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La fin de la croissance ? les capitalistes vs le capitalisme

FRAN?OIS MARGINEAN:

Il a toujours ?t? in?vitable, dans un syst?me ferm? qu?est la plan?te Terre, qu?il y ait une limite ? la croissance ?conomique. L?industrialisation a permis de se pr?cipiter vers cette limite au cours des deux derniers si?cles. La production est devenue de plus en plus efficace, les march?s sont devenus de plus en plus mondiaux et nous avons finalement atteint le point o? le paradigme de la croissance ? l?infini ne peut plus ?tre maintenu.

En fait, ce point a ?t? atteint vers 1970. Depuis lors, le capital n?a pas tant cherch? la croissance par l?augmentation de la production, mais plut?t par l?extraction de plus grands profits d?une production qui est demeur?e ? des niveaux relativement plats; d?o? la mondialisation qui a d?localis? la production vers des r?gions o? se trouvent des travailleurs ? faibles revenus, fournissant ainsi des marges de profits plus importantes. Et donc, cons?quemment est apparu la tendance ? la privatisation qui a pour effet de transf?rer les flux de revenus qui allaient auparavant aux budgets nationaux vers les investisseurs. Enfin, c?est le pourquoi des march?s d?riv?s et des march?s des devises qui cr?ent l?illusion ?lectronique de la croissance ?conomique, sans produire quoi que ce soit dans le monde r?el.

Si l?on ?tudie l?effondrement des civilisations, on apprend que le manque d?adaptation est fatal. Continuer sur la voie de la poursuite de la croissance serait un tel manque d?adaptation. Et si on lit les pages financi?res de nos jours, on constate qu?elles sont pleines de proph?tes de malheur. Nous lisons que la zone euro est condamn?e et que la Gr?ce n??tait que la premi?re victime. Nous lisons que les plans de relance ne fonctionnent pas, que le ch?mage augmente, que le dollar est en grande difficult?, que la croissance continue de stagner et que le secteur commercial de l?immobilier sera la prochaine bulle ? ?clater, etc. Il est facile d?avoir l?impression que le capitalisme ne parvient pas ? s?adapter et que nos soci?t?s sont menac?es de s?effondrer en sombrant dans le chaos.

Une telle impression serait en partie vraie et fausse. Afin de r?ellement comprendre la situation, nous devons faire une distinction claire entre l??lite capitaliste et le capitalisme lui-m?me. Le capitalisme est un syst?me ?conomique reposant sur la croissance; l??lite capitaliste est les gens qui ont r?ussi ? prendre le contr?le du monde occidental alors que le capitalisme a fonctionn? au cours des deux derniers si?cles. Le syst?me capitaliste a d?pass? sa date limite de vente, l??lite bancaire est bien consciente de ce fait ? et elle s?adapte.

Le capitalisme est un v?hicule qui a aid? les banquiers ? atteindre le pouvoir absolu, mais ils n?ont pas plus de loyaut? envers ce syst?me qu?ils en ont envers un endroit en particulier, ou envers quoique ce soit ou quiconque. Tel que mentionn? pr?c?demment, ils pensent ? l??chelle mondiale, consid?rant les nations et les populations comme des pions. Ils d?finissent ce qu?est l?argent et ils le cr?ent, tout comme le banquier dans un jeu de Monopoly. Ils peuvent aussi inventer un nouveau jeu avec un nouveau type d?argent. Ils ont depuis longtemps d?pass? toute n?cessit? de s?appuyer sur un syst?me ?conomique particulier afin de maintenir leur pouvoir. Le capitalisme ?tait pratique dans une ?re de croissance rapide. En vue d?une ?re de non-croissance, un jeu diff?rent est en cours de pr?paration.

Ainsi, on n?a pas laiss? le capitalisme mourir d?une mort naturelle. Tout d?abord, il a ?t? mis sur un syst?me de soutien artificiel de la vie, tel que mentionn? ci-dessus, avec la mondialisation, la privatisation, les march?s des produits d?riv?s, etc. Ensuite, il a re?u une injection l?tale sous forme de produits d?riv?s toxiques. Et lorsque l?effondrement planifi? s?est produit, plut?t que de sauver le capitalisme industriel, l??lite bancaire a ?t? sauv?. Ce n?est pas parce que les banques ?taient trop grosses pour faire faillite, mais plut?t parce que les banquiers ?taient trop puissants politiquement pour faire ?chec. Ils ont fait une offre aux gouvernements qu?ils ne pouvaient refuser.

