id?e de sauter une vingtaine de pages d’un roman de Patrick S?n?cal ou Stephen King? Le journalisme, au contraire, est un style permettant la captation rapide du sens d’un texte et il invite le lecteur ? le survoler, voire ? ne lire qu’une partie du texte. Bernard Poulet, l’auteur de La fin des journaux (Gallimard) ?crit : ? Un texte n’a plus un d?but, un milieu et une fin, mais repr?sente un ensemble de morceaux autonomes. On t?l?charge la page, le paragraphe ou la phrase qui nous est utile. ? ((Le Soleil, Livres, dimanche, 29 mars 2009, p. 39, Les journaux au mus?e!, Fessou, Didier, La place des journaux est-elle au mus?e?))

On peut tr?s bien imaginer des textes disponibles sur un outil comme Kindle 2 et offrant des hyperliens vers d’autres textes au contenu semblable.

Qui paiera les journalistes?

La question qui tue. Si tout le monde t?l?charge gratuitement son information et la lit sur un Kindle 2 (ou autre outil semblable), qui paiera les journalistes? La question est cruciale: si on affirme que le travail de polissage du journaliste, qui consiste ? rendre intelligible et ? donner un sens ? une nouvelle, est essentiel, qui paiera son salaire? Mario Asselin pose la question et se base sur les calculs de Jeff Mignon, qui affirme qu’ il serait difficile de payer les journalistes selon le pr?sent mod?le publicitaire.

? mon avis la r?ponse est la m?me qu’elle a toujours ?t?: par la publicit? et l’abonnement.

La publicit?

Le calcul de Jeff Mignon ne fonctionne pas. Il prend le probl?me dans le mauvais sens. Il tente d’appliquer un mod?le de publicit? actuel qui rapporte peu ? une entreprise qui doit entretenir une lourde charge physique (gros immeuble, les presses, etc.).

Quand on affirme que les revenus publicitaires dans les journaux traditionnels ont baiss? de plus de 23% en deux ans, signifie-t-on que cet argent a simplement disparu? Non. M?me avec la crise, une large partie de ces ressources ont simplement ?t? r?affect?es ailleurs, notamment en ligne.

Concr?tement, au fur et ? mesure que le lectorat des journaux traditionnels diminue, la comp?tition entre les publicitaires pour annoncer en ligne augmente, contribuant ? oser les revenus pour ceux qui ?crivent en ligne.

Les journaux traditionnels opposent n?anmoins l’argument suivant: le nombre de lecteurs en ligne de tel ou tel site internet est toujours moindre que les leurs. Vrai. Mais ils sont ?galement plus cibl?s.

En fait, quand vous ouvrez un journal, vous voyez des tonnes de publicit?s qui ne vous int?resse pas. Spectacles, voitures, ameublement… Est-ce que ces choses vous int?ressent vraiment? En ligne, la publicit? est cibl?e. Sur un site qui se consacre aux troubles paniques, par exemple, on y voit de la publicit? sur les troubles paniques. Au hasard, visitez le site Symptoms of panic attacks: voyez-vous des annonces de spectacles, voitures ou ameublement? Non. La publicit? est extr?mement cibl?e, et cela s’av?re tr?s profitable pour les annonceurs. Au fur et ? mesure que les journaux en format papier dispara?tront, les publicitaires se tourneront vers ce type de publicit?s et leur comp?tition entra?nera le co?t ? la hausse, et permettra peut-?tre ? certaines entreprises de journalisme de survivre. La majorit? devra pourtant offrir du contenu payant.

L’abonnement

H?r?sie! Faire payer pour ce qui se trouve en ligne gratuitement? ? Es-tu fou Louis ou quoi? ? Peut-?tre, mais ce sera le sujet d’un autre article. Pour le moment, je vous invite ? r?fl?chir ? la situation actuelle: quel est le mod?le financier qui vous permet d’avoir acc?s ? vos nouvelles sur Cyberpresse, par exemple? Croyez-vous que les publicit?s sur ce site permettent de payer le salaire de tous les journalistes qui y contribuent?

?videmment, non. En grande partie, ce sont les gens qui s’abonnent ? La Presse ou ? un autre journal du groupe Gesca qui permettent ? Cyberpresse d’exister. Enlevez ces revenus, et je ne crois pas que m?me les recettes publicitaires montantes permettraient de compenser cette perte.

La v?rit?, c’est que le contenu de qualit? se paie. Actuellement, nous sommes dans une p?riode o? nous avons le meilleur des deux mondes. Un peu comme ? la fin des ann?es 1990 dans le domaine de la musique, o? il ?tait possible de tout t?l?charger gratuitement. Le buffet ? volont?. Mais la source s’est tarie et l’industrie de la musique a r?agi: le t?l?chargement gratuit est aujourd’hui ill?gal. R?sultat? De nombreux sites offrent maintenant la possibilit? de t?l?charger de la musique ? la carte pour un co?t ridiculement bas.

D’ici quelques ann?es, la situation risque d’?tre la m?me dans le domaine journalistique. Tant qu’il y aura une masse critique de personnes plus ?g?es qui continuent ? payer pour leurs journaux, il n’y aura que du contenu gratuit en ligne. ?ventuellement, pourtant, il faudra ?galement faire payer les gens pour t?l?charger une partie des textes sur leur lecteur num?rique. Un prix insignifiant. Juste assez pour que ce soit plus d’effort essayer de voler le contenu que de le payer. Et cette source de revenus, coupl?e avec la publicit?, permettra ? l’entreprise journalistique de survivre.