Les r?sultats du sauvetage de l?ordre de milliards de dollars ?taient facilement pr?visibles, bien qu?on ne l?apprenne pas ? la lecture des pages financi?res. Les budgets nationaux ?taient d?j? tr?s sollicit?s, et ils n?avaient certainement pas assez de r?serves ? leur disposition pour financer les plans de sauvetage. Ainsi, ces plans de sauvetage ont r?sult? en rien de plus que l?ajout d?immenses dettes par les gouvernements. Afin d?honorer les engagements des plans de sauvetage, l?argent sera emprunt? aupr?s des m?mes institutions financi?res qui ont ?t? renflou?es.

Avec les plans de sauvetage, les gouvernements occidentaux ont livr? leurs nations les mains li?es aux banquiers. Les gouvernements sont d?sormais en perp?tuelle servitude pour leurs dettes dues aux banquiers. Plut?t que les banques soient?mises sous s?questre, ce sont les gouvernements qui sont maintenant sous s?questre. Le cabinet d?Obama et ses conseillers sont presque tous de Wall Street, ils sont ? la Maison Blanche afin de surveiller de pr?s leur nouvelle acquisition, les ?tats-Unis anciennement souverains. Peut-?tre qu?ils pr?sideront bient?t ? sa liquidation.

Les banquiers sont maintenant en contr?le des budgets nationaux. Ils dictent ce qui peut ?tre financ? et ce qui ne le peut pas. Quand il s?agit de financer leurs guerres et la production d?armement, aucune limite n?est impos?e. Quand il s?agit de services publics, on nous dit que les d?ficits doivent ?tre tenus en ?chec. La situation a ?t? tr?s bien exprim?e par Brian Cowan, le chef du gouvernement de l?Irlande. Dans la m?me semaine que l?Irlande a promis 200 milliards d?euros pour renflouer les banques, il lui ?tait demand? pourquoi il coupait quelques millions d?euros des budgets des services de base les plus importants. Il r?pondit: ?Je suis d?sol?, mais les fonds ne sont tout simplement pas l?. Bien s?r qu?ils ne sont pas l?! Le tr?sor a ?t? dilapid?. Les coffres sont vides.

Comme on pouvait s?y attendre, la plus haute priorit? des budgets est le service de la dette envers les banques. Tout comme la plupart des pays du tiers-monde sont dans l?esclavage de la dette envers le FMI, l?Occident en entier est maintenant dans l?esclavage de la dette envers ses propres banques centrales. La Gr?ce est le signe avant-coureur de ce qui va se produire partout.

L??conomie du carbone ? contr?le de la consommation

Dans une ?conomie sans croissance, les m?canismes de la production deviendront relativement statiques. Au lieu de corporations en comp?tition pour l?innovation, nous aurons des bureaucraties de production. Elles seront des bureaucraties semi-?tatiques, semi-priv?es, pr?occup?es par les budgets et les quotas plut?t que par la croissance, un peu ? l?instar du mod?le sovi?tique. Un tel environnement n?est pas mu par un besoin de croissance du capital, et il ne permet pas un jeu de Monopoly rentable.

Nous pouvons d?j? voir les mesures prises pour d?placer le mod?le d?entreprise vers le mod?le bureaucratique, par l?intervention accrue du gouvernement dans les affaires ?conomiques. Avec le sauvetage de Wall Street, la restructuration forc?e de General Motors, l?appel ? la microgestion centralis?e du secteur bancaire et industriel, et l?imposition de la couverture d?assurance sant?, le gouvernement fait savoir que le march? est pour ?tre remplac? par des directives gouvernementales. Non pas que nous devrions pleurer la disparition du capitalisme exploiteur, mais avant de c?l?brer, nous devons comprendre ce par quoi il est remplac?.

Dans une ?re de capitalisme et de croissance, l?accent a ?t? mis l?aspect production de l??conomie. Le but du jeu visait le contr?le des moyens de la croissance: l?acc?s au capital. Le moteur de la croissance du capitalisme a cr?? la demande de capitaux, les banquiers contr?laient l?offre. Les imp?ts ?taient surtout bas?s sur le revenu, encore une fois li?s ? l?aspect production de l??conomie.