La guerre du sens

Aujourd’hui, l’information ne fonctionne plus ? sens unique. Les citoyens n’ont plus envie de se laisser dicter quoi penser par les journalistes. Ils refusent le sens qu’on leur offre et Internet leur permet de s’allier avec n’importe qui qui pense comme eux. ? la limite, la toile permet ? tous les weirdos de s’unir et de former une super-R?publique de weirdos. Ils lisent leurs blogues de weirdos, s’informent aupr?s d’amis weirdos, et ils ont une vision compl?tement d?connect?e de la r?alit?. Ils refusent le sens qu’on leur donne et choisissent leur propre sens.

Pour la majorit? de la population, la crise de confiance vis-?-vis du journalisme n’atteint pas de telles disproportions. Malgr? tout, comme l’explique JD Lasica, r?dacteur au Online Journalism Review, ? la multiplication des sources d’informations a soudainement fait prendre conscience au public que ce qu’ils lisent dans les journaux ou ce qu’ils voient ? la t?l? ne refl?te pas n?cessairement leur propre r?alit?. ? ((Le Devoir, CONVERGENCE, lundi, 11 ao?t 2003, p. B7, Technologie, ? propos du journalisme citoyen, Fondamentalement engag?, ce type de journalisme peut servir de contrepoids aux d?rives qui, quelquefois, affligent l’industrie des communications, Dumais, Michel))

Ainsi, il y a deux solutions possibles:

  1. On laisse le lecteur se cr?er son propre sens gr?ce ? une ? information ? brute, d?nud?e et constamment mise ? jour, tel un diamant que n’aurait pas poli le journaliste. Il devient donc de la responsabilit? du lecteur de cr?er son propre sens. Cette option est peu co?teuse car le journaliste devient quasi-inutile.
  2. On offre au lecteur une multitude de sens possibles en permettant au journaliste de polir la pierre pr?cieuse et d’inter-connecter les nouvelles en leur donnant un sens. Le lecteur choisit son journaliste et adh?re ou non au sens; il peut commenter la nouvelle ou y r?pliquer lui-m?me. Cette option est plus co?teuse et implique un travail journalistique accompli.

Actuellement, Quebecor et son Journal de Montr?al semblent avoir adopt? la premi?re voie et La Presse l’autre option. Le Devoir, lui, tra?ne de la patte. ?tant principalement lu par l’?lite intellectuelle, il peut se permettre d’attendre, mais s’il attend trop il prendra bien vite le m?me chemin que le tape ? cassette huit pistes ou le vid?ocassette BETA.

Il n’y a pas des milliers de solutions. On peut soit refuser de consid?rer le s?rieux de la situation actuelle et consid?rer cela comme une mode ou une situation temporaire. Ou bien on comprend la profonde mutation en cours et on agit.

Le journaliste, quoi qu’il arrive, survivra. On aura toujours besoin de sens, et celui qui parviendra ? en faire le plus pour la majorit? sera le plus lu. Mais il ne le sera plus sur papier, et s?rement pas dans le cadre professoral ? sens unique actuel. Il trouvera sa niche, se sp?cialisera, et s’adressera ? un public sp?cifique cherchant dans ses mots le sens perdu d’une soci?t? en perte de coh?sion.

Texte originel publi? sur L’?lectron Libre.

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Coke en stock (CCCVII) : de la coke, des hélicos, des machines à sous… et Bolsonaro !

Les arrestations se sont donc succédées au Brésil durant l’année 2019, avec en vedette les ...

3 Commentaire

  1. avatar

    J’aimerais spécifier que dans le cas de plagiat de M. Pelletier, j’ai :

    – parlé à deux reprises au directeur de cabinet du ministre pour avoir la version des faits de M. Pelletier;
    – récupéré les documents originaux, cités dans le livre où l’on rapportait le plagiat;
    – parlé à plusieurs reprises aux auteurs du livre où était rapporté le plagiat;
    – parlé au plagié.

    M. Robitaille a fait la même chose, mais trois semaines plus tard, après que je l’ai mis au fait de l’affaire. Et je ne crois pas qu’il soit allé jusqu’à retrouver les documents d’archives originaux.

    Mon texte original est ici.

  2. avatar

    @Olivier Niquet: Merci pour la précision. Je n’ai pas voulu faire un exemple négatif de la situation en question, mais simplement parler des dérives possibles. Des dérives qui ne sont pas l’apanage des blogues et qui iront en diminuant avec la fin progressive du format papier et l’arrivée sur Internet d’une multitude de journalistes de qualité.

    Dans tous les cas, c’est encore loin tout ça, mais faut commencer à y penser…

  3. avatar

    Je comprends l’idée de votre exemple, mais les informations présentées sont fausses, ce qui le rend caduque en plus d’atteindre à ma réputation, il me semble…

    Mon tort dans cette histoire est peut-être d’avoir prétendu que Le Devoir avait repris ma nouvelle, alors qu’il avait plutôt récupéré mon tuyau pour en faire une nouvelle.

    Mais je n’avais certainement pas, comme vous dites : « simplement relater un fait non-vérifié à l’état brut, mais plutôt de vérifier sa véracité et d’organiser ce fait autour d’une pensée structurée afin de créer une plus-value autour de la nouvelle elle-même. »