Dans une ?re de non-croissance, le point de mire du jeu sera sur l?aspect consommation de l??conomie. Le jeu visera le contr?le des n?cessit?s de la vie: acc?s ? la nourriture et l??nergie. La population cr?e la demande pour les n?cessit?s de la vie; les banquiers ont l?intention de contr?ler l?approvisionnement. Les taxes seront principalement bas?es sur la consommation, en particulier de l??nergie. Et c?est l? toute l?histoire de la crise du r?chauffement de la plan?te, avec ses taxes sur le carbone et les cr?dits de carbone.

D?j?, en Grande-Bretagne, on parle de quotas sur le carbone, comme le rationnement de l?essence en temps de guerre. Ce n?est pas seulement que vous aurez ? payer des taxes sur l??nergie, mais la quantit? d??nergie que vous pouvez consommer sera d?termin?e par des directives du gouvernement. Des cr?dits de carbone vous seront ?mis et vous pourrez les utiliser pour la conduite, le chauffage, ou en de rares occasions pour des voyages a?riens. Toujours en Grande-Bretagne, les routes sont c?bl?s afin qu?il soit possible de surveiller le kilom?trage que vous effectuez, pour vous taxer en cons?quence, et vous p?naliser si vous d?passez votre limite permise. On peut s?attendre ? ce que ce genre de chose se r?pande ? travers l?Occident, puisque c?est les m?mes banquiers internationaux qui sont en charge partout.

En termes de propagande, ce contr?le sur la consommation est vendu comme une solution au r?chauffement climatique et au pic p?trolier (peak oil). La campagne de propagande a ?t? tr?s r?ussie, et tout le mouvement environnemental est tomb? dans le panneau de celui-ci. ? Copenhague, les manifestants ont affront? la police, brandissant des pancartes appuyant les taxes sur le carbone et les cr?dits de carbone. Mais en fait, le r?gime de carbone n?a rien ? voir avec le climat ou le d?veloppement durable. Cela a tout ? voir avec la microgestion de tous les aspects de nos vies, ainsi que tous les aspects de l??conomie.

Si les gens qui contr?lent les choses ?taient r?ellement concern?s par le d?veloppement durable, ils investiraient dans les moyens de transport publics efficaces et ils changeraient l?agriculture bas?e sur une ?norme consommation de p?trole et d?eau pour des m?thodes durables. Au contraire, ils poussent l?utilisation de biocarburants et nous vendent des voitures ?lectriques qui ne sont pas plus viables ou plus efficaces au niveau du carbone que les voitures normales. En effet, le but r?el derri?re les biocarburants est un g?nocide. Avec les prix alimentaires qui sont li?s aux prix de l??nergie, et les terres agricoles en processus de conversion de production de nourriture vers la production de carburant, le r?sultat ne peut qu??tre une augmentation massive de la famine dans le tiers-monde. Le d?peuplement a longtemps ?t? un objectif ouvertement d?clar? dans les cercles ?litistes, et la dynastie Rockefeller a souvent ?t? impliqu?s dans des projets eug?nistes de toutes sortes.

?La guerre contre le terrorisme? ? pr?parer la voie ? la transition

La soi-disant guerre contre le terrorisme comporte deux parties. La premi?re partie est un pr?texte ? des abus arbitraires des droits des citoyens, chaque fois que le?Homeland Security?pr?tend que le geste est n?cessaire pour des raisons de s?curit?. La deuxi?me partie est un pr?texte ? l?agression militaire de la part des ?tats-Unis partout dans le monde, chaque fois que la Maison Blanche pr?tend que Al-Qa?da est actif dans une quelconque r?gion.

Le mot ??pr?tendre?? ci-dessus est utilis? parce que le pr?texte du terrorisme est utilis? pour justifier des pouvoirs arbitraires, autant ? l?int?rieur du pays que globalement. Aucune preuve tangible n?a besoin d??tre pr?sent?e au Congr?s, ? l?ONU, ou ? toute autre personne, avant que certains pays soient envahis, que quelqu?un soit kidnapp? et tortur? en tant que ??pr?sum? terroriste??, ou qu?une nouvelle mesure de s?curit? invasive est mis en place. Lorsque les pouvoirs sont arbitraires, nous ne vivons plus sous le r?gne du droit, tant au niveau national qu?international. Nous vivons sous la domination des hommes, comme on peut s?y attendre dans une dictature, dans un royaume ? l?ancienne ou sous un empire.

Fran?ois Marginean

Cet article est repris d?un texte de ?Richard K. Moore ??Prognosis 2012: Towards a New World Social Order???traduit et pr?sent? une premi?re fois sur ce site ?le 2 f?vrier 2011

F.M

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